{"id":343373,"date":"2015-04-30T01:00:00","date_gmt":"2015-04-29T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/la-transfusion-sanguine-en-oncologie-quand-et-pour-qui\/"},"modified":"2015-04-30T01:00:00","modified_gmt":"2015-04-29T23:00:00","slug":"la-transfusion-sanguine-en-oncologie-quand-et-pour-qui","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/la-transfusion-sanguine-en-oncologie-quand-et-pour-qui\/","title":{"rendered":"La transfusion sanguine en oncologie &#8211; quand et pour qui ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>Chez les patients atteints de tumeurs, il convient \u00e9galement de rechercher d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment les causes d&#8217;an\u00e9mie pouvant \u00eatre trait\u00e9es avant de proc\u00e9der \u00e0 une transfusion. Pas de transfusion parce qu&#8217;un &#8220;seuil de transfusion&#8221; n&#8217;est pas atteint : l&#8217;indication d&#8217;une transfusion doit toujours \u00eatre pos\u00e9e en fonction de la situation clinique. Une strat\u00e9gie de transfusion restrictive est \u00e9galement appropri\u00e9e pour les patients atteints de tumeurs. Chez les patients h\u00e9mato-oncologiques, des produits sanguins irradi\u00e9s peuvent \u00eatre indiqu\u00e9s. Les agents stimulant l&#8217;\u00e9rythropo\u00ef\u00e8se (\u00e9rythropo\u00ef\u00e9tine, darbopo\u00ef\u00e9tine) sont une alternative aux transfusions dans certains cas, mais uniquement en cas d&#8217;an\u00e9mie sous chimioth\u00e9rapie. En situation curative, ils doivent \u00eatre \u00e9vit\u00e9s.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>L&#8217;an\u00e9mie est un probl\u00e8me fr\u00e9quent chez les patients atteints de tumeurs <strong>(tableau 1). <\/strong>Elle affecte la qualit\u00e9 de vie, est un cofacteur important de la fatigue associ\u00e9e aux tumeurs et constitue un facteur pronostique n\u00e9gatif dans de nombreuses entit\u00e9s tumorales. L&#8217;\u00e9tiologie de l&#8217;an\u00e9mie est g\u00e9n\u00e9ralement multifactorielle. Outre les comorbidit\u00e9s (par ex. insuffisance r\u00e9nale, carences), la maladie tumorale (h\u00e9morragie, hyperspl\u00e9nisme, infiltration de la moelle osseuse, environnement cytokinique pro-inflammatoire) et son traitement (effet my\u00e9losuppressif et n\u00e9phrotoxique de la chimioth\u00e9rapie et\/ou de la radioth\u00e9rapie, rarement h\u00e9molyse induite par les m\u00e9dicaments) contribuent \u00e0 sa survenue.<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-5661\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab1_s16.jpg\" style=\"height:171px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"314\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab1_s16.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab1_s16-800x228.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab1_s16-120x34.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab1_s16-90x26.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab1_s16-320x91.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab1_s16-560x160.jpg 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>\nLe traitement est de pr\u00e9f\u00e9rence causal, souvent seules des mesures de soutien sont possibles. Pour cela, il existe des transfusions sanguines et l&#8217;administration d&#8217;agents stimulant l&#8217;\u00e9rythropo\u00ef\u00e8se&nbsp; (ESA). Les paragraphes suivants mettent en lumi\u00e8re certains aspects de la transfusion sanguine chez les patients atteints de tumeurs. Les directives en vigueur en Suisse concernant l&#8217;\u00e9valuation pr\u00e9transfusionnelle ainsi que certains aspects de la mise en \u0153uvre pratique ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment pr\u00e9sent\u00e9s dans le Swiss Medical Forum et ne sont pas mentionn\u00e9s ici en tant que tels [1].