{"id":343870,"date":"2015-01-26T08:52:15","date_gmt":"2015-01-26T07:52:15","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/les-parametres-histopathologiques-sont-des-facteurs-pronostiques-importants\/"},"modified":"2015-01-26T08:52:15","modified_gmt":"2015-01-26T07:52:15","slug":"les-parametres-histopathologiques-sont-des-facteurs-pronostiques-importants","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/les-parametres-histopathologiques-sont-des-facteurs-pronostiques-importants\/","title":{"rendered":"Les param\u00e8tres histopathologiques sont des facteurs pronostiques importants"},"content":{"rendered":"<p><strong>Sous nos latitudes, les principaux facteurs de risque de cancer de la cavit\u00e9 buccale sont la consommation de tabac et d&#8217;alcool, l&#8217;infection chronique par un HPV \u00e0 haut risque, l&#8217;immunosuppression et les tumeurs ant\u00e9rieures de la t\u00eate et du cou. Souvent, les carcinomes ne sont d\u00e9tect\u00e9s qu&#8217;\u00e0 un stade tardif, c&#8217;est pourquoi le taux de survie global des patients atteints de carcinome de la cavit\u00e9 buccale n&#8217;est que de 50%. Le traitement consiste principalement en une r\u00e9section chirurgicale de la tumeur, accompagn\u00e9e ou non d&#8217;une radio(chimioth\u00e9rapie) adjuvante. Pour tous les patients pr\u00e9sentant des stades T1\/T2cN0, il est recommand\u00e9 d&#8217;effectuer une biopsie du ganglion lymphatique sentinelle afin de d\u00e9terminer la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;une dissection du cou.  <\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Environ 5% de toutes les tumeurs malignes dans le monde sont des carcinomes de la cavit\u00e9 buccale, dont 95% sont des carcinomes \u00e9pidermo\u00efdes [1]. Le pic de l&#8217;\u00e2ge est de 60 ans. On constate une l\u00e9g\u00e8re pr\u00e9disposition pour le sexe masculin.<\/p>\n<h2 id=\"facteurs-de-risque-tabagisme-alcool-et-infection-par-un-hpv-a-haut-risque\">Facteurs de risque : tabagisme, alcool et infection par un HPV \u00e0 haut risque<\/h2>\n<p>Les principaux facteurs de risque de carcinogen\u00e8se au niveau de la cavit\u00e9 buccale sont la consommation de tabac (plus d&#8217;un paquet\/jour) et l&#8217;abus d&#8217;alcool (plus de 100&nbsp;g\/jour). Dans d&#8217;autres pays, comme l&#8217;Inde, o\u00f9 l&#8217;on consomme des noix de b\u00e9tel et du tabac \u00e0 chiquer, le carcinome de la cavit\u00e9 buccale fait m\u00eame partie des tumeurs malignes les plus fr\u00e9quentes. Une autre cause est l&#8217;immunosuppression, qui a pris de l&#8217;importance avec l&#8217;augmentation du nombre de patients immunod\u00e9prim\u00e9s, par exemple apr\u00e8s une transplantation d&#8217;organe. Le taux d&#8217;incidence chez les personnes ayant subi une transplantation est de 5% apr\u00e8s 20&nbsp;ans et d\u00e9pend principalement du degr\u00e9 de r\u00e9action du greffon contre l&#8217;h\u00f4te [2].<\/p>\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, on a constat\u00e9 une augmentation des indications chez les jeunes patients de moins de 45 ans, ce qui pourrait s&#8217;expliquer, comme pour le cancer de l&#8217;oropharynx, par une augmentation de la pr\u00e9valence des cancers caus\u00e9s par des types \u00e0 haut risque du papillomavirus humain (HPV). La proportion de carcinomes associ\u00e9s \u00e0 l&#8217;HPV est toutefois nettement plus faible dans la cavit\u00e9 buccale (moins de 20%) que dans l&#8217;oropharynx (plus de 50%).