{"id":343315,"date":"2015-05-19T02:00:00","date_gmt":"2015-05-19T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/ebola-et-autres-fievres-hemorragiques-virales\/"},"modified":"2015-05-19T02:00:00","modified_gmt":"2015-05-19T00:00:00","slug":"ebola-et-autres-fievres-hemorragiques-virales","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/ebola-et-autres-fievres-hemorragiques-virales\/","title":{"rendered":"Ebola et autres fi\u00e8vres h\u00e9morragiques virales"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le tableau clinique d&#8217;une fi\u00e8vre h\u00e9morragique virale (FHV) est le plus souvent non sp\u00e9cifique (syndrome grippal) et difficile \u00e0 distinguer d&#8217;autres maladies infectieuses courantes. Pour l&#8217;\u00e9valuation des risques, la d\u00e9finition de cas des diff\u00e9rentes FHV est un moyen n\u00e9cessaire pour identifier ces maladies. L&#8217;anamn\u00e8se du voyageur est essentielle pour inclure ou rejeter la FVH dans le diagnostic diff\u00e9rentiel. Un contact rapide avec le service du m\u00e9decin cantonal ou le centre de r\u00e9f\u00e9rence en infectiologie est indispensable pour une prise en charge optimale en cas de suspicion de FHV transmise de personne \u00e0 personne. Un \u00e9quipement de protection individuelle (EPI) est n\u00e9cessaire pour chaque contact du patient avec un cas suspect, avec pour objectif de couvrir au maximum la peau et les muqueuses.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Le terme de fi\u00e8vre h\u00e9morragique virale (FHV) englobe le tableau clinique commun de diff\u00e9rentes maladies caus\u00e9es par des virus. Il s&#8217;agit notamment des Filoviridae (fi\u00e8vre Ebola, fi\u00e8vre de Marburg), des Arenavirus (fi\u00e8vre de Lassa), des Bunyaviridae (fi\u00e8vre de Crim\u00e9e-Congo, fi\u00e8vre de la vall\u00e9e du Rift, maladie \u00e0 hantavirus) et des Flaviviridae (fi\u00e8vre jaune, dengue). Hormis le virus de la dengue, tous les virus ont leur origine dans le r\u00e8gne animal, les tableaux cliniques correspondants font donc partie des zoonoses. Les arthropodes sont en partie responsables de la transmission, par exemple les moustiques (virus de la fi\u00e8vre jaune, virus de la dengue, virus de la vall\u00e9e du Rift) et les tiques (virus Crim\u00e9e-Congo). Cependant, la transmission se fait beaucoup plus souvent par contact direct avec des personnes ou des animaux infect\u00e9s : par contact avec des fluides corporels (sang, urine, vomissures, salive, diarrh\u00e9es), par les muqueuses, par la peau l\u00e9s\u00e9e ou par une exposition percutan\u00e9e.<\/p>\n<p>Les FHV les plus dangereuses pour l&#8217;homme sont celles pour lesquelles une transmission interhumaine est possible (fi\u00e8vre Ebola, fi\u00e8vre de Marburg, fi\u00e8vre de Lassa, fi\u00e8vre de Crim\u00e9e-Congo). Seules les fi\u00e8vres de Lassa et de la vall\u00e9e du Rift sont d\u00e9crites comme des transmissions par a\u00e9rosol. Actuellement, il n&#8217;existe aucune preuve que la transmission d&#8217;autres FHV se fasse par le biais de gouttelettes ou d&#8217;a\u00e9rosols. Les FHV sont pr\u00e9sentes dans le monde entier et d\u00e9pendent de l&#8217;\u00e9cologie du r\u00e9servoir ou du vecteur <strong>(tableau&nbsp;1),<\/strong> mais elles sont principalement end\u00e9miques en Asie (dengue, fi\u00e8vre de Crim\u00e9e-Congo) et en Afrique subsaharienne (fi\u00e8vre Ebola, fi\u00e8vre de Marburg, fi\u00e8vre de Lassa). Les hantavirus sont r\u00e9pandus dans le monde entier, une \u00e9pid\u00e9mie importante a eu lieu en Allemagne entre 2011 et 2012 [1].<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-5744\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/tab1_hp5_s18_0.png\" style=\"height:282px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"517\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/tab1_hp5_s18_0.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/tab1_hp5_s18_0-800x376.