<\/p>\n<h2 id=\"evaluations-avant-transfusion\">\u00c9valuations avant transfusion<\/h2>\n<p>Les examens de base avant de commencer une transfusion doivent permettre de s&#8217;assurer que d&#8217;autres causes d&#8217;an\u00e9mie pouvant \u00eatre trait\u00e9es ne sont pas n\u00e9glig\u00e9es. Les examens doivent \u00eatre effectu\u00e9s avant le d\u00e9but des transfusions et en cas d&#8217;\u00e9volution impr\u00e9vue, comme une augmentation de la fr\u00e9quence des transfusions.<\/p>\n<p>Une \u00e9valuation visuelle du frottis sanguin donne des indications sur une cause concomitante de l&#8217;an\u00e9mie, par exemple des signes de dysplasie en cas de syndrome my\u00e9lodysplasique (SMD), des microsph\u00e9rocytes en cas d&#8217;h\u00e9molyse auto-immune ou des fragmentocytes en cas de microangiopathie thrombotique. Le dosage des r\u00e9ticulocytes permet de distinguer les an\u00e9mies hypo- et hyper-r\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives, une an\u00e9mie hyper-r\u00e9g\u00e9n\u00e9rative indiquant toujours une consommation accrue alors que la capacit\u00e9 de synth\u00e8se est intacte &#8211; une situation inhabituelle dans le contexte&nbsp; d&#8217;une an\u00e9mie tumorale et n\u00e9cessitant des investigations suppl\u00e9mentaires.&nbsp;<\/p>\n<p>La recherche d&#8217;une carence en substrat implique un bilan ferrique (fer, transferrine, saturation de la transferrine, ferritine et CRP, r\u00e9cepteur soluble de la transferrine en cas de r\u00e9sultat incertain), la vitamine B12 (holotranscobalamine en cas de r\u00e9sultat limite, \u00e9ventuellement acide m\u00e9thylmalonique et homocyst\u00e9ine) et l&#8217;acide folique \u00e9rythrocytaire. Le dosage de la cr\u00e9atinine r\u00e9v\u00e8le un dysfonctionnement r\u00e9nal concomitant. En cas de dysfonctionnement r\u00e9nal manifeste, le dosage de l&#8217;\u00e9rythropo\u00ef\u00e9tine est utile. Une augmentation de la LDH et une baisse de l&#8217;haptoglobine indiquent une h\u00e9molyse. Un test de Coombs est principalement indiqu\u00e9 chez les patients atteints de leuc\u00e9mie lympho\u00efde chronique, de lymphome non hodgkinien ou ayant des ant\u00e9c\u00e9dents de maladies auto-immunes.<\/p>\n<p>Si une d\u00e9pendance prolong\u00e9e \u00e0 la transfusion est pr\u00e9visible (par exemple en cas de SMD ou de longue dur\u00e9e de traitement), il peut \u00eatre utile de caract\u00e9riser le mod\u00e8le antig\u00e9nique des \u00e9rythrocytes du patient par rapport \u00e0 d&#8217;autres syst\u00e8mes de groupes sanguins, en plus des examens pr\u00e9-transfusionnels obligatoires, afin de pouvoir choisir les concentr\u00e9s \u00e9rythrocytaires de mani\u00e8re plus cibl\u00e9e. Cela permet de r\u00e9duire la probabilit\u00e9 de formation d&#8217;allo-anticorps, qui rend la poursuite des soins plus difficile. Une fois la premi\u00e8re transfusion effectu\u00e9e, ces examens s\u00e9rologiques ne sont plus possibles et il faut recourir \u00e0 des m\u00e9thodes de biologie mol\u00e9culaire.<\/p>\n<h2 id=\"declencheur-de-transfusion-et-dose-de-transfusion\">D\u00e9clencheur de transfusion et dose de transfusion<\/h2>\n<p>L&#8217;objectif de la transfusion est de minimiser les sympt\u00f4mes li\u00e9s \u00e0 l&#8217;an\u00e9mie et de pr\u00e9venir les l\u00e9sions organiques dues \u00e0 l&#8217;hypoxie. Les b\u00e9n\u00e9fices potentiels doivent \u00eatre compar\u00e9s aux effets secondaires associ\u00e9s \u00e0 la transfusion <strong>(tableau&nbsp;2)<\/strong> [2].<\/p>\n<p>\n<img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5662 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab22_s16.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/604;height:330px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"604\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab22_s16.