{"id":342836,"date":"2015-08-31T02:00:00","date_gmt":"2015-08-31T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/cancer-anal-diagnostic-et-concepts-actuels-de-traitement\/"},"modified":"2015-08-31T02:00:00","modified_gmt":"2015-08-31T00:00:00","slug":"cancer-anal-diagnostic-et-concepts-actuels-de-traitement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/cancer-anal-diagnostic-et-concepts-actuels-de-traitement\/","title":{"rendered":"Cancer anal : diagnostic et concepts actuels de traitement"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les facteurs de risque du carcinome anal sont le sexe f\u00e9minin, les infections par le papillomavirus humain, la promiscuit\u00e9\/les rapports sexuels anaux, le tabagisme et l&#8217;immunosuppression (par exemple, l&#8217;infection par le VIH). Si l&#8217;inspection, la palpation et\/ou l&#8217;anoscopie r\u00e9v\u00e8lent des r\u00e9sultats anormaux, la r\u00e9gion suspecte doit faire l&#8217;objet d&#8217;une biopsie. Les carcinomes de la marge anale au stade T1 peuvent \u00eatre excis\u00e9s localement. A partir du stade T2, on proc\u00e8de \u00e0 une radiochimioth\u00e9rapie combin\u00e9e. Les cancers du canal anal sont trait\u00e9s en premier lieu par une radiochimioth\u00e9rapie combin\u00e9e (5-FU et mitomycine C, minimum 45 Gy, maximum 59,4 Gy). En cas de r\u00e9cidive locale sans m\u00e9tastases \u00e0 distance, une amputation abdominop\u00e9rin\u00e9ale du rectum est indiqu\u00e9e comme op\u00e9ration de sauvetage.  <\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Le carcinome anal repr\u00e9sente environ 2,5% de toutes les tumeurs malignes gastro-intestinales [1], avec une incidence qui a doubl\u00e9 au cours des 30 derni\u00e8res ann\u00e9es, passant de 10 \u00e0 20 cas par million d&#8217;habitants [2]. Une augmentation de l&#8217;incidence du carcinome anal est observ\u00e9e chez les femmes, les infections par le papillomavirus humain (HPV), la promiscuit\u00e9 et les rapports anaux, la consommation de tabac, l&#8217;immunosuppression (par exemple apr\u00e8s une transplantation) et les infections par le VIH [2]. Si l&#8217;on consid\u00e8re les causes et les facteurs de risque des cancers anaux, ceux-ci sont plus proches des cancers g\u00e9nitaux que des tumeurs malignes gastro-intestinales.<\/p>\n<p>Histologiquement, les carcinomes anaux sont des carcinomes \u00e9pidermo\u00efdes dans plus de 90% des cas. Les ad\u00e9nocarcinomes apparaissent chez moins de 5% des patients. Ceux-ci sont class\u00e9s dans le groupe des cancers du rectum profond et sont trait\u00e9s comme tels. Dans de rares cas, les carcinomes de la marge anale sont accompagn\u00e9s de carcinomes verruqueux, de m\u00e9lanomes et de carcinomes basocellulaires.<\/p>\n<h2 id=\"facteur-de-risque-hpv\">Facteur de risque HPV<\/h2>\n<p>L&#8217;ADN de l&#8217;HPV est d\u00e9tectable chez 85 \u00e0 90% des patients atteints d&#8217;un carcinome anal. Le lien de cause \u00e0 effet entre l&#8217;infection \u00e0 HPV et le d\u00e9veloppement d&#8217;une n\u00e9oplasie intra\u00e9pith\u00e9liale anale (NIA) ou d&#8217;un cancer de l&#8217;anus a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 par de nombreux travaux [2]. Le lien entre certains types d&#8217;HPV \u00e0 haut risque (s\u00e9rotypes 16, 18, 31, 33, 35, 39, 45, 51, 52, 56 et 58) et l&#8217;apparition de dysplasies de haut grade ou de carcinomes anaux est consid\u00e9r\u00e9 comme \u00e9tabli <strong>(tableau&nbsp;1)<\/strong> [3]. Les HPV 16 (jusqu&#8217;\u00e0 75% des tumeurs) et 18 (environ 7% des tumeurs) sont les plus fr\u00e9quemment d\u00e9tect\u00e9s dans les cancers anaux [3,4]. Les carcinomes anaux sont plus souvent positifs \u00e0 l&#8217;ADN de l&#8217;HPV chez les hommes homo\/bisexuels (97,7%) que chez les hommes h\u00e9t\u00e9rosexuels (78%) [5].