{"id":343523,"date":"2015-04-07T02:00:00","date_gmt":"2015-04-07T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/la-capecitabine-est-elle-efficace-et-qui-beneficie-de-la-suppression-ovarienne\/"},"modified":"2015-04-07T02:00:00","modified_gmt":"2015-04-07T00:00:00","slug":"la-capecitabine-est-elle-efficace-et-qui-beneficie-de-la-suppression-ovarienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/la-capecitabine-est-elle-efficace-et-qui-beneficie-de-la-suppression-ovarienne\/","title":{"rendered":"La cap\u00e9citabine est-elle efficace et qui b\u00e9n\u00e9ficie de la suppression ovarienne ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>Deux \u00e9tudes pr\u00e9sent\u00e9es au San Antonio Breast Cancer Symposium 2014 \u00e9taient tr\u00e8s attendues : ICE a test\u00e9 la monochimioth\u00e9rapie adjuvante avec la cap\u00e9citabine chez un groupe de patientes \u00e2g\u00e9es et SOFT la suppression ovarienne chez des femmes pr\u00e9m\u00e9nopaus\u00e9es. Des extraits de cette derni\u00e8re \u00e9tude avaient d\u00e9j\u00e0 attir\u00e9 l&#8217;attention lors du congr\u00e8s ASCO 2014.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Les femmes de plus de 65 ans atteintes d&#8217;un cancer du sein nouvellement diagnostiqu\u00e9 sont sous-repr\u00e9sent\u00e9es dans les essais cliniques, bien qu&#8217;elles repr\u00e9sentent une bonne moiti\u00e9 de ces cas de maladie. L&#8217;\u00e9tude ICE (phase III) a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ce collectif et est \u00e0 ce jour la plus importante de ce type. Elle a \u00e9tudi\u00e9 le traitement adjuvant chez des femmes \u226565 ans atteintes d&#8217;un cancer du sein unilat\u00e9ral ou bilat\u00e9ral qui \u00e9taient soit positives, soit n\u00e9gatives pour les ganglions lymphatiques avec un risque \u00e9lev\u00e9 (taille de la tumeur \u22652 cm, grade &gt;I, et\/ou n\u00e9gatives pour le r\u00e9cepteur des \u0153strog\u00e8nes[ER] et pour le r\u00e9cepteur de la progest\u00e9rone[PR]). L&#8217;indice de comorbidit\u00e9 de Charlson (CMI), un score qui classe et quantifie les comorbidit\u00e9s, ne devait pas d\u00e9passer 2 points. Toutes les patientes n&#8217;\u00e9taient pas \u00e9ligibles \u00e0 la chimioth\u00e9rapie standard \u00e0 base d&#8217;anthracyclines et de taxanes. Ils ont re\u00e7u soit de l&#8217;ibandronate 50 mg p.o.\/d ou 6 mg i.v. toutes les quatre semaines pendant deux ans, soit le m\u00eame r\u00e9gime plus six cycles de monochimioth\u00e9rapie avec de la cap\u00e9citabine (2000 mg\/m2 p.o.\/d les jours 1 \u00e0 14 toutes les trois semaines). Un traitement endocrinien conforme aux directives a \u00e9t\u00e9 administr\u00e9 aux patientes atteintes d&#8217;une maladie hormono-sensible. Le crit\u00e8re d&#8217;\u00e9valuation principal \u00e9tait la survie sans maladie invasive.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sultats :<\/strong> 1358 patientes provenant de 172 centres allemands ont \u00e9t\u00e9 randomis\u00e9es et ont commenc\u00e9 leur traitement respectif. Pour le crit\u00e8re d&#8217;\u00e9valuation primaire, il n&#8217;y a pas eu de diff\u00e9rence significative entre les deux types de traitement, que ce soit \u00e0 trois ou \u00e0 cinq ans. 85,4% ont atteint le statut sans maladie apr\u00e8s trois ans avec la cap\u00e9citabine, 84,3% sans. Apr\u00e8s cinq ans, ils \u00e9taient 78,8 vs 75,0% (diff\u00e9rence non significative dans les deux cas). Les crit\u00e8res d&#8217;\u00e9valuation secondaires, tels que la mortalit\u00e9 totale, ne diff\u00e9raient pas non plus.<\/p>\n<p>Les toxicit\u00e9s de grade 3 et 4, bien que plus fr\u00e9quentes sous cap\u00e9citabine, ont \u00e9t\u00e9 globalement rares (environ 2% chacune) et dans la fourchette attendue. Seuls le syndrome main-pied et les troubles gastro-intestinaux \u00e9taient nettement plus fr\u00e9quents.