{"id":343313,"date":"2015-05-18T02:00:00","date_gmt":"2015-05-18T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/presque-aussi-efficace-que-la-psychotherapie-et-les-medicaments\/"},"modified":"2015-05-18T02:00:00","modified_gmt":"2015-05-18T00:00:00","slug":"presque-aussi-efficace-que-la-psychotherapie-et-les-medicaments","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/presque-aussi-efficace-que-la-psychotherapie-et-les-medicaments\/","title":{"rendered":"Presque aussi efficace que la psychoth\u00e9rapie et les m\u00e9dicaments"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les maladies d\u00e9pressives sont l&#8217;un des plus grands d\u00e9fis m\u00e9dicaux actuels en raison de leur fr\u00e9quence, de la souffrance individuelle qu&#8217;elles engendrent et de leurs cons\u00e9quences \u00e9conomiques. Outre l&#8217;approche bio-psycho-sociale, le mod\u00e8le de stress joue un r\u00f4le central dans la compr\u00e9hension actuelle de la maladie. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que l&#8217;activit\u00e9 physique et le sport peuvent intervenir dans la r\u00e9gulation du stress et devraient donc avoir une place de choix dans le traitement de la d\u00e9pression.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Les troubles d\u00e9pressifs sont fr\u00e9quents et touchent une personne sur cinq au cours de sa vie. Ils provoquent une grande souffrance individuelle sur le plan mental, physique et social. Comme elles se d\u00e9clarent souvent une premi\u00e8re fois \u00e0 l&#8217;adolescence ou au d\u00e9but de l&#8217;\u00e2ge adulte et que leur \u00e9volution ult\u00e9rieure pr\u00e9sente souvent un caract\u00e8re chronique r\u00e9current, elles ont \u00e9galement des cons\u00e9quences \u00e9conomiques importantes, estim\u00e9es en Suisse \u00e0 environ 10&nbsp;milliards de francs par an.<br \/>\nDiff\u00e9rentes approches \u00e9tiologiques, tant sur le plan g\u00e9n\u00e9tique que sur le plan de la biologie mol\u00e9culaire et psychosocial, sont d\u00e9fendues et utilis\u00e9es \u00e0 des fins th\u00e9rapeutiques, sans pour autant parvenir \u00e0 cr\u00e9er un mod\u00e8le int\u00e9grateur convaincant de l&#8217;apparition, du maintien et du traitement des maladies d\u00e9pressives. Il est toutefois unanimement reconnu qu&#8217;il existe un lien de causalit\u00e9 \u00e9troit entre le stress chronique et la d\u00e9pression [1].<\/p>\n<h2 id=\"lactivite-physique-et-le-sport-contre-la-depression\">L&#8217;activit\u00e9 physique et le sport contre la d\u00e9pression<\/h2>\n<p>Qu&#8217;en est-il de l&#8217;opinion selon laquelle une activit\u00e9 physique r\u00e9guli\u00e8re aiderait les gens \u00e0 se sentir mieux psychologiquement ? Et ce, qu&#8217;ils se soient sentis bien et \u00e9quilibr\u00e9s auparavant ou qu&#8217;ils aient souffert d&#8217;une d\u00e9pression l\u00e9g\u00e8re \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e. Quels arguments scientifiques peuvent \u00eatre invoqu\u00e9s aujourd&#8217;hui pour se motiver ou motiver d&#8217;autres personnes &#8211; en particulier celles souffrant de d\u00e9pression &#8211; \u00e0 pratiquer r\u00e9guli\u00e8rement un sport ? Le sport a-t-il un effet principalement prophylactique ou un effet th\u00e9rapeutique peut-il \u00e9galement \u00eatre d\u00e9montr\u00e9 ? Existe-t-il une relation dose-effet ?