<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-6035\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab1_oh8_s12.png\" style=\"height:374px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"685\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab1_oh8_s12.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab1_oh8_s12-800x498.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab1_oh8_s12-120x75.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab1_oh8_s12-90x56.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab1_oh8_s12-320x199.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab1_oh8_s12-560x349.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<h2 id=\"carcinomes-du-canal-anal-et-de-la-marge-anale\">Carcinomes du canal anal et de la marge anale<\/h2>\n<p>Le carcinome anal est divis\u00e9 en carcinome du canal anal ou de la marge anale en fonction de sa localisation. Les carcinomes du canal anal sont environ deux \u00e0 trois fois plus fr\u00e9quents que les carcinomes de la marge anale. Ils sont plus fr\u00e9quents chez les femmes, alors que le cancer de la marge anale est environ quatre fois plus fr\u00e9quent chez les hommes que chez les femmes [2,5]. Le pic d&#8217;incidence du cancer du canal anal se situe entre la 6e et la 7e semaine de vie. Le cancer du col de l&#8217;ut\u00e9rus est diagnostiqu\u00e9 au cours de la 4e d\u00e9cennie et le cancer de la marge anale au cours de la 5e-6e d\u00e9cennie. d\u00e9cade de la vie.<\/p>\n<h2 id=\"neoplasie-intraepitheliale-anale-nia\">N\u00e9oplasie intra\u00e9pith\u00e9liale anale (NIA)<\/h2>\n<p>La n\u00e9oplasie intra\u00e9pith\u00e9liale anale (NIA) est class\u00e9e en trois niveaux (grade I \u00e0 III) et consid\u00e9r\u00e9e comme un \u00e9tat pr\u00e9canc\u00e9reux. Les trois degr\u00e9s peuvent s&#8217;interp\u00e9n\u00e9trer et \u00e9voluer vers un carcinome anal  <strong>(Fig.&nbsp;1).<\/strong>  Alors que les AIN de grade I et II peuvent r\u00e9gresser spontan\u00e9ment, une AIN de grade III est consid\u00e9r\u00e9e comme un carcinome in situ : Il existe &#8211; en particulier chez les personnes immunocomp\u00e9tentes &#8211; un risque \u00e9lev\u00e9 d&#8217;\u00e9volution vers un carcinome invasif.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6036 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/abb1_oh8_s12.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1237;height:675px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1237\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/abb1_oh8_s12.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/abb1_oh8_s12-800x900.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/abb1_oh8_s12-120x135.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/abb1_oh8_s12-90x101.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/abb1_oh8_s12-320x360.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/abb1_oh8_s12-560x630.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<h2 id=\"symptomes\">Sympt\u00f4mes<\/h2>\n<p>Les sympt\u00f4mes principaux du carcinome anal correspondent \u00e0 ceux de la maladie h\u00e9morro\u00efdaire et du cancer du rectum, c&#8217;est pourquoi il y a souvent des retards dans le diagnostic. Les patients se pr\u00e9sentent g\u00e9n\u00e9ralement au cabinet avec des pertes de sang frais ab ano. Des douleurs \u00e0 la d\u00e9f\u00e9cation et un prurit p\u00e9rianal sont parfois signal\u00e9s. Des irr\u00e9gularit\u00e9s dans les selles peuvent \u00e9galement se produire. En cas d&#8217;augmentation de la taille des ganglions lymphatiques inguinaux et de ces sympt\u00f4mes, il faut toujours penser \u00e0 un carcinome anal. Si les r\u00e9sultats de l&#8217;examen sont anormaux, des biopsies appropri\u00e9es doivent \u00eatre r\u00e9alis\u00e9es.