{"id":344026,"date":"2014-12-29T01:00:00","date_gmt":"2014-12-29T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/une-tumeur-rare-mais-dangereuse\/"},"modified":"2014-12-29T01:00:00","modified_gmt":"2014-12-29T00:00:00","slug":"une-tumeur-rare-mais-dangereuse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/une-tumeur-rare-mais-dangereuse\/","title":{"rendered":"Une tumeur rare mais dangereuse"},"content":{"rendered":"<p><strong>Dans le traitement du cancer de l&#8217;\u0153sophage, il convient de veiller \u00e0 un apport calorique suffisamment \u00e9lev\u00e9 d\u00e8s le premier jour de traitement. Dans le cas du cancer de l&#8217;\u0153sophage localement avanc\u00e9, la chimioradioth\u00e9rapie n\u00e9oadjuvante (essai CROSS) s&#8217;est \u00e9tablie. La technique chirurgicale du cancer de l&#8217;\u0153sophage n&#8217;est pas standardis\u00e9e au niveau international et doit faire l&#8217;objet d&#8217;une \u00e9valuation plus approfondie. La reconstruction de l&#8217;\u0153sophage se fait en premier lieu par une remont\u00e9e gastrique. La technique mini-invasive peut \u00eatre utilis\u00e9e comme alternative \u00e0 la r\u00e9section ouverte. Une r\u00e9section de l&#8217;\u0153sophage de sauvetage peut \u00eatre envisag\u00e9e en cas de r\u00e9cidive locor\u00e9gionale d&#8217;un cancer de l&#8217;\u0153sophage trait\u00e9 par CRT d\u00e9finitive.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Le cancer de l&#8217;\u0153sophage est une tumeur rare au mauvais pronostic. Selon le Registre national du cancer (NICER), 15 nouveaux cas (m\/f, 11\/4) sont diagnostiqu\u00e9s pour 100 000 habitants et douze (m\/f, 9\/3) d\u00e9c\u00e8s li\u00e9s au cancer de l&#8217;\u0153sophage sont enregistr\u00e9s pour 100 000 habitants par an (2007-2011). Au niveau mondial, le carcinome \u00e9pidermo\u00efde domine (70%) par rapport \u00e0 l&#8217;ad\u00e9nocarcinome (25%). Dans les pays industrialis\u00e9s occidentaux, on constate toutefois une pr\u00e9dominance des ad\u00e9nocarcinomes et leur fr\u00e9quence atteint d\u00e9sormais 60% en Suisse. Cela semble aller de pair avec le changement de comportement \u00e0 risque li\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9radication de l&#8217;Helicobacter.<\/p>\n<p>L&#8217;approche th\u00e9rapeutique individualis\u00e9e et multimodale est aujourd&#8217;hui consid\u00e9r\u00e9e comme la norme. Chaque patient atteint d&#8217;un cancer de l&#8217;\u0153sophage doit \u00eatre \u00e9valu\u00e9 par une \u00e9quipe interdisciplinaire lors d&#8217;un tumor board avant que le traitement ne soit mis en place.<\/p>\n<h2 id=\"staging-evaluation-des-risques\">Staging, \u00e9valuation des risques<\/h2>\n<p>Outre l&#8217;endoscopie et l&#8217;histologie, un scanner thoracique\/abdominal est indispensable dans la stadification du cancer de l&#8217;\u0153sophage. L&#8217;endosonographie est sup\u00e9rieure \u00e0 toutes les autres m\u00e9thodes pour diff\u00e9rencier les cancers pr\u00e9coces T1, T2 et est donc obligatoire. Pour les ad\u00e9nocarcinomes de la jonction \u0153sophagienne (AEG), la classification de Siewert est n\u00e9cessaire et doit \u00eatre exig\u00e9e par l&#8217;endoscopiste, non seulement en ce qui concerne le pronostic, mais aussi et surtout en ce qui concerne l&#8217;approche th\u00e9rapeutique. Comme le PET-CT donne des r\u00e9sultats suppl\u00e9mentaires dans 5-10% des cas, nous le consid\u00e9rons comme obligatoire, surtout pour les tumeurs localement avanc\u00e9es, ce qui rend le scanner