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab22_s16-800x439.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab22_s16-120x66.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab22_s16-90x49.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab22_s16-320x176.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab22_s16-560x307.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>L&#8217;indication ne peut pas d\u00e9pendre uniquement du fait de passer en dessous d&#8217;un &#8220;seuil de transfusion&#8221;, car les cons\u00e9quences cliniques ne d\u00e9pendent pas seulement de l&#8217;ampleur de l&#8217;an\u00e9mie, mais aussi de son mode d&#8217;apparition, de sa dur\u00e9e et de son contexte clinique. Les sympt\u00f4mes graves sont plus susceptibles de se produire rapidement, alors que si l&#8217;an\u00e9mie se d\u00e9veloppe lentement, des m\u00e9canismes de compensation \u00e0 plusieurs niveaux se mettent en place (par exemple, une augmentation du d\u00e9bit cardiaque, une adaptation de la capacit\u00e9 de fixation de l&#8217;oxyg\u00e8ne, une modification de la consommation d&#8217;oxyg\u00e8ne et une extraction adapt\u00e9e de l&#8217;oxyg\u00e8ne dans les tissus cibles) [3]. Les maladies pulmonaires, cardio-vasculaires et c\u00e9r\u00e9brovasculaires pr\u00e9existantes limitent souvent la capacit\u00e9 d&#8217;adaptation. L&#8217;indication de la transfusion d\u00e9pend donc de mani\u00e8re d\u00e9cisive&nbsp; de la situation du patient et constitue toujours une d\u00e9cision clinique individuelle <strong>(tab.&nbsp;3).<\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5663 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab3_s16.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/543;height:296px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"543\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab3_s16.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab3_s16-800x395.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab3_s16-120x59.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab3_s16-90x44.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab3_s16-320x158.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab3_s16-560x276.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>\nEn g\u00e9n\u00e9ral, on peut distinguer une strat\u00e9gie de transfusion restrictive (transfusion \u00e0 une Hb \u22647-9&nbsp;g\/dl) d&#8217;une strat\u00e9gie lib\u00e9rale (transfusion \u00e0 une Hb \u22649-10&nbsp;g\/dl). Des \u00e9tudes randomis\u00e9es ont d\u00e9montr\u00e9 qu&#8217;une strat\u00e9gie restrictive ne pr\u00e9sente pas d&#8217;inconv\u00e9nients quo ad vitam, mais permet d&#8217;\u00e9viter les complications li\u00e9es \u00e0 la transfusion et de r\u00e9duire les co\u00fbts. Selon une analyse Cochrane, une strat\u00e9gie de transfusion restrictive entra\u00eene une r\u00e9duction statistiquement significative de la mortalit\u00e9 associ\u00e9e \u00e0 l&#8217;hospitalisation et n&#8217;augmente pas le taux d&#8217;\u00e9v\u00e9nements ind\u00e9sirables tels que les infarctus du myocarde ou les accidents c\u00e9r\u00e9brovasculaires [4]. Cependant, les donn\u00e9es prospectives proviennent g\u00e9n\u00e9ralement du contexte de la gestion p\u00e9riop\u00e9ratoire de l&#8217;an\u00e9mie ou de la m\u00e9decine intensive et ne concernent pas les patients ambulatoires. Il n&#8217;existe pas d&#8217;\u00e9tudes prospectives randomis\u00e9es pour les patients atteints de tumeurs, mais une strat\u00e9gie de transfusion restrictive est \u00e9galement g\u00e9n\u00e9ralement accept\u00e9e pour ce groupe de patients. <strong>Le tableau 4<\/strong> pr\u00e9sente les recommandations en mati\u00e8re de transfusion pour les patients atteints de tumeurs, telles qu&#8217;elles figurent dans les directives actuelles du NCCN (f\u00e9vrier 2015) [5].