<\/p>\n<h2 id=\"diagnostic\">Diagnostic<\/h2>\n<p>Apr\u00e8s avoir recueilli l&#8217;anamn\u00e8se, le patient est soumis \u00e0 un examen clinique par inspection, palpation et anoscopie. L&#8217;inspection doit permettre de d\u00e9celer toute l\u00e9sion, tout changement de couleur ou toute modification de la structure osseuse. A la palpation, on recherche une masse et\/ou une induration. En outre, les ganglions lymphatiques inguinaux doivent toujours \u00eatre palp\u00e9s. La proctoscopie permet de visualiser le canal anal et d&#8217;examiner les l\u00e9sions spatiales, les modifications verruqueuses et les leucoplasies. En cas d&#8217;anomalie, des biopsies p\u00e9ri- et endo-anales (voire une cartographie anale) doivent \u00eatre r\u00e9alis\u00e9es.<\/p>\n<p>Si l&#8217;histologie confirme la pr\u00e9sence d&#8217;un carcinome, des examens de staging par imagerie sont effectu\u00e9s. Il s&#8217;agit notamment du scanner thoracique, du scanner ou de l&#8217;IRM de l&#8217;abdomen et du bassin et, \u00e9ventuellement, de la tomographie par \u00e9mission de positrons (TEP CT). Chez les patients de sexe f\u00e9minin, un examen gyn\u00e9cologique est indispensable pour exclure un cancer du col de l&#8217;ut\u00e9rus. En cas de carcinome avanc\u00e9 (T4), un contr\u00f4le gyn\u00e9cologique et urologique est obligatoire. Pour les hommes en \u00e2ge de procr\u00e9er et souhaitant avoir un enfant, il est important de penser \u00e0 la cryoconservation avant de commencer le traitement du carcinome anal.<\/p>\n<p>Sur la base de la classification TNM<strong> (tab.&nbsp;2)<\/strong>, le carcinome anal est divis\u00e9 en quatre stades (stades I-IV), qui sont directement corr\u00e9l\u00e9s \u00e0 la survie \u00e0 long terme. Les patients atteints d&#8217;un carcinome de stade IV ont la plus mauvaise survie \u00e0 5 ans (45%) par rapport aux patients de stade I ou II (86%) [6]. Au moment du diagnostic, la tumeur est encore localis\u00e9e chez 90% des patients. Le plus souvent, le carcinome anal m\u00e9tastase dans le foie (50%), le p\u00e9ritoine (25%) ou les poumons (15%) [6]. Une tumeur avanc\u00e9e (\u00e0 partir de T3) pr\u00e9sente des m\u00e9tastases lymphog\u00e8nes dans 30 \u00e0 60% des cas, alors que les patients atteints de cancers T1 ou T2 ne pr\u00e9sentent des m\u00e9tastases ganglionnaires que dans 10 \u00e0 15% des cas.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6037 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab2_oh8_s13.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1600;height:873px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1600\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab2_oh8_s13.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab2_oh8_s13-800x1164.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab2_oh8_s13-120x175.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab2_oh8_s13-90x131.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab2_oh8_s13-320x465.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab2_oh8_s13-560x815.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<h2 id=\"traitement-du-carcinome-de-la-marge-anale\">Traitement du carcinome de la marge anale<\/h2>\n<p>Le traitement du carcinome \u00e9pidermo\u00efde de la peau consiste en une excision locale avec une marge de s\u00e9curit\u00e9 de 1&nbsp;cm. Occasionnellement, une couverture par lambeau de chirurgie plastique est \u00e9galement indiqu\u00e9e pour les tumeurs T1 (\u22642&nbsp;cm).