normal inutile. Cependant, cela n&#8217;a pas encore \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9 dans les lignes directrices courantes. Si la tumeur est li\u00e9e au syst\u00e8me trach\u00e9obronchique, une bronchoscopie suppl\u00e9mentaire doit \u00eatre effectu\u00e9e. Dans le cas des carcinomes \u00e9pidermo\u00efdes, on trouve dans 10% des cas une deuxi\u00e8me tumeur dans la r\u00e9gion ORL, raison pour laquelle une panendoscopie sup\u00e9rieure est indiqu\u00e9e. La laparoscopie de stadification est recommand\u00e9e pour les ad\u00e9nocarcinomes distaux afin d&#8217;exclure une carcinose p\u00e9riton\u00e9ale et peut en outre \u00eatre utilis\u00e9e sans probl\u00e8me pour la mise en place d&#8217;une sonde j\u00e9junale pour l&#8217;administration nocturne d&#8217;aliments suppl\u00e9mentaires.<\/p>\n<p>Le traitement du cancer de l&#8217;\u0153sophage &#8211; ne serait-ce que par une op\u00e9ration seule &#8211; est riche en complications et en contraintes, c&#8217;est pourquoi il est extr\u00eamement important de proc\u00e9der \u00e0 une \u00e9valuation pr\u00e9op\u00e9ratoire des risques, avec des examens fonctionnels pr\u00e9op\u00e9ratoires, des pr\u00e9paratifs et une information du patient. Une alimentation suppl\u00e9mentaire et\/ou une j\u00e9junostomie d&#8217;alimentation doivent \u00eatre \u00e9valu\u00e9es rapidement et mises en place comme mesures de soutien, le patient et ses proches devant \u00eatre inform\u00e9s de l&#8217;importance d&#8217;une alimentation suffisante et soutenus dans cette d\u00e9marche.<\/p>\n<h2 id=\"approche-therapeutique\">Approche th\u00e9rapeutique<\/h2>\n<p><strong>Stades pr\u00e9coces :<\/strong> les carcinomes limit\u00e9s \u00e0 la muqueuse par endosonographie (uTm1, uTm2) sont aujourd&#8217;hui clairement le domaine du traitement endoscopique (r\u00e9section endoscopique de la muqueuse, REM), car ils ne m\u00e9tastasent pratiquement pas par voie lymphog\u00e8ne, comme le montrent les donn\u00e9es r\u00e9trospectives de H\u00f6lscher et de son groupe [1]. Si une infiltration plus profonde est d\u00e9tect\u00e9e lors de l&#8217;EMR (pTm3, pT1sm1-3), la suite de la proc\u00e9dure peut se faire \u00e0 l&#8217;aide de ces r\u00e9sections ou de ces curetages. Les biopsies \u00e9tendues peuvent \u00eatre d\u00e9finies de mani\u00e8re plus approfondie et dans le sens d&#8217;un meilleur staging. Un &#8220;overtreatment&#8221; est \u00e9vit\u00e9. Si la sous-muqueuse est atteinte, il faut s&#8217;attendre \u00e0 un risque de m\u00e9tastases lymphog\u00e8nes pouvant atteindre 43% et le seul traitement local est certainement insuffisant [2].<\/p>\n<p>Les carcinomes UT1sm1-3, uT2N0 sont op\u00e9r\u00e9s directement, y compris une lymphad\u00e9nectomie ad\u00e9quate.<\/p>\n<p><strong>Tumeurs localement avanc\u00e9es :<\/strong> Tous les patients atteints d&#8217;une tumeur localement avanc\u00e9e sont aujourd&#8217;hui pr\u00e9trait\u00e9s par une chimioradioth\u00e9rapie n\u00e9oadjuvante (CRT) avant d&#8217;\u00eatre op\u00e9r\u00e9s apr\u00e8s un intervalle sans traitement de six \u00e0 huit semaines, bien que des donn\u00e9es r\u00e9centes sugg\u00e8rent d&#8217;attendre plut\u00f4t plus longtemps (jusqu&#8217;\u00e0 douze semaines). Le CRT (Cross Trial Group) bas\u00e9 sur les taxanes s&#8217;est clairement impos\u00e9 et \u00e9tabli comme standard. Dans cette \u00e9tude, la CRT n\u00e9oadjuvante vs. la chirurgie seule a donn\u00e9 un avantage de survie \u00e0 3 ans statistiquement significatif de 59% vs. 48%, avec une r\u00e9mission pathologique compl\u00e8te de 32,6%.