{"id":343047,"date":"2015-06-08T02:00:00","date_gmt":"2015-06-08T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/actualites-et-controverses-en-neurologie-clinique\/"},"modified":"2015-06-08T02:00:00","modified_gmt":"2015-06-08T00:00:00","slug":"actualites-et-controverses-en-neurologie-clinique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/actualites-et-controverses-en-neurologie-clinique\/","title":{"rendered":"Actualit\u00e9s et controverses en neurologie clinique"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le 5 mars 2015, le 8e &#8220;Neurologie Update&#8221; a d\u00e9j\u00e0 eu lieu \u00e0 Saint-Gall. Les m\u00e9decins du service de neurologie de l&#8217;h\u00f4pital cantonal de Saint-Gall ont fourni des informations sur les nouveaut\u00e9s et les controverses, notamment sur le traitement de la scl\u00e9rose en plaques, le syndrome des jambes sans repos, le traitement anticonvulsivant, l&#8217;attaque c\u00e9r\u00e9brale et la maladie de Parkinson. Les deux conf\u00e9rences &#8220;pour et contre&#8221;, au cours desquelles deux intervenants ont crois\u00e9 le fer sur un sujet controvers\u00e9, ont \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement int\u00e9ressantes.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>&#8220;Il y a encore 20 ans, la scl\u00e9rose en plaques ne pouvait pas \u00eatre trait\u00e9e&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 le Dr Stefanie M\u00fcller en ouverture de son expos\u00e9. &#8220;Depuis, la situation a radicalement chang\u00e9 &#8211; de nouveaux traitements de la SEP sont mis sur le march\u00e9 pratiquement chaque ann\u00e9e&#8221;. L&#8217;ann\u00e9e derni\u00e8re, il s&#8217;agissait de l&#8217;alemtuzumab (<sup>Lemtrada\u00ae<\/sup>), utilis\u00e9 principalement pour le traitement d&#8217;escalade, et du dim\u00e9thylfumarate (Tecfidera\u00ae), le troisi\u00e8me agent oral de la SEP.<\/p>\n<h2 id=\"le-fumarate-de-dimethyle-dans-la-sclerose-en-plaques\">Le fumarate de dim\u00e9thyle dans la scl\u00e9rose en plaques<\/h2>\n<p>L&#8217;efficacit\u00e9 du fumarate de dim\u00e9thyle a \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9e dans les deux \u00e9tudes CONFIRM et DEFINE. Ils ont montr\u00e9 une r\u00e9duction de 50% du taux annuel de pouss\u00e9es ainsi qu&#8217;une augmentation de 32% de l&#8217;invalidit\u00e9 annuelle et une diminution des l\u00e9sions IRM. Depuis ao\u00fbt 2014, le fumarate de dim\u00e9thyle est disponible comme traitement de premi\u00e8re ligne, \u00e0 raison de 240 mg deux fois par jour. Les effets secondaires typiques sont des sympt\u00f4mes de flush (rougeur, chaleur, br\u00fblure, d\u00e9mangeaison) et des troubles gastro-intestinaux (diarrh\u00e9e, douleur, naus\u00e9e, vomissement), mais ils disparaissent g\u00e9n\u00e9ralement apr\u00e8s le premier mois. La plupart des patients s&#8217;accommodent bien des sympt\u00f4mes de flush ; si ceux-ci sont tr\u00e8s g\u00eanants, ils peuvent \u00eatre trait\u00e9s par la prise ponctuelle d&#8217;aspirine. Pour \u00e9viter autant que possible les troubles gastro-intestinaux, il est recommand\u00e9 de limiter la dose (120 mg seulement les huit premiers jours), de prendre le m\u00e9dicament avec un repas et d&#8217;avaler les g\u00e9lules enti\u00e8res. Chez la plupart des patients, le nombre de leucocytes diminue d&#8217;environ 10% au cours de la premi\u00e8re ann\u00e9e de traitement, mais cela n&#8217;augmente pas la sensibilit\u00e9 aux infections. En Suisse, une leucop\u00e9nie pr\u00e9existante est n\u00e9anmoins une contre-indication \u00e0 l&#8217;administration de fumarate de dim\u00e9thyle. Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, il n&#8217;y a aucune preuve d&#8217;effets nocifs chez les femmes enceintes ; cependant, le fumarate de dim\u00e9thyle doit \u00eatre arr\u00eat\u00e9 si une grossesse est diagnostiqu\u00e9e.<\/p>\n<p>&#8220;Il est de plus en plus difficile de conseiller les patients atteints de SEP sur leur m\u00e9dication&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 l&#8217;intervenante. &#8220;Actuellement, quatre produits sont disponibles sous forme d&#8217;injection, trois sous forme de comprim\u00e9s et deux sous forme de perfusion. C&#8217;est pourquoi la d\u00e9cision est g\u00e9n\u00e9ralement prise individuellement, par exemple en fonction du planning familial, des effets secondaires ou des pr\u00e9f\u00e9rences personnelles&#8221;. Comme on peut s&#8217;attendre \u00e0 ce que d&#8217;autres traitements de la SEP arrivent sur le march\u00e9 dans les ann\u00e9es \u00e0 venir (daclizumab, peginterf\u00e9ron, ocrelizumab), le conseil aux patients va encore se compliquer.<\/p>\n<h2 id=\"medicaments-pour-le-syndrome-des-jambes-sans-repos\">M\u00e9dicaments pour le syndrome des jambes sans repos<\/h2>\n<p>Le Dr Dominique Fl\u00fcgel a donn\u00e9 des informations sur les possibilit\u00e9s th\u00e9rapeutiques actuelles pour le syndrome des jambes sans repos (RLS). Chez les personnes de 35 ans atteintes de RLS, la r\u00e9partition entre les sexes est encore de 1:1, alors que chez les personnes plus \u00e2g\u00e9es, les femmes ont deux fois plus de risques de d\u00e9velopper un RLS que les hommes. Une cause possible est la carence relative en fer pendant la grossesse. La d\u00e9pression est une comorbidit\u00e9 fr\u00e9quente. \u00c9tant donn\u00e9 que les ISRS, comme de nombreux autres m\u00e9dicaments, peuvent d\u00e9clencher un RLS, les patients d\u00e9pressifs atteints de RLS devraient \u00eatre trait\u00e9s par le bupropion plut\u00f4t que par les ISRS.<\/p>\n<p>La plupart des patients atteints de RLS r\u00e9pondent rapidement et bien \u00e0 la L-Dopa, mais le risque d&#8217;augmentation est \u00e9lev\u00e9 : les sympt\u00f4mes s&#8217;intensifient et commencent plus t\u00f4t dans la journ\u00e9e, et il arrive qu&#8217;ils remontent vers d&#8217;autres parties du corps. Il s&#8217;agit clairement d&#8217;un ph\u00e9nom\u00e8ne iatrog\u00e8ne. En cas de traitement par agonistes dopaminergiques (AD), le risque d&#8217;augmentation existe \u00e9galement, mais il est moindre qu&#8217;avec la L-Dopa ; en revanche, les AD peuvent provoquer des troubles du contr\u00f4le des impulsions (voir encadr\u00e9).