<\/p>\n<p>Les cancers de la marge anale localement avanc\u00e9s (\u2265T2) sont trait\u00e9s en premier lieu par une radiochimioth\u00e9rapie combin\u00e9e, conform\u00e9ment au sch\u00e9ma Nigro pour les cancers du canal anal [7]. Si l&#8217;ex\u00e9r\u00e8se radicale implique les muscles sphinct\u00e9riens, la radiochimioth\u00e9rapie combin\u00e9e primaire est \u00e9galement recommand\u00e9e [8].<\/p>\n<h2 id=\"traitement-du-carcinome-du-canal-anal\">Traitement du carcinome du canal anal<\/h2>\n<p>La radiochimioth\u00e9rapie n\u00e9oadjuvante combin\u00e9e avec du 5-fluorouracile (FU) et de la mitomycine C est consid\u00e9r\u00e9e comme le standard th\u00e9rapeutique international pour le carcinome \u00e9pidermo\u00efde du canal anal ainsi que pour les carcinomes \u00e9pidermo\u00efdes de la marge anale \u2265T2 [7]. La radiochimioth\u00e9rapie combin\u00e9e est sup\u00e9rieure \u00e0 la radioth\u00e9rapie seule en termes de survie sans maladie plus longue, de taux de r\u00e9cidive locale plus faible et de survie sans colostomie plus longue. Ce n&#8217;est qu&#8217;en l&#8217;absence d&#8217;indication de chimioth\u00e9rapie (par exemple chez les patients \u00e2g\u00e9s et\/ou pr\u00e9sentant de nombreuses comorbidit\u00e9s pertinentes) que la r\u00e9alisation d&#8217;une radioth\u00e9rapie seule doit \u00eatre envisag\u00e9e et discut\u00e9e au sein d&#8217;un comit\u00e9 interdisciplinaire.<\/p>\n<p>La radioth\u00e9rapie est g\u00e9n\u00e9ralement administr\u00e9e cinq fois par semaine sous la forme d&#8217;une irradiation fractionn\u00e9e conventionnelle avec une dose unique de 2&nbsp;Gy\/d. Les patients peuvent \u00e9galement recevoir des doses plus \u00e9lev\u00e9es. Outre le traitement de la r\u00e9gion de la tumeur primaire, l&#8217;irradiation des voies de drainage lymphatique locor\u00e9gionales est \u00e0 la fois \u00e9lective et th\u00e9rapeutique. Le volume cible et la dose cible volumique (ZVD) sont d\u00e9termin\u00e9s par le radio-oncologue. Les r\u00e9gions ganglionnaires non atteintes sont trait\u00e9es avec une DPC de 45 \u00e0 50 Gy. Les ganglions lymphatiques atteints ainsi que la r\u00e9gion de la tumeur primaire sont dop\u00e9s de mani\u00e8re s\u00e9lective avec une marge de s\u00e9curit\u00e9 appropri\u00e9e jusqu&#8217;\u00e0 une DPC de 59,4&nbsp;Gy [9].<\/p>\n<p>Combin\u00e9e \u00e0 la radioth\u00e9rapie, la chimioth\u00e9rapie comprend du 5-FU aux jours 1-4 et 29-32 et de la mitomycine C au jour 1 et lorsque la dose d&#8217;irradiation atteint 30 Gy [7,9]. L&#8217;application de la chimioth\u00e9rapie se fait dans des conditions d&#8217;hospitalisation par une voie centrale et est dirig\u00e9e par des oncologues form\u00e9s \u00e0 cet effet. La mise en place d&#8217;une colostomie temporaire (par exemple, une sigmo\u00efdostomie \u00e0 deux voies) est souvent conseill\u00e9e en cas de carcinome anal st\u00e9nosant ou d&#8217;incontinence f\u00e9cale restrictive avant la r\u00e9alisation d&#8217;une radiochimioth\u00e9rapie n\u00e9oadjuvante combin\u00e9e.<\/p>\n<p>L&#8217;amputation abdominop\u00e9rin\u00e9ale du rectum est consid\u00e9r\u00e9e comme la derni\u00e8re option th\u00e9rapeutique curative (op\u00e9ration de sauvetage) pour le cancer du canal anal et est r\u00e9alis\u00e9e en cas de tumeur persistante (au moins 26 semaines apr\u00e8s la fin de la radiochimioth\u00e9rapie combin\u00e9e) ou de r\u00e9cidive locale prouv\u00e9e par biopsie. Ce n&#8217;est que lorsqu&#8217;une r\u00e9section R0 peut \u00eatre obtenue que l&#8217;amputation du rectum par voie abdominop\u00e9rin\u00e9ale est justifi\u00e9e. Une lymphad\u00e9nectomie inguinale suppl\u00e9mentaire est r\u00e9alis\u00e9e en cas de sympt\u00f4mes cliniques (par ex. compression), de maladie persistante ou r\u00e9cidivante.