{"id":343812,"date":"2015-02-02T01:00:00","date_gmt":"2015-02-02T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/detection-precoce-des-troubles-cognitifs\/"},"modified":"2015-02-02T01:00:00","modified_gmt":"2015-02-02T00:00:00","slug":"detection-precoce-des-troubles-cognitifs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/detection-precoce-des-troubles-cognitifs\/","title":{"rendered":"D\u00e9tection pr\u00e9coce des troubles cognitifs"},"content":{"rendered":"<p><strong>Il est tr\u00e8s utile de d\u00e9tecter les troubles cognitifs le plus t\u00f4t possible : d&#8217;une part, cela permet de d\u00e9couvrir des causes traitables et, d&#8217;autre part, les personnes concern\u00e9es ont encore la possibilit\u00e9 de participer \u00e0 la planification de leur avenir personnel. Il existe diff\u00e9rents outils permettant de d\u00e9tecter les troubles cognitifs dans le cadre de la pratique de la m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale &#8211; le &#8220;BrainCheck&#8221; est d\u00e9sormais \u00e9galement disponible. Il faut savoir que les personnes ayant un niveau d&#8217;\u00e9ducation \u00e9lev\u00e9 disposent g\u00e9n\u00e9ralement d&#8217;une grande r\u00e9serve cognitive et que, par cons\u00e9quent, les limitations des capacit\u00e9s intellectuelles ne se manifestent souvent qu&#8217;\u00e0 un stade avanc\u00e9 de la maladie.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>L&#8217;\u00e2ge est le principal facteur de risque pour le d\u00e9veloppement de troubles cognitifs. C&#8217;est pourquoi, en raison de la forte augmentation de la proportion de personnes \u00e2g\u00e9es dans la population mondiale, on peut s&#8217;attendre \u00e0 ce que le nombre de personnes souffrant de troubles c\u00e9r\u00e9braux augmente tout autant. Des donn\u00e9es r\u00e9centes provenant d&#8217;Angleterre, de Su\u00e8de et des Pays-Bas indiquent que le nombre de patients atteints de d\u00e9mence ne sera pas aussi \u00e9lev\u00e9 que pr\u00e9vu, car la sant\u00e9 de la population \u00e2g\u00e9e sera meilleure que pr\u00e9vu. N\u00e9anmoins, les troubles cognitifs restent un probl\u00e8me de sant\u00e9 tr\u00e8s pertinent et certainement en augmentation.<\/p>\n<h2 id=\"pourquoi-un-diagnostic-precoce\">Pourquoi un diagnostic pr\u00e9coce ?<\/h2>\n<p>Pour un certain nombre de raisons, il est indiqu\u00e9 de d\u00e9tecter le plus t\u00f4t possible les changements dans les performances cognitives. D&#8217;une part, environ 10% des causes peuvent \u00eatre trait\u00e9es de mani\u00e8re causale et sont &#8211; au moins partiellement &#8211; r\u00e9versibles. Cela concerne par exemple l&#8217;hydroc\u00e9phalie \u00e0 pression normale, la carence en vitamine B12, les troubles affectifs prononc\u00e9s ou encore le syndrome d&#8217;apn\u00e9e obstructive du sommeil. Les sympt\u00f4mes de ces troubles peuvent g\u00e9n\u00e9ralement s&#8217;am\u00e9liorer de mani\u00e8re significative avec un traitement r\u00e9ussi. Mais m\u00eame si les troubles cognitifs ne peuvent pas \u00eatre trait\u00e9s de mani\u00e8re causale, des traitements symptomatiques efficaces sont disponibles. Ainsi, les effets des antid\u00e9mentiels &#8211; inhibiteurs de l&#8217;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase et m\u00e9mantine &#8211; ont \u00e9t\u00e9 maintes fois d\u00e9montr\u00e9s dans les maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives telles que la maladie d&#8217;Alzheimer, la d\u00e9mence \u00e0 corps de Lewy ou la d\u00e9mence associ\u00e9e \u00e0 la maladie de Parkinson. Le fait de pouvoir retarder l&#8217;aggravation apporte un gain de qualit\u00e9 de vie aux personnes concern\u00e9es et \u00e0 leur entourage social et contribue en outre \u00e0 r\u00e9duire les co\u00fbts de prise en charge \u00e0 long terme.<\/p>\n<p>L&#8217;identification pr\u00e9coce des troubles cognitifs et leur diagnostic diff\u00e9rentiel permettent \u00e9galement d&#8217;\u00e9viter les erreurs de traitement. Par exemple, au stade pr\u00e9coce d&#8217;une d\u00e9mence \u00e0 corps de Lewy, il faut si possible \u00e9viter de traiter avec de telles substances en raison de la sensibilit\u00e9 accrue aux neuroleptiques.