{"id":343610,"date":"2015-03-15T01:00:00","date_gmt":"2015-03-15T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/lenalidomide-en-premiere-et-deuxieme-ligne\/"},"modified":"2015-03-15T01:00:00","modified_gmt":"2015-03-15T00:00:00","slug":"lenalidomide-en-premiere-et-deuxieme-ligne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/lenalidomide-en-premiere-et-deuxieme-ligne\/","title":{"rendered":"L\u00e9nalidomide en premi\u00e8re et deuxi\u00e8me ligne"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le lymphome des cellules du manteau (LCM) est un lymphome non hodgkinien agressif responsable d&#8217;environ 3 \u00e0 6% de tous les cas de LNH. Il a un mauvais pronostic, en particulier apr\u00e8s l&#8217;\u00e9chec d&#8217;un traitement de premi\u00e8re ligne. Une nouvelle option a \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9e en novembre 2014 : le l\u00e9nalidomide en situation r\u00e9fractaire ou r\u00e9cidivante. Comment se comporte-t-il par rapport \u00e0 la meilleure alternative th\u00e9rapeutique ? Les r\u00e9sultats de cette \u00e9tude ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s au congr\u00e8s de l&#8217;ASH \u00e0 San Francisco. Des questions restent \u00e9galement en suspens en ce qui concerne le traitement initial, raison pour laquelle des approches sans chimioth\u00e9rapie sont actuellement \u00e0 l&#8217;\u00e9tude.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Actuellement, le traitement initial du lymphome des cellules du manteau (LCM) n&#8217;est pas standardis\u00e9. Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, les \u00e9tudes men\u00e9es dans ce cadre se sont surtout concentr\u00e9es sur la chimioth\u00e9rapie, qui n&#8217;est g\u00e9n\u00e9ralement pas curative. De nouvelles possibilit\u00e9s th\u00e9rapeutiques avec une toxicit\u00e9 plus faible sont n\u00e9cessaires. Une \u00e9tude de phase II pr\u00e9sent\u00e9e au congr\u00e8s de l&#8217;ASH a donc test\u00e9 le l\u00e9nalidomide combin\u00e9 au rituximab comme option possible de premi\u00e8re ligne. Cette combinaison de bioth\u00e9rapies &#8211; mais aussi le l\u00e9nalidomide seul &#8211; s&#8217;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e efficace dans les cas de LMC r\u00e9cidivants (taux de r\u00e9ponse global de 28% [1] seul et de 57% [2] en combinaison). En Suisse, la substance active est donc autoris\u00e9e en deuxi\u00e8me ligne depuis novembre 2014.<\/p>\n<p>On a maintenant examin\u00e9 si une approche sans chimioth\u00e9rapie \u00e9tait \u00e9galement possible et utile en premi\u00e8re ligne. L&#8217;\u00e9tude multicentrique de phase II portant sur 38 patients atteints de LMC non trait\u00e9s avait pour crit\u00e8re d&#8217;\u00e9valuation principal la r\u00e9ponse globale et pour crit\u00e8res d&#8217;\u00e9valuation secondaires la survie sans progression et la survie globale. L&#8217;\u00e2ge m\u00e9dian des participants \u00e9tait de 65 ans et la majorit\u00e9 d&#8217;entre eux \u00e9taient des hommes. Tous \u00e9taient soit au troisi\u00e8me soit au quatri\u00e8me stade de la maladie et 89% pr\u00e9sentaient une atteinte de la moelle osseuse. 37% avaient un taux de LDH \u00e9lev\u00e9. Le score de risque MIPI (Mantle Cell Lymphoma International Prognostic Index) \u00e9tait r\u00e9parti de mani\u00e8re \u00e9gale, 34% des patients pr\u00e9sentant un risque faible, 34% un risque moyen et 32% un risque \u00e9lev\u00e9. L&#8217;indice du marqueur de prolif\u00e9ration Ki67, qui a \u00e9galement une grande pertinence pronostique, \u00e9tait inf\u00e9rieur \u00e0 30% pour la majorit\u00e9 d&#8217;entre eux. Dans l&#8217;ensemble, les auteurs ont estim\u00e9 que la population \u00e9tudi\u00e9e \u00e9tait typique, tant sur le plan d\u00e9mographique que sur celui des caract\u00e9ristiques de la maladie.<\/p>\n<p><strong>Induction :<\/strong> dans une phase d&#8217;induction, le l\u00e9nalidomide a \u00e9t\u00e9 administr\u00e9 \u00e0 la dose de 20&nbsp;mg\/j (trois premi\u00e8res semaines d&#8217;un cycle mensuel) pendant douze cycles. Une escalade \u00e0 25 mg \u00e9tait possible en cas de tol\u00e9rance. Le rituximab a \u00e9t\u00e9 administr\u00e9 \u00e0 la dose standard (375&nbsp;mg\/m2) : une fois par semaine au cours du premier cycle de quatre semaines, puis une fois tous les deux cycles pour un total de neuf doses.<\/p>\n<p><strong>Maintien : <\/strong>dans la phase de maintien jusqu&#8217;\u00e0 la progression, la dose de l\u00e9nalidomide a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite \u00e0 15&nbsp;mg \u00e0 partir du cycle 13. Le rituximab a continu\u00e9 \u00e0 \u00eatre administr\u00e9 une fois tous les deux cycles.