<\/p>\n<p>Un autre facteur de risque important pour le d\u00e9veloppement d&#8217;une tumeur maligne dans les voies a\u00e9rodigestives sup\u00e9rieures est une tumeur maligne ant\u00e9rieure dans la r\u00e9gion de la t\u00eate et du cou. Dans une \u00e9valuation r\u00e9trospective de pr\u00e8s de 100 000 patients, le risque cumul\u00e9 \u00e0 20 ans de d\u00e9velopper une deuxi\u00e8me tumeur primaire dans les voies a\u00e9rodigestives sup\u00e9rieures \u00e9tait de 36% [3]. La raison pourrait \u00eatre l&#8217;approche adopt\u00e9e par Slaughter et al. qui d\u00e9crit les effets canc\u00e9rig\u00e8nes du tabac et de l&#8217;alcool agissant simultan\u00e9ment sur plusieurs zones du tractus a\u00e9rodigestif sup\u00e9rieur et d\u00e9clenchant le d\u00e9veloppement de plusieurs tumeurs primaires ind\u00e9pendantes [4].<\/p>\n<h2 id=\"precancers\">Pr\u00e9cancers<\/h2>\n<p>Certains cancers de la cavit\u00e9 buccale se d\u00e9veloppent en raison de l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses ou de conditions pr\u00e9malignes. La leucoplasie, dont la pr\u00e9valence est de 0,2 \u00e0 5 %, est consid\u00e9r\u00e9e comme une l\u00e9sion pr\u00e9canc\u00e9reuse facultative, tandis que l&#8217;\u00e9rythroplasie et la leucoplasie verruqueuse sont des l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses obligatoires. Une leucoplasie peut correspondre histopathologiquement \u00e0 une simple hyperplasie \u00e9pith\u00e9liale jusqu&#8217;\u00e0 un carcinome invasif [5]. Les l\u00e9sions du plancher buccal et du bord de la langue pr\u00e9sentent plus souvent des zones dysplasiques par rapport \u00e0 la muqueuse buccale [6].<\/p>\n<p>Comme il est pratiquement impossible de distinguer cliniquement une modification b\u00e9nigne, pr\u00e9maligne ou maligne, le pr\u00e9l\u00e8vement d&#8217;une biopsie est recommand\u00e9. Les dysplasies l\u00e9g\u00e8res et mod\u00e9r\u00e9es doivent \u00eatre surveill\u00e9es au cours de leur \u00e9volution, car 3 \u00e0 8 % des leucoplasies d\u00e9g\u00e9n\u00e8rent sur une p\u00e9riode de cinq ans. Si l&#8217;histopathologie r\u00e9v\u00e8le une dysplasie de haut grade, la l\u00e9sion est retir\u00e9e avec une marge de s\u00e9curit\u00e9 de 0,5&nbsp;cm. En raison du risque de faux n\u00e9gatif, notamment en cas de modifications \u00e9tendues, la mucosectomie est recommand\u00e9e comme alternative [5]. Dans le cas des \u00e9rythroplakies, qui sont des l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses obligatoires, la r\u00e9section chirurgicale est recommand\u00e9e dans tous les cas.<\/p>\n<h2 id=\"methodes-de-diagnostic-precoce\">M\u00e9thodes de diagnostic pr\u00e9coce<\/h2>\n<p>Les tumeurs des voies a\u00e9rodigestives sup\u00e9rieures restent souvent asymptomatiques pendant longtemps et sont donc d\u00e9couvertes tardivement <strong>(Fig.&nbsp;1 et 2). <\/strong>Ainsi, seul un tiers des patients atteints de carcinome de la cavit\u00e9 buccale sont diagnostiqu\u00e9s \u00e0 un stade pr\u00e9coce sans m\u00e9tastases r\u00e9gionales. Environ 10% des patients ont d\u00e9j\u00e0 des m\u00e9tastases \u00e0 distance au moment du diagnostic [7].