<\/p>\n<h2 id=\"gestion-operationnelle\">Gestion op\u00e9rationnelle<\/h2>\n<p>La chirurgie \u0153sophagienne est associ\u00e9e \u00e0 un taux \u00e9lev\u00e9 de complications (40-60%) et de mortalit\u00e9 (4-8%). La gestion p\u00e9riop\u00e9ratoire n\u00e9cessite une collaboration routini\u00e8re et exerc\u00e9e entre tous les sp\u00e9cialistes impliqu\u00e9s et le chirurgien. Les progr\u00e8s dans l&#8217;\u00e9volution postop\u00e9ratoire sont en grande partie dus aux progr\u00e8s de la m\u00e9decine intensive, avec une am\u00e9lioration de l&#8217;analg\u00e9sie, une substitution liquidienne adapt\u00e9e, une prophylaxie de l&#8217;aspiration, etc. et une collaboration interdisciplinaire standardis\u00e9e. Il n&#8217;est donc pas \u00e9tonnant que, l\u00e0 aussi, l&#8217;exp\u00e9rience d&#8217;une \u00e9quipe de traitement et donc le nombre plus \u00e9lev\u00e9 de cas (&gt;10 par an) conduisent \u00e0 de meilleurs r\u00e9sultats &#8211; comme le montrent diff\u00e9rentes \u00e9tudes \u00e9pid\u00e9miologiques. Une nouvelle \u00e9tude europ\u00e9enne [3] montre qu&#8217;il est possible d&#8217;atteindre un taux de mortalit\u00e9 \u00e0 30 jours de 1,9% (Su\u00e8de). En chirurgie \u0153sophagienne, ces donn\u00e9es doivent \u00eatre analys\u00e9es de mani\u00e8re tr\u00e8s pr\u00e9cise, car de nombreux patients survivent \u00e0 des complications pendant 30 jours, mais meurent ensuite \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital, car ils ne se remettent pas des autres complications. C&#8217;est pourquoi le taux de mortalit\u00e9 \u00e0 30 jours n&#8217;a qu&#8217;une signification limit\u00e9e. Un taux de mortalit\u00e9 hospitali\u00e8re serait beaucoup plus transparent.<\/p>\n<h2 id=\"operation-lymphnodectomie\">Op\u00e9ration, lymphnodectomie<\/h2>\n<p>Diff\u00e9rentes techniques chirurgicales sont utilis\u00e9es dans la chirurgie \u0153sophagienne :<\/p>\n<ul>\n<li>r\u00e9sections transhiatales<\/li>\n<li>r\u00e9sections transthoraciques (Ivor-Lewis) avec une phase abdominale et thoracique et une anastomose intrathoracique<\/li>\n<li>r\u00e9section thoraco-abdomino-cervicale (3 incisions, type McKeown) avec anastomose cervicale.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le choix de la proc\u00e9dure de r\u00e9section d\u00e9pend de plusieurs facteurs : l&#8217;emplacement de la tumeur, le type de reconstruction envisag\u00e9e, les ant\u00e9c\u00e9dents m\u00e9dicaux du patient et, enfin et surtout, la pr\u00e9f\u00e9rence et la routine du chirurgien. Les anastomoses cervicales pr\u00e9sentent beaucoup plus de st\u00e9noses anastomotiques (40-60%), qui doivent \u00eatre boug\u00e9es de mani\u00e8re r\u00e9currente en postop\u00e9ratoire, par rapport aux anastomoses intrathoraciques (2-10%). De m\u00eame, les anastomoses cervicales sont associ\u00e9es \u00e0 un taux de r\u00e9currence plus \u00e9lev\u00e9 (5-30%), ce qui ne se produit pratiquement pas avec une anastomose intrathoracique (&lt;1%). Le taux d&#8217;insuffisance anastomotique est plus faible pour les sutures intrathoraciques (2-10 vs. 15-30%), mais il est tr\u00e8s souvent associ\u00e9 \u00e0 des cons\u00e9quences potentiellement mortelles telles que la m\u00e9diastinite et les r\u00e9interventions. Une insuffisance anastomotique cervicale se r\u00e9sout pratiquement toujours de mani\u00e8re conservatrice et ne met jamais la vie en danger. De nombreuses \u00e9tudes r\u00e9trospectives ont