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/tab1_hp5_s18_0-120x56.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/tab1_hp5_s18_0-90x42.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/tab1_hp5_s18_0-320x150.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/tab1_hp5_s18_0-560x263.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<h2 id=\"epidemie-debola-en-afrique-de-louest-mise-a-jour\">\u00c9pid\u00e9mie d&#8217;Ebola en Afrique de l&#8217;Ouest : mise \u00e0 jour<\/h2>\n<p>Depuis le d\u00e9but de l&#8217;\u00e9pid\u00e9mie d&#8217;Ebola en Afrique de l&#8217;Ouest en d\u00e9cembre 2013 jusqu&#8217;au d\u00e9but du mois d&#8217;avril 2015, un total de 25178 cas (y compris les cas confirm\u00e9s, probables et suspects) ont \u00e9t\u00e9 notifi\u00e9s \u00e0 l&#8217;OMS, y compris 10 445 d\u00e9c\u00e8s [2]. Au Lib\u00e9ria, l&#8217;\u00e9pid\u00e9mie est actuellement sous contr\u00f4le, le dernier patient atteint de fi\u00e8vre Ebola confirm\u00e9e est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 27 mars 2015. En Sierra Leone, la tendance est fortement \u00e0 la baisse, tandis qu&#8217;en Guin\u00e9e, de nouveaux cas continuent d&#8217;\u00eatre signal\u00e9s dans diff\u00e9rentes r\u00e9gions.<\/p>\n<h2 id=\"image-clinique\">Image clinique<\/h2>\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, dans le cas de la FHV, le tableau clinique d\u00e9bute apr\u00e8s une p\u00e9riode d&#8217;incubation d&#8217;environ 1 \u00e0 2 semaines par une fi\u00e8vre et un malaise soudains, suivis de sympt\u00f4mes grippaux non sp\u00e9cifiques <strong>(tableau&nbsp;2) <\/strong>.  <\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5745 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/tab2_hp5_s19.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/475;height:259px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"475\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/tab2_hp5_s19.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/tab2_hp5_s19-800x345.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/tab2_hp5_s19-120x52.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/tab2_hp5_s19-90x39.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/tab2_hp5_s19-320x138.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/tab2_hp5_s19-560x242.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>La p\u00e9riode d&#8217;incubation est plus courte pour la fi\u00e8vre de Crim\u00e9e-Congo, la fi\u00e8vre Ebola et la fi\u00e8vre de Marburg, et plus longue pour la fi\u00e8vre de Lassa [3,4]. Dans le cas d&#8217;Ebola en particulier, un \u00e9puisement prononc\u00e9 et des myalgies s\u00e9v\u00e8res sont discrets d\u00e8s le d\u00e9but de la maladie par rapport aux autres sympt\u00f4mes non sp\u00e9cifiques. Par la suite (g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 partir de la semaine&nbsp;2), des douleurs abdominales, des vomissements et des diarrh\u00e9es parfois profuses s&#8217;ensuivent<strong> (fig.&nbsp;1).<\/strong> Au d\u00e9but d&#8217;une \u00e9pid\u00e9mie locale, ces sympt\u00f4mes permettent g\u00e9n\u00e9ralement de suspecter le chol\u00e9ra, le typhus abdominal ou le paludisme.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5746 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/abb1_hp5_s18.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/305;height:167px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"305\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/abb1_hp5_s18.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/abb1_hp5_s18-800x222.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/abb1_hp5_s18-120x33.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/abb1_hp5_s18-90x25.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/abb1_hp5_s18-320x89.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/abb1_hp5_s18-560x155.