{"id":343728,"date":"2015-02-23T01:00:00","date_gmt":"2015-02-23T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/patients-ages-atteints-dun-cancer-de-la-prostate-ou-du-colon\/"},"modified":"2015-02-23T01:00:00","modified_gmt":"2015-02-23T00:00:00","slug":"patients-ages-atteints-dun-cancer-de-la-prostate-ou-du-colon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/patients-ages-atteints-dun-cancer-de-la-prostate-ou-du-colon\/","title":{"rendered":"Patients \u00e2g\u00e9s atteints d&#8217;un cancer de la prostate ou du c\u00f4lon"},"content":{"rendered":"<p><strong>Comme la population suisse vieillit, le nombre de personnes \u00e2g\u00e9es atteintes d&#8217;un cancer sera encore plus \u00e9lev\u00e9 \u00e0 l&#8217;avenir. Chez ces patients, les d\u00e9cisions th\u00e9rapeutiques sont souvent complexes car, en raison de leur \u00e2ge avanc\u00e9, le risque de complications est g\u00e9n\u00e9ralement plus \u00e9lev\u00e9 et le b\u00e9n\u00e9fice d&#8217;une intervention moins important. Le 22 novembre 2014, une session de formation continue sur le th\u00e8me des &#8220;D\u00e9fis de l&#8217;oncologie g\u00e9riatrique&#8221; a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e \u00e0 Zurich, au cours de laquelle les sp\u00e9cificit\u00e9s du traitement oncologique des patients \u00e2g\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 discut\u00e9es. Nous rendons compte de deux conf\u00e9rences sur le cancer de la prostate et le cancer colorectal.  <\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Le Dr Martin Umbehr, Stadtspital Triemli, Zurich, a pr\u00e9sent\u00e9 des donn\u00e9es \u00e9pid\u00e9miologiques sur le cancer de la prostate. Le cancer de la prostate est le type de cancer le plus fr\u00e9quent en Suisse &#8211; un homme sur six y sera confront\u00e9 au cours de sa vie. L&#8217;incidence a tripl\u00e9 depuis les ann\u00e9es 1990 gr\u00e2ce au d\u00e9pistage par le test PSA, mais cela a \u00e9galement entra\u00een\u00e9 un changement de stade, de sorte que 90% des cancers sont aujourd&#8217;hui d\u00e9tect\u00e9s \u00e0 un stade localis\u00e9. L&#8217;incidence va continuer \u00e0 augmenter en raison de l&#8217;\u00e9volution d\u00e9mographique.<\/p>\n<h2 id=\"cancer-de-la-prostate-chez-les-patients-geriatriques-moins-cest-souvent-plus\">Cancer de la prostate : chez les patients g\u00e9riatriques, moins c&#8217;est souvent plus<\/h2>\n<p>Le spectre biologique de la maladie est tr\u00e8s large et comprend des tumeurs &#8220;inoffensives&#8221; \u00e0 tr\u00e8s agressives. Dans la pratique clinique, le probl\u00e8me est qu&#8217;au moment du diagnostic, il est souvent impossible de dire avec pr\u00e9cision quel type de tumeur existe chez le patient et comment (et si) la tumeur va \u00e9voluer au fil du temps. Actuellement, le score de Gleason reste le meilleur facteur pronostique. Pour les cancers localis\u00e9s, un traitement curatif est possible, les options sont la surveillance active, la prostatectomie ou la radioth\u00e9rapie. &#8220;L&#8217;\u00e2ge, les comorbidit\u00e9s et les souhaits du patient doivent \u00eatre pris en compte dans le choix du traitement&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 le Dr Umbehr. &#8220;Chez les patients g\u00e9riatriques en particulier, moins est souvent plus, et tous les patients diagnostiqu\u00e9s avec un cancer de la prostate n&#8217;ont pas besoin d&#8217;un traitement imm\u00e9diat&#8221;. La prise de d\u00e9cision individualis\u00e9e est aujourd&#8217;hui le grand d\u00e9fi clinique du cancer de la prostate.