<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-5703\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/kasten_np3_s28.gif\" style=\"height:299px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"548\"><\/p>\n<p>Les recommandations th\u00e9rapeutiques actuelles proposent l&#8217;AD comme traitement de premi\u00e8re intention en cas de sympt\u00f4mes s\u00e9v\u00e8res, d&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 s\u00e9v\u00e8re, de d\u00e9pression comorbide, de risque accru de chutes ou de troubles cognitifs. La gabapentine et la pr\u00e9gabaline sont des m\u00e9dicaments de premier choix en cas de troubles graves du sommeil, de douleurs, de troubles anxieux comorbides ou d&#8217;ant\u00e9c\u00e9dents de troubles du contr\u00f4le des impulsions. Le deuxi\u00e8me choix est l&#8217;association d&#8217;un AD avec la gabapentine ou la pr\u00e9gabaline ou l&#8217;administration d&#8217;un opio\u00efde (tramadol, cod\u00e9ine, oxycodone-naloxone, tilidine). Le d\u00e9veloppement d&#8217;une tol\u00e9rance aux opio\u00efdes est rarement observ\u00e9 chez ces patients.<br \/>\nLe principe de base est le m\u00eame pour tous les traitements m\u00e9dicamenteux du RLS :<\/p>\n<ul>\n<li>N&#8217;utiliser des m\u00e9dicaments qu&#8217;en cas de souffrance<\/li>\n<li>Doser les m\u00e9dicaments le plus faiblement possible<\/li>\n<li>Garder un \u0153il sur une \u00e9ventuelle augmentation ou un changement avoir des troubles du contr\u00f4le des impulsions sous AD<\/li>\n<li>Contr\u00f4les m\u00e9dicaux tous les 6 \u00e0 12 mois.<\/li>\n<\/ul>\n<h2 id=\"des-antiepileptiques-des-la-premiere-crise\">Des anti\u00e9pileptiques d\u00e8s la premi\u00e8re crise ?<\/h2>\n<p>Que faire si un patient a subi une premi\u00e8re crise d&#8217;\u00e9pilepsie ? Faut-il prescrire un anti\u00e9pileptique ou plut\u00f4t attendre ? Il n&#8217;y a pas de r\u00e9ponse simple \u00e0 ces questions &#8211; les experts ne sont pas d&#8217;accord entre eux. Le Dr Dominik Zieglg\u00e4nsberger a repr\u00e9sent\u00e9 les &#8220;pour&#8221; et le Pr Barbara Tettenborn les &#8220;contre&#8221; lors de la mise \u00e0 jour de neurologie.<\/p>\n<p><strong>Pour : <\/strong>plusieurs \u00e9tudes ont montr\u00e9 que la probabilit\u00e9 d&#8217;une deuxi\u00e8me crise dans les deux ans est relativement \u00e9lev\u00e9e. Elle est de 50% chez les patients non trait\u00e9s et de 25% chez les patients trait\u00e9s (essai FIRST). Dans l&#8217;essai MESS, 39% des patients non trait\u00e9s ont eu une deuxi\u00e8me crise. Le risque de r\u00e9cidive \u00e9tait plus \u00e9lev\u00e9 chez les patients pr\u00e9sentant un EEG pathologique, un d\u00e9but de crise focale, une crise pendant le sommeil ou des r\u00e9sultats neurologiques pathologiques. Cependant, m\u00eame dans le groupe pr\u00e9sentant le risque de crise le plus faible, 30% des patients avaient eu une deuxi\u00e8me crise apr\u00e8s quatre ans (essai MESS). Le risque de r\u00e9cidive est plus \u00e9lev\u00e9 chez les enfants et les adolescents, ainsi que chez les personnes \u00e2g\u00e9es de plus de 65 ans.<\/p>\n<p>Dominik Zieglg\u00e4nsberger a fait remarquer que les crises d&#8217;\u00e9pilepsie ont \u00e9galement de graves cons\u00e9quences psychosociales : Accidents, interdiction de conduire, restrictions professionnelles (travaux de construction, travail post\u00e9) et restrictions dans les loisirs (natation, risque de noyade dans la baignoire, risque de blessure). De nombreux patients ont peur de faire de nouvelles crises et r\u00e9agissent en se retirant socialement. Un autre risque est le SUDEP (&#8220;Sudden unexplained death in epilepsy patients&#8221;) ; le facteur de risque le plus important pour un SUDEP est une fr\u00e9quence de crises \u00e9lev\u00e9e. Tous ces risques plaident en faveur du traitement des patients par un anti\u00e9pileptique d\u00e8s la premi\u00e8re crise.