{"id":343963,"date":"2015-01-08T01:00:00","date_gmt":"2015-01-08T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/utiliser-les-antibiotiques-de-maniere-ciblee-et-avec-moderation\/"},"modified":"2015-01-08T01:00:00","modified_gmt":"2015-01-08T00:00:00","slug":"utiliser-les-antibiotiques-de-maniere-ciblee-et-avec-moderation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/utiliser-les-antibiotiques-de-maniere-ciblee-et-avec-moderation\/","title":{"rendered":"Utiliser les antibiotiques de mani\u00e8re cibl\u00e9e et avec mod\u00e9ration"},"content":{"rendered":"<p><strong>Lors du congr\u00e8s Swiss Family Docs, le professeur Rainer Weber, directeur de la clinique des maladies infectieuses et de l&#8217;hygi\u00e8ne hospitali\u00e8re de Zurich, a donn\u00e9 des informations sur des sujets d&#8217;infectiologie lors d&#8217;un s\u00e9minaire tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9. Il a transmis son credo de mani\u00e8re tr\u00e8s convaincante : en raison de l&#8217;augmentation des r\u00e9sistances, les antibiotiques doivent \u00eatre prescrits de mani\u00e8re raisonnable et avec retenue, m\u00eame dans les cabinets de m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale, afin que des antibiotiques efficaces soient encore disponibles \u00e0 l&#8217;avenir.  <\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p><em>(ee)<\/em>  Les h\u00f4pitaux et les unit\u00e9s de soins intensifs sont presque toujours au centre des discussions sur le d\u00e9veloppement de la r\u00e9sistance aux antibiotiques, car c&#8217;est l\u00e0 que se retrouvent les patients infect\u00e9s par des germes multir\u00e9sistants. &#8220;Pourtant, 50% de tous les antibiotiques prescrits dans le monde ne sont pas utilis\u00e9s chez l&#8217;homme, mais en m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire&#8221;, a soulign\u00e9 le professeur Weber. &#8220;Et 75% de tous les antibiotiques en m\u00e9decine humaine sont utilis\u00e9s en ambulatoire, pas \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital&#8221;. Le fait que les animaux \u00e9lev\u00e9s pour produire des aliments re\u00e7oivent autant d&#8217;antibiotiques a des cons\u00e9quences tr\u00e8s directes sur l&#8217;homme, car la manipulation des animaux et la consommation de produits d&#8217;origine animale entra\u00eenent la transmission de r\u00e9sistances de l&#8217;animal \u00e0 l&#8217;homme.<\/p>\n<p>Des r\u00e9sistances diff\u00e9rentes existent sur les diff\u00e9rents continents, mais les voyages les propagent rapidement. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, aucune nouvelle classe d&#8217;antibiotiques n&#8217;a \u00e9t\u00e9 mise sur le march\u00e9 et il n&#8217;y aura probablement rien de nouveau dans ce domaine dans les ann\u00e9es \u00e0 venir. C&#8217;est une raison de plus pour prendre soin des antibiotiques qui sont encore disponibles actuellement et d&#8217;\u00e9viter autant que possible la propagation de la r\u00e9sistance.<\/p>\n<h2 id=\"helicobacter-pylori\">Helicobacter pylori<\/h2>\n<p>La plupart des personnes infect\u00e9es par Helicobacter pylori (HP) ne d\u00e9veloppent pas l&#8217;une des maladies qui peuvent en d\u00e9couler (ulc\u00e8res, lymphome du MALT, carcinome gastrique). Les ulc\u00e8res surviennent chez environ&nbsp;10% des personnes infect\u00e9es. Le traitement d&#8217;\u00e9radication des HP n&#8217;a pas que des avantages : Il n&#8217;est pas rare qu&#8217;il entra\u00eene une r\u00e9sistance aux antibiotiques qui, le cas \u00e9ch\u00e9ant, ne se manifeste que lors d&#8217;une maladie infectieuse ult\u00e9rieure (&#8220;dommage collat\u00e9ral&#8221;). En outre, il existe des preuves que des maladies telles que l&#8217;asthme, la rhinite allergique, les attaques c\u00e9r\u00e9brales [1] et l&#8217;\u0153sophage de Barrett sont plus fr\u00e9quentes apr\u00e8s l&#8217;\u00e9radication de HP. L&#8217;infection \u00e0 HP semble donc \u00e9galement exercer une certaine fonction de protection vis-\u00e0-vis de l&#8217;h\u00f4te. En Suisse, les taux de r\u00e9sistance \u00e0 la clarythromycine et au m\u00e9tronidazole sont relativement \u00e9lev\u00e9s, ce qui entra\u00eene un \u00e9chec th\u00e9rapeutique chez les patients concern\u00e9s.