<\/p>\n<h2 id=\"surveillance-active-et-attente-vigilante\">Surveillance active et attente vigilante<\/h2>\n<p>L&#8217;intervenant a insist\u00e9 sur la diff\u00e9rence entre la surveillance active et la veille, car ces deux termes sont souvent confondus ou utilis\u00e9s comme synonymes. Dans le cas de la surveillance active, le m\u00e9decin suspecte une tumeur peu agressive que l&#8217;on peut et que l&#8217;on veut traiter de mani\u00e8re curative. Cependant, en raison de sa faible agressivit\u00e9, un traitement actif imm\u00e9diat n&#8217;est pas n\u00e9cessaire et le patient est contr\u00f4l\u00e9 \u00e0 intervalles r\u00e9guliers. Un traitement actif (chirurgie ou radioth\u00e9rapie) n&#8217;est mis en place qu&#8217;en cas de progression de la maladie. En revanche, l&#8217;attente vigilante est une strat\u00e9gie palliative ; l&#8217;objectif n&#8217;est pas de gu\u00e9rir, mais d&#8217;att\u00e9nuer les sympt\u00f4mes s&#8217;ils apparaissent au cours de l&#8217;\u00e9volution.<\/p>\n<p>Il n&#8217;existe pas de normes internationales pour la surveillance dans le cadre de la surveillance active. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, il est imp\u00e9ratif de r\u00e9aliser des biopsies de contr\u00f4le au cours de l&#8217;\u00e9volution. Une premi\u00e8re biopsie doit \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e dans les 3 \u00e0 6 mois suivant le diagnostic afin de r\u00e9duire le risque d&#8217;erreur de classification. Des contr\u00f4les r\u00e9guliers du PSA sont ensuite effectu\u00e9s et une biopsie est g\u00e9n\u00e9ralement pratiqu\u00e9e une fois par an. Lorsque les r\u00e9sultats sont disponibles, il est toujours d\u00e9cid\u00e9 avec le patient si la strat\u00e9gie de surveillance active peut \u00eatre maintenue. Les tests PSA r\u00e9guliers de contr\u00f4le ne suffisent pas, car les r\u00e9sultats de cet examen sont trop peu sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es relatives \u00e0 la surveillance active sont bonnes : les patients qui b\u00e9n\u00e9ficient d&#8217;un traitement curatif diff\u00e9r\u00e9 ont des r\u00e9sultats aussi bons que ceux qui sont trait\u00e9s imm\u00e9diatement. N\u00e9anmoins, une telle approche doit \u00eatre soigneusement discut\u00e9e avec les patients, car recommander une attitude d&#8217;attente en cas de diagnostic de cancer est, de mani\u00e8re compr\u00e9hensible, surprenant pour de nombreuses personnes concern\u00e9es et n\u00e9cessite une compr\u00e9hension de la biologie de ce type de cancer. En outre, la surveillance active comporte un faible risque r\u00e9siduel que l&#8217;agressivit\u00e9 de la tumeur soit sous-estim\u00e9e ou qu&#8217;une progression ne soit pas d\u00e9tect\u00e9e au cours de l&#8217;\u00e9volution et que l&#8217;on rate \u00e9ventuellement le moment de mettre en place une intervention curative. La s\u00e9lection correcte des patients est donc \u00e9galement de la plus haute importance pour la surveillance active.