{"id":343778,"date":"2015-02-17T01:00:00","date_gmt":"2015-02-17T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/les-psychotropes-en-cas-de-comorbidite-somatique-risques-et-benefices\/"},"modified":"2015-02-17T01:00:00","modified_gmt":"2015-02-17T00:00:00","slug":"les-psychotropes-en-cas-de-comorbidite-somatique-risques-et-benefices","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/les-psychotropes-en-cas-de-comorbidite-somatique-risques-et-benefices\/","title":{"rendered":"Les psychotropes en cas de comorbidit\u00e9 somatique : risques et b\u00e9n\u00e9fices"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les patients psychiatriques sont \u00e9galement hospitalis\u00e9s pour des maladies somatiques et, inversement, un traitement par psychotropes est souvent n\u00e9cessaire chez les patients pr\u00e9sentant des troubles somatiques primaires. La prise en charge des patients concern\u00e9s peut \u00eatre facilit\u00e9e par une bonne collaboration entre les psychiatres, les m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes et les sp\u00e9cialistes d&#8217;autres disciplines. Cette th\u00e9matique \u00e9tait au c\u0153ur de la 12e r\u00e9union annuelle de la Soci\u00e9t\u00e9 suisse pour la s\u00e9curit\u00e9 des m\u00e9dicaments en psychiatrie (SSMSP), le 2 octobre 2014. Plus de 120 participants ont pris part aux discussions \u00e0 l&#8217;H\u00f4pital universitaire de Zurich.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Les patients qui suivent un traitement \u00e0 base de psychotropes souffrent souvent aussi de maladies somatiques chroniques ou aigu\u00ebs. Si ces derniers sont \u00e9galement trait\u00e9s par des m\u00e9dicaments, il n&#8217;est pas rare que l&#8217;on assiste \u00e0 une polypharmacie dont les effets et les effets secondaires sont difficiles \u00e0 ma\u00eetriser. En particulier, il existe un certain nombre de combinaisons avec des risques qui n\u00e9cessitent des contr\u00f4les sp\u00e9cifiques ou qui doivent \u00eatre explicitement \u00e9vit\u00e9s.<\/p>\n<p>Il est cependant tr\u00e8s difficile, voire impossible, pour les sp\u00e9cialistes de toutes les disciplines de conna\u00eetre suffisamment les sp\u00e9cificit\u00e9s de la pharmacoth\u00e9rapie d&#8217;autres sp\u00e9cialit\u00e9s, avec ses nombreux risques d&#8217;interaction et les contr\u00f4les n\u00e9cessaires. C&#8217;est pourquoi l&#8217;\u00e9change d&#8217;informations entre les psychiatres et les m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes et autres sp\u00e9cialistes rev\u00eat une importance particuli\u00e8re pour les patients psychiatriques. Tous les m\u00e9decins sont \u00e9galement tenus de d\u00e9clarer les effets ind\u00e9sirables suspect\u00e9s aux autorit\u00e9s comp\u00e9tentes en mati\u00e8re de m\u00e9dicaments. En Suisse, cela se fait par le biais d&#8217;un syst\u00e8me de pharmacovigilance tr\u00e8s bien \u00e9tabli <strong>(Fig.&nbsp;1),<\/strong> activement soutenu par la SSAMSP. En outre, les m\u00e9decins devraient \u00e9galement se pencher sur les possibilit\u00e9s innovantes d&#8217;am\u00e9liorer la s\u00e9curit\u00e9 des m\u00e9dicaments gr\u00e2ce \u00e0 la prescription \u00e9lectronique. De tels syst\u00e8mes permettent d&#8217;identifier les probl\u00e8mes potentiels de la pharmacoth\u00e9rapie, d&#8217;\u00e9valuer leur pertinence clinique et d&#8217;avertir \u00e0 temps des situations critiques.