{"id":343123,"date":"2015-05-26T02:00:00","date_gmt":"2015-05-26T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/troubles-psychiques-lies-a-lepilepsie\/"},"modified":"2015-05-26T02:00:00","modified_gmt":"2015-05-26T00:00:00","slug":"troubles-psychiques-lies-a-lepilepsie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/troubles-psychiques-lies-a-lepilepsie\/","title":{"rendered":"Troubles psychiques li\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e9pilepsie"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les \u00e9pilepsies sont fr\u00e9quentes et peuvent \u00eatre associ\u00e9es \u00e0 des ph\u00e9nom\u00e8nes psychopathologiques comorbides, li\u00e9s aux crises ou \u00e0 l&#8217;\u00e9pilepsie. Les sympt\u00f4mes psychiques peuvent se manifester avant la crise (pr\u00e9ictaux), comme sympt\u00f4me de la crise elle-m\u00eame (ictaux), apr\u00e8s la crise (postictaux) et entre les crises (interictaux). Sur le plan postiche, une psychose postiche peut \u00eatre mal interpr\u00e9t\u00e9e comme une psychose authentique en raison de l&#8217;intervalle lucide. Les antid\u00e9presseurs de nouvelle g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 doses faibles ou moyennes peuvent \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9s en cas d&#8217;\u00e9pilepsie existante et ne doivent pas \u00eatre refus\u00e9s au patient s&#8217;ils sont indiqu\u00e9s. Les anti\u00e9pileptiques peuvent avoir des effets psychotropes positifs ou n\u00e9gatifs. Il convient d&#8217;en tenir compte dans le diagnostic diff\u00e9rentiel et de l&#8217;exclure avant de commencer un traitement.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9pilepsie est l&#8217;une des maladies neurologiques les plus courantes, avec une pr\u00e9valence de 0,7 \u00e0 0,8% [1]. La maladie peut avoir un impact significatif sur le v\u00e9cu et la structuration de la vie quotidienne des personnes atteintes, ce qui affecte parfois la qualit\u00e9 de vie plus que les crises elles-m\u00eames [2]. La majorit\u00e9 des personnes atteintes d&#8217;\u00e9pilepsie ne pr\u00e9sentent pas de probl\u00e8me psychopathologique suppl\u00e9mentaire, mais les \u00e9pilepsies chroniques r\u00e9fractaires, en particulier, pr\u00e9sentent plus souvent que dans la population g\u00e9n\u00e9rale une symptomatologie psychiatrique complexe. Les troubles psychiques peuvent \u00eatre comorbides de l&#8217;\u00e9pilepsie, associ\u00e9s aux crises ou associ\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e9pilepsie.<\/p>\n<h2 id=\"troubles-comorbides\">Troubles comorbides<\/h2>\n<p>Les troubles comorbides (dans le sens o\u00f9 ils apparaissent ind\u00e9pendamment les uns des autres) fr\u00e9quents dans l&#8217;\u00e9pilepsie sont les troubles anxieux et la d\u00e9pression. Chez les enfants, le trouble de l&#8217;attention et de l&#8217;hyperactivit\u00e9 est \u00e9galement cit\u00e9 comme un trouble comorbide plus fr\u00e9quent [3]. Dans le cas de la d\u00e9pression en particulier, on se demande si l&#8217;apparition conjointe des deux maladies n&#8217;est qu&#8217;une co\u00efncidence ou s&#8217;il existe \u00e9galement des m\u00e9canismes neuropathog\u00e8nes communs [4]. La symptomatologie de ces comorbidit\u00e9s n&#8217;est pas d\u00e9taill\u00e9e ci-dessous, elle correspond aux syst\u00e8mes de classification habituels des troubles mentaux.