{"id":344081,"date":"2014-12-07T01:00:00","date_gmt":"2014-12-07T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/les-patients-peuvent-evaluer-lactivite-de-la-maladie-differemment-des-medecins\/"},"modified":"2014-12-07T01:00:00","modified_gmt":"2014-12-07T00:00:00","slug":"les-patients-peuvent-evaluer-lactivite-de-la-maladie-differemment-des-medecins","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/les-patients-peuvent-evaluer-lactivite-de-la-maladie-differemment-des-medecins\/","title":{"rendered":"&#8220;Les patients peuvent \u00e9valuer l&#8217;activit\u00e9 de la maladie diff\u00e9remment des m\u00e9decins&#8221;."},"content":{"rendered":"<p><strong>Le Dr R\u00fcdiger M\u00fcller, m\u00e9decin-chef du service de rhumatologie de l&#8217;h\u00f4pital cantonal de Saint-Gall, a donn\u00e9 \u00e0 DERMATOLOGIE PRAXIS des informations sur les d\u00e9veloppements dans le domaine de l&#8217;arthrite psoriasique. Il a \u00e9t\u00e9 question des possibilit\u00e9s de d\u00e9pistage pr\u00e9coce, mais aussi des nouvelles mol\u00e9cules actuellement en cours de d\u00e9veloppement et sur le point d&#8217;\u00eatre autoris\u00e9es. Qu&#8217;offrent les diff\u00e9rentes th\u00e9rapies et o\u00f9 l&#8217;expert voit-il encore des am\u00e9liorations \u00e0 apporter ?<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p><strong>Dr M\u00fcller, l&#8217;arthrite psoriasique a une apparence tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. Quels sont les sympt\u00f4mes ou comment les reconna\u00eetre le plus t\u00f4t possible et les diff\u00e9rencier des autres ?<\/strong><br \/>\n<strong><br \/>\n  <em>Dr. M\u00fcller :<\/em><br \/>\n<\/strong> Pour le rhumatologue, l&#8217;arthrite psoriasique est avant tout une arthrite. Sur le plan diagnostique, la pr\u00e9sence d&#8217;un psoriasis permet de la distinguer des autres formes. Il ne doit pas n\u00e9cessairement se manifester en m\u00eame temps que les douleurs articulaires : Une documentation claire d&#8217;un tel psoriasis dans le pass\u00e9 me suffit en principe pour \u00e9tablir le diagnostic.<br \/>\nLorsque seules des douleurs articulaires sans manifestations cutan\u00e9es se manifestent, j&#8217;adopte personnellement une approche hi\u00e9rarchique : J&#8217;essaie d&#8217;abord de diagnostiquer la maladie la plus fr\u00e9quente, \u00e0 savoir la polyarthrite rhumato\u00efde. C&#8217;est \u00e9galement l\u00e0 que la th\u00e9rapie offre le plus de libert\u00e9. Si une telle approche n&#8217;est pas possible, je teste le diagnostic de spondyloarthrite p\u00e9riph\u00e9rique, qui englobe plusieurs pathologies, dont parfois l&#8217;arthrite psoriasique. Si un autre signe d&#8217;arthrite psoriasique vient s&#8217;y ajouter, j&#8217;appelle alors la maladie ainsi. Mais en principe, cela ne fait aucune diff\u00e9rence si je parle de spondyloarthrite ou d&#8217;arthrite psoriasique, car les strat\u00e9gies de traitement sont presque identiques.<br \/>\nMais le fait que l&#8217;arthralgie passe souvent inaper\u00e7ue aupr\u00e8s des m\u00e9decins de premier recours et des dermatologues constitue un probl\u00e8me important. On sous-estime toujours le large \u00e9ventail de manifestations. On a tendance \u00e0 oublier, par exemple, que l&#8217;arthrite psoriasique peut s&#8217;accompagner d&#8217;enth\u00e9sites ou de dactylites, mais aussi d&#8217;une atteinte de la colonne vert\u00e9brale et de douleurs dorsales inflammatoires. Il est urgent de continuer \u00e0 accro\u00eetre la sensibilisation. Les m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes peuvent \u00e9galement faire beaucoup de choses que nous, rhumatologues, faisons en mati\u00e8re de diagnostic de l&#8217;arthrite psoriasique, m\u00eame si ce n&#8217;est pas au dernier degr\u00e9 de diff\u00e9renciation. Pour