compar\u00e9 les diff\u00e9rentes techniques chirurgicales &#8211; sans diff\u00e9rence significative. Seuls Hulscher et al. [4] ont montr\u00e9 une meilleure survie \u00e0 5 ans (39 vs. 27%) pour l&#8217;approche transthoracique avec lymphad\u00e9nectomie ad\u00e9quate par rapport \u00e0 la r\u00e9section transhiatale. Ceci est probablement d\u00fb \u00e0 une lymphnodectomie plus \u00e9tendue le long du syst\u00e8me trach\u00e9obronchique. Par voie transhiatale, la lymphad\u00e9nectomie ne r\u00e9ussit en fait que jusqu&#8217;\u00e0 la veine pulmonaire inf\u00e9rieure &#8211; l&#8217;ablation des ganglions lymphatiques le long de la trach\u00e9e et de la bifurcation trach\u00e9ale ainsi que le long des bronches principales est difficile. 23 ganglions lymphatiques doivent \u00eatre retir\u00e9s en m\u00eame temps que l&#8217;\u0153sophagectomie, comme l&#8217;a montr\u00e9 une \u00e9tude internationale [2]. Cela peut \u00eatre un gage de qualit\u00e9 d&#8217;une chirurgie appropri\u00e9e. Le groupe d&#8217;experts allemands (German Advanced Surgical Treatment Study Group) recommande l&#8217;\u0153sophagectomie radicale avec lymphad\u00e9nectomie m\u00e9diastinale et abdominale, au sens d&#8217;une lymphad\u00e9nectomie &#8220;\u00e0 deux champs&#8221; [5]. Une lymphad\u00e9nectomie &#8220;\u00e0 trois champs&#8221;, comme celle souvent pratiqu\u00e9e au Japon, est associ\u00e9e \u00e0 une morbidit\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9e (trach\u00e9otomie, l\u00e9sions du nerf lanryngien) [5,6]. Elle tend \u00e0 montrer un b\u00e9n\u00e9fice en termes de survie \u00e0 long terme, tant pour les cancers proximaux que pour les cancers de l&#8217;\u0153sophage du tiers moyen [7], et a fait son entr\u00e9e dans les guidelines japonaises. En Europe et en Am\u00e9rique, la lymphad\u00e9nectomie &#8220;\u00e0 trois champs&#8221; n&#8217;est toutefois pratiqu\u00e9e que dans des centres s\u00e9lectionn\u00e9s et dans des cas isol\u00e9s.<\/p>\n<h2 id=\"reconstruction\">Reconstruction<\/h2>\n<p>Au niveau international, le premier choix de remplacement de l&#8217;\u0153sophage est la sonde gastrique. Il est \u00e9galement possible de choisir une interposition colique ou il\u00e9o-caecale, qui sera anastomos\u00e9e par voie r\u00e9trosternale \u00e0 l&#8217;\u0153sophage cervical. Une coloscopie doit \u00eatre effectu\u00e9e avant l&#8217;interposition du c\u00f4lon. Une interposition colique peut donner au patient une mauvaise haleine f\u00e9tide et donc r\u00e9duire consid\u00e9rablement sa qualit\u00e9 de vie.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 la r\u00e9section vagale et \u00e0 la formation d&#8217;un tube gastrique, 20% de tous les patients souffrent de pylorospasme et donc d&#8217;un retard de la vidange gastrique. Sur le plan chirurgical, plusieurs \u00e9tudes ne montrent aucun avantage \u00e0 pratiquer une pyloroplastie de routine. Ce probl\u00e8me doit \u00eatre trait\u00e9 de mani\u00e8re conservatrice avec des prokin\u00e9tiques, une adaptation de l&#8217;alimentation et \u00e9ventuellement une dilatation du pylore, car l&#8217;exp\u00e9rience montre qu&#8217;il est limit\u00e9 \u00e0 deux ou trois mois. Dans cette situation, une infiltration de Botox dans le pylore peut \u00eatre envisag\u00e9e.