{"id":342765,"date":"2015-09-18T02:00:00","date_gmt":"2015-09-18T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/lesions-whoops-dans-les-sarcomes-des-tissus-mous\/"},"modified":"2015-09-18T02:00:00","modified_gmt":"2015-09-18T00:00:00","slug":"lesions-whoops-dans-les-sarcomes-des-tissus-mous","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/lesions-whoops-dans-les-sarcomes-des-tissus-mous\/","title":{"rendered":"L\u00e9sions Whoops dans les sarcomes des tissus mous"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les sarcomes des tissus mous sont des tumeurs malignes rares du tissu conjonctif. Le traitement est multidisciplinaire et doit \u00eatre d\u00e9termin\u00e9 par un centre de sarcome. Les l\u00e9sions de Whoops sont des excisions non planifi\u00e9es de sarcomes des tissus mous sans diagnostic ou traitement pr\u00e9alable. l&#8217;imagerie. Les l\u00e9sions de Whoops sont pr\u00e9sentes chez 20 \u00e0 50 % des patients atteints de sarcomes des tissus mous. Les l\u00e9sions Whoops sont associ\u00e9es \u00e0 un taux plus \u00e9lev\u00e9 de r\u00e9cidives locales et \u00e0 un moins bon pronostic. Apr\u00e8s des r\u00e9sections non planifi\u00e9es, il reste du tissu tumoral. Il faut donc proc\u00e9der \u00e0 une r\u00e9section ult\u00e9rieure \u00e9tendue, ce qui peut entra\u00eener une morbidit\u00e9 importante, une augmentation des complications, voire la perte du membre. En Suisse, toutes les disciplines du sarcome se sont organis\u00e9es au niveau national (www.sarcoma.ch) et ont publi\u00e9 des guidelines th\u00e9rapeutiques afin d&#8217;\u00e9viter les erreurs de diagnostic et la mauvaise gestion des sarcomes des tissus mous.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Les sarcomes des tissus mous repr\u00e9sentent moins de 1% de toutes les tumeurs malignes chez l&#8217;adulte. Les sarcomes des tissus mous peuvent survenir chez des patients de tout \u00e2ge et sont \u00e0 peu pr\u00e8s aussi fr\u00e9quents chez les femmes que chez les hommes. Environ 50% des sarcomes des tissus mous sont localis\u00e9s aux extr\u00e9mit\u00e9s, le membre inf\u00e9rieur \u00e9tant plus souvent touch\u00e9. En principe, cependant, l&#8217;apparition est possible dans n&#8217;importe quelle localisation. D&#8217;un point de vue histologique, les sarcomes des tissus mous constituent un groupe tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, ce qui explique la complexit\u00e9 de la nomenclature. A l&#8217;exception des tumeurs malignes des gaines nerveuses p\u00e9riph\u00e9riques d&#8217;origine neuroectodermique, ils proviennent de cellules m\u00e9sodermiques et sont regroup\u00e9s en fonction de leur origine cellulaire pr\u00e9sum\u00e9e : Les liposarcomes proviennent de cellules adipeuses<strong> (Fig. 1), les rhabdomyosarcomes <\/strong>de muscles squelettiques stri\u00e9s et les l\u00e9iomyosarcomes de muscles lisses. Mais il existe aussi des entit\u00e9s, comme le sarcome pl\u00e9omorphe \u00e0 cellules fusiformes, dont l&#8217;origine des cellules est inconnue. Malgr\u00e9 leur immense diversit\u00e9, majoritairement structurelle, le comportement biologique de tous les sarcomes des tissus mous est tr\u00e8s similaire, c&#8217;est pourquoi ils sont souvent consid\u00e9r\u00e9s comme un groupe homog\u00e8ne lors du diagnostic et de la prise en charge.