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>Sur le plan physiopathologique, ces sympt\u00f4mes reposent sur une forte augmentation des cytokines pro-inflammatoires avec une vasodilatation secondaire et une perm\u00e9abilit\u00e9 vasculaire accrue. Cela peut entra\u00eener des d\u00e9placements importants de liquide vers le troisi\u00e8me espace et des troubles de la coagulation avec formation d&#8217;un choc hypovol\u00e9mique au stade final [5]. Les ph\u00e9nom\u00e8nes h\u00e9morragiques sont probablement moins fr\u00e9quents en tant que complications et causes de d\u00e9c\u00e8s que ce que l&#8217;on pensait jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent et que ce que l&#8217;on pourrait supposer sur la base du nom. C&#8217;est ce qu&#8217;a montr\u00e9 l&#8217;\u00e9pid\u00e9mie actuelle d&#8217;Ebola en Afrique de l&#8217;Ouest [6]. Dans cette \u00e9pid\u00e9mie, les surinfections bact\u00e9riennes (probablement dans le cadre d&#8217;une translocation dans l&#8217;intestin) d\u00e9terminent souvent l&#8217;\u00e9volution chez les patients gravement malades. Dans le cas de la fi\u00e8vre de Hanta, deux syndromes sont pr\u00e9sents dans des r\u00e9gions g\u00e9ographiques diff\u00e9rentes. La forme eurasienne d\u00e9veloppe de mani\u00e8re dominante une d\u00e9faillance r\u00e9nale, la forme am\u00e9ricaine une d\u00e9faillance pulmonaire.<\/p>\n<h2 id=\"fievres-hemorragiques-virales-en-pratique\">Fi\u00e8vres h\u00e9morragiques virales en pratique<\/h2>\n<p>La probabilit\u00e9 de diagnostiquer une FHV dans un cabinet de m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale en Suisse est tr\u00e8s faible ; \u00e0 l&#8217;exception de la dengue, ces maladies infectieuses ne sont que tr\u00e8s rarement diagnostiqu\u00e9es chez les voyageurs de retour de voyage [7,8]. On estime que le risque global pour les voyageurs est inf\u00e9rieur \u00e0 un cas pour un million de voyageurs revenant de pays africains end\u00e9miques. Au cours des 30 derni\u00e8res ann\u00e9es, la fi\u00e8vre de Lassa a \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9e chez seulement 28 voyageurs de retour de voyage, et la dengue chez environ 20 personnes sur plus de 1000 voyageurs malades de retour de voyage [9]. Selon l&#8217;OFSP, trois cas de FHV \u00e0 transmission interhumaine ont \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9s en Suisse entre 1994 et 2008 [10]. Le quatri\u00e8me patient est le m\u00e9decin trait\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve qui a contract\u00e9 la fi\u00e8vre Ebola en Sierra Leone fin 2014. Dans l&#8217;ensemble, au cours de l&#8217;\u00e9pid\u00e9mie actuelle d&#8217;Ebola, un seul des patients connus trait\u00e9s dans un pays occidental est consid\u00e9r\u00e9 comme un voyageur de retour. Il s&#8217;agissait d&#8217;un patient asymptomatique qui avait voyag\u00e9 par avion du Liberia \u00e0 Dallas (\u00c9tats-Unis) et qui, cinq jours apr\u00e8s son retour, a d\u00e9velopp\u00e9 des sympt\u00f4mes qui n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 initialement identifi\u00e9s comme \u00e9tant li\u00e9s \u00e0 Ebola [11]. Tous les autres patients Ebola trait\u00e9s en Europe ou en Am\u00e9rique du Nord \u00e9taient des employ\u00e9s d&#8217;organisations humanitaires.<\/p>\n<p>L&#8217;exemple du patient de Dallas illustre de mani\u00e8re exemplaire la difficult\u00e9 d&#8217;identifier rapidement un cas suspect en raison de sympt\u00f4mes initialement non sp\u00e9cifiques ; le patient en question a ainsi \u00e9t\u00e9 trait\u00e9 \u00e0 deux reprises dans un service d&#8217;urgence avant que la suspicion d&#8217;Ebola ne soit exprim\u00e9e pour la premi\u00e8re fois. En principe, m\u00eame en cas d&#8217;\u00e9pid\u00e9mie de FHV, il est plus probable qu&#8217;une personne revenant d&#8217;un pays tropical souffre d&#8217;une infection beaucoup plus fr\u00e9quente et traitable, comme le paludisme, la diarrh\u00e9e du voyageur ou la grippe.