{"id":343679,"date":"2015-03-10T01:00:00","date_gmt":"2015-03-10T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/botulinum-i-principes-de-base\/"},"modified":"2015-03-10T01:00:00","modified_gmt":"2015-03-10T00:00:00","slug":"botulinum-i-principes-de-base","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/botulinum-i-principes-de-base\/","title":{"rendered":"Botulinum I &#8211; Principes de base"},"content":{"rendered":"<p><strong>La toxine botulique (BTX), qui \u00e9tait autrefois un produit ophtalmologique au spectre th\u00e9rapeutique limit\u00e9, est devenue un m\u00e9dicament utilis\u00e9 dans le monde entier. Il exerce un effet inhibiteur pr\u00e9synaptique sur la lib\u00e9ration d&#8217;ACh au niveau de la plaque terminale neuromusculaire et neurov\u00e9g\u00e9tative. Dans l&#8217;application th\u00e9rapeutique m\u00e9dicale chez l&#8217;homme, on utilise pratiquement exclusivement le BTX&nbsp;A. Il existe trois pr\u00e9parations qui ont fait l&#8217;objet d&#8217;un grand nombre d&#8217;\u00e9tudes scientifiques : Onabotulinum, Abobotulinum, Incobotulinum. Comment les utiliser et quel mat\u00e9riel faut-il pour le traitement au Botulinum ?  <\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Le premier cas document\u00e9 d&#8217;intoxication \u00e0 la toxine botulique par la bact\u00e9rie Clostridium botulinum, productrice de neurotoxines, remonte \u00e0 1735, lorsque la fanfare jouant \u00e0 un mariage a \u00e9t\u00e9 nourrie avec du jambon avari\u00e9 et des saucisses fum\u00e9es. Quatre des dix musiciens sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9s de botulisme [1]. Dr Justinus Christian Kerner (1786-1862), po\u00e8te et m\u00e9decin officiel du Bade-Wurtemberg<strong> (Fig. 1), <\/strong>publiait m\u00e9ticuleusement dans les &#8220;T\u00fcbinger Bl\u00e4tter f\u00fcr Naturwissenschaften und Arzneykunde&#8221; les sympt\u00f4mes des patients atteints de botulisme et notait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l&#8217;\u00e9poque que &#8220;cette toxine pourrait \u00eatre plus tard un m\u00e9dicament formidable pour le traitement des crampes, ainsi que pour la r\u00e9duction de la salivation, des larmes ou de la transpiration excessives&#8221; [2]. Comme la bact\u00e9rie n&#8217;avait pas encore \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte \u00e0 l&#8217;\u00e9poque, Kerner a cru \u00e0 la th\u00e9orie dite des acides gras, apr\u00e8s que de nombreux autres m\u00e9canismes aient \u00e9t\u00e9 longuement discut\u00e9s (nourriture malsaine pour les porcs, \u00e9nergie \u00e9lectrique due \u00e0 la foudre, ch\u00e2timents divins dus \u00e0 un mode de vie malhonn\u00eate, etc.) A cette \u00e9poque, le botulisme \u00e9tait \u00e9galement appel\u00e9 maladie de Kerner.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-5366\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/abb1_dp1_s30.jpg\" style=\"height:383px; width:400px\" width=\"895\" height=\"858\"><\/p>\n<p>C&#8217;est en 1840 que Friedrich Gustav Jakob Henle (1809-1885), un professeur d&#8217;anatomie de G\u00f6ttingen (&#8220;boucle de Henle&#8221;), a d\u00e9crit pour la premi\u00e8re fois des organismes parasites (Contagium vivum) et les a qualifi\u00e9s de potentiellement pathog\u00e8nes. Vingt ans plus tard, le chimiste Louis Pasteur (1822-1895) a d\u00e9montr\u00e9 la fermentation microbienne du vin. En 1882, Robert