<\/p>\n<h2 id=\"phenomenes-psychiques-periodiques\">Ph\u00e9nom\u00e8nes psychiques p\u00e9riodiques<\/h2>\n<p>Les ph\u00e9nom\u00e8nes psychiques qui apparaissent dans le temps en relation avec les crises d&#8217;\u00e9pilepsie sont class\u00e9s comme pr\u00e9ictaux ou prodromiques (avant la crise), ictaux, postictaux ou interictaux (dans la phase entre les crises). En termes de diagnostic diff\u00e9rentiel, les ph\u00e9nom\u00e8nes pr\u00e9-, p\u00e9ri- et post-ictaux sont de courte dur\u00e9e, paroxystiques et st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s. Il est important de comprendre qu&#8217;en plus des sympt\u00f4mes somatosensibles, sensoriels et moteurs bien connus&nbsp;, des ph\u00e9nom\u00e8nes psychiques peuvent \u00e9galement se manifester en tant que corr\u00e9lat ictal. Du point de vue de la localisation, les d\u00e9charges neuronales \u00e9pileptog\u00e8nes ont g\u00e9n\u00e9ralement leur origine dans les structures du lobe temporal m\u00e9sial droit dans le cas de la panique ictale, et dans les circuits amygdalo-cingulaires de l&#8217;h\u00e9misph\u00e8re non dominant dans le cas des ph\u00e9nom\u00e8nes de d\u00e9personnalisation [5]. L&#8217;hippocampe est suspect\u00e9 d&#8217;\u00eatre \u00e0 l&#8217;origine des sympt\u00f4mes psychotiques et des troubles de la pens\u00e9e, et les circuits amygdale-di\u00e9nc\u00e9phale de l&#8217;h\u00e9misph\u00e8re non dominant sont suspect\u00e9s d&#8217;\u00eatre \u00e0 l&#8217;origine des comportements agressifs, mais cette hypoth\u00e8se est \u00e9galement controvers\u00e9e. Il n&#8217;y a pas non plus de consensus sur la localisation et la lat\u00e9ralisation d&#8217;origine de la symptomatologie ictale d\u00e9pressive [5].<\/p>\n<p>Sur le plan post-th\u00e9rapeutique, on observe des humeurs dysphoriques et des \u00e9pisodes psychotiques. En particulier, des \u00e9tats psychotiques post-temporels peuvent survenir apr\u00e8s des crises d&#8217;\u00e9pilepsie isol\u00e9es, mais surtout en s\u00e9rie, typiquement apr\u00e8s un intervalle lucide (sans sympt\u00f4me) de quelques heures \u00e0 quelques jours. La dur\u00e9e est g\u00e9n\u00e9ralement limit\u00e9e \u00e0 quelques heures ou quelques jours. Il n&#8217;est pas rare que l&#8217;intervalle asymptomatique ne permette pas de reconna\u00eetre le lien entre la crise d&#8217;\u00e9pilepsie et l&#8217;\u00e9pisode psychotique postiche et que la symptomatologie soit ainsi mal interpr\u00e9t\u00e9e comme une v\u00e9ritable psychose. Il peut en r\u00e9sulter un traitement neuroleptique inutilement long. En revanche, un traitement neuroleptique, \u00e9ventuellement de courte dur\u00e9e, est indiqu\u00e9, par exemple en cas d&#8217;agitation importante ou de troubles du comportement.<\/p>\n<h2 id=\"troubles-interictaux\">Troubles interictaux<\/h2>\n<p>La &#8220;International League Against Epilepsy&#8221; cite comme troubles psychiques interictaux dans l&#8217;\u00e9pilepsie les dysfonctionnements cognitifs, y compris les troubles de la m\u00e9moire, les psychoses li\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u00e9pilepsie, les troubles affectifs et somatoformes, les troubles anxieux et phobiques et les troubles de la personnalit\u00e9 [6].