{"id":342409,"date":"2015-11-26T01:00:00","date_gmt":"2015-11-26T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/traitement-chirurgical-des-hemorragies-intracerebrales\/"},"modified":"2015-11-26T01:00:00","modified_gmt":"2015-11-26T00:00:00","slug":"traitement-chirurgical-des-hemorragies-intracerebrales","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/traitement-chirurgical-des-hemorragies-intracerebrales\/","title":{"rendered":"Traitement chirurgical des h\u00e9morragies intrac\u00e9r\u00e9brales"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les h\u00e9morragies intrac\u00e9r\u00e9brales spontan\u00e9es (ICB) repr\u00e9sentent environ 15 \u00e0 20 % de tous les accidents vasculaires c\u00e9r\u00e9braux. Bien qu&#8217;une grande partie de l&#8217;ICB puisse \u00eatre trait\u00e9e de mani\u00e8re conservatrice, le traitement chirurgical a une grande importance. Les aspects partiels du traitement chirurgical incluent le contr\u00f4le de la pression intracr\u00e2nienne (PIC), la gestion de l&#8217;hydroc\u00e9phalie et des h\u00e9morragies intraventriculaires ainsi que l&#8217;\u00e9vacuation chirurgicale des h\u00e9matomes. Des analyses de sous-groupes ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9es pour les situations ou les groupes suivants L&#8217;\u00e9tude a montr\u00e9 que l&#8217;\u00e9vacuation chirurgicale pr\u00e9coce des h\u00e9matomes pr\u00e9sentait un avantage pour certains groupes de patients : en cas d&#8217;h\u00e9morragies c\u00e9r\u00e9belleuses symptomatiques, pour r\u00e9duire la mortalit\u00e9 chez des patients s\u00e9lectionn\u00e9s pr\u00e9sentant des h\u00e9morragies c\u00e9r\u00e9belleuses graves et en cas d&#8217;h\u00e9morragies atypiques proches de la surface.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Le traitement optimal de l&#8217;h\u00e9morragie intrac\u00e9r\u00e9brale (ICB) reste un sujet controvers\u00e9 et un d\u00e9fi clinique, m\u00eame apr\u00e8s l&#8217;analyse des donn\u00e9es cliniques r\u00e9cemment publi\u00e9es issues d&#8217;\u00e9tudes prospectives randomis\u00e9es men\u00e9es au cours des 15 derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Dans la pratique, la question de la possibilit\u00e9, de la n\u00e9cessit\u00e9 et du bien-fond\u00e9 d&#8217;une op\u00e9ration se pose souvent. La collaboration entre les disciplines cliniques impliqu\u00e9es dans les centres neurovasculaires permet d&#8217;\u00e9valuer les chances de succ\u00e8s et les risques d&#8217;une intervention au cas par cas. N\u00e9anmoins, les donn\u00e9es scientifiques actuelles sont \u00e9galement d&#8217;une importance capitale en tant que base de cette r\u00e9flexion pragmatique &#8220;pour et contre&#8221;. Il en r\u00e9sulte une indication chirurgicale qui tient compte des aspects \u00e9thiques, des facteurs de risque li\u00e9s au patient et de l&#8217;\u00e9valuation de la mortalit\u00e9 ou de la morbidit\u00e9 attendue. Dans les \u00e9tudes, l&#8217;\u00e2ge, l&#8217;\u00e9tat de conscience ainsi que l&#8217;\u00e9tendue et la localisation du saignement sont g\u00e9n\u00e9ralement les param\u00e8tres prioritaires pour l&#8217;\u00e9valuation des patients atteints d&#8217;ICB. Cet article r\u00e9sume les principales conclusions des \u00e9tudes actuelles de mani\u00e8re pratique.<\/p>\n<h2 id=\"frequence-des-hemorragies-intracerebrales\">Fr\u00e9quence des h\u00e9morragies intrac\u00e9r\u00e9brales<\/h2>\n<p>Les ICB spontan\u00e9s repr\u00e9sentent environ 15-20% de tous les accidents vasculaires c\u00e9r\u00e9braux. Environ la moiti\u00e9 d&#8217;entre elles sont des h\u00e9morragies sous-arachno\u00efdiennes an\u00e9vrysmales (aSAB), l&#8217;autre moiti\u00e9 \u00e9tant des h\u00e9morragies intraparenchymateuses spontan\u00e9es. Les h\u00e9morragies parenchymateuses sont en outre divis\u00e9es en trois cat\u00e9gories pertinentes pour le traitement : les h\u00e9morragies lobaires\/superficielles (34-52%), les h\u00e9morragies profondes du tronc c\u00e9r\u00e9bral (30-48%) et les h\u00e9morragies infratentorielles\/c\u00e9r\u00e9belleuses (9-15%) <strong>(Fig.