<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-5082\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/abb1-2_oh10_s7.jpg\" style=\"height:900px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1651\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le moment du diagnostic ayant une influence directe sur le pronostic d&#8217;un patient, la d\u00e9tection pr\u00e9coce d&#8217;une l\u00e9sion pr\u00e9maligne ou invasive est d&#8217;une importance capitale. Afin d&#8217;am\u00e9liorer le diagnostic pr\u00e9coce, la coloration des tissus avec des colorants tels que le bleu de toluidine a \u00e9t\u00e9 promue ; en outre, diff\u00e9rentes m\u00e9thodes techniques ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es, telles que le diagnostic par autofluorescence, la spectroscopie optique, la tomographie par coh\u00e9rence optique ou l&#8217;imagerie \u00e0 bande \u00e9troite (Narrow Band Imaging, NBI). Dans une m\u00e9ta-analyse portant sur l&#8217;utilisation du bleu de toluidine dans la r\u00e9gion de la t\u00eate et du cou, la sensibilit\u00e9 pour la d\u00e9tection d&#8217;une tumeur invasive \u00e9tait de 78 \u00e0 100 % et la sp\u00e9cificit\u00e9 de 30 \u00e0 100 %. En cas de dysplasie, la m\u00e9thode n&#8217;a \u00e9t\u00e9 positive que dans environ la moiti\u00e9 des cas [8]. Cette technique ne s&#8217;est pas impos\u00e9e comme m\u00e9thode de d\u00e9pistage en raison de sa faible sp\u00e9cificit\u00e9 [9,10], comme l&#8217;a \u00e9galement montr\u00e9 une m\u00e9ta-analyse r\u00e9cente. Celle-ci a compar\u00e9 la coloration au bleu de toluidine, le cytodiagnostic et la spectroscopie de r\u00e9flexion diffuse (DRS) avec le diagnostic par autofluorescence induite par laser (LIAF) [11]. La DRS (97%) et la LIAF (96%) ont obtenu la plus grande pr\u00e9cision de diagnostic. Les deux techniques se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es nettement sup\u00e9rieures aux autres m\u00e9thodes, la coloration au bleu de toluidine obtenant le plus mauvais r\u00e9sultat (67%).<\/p>\n<p>Volgger et al. ont \u00e9tudi\u00e9 l&#8217;importance de la tomographie par coh\u00e9rence optique pour le diagnostic des tumeurs dans les voies a\u00e9rodigestives sup\u00e9rieures [5]. Les auteurs concluent que la tomographie par coh\u00e9rence optique est un outil appropri\u00e9 pour le diagnostic pr\u00e9coce des tumeurs en raison de sa haute r\u00e9solution et de sa facilit\u00e9 d&#8217;utilisation, mais qu&#8217;elle ne peut pas remplacer une biopsie. Des \u00e9tudes ant\u00e9rieures sont arriv\u00e9es \u00e0 une conclusion similaire [12,13].<\/p>\n<p>L&#8217;imagerie \u00e0 bande \u00e9troite (NBI) se concentre sur le renforcement du contraste des images des structures vasculaires superficielles, r\u00e9v\u00e9lant des n\u00e9ovaisseaux caract\u00e9ristiques dans les l\u00e9sions pr\u00e9malignes ou invasives, qui peuvent \u00eatre utilis\u00e9s pour le diagnostic pr\u00e9coce. Une revue r\u00e9cente a montr\u00e9 que la pr\u00e9cision diagnostique de la NBI \u00e9tait de 92-97% contre 66-89% pour l&#8217;endoscopie en lumi\u00e8re blanche ; la NBI a donc une utilit\u00e9 potentiellement importante pour la d\u00e9tection et l&#8217;\u00e9valuation des l\u00e9sions pr\u00e9malignes et invasives [14]. En principe, l&#8217;examen histologique pr\u00e9coce des alt\u00e9rations des muqueuses orales reste cependant le diagnostic de choix.<\/p>\n<h2 id=\"staging\">Staging<\/h2>\n<p>En pr\u00e9sence d&#8217;un carcinome de la cavit\u00e9 buccale, la d\u00e9cision th\u00e9rapeutique doit \u00eatre prise apr\u00e8s discussion lors d&#8217;un tumorboard interdisciplinaire, en tenant compte de la localisation exacte de la tumeur, du stade tumoral selon la classification TNM <strong>(tab.