<\/p>\n<p><strong>Contre :<\/strong> apr\u00e8s une premi\u00e8re crise, la premi\u00e8re question qui se pose est de savoir s&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;une crise d&#8217;\u00e9pilepsie. Et si oui, \u00e9tait-il vraiment non provoqu\u00e9 ? Deux \u00e9tudes ont montr\u00e9 que dans 25% des cas, une premi\u00e8re crise &#8220;\u00e9pileptique&#8221; \u00e9tait un mauvais diagnostic. Il y a donc une forte probabilit\u00e9 de traiter des patients qui n&#8217;ont pas besoin d&#8217;un traitement anti\u00e9pileptique. &#8220;N&#8217;oublions pas que 50% des patients chez qui l&#8217;on commence un traitement anti\u00e9pileptique le suivront toute leur vie&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 le professeur Tettenborn. Cela signifie que de nombreux patients sont expos\u00e9s aux effets secondaires souvent nettement limitatifs des anti\u00e9pileptiques. Il s&#8217;agit notamment de<\/p>\n<ul>\n<li>Influences sur la conscience et la d\u00e9marche<\/li>\n<li>Aggravation des facteurs de risque cardiovasculaires<\/li>\n<li>Alt\u00e9ration du m\u00e9tabolisme osseux : les \u00e9pileptiques de plus de 50 ans ont trois fois plus de risques de se fracturer la hanche et le f\u00e9mur<\/li>\n<li>Atteintes cosm\u00e9tiques : Augmentation de la taille des traits du visage, hyperplasie gingivale, prise de poids.<\/li>\n<li>Taux plus \u00e9lev\u00e9 de grossesses non d\u00e9sir\u00e9es<\/li>\n<li>Troubles de la fertilit\u00e9<\/li>\n<li>Effets t\u00e9ratog\u00e8nes (les enfants dont les m\u00e8res ont pris des anticonvulsivants pendant la grossesse pr\u00e9sentent davantage de troubles cognitifs)<\/li>\n<li>Interactions avec d&#8217;autres m\u00e9dicaments.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&#8220;La plupart des patients ont peur d&#8217;une nouvelle crise et refusent d&#8217;arr\u00eater les m\u00e9dicaments, m\u00eame s&#8217;ils doivent accepter des effets secondaires&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 l&#8217;intervenante. Mais le pronostic \u00e0 long terme n&#8217;est pas modifi\u00e9 par le m\u00e9dicament ! Et m\u00eame les patients \u00e2g\u00e9s ne subissent que tr\u00e8s rarement des blessures li\u00e9es aux crises. &#8220;En fin de compte, la d\u00e9cision de prendre ou de ne pas prendre un m\u00e9dicament est tr\u00e8s individuelle, et d\u00e9pend entre autres du mode de vie, de la profession et des pr\u00e9f\u00e9rences du patient&#8221;.<\/p>\n<h2 id=\"troubles-de-la-deglutition-apres-un-accident-vasculaire-cerebral\">Troubles de la d\u00e9glutition apr\u00e8s un accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral<\/h2>\n<p>50% des patients souffrent de dysphagie imm\u00e9diatement apr\u00e8s une attaque c\u00e9r\u00e9brale, a inform\u00e9 le Dr Georg K\u00e4gi. Apr\u00e8s sept jours, 18% ont encore des troubles graves de la d\u00e9glutition, et 9% apr\u00e8s 30 jours. Les troubles de la d\u00e9glutition sont associ\u00e9s \u00e0 un mauvais r\u00e9sultat. Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, il n&#8217;existe pas de scores permettant de pr\u00e9dire la dur\u00e9e d&#8217;une dysphagie. Cette information serait pourtant importante pour planifier la suite des op\u00e9rations, par exemple la mise en place d&#8217;une sonde nasogastrique ou, en cas de dysphagie prolong\u00e9e, d&#8217;une sonde PEG. &nbsp;Gallen, le score PRESS a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 cet effet et peut aider \u00e0 pr\u00e9dire la dur\u00e9e de la dysphagie. Actuellement, ce score est valid\u00e9 dans plusieurs centres en Suisse (Stroke Swallowing Study).