<\/p>\n<h2 id=\"les-chimiotherapies-sont-egalement-efficaces-chez-les-patients-ages\">Les chimioth\u00e9rapies sont \u00e9galement efficaces chez les patients \u00e2g\u00e9s<\/h2>\n<p>Le PD Dr Frank Stenner, de l&#8217;H\u00f4pital universitaire de B\u00e2le, a pr\u00e9sent\u00e9 les aspects sp\u00e9cifiques des patients g\u00e9riatriques atteints d&#8217;un cancer de la prostate m\u00e9tastas\u00e9. L&#8217;\u00e2ge moyen de survenue du cancer de la prostate est de 70 ans, c&#8217;est pourquoi les aspects g\u00e9riatriques du traitement ont une grande importance. L&#8217;\u00e2ge m\u00e9dian des hommes qui meurent d&#8217;un cancer de la prostate est de 80 ans. Mais cet \u00e2ge correspond \u00e9galement \u00e0 l&#8217;esp\u00e9rance de vie moyenne des hommes en Suisse. Il est donc important que le traitement d&#8217;un cancer de la prostate ne fasse pas plus de d\u00e9g\u00e2ts que la tumeur elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>10 \u00e0 20 % des patients ont d\u00e9j\u00e0 des m\u00e9tastases (souvent dans les os) au moment du diagnostic, et ce chiffre atteint d\u00e9j\u00e0 50 % chez les patients dont la maladie est au stade T3. Les m\u00e9tastases osseuses ont une grande influence sur la survie, car les patients pr\u00e9sentant des fractures pathologiques survivent moins longtemps que les patients sans fractures. Le traitement des patients atteints d&#8217;un cancer de la prostate m\u00e9tastas\u00e9 vise \u00e0 prolonger la survie, \u00e0 pr\u00e9server la qualit\u00e9 de vie et \u00e0 pr\u00e9venir les complications, telles que les fractures pathologiques. Pour cela, toute une s\u00e9rie de m\u00e9dicaments et de mesures sont aujourd&#8217;hui disponibles. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les nouvelles options th\u00e9rapeutiques ont consid\u00e9rablement am\u00e9lior\u00e9 les perspectives.<\/p>\n<p>Les options de traitement suivantes sont actuellement disponibles :<\/p>\n<ul>\n<li>Traitement antihormonal : il s&#8217;agit initialement d&#8217;agonistes\/antagonistes de la LHRH, de bicalutamide ou de flutamide, et en cas de r\u00e9sistance \u00e0 la castration, d&#8217;abirat\u00e9rone (<sup>Zytiga\u00ae<\/sup>), qui inhibe la synth\u00e8se des androg\u00e8nes, ou d&#8217;enzalutamide (<sup>Xtandi\u00ae<\/sup>), qui emp\u00eache la fixation des androg\u00e8nes. Ces deux m\u00e9dicaments prolongent la survie des patients, qu&#8217;ils soient utilis\u00e9s avant ou apr\u00e8s une chimioth\u00e9rapie &#8211; la s\u00e9quence th\u00e9rapeutique optimale n&#8217;est pas encore connue \u00e0 l&#8217;heure actuelle. Les patients de plus de 65 ans peuvent \u00e9galement b\u00e9n\u00e9ficier de ces deux options th\u00e9rapeutiques pour le cancer de la prostate r\u00e9sistant \u00e0 la castration.<\/li>\n<li>le dichlorure de radium (<sup>Xofigo\u00ae<\/sup>) : Chez les patients atteints d&#8217;un cancer de la prostate r\u00e9sistant \u00e0 la castration et pr\u00e9sentant des m\u00e9tastases osseuses, <sup>Xofigo\u00ae<\/sup> prolonge la survie.<\/li>\n<li>Bisphosphonates, denosumab (<sup>Prolia\u00ae<\/sup>, <sup>Xgeva\u00ae<\/sup>) : Pour la stabilisation des m\u00e9tastases osseuses.<\/li>\n<li>Chimioth\u00e9rapie : une chimioth\u00e9rapie est administr\u00e9e en intention palliative ou, chez certains patients pr\u00e9sentant une charge tumorale \u00e9lev\u00e9e, en intention initiale. Deux substances sont disponibles : Docetaxel (<sup>Taxotere\u00ae<\/sup>) et Cabazitaxel (<sup>Jevtana\u00ae<\/sup>). Auparavant, on pensait que les chimioth\u00e9rapies n&#8217;\u00e9taient indiqu\u00e9es que pour les patients jeunes. Cependant, les donn\u00e9es des \u00e9tudes montrent que le b\u00e9n\u00e9fice de la chimioth\u00e9rapie en termes de survie est encore plus important chez les patients \u00e2g\u00e9s que chez les jeunes.