&nbsp;1),<\/strong> des maladies secondaires et des souhaits du patient. Si la biopsie a confirm\u00e9 le diagnostic de carcinome de la cavit\u00e9 buccale, une \u00e9chographie des parties molles du cou avec ponction \u00e0 l&#8217;aiguille fine des ganglions lymphatiques doit \u00eatre effectu\u00e9e pour le staging. L&#8217;examen radiologique de la tumeur primaire se fait de pr\u00e9f\u00e9rence par imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique (IRM), d&#8217;autant plus que l&#8217;IRM permet de mieux visualiser l&#8217;extension des tissus mous et a la m\u00eame sensibilit\u00e9 qu&#8217;une tomodensitom\u00e9trie (TDM) \u00e0 haute r\u00e9solution en ce qui concerne l&#8217;infiltration osseuse dans la mandibule ou le maxillaire [15]. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, une panendoscopie sup\u00e9rieure est r\u00e9alis\u00e9e sous anesth\u00e9sie, pour une \u00e9valuation clinique d\u00e9taill\u00e9e de la tumeur et pour exclure les tumeurs secondaires synchrones, qui peuvent \u00eatre d\u00e9tect\u00e9es chez environ 5% des patients [16]. Dans les stades avanc\u00e9s de la tumeur (cT3-4 ou cN2-3), la tomographie par \u00e9mission de positons (TEP) avec fluorod\u00e9soxyglucose (FDG) s&#8217;est \u00e9tablie pour le staging et l&#8217;exclusion des m\u00e9tastases \u00e0 distance [17].<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5083 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/tab1-oh10_s8.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1000;height:546px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1000\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<h2 id=\"options-therapeutiques\">Options th\u00e9rapeutiques<\/h2>\n<p>Pour le traitement des stades pr\u00e9coces de la tumeur (cT1-2 et cN0-1), un traitement &#8220;mono-modalit\u00e9&#8221; est g\u00e9n\u00e9ralement suffisant, le plus souvent sous la forme d&#8217;une chirurgie seule [15]. Une alternative est la radioth\u00e9rapie (radioth\u00e9rapie percutan\u00e9e ou curieth\u00e9rapie). Les cancers avanc\u00e9s de la cavit\u00e9 buccale (cT3-4, &gt;cN1) sont g\u00e9n\u00e9ralement trait\u00e9s de mani\u00e8re multimodale par une r\u00e9section chirurgicale et une radioth\u00e9rapie adjuvante, avec ou sans chimioth\u00e9rapie concomitante [15]. Sur la base des travaux de Bernier et Cooper, l&#8217;indication d&#8217;une chimioth\u00e9rapie compl\u00e9mentaire par cisplatine \u00e0 la radioth\u00e9rapie adjuvante est donn\u00e9e en cas de croissance tumorale extracapsulaire (ECS), de lymphangiose carcinomateuse, d&#8217;extension tumorale p\u00e9rineurale et de marges d&#8217;ex\u00e9r\u00e8se positives [18\u201320]. Une \u00e9tude r\u00e9cente confirme que la survie \u00e0 2 et 5 ans peut \u00eatre significativement am\u00e9lior\u00e9e par la chimioth\u00e9rapie, en particulier chez les patients atteints de SCE [21].<\/p>\n<p>La chirurgie primaire, suivie d&#8217;une radioth\u00e9rapie adjuvante avec ou sans chimioth\u00e9rapie, est le traitement de choix des cancers avanc\u00e9s dans la plupart des centres. Cohen et al. montrent cependant des r\u00e9sultats fonctionnels et des taux de survie comparables chez les patients atteints de carcinomes T4 irradi\u00e9s en premi\u00e8re intention [22]. En revanche, l&#8217;\u00e9tude de Gore et al. un avantage \u00e9vident en termes de survie pour les patients trait\u00e9s par chirurgie primaire [23].