<\/p>\n<p>Les inhibiteurs de la pompe \u00e0 protons (IPP) ne doivent pas non plus \u00eatre pris \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re, car la suppression de l&#8217;acidit\u00e9 gastrique entra\u00eene l&#8217;apparition plus fr\u00e9quente de certains germes. Des \u00e9tudes montrent que l&#8217;incidence des pneumonies est plus importante chez les patients soign\u00e9s dans une unit\u00e9 de soins intensifs et recevant des IPP.<\/p>\n<h2 id=\"cystite-aigue\">Cystite aigu\u00eb<\/h2>\n<p>&#8220;Dans le cas d&#8217;une cystite aigu\u00eb, un traitement empirique sans autre investigation est tout au plus indiqu\u00e9 lors d&#8217;une premi\u00e8re infection&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 le conf\u00e9rencier. Au plus tard lorsqu&#8217;une femme se pr\u00e9sente avec une deuxi\u00e8me cystite, il convient de proc\u00e9der \u00e0 des investigations approfondies. Les m\u00e9dicaments recommand\u00e9s aujourd&#8217;hui pour le traitement de la cystite pr\u00e9senteront des taux de r\u00e9sistance de 10 \u00e0 25% d&#8217;ici 5 \u00e0 10 ans. C&#8217;est \u00e9galement pour cette raison qu&#8217;un traitement antibiotique cibl\u00e9 est utile.<\/p>\n<p>La fosfomycine, la nitrofuranto\u00efne et le cotrimoxazole sont consid\u00e9r\u00e9s comme des m\u00e9dicaments de premier choix. Bien que les taux de r\u00e9sistance au cotrimoxazole soient relativement \u00e9lev\u00e9s, il vaut la peine d&#8217;essayer un traitement, car la cystite aigu\u00eb est une maladie b\u00e9nigne avec une forte tendance \u00e0 l&#8217;auto-gu\u00e9rison et on ne se prive pas d&#8217;essayer un traitement.<\/p>\n<p>Une bact\u00e9riurie asymptomatique ne doit pas \u00eatre trait\u00e9e, sauf chez certains groupes de patients (femmes enceintes, intervention chirurgicale pr\u00e9vue sur l&#8217;appareil urog\u00e9nital). Il en va de m\u00eame pour les personnes \u00e2g\u00e9es en maison de retraite dont l&#8217;urine sent mauvais &#8211; un bilan urinaire n&#8217;a aucun sens dans ces cas-l\u00e0. Il n&#8217;existe aucune preuve d&#8217;une augmentation de la mortalit\u00e9 chez les personnes pr\u00e9sentant une bact\u00e9riurie asymptomatique. Si une bact\u00e9riurie asymptomatique est trait\u00e9e par des antibiotiques chez les jeunes femmes, ces patientes pr\u00e9sentent davantage de r\u00e9cidives en cas d&#8217;infections urinaires [2], il faut donc supposer que la colonisation de la vessie par des bact\u00e9ries prot\u00e8ge ces femmes contre les infections urinaires.<\/p>\n<p>La question de savoir si le jus de cranberry a vraiment un effet pr\u00e9ventif sur les infections urinaires est controvers\u00e9e. Il existe environ dix \u00e9tudes diff\u00e9rentes dans de bonnes revues qui ne montrent aucun effet sur l&#8217;incidence des infections urinaires. En revanche, la prise de Lactobacillus semble r\u00e9duire le risque d&#8217;infections urinaires. Le conf\u00e9rencier a appel\u00e9 \u00e0 se fier \u00e0 la clinique, m\u00eame pour suivre l&#8217;\u00e9volution des infections urinaires, et \u00e0 ne pas demander de tests urinaires inutiles.<\/p>\n<h2 id=\"infections-respiratoires\">Infections respiratoires<\/h2>\n<p>Une trach\u00e9obronchite aigu\u00eb est caus\u00e9e par des bact\u00e9ries dans moins de 5% des cas &#8211; l&#8217;administration d&#8217;antibiotiques ne sert donc pratiquement jamais \u00e0 rien. Ni si les crachats sont jaunes, car cela n&#8217;indique en aucun cas une (super)infection bact\u00e9rienne. 25% des patients atteints d&#8217;une infection \u00e0 rhinovirus continuent de tousser 14 jours apr\u00e8s le d\u00e9but des sympt\u00f4mes, ce sympt\u00f4me ne signifie donc pas non plus que des antibiotiques doivent \u00eatre administr\u00e9s. Bien s\u00fbr, dans la pratique, il faut faire attention \u00e0 ne pas passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&#8217;une coqueluche, d&#8217;une tuberculose ou d&#8217;un cancer bronchique en cas de toux prolong\u00e9e, mais dans l&#8217;ensemble, ces maladies sont tout de m\u00eame rares.