{"id":343319,"date":"2015-05-13T02:00:00","date_gmt":"2015-05-13T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/nodules-inflammatoires-sur-la-joue-infectieux\/"},"modified":"2015-05-13T02:00:00","modified_gmt":"2015-05-13T00:00:00","slug":"nodules-inflammatoires-sur-la-joue-infectieux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/nodules-inflammatoires-sur-la-joue-infectieux\/","title":{"rendered":"Nodules inflammatoires sur la joue &#8211; infectieux ?"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>Rapport de cas : <\/em>Le p\u00e8re se pr\u00e9sente \u00e0 la consultation avec le petit Sebastian, \u00e2g\u00e9 de 3 ans et demi, car celui-ci a un bouton rouge sous l&#8217;\u0153il gauche depuis maintenant 10 mois. Celui-ci est apparu un jour, s&#8217;est d&#8217;abord l\u00e9g\u00e8rement agrandi, mais n&#8217;a pas chang\u00e9 depuis. Le p\u00e9diatre a administr\u00e9 une fois un traitement antibiotique pendant deux semaines. Cela n&#8217;a toutefois pas apport\u00e9 d&#8217;am\u00e9lioration. S\u00e9bastien est par ailleurs en bonne sant\u00e9 et n&#8217;a jamais eu de probl\u00e8mes m\u00e9dicaux, \u00e0 l&#8217;exception de deux infections oculaires (&#8220;orgelet&#8221;).<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p><strong>Tableau clinique :<\/strong> un nodule \u00e9ryth\u00e9mateux, plut\u00f4t mou et l\u00e9g\u00e8rement fluctuant est visible dans la r\u00e9gion infraorbitaire gauche <strong>(fig.&nbsp;1). <\/strong>Aucune lymphad\u00e9nopathie n&#8217;est d\u00e9tectable.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-5631\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/abb1_dp2_s24.jpg\" style=\"height:575px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1053\"><\/p>\n<h2 id=\"quiz\">Quiz<\/h2>\n<p>Sur la base de ces informations, quel est le diagnostic le plus probable ?<br \/>\n<strong>A <\/strong>Pilomatrixom<br \/>\n<strong>B <\/strong>Leishmaniose cutan\u00e9e<br \/>\n<strong>C <\/strong>Mycobact\u00e9riose atypique<br \/>\n<strong>D <\/strong>Granulome aseptique facial <strong>idiopathique <\/strong>(GFAI)<br \/>\n<strong>E <\/strong>N\u00e6vus de Spitz<\/p>\n<p><strong>Diagnostic et discussion : <\/strong>sur la base du tableau clinique et des informations, tous les diagnostics diff\u00e9rentiels sont en principe possibles, \u00e0 l&#8217;exception du naevus de Spitz. Ce dernier se pr\u00e9sente typiquement sous la forme d&#8217;une papule rouge\u00e2tre en forme de d\u00f4me, sans cro\u00fbtes, \u00e9rosions ou fluctuations. De plus, la consistance d\u00e9crite comme plut\u00f4t molle rend le pilomatrixome peu probable.<\/p>\n<p>Dans cette pr\u00e9sentation asym\u00e9trique, il faut certainement penser en premier lieu \u00e0 des causes exog\u00e8nes telles que des infections, o\u00f9, outre un abc\u00e8s banal, des germes plus rares comme une leishmaniose (anamn\u00e8se de voyage !) ou une mycobact\u00e9riose atypique entrent en ligne de compte.<\/p>\n<p>Cette anamn\u00e8se, et en particulier les inflammations r\u00e9currentes des paupi\u00e8res mentionn\u00e9es, sont \u00e9galement typiques du granulome aseptique facial idiopathique (GFAI) pr\u00e9sent dans ce cas (r\u00e9ponse D). Il s&#8217;agit d&#8217;une entit\u00e9 d\u00e9crite r\u00e9cemment et qui ne se manifeste que chez l&#8217;enfant [1]. Bien que nous rencontrions r\u00e9guli\u00e8rement cette pathologie dans nos consultations, peu de publications ont \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9es \u00e0 ce sujet depuis lors. Cependant, une s\u00e9rie plus importante provenant de France a depuis permis de mieux caract\u00e9riser l&#8217;IFAG [2]. Ainsi, il est typiquement pr\u00e9sent chez les gar\u00e7ons d&#8217;\u00e2ge pr\u00e9scolaire, le plus souvent sous forme de l\u00e9sion solitaire (\u00e2ge moyen : 3,8 ans), et se trouve presque invariablement sur les zones convexes de la joue, dans un triangle qui relie le coin lat\u00e9ral de l&#8217;\u0153il, le lobe de l&#8217;oreille et le coin de la bouche.  <strong>(Fig.