<\/p>\n<p>La radioth\u00e9rapie comporte le risque d&#8217;une ost\u00e9on\u00e9crose \u00e0 long terme, en particulier de la mandibule [24]. L&#8217;incidence est de 2 \u00e0 22% [25]. Les ost\u00e9on\u00e9croses sont toutefois rares apr\u00e8s une irradiation \u00e0 une dose inf\u00e9rieure \u00e0 60 Gy. Une irradiation hyperfractionn\u00e9e ou mod\u00e9r\u00e9ment acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e ainsi que l&#8217;utilisation d&#8217;une radioth\u00e9rapie \u00e0 modulation d&#8217;intensit\u00e9 semblent minimiser le risque [26,27]. En revanche, la curieth\u00e9rapie et la chimioth\u00e9rapie concomitante sont des facteurs de risque d&#8217;ost\u00e9on\u00e9crose [24,28,29].<\/p>\n<h2 id=\"les-defis-de-la-reconstruction\">Les d\u00e9fis de la reconstruction<\/h2>\n<p>Le d\u00e9fi de la chirurgie est de r\u00e9s\u00e9quer la tumeur avec une marge de s\u00e9curit\u00e9 suffisante tout en pr\u00e9servant la fonction. Les d\u00e9ficits post-th\u00e9rapeutiques de la d\u00e9glutition et de la parole sont fr\u00e9quents et ont un impact significatif sur la qualit\u00e9 de vie [30]. Selon des enqu\u00eates r\u00e9centes, 50 \u00e0 75% des survivants \u00e0 long terme sont affect\u00e9s par un certain degr\u00e9 de troubles de la d\u00e9glutition et\/ou de l&#8217;articulation [31\u201333].<\/p>\n<p>Comme la localisation et l&#8217;\u00e9tendue de la r\u00e9section sont corr\u00e9l\u00e9es \u00e0 la g\u00eane fonctionnelle postop\u00e9ratoire, la technique de reconstruction choisie doit tenir compte \u00e0 la fois de l&#8217;aspect anatomique et de la fonction [34]. Diff\u00e9rentes techniques ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es \u00e0 cet effet. Elles vont de la fermeture primaire, de la cicatrisation per secundam, des greffes de peau fendue, des lambeaux d\u00e9plac\u00e9s et des lambeaux p\u00e9dicul\u00e9s aux lambeaux libres anastomos\u00e9s par voie microvasculaire. La gestion des d\u00e9fauts de r\u00e9section varie consid\u00e9rablement et d\u00e9pend notamment de l&#8217;exp\u00e9rience du chirurgien. Selon Shah et al. les d\u00e9fauts superficiels de la muqueuse et des parties molles sous-jacentes peuvent \u00eatre ferm\u00e9s de mani\u00e8re ad\u00e9quate par des greffes de peau fendue [35]. Nos propres donn\u00e9es montrent que dans les stades pr\u00e9coces, il n&#8217;est souvent pas n\u00e9cessaire de reconstruire le d\u00e9faut et que la gu\u00e9rison per secundam donne de bons r\u00e9sultats fonctionnels [36].<\/p>\n<h2 id=\"gestion-de-la-zone-de-drainage-lymphatique\">Gestion de la zone de drainage lymphatique<\/h2>\n<p>20 \u00e0 30% des patients pr\u00e9sentant des tumeurs \u00e0 un stade pr\u00e9coce (T1\/T2cN0) ont des m\u00e9tastases occultes, ce qui explique que la dissection \u00e9lective du cou soit pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e \u00e0 une strat\u00e9gie de &#8220;surveillance et d&#8217;attente&#8221; [37]. L&#8217;\u00e9tendue de la chirurgie du cou a \u00e9volu\u00e9 au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, passant d&#8217;approches radicales \u00e0 des techniques peu invasives. Au cours des 15 derni\u00e8res ann\u00e9es, la biopsie du ganglion lymphatique sentinelle (SNB) s&#8217;est impos\u00e9e dans de nombreux centres comme une alternative \u00e0 la dissection \u00e9lective du cou pour tous les patients atteints de T1\/T2cN0. Des ganglions lymphatiques positifs sont d\u00e9couverts chez jusqu&#8217;\u00e0 38% des patients et une dissection compl\u00e8te du cou est effectu\u00e9e. Si la tumeur pr\u00e9sente une croissance extracapsulaire ou si plus de deux ganglions lymphatiques sont touch\u00e9s, une radiochimioth\u00e9rapie adjuvante est