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La conclusion de l&#8217;orateur est la suivante : &#8220;Tous les patients, m\u00eame les plus \u00e2g\u00e9s, peuvent b\u00e9n\u00e9ficier des nouvelles options th\u00e9rapeutiques. Il ne faut donc pas priver un patient d&#8217;une option th\u00e9rapeutique uniquement en raison de son \u00e2ge. Les chimioth\u00e9rapies sont souvent mal \u00e9valu\u00e9es et trop rarement propos\u00e9es, tant par les profanes que par les experts&#8221;.<\/p>\n<h2 id=\"cancer-colorectal-peu-de-recommandations-fondees-sur-des-preuves-pour-les-patients-ages\">Cancer colorectal : peu de recommandations fond\u00e9es sur des preuves pour les patients \u00e2g\u00e9s<\/h2>\n<p>Les aspects g\u00e9riatriques du traitement du cancer colorectal (CRC) ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s par le PD Dr Dirk Kienle, Stadtspital Triemli, Zurich. 60% des patients atteints de CCR ont plus de 70 ans, et 43% des patients ont m\u00eame plus de 75 ans. En raison du vieillissement de la population, les patients de plus de 80 ans ne seront pas l&#8217;exception, mais la r\u00e8gle \u00e0 l&#8217;avenir. Les patients \u00e2g\u00e9s sont confront\u00e9s \u00e0 des probl\u00e8mes sp\u00e9cifiques : fonctions organiques r\u00e9duites, comorbidit\u00e9s de plus en plus nombreuses, com\u00e9dication fr\u00e9quente, et un nombre non n\u00e9gligeable de patients sont en mauvais \u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral et\/ou ont besoin de soins. Tous ces facteurs limitent la tol\u00e9rance au traitement et rendent difficile l&#8217;\u00e9valuation du pronostic. Pour ces raisons, les patients de plus de 75 ans et ceux pr\u00e9sentant des comorbidit\u00e9s sont g\u00e9n\u00e9ralement exclus des \u00e9tudes et il existe peu de recommandations de traitement fond\u00e9es sur des preuves.<\/p>\n<p>Plusieurs enqu\u00eates indiquent que les patients \u00e2g\u00e9s atteints de CCR manquent de soins m\u00e9dicaux : Ils sont adress\u00e9s moins souvent et plus tard \u00e0 des sp\u00e9cialistes et b\u00e9n\u00e9ficient moins souvent d&#8217;un staging complet, d&#8217;une radioth\u00e9rapie ou d&#8217;une chimioth\u00e9rapie ou d&#8217;une chirurgie tumorale s\u00e9lective. En revanche, les interventions d&#8217;urgence sont plus fr\u00e9quentes chez les patients \u00e2g\u00e9s, par exemple pour cause d&#8217;il\u00e9us. Ce manque de soins contribue au moins bon pronostic des patients \u00e2g\u00e9s atteints de CCR.<\/p>\n<p>&#8220;Dans le traitement du CCR, la chirurgie est l&#8217;\u00e9l\u00e9ment th\u00e9rapeutique le plus important, m\u00eame chez les patients \u00e2g\u00e9s&#8221;, a soulign\u00e9 le conf\u00e9rencier. Le pronostic des patients jeunes s&#8217;est am\u00e9lior\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 une r\u00e9duction de la mortalit\u00e9 postop\u00e9ratoire et \u00e0 la possibilit\u00e9 de proc\u00e9der \u00e0 des r\u00e9sections m\u00e9tastatiques curatives, mais ce n&#8217;est pas le cas des patients plus \u00e2g\u00e9s.