<\/p>\n<h2 id=\"traitement-de-ladenocarcinome-du-canal-anal\">Traitement de l&#8217;ad\u00e9nocarcinome du canal anal<\/h2>\n<p>L&#8217;ad\u00e9nocarcinome rare du canal anal (&lt;5%) doit \u00eatre trait\u00e9 conform\u00e9ment aux directives relatives aux cancers rectaux profonds. Dans ce cas, la radiochimioth\u00e9rapie n\u00e9oadjuvante suivie d&#8217;une r\u00e9section est indiqu\u00e9e. Nous vous renvoyons \u00e0 la litt\u00e9rature sp\u00e9cialis\u00e9e correspondante sur le cancer du rectum.<\/p>\n<h2 id=\"traitement-du-carcinome-anal-metastase\">Traitement du carcinome anal m\u00e9tastas\u00e9<\/h2>\n<p>Dans l&#8217;ensemble, il est rare que la tumeur primaire soit d\u00e9j\u00e0 m\u00e9tastas\u00e9e au moment du diagnostic (10%) [6], c&#8217;est pourquoi les donn\u00e9es concernant la chimioth\u00e9rapie palliative sont limit\u00e9es. Le seul r\u00e9gime de chimioth\u00e9rapie palliative de premi\u00e8re ligne comprend une association de cisplatine et de 5-FU (cisplatine 100&nbsp;<sup>mg\/m2<\/sup> jour 1, 5-FU 1000&nbsp;<sup>mg\/m2<\/sup> jour 1-5 ; r\u00e9p\u00e9tition jour 29) [10]. L&#8217;effet d&#8217;autres th\u00e9rapies combin\u00e9es avec, par exemple, la mitomycine C, la doxorubicine et le cisplatine ou le paclitaxel, le carboplatine et le 5-FU est certes d\u00e9crit dans certaines \u00e9tudes, mais les donn\u00e9es bas\u00e9es sur l&#8217;\u00e9vidence manquent encore pour pouvoir \u00e9mettre des recommandations \u00e0 ce sujet.<\/p>\n<p>La r\u00e9section locale des m\u00e9tastases du carcinome anal n&#8217;est pas \u00e9tablie et n&#8217;est donc pas explicitement recommand\u00e9e en premier lieu. N\u00e9anmoins, la r\u00e9section locale ainsi que la radioth\u00e9rapie des m\u00e9tastases peuvent \u00eatre discut\u00e9es dans le cadre du concept oncologique global au sein d&#8217;un tumorboard interdisciplinaire et s&#8217;av\u00e9rer utiles pour chaque patient.<\/p>\n<h2 id=\"concepts-therapeutiques-en-cas-de-recidive\">Concepts th\u00e9rapeutiques en cas de r\u00e9cidive<\/h2>\n<p>En cas de r\u00e9cidive locale ou r\u00e9gionale et en l&#8217;absence de m\u00e9tastases \u00e0 distance, il convient d&#8217;adopter une approche th\u00e9rapeutique curative. En fonction du traitement de premi\u00e8re intention, les options chirurgicales (amputation abdominop\u00e9rin\u00e9ale du rectum) et les r\u00e9serves de traitement radio-oncologique doivent \u00eatre \u00e9valu\u00e9es et d\u00e9finies en tant que proc\u00e9dure th\u00e9rapeutique au sein de la r\u00e9union interdisciplinaire de concertation sur les tumeurs. En cas de r\u00e9cidive ne pouvant \u00eatre trait\u00e9e localement de mani\u00e8re curative, il convient de d\u00e9finir et de coordonner une approche individuelle, en particulier ax\u00e9e sur les sympt\u00f4mes et interdisciplinaire (chirurgie, radioth\u00e9rapie vs chimioth\u00e9rapie syst\u00e9mique).<\/p>\n<h2 id=\"suivi-des-patients\">Suivi des patients<\/h2>\n<p>Selon les directives europ\u00e9ennes, le premier contr\u00f4le clinique est indiqu\u00e9 trois mois apr\u00e8s la fin de la radiochimioth\u00e9rapie [9]. Le suivi comprend l&#8217;examen clinique (inspection, palpation et anoscopie) et la palpation des ganglions lymphatiques inguinaux. Cet examen doit \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 des intervalles de trois \u00e0 six mois au cours des deux premi\u00e8res ann\u00e9es suivant le traitement initial (qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;une radiochimioth\u00e9rapie combin\u00e9e primaire ou d&#8217;une excision locale). Apr\u00e8s deux ans, il est recommand\u00e9 de poursuivre le suivi clinique de la tumeur tous les six \u00e0 douze mois jusqu&#8217;\u00e0 un total de cinq ans apr\u00e8s le traitement primaire <strong>(tableau&nbsp;3).<\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6038 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab3_oh8_s14.