<\/p>\n<p>Troubles cognitifs : Les troubles cognitifs chez les personnes atteintes d&#8217;\u00e9pilepsie sont multifactoriels et d\u00e9pendent de la localisation et de la dur\u00e9e des d\u00e9charges neuronales \u00e9pileptiformes, de la neuropathologie sous-jacente, de l&#8217;\u00e2ge au d\u00e9but de la maladie ou de l&#8217;influence des m\u00e9dicaments anticonvulsifs [7,8]. Les troubles cognitifs peuvent \u00eatre associ\u00e9s \u00e0 des difficult\u00e9s dans la vie quotidienne ainsi qu&#8217;\u00e0 une diminution des ressources pour faire face \u00e0 la maladie. De m\u00eame, une adh\u00e9sion insuffisante \u00e0 la prise de m\u00e9dicaments est parfois co-conditionn\u00e9e par des d\u00e9ficits cognitifs (p. ex. m\u00e9moire, planification). Cela doit \u00eatre pris en compte lors de l&#8217;interpr\u00e9tation du comportement des patients.<\/p>\n<p>De plus, la &#8220;th\u00e9orie de l&#8217;esprit&#8221;, c&#8217;est-\u00e0-dire la capacit\u00e9 \u00e0 \u00e9mettre des hypoth\u00e8ses sur les \u00e9tats mentaux et affectifs de soi-m\u00eame et de l&#8217;autre, peut \u00eatre alt\u00e9r\u00e9e, ce qui a un impact d\u00e9favorable sur l&#8217;organisation des interactions sociales [9].<\/p>\n<p><strong>\u00c9tats psychotiques : <\/strong>les \u00e9pisodes psychotiques sont plus susceptibles d&#8217;\u00eatre observ\u00e9s dans les \u00e9pilepsies du lobe temporal, mais parfois aussi dans les \u00e9pilepsies du lobe frontal [10]. La symptomatologie comprend des id\u00e9es d\u00e9lirantes parano\u00efaques, grandioses ou religieuses, des hallucinations, une confusion, une augmentation de la motivation et des changements affectifs. Par rapport aux psychoses schizophr\u00e9niques, les psychoses \u00e9pileptiques pr\u00e9sentent rarement une symptomatologie n\u00e9gative. En relation avec l&#8217;apparition d&#8217;\u00e9pisodes psychotiques apr\u00e8s une disparition soudaine des crises (traitement anti\u00e9pileptique r\u00e9ussi, intervention neurochirurgicale), Landolt a d\u00e9fendu le concept de &#8220;normalisation forc\u00e9e&#8221;, et des psychiatres ont d\u00e9crit la symptomatologie comme une &#8220;psychose alternative&#8221; [11]. Le concept a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9, entre autres, pour aboutir \u00e0 l&#8217;hypoth\u00e8se d&#8217;un effet inhibiteur de l&#8217;activit\u00e9 neuronale \u00e9pileptiforme sur la symptomatologie psychotique et peut-\u00eatre aussi d\u00e9pressive ou \u00e9motionnellement instable [12].<\/p>\n<p><strong>La d\u00e9pression : <\/strong>Les \u00e9tats d\u00e9pressifs sont plus fr\u00e9quents au niveau interictal dans les \u00e9pilepsies r\u00e9fractaires. Blumer a d\u00e9velopp\u00e9 le concept d&#8217;une forme atypique de d\u00e9pression dans l&#8217;\u00e9pilepsie, appel\u00e9e &#8220;interictal dysphoric disorder&#8221; (IDD). La symptomatologie de l&#8217;IDD comprend une symptomatologie intermittente affective-somatoforme avec humeur d\u00e9pressive, manque d&#8217;\u00e9nergie, douleurs, insomnie (ou hypersomnie), irritabilit\u00e9, brefs \u00e9pisodes d&#8217;humeur euphorique, peur situationnelle et anxi\u00e9t\u00e9. Le diagnostic n\u00e9cessite la pr\u00e9sence d&#8217;au moins trois des sympt\u00f4mes mentionn\u00e9s [13]. On estime que le taux de suicide chez les personnes atteintes d&#8217;\u00e9pilepsie, en particulier en cas de comorbidit\u00e9 psychique suppl\u00e9mentaire, est environ trois fois plus \u00e9lev\u00e9 que dans la population g\u00e9n\u00e9rale [14].