&nbsp;1).<\/strong><\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-6446\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/abb1_np6_s9.jpg\" style=\"height:366px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"503\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/abb1_np6_s9.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/abb1_np6_s9-800x366.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/abb1_np6_s9-120x55.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/abb1_np6_s9-90x41.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/abb1_np6_s9-320x146.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/abb1_np6_s9-560x256.jpg 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<h2 id=\"diagnostic-des-hemorragies-intracerebrales\">Diagnostic des h\u00e9morragies intrac\u00e9r\u00e9brales<\/h2>\n<p>L&#8217;anamn\u00e8se et l&#8217;examen clinique sont essentiels dans les situations d&#8217;urgence afin d&#8217;\u00e9valuer quels patients doivent \u00eatre dirig\u00e9s vers un centre de soins le plus rapidement possible. L&#8217;aSAB s&#8217;accompagne g\u00e9n\u00e9ralement de maux de t\u00eate tr\u00e8s violents et &#8220;jamais v\u00e9cus&#8221;. L&#8217;h\u00e9morragie intraparenchymateuse se pr\u00e9sente de mani\u00e8re similaire, souvent accompagn\u00e9e de d\u00e9ficits neurologiques, alors que l&#8217;AVC isch\u00e9mique lui-m\u00eame est souvent indolore et que les sympt\u00f4mes neurologiques conduisent ici au diagnostic. En cas de suspicion clinique d&#8217;AVC, une imagerie par tomodensitom\u00e9trie (TDM) est donc indiqu\u00e9e comme premi\u00e8re \u00e9tape diagnostique. Si l&#8217;on commence \u00e0 diluer le sang d&#8217;un patient chez qui l&#8217;on suspecte un AVC avant d&#8217;avoir exclu une h\u00e9morragie, il y a un risque que l&#8217;h\u00e9morragie s&#8217;\u00e9tende davantage.<\/p>\n<p>Alors que chez les patients \u00e2g\u00e9s souffrant d&#8217;ICB hypertensifs, l&#8217;h\u00e9morragie &#8220;typique&#8221; est caus\u00e9e par des d\u00e9chirures dans les plus petites art\u00e8res (&lt;0,5&nbsp;mm), les patients plus jeunes sont plus souvent touch\u00e9s par des \u00e9ventrations plus importantes de la paroi vasculaire (an\u00e9vrisme) ou des malformations cong\u00e9nitales des vaisseaux (malformations art\u00e9rioveineuses). Ces derniers peuvent \u00eatre identifi\u00e9s de mani\u00e8re non invasive par angiographie par tomodensitom\u00e9trie (CTA) ou par imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique (IRM) et, si n\u00e9cessaire, avec une r\u00e9solution maximale gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;angiographie par soustraction num\u00e9rique (DSA). En cas de saignements atypiques, en particulier chez les jeunes patients, il convient de d\u00e9terminer la cause du saignement<strong> (tableau&nbsp;1).<\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6447 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/tab1_np6_s9.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 888px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 888\/1567;height:706px; width:400px\" width=\"888\" height=\"1567\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/tab1_np6_s9.png 888w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/tab1_np6_s9-800x1412.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/tab1_np6_s9-120x212.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/tab1_np6_s9-90x159.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/tab1_np6_s9-320x565.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/tab1_np6_s9-560x988.