{"id":344029,"date":"2014-12-30T01:00:00","date_gmt":"2014-12-30T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/lart-de-la-guerison\/"},"modified":"2023-01-18T22:33:39","modified_gmt":"2023-01-18T21:33:39","slug":"lart-de-la-guerison","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/lart-de-la-guerison\/","title":{"rendered":"L&#8217;art de la gu\u00e9rison"},"content":{"rendered":"<p><strong>Que la m\u00e9decine et l&#8217;art soient tr\u00e8s proches, c&#8217;est un vieil adage. Ce n&#8217;est pas pour rien que l&#8217;on parle d'&#8221;art de gu\u00e9rir&#8221;. Inversement, l&#8217;effet r\u00e9confortant de la musique est bien connu et elle peut \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9e de mani\u00e8re cibl\u00e9e dans d&#8217;autres contextes m\u00e9dicaux.&nbsp;  Il en va de m\u00eame pour l&#8217;humour, qui peut \u00e9galement avoir une influence positive sur le processus de gu\u00e9rison.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>La musique est quelque chose de tr\u00e8s personnel et peut susciter de fortes \u00e9motions. La joie et la chair de poule peuvent \u00eatre des r\u00e9actions pr\u00e9visibles lorsque nous entendons une m\u00e9lodie pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e &#8211; de tels processus sont bien ancr\u00e9s dans notre cerveau. Inversement, ces sensations peuvent \u00eatre absentes lors d&#8217;un \u00e9v\u00e9nement qui change la vie. D&#8217;un point de vue neuroscientifique, la m\u00e9moire musicale semble \u00eatre une r\u00e9gion cognitive \u00e0 part enti\u00e8re [1] : Des IRM fonctionnelles ont montr\u00e9 que certaines r\u00e9gions du cerveau sont activ\u00e9es diff\u00e9remment en pr\u00e9sence d&#8217;une musique triste, ennuyeuse ou joyeuse. La m\u00e9moire musicale reste \u00e9tonnamment intacte pendant longtemps en cas de maladie organique du cerveau. M\u00eame \u00e0 un stade avanc\u00e9 de la maladie d&#8217;Alzheimer, les r\u00e9actions \u00e9motionnelles d\u00e9clench\u00e9es par une musique famili\u00e8re peuvent persister longtemps, m\u00eame si le langage et l&#8217;\u00e9tat \u00e9motionnel du patient ne le laissent plus esp\u00e9rer. La perception de la musique semble \u00eatre la derni\u00e8re fonction que l&#8217;on perd dans la d\u00e9mence avanc\u00e9e. Inversement, la musique peut \u00eatre un stimulus tr\u00e8s efficace. Aux \u00c9tats-Unis, par exemple, la Music and Memory Organisation a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e dans le but de fournir aux patients \u00e2g\u00e9s atteints de d\u00e9mence un iPod contenant leur musique pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<h2 id=\"la-musique-pour-guerir\">La musique pour gu\u00e9rir<\/h2>\n<p>La musique a toujours occup\u00e9 une place particuli\u00e8re dans l&#8217;histoire de l&#8217;humanit\u00e9, non seulement en tant que forme d&#8217;art, mais aussi en tant que moyen de gu\u00e9rison [2]. On trouve des preuves de ce type d\u00e8s l&#8217;\u00e9poque pr\u00e9historique. Esculape, Platon ou Aristote ont utilis\u00e9 l&#8217;effet de la musique dans le cadre de leur travail m\u00e9dical. On pensait que l&#8217;effet curatif de la musique sur le psychisme gu\u00e9rissait \u00e9galement le corps et on a m\u00eame d\u00e9velopp\u00e9 des applications musicales sp\u00e9cifiques pour diff\u00e9rentes maladies. En 1914, Evan O&#8217;Neil Kane a \u00e9crit dans le JAMA que les patients tol\u00e9raient mieux l&#8217;induction d&#8217;une anesth\u00e9sie sous l&#8217;influence de la musique et \u00e9taient moins anxieux avant de devoir se livrer \u00e0 &#8220;l&#8217;horreur de la chirurgie&#8221; [3]. La musique a \u00e9galement des effets positifs mesurables sur les patients des unit\u00e9s de soins intensifs (r\u00e9duction des hormones de stress) [4]. Et il n&#8217;y a pas que l&#8217;\u00e9coute qui aide : faire de la musique activement est tout aussi salutaire [5].<\/p>\n<h2 id=\"rire-cest-aller-mieux\">Rire, c&#8217;est aller mieux<\/h2>\n<p>L&#8217;humour a un effet positif sur le processus de gu\u00e9rison. C&#8217;est une &#8220;drogue du bonheur&#8221; qui ne co\u00fbte rien, qui est l\u00e9gale, qui ne fait pas grossir, qui ne cr\u00e9e pas de d\u00e9pendance et qui n&#8217;a pas d&#8217;effets secondaires graves, \u00e0 part des maux de ventre, des yeux humides et des difficult\u00e9s \u00e0 respirer.