<\/p>\n<p>Les troubles d\u00e9pressifs ne sont souvent pas trait\u00e9s de mani\u00e8re ad\u00e9quate par des m\u00e9dicaments en pr\u00e9sence d&#8217;\u00e9pilepsies, car on craint les effets secondaires proconvulsifs des antid\u00e9presseurs. Avec une introduction prudente et progressive des antid\u00e9presseurs de nouvelle g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 des doses faibles \u00e0 mod\u00e9r\u00e9es, le traitement thymoleptique est consid\u00e9r\u00e9 comme sans danger en cas d&#8217;\u00e9pilepsie. Il convient d&#8217;\u00e9valuer au pr\u00e9alable si les anti\u00e9pileptiques ayant des effets psychotropes d\u00e9favorables peuvent \u00eatre remplac\u00e9s par des substances ayant un effet stabilisateur sur l&#8217;humeur. Selon l&#8217;effet recherch\u00e9, il est alors recommand\u00e9 d&#8217;utiliser des substances s\u00e9datives, somnif\u00e8res ou r\u00e9gulatrices de l&#8217;humeur de la famille des ISRS ou des IRSN, si l&#8217;indication le permet [15].<\/p>\n<p><strong>Les troubles anxieux : <\/strong>Diff\u00e9rentes formes d&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 peuvent \u00eatre importantes chez les personnes atteintes d&#8217;\u00e9pilepsie. D&#8217;une part, on constate des troubles anxieux g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s, des attaques de panique ou des phobies sociales. Les comportements de retrait social sont parfois aussi la cons\u00e9quence d&#8217;une peur de la stigmatisation li\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e9pilepsie. La peur de se blesser en cas de crise ou le sentiment de honte en cas de survenue d&#8217;une crise en public peuvent en outre entra\u00eener une limitation des activit\u00e9s sur&nbsp;, allant jusqu&#8217;\u00e0 ne sortir de chez soi qu&#8217;accompagn\u00e9. Le comportement d&#8217;\u00e9vitement des crises peut \u00eatre maintenu m\u00eame apr\u00e8s une intervention chirurgicale de l&#8217;\u00e9pilepsie qui a permis de supprimer les crises. La psychoth\u00e9rapie est un traitement de premi\u00e8re intention qui tient compte de la dynamique familiale. De plus, la r\u00e9int\u00e9gration professionnelle devrait \u00eatre une partie essentielle du traitement global afin d&#8217;\u00e9viter les \u00e9volutions r\u00e9gressives. Les benzodiaz\u00e9pines, prescrites comme m\u00e9dicament de r\u00e9serve en cas de crise d&#8217;\u00e9pilepsie, sont \u00e9galement parfois utilis\u00e9es en autom\u00e9dication pour traiter l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 en raison de leur effet anxiolytique. Il y a donc un risque de d\u00e9velopper une d\u00e9pendance aux benzodiaz\u00e9pines.<\/p>\n<p><strong>les troubles de la personnalit\u00e9 :<\/strong> Le concept d&#8217;une alt\u00e9ration \u00e9pileptique de la personnalit\u00e9, tel qu&#8217;il \u00e9tait d\u00e9fendu autrefois, est aujourd&#8217;hui consid\u00e9r\u00e9 comme d\u00e9pass\u00e9. L&#8217;exp\u00e9rience affective et les mod\u00e8les de comportement peuvent \u00eatre sp\u00e9cifiquement modifi\u00e9s dans certains cas d&#8217;\u00e9pilepsie du lobe temporal ou du lobe frontal. La plupart du temps, les troubles de la personnalit\u00e9 ne sont pas li\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e9pilepsie et peuvent \u00eatre accentu\u00e9s par la maladie de base et ses interactions.