<\/p>\n<h2 id=\"informations-importantes-pour-levaluation-des-risques\">Informations importantes pour l&#8217;\u00e9valuation des risques<\/h2>\n<p>Outre l&#8217;enregistrement des sympt\u00f4mes, l&#8217;anamn\u00e8se du voyageur est essentielle pour inclure ou rejeter la FHV dans le diagnostic diff\u00e9rentiel [12]. Il faut se renseigner sur la zone exacte du voyage, la dur\u00e9e du s\u00e9jour et les contacts avec des personnes ou des animaux malades ou d\u00e9c\u00e9d\u00e9s. Les informations les plus importantes sur l&#8217;actualit\u00e9 des \u00e9pid\u00e9mies sont publi\u00e9es par le <em>WHO Disease Outbreak News<\/em> (www.who.int\/topics\/haemorrhagic_fevers_viral\/en), ou on peut s&#8217;informer sur des sites de m\u00e9decine du voyage comme Safetravel (www.safetravel.ch) ou Tropimed (www.tropimed.com). La d\u00e9finition de cas des principales FHV est mentionn\u00e9e sur tous les sites web des agences sanitaires nationales ou internationales [13]. Il convient toutefois de noter que les crit\u00e8res cliniques des d\u00e9finitions de cas sont par nature tr\u00e8s larges et sont par cons\u00e9quent remplis chez pratiquement tous les voyageurs f\u00e9briles de retour de zones d&#8217;end\u00e9mie. Au moindre doute, le m\u00e9decin traitant doit imm\u00e9diatement prendre contact avec le service du m\u00e9decin cantonal et\/ou le centre de r\u00e9f\u00e9rence en infectiologie. Des examens cliniques suppl\u00e9mentaires, tels que des diagnostics de laboratoire ou radiologiques, ou un transfert \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital ne doivent \u00eatre effectu\u00e9s qu&#8217;apr\u00e8s consultation.<\/p>\n<p>En raison du risque potentiel de contagion lors de l&#8217;examen clinique, un patient fortement suspect\u00e9 d&#8217;avoir une FHV doit \u00eatre trait\u00e9 en priorit\u00e9 comme s&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;une forme \u00e0 transmission interhumaine. Tout examen compl\u00e9mentaire doit donc \u00eatre effectu\u00e9 dans un centre de r\u00e9f\u00e9rence d\u00e9di\u00e9, avec des mesures d&#8217;isolement strictes. Les analyses de laboratoire sont effectu\u00e9es exclusivement dans un laboratoire de bios\u00e9curit\u00e9 de niveau 4. En Suisse, il s&#8217;agit du laboratoire de r\u00e9f\u00e9rence du Centre national des maladies virales \u00e9mergentes (NAVI) des H\u00f4pitaux universitaires de Gen\u00e8ve.<\/p>\n<h2 id=\"recommandations-pour-la-prise-en-charge-des-patients-suspects-de-fvh-en-medecine-generale\">Recommandations pour la prise en charge des patients suspects de FVH en m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale<\/h2>\n<p>Des mesures d&#8217;hygi\u00e8ne particuli\u00e8res sont n\u00e9cessaires pour r\u00e9duire le risque de contagion en cas de suspicion de FHV transmissible d&#8217;homme \u00e0 homme. Tout d&#8217;abord, le patient est isol\u00e9 dans une chambre s\u00e9par\u00e9e. Tout contact physique avec le patient doit \u00eatre \u00e9vit\u00e9 et une seule personne est d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e pour interagir avec le patient [14]. Celui-ci doit porter au moins une paire de gants et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, un masque chirurgical, des lunettes de protection et un tablier. Pour r\u00e9duire le risque d&#8217;infection, la d\u00e9sinfection des mains apr\u00e8s chaque contact avec le patient et la d\u00e9sinfection des zones expos\u00e9es aux fluides corporels sont des mesures de protection importantes. Un contact rapide avec le service du m\u00e9decin cantonal ou le centre de r\u00e9f\u00e9rence en infectiologie est indispensable pour une prise en charge optimale d&#8217;un cas suspect de FHV transmise de personne \u00e0 personne. Si la d\u00e9finition de cas de l&#8217;OFSP est remplie (par exemple Ebola), le personnel de l&#8217;h\u00f4pital central d&#8217;accueil accueille le patient avec un \u00e9quipement de protection sp\u00e9cial, apr\u00e8s avoir pr\u00e9par\u00e9 la chambre d&#8217;isolement. Celle-ci se compose soit de gants, d&#8217;un tablier, d&#8217;un masque TB et de lunettes de protection, soit d&#8217;une combinaison \u00e9tanche aux liquides combin\u00e9e \u00e0 un appareil respiratoire.