<\/p>\n<h2 id=\"quest-il-ressorti\">Qu&#8217;est-il ressorti ?<\/h2>\n<p>Apr\u00e8s un suivi m\u00e9dian de 26 mois, le taux de r\u00e9ponse global de tous les patients \u00e9valuables (n=36) \u00e9tait \u00e9lev\u00e9, \u00e0 88,9%. R\u00e9ponse compl\u00e8te : 58,3%, r\u00e9ponse partielle : 30,6%. La survie sans progression \u00e0 24 mois \u00e9tait de 84,6% (IC \u00e0 95% : 66,6-93,4%) et la survie globale de 92,4% (IC \u00e0 95% : 72,3-98,1%). En g\u00e9n\u00e9ral, le traitement a \u00e9t\u00e9 bien tol\u00e9r\u00e9 et les effets secondaires ont \u00e9t\u00e9 conformes aux attentes <strong>(tableau 1).<\/strong> Les infections de grade 1-2 sont survenues au cours des deux phases de traitement et comprenaient des infections des voies respiratoires sup\u00e9rieures (40%), des infections urinaires (19%) et des sinusites (11%). Des pneumonies de grade 3 ou plus ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es chez 8% des patients. Des tumeurs secondaires sont \u00e9galement apparues chez 8 % d&#8217;entre eux.<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-5407\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/tab1-oh2_s23.png\" style=\"height:251px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"460\"><\/p>\n<p>\nLes auteurs concluent que la combinaison de l\u00e9nalidomide et de rituximab est active et s\u00fbre et qu&#8217;elle pourrait donc \u00eatre envisag\u00e9e \u00e0 l&#8217;avenir comme traitement initial et d&#8217;entretien du LMC. L&#8217;approche non cytotoxique permet d&#8217;obtenir des taux de r\u00e9ponse \u00e9lev\u00e9s sur une p\u00e9riode significative en tant que traitement initial. La qualit\u00e9 de vie est rest\u00e9e stable ou a m\u00eame augment\u00e9 pendant le traitement. La poursuite de la recherche de premi\u00e8re ligne sur les deux m\u00e9dicaments, seuls ou en association avec d&#8217;autres nouvelles mol\u00e9cules, est donc justifi\u00e9e.<\/p>\n<h2 id=\"etude-mcl-002-lenalidomide-en-deuxieme-ligne\">\u00c9tude MCL-002 : l\u00e9nalidomide en deuxi\u00e8me ligne<\/h2>\n<p>Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, le l\u00e9nalidomide a certes montr\u00e9 une activit\u00e9 dans le cadre d&#8217;\u00e9tudes de phase II \u00e0 un bras (par ex. MCL-001 [1]) &#8211; ce qui a conduit \u00e0 l&#8217;autorisation de mise sur le march\u00e9 suisse en novembre 2014 &#8211; mais il n&#8217;avait pas encore \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 comment le m\u00e9dicament se comportait par rapport aux autres options th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<p>MCL-002 est la premi\u00e8re \u00e9tude de phase II randomis\u00e9e et contr\u00f4l\u00e9e \u00e0 comparer le l\u00e9nalidomide \u00e0 25&nbsp;mg\/j (trois premi\u00e8res semaines d&#8217;un cycle de 28 jours jusqu&#8217;\u00e0 progression ou intol\u00e9rance) \u00e0 la meilleure alternative de traitement. Il pouvait s&#8217;agir d&#8217;un traitement mono-agent par cytarabine, gemcitabine, fludarabine pendant \u22646 cycles ou rituximab ou chlorambucil jusqu&#8217;\u00e0 la progression. Un crossover avec le l\u00e9nalidomide \u00e9tait possible apr\u00e8s la progression de la maladie (finalement, 46% de changements ont eu lieu).<\/p>\n<p>Les 254 patients avaient un \u00e2ge m\u00e9dian de 68,5 ans, \u00e9taient principalement des hommes et avaient re\u00e7u deux traitements ant\u00e9rieurs. 91% \u00e9taient en stade III\/IV au moment du diagnostic, 34% avaient un MIPI \u00e0 haut risque, 43% une charge tumorale \u00e9lev\u00e9e et 20% une maladie bulleuse. Dans l&#8217;ensemble, le groupe l\u00e9nalidomide a pr\u00e9sent\u00e9 un moins bon pronostic. La m\u00e9diane de survie sans progression (crit\u00e8re d&#8217;\u00e9valuation principal) \u00e9tait de 8,7 mois dans le bras l\u00e9nalidomide et de 5,2 mois dans l&#8217;autre bras. Cela correspond \u00e0 une r\u00e9duction significative du risque de 39% (HR 0,61, IC 95% 0,44-0,84, p=0,004). Le taux de r\u00e9ponse globale, l&#8217;un des crit\u00e8res d&#8217;\u00e9valuation secondaires, et le taux de r\u00e9ponse compl\u00e8te \u00e9taient \u00e9galement plus \u00e9lev\u00e9s, avec respectivement 40 vs. 11% et 15%. 5 vs. 0% a augment\u00e9 de mani\u00e8re significative. La m\u00e9diane de survie globale \u00e9tait de 27,8 mois (l\u00e9nalidomide) contre 21,2 mois (meilleure alternative), manquant ainsi la significativit\u00e9 (p=0,52). Dans l&#8217;ensemble, les donn\u00e9es d&#8217;efficacit\u00e9 \u00e9taient coh\u00e9rentes dans les sous-groupes.