<\/p>\n<p>Troubles graves de l&#8217;humeur, manque de motivation, manque d&#8217;int\u00e9r\u00eat, \u00e9puisement physique, pertes cognitives, anxi\u00e9t\u00e9 et tendance \u00e0 ruminer &#8211; la d\u00e9pression a de nombreux visages. La psychopharmacologie et la psychoth\u00e9rapie sont reconnues comme les deux piliers du traitement. Cependant, de plus en plus de publications font \u00e9tat d&#8217;une utilisation prometteuse de l&#8217;activit\u00e9 physique et du sport. Cette approche n&#8217;est cependant pas nouvelle, puisque nous savons d\u00e9j\u00e0 que les Grecs de l&#8217;Antiquit\u00e9 encourageaient les personnes atteintes de &#8220;m\u00e9lancholia&#8221; &#8211; la d\u00e9pression actuelle &#8211; \u00e0 faire beaucoup d&#8217;exercice physique pour des raisons th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<p>Aujourd&#8217;hui encore, les personnes d\u00e9pressives sont de plus en plus nombreuses \u00e0 faire de l&#8217;exercice sous la devise &#8220;Enfilez vos chaussures de course et sortez de la d\u00e9pression&#8221;, pour \u00e9chapper litt\u00e9ralement \u00e0 leur maladie. Dans le contexte de l&#8217;\u00e9puisement physique typique et du manque g\u00e9n\u00e9ral de motivation, c&#8217;est doublement \u00e9prouvant &#8211; cet effort en vaut-il la peine ?<\/p>\n<p>Les patients ressentent subjectivement les mesures de th\u00e9rapie par l&#8217;activit\u00e9 physique non seulement comme utiles, mais aussi comme ayant moins d'&#8221;effets secondaires&#8221; que la psychoth\u00e9rapie ou la psychopharmacoth\u00e9rapie [2]. Il en r\u00e9sulte l&#8217;observation g\u00e9n\u00e9rale que le sport peut constituer une alternative de traitement tout \u00e0 fait valable, car les effets de l&#8217;entra\u00eenement, tels que l&#8217;am\u00e9lioration de l&#8217;humeur et une nette am\u00e9lioration de l&#8217;image corporelle, peuvent se manifester tr\u00e8s t\u00f4t. Ainsi, au niveau biopsychologique, il se produit un &#8220;early win&#8221; qui motive les patients \u00e0 poursuivre leur activit\u00e9.<\/p>\n<p>Une revue r\u00e9cente, bas\u00e9e sur l&#8217;analyse de la base de donn\u00e9es Cochrane, souligne d&#8217;abord le manque d&#8217;\u00e9tudes scientifiques de qualit\u00e9 sur l&#8217;efficacit\u00e9 du sport dans la d\u00e9pression [3]. Les auteurs concluent n\u00e9anmoins que l&#8217;activit\u00e9 physique en tant que th\u00e9rapie par le mouvement permet d&#8217;obtenir des r\u00e9sultats comparables \u00e0 ceux des antid\u00e9presseurs ou de la psychoth\u00e9rapie, et que la th\u00e9rapie par le mouvement est sup\u00e9rieure aux groupes de contr\u00f4le respectifs en ce qui concerne la r\u00e9duction des sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs (&#8220;moderately more effectiveness&#8221;) <strong>(tab.&nbsp;1).<\/strong><\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-5686\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/tab1_np3_s6.gif\" style=\"height:201px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"368\"><\/p>\n<h2 id=\"un-entrainement-modere-suffit\">Un entra\u00eenement mod\u00e9r\u00e9 suffit<\/h2>\n<p>Une m\u00e9ta-analyse \u00e0 grande \u00e9chelle portant sur un total de plus de 81 000 malades a permis de calculer une taille d&#8217;effet de 0,56, ce qui est g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9fini comme un b\u00e9n\u00e9fice moyen et n&#8217;est que l\u00e9g\u00e8rement inf\u00e9rieur \u00e0 la taille d&#8217;effet de la pharmacoth\u00e9rapie et de la psychoth\u00e9rapie [4]. Comme pour d&#8217;autres formes de th\u00e9rapie, l&#8217;effet augmente avec la gravit\u00e9 de la d\u00e9pression et diminue en m\u00eame temps que l&#8217;\u00e9tat de forme physique, contrairement au placebo. Dans l&#8217;ensemble, il n&#8217;y a gu\u00e8re de diff\u00e9rences d\u00e9montrables dans l&#8217;efficacit\u00e9 entre l&#8217;effort a\u00e9robie (endurance) et l&#8217;effort ana\u00e9robie (musculation) [5].