<\/p>\n<h2 id=\"recommandations-aux-voyageurs-se-rendant-dans-une-zone-potentiellement-touchee-par-lepidemie-debola\">Recommandations aux voyageurs se rendant dans une zone potentiellement touch\u00e9e par l&#8217;\u00e9pid\u00e9mie d&#8217;Ebola<\/h2>\n<p>Le risque actuel pour les voyageurs se rendant en Afrique de l&#8217;Ouest et n&#8217;ayant pas de contact direct avec des personnes ou des animaux malades ou d\u00e9c\u00e9d\u00e9s est consid\u00e9r\u00e9 comme tr\u00e8s faible. Pendant toute la dur\u00e9e de l&#8217;\u00e9pid\u00e9mie actuelle, aucune restriction de voyage n&#8217;a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9e par l&#8217;OFSP, le D\u00e9partement f\u00e9d\u00e9ral des affaires \u00e9trang\u00e8res (DFAE) ou l&#8217;OMS. Cependant, des interdictions locales de sortie ou de voyage ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement impos\u00e9es dans les pays concern\u00e9s. Les voyageurs doivent donc se renseigner sur place sur les mesures et les instructions actuellement en vigueur des autorit\u00e9s locales. Des recommandations concr\u00e8tes sur le comportement \u00e0 adopter par les voyageurs se rendant au Lib\u00e9ria, en Sierra Leone et en Guin\u00e9e sont disponibles sur [15,16]:<\/p>\n<ul>\n<li>Ne pas entrer en contact avec des personnes malades ou des animaux sauvages (en particulier les singes, les chauves-souris\/chiens errants) ni avec leurs excr\u00e9ments.<\/li>\n<li>Il faut explicitement s&#8217;abstenir d&#8217;avoir des relations sexuelles avec des personnes gu\u00e9ries jusqu&#8217;\u00e0 trois mois apr\u00e8s la r\u00e9cup\u00e9ration d&#8217;une infection par le virus Ebola. La derni\u00e8re patiente infect\u00e9e par Ebola au Lib\u00e9ria est suppos\u00e9e avoir \u00e9t\u00e9 transmise par voie sexuelle ; son mari \u00e9tait sorti d&#8217;un centre de traitement d&#8217;Ebola quelques semaines auparavant. D&#8217;autres personnes atteintes d&#8217;Ebola n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9es malgr\u00e9 une enqu\u00eate approfondie sur l&#8217;environnement.<\/li>\n<li>\u00c9viter de consommer de la viande de gibier.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En dehors d&#8217;une \u00e9pid\u00e9mie classique, les personnes potentiellement en contact avec des vecteurs ou des animaux r\u00e9servoirs sont g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 risque de d\u00e9velopper une FHV (par exemple, les personnes en vacances au camping, les personnes ayant s\u00e9journ\u00e9 longtemps dans des pays end\u00e9miques, les g\u00e9ologues, les chercheurs). En cons\u00e9quence, les mesures d&#8217;hygi\u00e8ne standard, y compris les mesures de s\u00e9curit\u00e9, doivent \u00eatre appliqu\u00e9es. \u00eatre expliqu\u00e9e sur la protection contre les moustiques et les tiques.<\/p>\n<p>Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, il n&#8217;existe pas de vaccins ou de prophylaxies m\u00e9dicamenteuses, ni de traitements disponibles dans le commerce. Toutefois, l&#8217;un des candidats vaccins fait actuellement l&#8217;objet d&#8217;\u00e9tudes pr\u00e9liminaires sur le terrain en Guin\u00e9e. Les \u00e9tudes de phase I et II avaient d\u00e9montr\u00e9 une bonne immunog\u00e9nicit\u00e9 [17], confirmant ainsi les bons r\u00e9sultats des \u00e9tudes animales (100% de protection contre une infection par provocation au virus Ebola chez les primates). La seule pr\u00e9vention efficace r\u00e9side donc dans une hygi\u00e8ne des mains rigoureuse et, en cas de contact avec une source positive connue, dans l&#8217;application des mesures de protection strictes. D&#8217;autres foyers de VHF sont \u00e0 pr\u00e9voir. Il est \u00e0 esp\u00e9rer que des le\u00e7ons importantes ont \u00e9t\u00e9 tir\u00e9es de l&#8217;\u00e9pid\u00e9mie actuelle, ce qui permettra \u00e0 l&#8217;avenir de mettre en \u0153uvre plus rapidement et plus efficacement les mesures de protection appropri\u00e9es.