<\/p>\n<p>\n<img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5664 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab4_s16.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/741;height:404px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"741\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab4_s16.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab4_s16-800x539.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab4_s16-120x81.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab4_s16-90x61.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab4_s16-320x216.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab4_s16-560x377.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour les patients pr\u00e9sentant une thrombocytop\u00e9nie s\u00e9v\u00e8re concomitante, il convient de noter que le risque de saignement augmente lorsque la concentration d&#8217;h\u00e9moglobine diminue. Il est donc recommand\u00e9 de maintenir l&#8217;h\u00e9moglobine &gt;8&nbsp;g\/dl chez les patients thrombop\u00e9niques.<\/p>\n<p>Un concentr\u00e9 \u00e9rythrocytaire (CE, volume d&#8217;environ 300&nbsp;ml) entra\u00eene une augmentation d&#8217;environ 1&nbsp;g\/dl de la concentration en Hb. Selon un dogme non \u00e9crit, deux CE sont g\u00e9n\u00e9ralement administr\u00e9s par transfusion. Il existe toutefois des preuves que&nbsp; la transfusion d&#8217;un seul CE peut \u00e9galement \u00eatre efficace, du moins chez les patients hospitalis\u00e9s sous chimioth\u00e9rapie intensive [6]. Dans le contexte d&#8217;un programme de transfusion ambulatoire individuel, il s&#8217;agit \u00e9galement d&#8217;une option, par exemple chez les patients pr\u00e9sentant une comorbidit\u00e9 cardiaque ou si des variations importantes de l&#8217;h\u00e9moglobine sont mal tol\u00e9r\u00e9es lors d&#8217;un intervalle de transfusion prolong\u00e9.<\/p>\n<p>Si des sympt\u00f4mes subjectifs jouent un r\u00f4le dans l&#8217;indication, il est conseill\u00e9 de les \u00e9valuer de mani\u00e8re semi-quantitative avant la premi\u00e8re transfusion et de documenter leur \u00e9volution sous traitement (par exemple \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;une \u00e9chelle visuelle analogique).<\/p>\n<h2 id=\"produits-sanguins-irradies-chez-les-patients-immunodeprimes\">Produits sanguins irradi\u00e9s chez les patients immunod\u00e9prim\u00e9s<\/h2>\n<p>Les patients souffrant d&#8217;une immunosuppression importante li\u00e9e au traitement courent le risque de contracter la maladie du greffon contre l&#8217;h\u00f4te (ta-GvHD) associ\u00e9e \u00e0 la transfusion. Dans ce cas, les lymphocytes T du donneur contenus dans le produit sanguin se retournent contre le tissu du receveur, car ils ne peuvent pas \u00eatre reconnus comme \u00e9trangers et \u00e9limin\u00e9s. Cette maladie est mortelle dans &gt;90% des cas. Apr\u00e8s l&#8217;introduction de la d\u00e9pl\u00e9tion leucocytaire (qui limite la teneur en leucocytes d&#8217;un produit sanguin \u00e0 &lt;1\u00d7 106), le niveau d&#8217;indication d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s bas a encore diminu\u00e9, mais des cas isol\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s apr\u00e8s l&#8217;administration de produits sanguins d\u00e9pl\u00e9t\u00e9s en leucocytes [7].<\/p>\n<p>Apr\u00e8s irradiation (au moins 25&nbsp;Gy), les lymphocytes du produit sanguin ne sont plus capables de se diviser et ne peuvent plus provoquer de ta-GvHD. Les indications pour l&#8217;administration de produits sanguins irradi\u00e9s selon les guidelines actuelles sont r\u00e9sum\u00e9es dans le <strong>tableau&nbsp;5 <\/strong> [8,9]. Il n&#8217;existe pas de lignes directrices contraignantes pour la Suisse. Outre les indications non controvers\u00e9es (patients ayant subi une transplantation de cellules souches h\u00e9matopo\u00ef\u00e9tiques, traitement par analogues des purines), il existe des situations qui sont diversement appr\u00e9ci\u00e9es.