Koch (1843-1910), un \u00e9l\u00e8ve de Henle, a d\u00e9couvert le bacille de la tuberculose, ce qui lui a valu le prix Nobel en 1905. Les cons\u00e9quences de la d\u00e9couverte des bact\u00e9ries ont \u00e9t\u00e9 \u00e9normes. En effet, pour la premi\u00e8re fois dans l&#8217;histoire de la m\u00e9decine, les causes de nombreuses maladies ont \u00e9t\u00e9 connues, ce qui a permis pour la premi\u00e8re fois de mettre en place une th\u00e9rapie causale, du moins dans un premier temps. En 1897, Pierre Marie van Ermengem (1851-1932), un \u00e9l\u00e8ve de Robert Koch, a pu isoler l&#8217;agent pathog\u00e8ne responsable du botulisme, r\u00e9futant ainsi la th\u00e9orie des acides gras de Kerner. Il a appel\u00e9 cette bact\u00e9rie Bacillus botulinus, qui est aujourd&#8217;hui connue sous le nom de Clostridium botulinum [3]. En 1905, Tchitchikane identifie la neurotoxine. A la demande de l&#8217;arm\u00e9e am\u00e9ricaine, Eduard J. Schantz s&#8217;est pench\u00e9 sur la structure de la prot\u00e9ine d\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, lorsqu&#8217;il est apparu que plusieurs pays poss\u00e9daient des capacit\u00e9s et des projets d&#8217;utilisation d&#8217;armes chimiques et biologiques. Ses recherches sur la structure des prot\u00e9ines et leur m\u00e9canisme d&#8217;action ont jet\u00e9 les bases de l&#8217;utilisation actuelle de la toxine comme m\u00e9dicament. En 1949, les recherches de Burgen devaient montrer que l&#8217;effet de la toxine \u00e9tait d\u00fb \u00e0 une inhibition pr\u00e9synaptique de l&#8217;ac\u00e9tylcholine (chimiod\u00e9nervation) et non, comme on le pensait jusqu&#8217;alors, \u00e0 un blocage nerveux postsynaptique [4]. Cette d\u00e9couverte a ouvert la voie \u00e0 des bases th\u00e9oriques ult\u00e9rieures pour l&#8217;application clinique de la toxine (voir ci-dessous).<\/p>\n<p>En 1973, le Dr Alan Scott a \u00e9t\u00e9 le pionnier de l&#8217;utilisation clinique de la toxine botulique (BTX) en utilisant pour la premi\u00e8re fois la BTX chez des primates pour traiter le strabisme. Il a travaill\u00e9 en \u00e9troite collaboration avec E. J. Schantz, qui \u00e9tait responsable de la production de la toxine. Cependant, si l&#8217;on voulait utiliser le venin comme m\u00e9dicament th\u00e9rapeutique, y compris chez l&#8217;homme, il fallait d&#8217;abord le purifier d&#8217;autres prot\u00e9ines pour emp\u00eacher le plus efficacement possible la formation d&#8217;anticorps et garantir sa stabilit\u00e9 en cas de dilution importante. Les probl\u00e8mes ont pu \u00eatre r\u00e9solus et c&#8217;est ainsi que huit ans apr\u00e8s la premi\u00e8re exp\u00e9rience animale sur des singes, Scott a pu publier pour la premi\u00e8re fois l&#8217;utilisation du BTX chez l&#8217;homme sous le titre &#8220;Botulinum toxin injection of eyes muscles to correct strabismus&#8221; [5].<\/p>\n<p>Vingt ans apr\u00e8s le d\u00e9veloppement clinique du m\u00e9dicament, le BTX a \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9 par la FDA am\u00e9ricaine pour le traitement du strabisme, du bl\u00e9pharospasme et du spasme h\u00e9mifacial. Un peu par hasard, Jean Carruthers, interne chez le Dr Scott, a d\u00e9couvert que les rides du c\u00f4t\u00e9 trait\u00e9 des patients souffrant de bl\u00e9pharospasme h\u00e9mifacial \u00e9taient nettement plus lisses [6]. A peu pr\u00e8s au m\u00eame moment, Bushara a