{"id":342572,"date":"2015-10-25T02:00:00","date_gmt":"2015-10-25T01:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/combien-de-temps-est-suffisant\/"},"modified":"2015-10-25T02:00:00","modified_gmt":"2015-10-25T01:00:00","slug":"combien-de-temps-est-suffisant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/combien-de-temps-est-suffisant\/","title":{"rendered":"Combien de temps est suffisant ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les patients atteints d&#8217;un carcinome r\u00e9nal op\u00e9rable doivent continuer \u00e0 \u00eatre suivis apr\u00e8s la n\u00e9phrectomie. Selon une \u00e9tude men\u00e9e dans l&#8217;environnement de la c\u00e9l\u00e8bre clinique Mayo de Rochester, la dur\u00e9e n\u00e9cessaire du suivi apr\u00e8s n\u00e9phrectomie peut \u00eatre d\u00e9termin\u00e9e de mani\u00e8re ad\u00e9quate et individuelle \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;un mod\u00e8le de risque [1]. La question est la suivante : \u00e0 partir de quand le risque de d\u00e9c\u00e8s par ailleurs (non li\u00e9 au carcinome r\u00e9nal) d\u00e9passe-t-il le risque de r\u00e9cidive ? Les chercheurs ont \u00e9tudi\u00e9 ce point en se basant sur des param\u00e8tres tels que l&#8217;\u00e2ge, le stade de la tumeur, le lieu de la r\u00e9cidive et la comorbidit\u00e9. Des diff\u00e9rences \u00e9tonnantes ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es au sein des groupes de patients. Une autre \u00e9tude, pr\u00e9sent\u00e9e au 67e congr\u00e8s de la DGU, a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e \u00e0 la distinction pronostique des patients atteints d&#8217;un carcinome r\u00e9nal de stade pT3 [2].<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Le traitement standard du carcinome r\u00e9nal est la n\u00e9phrectomie avec ablation chirurgicale compl\u00e8te du tissu tumoral. Toutefois, apr\u00e8s l&#8217;op\u00e9ration, la r\u00e9cidive menace, d&#8217;o\u00f9 l&#8217;importance cruciale du suivi.<\/p>\n<p>Les deux ou trois premi\u00e8res ann\u00e9es apr\u00e8s l&#8217;op\u00e9ration sont g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9es comme critiques, car la plupart des r\u00e9cidives surviennent durant cette p\u00e9riode. Cependant, la dur\u00e9e appropri\u00e9e du suivi apr\u00e8s une n\u00e9phrectomie radicale ou partielle reste incertaine et il n&#8217;existe pas de donn\u00e9es probantes pour \u00e9tayer les recommandations et les lignes directrices actuelles.<\/p>\n<h2 id=\"risque-de-recidive-et-de-deces\">Risque de r\u00e9cidive et de d\u00e9c\u00e8s<\/h2>\n<p>Une \u00e9tude publi\u00e9e en septembre dans le Journal of Clinical Oncology adopte \u00e0 cet \u00e9gard une nouvelle approche adapt\u00e9e au risque : elle compare le risque de r\u00e9cidive au risque de d\u00e9c\u00e8s par ailleurs.<\/p>\n<p>L&#8217;interaction entre les diff\u00e9rents facteurs de risque indique \u00e0 partir de quel moment le risque d&#8217;un autre d\u00e9c\u00e8s d\u00e9passe celui d&#8217;une r\u00e9cidive. Jusqu&#8217;\u00e0 ce moment, les b\u00e9n\u00e9fices du suivi justifient les ressources que le syst\u00e8me m\u00e9dical y consacre, et c&#8217;est donc l\u00e0 que l&#8217;on pourrait fixer la dur\u00e9e optimale du suivi.<\/p>\n<p>Par la suite, d&#8217;autres facteurs de sant\u00e9 du patient auront un impact plus important sur la survie que le carcinome r\u00e9nal et, par cons\u00e9quent, un suivi limit\u00e9 &#8220;uniquement&#8221; \u00e0 cette tumeur sera toujours trop court et ne vaudra plus la peine d&#8217;\u00eatre pay\u00e9. Bien entendu, ces consid\u00e9rations ne tiennent pas compte des aspects \u00e9thiques, car elles se basent uniquement sur des valeurs statistiques.