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 888px) 100vw, 888px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<h2 id=\"gamme-doptions-therapeutiques\">Gamme d&#8217;options th\u00e9rapeutiques<\/h2>\n<p>Bien qu&#8217;une grande partie des ICB puisse \u00eatre trait\u00e9e de mani\u00e8re conservatrice, le traitement chirurgical occupe une place importante dans le vaste \u00e9ventail des possibilit\u00e9s th\u00e9rapeutiques. La disponibilit\u00e9 permanente de toutes les options th\u00e9rapeutiques dans un m\u00eame centre est une condition essentielle pour le succ\u00e8s de la cha\u00eene th\u00e9rapeutique. Cette cha\u00eene th\u00e9rapeutique comprend les premiers soins d&#8217;urgence, l&#8217;imagerie, le contr\u00f4le de l&#8217;h\u00e9mostase, le r\u00e9glage de la tension art\u00e9rielle, le cas \u00e9ch\u00e9ant un traitement anti\u00e9pileptique ainsi que la mise en place d&#8217;une prise en charge interne pour limiter les dommages primaires et pr\u00e9venir les dommages secondaires. Pour plus de d\u00e9tails, consultez les directives actuelles de l&#8217;American Heart Association [1]. Les \u00e9ventuelles mesures interventionnelles ou chirurgicales doivent \u00eatre int\u00e9gr\u00e9es dans un concept global de m\u00e9decine neurointensive qui fonctionne et qui exige une disponibilit\u00e9 permanente. La gestion m\u00e9dicale visant \u00e0 pr\u00e9venir les r\u00e9cidives d&#8217;h\u00e9morragie et la neuror\u00e9habilitation commencent au stade tardif des soins aigus.<\/p>\n<p>Les aspects partiels du traitement chirurgical incluent le contr\u00f4le de la pression intracr\u00e2nienne (PIC), la gestion de l&#8217;hydroc\u00e9phalie et des h\u00e9morragies intraventriculaires ainsi que l&#8217;\u00e9vacuation chirurgicale des h\u00e9matomes.<\/p>\n<h2 id=\"controle-de-la-pression-intracranienne\">Contr\u00f4le de la pression intracr\u00e2nienne<\/h2>\n<p>La mesure de la PIC doit \u00eatre utilis\u00e9e lorsque la valeur du Glasgow Coma Scale (GCS) est inf\u00e9rieure \u00e0 9, que des signes de hernie transtentorielle sont visibles ou qu&#8217;une hydroc\u00e9phalie est pr\u00e9sente. La possibilit\u00e9 d&#8217;ins\u00e9rer une mesure de pression intraparenchymateuse ou intraventriculaire par une minitr\u00e9pansion est techniquement appropri\u00e9e. En pr\u00e9sence d&#8217;une hydroc\u00e9phalie, le cath\u00e9ter intraventriculaire permet d&#8217;une part de mesurer la pression intracr\u00e2nienne et d&#8217;autre part de drainer le liquide c\u00e9phalorachidien de mani\u00e8re contr\u00f4l\u00e9e, ce qui permet \u00e9galement de r\u00e9duire la pression intracr\u00e2nienne. Chez les patients pr\u00e9sentant des troubles de la conscience, un monitorage de la pression intracr\u00e2nienne est recommand\u00e9 dans tous les cas [2].<\/p>\n<p>La possibilit\u00e9 de mesurer la PIC permet de monitorer les mesures de m\u00e9decine intensive de mani\u00e8re plus cibl\u00e9e, notamment pour respecter une limite sup\u00e9rieure de la PIC \u00e0 20 mmHg et optimiser grossi\u00e8rement la pression de perfusion c\u00e9r\u00e9brale (CPP = pression art\u00e9rielle moyenne &#8211; PIC) entre 50 et 70 mmHg. Les corticost\u00e9ro\u00efdes ne doivent pas \u00eatre utilis\u00e9s pour r\u00e9duire la pression intracr\u00e2nienne, car les effets secondaires l&#8217;emportent sur les b\u00e9n\u00e9fices potentiels [3].<\/p>\n<h2 id=\"hemorragie-intraventriculaire\">H\u00e9morragie intraventriculaire<\/h2>\n<p>Les h\u00e9morragies dans le syst\u00e8me ventriculaire surviennent chez environ 45% des patients atteints d&#8217;ICB spontan\u00e9e et sont associ\u00e9es \u00e0 un moins bon r\u00e9sultat en tant que facteur ind\u00e9pendant. Le taux de mortalit\u00e9 augmente jusqu&#8217;\u00e0 51%, alors que les ICB sans partie intraventriculaire ont un taux de mortalit\u00e9 d&#8217;environ 20% [4]. La mise en place d&#8217;un drainage ventriculaire externe chez les patients inconscients souffrant d&#8217;hydroc\u00e9phalie est n\u00e9anmoins recommand\u00e9e [5].