d\u00e9couvert une r\u00e9duction significative de la transpiration dans la partie du visage trait\u00e9e et a publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois un traitement possible de l&#8217;hyperhidrose axillaire par BTX [7]. Ces deux d\u00e9couvertes ont marqu\u00e9 le d\u00e9but de la success story d&#8217;un ancien m\u00e9dicament ophtalmologique aux applications th\u00e9rapeutiques limit\u00e9es, qui est devenu un m\u00e9dicament \u00e0 diffusion mondiale. En Suisse, le BTX a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en 1997 pour traiter l&#8217;hyperhidrose focale. La premi\u00e8re consultation d&#8217;hyperhidrose de Suisse a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital universitaire de Zurich [8]. Au fil des ann\u00e9es, les indications de traitement esth\u00e9tique ont pris de l&#8217;importance. Selon les statistiques de l&#8217;American Society for Aesthetic Plastic Surgery, 3 766 148 traitements esth\u00e9tiques \u00e0 base de botuline ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s rien qu&#8217;aux \u00c9tats-Unis en 2013, sans compter le traitement de l&#8217;hyperhidrose. Cela repr\u00e9sente une augmentation de 5680% par rapport \u00e0 1997 !<\/p>\n<h2 id=\"tout-le-botox-ou-quoi\">Tout le <sup>Botox\u00ae<\/sup> ou quoi ?<\/h2>\n<p>Les toxines A, B, E et F sont efficaces chez l&#8217;homme, tandis que les toxines C et D ne sont pathog\u00e8nes que chez l&#8217;animal et que la toxine G n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite chez l&#8217;homme ou l&#8217;animal [9]. Le BTX A est pratiquement le seul \u00e0 \u00eatre utilis\u00e9 dans le cadre de la th\u00e9rapie m\u00e9dicale. Le complexe de toxine botulique B, commercialis\u00e9 sous le nom de marque <sup>Myobloc\u00ae<\/sup> en Europe et <sup>Neurobloc\u00ae<\/sup> aux \u00c9tats-Unis (Elan Pharmaceuticals, \u00c9tats-Unis), ne joue qu&#8217;un r\u00f4le marginal en dermatologie, en raison de sa dur\u00e9e d&#8217;action limit\u00e9e et de la sensation de br\u00fblure lors de l&#8217;injection.<\/p>\n<p>Il existe trois produits principaux du BTX A, qui ont \u00e9t\u00e9 test\u00e9s dans le cadre d&#8217;un grand nombre d&#8217;\u00e9tudes scientifiques pr\u00e9cliniques et cliniques :<\/p>\n<ul>\n<li>Onabotulinum Toxin A : <sup>Botox\u00ae\/<\/sup><sup>Vistabel\u00ae <\/sup>(Actavis\/Allergan, USA)<\/li>\n<li>Abobotulinum Toxin A : <sup>Dysport\u00ae\/Azzalure\u00ae<\/sup> (Ipsen, UK resp. Galderma, CH)<\/li>\n<li>Incobotulinum Toxin A : <sup>Xeomin\u00ae\/Bocouture\u00ae<\/sup> (Merz Aesthetics, D)<\/li>\n<\/ul>\n<p><sup>Botox\u00ae<\/sup>, <sup>Dysport\u00ae<\/sup> et <sup>Xeomin\u00ae<\/sup> sont utilis\u00e9s pour les indications m\u00e9dicales (maladies neurologiques\/hyperhidrose), <sup>Vistabel\u00ae<\/sup> (ou Botox <sup>aesthetics\u00ae<\/sup> aux \u00c9tats-Unis), <sup>Azzalure\u00ae<\/sup> et <sup>Bocouture\u00ae<\/sup> sont disponibles pour les indications esth\u00e9tiques, les produits fr\u00e8res respectifs \u00e9tant absolument identiques sur le plan pharmacologique et ne se distinguant que par le nom de la marque pour une meilleure identification (\u00e9dition FDA). Tous les produits mentionn\u00e9s ne disposent pas d&#8217;une autorisation de mise sur le march\u00e9 pour chaque indication. Toutefois, cette situation est sp\u00e9cifique \u00e0 chaque pays et ne sera donc pas abord\u00e9e ici.