<\/p>\n<h2 id=\"de-grandes-differences-concernant-la-duree-optimale\">De grandes diff\u00e9rences concernant la dur\u00e9e optimale<\/h2>\n<p>Les patients ont \u00e9t\u00e9 stratifi\u00e9s selon l&#8217;\u00e2ge, le stade de la tumeur, le lieu de la r\u00e9cidive et l&#8217;indice de comorbidit\u00e9 de Charlson, c&#8217;est-\u00e0-dire la probabilit\u00e9 de mourir d&#8217;une comorbidit\u00e9 dans les ann\u00e9es \u00e0 venir.<\/p>\n<p>Au total, les donn\u00e9es de 2511 personnes atteintes d&#8217;un carcinome r\u00e9nal M0 et op\u00e9r\u00e9es entre 1990 et 2008 ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es. Apr\u00e8s un suivi m\u00e9dian de neuf ans, 676 des patients ont d\u00e9velopp\u00e9 une r\u00e9cidive. Des diff\u00e9rences importantes sont apparues dans le mod\u00e8le de risque. Comme c&#8217;est souvent le cas, l&#8217;\u00e2ge a \u00e9t\u00e9 un facteur important :<\/p>\n<ul>\n<li>Les patients de moins de 50 ans atteints d&#8217;un cancer de stade pT1Nx-0 et dont la valeur sur l&#8217;ICC \u00e9tait \u22641 pr\u00e9sentaient en moyenne un risque de r\u00e9cidive (abdominal) plus \u00e9lev\u00e9 que les autres risques de d\u00e9c\u00e8s pendant plus de 20 ans apr\u00e8s l&#8217;op\u00e9ration. Ce n&#8217;est qu&#8217;alors que le risque de d\u00e9c\u00e8s non associ\u00e9 \u00e0 un carcinome r\u00e9nal d\u00e9passait celui de la r\u00e9cidive. Il est donc possible que le suivi doive \u00eatre \u00e9tendu \u00e0 une p\u00e9riode plus longue qu&#8217;aujourd&#8217;hui.<\/li>\n<li>En revanche, les patients \u00e2g\u00e9s de 80 ans ou plus pr\u00e9sentant un carcinome de stade pT1Nx-0 et une valeur sur l&#8217;ICC de \u22641 avaient en moyenne un risque de r\u00e9cidive plus \u00e9lev\u00e9 que les autres risques de d\u00e9c\u00e8s jusqu&#8217;\u00e0 six mois seulement apr\u00e8s la chirurgie. Par la suite, le risque de d\u00e9c\u00e8s non associ\u00e9 \u00e0 un carcinome r\u00e9nal d\u00e9passait d\u00e9j\u00e0 celui de r\u00e9cidive. A partir de ce moment, le b\u00e9n\u00e9fice d&#8217;un suivi de routine ne justifierait plus statistiquement les efforts et les co\u00fbts du syst\u00e8me m\u00e9dical. D&#8217;autres facteurs de sant\u00e9 requi\u00e8rent d\u00e9sormais davantage d&#8217;attention.<\/li>\n<li>Il est presque \u00e9vident qu&#8217;une valeur croissante de l&#8217;ICC raccourcissait \u00e9galement rapidement le d\u00e9lai : chez les patients pr\u00e9sentant une tumeur pT1Nx-0, mais un ICC \u22652, l&#8217;autre risque de d\u00e9c\u00e8s d\u00e9passait d\u00e9j\u00e0 le risque de r\u00e9cidive dans l&#8217;abdomen 30 jours apr\u00e8s l&#8217;op\u00e9ration &#8211; et ce, de mani\u00e8re remarquable, ind\u00e9pendamment de l&#8217;\u00e2ge du patient. Peut-\u00eatre n&#8217;est-il donc pas n\u00e9cessaire d&#8217;effectuer un suivi de routine dans ce groupe ?<\/li>\n<\/ul>\n<h2 id=\"et-maintenant\">Et maintenant ?<\/h2>\n<p>Il n&#8217;est pas possible de tirer des conclusions d\u00e9finitives de cette \u00e9tude, mais elle donne mati\u00e8re \u00e0 r\u00e9flexion. Les donn\u00e9es montrent que certains patients ont besoin d&#8217;un suivi plus long que celui pr\u00e9vu par les lignes directrices. Pour d&#8217;autres, en revanche, une p\u00e9riode plus courte est justifi\u00e9e, du moins statistiquement. N\u00e9anmoins, le jugement clinique et l&#8217;exp\u00e9rience de chaque patient doivent rester les principaux piliers de la prise de d\u00e9cision, comme le soulignent \u00e0 plusieurs reprises les auteurs. Mais par rapport \u00e0 la pratique actuelle, leur approche peut tout de m\u00eame fournir une base plus stable sur laquelle fonder la d\u00e9cision clinique. Le d\u00e9bat sur la dur\u00e9e optimale du suivi ne va donc pas s&#8217;\u00e9teindre de sit\u00f4t.