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5665 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab5_s17.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/549;height:299px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"549\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab5_s17.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab5_s17-800x399.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab5_s17-120x60.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab5_s17-90x45.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab5_s17-320x160.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/tab5_s17-560x279.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p>L&#8217;inactivation des pathog\u00e8nes dans les concentr\u00e9s plaquettaires, pratiqu\u00e9e de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e en Suisse, a un effet \u00e9quivalent \u00e0 une irradiation. Par cons\u00e9quent, seuls les CE et les concentr\u00e9s de granulocytes, qui ne sont de toute fa\u00e7on utilis\u00e9s que dans des indications tr\u00e8s sp\u00e9cifiques, doivent \u00eatre irradi\u00e9s.<\/p>\n<h2 id=\"chelation-du-fer-en-cas-de-dependance-transfusionnelle-a-long-terme\">Ch\u00e9lation du fer en cas de d\u00e9pendance transfusionnelle \u00e0 long terme<\/h2>\n<p>Chaque CE contient environ 200-250&nbsp;mg de fer. Comme l&#8217;organisme ne peut \u00e9liminer le fer que par la perte de sang, il faut s&#8217;attendre \u00e0 une surcharge en fer cliniquement significative \u00e0 partir d&#8217;environ 20&nbsp;CE. Une substitution r\u00e9guli\u00e8re \u00e0 long terme de l&#8217;Ec entra\u00eene ainsi des effets secondaires cardiaques ou h\u00e9patiques fatals. C&#8217;est pourquoi la ch\u00e9lation du fer est la norme dans les maladies h\u00e9matologiques b\u00e9nignes telles que les thalass\u00e9mies.<\/p>\n<p>Il n&#8217;est pas clair si cela peut \u00e9galement am\u00e9liorer le pronostic des patients SMD d\u00e9pendants des transfusions \u00e0 long terme. Les directives actuelles mentionnent l&#8217;option de la ch\u00e9lation du fer, en particulier chez les patients d\u00e9pendants des transfusions et pr\u00e9sentant des SMD-Risko de bas niveau ou interm\u00e9diaires, une concentration de ferritine de &gt;1000&nbsp;mcg\/l et une esp\u00e9rance de vie de &gt;1-2 ans [10].<\/p>\n<h2 id=\"les-agents-de-stimulation-de-lerythropoiese-comme-alternative-a-la-transfusion\">Les agents de stimulation de l&#8217;\u00e9rythropo\u00ef\u00e8se comme alternative \u00e0 la transfusion<\/h2>\n<p>L&#8217;\u00e9rythropo\u00ef\u00e9tine et la darbopo\u00ef\u00e9tine recombinantes font partie du r\u00e9pertoire standard des patients atteints de SMD \u00e0 faible risque et dont la production d&#8217;EPO endog\u00e8ne n&#8217;augmente pas de mani\u00e8re ad\u00e9quate ; ces agents ont \u00e9galement fait l&#8217;objet d&#8217;une promotion intensive pour leur utilisation chez les patients atteints de tumeurs. Chez des patients s\u00e9lectionn\u00e9s, ils peuvent r\u00e9duire la fr\u00e9quence des transfusions et am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de vie. Cependant, il existe des preuves que dans les tumeurs solides, la stimulation, par exemple, des r\u00e9cepteurs de l&#8217;\u00e9rythropo\u00ef\u00e9tine sur les cellules tumorales et les effets hors cible peuvent avoir un impact n\u00e9gatif sur l&#8217;\u00e9volution de la maladie, m\u00eame si les donn\u00e9es \u00e0 ce sujet sont complexes et controvers\u00e9es. De plus, les agents stimulant l&#8217;\u00e9rythropo\u00ef\u00e8se (ESA) augmentent le risque d&#8217;\u00e9v\u00e9nements thromboemboliques.