<\/p>\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la th\u00e9rapie de lyse intraventriculaire avec rtPA et l&#8217;\u00e9vacuation endoscopique des h\u00e9matomes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es techniquement en tant que possibilit\u00e9s de traitement peu invasives et pr\u00e9servant les tissus. Bien que les \u00e9valuations des preuves n&#8217;aient pas encore permis d&#8217;\u00e9tablir une recommandation claire pour la th\u00e9rapie par lyse ou l&#8217;\u00e9viction endoscopique, il convient d&#8217;\u00e9valuer l&#8217;utilisation de ces formes de traitement chez des patients s\u00e9lectionn\u00e9s qui peuvent clairement b\u00e9n\u00e9ficier de ces traitements.  [1,5].&nbsp;  Gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;acc\u00e8s mini-invasif \u00e0 l&#8217;h\u00e9morragie, m\u00eame en cas d&#8217;h\u00e9matomes profonds, les dommages parenchymateux sont tr\u00e8s limit\u00e9s lorsque la voie d&#8217;acc\u00e8s est d\u00e9gag\u00e9e et, contrairement \u00e0 la BCI proprement dite, ils n&#8217;ont g\u00e9n\u00e9ralement pas d&#8217;impact fonctionnel ult\u00e9rieur. Dans l&#8217;ensemble, le taux de complications est faible et une \u00e9vacuation efficace de l&#8217;h\u00e9matome peut \u00eatre obtenue par endoscopie, m\u00eame sans traitement par lyse <strong>(Fig. 2).<\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6448 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/abb2_np6_s10-scaled.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 806px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 806\/2560;height:1270px; width:400px\" width=\"806\" height=\"2560\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/abb2_np6_s10-scaled.jpg 806w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/abb2_np6_s10-800x2541.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/abb2_np6_s10-120x381.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/abb2_np6_s10-90x286.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/abb2_np6_s10-320x1016.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/abb2_np6_s10-560x1778.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 806px) 100vw, 806px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>Basaldella et al. ont pu montrer que la d\u00e9pendance \u00e0 un drainage ventriculo-p\u00e9riton\u00e9al (VP) permanent apr\u00e8s \u00e9vacuation endoscopique d&#8217;un h\u00e9matome \u00e9tait nettement plus faible (17%) qu&#8217;avec un drainage ventriculaire externe ou un drainage lombaire seul (50%) [6]. Actuellement, des \u00e9tudes prospectives randomis\u00e9es prometteuses sont encore en cours et apporteront de nouvelles connaissances dans ce domaine gr\u00e2ce \u00e0 leur conception cliniquement pertinente <strong>(tableau 2).<\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6449 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/tab2-np6_s12.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1213;height:882px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"1213\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/tab2-np6_s12.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/tab2-np6_s12-800x882.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/tab2-np6_s12-120x132.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/tab2-np6_s12-90x99.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/tab2-np6_s12-320x353.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/tab2-np6_s12-560x618.