<\/p>\n<h2 id=\"maladie-de-parkinson-la-stimulation-cerebrale-profonde-tot-dans-levolution-de-la-maladie\">Maladie de Parkinson : la stimulation c\u00e9r\u00e9brale profonde t\u00f4t dans l&#8217;\u00e9volution de la maladie ?<\/h2>\n<p>La stimulation c\u00e9r\u00e9brale profonde (DBS) chez les patients atteints de la maladie de Parkinson s\u00e9v\u00e8re est une option th\u00e9rapeutique bien \u00e9tablie qui a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e chez plus de 100 000 patients depuis 1987, a d\u00e9clar\u00e9 le Dr Nikolas Wegener dans sa pr\u00e9sentation. La DBS pr\u00e9sente de nombreux avantages : elle agit en continu, sans fluctuations, am\u00e9liore les sympt\u00f4mes et la qualit\u00e9 de vie, permet g\u00e9n\u00e9ralement de r\u00e9duire les doses de m\u00e9dicaments et est potentiellement r\u00e9versible. Chez la plupart des patients, le DBS am\u00e9liore en premier lieu les sympt\u00f4mes dans l&#8217;\u00e9tat off, mais n&#8217;a que peu d&#8217;influence sur l&#8217;\u00e9tat on. Aujourd&#8217;hui, pour qu&#8217;un patient atteint de la maladie de Parkinson puisse b\u00e9n\u00e9ficier d&#8217;une DBS, il doit \u00eatre objectivement gravement atteint : La DBS est g\u00e9n\u00e9ralement utilis\u00e9e comme traitement aux&nbsp; stades avanc\u00e9s de la maladie, lorsque des probl\u00e8mes psychosociaux parfois irr\u00e9versibles sont d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents, comme l&#8217;arr\u00eat de l&#8217;activit\u00e9 professionnelle d\u00fb \u00e0 la maladie ou l&#8217;isolement social.<\/p>\n<p>Dans une \u00e9tude de Sch\u00fcpbach et al. (\u00e9tude Earlystim), l&#8217;hypoth\u00e8se selon laquelle une DBS plus pr\u00e9coce dans l&#8217;\u00e9volution de la maladie apporte une meilleure qualit\u00e9 de vie \u00e0 long terme et permet de retarder les probl\u00e8mes psychosociaux a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e. Dans l&#8217;\u00e9tude, l&#8217;op\u00e9ration a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e d\u00e8s le d\u00e9but de la phase interm\u00e9diaire (apr\u00e8s la phase de lune de miel, lorsque les fluctuations commencent). Pour tous les crit\u00e8res d&#8217;\u00e9valuation, tels que la qualit\u00e9 de vie, la mobilit\u00e9, etc., les patients DBS ont obtenu de bien meilleurs r\u00e9sultats que les patients non DBS. &#8220;De nombreuses questions concernant la DBS aux stades ant\u00e9rieurs de la maladie restent toutefois en suspens&#8221;, a soulign\u00e9 le conf\u00e9rencier. Ainsi, il n&#8217;est pas clair pour l&#8217;instant si ces r\u00e9sultats sont \u00e9galement applicables aux patients plus \u00e2g\u00e9s, car l&#8217;\u00e9tude Earlystim a principalement trait\u00e9 des patients jeunes atteints de DBS (\u00e2ge m\u00e9dian : 52 ans). De plus, certains sympt\u00f4mes ne s&#8217;am\u00e9liorent pas ou peuvent m\u00eame s&#8217;aggraver sous DBS, comme la stabilit\u00e9 posturale, la progression de la maladie et les processus d\u00e9g\u00e9n\u00e9ratifs. Si l&#8217;on op\u00e8re t\u00f4t dans l&#8217;\u00e9volution de la maladie, les agr\u00e9gats doivent \u00eatre chang\u00e9s plus souvent, ce qui implique \u00e0 chaque fois un risque op\u00e9ratoire pour le patient. Et comme il existe encore peu de donn\u00e9es \u00e0 long terme sur plusieurs d\u00e9cennies, on ne sait pas encore comment les implants se maintiennent au fil des ans (ruptures de c\u00e2bles, etc.).