<\/p>\n<p><em>Les auteurs remercient l&#8217;\u00e9quipe sp\u00e9cialis\u00e9e en hygi\u00e8ne hospitali\u00e8re de l&#8217;H\u00f4pital de l&#8217;Ile \u00e0 Berne et le Dr Daniel Koch, OFSP, Section des maladies infectieuses, pour leur relecture critique de cet article.<\/em><\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Boone I, et al : Rise in the number of notified human hantavirus infections since October 2011 in Baden-W\u00fcrttemberg, Germany. Euro Surveill 2012 ; 17(21).<\/li>\n<li>Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS). Rapport de situation sur Ebola. 1 avril 2015 (http:\/\/apps.who.int\/ebola\/en\/current-situation\/ebola-situation-report)<\/li>\n<li>Institut Robert Koch (RKI). Fiches signal\u00e9tiques, maladies infectieuses rares et import\u00e9es (2011).<\/li>\n<li>Beeching NJ, et al : Travellers and viral haemorrhagic fevers : what are the risks ? Int J Antimicrob Agents 2010 ; 36(Suppl 1) : S26-35.<\/li>\n<li>Fhogartaigh CN, et al : Fi\u00e8vre h\u00e9morragique virale. Clin Med 2015 ; 15(2) : 61-66.<\/li>\n<li>Schieffelin JS, et al : Clinical Illness and Outcomes in Patients with Ebola in Sierra Leone. N Engl J Med 2014 ; 371(22) : 2092-2100.<\/li>\n<li>Freedman DO, et al : Spectrum of Disease and Relation to Place of Exposure among Ill Returned Travelers. N Engl J Med 2006 ; 354(2) : 119-130.<\/li>\n<li>Harvey K, et al : Surveillance for travel-related disease-GeoSentinel Surveillance System, United States, 1997-2011. Morb Mortal Wkly Rep 2013 ; 62(3) : 1-23.<\/li>\n<li>Leder K, et al. : Travel-associated Illness Trends and Clusters, 2000-2010. Emerg Infect Dis 2013 ; 19(7) : 1049-1073.<\/li>\n<li>Office f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 publique (OFSP). Fi\u00e8vres h\u00e9morragiques virales (FHV). June 6, 2008. (www.bag.admin.ch\/themen\/medizin\/00682\/00684\/01111\/index.html?lang=de)<\/li>\n<li>Chevalier MS, et al. : Ebola virus disease cluster in the United States-Dallas County, Texas, 2014. Morb Mortal Wkly Rep 2014 ; 63(46) : 1087-1088.<\/li>\n<li>Price VA, et al : Les m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes ne prennent pas d&#8217;historique de voyage ad\u00e9quat. J Travel Med 2011 ; 18(4) : 271-274.<\/li>\n<li>Office f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 publique (OFSP). Ebola. avril 9, 2015 (www.bag.admin.ch\/themen\/medizin\/00682\/00684\/01061\/index.html?lang=de)<\/li>\n<li>Centres de contr\u00f4le et de pr\u00e9vention des maladies (CDC). Maladie \u00e0 virus Ebola, patients externes et environnements de soins ambulatoires. janvier 22, 2015 (www.cdc.gov\/vhf\/ebola\/healthcare-us\/outpatient-settings\/index.html)<\/li>\n<li>D\u00e9partement f\u00e9d\u00e9ral des affaires \u00e9trang\u00e8res (DFAE). Focus sur Ebola. 16 avril 2015 (www.eda.admin.ch\/eda\/de\/home\/vertretungen-und-reisehinweise\/fokus\/focus3.html)<\/li>\n<li>Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS). Travel and transport risk assessment : Interim guidance for public health authorities and the transport sector. Septembre 10, 2014. (www.who.int\/ith\/updates\/20140910\/en)<\/li>\n<li>Agnandji ST, et al : Phase 1 Trials of rVSV Ebola Vaccine in Africa and Europe &#8211; Preliminary Report. N Engl J Med 2015 Apr 1 ; Epub ahead of print.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2015 ; 10(5) : 17-21<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le tableau clinique d&#8217;une fi\u00e8vre h\u00e9morragique virale (FHV) est le plus souvent non sp\u00e9cifique (syndrome grippal) et difficile \u00e0 distinguer d&#8217;autres maladies infectieuses courantes. 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