<\/p>\n<p>Les patients g\u00e9riatriques pr\u00e9sentent plusieurs d\u00e9fis chirurgicaux : des stades tumoraux plus avanc\u00e9s, davantage d&#8217;op\u00e9rations en urgence, un staging pr\u00e9op\u00e9ratoire insuffisant et une mortalit\u00e9 pr\u00e9coce postop\u00e9ratoire plus \u00e9lev\u00e9e (3% chez les plus de 65 ans, 19% chez les plus de 85 ans). Une \u00e9valuation pr\u00e9op\u00e9ratoire est importante pour identifier les patients \u00e0 tr\u00e8s haut risque de mortalit\u00e9 pr\u00e9coce et les orienter vers des soins palliatifs si n\u00e9cessaire. La malnutrition, qui est plus fr\u00e9quente chez les personnes \u00e2g\u00e9es, augmente \u00e9galement le risque de complications. Des \u00e9tudes ont montr\u00e9 qu&#8217;un soutien alimentaire dans les 7 \u00e0 10 jours pr\u00e9c\u00e9dant l&#8217;op\u00e9ration peut r\u00e9duire la mortalit\u00e9 postop\u00e9ratoire et pr\u00e9venir les complications.<\/p>\n<h2 id=\"traitements-adjuvants-pour-les-patients-ages-de-stade-iii\">Traitements adjuvants pour les patients \u00e2g\u00e9s de stade III<\/h2>\n<p>Une chimioth\u00e9rapie adjuvante \u00e0 base de 5-fluorouracil ou de cap\u00e9citabine am\u00e9liore \u00e9galement la survie sans maladie et la survie globale chez les patients de plus de 70 ans, mais seul un tiers environ des personnes de plus de 70 ans re\u00e7oivent un tel traitement \u00e0 ce stade. Dans une m\u00e9ta-analyse de plusieurs \u00e9tudes sur les traitements adjuvants, les toxicit\u00e9s n&#8217;\u00e9taient pas significativement plus \u00e9lev\u00e9es chez les patients \u00e2g\u00e9s, de sorte qu&#8217;un traitement adjuvant est \u00e9galement recommand\u00e9 chez les patients \u00e2g\u00e9s en bon \u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral. Il n&#8217;existe pratiquement pas de donn\u00e9es pour les patients de plus de 80 ans, de sorte que l&#8217;utilit\u00e9 d&#8217;un traitement adjuvant n&#8217;est pas prouv\u00e9e dans ce cas. En l&#8217;\u00e9tat actuel des connaissances&nbsp;, l&#8217;ajout d&#8217;oxaliplatine (traitement combin\u00e9 FOLFOX ou XELOX) n&#8217;apporte gu\u00e8re de b\u00e9n\u00e9fice suppl\u00e9mentaire pour les patients de plus de 70 ans et ne constitue pas un standard.<\/p>\n<h2 id=\"cancer-du-rectum-radiotherapie-neoadjuvante\">Cancer du rectum : radioth\u00e9rapie n\u00e9oadjuvante<\/h2>\n<p>Les cancers du rectum sont souvent diagnostiqu\u00e9s \u00e0 des stades localement avanc\u00e9s. Il n&#8217;existe pas d&#8217;\u00e9tudes sur le traitement n\u00e9oadjuvant sp\u00e9cifiquement pour les patients \u00e2g\u00e9s, de sorte que des analyses de sous-groupes doivent \u00eatre utilis\u00e9es \u00e0 partir d&#8217;\u00e9tudes portant principalement sur des patients plus jeunes ou de donn\u00e9es de registres. Les \u00e9tudes disponibles ont montr\u00e9 qu&#8217;une radioth\u00e9rapie pr\u00e9op\u00e9ratoire pouvait r\u00e9duire le nombre de r\u00e9cidives locales, m\u00eame chez les patients de plus de 70 ans, et que le taux de complications n&#8217;\u00e9tait pas augment\u00e9.