<\/p>\n<p>Bien que des donn\u00e9es scientifiques claires sur le type, la dur\u00e9e et l&#8217;intensit\u00e9 de l&#8217;entra\u00eenement physique fassent d\u00e9faut et que les \u00e9tudes \u00e0 ce sujet soient h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes et peu op\u00e9rationnelles, le consensus suivant se d\u00e9gage : un entra\u00eenement mod\u00e9r\u00e9, mixte a\u00e9robie-ana\u00e9robie, de 2 \u00e0 3 s\u00e9ances par semaine pendant environ 20 \u00e0 30 minutes suffit dans de nombreux cas pour obtenir un effet antid\u00e9presseur d\u00e9montrable, avec un effet significatif en particulier chez les personnes non entra\u00een\u00e9es et les personnes souffrant de d\u00e9pression s\u00e9v\u00e8re. Des conseils sur la mani\u00e8re de proc\u00e9der en cas d&#8217;inefficacit\u00e9 apparente de l&#8217;exercice physique sont pr\u00e9sent\u00e9s dans <strong>le tableau&nbsp;2<\/strong>.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5687 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/tab2_np3_s6_0.gif\" style=\"--smush-placeholder-width: 861px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 861\/1246;height:579px; width:400px\" width=\"861\" height=\"1246\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<h2 id=\"le-sport-a-un-effet-similaire-a-celui-dun-antidepresseur\">Le sport a un effet similaire \u00e0 celui d&#8217;un antid\u00e9presseur<\/h2>\n<p>Tout effort physique est associ\u00e9 \u00e0 une excitation du syst\u00e8me sympathique, ce qui entra\u00eene une augmentation de la s\u00e9cr\u00e9tion de noradr\u00e9naline via l&#8217;activation des glandes surr\u00e9nales. Dans le cerveau des personnes d\u00e9pressives, la concentration de ce transmetteur, selon l&#8217;hypoth\u00e8se de la monoamine, est en cons\u00e9quence r\u00e9duite. Il en va de m\u00eame pour la s\u00e9rotonine, commun\u00e9ment appel\u00e9e &#8220;hormone du bonheur&#8221;. La s\u00e9rotonine joue un r\u00f4le central dans le contr\u00f4le des impulsions, la r\u00e9gulation de l&#8217;humeur et de l&#8217;app\u00e9tit, et bien plus encore. Bien qu&#8217;il n&#8217;y ait pas de preuve imm\u00e9diate que l&#8217;exercice stimule ou augmente les niveaux de s\u00e9rotonine, il n&#8217;y a pas de raison de s&#8217;inqui\u00e9ter. un travail scientifique a mis en \u00e9vidence une augmentation des produits de d\u00e9gradation de la s\u00e9rotonine \u00e0 la suite d&#8217;une activit\u00e9 physique [6]. De ce point de vue, tout porte \u00e0 croire que le sport a effectivement un effet qualitatif similaire \u00e0 celui d&#8217;un antid\u00e9presseur, m\u00eame au niveau des neurotransmetteurs.<\/p>\n<h2 id=\"le-stress-prend-naissance-dans-le-cerveau\">Le stress prend naissance dans le cerveau<\/h2>\n<p>Si l&#8217;on consid\u00e8re la d\u00e9pression &#8211; tout comme diff\u00e9rentes maladies somatiques &#8211; comme un trouble cons\u00e9cutif au stress, c&#8217;est-\u00e0-dire comme la cons\u00e9quence sur la sant\u00e9 d&#8217;un surmenage chronique, des consid\u00e9rations strat\u00e9giques de pr\u00e9vention se retrouvent automatiquement au centre de la r\u00e9flexion. Outre les variables psychosociales bien connues, les influences positives potentielles de la m\u00e9ditation et de la forme physique ont fait l&#8217;objet d&#8217;un nombre croissant d&#8217;\u00e9tudes scientifiques ces derniers temps et dans le cadre du d\u00e9bat moderne sur le style de vie.<\/p>\n<p>L&#8217;inactivit\u00e9 physique et l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 sont g\u00e9n\u00e9ralement reconnues comme des facteurs de risque du syndrome m\u00e9tabolique et des probl\u00e8mes cardiovasculaires. Ce que l&#8217;on sait moins, cependant, c&#8217;est que les processus inflammatoires induits par le stress dans les vaisseaux sanguins et dans le cerveau constituent des cofacteurs importants. Le tissu adipeux abdominal et les messagers pro-inflammatoires (cytokines) qu&#8217;il contient jouent un r\u00f4le de m\u00e9diateur. Le stress chronique, l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 et le manque de sommeil, de temps et d&#8217;activit\u00e9 physique sont des facteurs de risque importants et sont nettement plus fr\u00e9quents dans le cadre des maladies d\u00e9pressives. En cas de stress, l&#8217;excitation du syst\u00e8me sympathique entra\u00eene une augmentation de la s\u00e9cr\u00e9tion d&#8217;adr\u00e9naline et de cortisol par les glandes surr\u00e9nales. Cela entra\u00eene \u00e0 son tour des modifications non seulement fonctionnelles, mais aussi structurelles du cerveau, comme cela a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9.