{"id":343323,"date":"2015-05-18T02:00:00","date_gmt":"2015-05-18T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/du-nouveau-sur-le-cancer-colorectal-metastatique\/"},"modified":"2015-05-18T02:00:00","modified_gmt":"2015-05-18T00:00:00","slug":"du-nouveau-sur-le-cancer-colorectal-metastatique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/du-nouveau-sur-le-cancer-colorectal-metastatique\/","title":{"rendered":"Du nouveau sur le cancer colorectal m\u00e9tastatique"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le cancer colorectal m\u00e9tastas\u00e9 \u00e9tait au centre d&#8217;un symposium organis\u00e9 l&#8217;apr\u00e8s-midi \u00e0 St. Des progr\u00e8s importants ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es dans le domaine du traitement du cancer colorectal, mais ils ont \u00e0 leur tour soulev\u00e9 de nouvelles questions. Doit-on m\u00eame op\u00e9rer les patients atteints de tumeurs primaires asymptomatiques s&#8217;il n&#8217;y a pas de risque imm\u00e9diat de complications ? Quand y a-t-il une chance r\u00e9aliste de gu\u00e9rison malgr\u00e9 des m\u00e9tastases au foie ? Et quelles sont les directives actuelles concernant les tests RAS ?<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Est-il judicieux d&#8217;enlever la tumeur primaire (asymptomatique) chez les patients atteints de cancer colorectal (CRC) et de m\u00e9tastases non r\u00e9s\u00e9cables ? Cette question a \u00e9t\u00e9 expliqu\u00e9e par le professeur Ulrich G\u00fcller, MHS, FEBS, H\u00f4pital cantonal de Saint-Gall et Universit\u00e9 de Berne.<\/p>\n<h2 id=\"operer-ou-ne-pas-operer\">Op\u00e9rer ou ne pas op\u00e9rer ?<\/h2>\n<p>Environ 20 \u00e0 25% des patients chez qui un CCR est diagnostiqu\u00e9 pr\u00e9sentent d\u00e9j\u00e0 des m\u00e9tastases (m\u00e9tastases synchrones). Chez plus de 70% des patients concern\u00e9s, ces m\u00e9tastases ne peuvent pas \u00eatre r\u00e9s\u00e9qu\u00e9es initialement. Les partisans de la r\u00e9section de la tumeur primaire affirment qu&#8217;elle permet d&#8217;\u00e9viter des complications telles que les saignements ou l&#8217;obstruction et d&#8217;\u00e9viter ainsi les interventions d&#8217;urgence. Les arguments contre la r\u00e9section sont que m\u00eame l&#8217;ablation \u00e9lective de la tumeur primaire s&#8217;accompagne d&#8217;une certaine morbidit\u00e9 (et mortalit\u00e9) postop\u00e9ratoire, en particulier pour les tumeurs profondes, et qu&#8217;une intervention peut donc \u00e9galement retarder le d\u00e9but d&#8217;un traitement syst\u00e9mique pertinent.<\/p>\n<p>Une \u00e9tude de 2009 a examin\u00e9 le r\u00e9sultat des patients atteints de CCR m\u00e9tastas\u00e9 de mani\u00e8re synchrone dont la tumeur primaire n&#8217;avait pas \u00e9t\u00e9 retir\u00e9e apr\u00e8s le diagnostic [1]. Seuls 11% de ces patients ont pr\u00e9sent\u00e9 des complications de la tumeur primaire, qui ont pu \u00eatre trait\u00e9es sans chirurgie chez 4% d&#8217;entre eux. Une intervention d&#8217;urgence a \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire pour 7% des patients. Le &#8220;Number needed to treat&#8221; \u00e9tait de 14. Les directives actuelles du NCCN (version 2.2015) ne recommandent donc pas l&#8217;ablation palliative de la tumeur primaire ; les experts consid\u00e8rent que le risque de l&#8217;op\u00e9ration est sup\u00e9rieur aux avantages potentiels.<\/p>\n<p>Mais l&#8217;ablation de la tumeur primaire ne pourrait-elle pas avoir un impact positif sur la survie globale ? Une \u00e9tude dirig\u00e9e par le professeur G\u00fcller s&#8217;est pench\u00e9e sur ce probl\u00e8me en examinant les donn\u00e9es de pr\u00e8s de 38 000 patients atteints de CCR m\u00e9tastas\u00e9 et figurant dans la base de donn\u00e9es SEER [2]. Plusieurs analyses ont montr\u00e9 que la survie globale \u00e9tait significativement meilleure chez les patients dont la tumeur primaire avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9s\u00e9qu\u00e9e. L&#8217;orateur a toutefois soulign\u00e9 qu&#8217;il pourrait y avoir un biais de s\u00e9lection, car les patients op\u00e9r\u00e9s ont tendance \u00e0 \u00eatre plus jeunes et \u00e0 avoir moins de comorbidit\u00e9s, un meilleur statut de performance et moins de tumeurs dans le rectum. Dans une revue syst\u00e9matique de la collaboration Cochrane de 2012, aucune diff\u00e9rence statistiquement significative n&#8217;a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e en termes de survie globale, mais les \u00e9tudes incluses sont de mauvaise qualit\u00e9 [3].