<br \/>\nL&#8217;objectif de l&#8217;identification du changement cognitif est de stabiliser &#8211; et m\u00eame, dans certains cas, d&#8217;am\u00e9liorer l\u00e9g\u00e8rement &#8211; les sympt\u00f4mes. Si cela est r\u00e9alis\u00e9 au stade le plus pr\u00e9coce possible de la maladie, les personnes concern\u00e9es ont encore la possibilit\u00e9 de participer \u00e0 la planification de leur avenir personnel, par exemple leur future situation en mati\u00e8re de logement ou de soins, ainsi que la r\u00e9daction de directives anticip\u00e9es ou d&#8217;un testament. \u00c9tant donn\u00e9 que les sympt\u00f4mes cognitifs sont g\u00e9n\u00e9ralement tr\u00e8s p\u00e9nibles non seulement pour les patients eux-m\u00eames, mais aussi pour leurs proches, une d\u00e9tection pr\u00e9coce et un diagnostic diff\u00e9rentiel correct permettent de fournir des conseils et un soutien cibl\u00e9s, y compris \u00e0 l&#8217;entourage social.<\/p>\n<h2 id=\"depistage-ou-case-finding\">D\u00e9pistage ou &#8220;case finding&#8221; ?<\/h2>\n<p>Quelle est la meilleure fa\u00e7on de d\u00e9tecter les changements cognitifs et comportementaux \u00e0 un stade pr\u00e9coce ? Dans une analyse r\u00e9alis\u00e9e pour la &#8220;Preventive Services Task Force&#8221; am\u00e9ricaine, Lin et al. a conclu qu&#8217;il n&#8217;y avait pas suffisamment de preuves pour ou contre l&#8217;utilit\u00e9 d&#8217;un d\u00e9pistage de routine des sympt\u00f4mes cognitifs chez les personnes \u00e2g\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle de la population [1]. En revanche, l&#8217;Association am\u00e9ricaine de la maladie d&#8217;Alzheimer indique dans ses recommandations pour la d\u00e9tection des sympt\u00f4mes cognitifs dans le cadre de l&#8217;examen de sant\u00e9 annuel qu&#8217;il convient d&#8217;agir en pratique de m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale en pr\u00e9sence de premiers indices pertinents de changements cognitifs, ce d\u00e9pistage \u00e9tant appel\u00e9 au sens strict &#8220;case finding&#8221; [2]. L&#8217;indication pour le &#8220;case finding&#8221; est toujours donn\u00e9e lorsque des patients ou des proches rapportent des probl\u00e8mes correspondants ou lorsque l&#8217;on remarque un comportement correspondant dans la pratique quotidienne du m\u00e9decin. Il s&#8217;agit notamment de<\/p>\n<ul>\n<li>Sympt\u00f4mes mentaux, par ex. diminution de la m\u00e9moire, de la capacit\u00e9 de planification, de l&#8217;int\u00e9r\u00eat, de la motivation<\/li>\n<li>Changements de comportement, par ex. diminution de la distance, irritabilit\u00e9, retrait social<\/li>\n<li>Observations dans la pratique, par exemple manquer plusieurs fois un rendez-vous m\u00e9dical, porter des v\u00eatements inappropri\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<h2 id=\"case-finding-dans-la-pratique-de-la-medecine-generale\">Case-finding dans la pratique de la m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale<\/h2>\n<p>Le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste a un r\u00f4le tr\u00e8s significatif \u00e0 jouer dans la d\u00e9tection des sympt\u00f4mes cognitifs. Cela se traduit par le mod\u00e8le dit \u00e0 deux niveaux, largement utilis\u00e9 en Suisse <strong>(figure&nbsp;1)<\/strong> [3]. Les crit\u00e8res de consensus suisses pour le diagnostic et le traitement des personnes atteintes de d\u00e9mence soulignent que l&#8217;\u00e9valuation par le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, l&#8217;examen interdisciplinaire qui s&#8217;ensuit dans une clinique de la m\u00e9moire permettent de clarifier l&#8217;\u00e9tendue et la cause des troubles mentaux, de sorte que des interventions pharmacologiques et non pharmacologiques ad\u00e9quates peuvent \u00eatre mises en place [4].<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-5153\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/abb1_hp1_s31.png\" style=\"height:488px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"894\"><\/p>\n<p>Pour les soins de base, il existe toute une s\u00e9rie de tests de d\u00e9pistage et de tests de diagnostic. Les outils de case-finding sont disponibles pour identifier les d\u00e9ficits cognitifs. Ceux-ci doivent alors \u00eatre clarifi\u00e9s de mani\u00e8re plus compl\u00e8te et diff\u00e9renci\u00e9e dans une prochaine \u00e9tape. Il faut cependant insister sur ce point : Les proc\u00e9dures de d\u00e9pistage ne doivent pas, ne peuvent pas et ne doivent pas permettre de poser un diagnostic &#8211; sous aucune condition !