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-5217\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/abb1_np1_s36.png\" style=\"height:412px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"756\"><\/p>\n<h2 id=\"psychiatrie-et-medecine-generale\">Psychiatrie et m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale<\/h2>\n<p>Si un h\u00f4pital psychiatrique fait partie d&#8217;un h\u00f4pital de m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale, les conditions sont a priori favorables \u00e0 une \u00e9troite collaboration interdisciplinaire. Le professeur Josef Jenewein, de la clinique de psychiatrie de l&#8217;h\u00f4pital universitaire de Zurich, a indiqu\u00e9 que la pr\u00e9valence des troubles mentaux chez les patients hospitalis\u00e9s dans les h\u00f4pitaux &#8220;normaux&#8221; est estim\u00e9e \u00e0 environ 25-60%. Ces troubles se r\u00e9partissent dans des proportions \u00e0 peu pr\u00e8s similaires entre la d\u00e9pression, les addictions et les troubles psycho-organiques. D&#8217;une part, les psychiatres peuvent offrir un service de consultation &#8220;externe&#8221; \u00e0 d&#8217;autres cliniques. En outre, la psychiatrie peut, si n\u00e9cessaire, faire partie d&#8217;une \u00e9quipe multidisciplinaire pleinement int\u00e9gr\u00e9e, dans le cadre d&#8217;une activit\u00e9 de liaison. Les interventions peuvent alors concerner non seulement les patients, mais aussi, dans des cas sp\u00e9cifiques, l&#8217;\u00e9quipe soignante. Dans tous les cas, la collaboration interdisciplinaire permet aux psychiatres et aux autres m\u00e9decins d&#8217;\u00e9changer et d&#8217;\u00e9largir leur expertise sur les effets, les effets secondaires et les interactions de la pharmacoth\u00e9rapie interdisciplinaire, pour le b\u00e9n\u00e9fice de tous.<\/p>\n<h2 id=\"les-demandes-de-consultation-concernent-souvent-le-delire-et-la-depression\">Les demandes de consultation concernent souvent le d\u00e9lire et la d\u00e9pression<\/h2>\n<p>Le d\u00e9lire m\u00e9rite une attention particuli\u00e8re. En particulier dans les cas de d\u00e9mence pr\u00e9existante, l&#8217;hospitalisation des patients pour des maladies somatiques est souvent une complication typique. Dans environ un tiers des cas, le delirium n&#8217;est pas reconnu comme tel. Le professeur Jenewein a notamment fait r\u00e9f\u00e9rence aux benzodiaz\u00e9pines, un facteur de risque fr\u00e9quent et souvent facilement \u00e9vitable. Dans le meilleur des cas, les antipsychotiques utilis\u00e9s pour traiter le d\u00e9lire, qui sont susceptibles d&#8217;interagir avec d&#8217;autres m\u00e9dicaments, ne doivent pas \u00eatre utilis\u00e9s du tout. En revanche, les benzodiaz\u00e9pines sont utilis\u00e9es avec succ\u00e8s dans le traitement du d\u00e9lire de sevrage alcoolique.<\/p>\n<p>La d\u00e9pression est \u00e9galement un motif tr\u00e8s fr\u00e9quent de pharmacoth\u00e9rapie psychiatrique chez les patients somatiques. La nouveaut\u00e9 ici est l&#8217;utilisation possible de psychostimulants comme le m\u00e9thylph\u00e9nidate ou le modafinil dans des cas particuliers, par exemple chez les patients oncologiques. Les interactions et les effets ind\u00e9sirables doivent toutefois faire l&#8217;objet d&#8217;une attention particuli\u00e8re.<\/p>\n<h2 id=\"risques-cardiaques-de-la-psychopharmacotherapie\">Risques cardiaques de la psychopharmacoth\u00e9rapie<\/h2>\n<p>Les maladies cardiovasculaires sont l&#8217;une des principales causes de d\u00e9c\u00e8s dans le monde occidental. Parall\u00e8lement, les maladies cardiovasculaires pr\u00e9sentent une association frappante \u00e0 la fois avec les diagnostics psychiatriques et avec leur pharmacoth\u00e9rapie. Le Dr Alice Walder a pr\u00e9sent\u00e9 les donn\u00e9es du projet AMSP, o\u00f9 l&#8217;on constate que les effets ind\u00e9sirables des psychotropes sont particuli\u00e8rement importants, avec pr\u00e8s de 10% d&#8217;\u00e9v\u00e9nements cardiovasculaires.<\/p>\n<p>Dans la pratique clinique quotidienne, deux situations de risque en particulier doivent \u00eatre anticip\u00e9es et surveill\u00e9es de pr\u00e8s. Premi\u00e8rement, pratiquement tous les antipsychotiques, ainsi que la plupart des antid\u00e9presseurs, y compris le citalopram, sont connus pour allonger l&#8217;intervalle QT, augmentant ainsi le risque de torsade de pointe et de mort cardiaque subite <strong>(Fig.&nbsp;2) <\/strong>.  <\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5218 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/abb2_np1_s36_0.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/191;height:104px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"191\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/abb2_np1_s36_0.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/abb2_np1_s36_0-800x139.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/abb2_np1_s36_0-120x21.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/abb2_np1_s36_0-90x16.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/abb2_np1_s36_0-320x56.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/abb2_np1_s36_0-560x97.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>Dans un h\u00f4pital somatique, il peut typiquement y avoir des interactions dangereuses avec de nombreux autres m\u00e9dicaments qui allongent \u00e9galement l&#8217;intervalle QT. Il s&#8217;agit notamment des antibiotiques clarithromycine, moxifloxacine et co-trimoxazole, de l&#8217;ondans\u00e9tron, un anti\u00e9m\u00e9tique puissant, ou encore de la m\u00e9thadone. Les mesures pr\u00e9ventives essentielles consistent ici \u00e0 \u00e9viter la combinaison de plusieurs m\u00e9dicaments allongeant l&#8217;intervalle QT (contr\u00f4le des interactions, par exemple sur www.mediq.ch) et \u00e0 contr\u00f4ler r\u00e9guli\u00e8rement l&#8217;ECG.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me probl\u00e8me typique est le syndrome m\u00e9tabolique associ\u00e9 aux antipsychotiques, un facteur de risque d&#8217;\u00e9v\u00e9nements isch\u00e9miques cardio- et \u00e9galement c\u00e9r\u00e9brovasculaires. Il est donc recommand\u00e9 de surveiller \u00e9troitement les param\u00e8tres m\u00e9taboliques, y compris les valeurs de r\u00e9f\u00e9rence, avant m\u00eame le d\u00e9but du traitement. En cas de valeurs \u00e9lev\u00e9es, des mesures appropri\u00e9es peuvent alors \u00eatre prises apr\u00e8s une \u00e9valuation minutieuse des risques et des avantages : un changement de traitement antipsychotique, des programmes d&#8217;am\u00e9lioration de l&#8217;alimentation et de l&#8217;activit\u00e9 physique et, en dernier lieu, une r\u00e9duction m\u00e9dicamenteuse suppl\u00e9mentaire de la pression art\u00e9rielle, du cholest\u00e9rol et de la glyc\u00e9mie.<\/p>\n<h2 id=\"deux-nouvelles-etudes-sur-les-risques-cardiaques\">Deux nouvelles \u00e9tudes sur les risques cardiaques<\/h2>\n<p>Les risques cardiaques li\u00e9s \u00e0 l&#8217;administration d&#8217;antipsychotiques ont \u00e9t\u00e9 discut\u00e9s de mani\u00e8re plus approfondie dans un atelier interactif, anim\u00e9 par le professeur Waldemar Greil, Sanatorium Kilchberg et Ludwig-Maximilians Universit\u00e4t M\u00fcnchen, et le docteur Fran\u00e7ois Girardin, H\u00f4pitaux universitaires de Gen\u00e8ve. Le professeur Greil a fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une nouvelle \u00e9tude de l&#8217;AMSP qui a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 environ 200 cas d&#8217;effets secondaires cardiovasculaires graves sur environ 160 000 prescriptions d&#8217;antid\u00e9presseurs. Pour les antid\u00e9presseurs tricycliques, les effets secondaires cardiaques ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s environ deux fois plus souvent, soit 0,15% contre 0,08% pour les ISRS [1].<\/p>\n<p>Le Dr Girardin a pr\u00e9sent\u00e9 son travail r\u00e9cemment publi\u00e9 sur 6790 patients psychiatriques [2]. Il a constat\u00e9 que le risque d&#8217;arythmie lors de la prise d&#8217;antipsychotiques \u00e9tait particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9 chez les patients souffrant d&#8217;hypokali\u00e9mie, de modifications pr\u00e9existantes des ondes T sur l&#8217;ECG et d&#8217;infections par le VHC et le VIH. Dans la pratique clinique quotidienne, une surveillance particuli\u00e8re est donc n\u00e9cessaire en pr\u00e9sence de ces facteurs de risque.