<\/p>\n<h2 id=\"effets-pharmacogeniques-defavorables\">Effets pharmacog\u00e9niques d\u00e9favorables<\/h2>\n<p>Les anti\u00e9pileptiques peuvent induire des troubles de la personnalit\u00e9 en raison d&#8217;effets pharmacog\u00e9niques d\u00e9favorables, qui peuvent \u00eatre mal interpr\u00e9t\u00e9s par le praticien au cours de l&#8217;\u00e9volution et accentuer des troubles de la personnalit\u00e9 pr\u00e9existants. Trimble et Schmidt \u00e9num\u00e8rent les m\u00e9dicaments anti\u00e9pileptiques qui augmentent le risque d&#8217;autres troubles psychiatriques lors du traitement de patients pr\u00e9sentant une comorbidit\u00e9 psychiatrique [16]. Ainsi, le ph\u00e9nobarbital (PB), la vigabatrine (VGB), le topiramate (TPM), la tiagabine (TGB), le zonisamide (ZNS) ou le l\u00e9v\u00e9tirac\u00e9tam (LEV) doivent \u00eatre utilis\u00e9s avec pr\u00e9caution chez les patients \u00e9motionnellement fragiles. En cas de sympt\u00f4mes anxieux, la prudence est recommand\u00e9e lors de l&#8217;utilisation de la lamotrigine (LTG) ou de la LEV. Il convient de faire preuve de retenue en cas d&#8217;humeur parano\u00efaque avec la ph\u00e9nyto\u00efne (PHT), le VGB, le TPM ou le LEV, en cas de comportement agit\u00e9 ou hypermoteur avec le LTG et en cas d&#8217;irritabilit\u00e9 accrue avec le LEV, la primidone (PRM) et le PB. Selon l&#8217;exp\u00e9rience personnelle des auteurs, le LEV en particulier peut avoir pour effet secondaire d&#8217;augmenter l&#8217;irritabilit\u00e9 ou de renforcer une irritabilit\u00e9 pr\u00e9existante. Des indications similaires apparaissent pour le p\u00e9rampanel, nouvellement autoris\u00e9 en 2013.<\/p>\n<h2 id=\"crises-dissociatives\">Crises dissociatives<\/h2>\n<p>Les crises dissociatives sont environ dix fois plus fr\u00e9quentes chez les personnes atteintes d&#8217;\u00e9pilepsie que dans la population g\u00e9n\u00e9rale [15]. La pr\u00e9sence suppl\u00e9mentaire d&#8217;une gen\u00e8se dissociative des crises doit \u00e9galement \u00eatre prise en compte dans les \u00e9pilepsies r\u00e9fractaires. Un probl\u00e8me sous-jacent possible est le surmenage cognitif ou \u00e9motionnel. La m\u00e9thode de traitement de premi\u00e8re intention est la psychoth\u00e9rapie.<\/p>\n<h2 id=\"acceptation-de-la-maladie\">Acceptation de la maladie<\/h2>\n<p>La survenue soudaine de crises d&#8217;\u00e9pilepsie dans la vie quotidienne et la confrontation \u00e0 une maladie chronique sont particuli\u00e8rement exigeantes pour la r\u00e9gulation des \u00e9motions et du comportement. Il faut g\u00e9rer la perte de contr\u00f4le v\u00e9cue en raison des crises, les sentiments d&#8217;impuissance, la honte, la perte de mobilit\u00e9 et \u00e9ventuellement d&#8217;emploi, la stigmatisation per\u00e7ue ou redout\u00e9e et \u00e9galement la peur de se blesser suite \u00e0 une crise. En particulier, le maintien d&#8217;une perspective de vie positive exige un effort d&#8217;adaptation important chez les patients souffrant d&#8217;\u00e9pilepsie r\u00e9fractaire. Il convient de noter que de nombreuses personnes atteintes d&#8217;\u00e9pilepsie parviennent \u00e0 surmonter ces difficult\u00e9s. Cependant, on observe souvent des troubles d&#8217;adaptation transitoires de coloration variable (majoritairement anxieux ou d\u00e9pressifs).<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, une symptomatologie psychiatrique peut appara\u00eetre ind\u00e9pendamment de l&#8217;\u00e9pilepsie ou \u00eatre associ\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e9pilepsie. Notre objectif devrait \u00eatre d&#8217;en prendre connaissance, de les classer correctement et de les traiter de mani\u00e8re multimodale en collaboration avec des sp\u00e9cialistes des domaines de la neurologie, de la psychiatrie, de la (neuro)-psychologie et de la m\u00e9decine sociale.