<\/p>\n<h2 id=\"le-sport-comme-dopage-cerebral\">Le sport comme dopage c\u00e9r\u00e9bral ?<\/h2>\n<p>R\u00e9cemment, de plus en plus d&#8217;\u00e9l\u00e9ments indiquent \u00e9galement que le sport, tout comme les antid\u00e9presseurs, augmente la concentration de la prot\u00e9ine &#8220;Brain-Derived Neurotrophic Factor&#8221; (BDNF). Ce dernier est responsable du d\u00e9veloppement de nouvelles cellules nerveuses et il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 qu&#8217;il est r\u00e9duit chez les personnes souffrant de d\u00e9pression. Le corr\u00e9lat morphologique est une diminution caract\u00e9ristique du volume des cellules et des synapses dans l&#8217;hippocampe. Parall\u00e8lement, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que le stress inhibe la prolif\u00e9ration des cellules souches dans l&#8217;hippocampe, ce qui a un effet n\u00e9gatif sur le fonctionnement cognitif. Dans les \u00e9tudes comparatives, on trouve chez les personnes entra\u00een\u00e9es sportivement des volumes d&#8217;hippocampe plus importants et des taux s\u00e9riques de BDNF plus \u00e9lev\u00e9s [7].<\/p>\n<h2 id=\"le-flow-comme-objectif-en-therapie-sportive\">Le &#8220;flow&#8221; comme objectif en th\u00e9rapie sportive ?<\/h2>\n<p>Le ph\u00e9nom\u00e8ne du flow a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en d\u00e9tail \u00e0 un public plus large au tournant du mill\u00e9naire par Mih\u00e1ly Cs\u00edkszentmih\u00e1lyi. L&#8217;auteur entend par l\u00e0 un &#8220;sentiment global d&#8217;immersion totale dans une activit\u00e9 qui ne semble pas n\u00e9cessiter d&#8217;intervention consciente de la part de l&#8217;acteur&#8221;. Cet \u00e9tat est per\u00e7u comme extr\u00eamement facile et agr\u00e9able et motive donc toujours \u00e0 nouveau cette activit\u00e9. L&#8217;objectif de la th\u00e9rapie par le mouvement est-il donc de donner aux d\u00e9pressifs cette exp\u00e9rience de flow ?<\/p>\n<p>Lors d&#8217;une \u00e9tude de th\u00e9rapie sportive sur bicyclette ergom\u00e9trique, la r\u00e9sistance pouvait \u00eatre contr\u00f4l\u00e9e individuellement via la fr\u00e9quence cardiaque. La zone cible a \u00e9t\u00e9 choisie dans la plage 80-90% de la fr\u00e9quence cardiaque maximale afin d&#8217;assurer une ad\u00e9quation optimale entre la demande et la capacit\u00e9 et de permettre ainsi l&#8217;exp\u00e9rience du flow. D&#8217;une part, les r\u00e9sultats ont montr\u00e9 qu&#8217;il \u00e9tait possible d&#8217;induire une exp\u00e9rience de flow chez les sujets d\u00e9prim\u00e9s. D&#8217;autre part, il est \u00e9galement apparu clairement que l&#8217;am\u00e9lioration de l&#8217;\u00e9tat de sant\u00e9 \u00e0 la suite de la formation ne durait que tr\u00e8s peu de temps. L&#8217;exp\u00e9rience du flow peut donc uniquement \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un facteur de motivation, mais pas comme une exp\u00e9rience th\u00e9rapeutique durable [8].