<\/p>\n<p>Une sous-\u00e9tude de registre su\u00e9doise a montr\u00e9 que les patients de plus de 75 ans \u00e9taient beaucoup moins susceptibles d&#8217;\u00eatre trait\u00e9s par radioth\u00e9rapie pr\u00e9op\u00e9ratoire, mais que le taux de r\u00e9cidive locale ne diff\u00e9rait pas dans les deux groupes d&#8217;\u00e2ge. Cela sugg\u00e8re que les b\u00e9n\u00e9fices de la radioth\u00e9rapie semblent diminuer chez les patients \u00e2g\u00e9s. En r\u00e9sum\u00e9, pour les patients tr\u00e8s en forme jusqu&#8217;\u00e0 75 ans, un traitement n\u00e9oadjuvant peut \u00eatre effectu\u00e9 de la m\u00eame mani\u00e8re que pour les patients plus jeunes. Pour les autres patients, des d\u00e9cisions interdisciplinaires au cas par cas sont n\u00e9cessaires, en tenant compte de l&#8217;extension de la tumeur, de l&#8217;\u00e9tat du patient ainsi que de ses souhaits.<\/p>\n<h2 id=\"traitements-palliatifs-du-cancer-colorectal\">Traitements palliatifs du cancer colorectal<\/h2>\n<p>En situation palliative, le plus important pour la plupart des patients \u00e2g\u00e9s est la qualit\u00e9 de vie avec le maintien de l&#8217;autonomie, avec un scepticisme largement r\u00e9pandu \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des chimioth\u00e9rapies. Mais il faut savoir que les personnes \u00e2g\u00e9es en bonne sant\u00e9 ont encore une longue esp\u00e9rance de vie. En Suisse, celle-ci est d&#8217;environ sept ans pour les hommes de 80 ans, et m\u00eame de neuf ans pour les femmes. La chimioth\u00e9rapie ou la radioth\u00e9rapie palliatives peuvent contribuer \u00e0 maintenir la qualit\u00e9 de vie et l&#8217;autonomie et \u00e0 am\u00e9liorer la survie.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes indiquent que les patients \u00e2g\u00e9s peuvent \u00e9galement b\u00e9n\u00e9ficier de traitements plus intensifs (chimioth\u00e9rapie combin\u00e9e avec le b\u00e9vacizumab ou le c\u00e9tuximab) sans restrictions majeures et que les toxicit\u00e9s ne sont pas plus fr\u00e9quentes dans ce groupe de patients bien s\u00e9lectionn\u00e9s. Cependant, ces patients de l&#8217;\u00e9tude ne correspondent pas au patient moyen dans la pratique m\u00e9dicale, de sorte que les r\u00e9sultats ne peuvent pas \u00eatre appliqu\u00e9s \u00e0 la majorit\u00e9 des patients. Il existe d\u00e9sormais quelques \u00e9tudes men\u00e9es sp\u00e9cifiquement sur les patients \u00e2g\u00e9s. Il est apparu que les chimioth\u00e9rapies combin\u00e9es (FOLFOX, FOLFIRI) \u00e9taient bien tol\u00e9r\u00e9es, mais n&#8217;offraient que peu de b\u00e9n\u00e9fices suppl\u00e9mentaires par rapport \u00e0 une monoth\u00e9rapie par 5-FU. En revanche, l&#8217;ajout du bevacizumab \u00e0 un traitement par cap\u00e9citabine a permis d&#8217;obtenir un gain significatif en termes de contr\u00f4le de la tumeur avec une toxicit\u00e9 \u00e0 peine plus \u00e9lev\u00e9e, de sorte que ce traitement peut constituer un standard pour de nombreux patients \u00e2g\u00e9s. L&#8217;int\u00e9r\u00eat d&#8217;un traitement par cetuximab chez les patients \u00e2g\u00e9s atteints de tumeurs RAS de type sauvage fait actuellement l&#8217;objet d&#8217;\u00e9tudes (notamment en Suisse).<\/p>\n<p><em>Source : Plateforme de formation continue interdisciplinaire en onco-g\u00e9riatrie, 22 novembre 2014, Zurich<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c4MATOLOGIE 2015 ; 3(1) : 32-34<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comme la population suisse vieillit, le nombre de personnes \u00e2g\u00e9es atteintes d&#8217;un cancer sera encore plus \u00e9lev\u00e9 \u00e0 l&#8217;avenir. 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