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/365;height:199px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"365\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab3_oh8_s14.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab3_oh8_s14-800x265.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab3_oh8_s14-120x40.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab3_oh8_s14-90x30.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab3_oh8_s14-320x106.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab3_oh8_s14-560x186.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>Dans les directives europ\u00e9ennes, le suivi r\u00e9gulier par scanner est controvers\u00e9, car les r\u00e9cidives de carcinomes anaux sont plus souvent locor\u00e9gionales que les m\u00e9tastases \u00e0 distance [9]. En revanche, le National Comprehensive Cancer Network (NCCN) recommande un scanner annuel du thorax, de l&#8217;abdomen et du bassin pendant les trois premi\u00e8res ann\u00e9es suivant le traitement primaire. Pour le reste, les directives du NCCN co\u00efncident avec celles de l&#8217;Europe <strong>(tableau 3).<\/strong> Dans notre centre de lutte contre les tumeurs, nous suivons les directives du NCCN. Une IRM pelvienne et\/ou une \u00e9chographie endo-anale ne sont r\u00e9alis\u00e9es dans le cadre du suivi que si les r\u00e9sultats cliniques ne sont pas clairs [9].<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6039 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab4_oh8_s14.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1112;height:607px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1112\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab4_oh8_s14.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab4_oh8_s14-800x809.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab4_oh8_s14-80x80.png 80w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab4_oh8_s14-120x120.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab4_oh8_s14-90x90.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab4_oh8_s14-320x323.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tab4_oh8_s14-560x566.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>Une biopsie de re-staging apr\u00e8s la fin de la radiochimioth\u00e9rapie combin\u00e9e pour le carcinome du canal anal est indiqu\u00e9e au plus t\u00f4t apr\u00e8s trois mois et au plus tard apr\u00e8s six mois. En cas de tumeurs r\u00e9siduelles dans la biopsie de re-staging et de tumeurs macroscopiques de petite taille, une nouvelle biopsie est justifi\u00e9e six mois apr\u00e8s la fin du traitement primaire. Si le r\u00e9sultat de la tumeur reste positif, il y a une indication pour une op\u00e9ration de sauvetage, la suite de la proc\u00e9dure doit \u00eatre d\u00e9termin\u00e9e dans le cadre du tumorboard interdisciplinaire.<\/p>\n<p> <strong>Le tableau 4<\/strong> donne un aper\u00e7u du diagnostic et du traitement du carcinome anal.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Siegel RL, Miller KD, Jemal A : Cancer Statistics, 2015. Ca-a Cancer Journal for Clinicians 2015 ; 65(1) : 529.<\/li>\n<li>Johnson LG : incidence du cancer anal et survie : la surveillance, l&#8217;\u00e9pid\u00e9miologie et l&#8217;exp\u00e9rience des r\u00e9sultats finaux, 1973-2000. Cancer 2004 ; 101(2) : 281-288.<\/li>\n<li>Cogliano V, et al : Carcinog\u00e9nicit\u00e9 des papillomavirus humains. Lancet Oncol 2005 ; 6(4) : 204.<\/li>\n<li>Bouvard V, et al : A review of human carcinogens&#8211;Part B : biological agents. Lancet Oncol 2009 ; 10(4) : 321-322.