<\/p>\n<h2 id=\"effets-psychologiques\">Effets psychologiques<\/h2>\n<p>Deux psychologues allemandes se penchent \u00e9galement sur la question de savoir si le sport peut influencer positivement l&#8217;\u00e9volution d&#8217;une d\u00e9pression dans leur travail de synth\u00e8se [9]. Partant de l&#8217;observation que les personnes d\u00e9pressives se trouvent dans un cercle vicieux de retrait social, de troubles de l&#8217;\u00e9lan vital et de mauvaise estime de soi, ils ont v\u00e9rifi\u00e9 l&#8217;hypoth\u00e8se selon laquelle la th\u00e9rapie par l&#8217;exercice physique et la possibilit\u00e9 de contacts sociaux qu&#8217;elle offre entra\u00eenent une am\u00e9lioration de l&#8217;estime de soi physique et, secondairement, de l&#8217;\u00e9tat d\u00e9pressif de l&#8217;humeur.<\/p>\n<p>La conclusion des chercheuses : &#8220;Dans certaines \u00e9tudes, l&#8217;effet du sport \u00e9tait tout \u00e0 fait comparable \u00e0 celui d&#8217;une psychoth\u00e9rapie ou d&#8217;une pharmacoth\u00e9rapie&#8221;. Le renforcement positif et l&#8217;augmentation de l&#8217;estime de soi peuvent donc \u00e9galement \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des effets de la pratique r\u00e9guli\u00e8re d&#8217;un sport.<\/p>\n<h2 id=\"le-sport-favorise-la-resilience\">Le sport favorise la r\u00e9silience<\/h2>\n<p>La r\u00e9silience est la capacit\u00e9 d&#8217;un individu \u00e0 r\u00e9sister \u00e0 tout type de stress sanitaire et psychosocial. Outre l&#8217;entra\u00eenement \u00e0 la pleine conscience et les mesures psychoth\u00e9rapeutiques, l&#8217;activit\u00e9 physique peut augmenter la r\u00e9silience face au stress psychosocial. Cela se traduit par exemple par le fait que les sportifs de haut niveau atteignent des pics de cortisol nettement inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux des non-sportifs lors d&#8217;un test de stress typique [10].<\/p>\n<p>Hormis les tranquillisants \u00e0 l&#8217;effet non sp\u00e9cifique, il n&#8217;existe aucune substance capable de r\u00e9guler sp\u00e9cifiquement le cortisol, l&#8217;hormone centrale du stress, \u00e0 la baisse jusqu&#8217;\u00e0 des valeurs physiologiques. L&#8217;objectif th\u00e9rapeutique est de r\u00e9duire les charges allostatiques telles que l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9, la s\u00e9dentarit\u00e9, le manque de sommeil et l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9. Des changements de style de vie ainsi que des mesures psychoth\u00e9rapeutiques interviennent ici de mani\u00e8re cibl\u00e9e. Le sport peut donc avoir une influence positive sur la r\u00e9action g\u00e9n\u00e9rale au stress. De plus, l&#8217;augmentation de la condition physique am\u00e9liore l&#8217;image corporelle et l&#8217;estime de soi, et le sport peut \u00e9galement avoir un effet de sens et d&#8217;int\u00e9gration sociale (l&#8217;isolement est un facteur de risque important de la maladie d\u00e9pressive).<\/p>\n<h2 id=\"comment-le-sport-agit-il\">Comment le sport agit-il ?<\/h2>\n<p>La critique selon laquelle l&#8217;entra\u00eenement sportif ne peut avoir qu&#8217;un effet non sp\u00e9cifique s&#8217;accorde, au niveau de la d\u00e9pression, avec les faits que nous ne connaissons que de mani\u00e8re impr\u00e9cise la physiopathologie de la d\u00e9pression, que le diagnostic se fait sur la base d&#8217;un catalogue de sympt\u00f4mes de la maladie et que l&#8217;efficacit\u00e9 des antid\u00e9presseurs doit \u00e9galement \u00eatre d\u00e9couverte de mani\u00e8re empirique. N\u00e9anmoins, la th\u00e9rapie par l&#8217;exercice a d\u00e9sormais sa place dans le traitement des patients psychiatriques hospitalis\u00e9s, notamment pour les troubles anxieux et la d\u00e9pression. Ces r\u00e9flexions s&#8217;appuient principalement sur la puissance neuroplastique de l&#8217;hippocampe humain et sur l&#8217;influence des syst\u00e8mes de transmission de la noradr\u00e9naline, de la s\u00e9rotonine et de la dopamine, comme le m\u00e9canisme principal des antid\u00e9presseurs, d\u00e9montr\u00e9e par des exp\u00e9riences sur des animaux. Il est possible que l&#8217;effet antid\u00e9presseur repose \u00e9galement sur l&#8217;influence des processus inflammatoires ou sur un autre m\u00e9canisme tampon contre le stress, encore inconnu \u00e0 l&#8217;heure actuelle.