<\/p>\n<h2 id=\"options-therapeutiques-pour-les-metastases-hepatiques-resecables\">Options th\u00e9rapeutiques pour les m\u00e9tastases h\u00e9patiques r\u00e9s\u00e9cables<\/h2>\n<p>Le PD Dr Dieter K\u00f6berle, Claraspital B\u00e2le, a pr\u00e9sent\u00e9 la proc\u00e9dure \u00e0 suivre chez les patients dont les m\u00e9tastases sont limit\u00e9es au foie. On distingue trois situations : les m\u00e9tastases r\u00e9s\u00e9cables en premier lieu, les m\u00e9tastases r\u00e9s\u00e9cables borderline et les m\u00e9tastases non r\u00e9s\u00e9cables<strong> (tableau 1).<\/strong> Les patients chez qui les m\u00e9tastases peuvent \u00eatre r\u00e9s\u00e9qu\u00e9es ont un avantage en termes de survie.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-5599\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/tab1_hp4_s42.png\" style=\"height:263px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"482\"><\/p>\n<p>Tout patient pr\u00e9sentant une m\u00e9tastase h\u00e9patique limit\u00e9e doit \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 un tumor board auquel participe \u00e9galement un chirurgien h\u00e9patique. Dans le cadre du tumor board, les facteurs pronostiques sont examin\u00e9s (par exemple la taille du foie apr\u00e8s r\u00e9section, le nombre et la taille des m\u00e9tastases, la vascularisation) et des concepts th\u00e9rapeutiques sont \u00e9labor\u00e9s en commun. Le terme &#8220;intention curative&#8221; ne signifie pas qu&#8217;une gu\u00e9rison est probable, mais seulement qu&#8217;elle est possible (\u00e9ventuellement seulement pour un petit pourcentage de patients).<\/p>\n<p>Selon une \u00e9tude, les patients pr\u00e9sentant moins de cinq m\u00e9tastases h\u00e9patiques ont un avantage en termes de survie si une chimioth\u00e9rapie p\u00e9riop\u00e9ratoire est administr\u00e9e en plus de la chirurgie des m\u00e9tastases [4].<\/p>\n<h2 id=\"algorithme-de-traitement-du-ccr-metastatique\">Algorithme de traitement du CCR m\u00e9tastatique<\/h2>\n<p>&#8220;Aujourd&#8217;hui, la survie m\u00e9diane du mCRC est d&#8217;environ 30 mois&#8221;, a rappel\u00e9 le professeur Dirk Arnold, de Fribourg (Allemagne). Il s&#8217;agit d&#8217;une nette am\u00e9lioration si l&#8217;on compare avec la survie il y a 20 ans. L&#8217;orateur a mentionn\u00e9 trois domaines dans lesquels des optimisations suppl\u00e9mentaires sont possibles : L&#8217;am\u00e9lioration du traitement de premi\u00e8re ligne, l&#8217;exploitation des possibilit\u00e9s de gu\u00e9rison par r\u00e9section ou par chirurgie, et l&#8217;am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de vie des patients. Ablation des m\u00e9tastases et &#8220;continuum of care&#8221; avec des th\u00e9rapies optimales, m\u00eame en deuxi\u00e8me ou troisi\u00e8me ligne. Pour la plupart des r\u00e9gimes th\u00e9rapeutiques de premi\u00e8re ligne avec des th\u00e9rapies cibl\u00e9es, on observe certes des tendances \u00e0 l&#8217;allongement de la survie globale (OS), mais il n&#8217;existe pas (encore) de donn\u00e9es probantes.<\/p>\n<p>De nouvelles r\u00e8gles s&#8217;appliquent \u00e0 l&#8217;utilisation de th\u00e9rapies cibl\u00e9es compl\u00e9mentaires \u00e0 la chimioth\u00e9rapie : Avant un \u00e9ventuel traitement, les patients ne sont plus seulement test\u00e9s pour les mutations KRAS, mais aussi pour d&#8217;autres mutations RAS, car pour les personnes pr\u00e9sentant des mutations RAS, un traitement par un inhibiteur de l&#8217;EGFR ou du VEGF n&#8217;est pas seulement inutile, il est m\u00eame potentiellement nocif.