cela, il serait souhaitable d&#8217;am\u00e9liorer la collaboration avec les m\u00e9decins de premier recours, afin que les patients soient \u00e9ventuellement trait\u00e9s plus rapidement et plus efficacement. Comme toutes les arthites, l&#8217;arthrite psoriasique est malheureusement sous-diagnostiqu\u00e9e et sous-trait\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Les connaissances sur les m\u00e9canismes pathologiques de l&#8217;arthrite psoriasique ne cessent de s&#8217;am\u00e9liorer, ce qui modifie lentement le paysage th\u00e9rapeutique. Quelles approches dans le domaine des produits biologiques (par ex. inhibiteurs du TNF-\u03b1, de l&#8217;interleukine) et des &#8220;petites mol\u00e9cules&#8221; (par ex. inhibiteurs de la PDE4) sont actuellement \u00e0 l&#8217;\u00e9tude ou d\u00e9j\u00e0 appliqu\u00e9es ?<\/strong><br \/>\nDans l&#8217;ensemble, il faut malheureusement dire que rien ou presque n&#8217;a \u00e9t\u00e9 fait ces derni\u00e8res ann\u00e9es dans notre pays en mati\u00e8re de traitement de cette affection. Nous avons les antagonistes du TNF-\u03b1 et avant cela le m\u00e9thotrexate, le l\u00e9flunomide et la sulfasalazine. De nouveaux antagonistes du TNF-\u03b1 ont certes \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9s \u00e0 plusieurs reprises, mais rien n&#8217;a fondamentalement chang\u00e9 puisqu&#8217;il ne s&#8217;agissait que d&#8217;extensions d&#8217;un m\u00e9canisme particulier.<br \/>\nEntre-temps, il y a des d\u00e9veloppements prometteurs et nous regardons donc avec espoir les nouvelles substances qui, nous l&#8217;esp\u00e9rons, seront bient\u00f4t disponibles en Suisse. L&#8217;ust\u00e9kinumab et l&#8217;apr\u00e9milast, par exemple, sont en cours d&#8217;approbation. L&#8217;ust\u00e9kinumab, un inhibiteur de l&#8217;interleukine, est certes autoris\u00e9 aux \u00c9tats-Unis pour le traitement de l&#8217;arthrite psoriasique, mais pas encore en Suisse. Nous verrons alors o\u00f9 cette substance trouvera sa place dans la th\u00e9rapie en dehors des essais cliniques.<\/p>\n<p><strong>Examinons de plus pr\u00e8s la deuxi\u00e8me substance mentionn\u00e9e, dont l&#8217;autorisation de mise sur le march\u00e9 est \u00e9galement imminente en dehors des \u00c9tats-Unis : L&#8217;apr\u00e9milast, une substance active appartenant au groupe des inhibiteurs de la PDE4. Quels ont \u00e9t\u00e9 les r\u00e9sultats des \u00e9tudes de phase III du programme PALACE et o\u00f9 voyez-vous le potentiel de ce m\u00e9dicament ?<\/strong><br \/>\nPersonnellement, j&#8217;attends cet agent avec impatience. Deux de mes patients ont particip\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9tude PALACE. Dans l&#8217;\u00e9tude PALACE 1 [1], jusqu&#8217;\u00e0 40% des patients sous apr\u00e9milast ont atteint le crit\u00e8re d&#8217;\u00e9valuation primaire d&#8217;un ACR20, contre 19% sous placebo. C&#8217;est un r\u00e9sultat statistiquement significatif. Des donn\u00e9es r\u00e9centes \u00e0 long terme de PALACE 1 [2] indiquent que des taux de r\u00e9ponse de plus de 50% sont possibles avec l&#8217;apr\u00e9milast. Je pense que la substance active aura donc un grand succ\u00e8s dans notre pays, ne serait-ce que parce qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une pilule. Cela permet de mieux communiquer le traitement aux patients, car la plupart d&#8217;entre eux renoncent \u00e0 une injection, je suppose, s&#8217;il existe \u00e9galement une pilule pour leur maladie.<\/p>\n<p><strong>Y a-t-il des effets secondaires particuli\u00e8rement importants ?<\/strong><br \/>\nNon, rien qui me rende nerveux. Des sympt\u00f4mes gastro-intestinaux peuvent appara\u00eetre et il y a une l\u00e9g\u00e8re augmentation de la tendance aux infections. Dans l&#8217;ensemble, le profil des effets secondaires est bon et aucun signal d&#8217;alarme n&#8217;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Quels avantages promettent les nouvelles th\u00e9rapies par rapport aux pr\u00e9c\u00e9dentes ?