<\/p>\n<p>M\u00eame si toutes ces diff\u00e9rentes approches ne permettent pas de d\u00e9gager un mod\u00e8le coh\u00e9rent de l&#8217;effet antid\u00e9presseur du sport, il existe n\u00e9anmoins suffisamment de preuves scientifiques pour \u00e9tablir un lien de causalit\u00e9 logique entre le stress psychosocial (charge allostatique) et la r\u00e9silience, ainsi que des cons\u00e9quences physiques et psychologiques sp\u00e9cifiques. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que le sport peut agir sur ce syst\u00e8me classique, tant \u00e0 titre prophylactique que th\u00e9rapeutique.  &nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"conclusion-pour-la-pratique\">Conclusion pour la pratique<\/h2>\n<ul>\n<li>L&#8217;activit\u00e9 sportive, en am\u00e9liorant la r\u00e9sistance au stress, a une efficacit\u00e9 antid\u00e9pressive \u00e0 la fois prophylactique et th\u00e9rapeutique.<\/li>\n<li>Le degr\u00e9 d&#8217;efficacit\u00e9 antid\u00e9pressive est comparable \u00e0 celui des antid\u00e9presseurs ou de la psychoth\u00e9rapie.<\/li>\n<li>Il est g\u00e9n\u00e9ralement recommand\u00e9 de pratiquer r\u00e9guli\u00e8rement (au moins 3\u00d7 par semaine) un entra\u00eenement mixte a\u00e9robie-ana\u00e9robie d&#8217;intensit\u00e9 moyenne.<\/li>\n<li>La th\u00e9rapie par l&#8217;exercice ne doit pas remplacer les piliers \u00e9prouv\u00e9s du traitement de la d\u00e9pression (m\u00e9dicaments, psychoth\u00e9rapie), mais les compl\u00e9ter de mani\u00e8re synergique.  &nbsp;<\/li>\n<\/ul>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Holsboer F, Ising M : R\u00e9gulation des hormones de stress : r\u00f4le biologique et traduction en th\u00e9rapie. Annual Review of Psychology 2010 ; 61 : 81-109.<\/li>\n<li>Sexton H, et al. : Intensit\u00e9 de l&#8217;exercice et r\u00e9duction des sympt\u00f4mes neurologiques. Une \u00e9tude de suivi contr\u00f4l\u00e9e. Acta Psych Scand 1989 ; 80 : 231-235.<\/li>\n<li>Cooney GM, Dwan K, Greig CA, et al : Exercise for depression. Cochrane Database of Systematic Reviews 2013, Issue 9.<\/li>\n<li>Wegner M, et al. : Effets de l&#8217;exercice sur les troubles anxieux et d\u00e9pressifs. Review of meta-analyses and neurobiological mechanisms. CNS &amp; Neurological Disorders Drug Targets 2014 ; 13(6) : 1002-1014.<\/li>\n<li>Bauer K, Felder H : La th\u00e9rapie sportive dans les maladies d\u00e9pressives. Revue syst\u00e9matique, pt-Zeitschrift f\u00fcr Physiotherapeuten 2008 ; 60 : 16-26.<\/li>\n<li>Brooks A, Ahrendt U : L&#8217;entra\u00eenement physique dans le traitement des troubles d\u00e9pressifs. Pratique psychiatrique 2007 ; 34 : 300-304.<\/li>\n<li>Erickson KI, et al : L&#8217;entra\u00eenement physique augmente la taille de l&#8217;hippocampe et am\u00e9liore la m\u00e9moire. Proceedings of the National Academy of Sciences 2011 ; 108 : 3017-3022.<\/li>\n<li>Reinhardt C, et al : Flow dans la th\u00e9rapie sportive &#8211; une approche bas\u00e9e sur la sollicitation. Th\u00e9rapie par le mouvement et sport sant\u00e9 2008 ; 24 : 147-151.<\/li>\n<li>Holz E, Michael T : Sport et activit\u00e9 physique en cas de d\u00e9pression. PiD, Psychoth\u00e9rapie en dialogue 2013 ; 14(3) : 61-63.<\/li>\n<li>Fuchs R, Schlicht W : Sant\u00e9 mentale et activit\u00e9 sportive. Berne : Hogrefe, 2012.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2015 ; 13(3) : 4-8<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les maladies d\u00e9pressives sont l&#8217;un des plus grands d\u00e9fis m\u00e9dicaux actuels en raison de leur fr\u00e9quence, de la souffrance individuelle qu&#8217;elles engendrent et de leurs cons\u00e9quences \u00e9conomiques. 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