<\/p>\n<p>La g\u00e9lotologie est la science qui \u00e9tudie les effets du rire. L&#8217;Association for Applied and Therapeutic Humor, fond\u00e9e en 1988, d\u00e9finit l&#8217;humour th\u00e9rapeutique comme &#8220;toute intervention qui favorise la sant\u00e9 et le bien-\u00eatre en stimulant la d\u00e9couverte ludique, l&#8217;expression ou la reconnaissance de l&#8217;absurdit\u00e9 ou de l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 de couverture des situations de la vie&#8221; [6].<\/p>\n<p>Le rire \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital, tout comme la musique, peut non seulement activer les processus de gu\u00e9rison, mais aussi cr\u00e9er une ambiance positive et une atmosph\u00e8re chaleureuse. Les clowns hospitaliers sont aujourd&#8217;hui utilis\u00e9s non seulement dans les h\u00f4pitaux pour enfants, mais aussi dans les services de dialyse, de soins palliatifs, d&#8217;oncologie, de grands br\u00fbl\u00e9s et d&#8217;urgence [7].<\/p>\n<p>L&#8217;objectif de ces interventions est de susciter chez les patients, les familles et les soignants une attitude positive pour faire face au stress et au deuil. Il va sans dire qu&#8217;un tel travail ne peut \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 qu&#8217;en \u00e9troite coop\u00e9ration et concertation avec les soignants et uniquement par des clowns sp\u00e9cialement form\u00e9s et hautement professionnels. Il ne s&#8217;agit pas seulement d&#8217;\u00eatre dr\u00f4le : Raconter des histoires, \u00e9couter de la musique et des chansons permet de stimuler les fonctions cognitives des patients. Avant de rendre visite au patient, le clown s&#8217;entretient avec le personnel soignant et la famille, ce qui lui permet de recueillir des informations sur l&#8217;\u00e9tat psychosocial et m\u00e9dical de la personne concern\u00e9e. Si l&#8217;on parvient \u00e0 impliquer activement le patient dans l&#8217;ensemble, il est possible, si n\u00e9cessaire, de tirer une cons\u00e9quence th\u00e9rapeutique de la pr\u00e9sentation lors d&#8217;un postbriefing [8].<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-5050\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/kasten_hp12_s10.png\" style=\"height:2039px; width:600px\" width=\"724\" height=\"2460\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/kasten_hp12_s10.png 724w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/kasten_hp12_s10-120x408.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/kasten_hp12_s10-90x306.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/kasten_hp12_s10-320x1087.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/kasten_hp12_s10-560x1903.png 560w\" sizes=\"(max-width: 724px) 100vw, 724px\" \/><\/p>\n<p><strong>Litt\u00e9rature :<\/strong><\/p>\n<ol>\n<li>Pinho AL, et al : Se connecter pour cr\u00e9er : l&#8217;expertise en improvisation musicale est associ\u00e9e \u00e0 une connectivit\u00e9 fonctionnelle accrue entre les zones pr\u00e9motrices et pr\u00e9frontales. J Neurosci 2014 ; 34 : 6156-6163.  &nbsp;<\/li>\n<li>Conrad C : The art of medicine : Music, medicine, and embodiment. The Lancet 1981 ; 886-887.<\/li>\n<li>Kane E : Le phonographe dans la salle d&#8217;op\u00e9ration. JAMA 1914 ; 62 : 1829-1830.<\/li>\n<li>Nelson A, et al : Le r\u00f4le de la musique dans l&#8217;hyperm\u00e9tabolisme. Clin Nutr Metab Care 2008 ; 11 : 790-794.<\/li>\n<li>Hillecke T, Nickel A, Bolay HV : Perspectives scientifiques sur la musicoth\u00e9rapie. Ann N Y Acad Sci 2005 ; 1060 : 271-282.<\/li>\n<li>Spitzer P : Hospital clowns &#8211; modern-day court jesters at work. The Lancet 2006 ; 34-35.<\/li>\n<li>Warren B, Spitzer P : The art of medicine : Laughing to longevity &#8211; the work of elder clowns. The Lancet 2011 ; 378 : 562-563.<\/li>\n<li>Warren B : Healing laughter : the role and benefits of clown-doctors working in hospitals and healthcare, in Warren B (\u00e9d.) : Using the creative arts in healthcare and therapy. Londres et New York : Routledge 2008 ; 213-228.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2014 ; 9(12) : 10<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Que la m\u00e9decine et l&#8217;art soient tr\u00e8s proches, c&#8217;est un vieil adage. Ce n&#8217;est pas pour rien que l&#8217;on parle d&#8217;&#8221;art de gu\u00e9rir&#8221;. 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