indiqu\u00e9e [38]. La SNB est associ\u00e9e \u00e0 un risque op\u00e9ratoire r\u00e9duit et \u00e0 une morbidit\u00e9 nettement plus faible que la dissection \u00e9lective du cou [39,40]. Chez les patients pr\u00e9sentant des m\u00e9tastases ganglionnaires cytologiquement v\u00e9rifi\u00e9es ou radiologiquement probables, il existe une indication de r\u00e9section simultan\u00e9e de la tumeur primaire et de neck dissection th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<h2 id=\"facteurs-de-prevision\">Facteurs de pr\u00e9vision<\/h2>\n<p>Le taux de survie global des patients atteints de carcinome de la cavit\u00e9 buccale est de 50% ; ce taux n&#8217;a pas augment\u00e9 de mani\u00e8re significative au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, malgr\u00e9 les progr\u00e8s techniques en mati\u00e8re de traitement et d&#8217;imagerie [15]. Outre le stade de la tumeur, plusieurs param\u00e8tres histopathologiques se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s \u00eatre des facteurs pronostiques importants. Cependant, selon l&#8217;un de nos travaux, ce ne sont pas l&#8217;\u00e9paisseur de la tumeur ni la profondeur de l&#8217;infiltration qui semblent augmenter de mani\u00e8re significative le risque de m\u00e9tastases lymphog\u00e8nes et donc influencer la survie, mais le degr\u00e9 de diff\u00e9renciation de la tumeur et un sch\u00e9ma de croissance dissolue sur le front de la tumeur [41].<\/p>\n<p>Une r\u00e9section avec une marge de s\u00e9curit\u00e9 suffisante est d&#8217;une importance pronostique cruciale, mais la d\u00e9finition de marges de r\u00e9section ad\u00e9quates donne toujours lieu \u00e0 des discussions. En 1978, des marges de r\u00e9section positives ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9es par Looser et al. d\u00e9finie comme une distance \u00e0 la tumeur inf\u00e9rieure \u00e0 5&nbsp;mm ou des cellules dysplasiques dans la marge de r\u00e9section [42]. Ce concept est toujours utilis\u00e9. Il n\u00e9cessite une r\u00e9section avec une marge de r\u00e9section chirurgicale d&#8217;au moins 1 cm en raison de la r\u00e9traction de la tumeur dans le formol, ce qui n&#8217;est pas toujours possible en fonction de la taille et de la localisation de la tumeur.<\/p>\n<p>Les concepts futurs accorderont probablement plus d&#8217;importance aux modifications mol\u00e9culaires dans les marges de r\u00e9section [43]: les modifications \u00e9pig\u00e9n\u00e9tiques des cellules tumorales, qui sont d\u00e9cisives pour la tumorigen\u00e8se et de plus en plus identifi\u00e9es, doivent \u00eatre d\u00e9termin\u00e9es en perop\u00e9ratoire par des r\u00e9actions quantitatives en cha\u00eene par polym\u00e9rase (PCR) en proc\u00e9dure rapide [44]. Cela permet de d\u00e9finir les limites de r\u00e9section n\u00e9cessaires, et ces facteurs peuvent \u00e9galement \u00eatre pris en compte lors de l&#8217;indication d&#8217;un traitement adjuvant. Supic et al. ont \u00e9tudi\u00e9 l&#8217;hyperm\u00e9thylation aberrante de diff\u00e9rents g\u00e8nes (p16, DAPK, E-cad et autres) et ont constat\u00e9 que dans les marges de r\u00e9section histologiquement n\u00e9gatives, l&#8217;hyperm\u00e9thylation du g\u00e8ne DAPK en particulier \u00e9tait associ\u00e9e \u00e0 une moins bonne survie [45]. Nous pensons que plus le temps passe, plus ce principe sera int\u00e9gr\u00e9 dans la routine clinique.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home-pour-le-praticien\">Messages Take-Home pour le praticien<\/h2>\n<ul>\n<li>95% des cancers de la cavit\u00e9 buccale sont des carcinomes \u00e9pidermo\u00efdes.