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-6106\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/abb1_oh8_s27.jpg\" style=\"height:214px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"392\"><\/p>\n<h2 id=\"diagnostic-des-sarcomes-des-tissus-mous\">Diagnostic des sarcomes des tissus mous<\/h2>\n<p>La plupart des patients atteints de sarcome des tissus mous se pr\u00e9sentent au cabinet m\u00e9dical avec un gonflement indolore des tissus mous. Il n&#8217;existe pas de signes cliniques clairs permettant de distinguer une tumeur maligne d&#8217;une tumeur b\u00e9nigne des tissus mous. Une croissance rapide de la tumeur ou une taille sup\u00e9rieure \u00e0 5 cm, en particulier si elle est sous-fasciale, sont suspectes de malignit\u00e9. Si la masse est inf\u00e9rieure \u00e0 5 cm, mais adh\u00e8re au fascia profond ou aux structures environnantes, on peut \u00e9galement suspecter un \u00e9v\u00e9nement malin. En raison des r\u00e9sultats souvent peu clairs sur le plan clinique, la poursuite du diagnostic par imagerie et \u00e9ventuellement par biopsie est d\u00e9terminante dans la prise en charge des sarcomes des tissus mous. Si l&#8217;on soup\u00e7onne un sarcome, il faut imp\u00e9rativement proc\u00e9der \u00e0 une imagerie compl\u00e9mentaire. L&#8217;IRM est consid\u00e9r\u00e9e comme la proc\u00e9dure de choix. L&#8217;administration d&#8217;un produit de contraste suppl\u00e9mentaire (gadolinium) augmente alors la pr\u00e9cision du diagnostic. Les avantages de l&#8217;IRM par rapport \u00e0 l&#8217;\u00e9chographie sont une meilleure repr\u00e9sentation morphologique de la tumeur et une meilleure image de la position anatomique par rapport aux structures neurovasculaires importantes.<\/p>\n<p>Le Swiss National Sarcoma Advisory Board a \u00e9tabli des directives&nbsp; auxquelles le m\u00e9decin traitant peut se r\u00e9f\u00e9rer (&#8220;minimal work-up requirements&#8221;). Les directives sont librement accessibles sur le site www.sarcoma.ch et fournissent des indications pr\u00e9cieuses sur les situations dans lesquelles une imagerie plus pouss\u00e9e ou une biopsie est appropri\u00e9e.<\/p>\n<h2 id=\"biopsie\">Biopsie<\/h2>\n<p>En principe, toutes les tumeurs superficielles des tissus mous sous-cutan\u00e9s de plus de 5 cm et toutes les tumeurs sous-fasciales doivent \u00eatre biopsi\u00e9es avant une r\u00e9section chirurgicale. La biopsie doit obligatoirement \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e par un membre de l&#8217;\u00e9quipe qui proc\u00e9dera ensuite \u00e0 la r\u00e9section chirurgicale. La plupart du temps, les sarcomes des tissus mous sont biopsi\u00e9s sous contr\u00f4le \u00e9chographique, mais dans certains cas, une biopsie guid\u00e9e par scanner est n\u00e9cessaire. Une ponction \u00e0 l&#8217;aiguille fine donne souvent trop peu de tissu pour pouvoir \u00e9tablir un diagnostic clair sur le plan histologique et de la g\u00e9n\u00e9tique mol\u00e9culaire. La biopsie \u00e0 l&#8217;emporte-pi\u00e8ce est donc consid\u00e9r\u00e9e comme le gold standard. Si la biopsie est simple sur le plan manuel et technique, elle est souvent exigeante sur le plan intellectuel et de la planification. Comme il existe un risque que la biopsie entra\u00eene des cellules tumorales dans les tissus environnants, le tractus de la biopsie doit \u00e9galement \u00eatre excis\u00e9 lors de l&#8217;op\u00e9ration ult\u00e9rieure. Pour cette raison, la biopsie doit \u00eatre en ligne avec l&#8217;incision chirurgicale ult\u00e9rieure de la peau. Le trajet de la biopsie ne doit jamais longer de pr\u00e8s des vaisseaux ou des nerfs, ni traverser des compartiments anatomiques non encore atteints. De m\u00eame, la formation d&#8217;un h\u00e9matome doit \u00eatre \u00e9vit\u00e9e \u00e0 tout prix afin d&#8217;\u00e9viter une nouvelle diss\u00e9mination locale de la tumeur.