<\/p>\n<h2 id=\"agonistes-dopaminergiques-oui-ou-non\">Agonistes dopaminergiques : oui ou non ?<\/h2>\n<p>Faut-il ou non utiliser des agonistes dopaminergiques (AD) pour traiter la maladie de Parkinson ? Le Dr Stefan H\u00e4gele, partisan de cette option th\u00e9rapeutique, et le Dr Georg K\u00e4gi, qui s&#8217;y oppose, ont soulign\u00e9 leur position respective avec de bons arguments.<\/p>\n<p><strong>Pour :<\/strong> les AD sont efficaces en monoth\u00e9rapie et en association avec la L-dopa. Ils permettent d&#8217;\u00e9conomiser la L-Dopa et entra\u00eenent moins souvent des dyskin\u00e9sies sur une p\u00e9riode de 3 \u00e0 5 ans par rapport \u00e0 la L-Dopa en monoth\u00e9rapie. En raison de l&#8217;effet d&#8217;\u00e9pargne de la dopamine, il est pr\u00e9f\u00e9rable de commencer le traitement par l&#8217;AD chez les jeunes patients (moins de 70 ans).<\/p>\n<p>La maladie de Parkinson entra\u00eene \u00e9galement un d\u00e9s\u00e9quilibre hypodopaminergique, qui se manifeste souvent par une apathie, un comportement hypodopaminergique typique. L\u00e0 encore, les AD peuvent apporter une am\u00e9lioration. Il convient de souligner en particulier les \u00e9tats hypodopaminergiques dans le cadre d&#8217;un syndrome de sevrage de l&#8217;AD ou d&#8217;un d\u00e9s\u00e9quilibre m\u00e9solimbique apr\u00e8s une r\u00e9duction m\u00e9dicamenteuse \u00e0 la suite d&#8217;un DBS. L\u00e0 encore, les DA sont utilis\u00e9s avec succ\u00e8s.<\/p>\n<p><strong>Contre :  <\/strong>Des \u00e9tudes montrent que la qualit\u00e9 de vie sous AD est moins bonne que sous L-Dopa, m\u00eame si les patients sous AD ont moins de dyskin\u00e9sies. Cela s&#8217;explique par le fait qu&#8217;en raison de leur moindre efficacit\u00e9, les AD ne pr\u00e9viennent pas seulement les dyskin\u00e9sies, mais procurent \u00e9galement moins de temps d&#8217;arr\u00eat au patient. En raison de leur liaison aux r\u00e9cepteurs D3, les AD provoquent des effets secondaires neuropsychiatriques, en premier lieu des troubles du contr\u00f4le des impulsions (hyperphagie boulimique, achats compulsifs, d\u00e9pendance au sexe, d\u00e9pendance au jeu). Ceux-ci sont 13 fois plus fr\u00e9quents sous traitement par DA que sous L-Dopa et peuvent avoir des effets d\u00e9vastateurs sur la vie sociale des patients (voir encadr\u00e9).<\/p>\n<p>Les deux intervenants se sont accord\u00e9s \u00e0 dire qu&#8217;il n&#8217;est pas rare que les dyskin\u00e9sies soient surestim\u00e9es, et ce par le m\u00e9decin. De nombreux patients s&#8217;accommodent assez bien des dyskin\u00e9sies tant qu&#8217;il y a suffisamment de temps de marche.<\/p>\n<p><em>Source : 8e Update Neurologie, St-Gall, 5 mars 2015<\/em><\/p>\n<p>\n<em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2015 ; 13(3) : 28-31<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 5 mars 2015, le 8e &#8220;Neurologie Update&#8221; a d\u00e9j\u00e0 eu lieu \u00e0 Saint-Gall. 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