<\/p>\n<h2 id=\"distinction-pronostique-avec-la-classification-tnm\">Distinction pronostique avec la classification TNM<\/h2>\n<p>Une \u00e9tude r\u00e9trospective pr\u00e9sent\u00e9e au 67e congr\u00e8s de la DGU [2] a port\u00e9 un regard critique sur deux points de la septi\u00e8me \u00e9dition de la classification TNM :<br \/>\nAu stade pT3a, les deux facteurs d&#8217;infiltration graisseuse p\u00e9rir\u00e9nale (PFI) et d&#8217;invasion des veines r\u00e9nales (RVI) sont combin\u00e9s, bien qu&#8217;il ne soit pas certain que leur influence pronostique soit r\u00e9ellement comparable.<\/p>\n<p>En outre, la distinction pronostique entre les stades pT3a et pT1-pT2 fait l&#8217;objet de controverses.<\/p>\n<p>Sur la base de 7384 patients atteints d&#8217;un cancer du rein de stade pT1-pT3a ayant subi une n\u00e9phrectomie (radicale ou partielle) entre 1992 et 2010, les chercheurs se sont pench\u00e9s sur la question suivante : les patients ayant subi une PFI seule pr\u00e9sentent-ils r\u00e9ellement une mortalit\u00e9 sp\u00e9cifique au cancer comparable \u00e0 celle des patients ayant subi une RVI\u00b1PFI ?<\/p>\n<p>L&#8217;analyse multivari\u00e9e, qui a pris en compte l&#8217;\u00e2ge, le sexe, la m\u00e9thode chirurgicale, le sous-type, la taille de la tumeur, le grade de Fuhrman et le statut ganglionnaire, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les patients avec une PFI seule (HR 1,94) et ceux avec une RVI\u00b1PFI (2,12) pr\u00e9sentaient un risque de mortalit\u00e9 significativement plus \u00e9lev\u00e9 que les patients au stade pT1-2. Les deux facteurs (PFI et RVI) sont donc des facteurs pronostiques ind\u00e9pendants de la mortalit\u00e9 sp\u00e9cifique au cancer.<\/p>\n<p>Si l&#8217;on compare \u00e0 nouveau les patients PFI avec les patients RVI\u00b1PFI, aucune diff\u00e9rence significative n&#8217;appara\u00eet dans le risque de mortalit\u00e9 (HR 1,17 ; IC \u00e0 95% 0,86-1,61 ; p=0,316). Le regroupement de PFI et RVI dans une cat\u00e9gorie de staging semble donc justifi\u00e9. Les deux facteurs ont une influence pronostique comparable et contribuent tous deux ind\u00e9pendamment \u00e0 une augmentation du risque.<\/p>\n<h2 id=\"sous-totalisation-des-tumeurs-pt2-et-pt3a-%e2%89%a47-cm\">Sous-totalisation des tumeurs pT2 et pT3a \u22647 cm<\/h2>\n<p>En ce qui concerne la deuxi\u00e8me critique, les chercheurs concluent que les patients atteints de tumeurs pT2 et ceux atteints de tumeurs pT3a \u22647&nbsp;cm (avec PFI et\/ou RVI) pr\u00e9sentent une grande proximit\u00e9 pronostique, ce qui justifierait leur regroupement dans une m\u00eame cat\u00e9gorie de staging. Les auteurs proposent donc, sur la base de cette \u00e9tude, un syst\u00e8me de staging alternatif : Sous-sommation des tumeurs pT2 de toutes tailles et des tumeurs pT3a \u22647&nbsp;cm. Ainsi, contrairement \u00e0 la classification TNM actuelle, tous les stades ont pu \u00eatre distingu\u00e9s sur le plan pronostique sans aucun chevauchement des intervalles de confiance \u00e0 95%.<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Stewart-Merrill SB, et al : Oncologic Surveillance After Surgical Resection for Renal Cell Carcinoma : A Novel Risk-Based Approach. JCO septembre 8, 2015. doi : 10.1200\/JCO.2015.61.8009 [Epub ahead of print].<\/li>\n<li>Brookman-May S : Carcinome \u00e0 cellules r\u00e9nales &#8211; Analyse de la base de donn\u00e9es CORONA : les 5 principales conclusions. Journal du congr\u00e8s du 67e congr\u00e8s de la DGU 2015.<\/li>\n<\/ol>\n<p>\n<em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c4MATOLOGIE 2015 ; 3(9-10) : 2-3<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les patients atteints d&#8217;un carcinome r\u00e9nal op\u00e9rable doivent continuer \u00e0 \u00eatre suivis apr\u00e8s la n\u00e9phrectomie. 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