<\/p>\n<p>Plusieurs \u00e9tudes de phase II et III ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es pour d\u00e9terminer si l&#8217;utilisation d&#8217;agents anti-EGFR ou anti-VEGF \u00e9tait plus efficace (CALGB 80405, FIRE-3, PEAK). FIRE-3 a montr\u00e9 un avantage en termes de survie globale pour le traitement par cetuximab, tandis que CALGB n&#8217;a pas montr\u00e9 un tel avantage. Des recherches sont en cours pour expliquer cette diff\u00e9rence. Dans les directives de l&#8217;ESMO, toutes les combinaisons de chimioth\u00e9rapie et d&#8217;anticorps sont consid\u00e9r\u00e9es comme des traitements standard pour les patients atteints de mCRC et de RAS sauvage &#8211; le choix doit se faire en tenant compte des facteurs cliniques et pathologiques, des facteurs li\u00e9s au patient et \u00e9galement de la pr\u00e9f\u00e9rence du patient. Bien que dans les diff\u00e9rentes \u00e9tudes men\u00e9es ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la dur\u00e9e de la survie sans progression (PFS) soit rest\u00e9e \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame en premi\u00e8re ligne, l&#8217;OS s&#8217;est allong\u00e9e de mani\u00e8re significative.<\/p>\n<p>&#8220;A l&#8217;avenir, le d\u00e9pistage de sous-types mol\u00e9culaires jouera un r\u00f4le beaucoup plus important&#8221;, a pr\u00e9dit l&#8217;orateur. Il appara\u00eet par exemple que les &#8220;standards of care&#8221; n&#8217;ont qu&#8217;un b\u00e9n\u00e9fice limit\u00e9 pour les patients porteurs de mutations BRAF. Selon le professeur Arnold, l&#8217;avenir r\u00e9side ici dans un traitement sans chimioth\u00e9rapie.<\/p>\n<p><em>Source : 25e cours de formation continue des m\u00e9decins en oncologie clinique, 19-21 f\u00e9vrier 2015, St-Gall<\/em><\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Poultsides GA, et al : J Clin Oncol 2009 ; 27(20) : 3379-3384.<\/li>\n<li>Tarantino I, et al : Ann Surg 2014 Nov 4.  [Epub ahead of print]<\/li>\n<li>Cirocchi R, et al : Cochrane Database Syst Rev 2012 ; 8 : CD008997.<\/li>\n<li>Nordlinger B, et al : Lancet 2008 ; 371(9617) : 1007-1016.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2015 ; 10(4) : 41-42<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le cancer colorectal m\u00e9tastas\u00e9 \u00e9tait au centre d&#8217;un symposium organis\u00e9 l&#8217;apr\u00e8s-midi \u00e0 St. Des progr\u00e8s importants ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es dans le domaine du traitement du cancer colorectal,&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":50598,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Formation continue en oncologie Saint-Gall","footnotes":""},"category":[11414,11389,11535,11549],"tags":[19178,45377,17819,46777,22920,31773,13681,46779,44636],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-343323","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-gastro-enterologie-et-hepatologie","category-oncologie","category-rapports-de-congres","category-rx-fr","tag-cancer-colorectal","tag-crc-fr","tag-egfr-fr","tag-fire-3-fr","tag-kras-fr","tag-metastases-fr","tag-ras-fr","tag-tumeur-primaire","tag-vegf-fr","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-04-12 03:33:54","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":343330,"slug":"notizie-sul-cancro-colorettale-metastatico","post_title":"Notizie sul cancro colorettale metastatico","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/notizie-sul-cancro-colorettale-metastatico\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":343333,"slug":"noticias-sobre-o-cancro-colorrectal-metastasico","post_title":"Not\u00edcias sobre o cancro colorrectal metast\u00e1sico","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/noticias-sobre-o-cancro-colorrectal-metastasico\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":343312,"slug":"noticias-sobre-el-cancer-colorrectal-metastasico","post_title":"Noticias sobre el c\u00e1ncer colorrectal metast\u00e1sico","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/noticias-sobre-el-cancer-colorrectal-metastasico\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/343323","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=343323"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/343323\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/50598"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=343323"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=343323"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=343323"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=343323"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}