<\/p>\n<h2 id=\"la-chimiotherapie-standard-combinee-est-preferable\">La chimioth\u00e9rapie standard combin\u00e9e est pr\u00e9f\u00e9rable<\/h2>\n<p>Selon les auteurs de l&#8217;\u00e9tude, les r\u00e9sultats doivent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s \u00e0 la lumi\u00e8re de ceux de l&#8217;\u00e9tude CALGB 49907 [1] : Cette derni\u00e8re avait montr\u00e9 que la chimioth\u00e9rapie adjuvante standard combin\u00e9e (soit avec du cyclophosphamide, du m\u00e9thotrexate et du fluorouracile, soit avec du cyclophosphamide plus de la doxorubicine) \u00e9tait sup\u00e9rieure \u00e0 la cap\u00e9citabine dans un collectif plus \u00e2g\u00e9 (\u226565 ans) et devait donc \u00eatre utilis\u00e9e ici aussi. Mais comme les effets secondaires \u00e9taient nettement plus fr\u00e9quents (64 vs. 33% de toxicit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e \u00e0 s\u00e9v\u00e8re) et que la chimioth\u00e9rapie standard pouvait donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme trop toxique chez les personnes \u00e2g\u00e9es, la question s&#8217;est toujours pos\u00e9e de savoir si la cap\u00e9citabine \u00e9tait pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 rien (ou \u00e0 l&#8217;absence de traitement cytotoxique). Avec l&#8217;\u00e9tude ICE, il est d\u00e9sormais clair que la monoth\u00e9rapie par cap\u00e9citabine n&#8217;apporte aucun b\u00e9n\u00e9fice suppl\u00e9mentaire chez les patientes \u00e2g\u00e9es atteintes d&#8217;un cancer du sein. Soit on consid\u00e8re que l&#8217;ibandronate est suffisant, soit on utilise la chimioth\u00e9rapie combin\u00e9e standard, plus agressive, chez les patientes \u00e2g\u00e9es qui s&#8217;y pr\u00eatent.<\/p>\n<h2 id=\"la-suppression-de-la-fonction-ovarienne-est-elle-une-option\">La suppression de la fonction ovarienne est-elle une option ?<\/h2>\n<p>Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, on ne savait pas quel \u00e9tait l&#8217;effet de la suppression de la fonction ovarienne (SFO) chez les femmes pr\u00e9m\u00e9nopaus\u00e9es atteintes d&#8217;un cancer du sein pr\u00e9coce \u00e0 r\u00e9cepteurs hormonaux positifs et qui prenaient d\u00e9j\u00e0 du tamoxif\u00e8ne en traitement adjuvant. Il est certain que le tamoxif\u00e8ne est recommand\u00e9 en traitement adjuvant pendant au moins cinq ans dans ce collectif. L&#8217;\u00e9tude SOFT a donc examin\u00e9 d&#8217;une part la diff\u00e9rence entre le traitement au tamoxif\u00e8ne seul et l&#8217;ajout de l&#8217;OFS &#8211; et d&#8217;autre part l&#8217;effet d&#8217;une combinaison de l&#8217;inhibiteur de l&#8217;aromatase ex\u00e9mestane et de l&#8217;OFS. Les patientes ont \u00e9t\u00e9 stratifi\u00e9es en fonction de la chimioth\u00e9rapie qu&#8217;elles avaient re\u00e7ue auparavant : 53% en avaient re\u00e7u une apr\u00e8s l&#8217;op\u00e9ration et 47% n&#8217;en avaient pas re\u00e7u. Ils pouvaient choisir si l&#8217;OFS devait \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e par voie m\u00e9dicamenteuse, par chirurgie ou par irradiation. Le crit\u00e8re d&#8217;\u00e9valuation principal \u00e9tait la survie sans maladie invasive.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sultats :<\/strong> 1018 patientes avaient re\u00e7u du tamoxif\u00e8ne pendant cinq ans, 1015 avaient \u00e9galement re\u00e7u de l&#8217;OFS, 1014 de l&#8217;ex\u00e9mestane et de l&#8217;OFS. Apr\u00e8s cinq ans, la survie sans maladie \u00e9tait de 84,7% dans le premier groupe et de 86,6% dans le second (HR 0,83, IC 95%, 0,66-1,04, p=0,10). En comparaison, le troisi\u00e8me groupe a obtenu un score de 89% (HR 0,68, 0,53-0,86). Toutes ces diff\u00e9rences n&#8217;\u00e9taient pas significatives. Cependant, si l&#8217;on consid\u00e8re les sous-groupes, l&#8217;image est diff\u00e9rente. En particulier, les femmes qui avaient re\u00e7u une chimioth\u00e9rapie auparavant ont \u00e9t\u00e9 fortement avantag\u00e9es : un intervalle de cinq ans sans cancer du sein a \u00e9t\u00e9 atteint par 78,0% avec le tamoxif\u00e8ne seul, 82,5% avec le tamoxif\u00e8ne plus OFS et 85,7% avec l&#8217;ex\u00e9mestane plus OFS. Cela correspond \u00e0 une r\u00e9duction du risque par l&#8217;OFS suppl\u00e9mentaire de 22 et 35%. Il n&#8217;y avait pas de telles diff\u00e9rences dans le groupe sans chimioth\u00e9rapie pr\u00e9alable, qui pr\u00e9sentait d\u00e9j\u00e0 de bons r\u00e9sultats avec le tamoxif\u00e8ne seul. En revanche, les jeunes femmes de moins de 35 ans ont montr\u00e9 une nette am\u00e9lioration de l&#8217;intervalle sans cancer du sein avec l&#8217;ajout d&#8217;OFS (67,7% avec le tamoxif\u00e8ne seul, 78,9% avec le tamoxif\u00e8ne plus OFS et 83,4% avec l&#8217;ex\u00e9mestane plus OFS).<\/p>\n<p>Des toxicit\u00e9s de grade 3 ou plus ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es chez 23,7% des patients du premier groupe et chez 31,3% des patients du second groupe. L&#8217;ajout d&#8217;OFS a notamment entra\u00een\u00e9 une augmentation des sympt\u00f4mes de la m\u00e9nopause, de la d\u00e9pression, de l&#8217;hypertension, du diab\u00e8te et de l&#8217;ost\u00e9oporose.