<\/p>\n<h2 id=\"oesophagectomie-mini-invasive\">\u0152sophagectomie mini-invasive<\/h2>\n<p>Au Royaume-Uni, sur 7502 \u0153sophagectomies, 1155 (24,7%) sont d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9es par une proc\u00e9dure peu invasive (2009-2010) [6]. De nombreuses s\u00e9ries provenant de centres individuels, des analyses r\u00e9trospectives, des m\u00e9ta-analyses et des revues syst\u00e9miques montrent que la technique mini-invasive est une alternative \u00e0 la technique ouverte. Il est possible d&#8217;obtenir des r\u00e9sultats oncologiques tout aussi bons et certaines m\u00e9ta-analyses montrent une tendance \u00e0 une morbidit\u00e9 l\u00e9g\u00e8rement meilleure en termes d&#8217;insuffisance anastomotique et de complications pulmonaires dans le groupe mini-invasif [6]. Les premi\u00e8res donn\u00e9es d&#8217;une \u00e9tude multicentrique randomis\u00e9e men\u00e9e en Hollande montrent un net avantage en termes de complications pulmonaires postop\u00e9ratoires pr\u00e9coces en faveur de la technique mini-invasive [8]. La proc\u00e9dure Ivor Lewis avec une anastomose r\u00e9alis\u00e9e par thoracoscopie est techniquement exigeante et n\u00e9cessite une expertise avec un nombre de cas correspondant, comme le montre le groupe de Luketich [9].<\/p>\n<h2 id=\"oesophagectomie-de-sauvetage\">\u0152sophagectomie de sauvetage<\/h2>\n<p>En cas de r\u00e9cidive locor\u00e9gionale ou d&#8217;\u00e9chec du traitement apr\u00e8s une CRT d\u00e9finitive, la chirurgie peut \u00eatre envisag\u00e9e comme option th\u00e9rapeutique, en particulier si une r\u00e9section R0 peut \u00eatre obtenue. Ceci est confirm\u00e9 par les donn\u00e9es de 65 patients op\u00e9r\u00e9s en moyenne 216 jours apr\u00e8s une CRT d\u00e9finitive pour un ad\u00e9nocarcinome distal. La morbidit\u00e9, la mortalit\u00e9 et la survie \u00e0 long terme postop\u00e9ratoires sont \u00e9quivalentes \u00e0 celles du groupe ayant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&#8217;une CRT n\u00e9oadjuvante planifi\u00e9e et d&#8217;une chirurgie [9]. De m\u00eame, un suivi \u00e9troit apr\u00e8s une CRT d\u00e9finitive est indiqu\u00e9 afin de pouvoir offrir aux patients pr\u00e9sentant une r\u00e9cidive locor\u00e9gionale solitaire une nouvelle possibilit\u00e9 de traitement curatif.<br \/>\n<strong>La figure 1 <\/strong>illustre le parcours de soins complet pour les cancers de l&#8217;\u0153sophage.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-5100\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/abb1_s19_oh10.png\" style=\"height:698px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1280\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/abb1_s19_oh10.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/abb1_s19_oh10-800x931.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/abb1_s19_oh10-120x140.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/abb1_s19_oh10-90x105.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/abb1_s19_oh10-320x372.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/abb1_s19_oh10-560x652.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<h2 id=\"evolution-postoperatoire-mesures-a-long-terme-qualite-de-vie\">Evolution postop\u00e9ratoire, mesures \u00e0 long terme, qualit\u00e9 de vie<\/h2>\n<p>Les patients souffrant d&#8217;hypertension gastrique doivent changer leur r\u00e9gime alimentaire et leur mode de vie. Ils ne peuvent donc manger que de petites portions, ce qui implique des collations et des repas riches en calories pour couvrir leurs besoins caloriques. Cela peut s&#8217;am\u00e9liorer apr\u00e8s des ann\u00e9es, mais certains patients luttent toute leur vie pour consommer suffisamment de calories. De nombreux patients souffrent de reflux gastro-\u0153sophagien, de sorte que la prise d&#8217;un bloqueur de protons est n\u00e9cessaire \u00e0 vie \u00e0 haute dose. Nous recommandons \u00e0 tous les patients de relever leur t\u00eate de lit et de ne pas s&#8217;allonger apr\u00e8s un repas. N\u00e9anmoins, de nombreux patients se plaignent de toux nocturnes, ce qui correspond \u00e0 de petites aspirations.