<\/p>\n<h2 id=\"traitement-des-sarcomes-des-tissus-mous\">Traitement des sarcomes des tissus mous<\/h2>\n<p>Si, apr\u00e8s une suspicion initiale \u00e0 l&#8217;imagerie IRM, le diagnostic de sarcome des tissus mous a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 par biopsie, un plan de traitement est d\u00e9fini lors d&#8217;un comit\u00e9 multidisciplinaire sur les sarcomes. Le traitement local se fait g\u00e9n\u00e9ralement par une th\u00e9rapie combin\u00e9e, c&#8217;est-\u00e0-dire une r\u00e9section chirurgicale associ\u00e9e \u00e0 une radioth\u00e9rapie. Qu&#8217;il y ait ou non des m\u00e9tastases au moment du diagnostic, les patients atteints de sarcome des tissus mous ont besoin d&#8217;un traitement local afin d&#8217;\u00e9viter les complications locales. Si la tumeur n&#8217;est pas trait\u00e9e, elle peut devenir tr\u00e8s grosse, compromettre les structures neurovasculaires et s&#8217;ulc\u00e9rer \u00e0 travers la peau<strong> (Fig.&nbsp;2) <\/strong>, mettant finalement en danger le membre dans son ensemble.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6107 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/abb2_oh8_s27.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/762;height:416px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"762\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>L&#8217;objectif de la r\u00e9section chirurgicale est de retirer compl\u00e8tement le sarcome en conservant des marges de r\u00e9section sans tumeur, tout en pr\u00e9servant autant que possible la fonction du membre. Il s&#8217;agit souvent d&#8217;un exercice d&#8217;\u00e9quilibre qui doit \u00eatre discut\u00e9 individuellement avec chaque patient en pr\u00e9op\u00e9ratoire.<\/p>\n<p>Tous les patients sont soumis \u00e0 une radioth\u00e9rapie afin de st\u00e9riliser l&#8217;environnement et d&#8217;obtenir ainsi un meilleur contr\u00f4le local qu&#8217;avec la chirurgie seule.&nbsp;  La radioth\u00e9rapie peut \u00eatre administr\u00e9e avant ou apr\u00e8s l&#8217;op\u00e9ration, bien que dans un essai contr\u00f4l\u00e9 randomis\u00e9 men\u00e9 au Canada, le traitement pr\u00e9op\u00e9ratoire ait donn\u00e9 des r\u00e9sultats l\u00e9g\u00e8rement sup\u00e9rieurs [1]. Mais l&#8217;avantage de la radioth\u00e9rapie pr\u00e9op\u00e9ratoire r\u00e9side surtout dans le fait que la dose et le volume d&#8217;irradiation sont plus faibles que ceux de la radioth\u00e9rapie postop\u00e9ratoire, ce qui entra\u00eene moins d&#8217;effets secondaires \u00e0 long terme.<\/p>\n<p>La chimioth\u00e9rapie pour les sarcomes des tissus mous reste non standard, mais optionnelle pour les patients \u00e0 haut risque. Les m\u00e9ta-analyses montrent un taux de r\u00e9ponse d&#8217;environ 5-10% en termes de survie et de m\u00e9tastases. Les b\u00e9n\u00e9fices de cette th\u00e9rapie sont donc faibles et souvent impossibles \u00e0 pr\u00e9dire.