<\/p>\n<p>Outre l&#8217;outil le plus connu, le Mini Mental Status (MMS), le test de l&#8217;horloge ou, de plus en plus, le test MoCA (Montreal Cognitive Assessment ; www.mocatest.org) ainsi que toute une s\u00e9rie d&#8217;autres m\u00e9thodes sont utilis\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans la pratique de la m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale, le temps n\u00e9cessaire \u00e0 l&#8217;\u00e9valuation des aspects de la capacit\u00e9 mentale est un facteur critique, car de nombreux param\u00e8tres m\u00e9dicaux doivent souvent \u00eatre \u00e9valu\u00e9s lors des consultations, et ce avec des ressources temporelles tr\u00e8s limit\u00e9es. De plus, en raison de la nature des questions, l&#8217;utilisation de ces tests courts est souvent per\u00e7ue comme d\u00e9sagr\u00e9able et confrontante par les m\u00e9decins et les patients, qui s&#8217;en abstiennent donc dans de nombreux cas. Dans le cas du MMS, il faut ajouter qu&#8217;un copyright s&#8217;applique \u00e0 ce proc\u00e9d\u00e9 et que son utilisation est payante.<\/p>\n<p>Qu&#8217;est-ce qui peut donc aider \u00e0 d\u00e9cider, dans la pratique de la m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale et en \u00e9conomisant du temps, si les performances cognitives d&#8217;un patient sont modifi\u00e9es au point de n\u00e9cessiter un examen plus approfondi, ou s&#8217;il est indiqu\u00e9 d&#8217;attendre en observant ? La proposition de Cordell et al. pr\u00e9voit qu&#8217;en cas de premiers indices de sympt\u00f4mes cognitifs, trois sources d&#8217;informations standardis\u00e9es sont utilis\u00e9es : L&#8217;entretien avec le patient, un bref test et l&#8217;entretien avec les proches.<\/p>\n<h2 id=\"test-a-laide-du-braincheck\">Test \u00e0 l&#8217;aide du &#8220;BrainCheck<\/h2>\n<p>Avant m\u00eame la publication de ces recommandations, la r\u00e9alisation d&#8217;un outil court avec cette combinaison d&#8217;informations \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 l&#8217;objectif d&#8217;une \u00e9tude multicentrique de plusieurs Memory Clinics en Suisse. Le &#8220;BrainCheck&#8221; a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9, un outil court d&#8217;environ cinq minutes qui, utilis\u00e9 dans la pratique de la m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale, donne une indication sur la mani\u00e8re dont il convient de poursuivre [5]. En cas de r\u00e9sultat anormal, il convient de proc\u00e9der \u00e0 un examen approfondi, en g\u00e9n\u00e9ral interdisciplinaire, tandis qu&#8217;en cas de r\u00e9sultat normal, il convient d&#8217;attendre en observant, en r\u00e9p\u00e9tant \u00e9ventuellement l&#8217;examen dans 6 \u00e0 12 mois.<\/p>\n<p>BrainCheck se compose de (a) trois questions au patient, (b) le test de l&#8217;horloge <strong>(Fig.&nbsp;2)<\/strong> et (c) l&#8217;interrogation d&#8217;un proche sur les changements survenus chez le patient au cours des deux derni\u00e8res ann\u00e9es (Informant Questionnaire on Cognitive Decline in the Elderly, IQCODE)<strong> (Tab.&nbsp;1)<\/strong> [6,7].<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5154 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/abb2_hp1_s32_0.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 877px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 877\/1186;height:811px; width:600px\" width=\"877\" height=\"1186\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/abb2_hp1_s32_0.png 877w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/abb2_hp1_s32_0-800x1082.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/abb2_hp1_s32_0-120x162.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/abb2_hp1_s32_0-90x122.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/abb2_hp1_s32_0-320x433.