<br \/>\nIl est fr\u00e9quent, surtout chez les patients trait\u00e9s par tri-modalit\u00e9, qu&#8217;une malabsorption se d\u00e9veloppe apr\u00e8s un an ou plus, avec des selles grasses, des ballonnements et une nouvelle perte de poids. Il s&#8217;agit le plus souvent d&#8217;une insuffisance pancr\u00e9atique exocrine d&#8217;origine actinique, qui r\u00e9pond tr\u00e8s bien \u00e0 la substitution enzymatique. Au cours de l&#8217;\u00e9volution postop\u00e9ratoire, la vidange de la poche gastrique peut \u00eatre plus rapide, ce qui peut entra\u00eener des hypoglyc\u00e9mies g\u00eanantes dans le sens d&#8217;un dumping. Si le m\u00e9decin traitant et le patient sont sensibilis\u00e9s, ces sympt\u00f4mes peuvent tr\u00e8s bien \u00eatre \u00e9vit\u00e9s par la di\u00e9t\u00e9tique. Il faut g\u00e9n\u00e9ralement entre six et douze mois pour que le patient se remette d&#8217;une r\u00e9section de l&#8217;\u0153sophage, et rares sont les patients qui reprennent ensuite leur activit\u00e9 professionnelle \u00e0 100%.<\/p>\n<p><em><strong>Dr. med. Annelies Schnider<\/strong><\/em><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>H\u00f6lscher AH, et al : Impact pronostique de l&#8217;infiltration de la troisi\u00e8me muqueuse sup\u00e9rieure, moyenne et inf\u00e9rieure ou sous-muqueuse dans le cancer pr\u00e9coce de l&#8217;\u0153sophage. Ann Surg 2011 ; 254(5) : 802-807.<\/li>\n<li>Lorenz D, et al : Facteurs de risque pronostiques des ad\u00e9nocarcinomes pr\u00e9coces de l&#8217;\u0153sophage. Ann Surg 2014 ; 259 : 469-476.<\/li>\n<li>Dikken JL, et al : Diff\u00e9rences dans les r\u00e9sultats de la chirurgie du cancer de l&#8217;\u0153sophage et de l&#8217;estomac \u00e0 travers l&#8217;Europe. BJS 2012 ; 100 : 83-94.<\/li>\n<li>Hulscher JB, et al : Extended transthoracic resection compared with limited transhiatal resection for adenocarcinomas of the esophagus. N Engl J Med 2002 ; 347 : 1662-1669.<\/li>\n<li>Palmes D, et al : \u00c9valuation diagnostique, techniques chirurgicales et gestion p\u00e9riop\u00e9ratoire apr\u00e8s une \u00e9sophagectomie : consensus du groupe allemand de traitement chirurgical avanc\u00e9. Langenbecks Arch Surg 2011 ; 396 : 857-866.<\/li>\n<li>Kim T, et al : Review of Minimally Invasive Esophagectomy and Current Controversies. Gastroenterology Research and Practice 2012.<\/li>\n<li>Udagawa H, et al. : L&#8217;importance du regroupement des sites de ganglions lymphatiques et la rationalit\u00e9 de la lymphnodectomie \u00e0 trois champs pour le cancer de l&#8217;\u0153sophage thoracique. J Surg Onc 2012 ; 106 : 742-747.<\/li>\n<li>Nagpal K, et al : Is minimally invasive surgery beneficial in the management of esophageal cancer ? Une m\u00e9ta-analyse. Surg Endoscop 2010 ; 24 : 1621-1629.<\/li>\n<li>Luketich JD, et al : R\u00e9sultats apr\u00e8s une esophagectomie mini-invasive. AnnSurg 2012 ; 256(1) : 95-103.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>Litt\u00e9rature compl\u00e9mentaire :<\/em><\/p>\n<ul>\n<li>H\u00fcttl TP, et al : Techniques et r\u00e9sultats de la chirurgie du cancer de l&#8217;\u0153sophage en Allemagne. Langenbecks Arch Surg 2002 ; 387 : 125-129.