<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Diener HC, et al. : Lignes directrices pour le diagnostic et les th\u00e9rapies en neurologie, Stuttgart : Thieme 2012<\/li>\n<li>Ficker DM : Quality of life in epilepsy : the key importance of the interictal state. Dans : St Louis EK, Ficker DM, O&#8217;Brien TJ (\u00e9d.) : Epilepsy and the Interictal State. West Sussex : Wiley-Blackwell 2015, 3-6.<\/li>\n<li>Milioni M, et al : L&#8217;\u00e9pilepsie et ses principales comorbidit\u00e9s psychiatriques chez l&#8217;adulte et l&#8217;enfant. J Neurol Sci 2014 ; 343(1-2) : 23-29.<\/li>\n<li>Kanner AM, et al : Depression and epilepsy : Epidemiologic and neurobiologic perspectives that may explain their high comorbid occurrence. Epilepsy &amp; Behavior 2012 ; 24 : 156-168.<\/li>\n<li>Mula M : Changements comportementaux induits par l&#8217;\u00e9pilepsie pendant la phase ictale. Epilepsy &amp; Behavior 2014 ; 30 : 14-16.<\/li>\n<li>Krishnamoorthy ES, Trimble MR, Blumer D : The classification of neuropsychiatric disorders in epilepsy : a proposal by the ILAE commission on psychobiology of epilepsy. Epilepsy &amp; Behavior 2007 ; 10(3) : 349-353.<\/li>\n<li>Brodi MJ, Kwan P : Effets neuropsychologiques de l&#8217;\u00e9pilepsie et des m\u00e9dicaments anti\u00e9pileptiques. Lancet 2001 ; 357 : 216-222.<\/li>\n<li>Barr WB : Neuropsychological Assessment of Patients with Epilepsy (\u00c9valuation neuropsychologique des patients \u00e9pileptiques). In : Handbook on the Neuropsychology of Epilepsy, New York : Springer 2015, 1-36.<\/li>\n<li>Giovagnoli AR : The importance of theory of mind in epilepsy. Epilepsy &amp; Behavior 2014 ; 39 : 145-153.<\/li>\n<li>Schmitz B : Aspects psychiatriques de l&#8217;\u00e9pilepsie. Neurologue 2012 ; 83 : 205-208.<\/li>\n<li>Trimble MR, Schmitz B : Normalisation forc\u00e9e et psychoses alternatives de l&#8217;\u00e9pilepsie. Petersfield : Wrightson Biomedical Publishing LTD 1998.<\/li>\n<li>Perlov E, van Elst LT : Epilepsie et psychisme : troubles psychiques dans l&#8217;\u00e9pilepsie &#8211; ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9pileptiques en psychiatrie. Kohlhammer, 2013.<\/li>\n<li>Davies K, Blumer D, Montouris G : The interictal dysphoric disorder : recognition, pathogenesis, and treatment of the major psychiatric disorder of epilepsy. Epilepsy &amp; Behavior 2004 ; 5(6) : 826-840.<\/li>\n<li>Bell CL : Suicide in people with epilepsy : how great is the risk ? Epilepsia 2009 ; 50(8) : 1933-1942.<\/li>\n<li>Schmutz M, Dorn T, Ganz R : Composantes psychiatriques et psychologiques du traitement de l&#8217;\u00e9pilepsie. Epileptologie 2008 ; 25 : 28-34.<\/li>\n<li>Schmitz B, Trimble MR (\u00e9d.) : The Neuropsychiatry of Epilepsy. Cambridge : Cambridge Medicine, 2011.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2015 ; 13(3) : 14-18<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les \u00e9pilepsies sont fr\u00e9quentes et peuvent \u00eatre associ\u00e9es \u00e0 des ph\u00e9nom\u00e8nes psychopathologiques comorbides, li\u00e9s aux crises ou \u00e0 l&#8217;\u00e9pilepsie. 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