<\/p>\n<p>Selon le label de l&#8217;European Medical Agency (EMA), leur utilisation n&#8217;est indiqu\u00e9e qu&#8217;en cas d&#8217;an\u00e9mie associ\u00e9e \u00e0 la chimioth\u00e9rapie \u00e0 partir d&#8217;une Hb \u226410&nbsp;g\/dl ; l&#8217;objectif est de maintenir la concentration d&#8217;h\u00e9moglobine stable ou de l&#8217;augmenter de 2 g\/dl au maximum. En cas d&#8217;administration avec un objectif d&#8217;Hb &gt;12&nbsp;g\/dl, l&#8217;attention est attir\u00e9e sur une augmentation de la mortalit\u00e9. En situation adjuvante, les ASE doivent \u00eatre utilis\u00e9s avec prudence [11].<\/p>\n<p><em>Je remercie mes coll\u00e8gues Dr Christina Appenzeller et Prof. Dr Christoph Driessen pour leur relecture critique du manuscrit.<\/em><\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Fontana S, Rigamonti V : Transfusion de produits sanguins. Forum Med Suisse 2013 ; 13(05) : 89-93.<\/li>\n<li>Fopp M, Wernli M : La s\u00e9curit\u00e9 de la transfusion sanguine aujourd&#8217;hui. Forum Med Suisse 2006 ; 6 : 139-144.<\/li>\n<li>Klein HG, et al : Red blood cell transfusion in clinical practice. Lancet 2007 ; 370 (9585) : 415-426.<\/li>\n<li>Carson JL, et al : Seuils de transfusion et autres strat\u00e9gies pour guider la transfusion de globules rouges allog\u00e9niques. Cochrane Database Syst Rev 2012 ; 4 : CD002042.<\/li>\n<li>National Clinical Practice Guidelines in Oncology : Cancer- and chemotherapy-induced anemia 2.2.01. www.nccn.org\/professionals\/physician_gls\/pdf\/anemia.pdf (consult\u00e9 le 27.02.15)<\/li>\n<li>Berger MD, et al : R\u00e9duction significative des besoins en transfusion de globules rouges en passant d&#8217;une politique de transfusion en double unit\u00e9 \u00e0 une politique en simple unit\u00e9 chez les patients recevant une chimioth\u00e9rapie intensive ou une transplantation de cellules souches. Haematologica 2012 ; 97(1) : 116-122.<\/li>\n<li>Williamson LM, et al : The impact of universal leukodepletion of the blood supply on hemovigilance reports of posttransfusion purpura and transfusion-associated graft-versus-host disease. Transfusion 2007 ; 47(8) : 1455-1467.<\/li>\n<li>Bundes\u00e4rztekammer : Querschnitts-Leitlinien (B\u00c4K) zur Therapie mit Blutkomponenten und Plasmaderivaten &#8211; 4e \u00e9dition actualis\u00e9e et r\u00e9vis\u00e9e, 2014. www.bundesaerztekammer.de\/downloads\/QLL_Haemotherapie_2014.pdf (consult\u00e9 le 27.02.2015)<\/li>\n<li>Treleaven J, et al : Guidelines on the use of irradiated blood components prepared by the British Committee for Standards in Haematology blood transfusion task force. British Journal of Haematology 2010 ; 152 : 35-51.<\/li>\n<li>Malcovati L, et al : Diagnostic et traitement des syndromes my\u00e9lodysplasiques primaires chez l&#8217;adulte : recommandations de l&#8217;European Leukemia Net. Blood 2013 ; 122(17) : 2943-2964.<\/li>\n<li>Schrijvers D, et al : Agents stimulant l&#8217;\u00e9rythropo\u00ef\u00e8se dans le traitement de l&#8217;an\u00e9mie chez les patients canc\u00e9reux : ESMO Clinica Practice Guidelines for use. Ann Oncol 2010 ; 21 Suppl 5 : v244-247.<\/li>\n<li>Salama A, Welte M : Th\u00e9rapie par les \u00e9rythrocytes. In : Transfusionsmedizin und Immunh\u00e4matologie, Berlin Heidelberg New York 2010, 311-319.<\/li>\n<\/ol>\n<p>\n<em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c4MATOLOGIE 2015 ; 3(3-4) : 15-18<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chez les patients atteints de tumeurs, il convient \u00e9galement de rechercher d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment les causes d&#8217;an\u00e9mie pouvant \u00eatre trait\u00e9es avant de proc\u00e9der \u00e0 une transfusion. 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