<\/p>\n<p>Les diff\u00e9rentes toxines (onabotulinum, abobotulinum, incobotulinum) se distinguent par leur forme pharmaceutique (unit\u00e9s\/emballage), leurs conditions de transport et leur activit\u00e9 biologique, comme le montre le <strong>tableau&nbsp;1<\/strong>.<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5367 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/tab1_dp1_s32.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1004;height:547px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1004\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>Les trois produits se pr\u00e9sentent sous la forme d&#8217;une substance s\u00e8che cristalline et doivent \u00eatre reconstitu\u00e9s avec du NaCl \u00e0 0,9%. Alors que l&#8217;ona- et l&#8217;abobotulinum doivent \u00eatre transport\u00e9s et stock\u00e9s au froid, cette cha\u00eene du froid n&#8217;est pas n\u00e9cessaire pour l&#8217;incobotulinum. Toutefois, apr\u00e8s reconstitution, tous les produits doivent \u00eatre conserv\u00e9s au frais. L&#8217;activit\u00e9 biologique des trois produits est exprim\u00e9e en unit\u00e9s de souris (MU). 1 MU correspond \u00e0 0,2X10-12 mol (picomole) de toxine et est d\u00e9finie comme la quantit\u00e9 de toxine qui se termine de mani\u00e8re l\u00e9tale pour la moiti\u00e9 de la population de Swiss Webster Mice femelles (18-22&nbsp;g) apr\u00e8s injection intrap\u00e9riton\u00e9ale (dose l\u00e9tale LD50). Depuis juin 2011, Allergan est le seul concurrent \u00e0 r\u00e9aliser un test in vitro bas\u00e9 sur les cellules (CBPA, &#8220;cell based potency assay&#8221;) pour d\u00e9terminer la stabilit\u00e9 et l&#8217;efficacit\u00e9 du m\u00e9dicament. L&#8217;onabotulinum et l&#8217;incobotulinum sont comparables en termes d&#8217;efficacit\u00e9, de dur\u00e9e d&#8217;action et de d\u00e9but d&#8217;action. Incobotulinum est la seule pr\u00e9paration sans prot\u00e9ines complexes, ce qui devrait se traduire par une r\u00e9duction de la r\u00e9ponse des anticorps neutralisants (pr\u00e9vention de l&#8217;\u00e9chec secondaire du traitement). Il est important de noter que la dose \u00e9quivalente pour l&#8217;abobotulinum (<sup>Dysport\u00ae<\/sup> resp. <sup>Azzalure\u00ae<\/sup>) n&#8217;est pas \u00e9quivalente \u00e0 la dose des deux autres BTX <strong>(tableau&nbsp;1).<\/strong> Cela s&#8217;explique par le fait que diff\u00e9rentes souches bact\u00e9riennes sont utilis\u00e9es pour produire le m\u00e9dicament et que les processus de fabrication sont diff\u00e9rents. Le facteur de conversion de dose entre l&#8217;onabotulinum\/incobotulinum et l&#8217;abobotulinum est de 1:3 (ou 1:2,5 selon les publications). Ceci est d&#8217;une importance capitale lors de la reconstitution de la toxine dans l&#8217;application clinique afin d&#8217;\u00e9viter un surdosage ou un sous-dosage. Par souci d&#8217;exhaustivit\u00e9, il convient de mentionner qu&#8217;un grand nombre de produits BTX d&#8217;origine incertaine sont propos\u00e9s sur le World Wide Web sous diff\u00e9rents noms de marque. Il va sans dire que ces produits sont \u00e0 proscrire.<\/p>\n<h2 id=\"comment-fonctionne-le-botulinum\">Comment fonctionne le Botulinum ?