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/abb2_hp1_s32_0-560x757.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 877px) 100vw, 877px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>Apr\u00e8s le d\u00e9veloppement du BrainCheck, son applicabilit\u00e9 par les m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes a \u00e9t\u00e9 test\u00e9e dans le cadre d&#8217;une \u00e9tude pr\u00e9liminaire. Il a ensuite \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 dans une autre \u00e9tude que l&#8217;algorithme d&#8217;\u00e9valuation d\u00e9riv\u00e9 empiriquement <strong>(figure&nbsp;3)<\/strong> permettait de classer correctement des individus d&#8217;un groupe de personnes saines et d&#8217;un groupe de patients (souffrant de troubles cognitifs l\u00e9gers, de d\u00e9mence l\u00e9g\u00e8re de type Alzheimer ou de d\u00e9pression majeure) comme &#8220;normaux&#8221; ou &#8220;n\u00e9cessitant une \u00e9valuation&#8221; dans 89% des cas.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5155 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/abb3_hp1_s33.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/758;height:413px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"758\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>Le temps n\u00e9cessaire \u00e0 la r\u00e9alisation et \u00e0 l&#8217;\u00e9valuation est nettement inf\u00e9rieur \u00e0 celui d&#8217;autres outils de d\u00e9pistage, puisqu&#8217;il ne prend que quelques minutes (le questionnaire peut \u00eatre rempli sans probl\u00e8me par les proches dans la salle d&#8217;attente).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5156 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/tab1_hp1_s34.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 863px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 863\/1140;height:793px; width:600px\" width=\"863\" height=\"1140\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<h2 id=\"reserve-cognitive\">R\u00e9serve cognitive<\/h2>\n<p>La d\u00e9tection pr\u00e9coce des sympt\u00f4mes mentaux n&#8217;est pas seulement utile lorsque les crit\u00e8res d&#8217;un syndrome d\u00e9mentiel sont remplis et que l&#8217;indication d&#8217;un traitement m\u00e9dicamenteux est pos\u00e9e. Un d\u00e9fi particulier se pose lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de d\u00e9tecter des changements cognitifs pr\u00e9coces chez des patients dont le niveau intellectuel initial est (tr\u00e8s) \u00e9lev\u00e9. Il peut \u00eatre important de proc\u00e9der \u00e0 une \u00e9valuation plus d\u00e9taill\u00e9e, m\u00eame si les r\u00e9sultats des proc\u00e9dures simples et courtes sont normaux, mais que les patients se plaignent de changements dans leurs performances.<\/p>\n<p>Le concept de r\u00e9serve cognitive part du principe qu&#8217;en pr\u00e9sence d&#8217;un processus c\u00e9r\u00e9bral pathologique, les r\u00e9seaux cognitifs peuvent \u00eatre utilis\u00e9s de mani\u00e8re plus flexible et plus efficace dans l&#8217;accomplissement des t\u00e2ches lorsque les personnes ont un niveau d&#8217;\u00e9ducation et de qualification professionnelle plus \u00e9lev\u00e9 et sont intellectuellement actives &#8211; m\u00eame si l&#8217;activit\u00e9 intellectuelle plus \u00e9lev\u00e9e n&#8217;a eu lieu qu&#8217;\u00e0 des stades ult\u00e9rieurs de la vie.  <strong>(Fig.&nbsp;4)<\/strong> [8].<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5157 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/abb4_s34_hp1_0.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/611;height:333px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"611\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/abb4_s34_hp1_0.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/abb4_s34_hp1_0-800x444.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/abb4_s34_hp1_0-120x67.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/abb4_s34_hp1_0-90x50.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/abb4_s34_hp1_0-320x178.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/abb4_s34_hp1_0-560x311.