&nbsp;2).  <\/strong>L&#8217;\u00e9volution est toujours b\u00e9nigne et on observe g\u00e9n\u00e9ralement une gu\u00e9rison spontan\u00e9e apr\u00e8s 6 \u00e0 18 mois, souvent sans cicatrisation notable [2].<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5632 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/abb2_dp2_s25_0.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 894px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 894\/887;height:595px; width:600px\" width=\"894\" height=\"887\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/abb2_dp2_s25_0.jpg 894w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/abb2_dp2_s25_0-800x794.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/abb2_dp2_s25_0-80x80.jpg 80w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/abb2_dp2_s25_0-120x120.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/abb2_dp2_s25_0-90x90.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/abb2_dp2_s25_0-320x317.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/abb2_dp2_s25_0-560x556.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 894px) 100vw, 894px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9tiologie n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie avec certitude jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent. Les examens microbiologiques n&#8217;ont jamais pu d\u00e9finir un agent infectieux coh\u00e9rent comme cause et, dans notre exp\u00e9rience, les pr\u00e9l\u00e8vements correspondants restent g\u00e9n\u00e9ralement st\u00e9riles.<\/p>\n<p>R\u00e9cemment, les rapports de cas indiquant que l&#8217;IFAG est une manifestation de la rosac\u00e9e granulomateuse de l&#8217;enfant se sont multipli\u00e9s [3\u20135]. Dans notre exp\u00e9rience, la rosac\u00e9e infantile est souvent sous-diagnostiqu\u00e9e, mais elle pr\u00e9sente fondamentalement les m\u00eames caract\u00e9ristiques que chez l&#8217;adulte (bouff\u00e9es vasomotrices, \u00e9ryth\u00e8me persistant avec t\u00e9langiectasies, papulopustules ainsi qu&#8217;une atteinte oculaire, la rosac\u00e9e ophtalmique semblant plus fr\u00e9quente que chez l&#8217;adulte) [6,7]. Entre 40 et 100 % des enfants atteints d&#8217;IFAG r\u00e9pondent aux crit\u00e8res de diagnostic de la rosac\u00e9e, l&#8217;atteinte des paupi\u00e8res sous forme de chalazion r\u00e9current \u00e9tant la manifestation la plus fr\u00e9quente [3,4]. Des cas d&#8217;ulc\u00e9ration corn\u00e9enne \u00e9tant connus dans la rosac\u00e9e infantile [7], un bilan ophtalmologique est utile au moins en cas d&#8217;ant\u00e9c\u00e9dents ou de signes cliniques de manifestations oculaires. Bien que les manifestations oculaires se manifestent souvent avant l&#8217;apparition d&#8217;une IFAG, les dermatologues jouent ici un r\u00f4le important, car l&#8217;ophtalmomorose est surtout connue dans la litt\u00e9rature dermatologique et n&#8217;est donc pas tr\u00e8s famili\u00e8re \u00e0 de nombreux ophtalmologues.<\/p>\n<p>En cas de suspicion d&#8217;IFAG, si les r\u00e9sultats et l&#8217;anamn\u00e8se sont typiques, nous pensons qu&#8217;aucun autre examen diagnostique n&#8217;est indiqu\u00e9. Toutefois, en cas de r\u00e9sultat atypique, d&#8217;indices d&#8217;une origine infectieuse ou d&#8217;un s\u00e9jour r\u00e9cent dans une zone d&#8217;end\u00e9mie de la leishmaniose, il est n\u00e9cessaire de proc\u00e9der \u00e0 des investigations appropri\u00e9es sur l&#8217;agent pathog\u00e8ne et \u00e0 une biopsie.<\/p>\n<p>Le traitement de l&#8217;IFAG d\u00e9pend de l&#8217;ampleur des r\u00e9sultats. Le traitement n&#8217;est pas absolument n\u00e9cessaire pour les petites l\u00e9sions, mais il est possible d&#8217;utiliser du m\u00e9tronidazole en application topique. En cas de l\u00e9sions plus \u00e9tendues, il est possible de traiter les enfants &gt;8 ans par la doxycycline, comme pour la rosac\u00e9e, et les enfants plus jeunes par l&#8217;\u00e9rythromycine ou le m\u00e9tronidazole par voie syst\u00e9mique pendant plusieurs semaines [8]. De m\u00eame, en cas d&#8217;atteinte oculaire, un traitement syst\u00e9mique est g\u00e9n\u00e9ralement indiqu\u00e9 [7].