<\/p>\n<h2 id=\"la-lesion-des-whoops\">La l\u00e9sion des Whoops<\/h2>\n<p>Les l\u00e9sions de Whoops sont une r\u00e9section de tumeur sans diagnostic pr\u00e9op\u00e9ratoire pr\u00e9alable et sans que le chirurgien ait pens\u00e9 \u00e0 la possibilit\u00e9 d&#8217;un sarcome. Souvent, une palpation permet de suspecter une modification b\u00e9nigne (&#8220;lipome&#8221;). Le nodule est alors r\u00e9s\u00e9qu\u00e9 chirurgicalement et l&#8217;analyse anatomopathologique r\u00e9v\u00e8le, \u00e0 la surprise du chirurgien, un r\u00e9sultat malin. Comme les sarcomes des tissus mous sont tr\u00e8s rares et que l&#8217;on ne pense donc pas \u00e0 ce diagnostic, la litt\u00e9rature fait \u00e9tat d&#8217;un traitement insuffisant et inappropri\u00e9 par les chirurgiens dans jusqu&#8217;\u00e0 20-50% des cas.<\/p>\n<h2 id=\"examens-apres-une-lesion-de-whoops\">Examens apr\u00e8s une l\u00e9sion de Whoops<\/h2>\n<p>Apr\u00e8s une r\u00e9section non planifi\u00e9e d&#8217;un sarcome des tissus mous, le traitement ult\u00e9rieur doit imp\u00e9rativement \u00eatre poursuivi dans un centre de sarcome. La premi\u00e8re \u00e9tape consiste en un traitement complet de tous les r\u00e9sultats, rapports et images existants. Les \u00e9chantillons de tissus disponibles doivent \u00eatre r\u00e9\u00e9valu\u00e9s par un pathologiste de r\u00e9f\u00e9rence pour contr\u00f4le afin d&#8217;\u00e9viter toute erreur de diagnostic. Le patient est soumis \u00e0 un examen clinique, avec une attention particuli\u00e8re port\u00e9e \u00e0 l&#8217;emplacement et au trac\u00e9 de la cicatrice chirurgicale, \u00e0 la pr\u00e9sence d&#8217;h\u00e9matomes, aux \u00e9ventuelles sorties de drains et au type de fermeture de la plaie. Tous ces facteurs peuvent entra\u00eener un d\u00e9placement des cellules tumorales vers des compartiments anatomiques non affect\u00e9s \u00e0 l&#8217;origine et doivent donc \u00eatre pris en compte dans la suite du traitement.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9tape suivante consiste \u00e0 r\u00e9aliser un staging complet afin de visualiser l&#8217;atteinte tumorale locale et syst\u00e9mique. Le staging local est r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;une IRM et d&#8217;un produit de contraste afin de rechercher les tissus tumoraux restants dans la zone op\u00e9r\u00e9e et d&#8217;\u00e9valuer la contamination \u00e9ventuelle due \u00e0 la r\u00e9section non planifi\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. La difficult\u00e9 r\u00e9side souvent dans le fait que les modifications cicatricielles postop\u00e9ratoires normales ne peuvent pas toujours \u00eatre clairement distingu\u00e9es du tissu tumoral r\u00e9siduel. Ainsi, apr\u00e8s une r\u00e9section non planifi\u00e9e, la sensibilit\u00e9 de l&#8217;IRM n&#8217;est plus que de 64%. Le staging syst\u00e9mique comprend dans tous les cas un scanner thoracique et un scanner abdominal et pelvien si le diagnostic de liposarcome myxo\u00efde ou de l\u00e9iomyosarcome est pos\u00e9.