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>Ce concept est important non seulement pour le processus de diagnostic, mais aussi pour le suivi des patients. Lorsque la pathologie c\u00e9r\u00e9brale commence \u00e0 affecter les performances d&#8217;une personne disposant d&#8217;une r\u00e9serve cognitive \u00e9lev\u00e9e, le d\u00e9clin sera plus rapide, car l&#8217;\u00e9tendue de la pathologie est d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s importante \u00e0 ce moment-l\u00e0. Cela n\u00e9cessite un suivi plus \u00e9troit afin d&#8217;adapter le traitement en temps voulu.<\/p>\n<h2 id=\"traitement-des-facteurs-de-risque\">Traitement des facteurs de risque<\/h2>\n<p>Bien que la preuve de la causalit\u00e9 ne soit pas encore \u00e9tablie, des \u00e9tudes \u00e9pid\u00e9miologiques indiquent que le traitement syst\u00e9matique des facteurs de risque potentiellement modifiables pourrait r\u00e9duire de mani\u00e8re significative l&#8217;incidence de la maladie d&#8217;Alzheimer [9]. Il s&#8217;agit notamment d&#8217;am\u00e9liorer l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 l&#8217;\u00e9ducation et de r\u00e9duire les facteurs de risque vasculaire &#8211; inactivit\u00e9 physique, hypertension, tabagisme, ob\u00e9sit\u00e9, diab\u00e8te &#8211; ainsi que la d\u00e9pression.<\/p>\n<p>Lors de la Conf\u00e9rence internationale de l&#8217;Association Alzheimer (AAIC) qui s&#8217;est tenue cette ann\u00e9e \u00e0 Copenhague, les r\u00e9sultats de plusieurs \u00e9tudes ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s, dans lesquelles les facteurs de risque ont \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s au moyen d&#8217;approches multimodales et aussi individualis\u00e9es que possible. Les recommandations issues de ces programmes incluent des mesures visant \u00e0 augmenter les activit\u00e9s physiques mais aussi sociales, une alimentation saine et le bien-\u00eatre mental. Bien que des donn\u00e9es plus solides soient n\u00e9cessaires pour d\u00e9montrer des effets robustes, il est clair que seule la d\u00e9tection pr\u00e9coce des changements cognitifs permet une intervention pr\u00e9coce &#8211; alors intensifi\u00e9e &#8211; m\u00eame si, \u00e0 l&#8217;heure actuelle, il n&#8217;est pas encore possible de gu\u00e9rir certains troubles cognitifs. Les donn\u00e9es sur la r\u00e9serve cognitive devraient inciter \u00e0 accorder \u00e0 l&#8217;avenir une place importante \u00e0 l&#8217;augmentation des activit\u00e9s favorisant la cognition. En outre, il est clair que le d\u00e9veloppement de meilleures options th\u00e9rapeutiques pour les troubles c\u00e9r\u00e9braux chez les personnes \u00e2g\u00e9es doit \u00eatre une priorit\u00e9 compte tenu de l&#8217;\u00e9volution d\u00e9mographique.<\/p>\n<h2 id=\"conclusion-pour-la-pratique\">Conclusion pour la pratique<\/h2>\n<ul>\n<li>L&#8217;identification pr\u00e9coce des sympt\u00f4mes cognitifs est une condition pr\u00e9alable \u00e0 la mise en place de strat\u00e9gies de traitement personnalis\u00e9es afin de maintenir et d&#8217;am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de vie des personnes concern\u00e9es et de leur environnement social.<\/li>\n<li>De nombreuses causes de d\u00e9ficits cognitifs ne peuvent pas \u00eatre soign\u00e9es, mais peuvent \u00eatre trait\u00e9es. Ce traitement doit \u00eatre effectu\u00e9 le plus t\u00f4t possible.<\/li>\n<li>L&#8217;activit\u00e9 de m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale a un r\u00f4le central dans l&#8217;identification des troubles de la cognition et du comportement.<\/li>\n<li>Les proc\u00e9dures de d\u00e9pistage ne fournissent pas de diagnostic, mais aident \u00e0 d\u00e9cider de la marche \u00e0 suivre.<\/li>\n<li>L&#8217;outil &#8220;BrainCheck&#8221; est court, peu confrontant, int\u00e8gre les informations des proches, est facile \u00e0 \u00e9valuer et atteint un taux tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 de d\u00e9cisions correctes.<\/li>\n<li>Les approches th\u00e9rapeutiques non pharmacologiques visant \u00e0 r\u00e9duire les facteurs de risque doivent se voir accorder une plus grande importance dans un avenir imm\u00e9diat.