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<h2 id=\"evacuation-chirurgicale-ouverte-des-hematomes\">\u00c9vacuation chirurgicale ouverte des h\u00e9matomes<\/h2>\n<p>M\u00eame apr\u00e8s les grandes \u00e9tudes internationales multicentriques randomis\u00e9es (STICH I et STICH II), il n&#8217;y a pas eu \u00e0 ce jour d&#8217;\u00e9vidence claire de classe 1 et de niveau A privil\u00e9giant une \u00e9vacuation chirurgicale pr\u00e9coce de l&#8217;h\u00e9matome (dans les 24 heures) par rapport au traitement conservateur [7,8]. Les analyses de sous-groupes de ces \u00e9tudes ont toutefois montr\u00e9, dans des groupes de patients s\u00e9lectionn\u00e9s, un avantage de l&#8217;\u00e9vacuation chirurgicale pr\u00e9coce de l&#8217;h\u00e9matome dans les situations suivantes :<\/p>\n<ul>\n<li>Les patients pr\u00e9sentant une h\u00e9morragie c\u00e9r\u00e9belleuse symptomatique b\u00e9n\u00e9ficient clairement d&#8217;une \u00e9vacuation pr\u00e9coce de l&#8217;h\u00e9matome. En pr\u00e9sence d&#8217;une hydroc\u00e9phalie, un drainage ventriculaire externe doit \u00eatre mis en place malgr\u00e9 la d\u00e9compression de la fosse cr\u00e2nienne post\u00e9rieure. Toutefois, le drainage ventriculaire seul, sans \u00e9vacuation de l&#8217;h\u00e9matome c\u00e9r\u00e9belleux, doit \u00eatre \u00e9vit\u00e9.<\/li>\n<li>La d\u00e9compression chirurgicale et l&#8217;\u00e9vacuation des h\u00e9matomes en cas d&#8217;h\u00e9morragie c\u00e9r\u00e9brale doivent \u00eatre envisag\u00e9es comme mesure de maintien en vie s&#8217;il s&#8217;agit de gros h\u00e9matomes avec d\u00e9placement de la ligne m\u00e9diane et des rapports de pression intracr\u00e2nienne incontr\u00f4lables.<\/li>\n<li>D&#8217;autres aspects physiopathologiques de l&#8217;\u00e9vacuation des h\u00e9matomes doivent \u00eatre pris en compte en cas d&#8217;h\u00e9morragies atypiques proches de la surface : la pr\u00e9servation de la p\u00e9nombre p\u00e9rifocale, une pression de perfusion c\u00e9r\u00e9brale optimis\u00e9e par la r\u00e9duction de la PIC et une r\u00e9duction de l&#8217;effet toxique des produits de d\u00e9gradation du sang sur le parenchyme c\u00e9r\u00e9bral sain.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En ce qui concerne le moment de l&#8217;intervention chirurgicale, dans l&#8217;\u00e9tude STICH II, l&#8217;analyse de sous-groupe a montr\u00e9 un avantage chez les patients op\u00e9r\u00e9s dans les 21 heures. En revanche, une intervention trop rapide (&lt;4 heures) avant une stabilisation interne est associ\u00e9e \u00e0 un risque accru d&#8217;h\u00e9morragie secondaire [9].<\/p>\n<p>Pour les h\u00e9morragies des ganglions de la base hypertensives &#8220;typiques&#8221; chez les patients \u00e2g\u00e9s, le traitement conservateur reste en principe la m\u00e9thode de choix. Mais l\u00e0 encore, il faut attendre les r\u00e9sultats des \u00e9tudes actuellement en cours pour ce sous-groupe particulier <strong>(tableau 2).<\/strong><\/p>\n<h2 id=\"prophylaxie-des-hemorragies-intracerebrales\">Prophylaxie des h\u00e9morragies intrac\u00e9r\u00e9brales<\/h2>\n<p>Les soins de sant\u00e9 primaires ont leur r\u00f4le \u00e0 jouer dans la pr\u00e9vention de l&#8217;ICB. Cela implique en premier lieu un contr\u00f4le optimal de la pression art\u00e9rielle et une indication restrictive de l&#8217;anticoagulation. En outre, avec l&#8217;augmentation du nombre de scanners et d&#8217;IRM r\u00e9alis\u00e9s, de plus en plus d&#8217;an\u00e9vrismes et de malformations vasculaires sont d\u00e9tect\u00e9s de mani\u00e8re incidente. La prise en charge de ces maladies est devenue une pratique courante dans les centres sp\u00e9cialis\u00e9s : Les discussions de cas interdisciplinaires permettent d&#8217;\u00e9valuer individuellement pour chaque patient le risque de l&#8217;\u00e9volution naturelle par rapport au risque du traitement. Si le risque d&#8217;une op\u00e9ration ou d&#8217;une intervention \u00e9ventuelle l&#8217;emporte sur le risque de saignement \u00e0 long terme, il est pr\u00e9f\u00e9rable d&#8217;opter pour une approche observationnelle. En revanche, si certains facteurs de risque sont pr\u00e9sents, comme un tr\u00e8s gros an\u00e9vrisme ou des ant\u00e9c\u00e9dents d&#8217;ICB dans l&#8217;environnement familial, il est plut\u00f4t conseill\u00e9 de soigner la maladie vasculaire. Le traitement des an\u00e9vrismes, des malformations art\u00e9rioveineuses ou des fistules art\u00e9rioveineuses durales, des cavernomes, des tumeurs et des l\u00e9sions traumatiques doit \u00eatre \u00e9tudi\u00e9 et discut\u00e9 s\u00e9par\u00e9ment en cons\u00e9quence.