<\/p>\n<h2 id=\"traitement-dune-lesion-whoops\">Traitement d&#8217;une l\u00e9sion Whoops<\/h2>\n<p>Dans la grande majorit\u00e9 des cas, une r\u00e9section ult\u00e9rieure de la zone op\u00e9r\u00e9e est effectu\u00e9e. L&#8217;objectif est de retirer le sarcome restant et les tissus potentiellement contamin\u00e9s avec des marges de r\u00e9section suffisantes. La justification d&#8217;une r\u00e9section ult\u00e9rieure repose sur l&#8217;observation qu&#8217;apr\u00e8s une r\u00e9section non planifi\u00e9e, on trouve presque toujours du tissu tumoral r\u00e9siduel, du moins au microscope (24-60%). Ce fait peut influencer le pronostic ult\u00e9rieur du patient. La r\u00e9section ult\u00e9rieure est souvent difficile, en raison du tissu cicatriciel, des couches anatomiques modifi\u00e9es et de l&#8217;absence de masse pouvant servir de guide. Les cicatrices mal situ\u00e9es et les fuites de drains ant\u00e9rieurs compliquent encore la situation.<\/p>\n<p>Contrairement aux r\u00e9sections primaires planifi\u00e9es des sarcomes des tissus mous, pour lesquelles la radioth\u00e9rapie fait partie int\u00e9grante du traitement, le r\u00f4le de la radioth\u00e9rapie dans le traitement des l\u00e9sions de Whoops reste moins clair et doit \u00eatre discut\u00e9 individuellement au sein du Sarkomboard. La radioth\u00e9rapie seule n&#8217;est utilis\u00e9e que lorsque la r\u00e9section ult\u00e9rieure serait trop mutilante pour le patient. Les donn\u00e9es actuelles montrent un pronostic l\u00e9g\u00e8rement meilleur lorsque l&#8217;on associe la chirurgie \u00e0 la radioth\u00e9rapie [2].<\/p>\n<p>La chimioth\u00e9rapie fait l&#8217;objet de controverses dans le traitement des l\u00e9sions de Whoops. Les donn\u00e9es disponibles sont peu nombreuses et souvent de qualit\u00e9 insuffisante. Toutefois, si des m\u00e9tastases sont d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sentes lors du premier staging avant la r\u00e9section, la chimioth\u00e9rapie doit certainement \u00eatre discut\u00e9e au moins avec le patient.<\/p>\n<h2 id=\"consequences-dune-lesion-de-whoops\">Cons\u00e9quences d&#8217;une l\u00e9sion de Whoops<\/h2>\n<p>Les excisions non planifi\u00e9es et incorrectes d&#8217;un sarcome des tissus mous ont des cons\u00e9quences importantes pour le patient concern\u00e9. Globalement, le taux de survie \u00e0 5 ans est plus faible et le taux de r\u00e9cidive locale plus \u00e9lev\u00e9 que chez les patients ayant re\u00e7u un traitement interdisciplinaire ad\u00e9quat [3\u20135]. La litt\u00e9rature d\u00e9crit des taux de r\u00e9cidive locale apr\u00e8s des l\u00e9sions de Whoops pouvant atteindre 39%. De plus, la survie sp\u00e9cifique \u00e0 la maladie \u00e0 cinq ans (69,8%) est nettement inf\u00e9rieure \u00e0 celle obtenue avec une r\u00e9section planifi\u00e9e (87,5%). La r\u00e9section ult\u00e9rieure de l&#8217;ancien site chirurgical peut entra\u00eener des d\u00e9fauts importants de la peau et des tissus mous. Il est donc beaucoup plus souvent n\u00e9cessaire d&#8217;utiliser un lambeau de tissus mous ou une greffe de peau (jusqu&#8217;\u00e0 30% des cas) pour obtenir une couverture suffisante des tissus mous. Cela se traduit par un taux de complications p\u00e9riop\u00e9ratoires plus \u00e9lev\u00e9 et des r\u00e9sultats fonctionnels moins bons. Comme le montre notre exemple de cas <strong>(Fig.&nbsp;3),<\/strong> il faut parfois m\u00eame envisager une amputation qui aurait pu \u00eatre \u00e9vit\u00e9e en premier lieu.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6108 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/abb3_oh8_s28.