<\/p>\n<h2 id=\"nouvelles-methodes-de-suivi-therapeutique\">Nouvelles m\u00e9thodes de suivi th\u00e9rapeutique<\/h2>\n<p>Les analyses syst\u00e9matiques et les syst\u00e8mes d&#8217;information clinique peuvent contribuer de mani\u00e8re significative \u00e0 l&#8217;identification des combinaisons de m\u00e9dicaments dangereuses, voire contre-indiqu\u00e9es, et \u00e0 la mise en garde en temps utile. En tant que pharmacologue clinique et \u00e9pid\u00e9miologiste, le PD Dr Stefan Russmann s&#8217;int\u00e9resse \u00e0 ce sujet \u00e0 l&#8217;H\u00f4pital universitaire de Zurich. Avec son groupe de travail, il a cr\u00e9\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es une base de donn\u00e9es locale contenant environ 7 millions de prescriptions. Gr\u00e2ce au programme de &#8220;pharmaco\u00e9pid\u00e9miologie interventionnelle&#8221; qu&#8217;il a d\u00e9velopp\u00e9, les erreurs de m\u00e9dication dans un h\u00f4pital peuvent \u00eatre identifi\u00e9es, quantifi\u00e9es et leur pertinence clinique \u00e9valu\u00e9e en tr\u00e8s peu de temps <strong>(fig.&nbsp;3).<\/strong> Les connaissances acquises permettent ensuite d&#8217;int\u00e9grer des alertes automatis\u00e9es cibl\u00e9es dans la prescription \u00e9lectronique de m\u00e9dicaments.<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5219 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/abb3_np1_s37.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1023;height:558px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1023\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>En psychiatrie, il appara\u00eet ainsi que les associations dangereuses avec d&#8217;autres m\u00e9dicaments sont particuli\u00e8rement fr\u00e9quentes, notamment avec la clozapine, la fluvoxamine et le lithium, mais aussi avec l&#8217;amiodarone, un antiarythmique [3]. Mais \u00e0 l&#8217;avenir, les erreurs de m\u00e9dication les plus graves pourront \u00eatre \u00e9vit\u00e9es de mani\u00e8re efficace et efficiente gr\u00e2ce \u00e0 des algorithmes appropri\u00e9s. Les messages d&#8217;alerte hautement sp\u00e9cifiques doivent alors \u00eatre affich\u00e9s au moment de la prescription du m\u00e9dicament. Cela suppose un dossier m\u00e9dical \u00e9lectronique, mais celui-ci s&#8217;impose de toute fa\u00e7on actuellement comme norme au niveau international.<\/p>\n<h2 id=\"collaboration-interdisciplinaire-lexemple-des-maladies-chroniques-douloureuses\">Collaboration interdisciplinaire : l&#8217;exemple des maladies chroniques douloureuses<\/h2>\n<p>Le Dr Esther Hindermann de la clinique Barmelweid a abord\u00e9 les probl\u00e8mes typiques de la polypharmacie et la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;une collaboration interdisciplinaire en prenant l&#8217;exemple de la gestion des maladies douloureuses chroniques. Environ 20% de la population europ\u00e9enne est en proie \u00e0 des douleurs chroniques non tumorales. Il est tr\u00e8s important de mettre en place une coop\u00e9ration pr\u00e9coce pour \u00e9viter la chronicit\u00e9. Heureusement, il existe aujourd&#8217;hui une offre croissante de programmes multimodaux dont l&#8217;efficacit\u00e9 est scientifiquement bien \u00e9tablie. Les patients qui consomment des opio\u00efdes, en particulier, peuvent b\u00e9n\u00e9ficier d&#8217;une prise en charge multidisciplinaire \u00e9troite.<\/p>\n<p>Les erreurs fr\u00e9quentes peuvent \u00eatre \u00e9vit\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 des soins comp\u00e9tents et hautement sp\u00e9cialis\u00e9s, et le risque d&#8217;abus incontr\u00f4l\u00e9 d&#8217;analg\u00e9siques est endigu\u00e9. Les moyens pour y parvenir sont par exemple le choix de pr\u00e9parations \u00e0 effet retard pour les opio\u00efdes, l&#8217;\u00e9vitement des formes en gouttes, des doses maximales strictes et une r\u00e9ponse proactive aux effets ind\u00e9sirables. Les services somatiques et psychologiques\/psychiatriques s&#8217;efforcent simultan\u00e9ment d&#8217;identifier les causes et d&#8217;induire des changements de comportement. Ainsi, l&#8217;utilisation d&#8217;analg\u00e9siques peut \u00eatre r\u00e9duite \u00e0 moyen terme et m\u00eame, dans le meilleur des cas, totalement suspendue.