<\/h2>\n<p>Comme mentionn\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, le BTX exerce un effet inhibiteur pr\u00e9synaptique sur la lib\u00e9ration d&#8217;ACh au niveau de la plaque terminale neuromusculaire et neurov\u00e9g\u00e9tative. En d&#8217;autres termes, le muscle et le syst\u00e8me nerveux v\u00e9g\u00e9tatif (SNV) sont tous deux servis par le m\u00eame agent de transmission (ACh). C&#8217;est pourquoi le BTX est efficace \u00e0 la fois sur le muscle et sur d&#8217;autres processus contr\u00f4l\u00e9s par le syst\u00e8me v\u00e9g\u00e9tatif (hyperhidrose, hypersalivation, indications urologiques, etc.) <strong>(Fig.&nbsp;2).<\/strong> Et ce m\u00e9canisme d&#8217;action extr\u00eamement sp\u00e9cifique du BTX est aussi la raison pour laquelle le BTX n&#8217;a pas d&#8217;effet secondaire dans l&#8217;application clinique. L&#8217;ACh est utilis\u00e9 comme transmetteur uniquement dans les syst\u00e8mes mentionn\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5368 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/abb2_dp1_s33.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1482;height:808px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1482\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p>La mol\u00e9cule de toxine est constitu\u00e9e d&#8217;une cha\u00eene l\u00e9g\u00e8re (cha\u00eene L) d&#8217;un poids mol\u00e9culaire de 50&nbsp;kD (kilo Dalton) et d&#8217;une cha\u00eene lourde (cha\u00eene H) d&#8217;un poids mol\u00e9culaire de 100&nbsp;kD. Les cha\u00eenes sont reli\u00e9es entre elles par un pont disulfure. La cha\u00eene H est responsable de ce que l&#8217;on appelle l&#8217;internalisation : l&#8217;absorption de la toxine dans la terminaison nerveuse au niveau de la plaque terminale pr\u00e9synaptique. Une fois l&#8217;endocytose r\u00e9alis\u00e9e, la cha\u00eene L se s\u00e9pare de la cha\u00eene H. La cha\u00eene H est alors s\u00e9par\u00e9e de la cha\u00eene L. La cha\u00eene L clive la prot\u00e9ine SNAP-25, un composant de ce que l&#8217;on appelle le complexe de fusion SNARE (Soluble N-ethylmaleimide-sensitive-factor Attachment Receptor, SNARE) \u00e0 diff\u00e9rents endroits. Ainsi, la fusion de la v\u00e9sicule contenant l&#8217;ACh avec la membrane n&#8217;est plus possible et, par cons\u00e9quent, l&#8217;ACh n&#8217;est plus lib\u00e9r\u00e9 de la terminaison nerveuse cholinergique [10,11]. Ainsi, l&#8217;\u00e9limination du transmetteur ACh est emp\u00each\u00e9e et il n&#8217;y a pas d&#8217;effet postsynaptique. L&#8217;effet th\u00e9rapeutique est toutefois limit\u00e9 dans le temps, car de nouveaux nerfs se d\u00e9veloppent ult\u00e9rieurement et de nouvelles connexions synaptiques sont \u00e9tablies.<\/p>\n<h2 id=\"la-preparation-de-la-solution-botulique-pour-le-traitement\">La pr\u00e9paration de la solution botulique pour le traitement<\/h2>\n<p>Il existe plusieurs fa\u00e7ons de dissoudre la substance s\u00e8che BTX. De nombreux auteurs choisissent une dilution de 1 ml pour 100&nbsp;U Ona- et Incobotulinum resp. 500&nbsp;U d&#8217;abobotulinum pour le traitement des rides d&#8217;expression dans le but d&#8217;obtenir un r\u00e9sultat d&#8217;injection de la toxine aussi pr\u00e9cis que possible avec une diffusion minimale dans les muscles ind\u00e9sirables. Ce sch\u00e9ma de dissolution \u00e0 faible volume et \u00e0 forte concentration pr\u00e9sente toutefois un inconv\u00e9nient majeur : il est difficile de proc\u00e9der \u00e0 de fines gradations dans le dosage et donc de &#8220;modeler&#8221; dans une certaine mesure la dose de BTX. Si 100 U de BTX sont dissoutes dans 1 ml, 0,1 ml correspond \u00e0 10 U de BTX. La dose d&#8217;un point d&#8217;injection pour le traitement des rides d&#8217;expression se situe g\u00e9n\u00e9ralement entre 2 U et 6 U. Il faut donc une grande exp\u00e9rience et une main s\u00fbre pour injecter de petites doses. C&#8217;est pourquoi une dilution du BTX pour les diff\u00e9rentes indications s&#8217;est \u00e9tablie comme indiqu\u00e9 dans les <strong>tableaux&nbsp;2 et 3<\/strong>.