<\/li>\n<li>Elles ne sont souvent d\u00e9tect\u00e9es qu&#8217;\u00e0 un stade tardif.<\/li>\n<li>Les cancers de la cavit\u00e9 buccale sont trait\u00e9s en premier lieu par chirurgie avec ou sans radio(chimioth\u00e9rapie) adjuvante.<\/li>\n<li>Pour les stades T1\/T2cN0, il est recommand\u00e9 de r\u00e9aliser une biopsie du ganglion lymphatique sentinelle.<\/li>\n<li>A l&#8217;avenir, la d\u00e9termination des modifications mol\u00e9culaires des marges de r\u00e9section gagnera en importance pour une r\u00e9section chirurgicale ad\u00e9quate.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\n<strong><em>Dr. med. Martina A. Broglie D\u00e4ppen<\/em><\/strong><br \/>\n<em><strong>Dr. med. S\u00e9verine M. Niederer-W\u00fcst<\/strong><\/em><br \/>\n<em><strong>Prof. Dr. med. Sandro J. St\u00f6ckli<\/strong><\/em><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Thomas L, et al : Am J Otolaryngol 2012 ; 33(6) : 650-656.<\/li>\n<li>Curtis RE, et al : Blood 2005 ; 105(10) : 3802-3811.<\/li>\n<li>Chuang SC, et al : Int J Cancer 2008 ; 123(10) : 2390-2396.<\/li>\n<li>Slaughter DP, et al : Cancer 1953 ; 6(5) : 963-968.<\/li>\n<li>Volgger V, et al : Head Neck 2013 ; 35(11) : 1558-1566.<\/li>\n<li>Neville BW, Day TA : CA Cancer J Clin 2002 ; 52(4) : 195-215.<\/li>\n<li>Howlader N, et al : J Natl Cancer Inst 2009 ; 101(7) : 533-36.<\/li>\n<li>Gray M, et al : Br Dent J 2000 ; 189(3) : 125.<\/li>\n<li>Lingen MW, et al : Oral Onc 2008 ; 44(1) : 10-22.<\/li>\n<li>Patton LL, et al : J Am Dent Assoc 2008 ; 139(7) : 896-905.<\/li>\n<li>Fuller C, et al : Head Neck 2014 Mar 5.  [Epub ahead of print]<\/li>\n<li>Wilder-Smith P, et al : Lasers Surg Med 2009 ; 41(5) : 353-357.<\/li>\n<li>Hamdoon Z, et al : Photodiagnosis Photodyn Ther 2011 ; 8(1) : 49-52.<\/li>\n<li>Vu AN, Farah CS : Oral Oncol 2014 ; 50(5) : 413-420.<\/li>\n<li>Belcher R, et al : J Surg Oncol 2014 ; 110(5) : 551-574.<\/li>\n<li>Haerle SK, et al : Head Neck 2010 ; 32(3) : 319-325.<\/li>\n<li>Arias F, et al : Clin Transl Onc 2014 Jul 31.  [Epub ahead of print]<\/li>\n<li>Bernier J, et al : N Engl J Med 2004 ; 350(19) : 1945-1952.<\/li>\n<li>Bernier J, Cooper JS : Oncologist 2005 ; 10(3) : 215-224.<\/li>\n<li>Cooper JS, et al. : NEJM 2004 ; 350(19) : 1937-1944.<\/li>\n<li>Zhang H, et al : J Otolaryngol Head Neck Surg 2013 ; 42 : 30.<\/li>\n<li>Cohen EE, et al : Head Neck 2009 ; 31(8) : 1013-1021.<\/li>\n<li>Gore SM, et al : Head Neck. 2014 Feb 15.  [Epub ahead of print]<\/li>\n<li>Schwartz HC, et al : Am J Clin Onc 2002 ; 25(2) : 168-171.<\/li>\n<li>Store G, et al : Clin Otolaryngol Allied Sci 2000 ; 25(5) : 378-384.<\/li>\n<li>Lyons A, Ghazali N : Br J Oral Maxillofac Surg 2008 ; 46(8) : 653-660.<\/li>\n<li>Studer G, et al : Strahlenther Onk 2006 ; 182(5) : 283-288.<\/li>\n<li>Kuhnt T, et al : Med Oncol 2006 ; 23(3) : 325-333.<\/li>\n<li>Hehr T, et al : Radiother Oncol 2006 ; 80(1) : 33-38.<\/li>\n<li>Dwivedi RC, et al : Eur Arch Otorhinolaryngol 2012 ; 269(4) : 1233-1239.<\/li>\n<li>Suarez-Cunqueiro MM, et al : Arch Otolaryngol Head Neck Surg 2008 ; 134(12) : 1299-1304.<\/li>\n<li>Pauloski BR, et al : Head Neck 2006 ; 28(12) : 1069-1076.<\/li>\n<li>Gillespie MB, et al : Arch Otolaryngol Head Neck Surg 2005 ; 131(7) : 615-619.<\/li>\n<li>de Bree R, et al : Eur Arch Otorhinolaryngol 2008 ; 265(1) : 1-9.<\/li>\n<li>Shah JP, Gil Z : Oral Oncol 2009 ; 45(4-5) : 394-401.<\/li>\n<li>Romer, donn\u00e9es non encore publi\u00e9es.