<\/p>\n<h2 id=\"les-jeunes-femmes-en-beneficient\">Les jeunes femmes en b\u00e9n\u00e9ficient<\/h2>\n<p>L&#8217;OFS pourrait donc devenir une option valable, en particulier pour les patientes les plus jeunes atteintes d&#8217;un cancer du sein sensible aux r\u00e9cepteurs hormonaux. Pour les autres femmes pr\u00e9m\u00e9nopaus\u00e9es qui pr\u00e9sentent un risque de r\u00e9cidive suffisamment \u00e9lev\u00e9 pour justifier une chimioth\u00e9rapie adjuvante, la suppression ovarienne (en particulier en association avec un inhibiteur de l&#8217;aromatase) sera \u00e9galement disponible \u00e0 l&#8217;avenir comme alternative au traitement au tamoxif\u00e8ne seul. Mais il va de soi que les toxicit\u00e9s accrues doivent \u00eatre prises en compte dans la d\u00e9cision th\u00e9rapeutique. En outre, les r\u00e9sultats globaux ne sont pas encore d\u00e9finitifs et un suivi \u00e0 long terme fournira des informations plus pr\u00e9cises sur la survie globale et les complications tardives.<br \/>\nL&#8217;\u00e9tude [2] a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e simultan\u00e9ment dans le New England Journal of Medicine.<\/p>\n<p><em>Source : San Antonio Breast Cancer Symposium, 9-13 d\u00e9cembre 2014, San Antonio<\/em><\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Muss HB, et al : Adjuvant Chemotherapy in Older Women with Early-Stage Breast Cancer. N Engl J Med 2009 ; 360 : 2055-2065.<\/li>\n<li>Francis PA, et al : Adjuvant Ovarian Suppression in Premenopausal Breast Cancer. Publi\u00e9 en ligne le 11 d\u00e9cembre 2014. DOI : 10.1056\/NEJMoa1412379.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c4MATOLOGIE 2015 ; 3(1) : 35-36<br \/>\nSP\u00c9CIAL CONGR\u00c8S 2015 ; 6(1) : 4-6<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Deux \u00e9tudes pr\u00e9sent\u00e9es au San Antonio Breast Cancer Symposium 2014 \u00e9taient tr\u00e8s attendues : ICE a test\u00e9 la monochimioth\u00e9rapie adjuvante avec la cap\u00e9citabine chez un groupe de patientes \u00e2g\u00e9es et&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":49287,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"R\u00e9sultats des \u00e9tudes ICE et SOFT","footnotes":""},"category":[11527,11422,11389,11535,11549],"tags":[47339,13591,17498,47320,47333,47326,28173],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-343523","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-etudes","category-gynecologie","category-oncologie","category-rapports-de-congres","category-rx-fr","tag-calgb-fr","tag-cancer-du-sein","tag-capecitabine-fr","tag-etude-ice","tag-ice-fr","tag-soft-fr","tag-tamoxifene","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-05-01 18:27:49","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":343498,"slug":"la-capecitabina-e-efficace-e-chi-beneficia-della-soppressione-ovarica","post_title":"La capecitabina \u00e8 efficace e chi beneficia della soppressione ovarica?","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/la-capecitabina-e-efficace-e-chi-beneficia-della-soppressione-ovarica\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":343514,"slug":"a-capecitabina-e-eficaz-e-quem-beneficia-da-supressao-ovarica","post_title":"A capecitabina \u00e9 eficaz e quem beneficia da supress\u00e3o ov\u00e1rica?","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/a-capecitabina-e-eficaz-e-quem-beneficia-da-supressao-ovarica\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":343524,"slug":"es-eficaz-la-capecitabina-y-quien-se-beneficia-de-la-supresion-ovarica","post_title":"\u00bfEs eficaz la capecitabina y qui\u00e9n se beneficia de la supresi\u00f3n ov\u00e1rica?","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/es-eficaz-la-capecitabina-y-quien-se-beneficia-de-la-supresion-ovarica\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/343523","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=343523"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/343523\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/49287"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=343523"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=343523"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=343523"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=343523"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}