<\/p>\n<p>Le dosage des param\u00e8tres inflammatoires (CRP, procalcitonine) n&#8217;apporte g\u00e9n\u00e9ralement rien dans les infections respiratoires. En outre, m\u00eame en cas d&#8217;infection bact\u00e9rienne, le taux de procalcitonine est souvent encore bas au d\u00e9but. La d\u00e9cision d&#8217;administrer ou non des antibiotiques est prise en fonction de la clinique. En cas de suspicion de pneumonie, une radiographie du thorax doit \u00eatre effectu\u00e9e. En l&#8217;absence de suspicion, on renonce \u00e0 la radiographie et au laboratoire.<\/p>\n<p>En conclusion de son expos\u00e9, le professeur Weber a de nouveau fait appel au bon sens des m\u00e9decins : &#8220;En surveillant la clinique, on peut \u00e9viter l&#8217;utilisation inutile d&#8217;antibiotiques&#8221;.<\/p>\n<p><em>Source : Swiss Family Docs Conference 2014, 28-29 ao\u00fbt 2014, Zurich<\/em><\/p>\n<p><em><strong>Pour plus d&#8217;informations :<\/strong> www.anresis.ch &#8211; Centre suisse sur la r\u00e9sistance aux antibiotiques<\/em><\/p>\n<p>\nLitt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Chen Y, et al. : Association entre Helicobacter pylori et la mortalit\u00e9 dans l&#8217;\u00e9tude NHANES III. Gut 2013 ; 62(9) : 1262-1269. doi : 10.1136\/gutjnl-2012-303018.<\/li>\n<li>Cai T, et al : Le r\u00f4le de la bact\u00e9riurie asymptomatique chez les jeunes femmes souffrant d&#8217;infections urinaires r\u00e9currentes : \u00e0 traiter ou \u00e0 ne pas traiter ? Clin Infect Dis 2012 ; 55 : 771-777.<\/li>\n<\/ol>\n<p><span style=\"font-size:10px\">PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2014 ; 9(12) : 46-47<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lors du congr\u00e8s Swiss Family Docs, le professeur Rainer Weber, directeur de la clinique des maladies infectieuses et de l&#8217;hygi\u00e8ne hospitali\u00e8re de Zurich, a donn\u00e9 des informations sur des sujets&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":48606,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Swiss Family Docs - Infectiologie","footnotes":""},"category":[11428,11315,11535,11549],"tags":[12235,21824,42966,48570,21734,18793,17282],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-343963","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-infectiologie","category-medecine-interne-generale","category-rapports-de-congres","category-rx-fr","tag-antibiotiques","tag-cystite","tag-helicobacter-pylori-fr","tag-hp-fr","tag-inhibiteurs-de-la-pompe-a-protons","tag-ppi-fr","tag-resistances-fr","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-04-24 04:13:48","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":343934,"slug":"utilizzi-gli-antibiotici-in-modo-selettivo-e-cauto","post_title":"Utilizzi gli antibiotici in modo selettivo e cauto","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/utilizzi-gli-antibiotici-in-modo-selettivo-e-cauto\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":343941,"slug":"utilizar-os-antibioticos-de-forma-selectiva-e-cautelosa","post_title":"Utilizar os antibi\u00f3ticos de forma selectiva e cautelosa","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/utilizar-os-antibioticos-de-forma-selectiva-e-cautelosa\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":343943,"slug":"utilizar-los-antibioticos-de-forma-selectiva-y-cautelosa","post_title":"Utilizar los antibi\u00f3ticos de forma selectiva y cautelosa","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/utilizar-los-antibioticos-de-forma-selectiva-y-cautelosa\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/343963","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=343963"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/343963\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/48606"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=343963"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=343963"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=343963"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=343963"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}