<\/p>\n<h2 id=\"risques-et-profils-daction-des-nouveaux-psychotropes\">Risques et profils d&#8217;action des nouveaux psychotropes<\/h2>\n<p>Le PD Dr Daniel Sch\u00fcpbach, de la clinique psychiatrique universitaire de Zurich, a pr\u00e9sent\u00e9 les nouveaux m\u00e9dicaments psychotropes. La recherche sur les futurs antipsychotiques continue de se concentrer sur les m\u00e9canismes d&#8217;action antidopaminergiques. La &#8220;liste de souhaits&#8221; concernant les propri\u00e9t\u00e9s des nouveaux antipsychotiques s&#8217;apparente toujours \u00e0 la quadrature du cercle : une efficacit\u00e9 optimale, utilisable dans diff\u00e9rentes indications, peu d&#8217;effets ind\u00e9sirables et un co\u00fbt acceptable doivent \u00eatre r\u00e9unis dans un seul produit. Le Dr Sch\u00fcpbach a pr\u00e9sent\u00e9 les donn\u00e9es d&#8217;une m\u00e9ta-analyse tr\u00e8s remarqu\u00e9e sur la comparaison des antipsychotiques, publi\u00e9e dans le Lancet en 2013 [4]. Il est frappant de constater que, l\u00e0 encore, la bonne efficacit\u00e9 de la clozapine est soulign\u00e9e.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, le Dr Girardin a indiqu\u00e9 que l&#8217;importance du risque d&#8217;agranulocytose dans la comparaison \u00e9tait peut-\u00eatre plus historique que rationnelle [5]. Il existe des preuves que le risque n&#8217;est pas plus \u00e9lev\u00e9 que sous olanzapine, par exemple. L&#8217;\u00e9valuation du rapport risque\/b\u00e9n\u00e9fice des contr\u00f4les sanguins sous clozapine est d\u00e9sormais de plus en plus remise en question, et ceux-ci ne sont plus recommand\u00e9s que tous les trois mois aux Pays-Bas, par exemple. En revanche, l&#8217;importance du risque \u00e9lev\u00e9 d&#8217;effets ind\u00e9sirables m\u00e9taboliques sous clozapine est peut-\u00eatre plut\u00f4t sous-estim\u00e9e.<\/p>\n<h2 id=\"les-psychotropes-des-drogues-de-style-de-vie\">Les psychotropes, des &#8220;drogues de style de vie&#8221; ?<\/h2>\n<p>Les nouveaux antipsychotiques tels que l&#8217;aripiprazole et la lurasidone sont nettement plus avantageux en termes d&#8217;effets m\u00e9taboliques. Mais leur perception comme des antipsychotiques mieux tol\u00e9r\u00e9s peut aussi contribuer \u00e0 un \u00e9largissement des indications, jusqu&#8217;\u00e0 une utilisation discutable comme &#8220;lifestyle drugs&#8221;. L&#8217;aripiprazole est d\u00e9j\u00e0 l&#8217;un des m\u00e9dicaments les plus vendus au monde, et le modafinil est souvent utilis\u00e9 pour am\u00e9liorer les performances sans indication psychiatrique. La prise de nouveaux m\u00e9dicaments psychotropes devrait donc devenir un sujet de plus en plus important pour les psychiatres, les m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes, les \u00e9pid\u00e9miologistes et les payeurs du syst\u00e8me de sant\u00e9.<\/p>\n<p>\nLitt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Spindelegger C, et al : Int J Neuropsychopharmacology 2014, online first.<\/li>\n<li>Girardin F, et al : Am J Psychiatry 2013 ; 170(2) : 1468-1476.<\/li>\n<li>Haueis P, et al : Clin Pharmacol Ther 2011 ; 90(4) : 588-596.<\/li>\n<li>Leucht S, et al. : Lancet 2013 ; 382 : 951-962.<\/li>\n<li>Girardin F, et al : Lancet Psychiatry 2014 ; 1 : 55-62.<\/li>\n<\/ol>\n<p>\n<em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2015 ; 13(1) : 35-38<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les patients psychiatriques sont \u00e9galement hospitalis\u00e9s pour des maladies somatiques et, inversement, un traitement par psychotropes est souvent n\u00e9cessaire chez les patients pr\u00e9sentant des troubles somatiques primaires. 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