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5369 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/tab2_dp1_s32_0.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 893px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 893\/1116;height:500px; width:400px\" width=\"893\" height=\"1116\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/tab2_dp1_s32_0.png 893w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/tab2_dp1_s32_0-800x1000.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/tab2_dp1_s32_0-120x150.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/tab2_dp1_s32_0-90x112.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/tab2_dp1_s32_0-320x400.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/tab2_dp1_s32_0-560x700.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 893px) 100vw, 893px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>\nLes tableaux montrent que la dose \u00e9quivalente d&#8217;ona- et de ona- est plus faible que celle d&#8217;ona- et de ona-. Incobotulinum et Abobotulinum est calcul\u00e9 \u00e0 1:3. La particularit\u00e9 de la reconstitution d&#8217;Incobotulinum est que la soci\u00e9t\u00e9 recommande vivement d&#8217;incliner le flacon \u00e0 plusieurs reprises apr\u00e8s le d\u00e9clenchement afin d&#8217;obtenir un effet maximal de la solution m\u00e9dicamenteuse.<\/p>\n<h2 id=\"de-quel-materiel-ai-je-besoin-pour-un-traitement-btx\">De quel mat\u00e9riel ai-je besoin pour un traitement BTX ?<\/h2>\n<p>Le mat\u00e9riel n\u00e9cessaire au traitement par BTX est relativement simple. Une pr\u00e9paration correcte et bien planifi\u00e9e permet de gagner en s\u00e9curit\u00e9 et d&#8217;am\u00e9liorer la qualit\u00e9. Ou, \u00e0 l&#8217;inverse, si le m\u00e9decin doit rassembler tel ou tel \u00e9l\u00e9ment avant l&#8217;intervention pr\u00e9vue, voire interrompre le traitement en raison d&#8217;un manque de pr\u00e9paration, il y a en soi des risques de traitements incorrects. Il ne faut pas oublier que nous avons affaire \u00e0 un m\u00e9dicament tr\u00e8s puissant. L&#8217;instruction des assistants est de la plus haute importance.<\/p>\n<p>Pour un traitement BTX correct, il faut :<\/p>\n<ul>\n<li>1 bo\u00eete originale de BTX (Ona-, Inco ou Abobotulinum) 100 U<\/li>\n<li>NaCl 0,9% 5 ml (hyperhidrose) resp. 2,5 ml (indication esth\u00e9tique) Ona- et Incobotulinum, 8 ml resp. 4 ml d&#8217;Abobotulinum (Cave : dans l&#8217;UE, 50&nbsp;U resp. 125&nbsp;U Flacon disponible, donc le volume est divis\u00e9 par deux)<\/li>\n<li>Seringue de 5 ml avec aiguille 18&nbsp;G (rose) pour reconstitution<\/li>\n<li>Seringues \u00e0 insuline (1&nbsp;ml) sans aiguille rapport\u00e9e avec graduation en ml<\/li>\n<li>Aiguille de 32G pour injection<\/li>\n<li>D\u00e9sinfection en spray, par exemple <sup>Kodan\u00ae<\/sup> pour le traitement de l&#8217;hyperhidrose, ou liquide, par exemple <sup>Octenisept\u00ae<\/sup> pour le traitement du visage.