<\/p>\n<p>La connaissance de ce tableau clinique r\u00e9guli\u00e8rement observ\u00e9 en dermatologie p\u00e9diatrique permet dans de nombreux cas une prise en charge simple de ces patients sans avoir recours \u00e0 des investigations pouss\u00e9es et souvent inutiles.<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Roul S, et al : Idiopathic aseptic facial granuloma (pyodermite froide du visage) : a pediatric entity ? Arch Dermatol 2001 ; 137 : 1253-1255.<\/li>\n<li>Boralevi F, et al : Idiopathic facial aseptic granuloma : a multicentre prospective study of 30 cas. Br J Dermatol 2007 ; 156 : 705-708.<\/li>\n<li>Prey S, et al : IFAG and childhood rosacea : a possible link ? Pediatr Dermatol 2013 ; 30 : 429-432.<\/li>\n<li>Neri I, et al : Should idiopathic facial aseptic granuloma be considered granulomatous rosacea ? Rapport de trois cas p\u00e9diatriques. Pediatr Dermatol 2013 ; 30 : 109-111.<\/li>\n<li>Baroni A, et al : Granulome aseptique facial idiopathique chez un enfant : une expression possible de la rosac\u00e9e infantile. Pediatr Dermatol 2013 ; 30 : 394-395.<\/li>\n<li>Chamaillard M, et al : Signes cutan\u00e9s et oculaires de la rosac\u00e9e infantile. Arch Dermatol 2008 ; 144 : 167-171.<\/li>\n<li>Donaldson KE, Karp CL, Dunbar MT : \u00c9valuation et traitement des enfants atteints de rosac\u00e9e oculaire. Corn\u00e9e 2007 ; 26 : 42-46.<\/li>\n<li>Leoni S, et al. : [Metronidazole : traitement alternatif de la rosac\u00e9e oculaire et cutan\u00e9e dans la population p\u00e9diatrique]. Journal fran\u00e7ais d&#8217;ophtalmologie 2011 ; 34 : 703-710.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>DERMATOLOGIE PRATIQUE 2015 ; 25(2) : 24-25<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rapport de cas : Le p\u00e8re se pr\u00e9sente \u00e0 la consultation avec le petit Sebastian, \u00e2g\u00e9 de 3 ans et demi, car celui-ci a un bouton rouge sous l&#8217;\u0153il gauche&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":50728,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Modification cutan\u00e9e inexpliqu\u00e9e chez un gar\u00e7on de 3 ans et demi","footnotes":""},"category":[11349,11541,11362,11458,11549],"tags":[46770,46773,42318],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-343319","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-allergologie-et-immunologie-clinique","category-cases-fr","category-dermatologie-et-venerologie","category-pediatrie","category-rx-fr","tag-modification-de-la-peau","tag-nodulus-fr","tag-noeuds","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-07-03 18:37:26","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":343325,"slug":"nodulo-infiammatorio-sulla-guancia-infettivo","post_title":"Nodulo infiammatorio sulla guancia - infettivo?","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/nodulo-infiammatorio-sulla-guancia-infettivo\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":343136,"slug":"pedaco-inflamatorio-na-bochecha-infeccioso","post_title":"Peda\u00e7o inflamat\u00f3rio na bochecha - infeccioso?","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/pedaco-inflamatorio-na-bochecha-infeccioso\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":343142,"slug":"bulto-inflamatorio-en-la-mejilla-infeccioso","post_title":"Bulto inflamatorio en la mejilla - \u00bfinfeccioso?","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/bulto-inflamatorio-en-la-mejilla-infeccioso\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/343319","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=343319"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/343319\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=343319"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=343319"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=343319"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=343319"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}