<\/p>\n<h2 id=\"profil-deffets-secondaires\">Profil d&#8217;effets secondaires<\/h2>\n<p>Le profil d&#8217;effets ind\u00e9sirables \u00e9tait conforme aux attentes et aucun nouveau signal de s\u00e9curit\u00e9 n&#8217;a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 : les effets les plus fr\u00e9quents au troisi\u00e8me ou quatri\u00e8me degr\u00e9 \u00e9taient la neutrop\u00e9nie (l\u00e9nalidomide 44 vs meilleure alternative 34%, sans augmentation du taux d&#8217;infection), la thrombocytop\u00e9nie (18 vs 28%), la leucop\u00e9nie (8 vs 11%), l&#8217;an\u00e9mie (8 vs 7%) et la neutrop\u00e9nie f\u00e9brile (6 vs 2%). Des flashes tumoraux (10%) ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s uniquement dans le groupe l\u00e9nalidomide. Des tumeurs secondaires ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es dans 4 vs. 5%.<\/p>\n<p>Les auteurs concluent que les am\u00e9liorations obtenues avec le l\u00e9nalidomide en deuxi\u00e8me ligne sont cliniquement significatives, ce qui est d&#8217;autant plus surprenant que les patients de ce bras pr\u00e9sentaient au d\u00e9part un pronostic moins favorable. Le profil risque\/b\u00e9n\u00e9fice peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme avantageux. Il est \u00e9galement int\u00e9ressant de noter que la dur\u00e9e m\u00e9diane de la r\u00e9ponse a \u00e9t\u00e9 \u00e9tonnamment coh\u00e9rente dans plusieurs \u00e9tudes men\u00e9es dans le cadre de la MZL (ici, elle \u00e9tait de 16,1 mois).&nbsp; &nbsp;<\/p>\n<p><em>Source : 56e r\u00e9union annuelle de l&#8217;ASH, 6-9 d\u00e9cembre 2014, San Francisco<\/em><\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Goy A, et al : L\u00e9nalidomide \u00e0 agent unique chez les patients atteints de lymphome \u00e0 cellules mantes qui ont rechut\u00e9 ou progress\u00e9 apr\u00e8s ou \u00e9taient r\u00e9fractaires au bort\u00e9zomib : \u00e9tude de phase II MCL-001 (EMERGE). J Clin Oncol 2013 Oct 10 ; 31(29) : 3688-3695.<\/li>\n<li>Wang M, et al : L\u00e9nalidomide en association avec le rituximab pour les patients atteints de lymphome \u00e0 cellules mantle en rechute ou r\u00e9fractaire : un essai clinique de phase 1\/2. Lancet Oncol 2012 juillet ; 13(7) : 716-723.<br \/>\n\t&nbsp;<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c9MATOLOGIE 2015 ; 3(2) : 22-23<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le lymphome des cellules du manteau (LCM) est un lymphome non hodgkinien agressif responsable d&#8217;environ 3 \u00e0 6% de tous les cas de LNH. Il a un mauvais pronostic, en&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":49867,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Lymphome des cellules du manteau","footnotes":""},"category":[11527,11389,11535,11549],"tags":[25716,31890,37067,47622],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-343610","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-etudes","category-oncologie","category-rapports-de-congres","category-rx-fr","tag-ash-fr","tag-lenalidomide-fr","tag-lymphome-des-cellules-du-manteau","tag-mzl-fr","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-04-29 00:44:16","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":343613,"slug":"lenalidomide-in-prima-e-seconda-linea","post_title":"Lenalidomide in prima e seconda linea","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/lenalidomide-in-prima-e-seconda-linea\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":343620,"slug":"lenalidomida-na-primeira-e-segunda-linhas","post_title":"Lenalidomida na primeira e segunda linhas","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/lenalidomida-na-primeira-e-segunda-linhas\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":343625,"slug":"lenalidomida-en-primera-y-segunda-linea","post_title":"Lenalidomida en primera y segunda l\u00ednea","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/lenalidomida-en-primera-y-segunda-linea\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/343610","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=343610"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/343610\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/49867"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=343610"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=343610"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=343610"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=343610"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}