<\/li>\n<li>Bandeau au niveau du visage<\/li>\n<li>Ustensiles pour le test de la sueur de Minor pour le traitement de l&#8217;hyperhidrose axillaire :\n<ul>\n<li>Solution de Lugol (pharmacie)<\/li>\n<li>F\u00e9cule de pomme de terre (pharmacie)<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li>Double tamis pour une application aussi fine que possible de la f\u00e9cule de pomme de terre (grand magasin)<\/li>\n<li>Crayon kajal (doux !) pour dessiner les points d&#8217;injection<\/li>\n<li>Emulsion d\u00e9maquillante et possibilit\u00e9 de se laver apr\u00e8s le traitement (surtout apr\u00e8s une hyperhidrose axillaire).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette liste peut bien s\u00fbr \u00eatre adapt\u00e9e aux pr\u00e9f\u00e9rences personnelles. Les seringues usag\u00e9es, les aiguilles et les flacons vides doivent \u00eatre \u00e9limin\u00e9s s\u00e9par\u00e9ment ! Il s&#8217;agit d&#8217;un point \u00e0 ne pas n\u00e9gliger ! Le BTX et ses r\u00e9sidus ne doivent pas \u00eatre \u00e9limin\u00e9s avec les d\u00e9chets g\u00e9n\u00e9raux.<\/p>\n<p><strong>A suivre&#8230;<\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5370 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/kasten_dp1_s34.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 850px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 850\/679;height:319px; width:400px\" width=\"850\" height=\"679\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Dickson EC : Botulisme : une \u00e9tude clinique et exp\u00e9rimentale. Rockefeller Institute for Medical Research 1918 ; 1-117.<\/li>\n<li>Kerner JC : Intoxication par des saucisses avari\u00e9es. T\u00fcbinger Bl\u00e4tter f\u00fcr Naturwissenschaften und Arzneykunde 1817 ; 3 : 1-45.<\/li>\n<li>Kreyden OP, Geiges ML, Burg G : Toxine botulique : du poison au m\u00e9dicament. Une r\u00e9trospective historique. Dermatologue 2000 ; 51 : 733-737.<\/li>\n<li>Burgen A, Dickens F, Zatman LJ : The action of botulinum toxin on the neuromuscular junction. J Physiol 1949 ; 109 : 10-24.<\/li>\n<li>Scott AB : Injection de toxine botulique dans les muscles oculaires pour corriger le strabisme. Trans Am Ophthalmol Soc 1981 ; 79 : 734-770.<\/li>\n<li>Carruthers JD, Carruthers JA : Traitement des lignes glabellaires frown avec l&#8217;exotoxine C. botulinum-A. J Dermatol Surg Oncol 1992 Jan ; 18(1) : 17-21.<\/li>\n<li>Bushara KO, et al : Botulinum toxin&#8211;a possible new treatment for axillary hyperhidrosis. Clin Exp Dermatol 1996 Jul ; 21(4) : 276-278.<\/li>\n<li>Kreyden OP, B\u00f6ni R, Burg G : Hyperhidrose et toxine botulique en dermatologie. Current Problems in Dermatology Karger 2002. ISBN 0070-2064.<\/li>\n<li>Barker WH : Botulisme. L&#8217;histoire mondiale des maladies humaines de Cambridge. Kiple, KF et Graham 1993 ; 623-625.<\/li>\n<li>Kao I, Drachman DB, Price DL : Toxine botulique : m\u00e9canisme de blocage pr\u00e9synaptique. Science 1976 ; 193 : 1256-1258.<\/li>\n<li>Philipp-Dormston WG : La toxine botulique en dermatologie. Le dermatologue 2014 ; 65 : 133-145.<\/li>\n<\/ol>\n<p>\n<em>DERMATOLOGIE PRATIQUE 2015 ; 25(1) : 29-34<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La toxine botulique (BTX), qui \u00e9tait autrefois un produit ophtalmologique au spectre th\u00e9rapeutique limit\u00e9, est devenue un m\u00e9dicament utilis\u00e9 dans le monde entier. 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