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong><em>Dr. Michael Ehrensperger<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\nLitt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Lin JS, et al : Screening for Cognitive Impairment in Older Adults : A Systematic Review for the U.S. Preventive Services Task Force. Ann Intern Med 2013 ; 159 : 601-612.<\/li>\n<li>Cordell CB, et al : Alzheimer&#8217;s Association recommendations for operationalizing the detection of cognitive impairment during the Medicare Annual Wellness Visit in a primary care setting. Alzheimers Dement 2013 ; 9 : 141-150.<\/li>\n<li>St\u00e4helin HB, et al : Diagnostic pr\u00e9coce de la d\u00e9mence via une proc\u00e9dure de d\u00e9pistage et de diagnostic en deux \u00e9tapes. Int Psychogeriatr 1997 ; 9(Suppl. 1) : 123.<\/li>\n<li>Monsch AU, et al. : Consensus 2012 sur le diagnostic et le traitement des personnes atteintes de d\u00e9mence en Suisse. Praxis 2012 ; 101(19) : 1239-1249.<\/li>\n<li>Ehrensperger MM, et al : BrainCheck &#8211; a very brief tool to detect incipient cognitive decline : optimized case-finding combining patient- and informant-based data. Alz Res Ther 2014 ; 6 : 69. doi:10.1186\/s13195-014-0069-y.<\/li>\n<li>Jorm AF, et al. : Assessment of cognitive decline in dementia by informant. questionnaire. Int J Geriatr Psychiatr 1989 ; 4 : 35-39.<\/li>\n<li>Ehrensperger MM, et al : Propri\u00e9t\u00e9s de d\u00e9pistage de l&#8217;IQCODE allemand avec un cadre temporel de deux ans dans le MCI et la maladie d&#8217;Alzheimer pr\u00e9coce. Int Psychogeriatr 2010 ; 22(1) : 91-100.<\/li>\n<li>Stern Y : Cognitive reserve. Neuropsychologia 2009 ; 47 : 2015-2028.<\/li>\n<li>Norton S, et al : Potential for primary prevention of Alzheimer&#8217;s disease : an analysis of population-based data. Lancet Neurol 2014 ; 13 : 788-794.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2015 ; 10(1) : 30-35<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est tr\u00e8s utile de d\u00e9tecter les troubles cognitifs le plus t\u00f4t possible : d&#8217;une part, cela permet de d\u00e9couvrir des causes traitables et, d&#8217;autre part, les personnes concern\u00e9es ont&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":48859,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Questions et tests","footnotes":""},"category":[11531,11383,11489,11549],"tags":[48386,48376,48391,48399,48358,48367],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-343812","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-formation-continue","category-neurologie-fr","category-psychiatrie-et-psychotherapie","category-rx-fr","tag-brain-check-fr","tag-clinique-de-la-memoire","tag-reserve-cognitive","tag-seuil-de-demence","tag-syndrome-dapnee-du-sommeil","tag-vitamine-b12","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-04-24 07:52:11","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":343786,"slug":"individuazione-precoce-dei-disturbi-cognitivi","post_title":"Individuazione precoce dei disturbi cognitivi","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/individuazione-precoce-dei-disturbi-cognitivi\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":343802,"slug":"deteccao-precoce-de-perturbacoes-cognitivas","post_title":"Detec\u00e7\u00e3o precoce de perturba\u00e7\u00f5es cognitivas","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/deteccao-precoce-de-perturbacoes-cognitivas\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":343813,"slug":"deteccion-precoz-de-trastornos-cognitivos","post_title":"Detecci\u00f3n precoz de trastornos cognitivos","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/deteccion-precoz-de-trastornos-cognitivos\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/343812","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=343812"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/343812\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/48859"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=343812"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=343812"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=343812"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=343812"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}