<\/li>\n<li>Pennathur A, et al : R\u00e9sections pour cancer de l&#8217;\u0153sophage : strat\u00e9gies pour une gestion optimale. Ann Thorac Surg 2008 ; 85 : 751-756.<\/li>\n<li>Briere SS, et al. : \u00c9sophagectomie mini-invasive versus ouverte pour les patients atteints de cancer de l&#8217;\u0153sophage : un essai contr\u00f4l\u00e9 randomis\u00e9, multicentrique et en ouvert. Lancet 2012 ; 379 : 1887-1892.<\/li>\n<li>Marks JL, et al : \u00c9sophagectomie de sauvetage apr\u00e8s \u00e9chec d&#8217;une chimioradiation d\u00e9finitive pour ad\u00e9nocarcinome de l&#8217;\u0153sophage. Ann Thorac Surg 2012 ; 94 : 1126-1132.<\/li>\n<li>Ruhstaller T, et al. : Trends in survival from oesophageal cancer in Switzerland. Bulletin suisse du cancer 2014 ; 3.<\/li>\n<li>Hagen P, et al : Chimioradioth\u00e9rapie pr\u00e9op\u00e9ratoire pour le cancer de l&#8217;\u0153sophage ou de la jonction. N Engl J Med 2012 ; 366 : 2074-2084.<\/li>\n<li>Peyre CG, et al : Le nombre de ganglions lymphatiques supprim\u00e9s pr\u00e9dit la survie dans le cancer de l&#8217;\u0153sophage : une \u00e9tude internationale sur l&#8217;impact de l&#8217;\u00e9tendue des r\u00e9sections chirurgicales. Ann Surg 2008 ; 248 : 549-556.<br \/>\n\t&nbsp;<\/li>\n<\/ul>\n<p><span style=\"font-size:10px\">&nbsp;  InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c4MATOLOGIE 2014 ; 2(10) : 18-21<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le traitement du cancer de l&#8217;\u0153sophage, il convient de veiller \u00e0 un apport calorique suffisamment \u00e9lev\u00e9 d\u00e8s le premier jour de traitement. Dans le cas du cancer de l&#8217;\u0153sophage&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":48676,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Le cancer de l'\u0153sophage en Suisse","footnotes":""},"category":[11531,11414,11389,11549],"tags":[49010,12996,49012,15610,34734,17934],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-344026","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-formation-continue","category-gastro-enterologie-et-hepatologie","category-oncologie","category-rx-fr","tag-cancer-de-loesophage-fr","tag-chimiotherapie","tag-cross-trial-fr","tag-oesophage","tag-pet-ct-fr","tag-radiotherapie-fr","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-06-15 11:28:48","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":343982,"slug":"un-tumore-raro-ma-pericoloso","post_title":"Un tumore raro ma pericoloso","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/un-tumore-raro-ma-pericoloso\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":343996,"slug":"um-tumor-raro-mas-perigoso","post_title":"Um tumor raro mas perigoso","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/um-tumor-raro-mas-perigoso\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":344005,"slug":"un-tumor-raro-pero-peligroso","post_title":"Un tumor raro pero peligroso","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/un-tumor-raro-pero-peligroso\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/344026","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=344026"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/344026\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=344026"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=344026"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=344026"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=344026"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}