<\/p>\n<h2 id=\"conclusion\">Conclusion<\/h2>\n<p>Le traitement de l&#8217;ICB est un d\u00e9fi clinique qui implique des d\u00e9cisions difficiles \u00e0 prendre. Les chances d&#8217;une \u00e9volution positive ne peuvent pas \u00eatre optimis\u00e9es uniquement sur la base d&#8217;\u00e9tudes factuelles. Il est important de ne pas seulement penser et agir &#8220;evidence based&#8221;, mais aussi de concevoir la th\u00e9rapie &#8220;patient&#8221; et &#8220;facility based&#8221;, afin de permettre au patient de b\u00e9n\u00e9ficier d&#8217;une th\u00e9rapie optimale avec le meilleur r\u00e9sultat possible. La situation clinique individuelle du patient, y compris sa volont\u00e9 ou son \u00e9tat de sant\u00e9, doit \u00eatre prise en compte. La prise en compte de la volont\u00e9 des proches et des possibilit\u00e9s de l&#8217;institution de soins est tout aussi importante que l&#8217;utilisation correcte des preuves.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Hemphill JC, et al : American Heart Association Stroke Council. Council on Cardiovascular and Stroke Nursing. Council on Clinical Cardiology (Conseil de cardiologie clinique). Guidelines for the Management of Spontaneous Intracerebral Hemorrhage : A Guideline for Healthcare Professionals From the American Heart Association\/American Stroke Association. Stroke 2015 Jul ; 46(7) : 2032-2060.<\/li>\n<li>Ko SB, et al : Multimodality monitoring for cerebral perfusion pressure optimization in comatose patients with intracerebral hemorrhage. Accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral 2011 ; 42(11) : 3087-3092.<\/li>\n<li>Poungvarin N, et al : Effects of dexamethasone in primary supratentorial intracerebral hemorrhage. N Engl J Med 1987 ; 316(20) : 1229-1233.<\/li>\n<li>Gaberel T, et al. : Prise en charge des h\u00e9morragies intraventriculaires non traumatiques. Neurosurg Rev 2012 ; 35(4) : 485-494.<\/li>\n<li>Naff N, et al : Low-dose tissue-type recombinant plasminogen activator enhances clot resolution in brain hemorrhage : the intraventricular hemorrhage thrombolysis trial. Accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral 2011 ; 42(11) : 3009-3016.<\/li>\n<li>Basaldella L, et al : Drainage ventriculaire externe seul versus chirurgie endoscopique pour h\u00e9morragie intraventriculaire s\u00e9v\u00e8re : une analyse r\u00e9trospective comparative sur les r\u00e9sultats et la d\u00e9pendance du shunt. Neurosurg Focus 2012 ; 32(4) : E4.<\/li>\n<li>Mendelow AD, et al, STICH investigators : Early surgery versus initial conservative treatment in patients with spontaneous supratentorial intracerebral&nbsp; haematomas in the International Surgical Trial in Intracerebral Haemorrhage (STICH) : a randomised trial. Lancet 2005 ; 365(9457) : 387-397.<\/li>\n<li>Mendelow AD, et al : Early surgery versus initial conservative treatment in patients with spontaneous supratentorial lobar intracerebral haematomas (STICH II) : a randomised trial. Lancet 2013 ; 382(9890) : 397-408.<\/li>\n<li>Morgenstern LB, et al : Rebleeding leads to poor outcome in ultra-early craniotomy for intracerebral hemorrhage. Neurology 2001 ; 56(10) : 1294-1299.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2015 ; 13(6) : 8-13<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les h\u00e9morragies intrac\u00e9r\u00e9brales spontan\u00e9es (ICB) repr\u00e9sentent environ 15 \u00e0 20 % de tous les accidents vasculaires c\u00e9r\u00e9braux. 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