<\/li>\n<li>Stoeckli SJ, Broglie MA : Curr Opin Otolaryngol Head Neck Surg 2012 ; 20(2) : 103-08.<\/li>\n<li>Broglie MA, et al : Head Neck 2013 ; 35(5) : 660-666.<\/li>\n<li>Schiefke F, et al : Head Neck 2009 ; 31(4) : 503-512.<\/li>\n<li>Murer K, et al : Head Neck 2011 ; 33(9) : 1260-1264.<\/li>\n<li>Goerkem M, et al : Ann Surg Onc 2010 ; 17(2) : 527-535.<\/li>\n<li>Looser KG, et al. : Head Neck Surg 1978 ; 1(2) : 107-111.<\/li>\n<li>Weinstock YE, et al : Oral Maxillofac Surg Clin North Am 2014 ; 26(2) : 151-162.<\/li>\n<li>Goldenberg D, et al. : Arch Otolaryngol Head Neck Surg 2004 ; 130(1) : 39-44.<\/li>\n<li>Supic G, et al : Oral Oncol 2011 ; 47(8) : 702-708.<\/li>\n<\/ol>\n<p>\n<span style=\"font-size:10px\">InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c9MATOLOGIE 2014 ; 2(10) : 6-10<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sous nos latitudes, les principaux facteurs de risque de cancer de la cavit\u00e9 buccale sont la consommation de tabac et d&#8217;alcool, l&#8217;infection chronique par un HPV \u00e0 haut risque, l&#8217;immunosuppression&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":48616,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Carcinome de la cavit\u00e9 buccale  ","footnotes":""},"category":[11531,11389,11448,11549],"tags":[33458,48548,12094,33869,15119,40726,48555,20542,47191,18143,48551,26069],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-343870","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-formation-continue","category-oncologie","category-orl-fr","category-rx-fr","tag-alcool","tag-cancer-de-la-cavite-buccale","tag-fumer","tag-ganglions-lymphatiques","tag-hpv-fr","tag-leucoplasie","tag-nbi-fr","tag-osteonecroses","tag-papillomavirus-fr-2","tag-precancers","tag-pt1-fr","tag-radio-chimiotherapie","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-05-02 16:43:24","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":343837,"slug":"i-parametri-istopatologici-sono-importanti-fattori-prognostici","post_title":"I parametri istopatologici sono importanti fattori prognostici.","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/i-parametri-istopatologici-sono-importanti-fattori-prognostici\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":343854,"slug":"os-parametros-histopatologicos-sao-factores-prognosticos-importantes","post_title":"Os par\u00e2metros histopatol\u00f3gicos s\u00e3o factores progn\u00f3sticos importantes","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/os-parametros-histopatologicos-sao-factores-prognosticos-importantes\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":343866,"slug":"los-parametros-histopatologicos-son-factores-pronosticos-importantes","post_title":"Los par\u00e1metros histopatol\u00f3gicos son factores pron\u00f3sticos importantes","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/los-parametros-histopatologicos-son-factores-pronosticos-importantes\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/343870","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=343870"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/343870\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/48616"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=343870"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=343870"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=343870"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=343870"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}