<\/li>\n<li>Abramowitz L, et al. : Les l\u00e9sions intra\u00e9pith\u00e9liales malpighiennes anales et le condylome chez les hommes h\u00e9t\u00e9rosexuels, les hommes homosexuels et les femmes infect\u00e9s par le VIH : pr\u00e9valence et facteurs associ\u00e9s. SIDA 2007 ; 21(11) : 1457-1465.<\/li>\n<li>Klas JV, et al : Tumeurs malignes du canal anal : le spectre de la maladie, le traitement, et les r\u00e9sultats. Cancer 1999 ; 85(8) : 1686-1693.<\/li>\n<li>Nigro ND, Vaitkevicius VK, Considine B : Combined therapy for cancer of the anal channel : a preliminary report. Dis Colon Rectum 1974 ; 17(3) : 354-356.<\/li>\n<li>Khanfir K, et al : Patterns of failure and outcome in patients with carcinoma of the anal margin. Ann Surg Oncol 2008 ; 15(4) : 1092-1098.<\/li>\n<li>9.&nbsp;&nbsp; &nbsp; Glynne-Jones R, et al. : Anal cancer : ESMO-ESSO-ESTRO Clinical Practice Guidelines for diagnosis, treatment and follow-up. Ann Oncol 2014 ; 25 Suppl 3 : iii10-20.<\/li>\n<li>Jaiyesimi IA, Pazdur R : Cisplatine et 5-fluorouracil comme traitement de secours pour le carcinome \u00e9pidermo\u00efde m\u00e9tastatique r\u00e9current du canal anal. Am J Clin Oncol 1993 ; 16(6) : 536-540.<\/li>\n<\/ol>\n<p>\n<em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c4MATOLOGIE 2015 ; 3(8) : 11-15<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les facteurs de risque du carcinome anal sont le sexe f\u00e9minin, les infections par le papillomavirus humain, la promiscuit\u00e9\/les rapports sexuels anaux, le tabagisme et l&#8217;immunosuppression (par exemple, l&#8217;infection par&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":52189,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"La radiochimioth\u00e9rapie comme traitement de choix","footnotes":""},"category":[11531,11414,11389,11492,11549],"tags":[45371,45368,33309,15119,27551,45372,45362,18422],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-342836","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-formation-continue","category-gastro-enterologie-et-hepatologie","category-oncologie","category-radiologie-fr","category-rx-fr","tag-cancer-anal-fr","tag-cancer-du-rectum","tag-carcinome-anal","tag-hpv-fr","tag-irm-fr","tag-mitomycine","tag-nccn-fr","tag-vih","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-05-10 06:55:55","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":342841,"slug":"carcinoma-anale-diagnostica-e-concetti-di-trattamento-attuali","post_title":"Carcinoma anale: diagnostica e concetti di trattamento attuali","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/carcinoma-anale-diagnostica-e-concetti-di-trattamento-attuali\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":342796,"slug":"carcinoma-anal-diagnosticos-e-conceitos-de-tratamento-actuais","post_title":"Carcinoma anal: diagn\u00f3sticos e conceitos de tratamento actuais","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/carcinoma-anal-diagnosticos-e-conceitos-de-tratamento-actuais\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":342817,"slug":"carcinoma-anal-diagnostico-y-conceptos-actuales-de-tratamiento","post_title":"Carcinoma anal: diagn\u00f3stico y conceptos actuales de tratamiento","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/carcinoma-anal-diagnostico-y-conceptos-actuales-de-tratamiento\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/342836","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=342836"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/342836\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/52189"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=342836"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=342836"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=342836"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=342836"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}