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1086;height:592px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1086\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<h2 id=\"resume\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n<p>Des excisions non planifi\u00e9es de sarcomes des tissus mous peuvent survenir chez 20 \u00e0 50% des patients chez qui un sarcome des tissus mous vient d&#8217;\u00eatre diagnostiqu\u00e9. Ils devraient donc d\u00e9j\u00e0 \u00eatre adress\u00e9s en priorit\u00e9 \u00e0 un centre de sarcome. La r\u00e9section ult\u00e9rieure du lit tumoral est g\u00e9n\u00e9ralement recommand\u00e9e apr\u00e8s une r\u00e9section non planifi\u00e9e, souvent en combinaison avec la radioth\u00e9rapie, afin d&#8217;\u00e9liminer le plus compl\u00e8tement possible le tissu tumoral qui reste souvent. Les r\u00e9-excisions sont plus \u00e9tendues que les op\u00e9rations primaires, entra\u00eenent une plus grande morbidit\u00e9 et n\u00e9cessitent plus souvent des reconstructions complexes des tissus mous. Apr\u00e8s une l\u00e9sion de Whoops, la radioth\u00e9rapie seule semble avoir un effet insuffisant, mais elle est utilis\u00e9e comme traitement adjuvant \u00e0 la chirurgie lorsqu&#8217;une op\u00e9ration trop mutilante doit \u00eatre envisag\u00e9e. Les excisions non planifi\u00e9es de sarcomes des tissus mous sont associ\u00e9es \u00e0 un taux plus \u00e9lev\u00e9 de r\u00e9cidives locales et \u00e0 un pronostic g\u00e9n\u00e9ralement moins bon. Le Swiss National Sarcoma Advisory Board (www.sarcoma.ch) a donc r\u00e9dig\u00e9 des lignes directrices pour \u00e9viter les erreurs de diagnostic et la mauvaise gestion.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>O&#8217;Sullivan B, et al : Radioth\u00e9rapie pr\u00e9op\u00e9ratoire versus radioth\u00e9rapie postop\u00e9ratoire dans le sarcome des tissus mous des membres : un essai randomis\u00e9. Lancet 2002 ; 359(9325) : 2235-2241.<\/li>\n<li>Jones DA, et al. : Gestion de l&#8217;excision non planifi\u00e9e pour le sarcome des tissus mous avec radioth\u00e9rapie pr\u00e9op\u00e9ratoire suivie d&#8217;une r\u00e9section d\u00e9finitive. Am J Clin Oncol 2014.<\/li>\n<li>Chandrasekar CR, et al : The effect of an unplanned excision of a soft-tissue sarcoma on prognosis. J Bone Joint Surg Br. 2008 ; 90(2) : 203-208.<\/li>\n<li>Noria S, et al : Maladie r\u00e9siduelle suite \u00e0 l&#8217;excision non planifi\u00e9e d&#8217;un sarcome des tissus mous d&#8217;une extr\u00e9mit\u00e9. J Bone Joint Surg Am 1996 ; 78(5) : 650-655.<\/li>\n<li>Potter BK, et al : R\u00e9currence locale de la maladie apr\u00e8s excision non planifi\u00e9e de sarcomes des tissus mous de haut grade. Clin Orthop Relat Res 2008 ; 466(12) : 3093-3100.<\/li>\n<\/ol>\n<p>\nLitt\u00e9rature compl\u00e9mentaire, Key paper :<\/p>\n<ul>\n<li>Pretell-Mazzini J, et al : Excision non planifi\u00e9e de sarcomes des tissus mous : concepts actuels pour la prise en charge et le pronostic. J Bone Joint Surg Am 2015 ; 97(7) : 597-603.<\/li>\n<\/ul>\n<p><em>Bibliographie suppl\u00e9mentaire chez l&#8217;\u00e9diteur<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c4MATOLOGIE 2015 ; 3(8) : 26-29<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les sarcomes des tissus mous sont des tumeurs malignes rares du tissu conjonctif. Le traitement est multidisciplinaire et doit \u00eatre d\u00e9termin\u00e9 par un centre de sarcome. 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