<\/strong><br \/>\nLa promesse des &#8220;petites mol\u00e9cules&#8221; repose sur le fait qu&#8217;elles interviennent \u00e0 des points tr\u00e8s diff\u00e9rents du processus inflammatoire. Mais pour moi, ce qui est plus important, c&#8217;est le r\u00e9sultat clinique final de la th\u00e9rapie.<\/p>\n<p><strong>L&#8217;objectif de tout traitement m\u00e9dicamenteux est de contr\u00f4ler l&#8217;activit\u00e9 inflammatoire aux stades les plus pr\u00e9coces possibles. Mais comment d\u00e9finir la faible activit\u00e9 de la maladie ?<\/strong><br \/>\nC&#8217;est effectivement tr\u00e8s difficile dans le cas de l&#8217;arthrite psoriasique. Cette affection comprend en effet diff\u00e9rentes pathologies : Tendinite, arthrite, dactylite, inflammation de la colonne vert\u00e9brale, inflammation du lit de l&#8217;ongle et psoriasis. En cons\u00e9quence, vous disposez de diff\u00e9rents indices de maladie tels que PASI, NAPSI, DAS28, etc. Le probl\u00e8me est qu&#8217;il est impossible de s&#8217;en tenir \u00e0 un seul facteur sans n\u00e9gliger les autres sympt\u00f4mes et probl\u00e8mes. C&#8217;est pourquoi je plaiderais pour l&#8217;ajout d&#8217;un score sup\u00e9rieur tel que le HAQ (Health Assessment Questionnaire), qui ne se concentre pas sur les manifestations individuelles, mais qui demande simplement au patient, en fin de compte, dans quelle mesure il fonctionne bien dans sa vie quotidienne. En clinique, l&#8217;approche holistique avec diff\u00e9rents scores n&#8217;est bien s\u00fbr pas toujours applicable avec la m\u00eame facilit\u00e9, mais il faut essayer d&#8217;inclure dans tous les cas des param\u00e8tres centr\u00e9s sur le patient, comme la fonctionnalit\u00e9 et la qualit\u00e9 de vie, dans le concept th\u00e9rapeutique. Bien entendu, l&#8217;inventaire \u00e0 plusieurs scores finit par devenir tellement complexe qu&#8217;il est difficile de le communiquer de mani\u00e8re concise au patient.<\/p>\n<p><strong>D&#8217;apr\u00e8s votre exp\u00e9rience, les patients atteints de PsA \u00e9valuent-ils les r\u00e9sultats d&#8217;un traitement de la m\u00eame mani\u00e8re que les m\u00e9decins ou y a-t-il de grandes diff\u00e9rences ?<\/strong><br \/>\nVous soulevez un point important. Je pense que les \u00e9valuations des m\u00e9decins et des patients sont toujours diff\u00e9rentes et que l&#8217;on oublie souvent que les patients en savent nettement plus que nous sur leur maladie. Dans tous les cas, il est essentiel que le m\u00e9decin traitant soit conscient de cet \u00e9tat de fait et qu&#8217;il observe de mani\u00e8re cibl\u00e9e le point de vue du patient et le sien propre et qu&#8217;il le pond\u00e8re de mani\u00e8re appropri\u00e9e.<\/p>\n<p><strong><em>Entretien : Andreas Grossmann<\/em><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Kavanaugh A, et al : Traitement de l&#8217;arthrite psoriasique dans un essai de phase 3 randomis\u00e9 et contr\u00f4l\u00e9 par placebo avec l&#8217;apremilast, un inhibiteur oral de la phosphodiest\u00e9rase 4. Ann Rheum Dis 2014 Jun ; 73(6) : 1020-1026.<\/li>\n<li>Kavanaugh A, et al : Long-term (52-week) results of a phase 3, randomized, controlled trial of apremilast, an oral phosphodiesterase inhibitor 4, in patients with psoriatic arthritis. Ann Rheum Dis 2013 ; 72(Suppl3) : 163.<br \/>\n\t&nbsp;<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>DERMATOLOGIE PRATIQUE 2014 ; 24(6) : 32-33<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Dr R\u00fcdiger M\u00fcller, m\u00e9decin-chef du service de rhumatologie de l&#8217;h\u00f4pital cantonal de Saint-Gall, a donn\u00e9 \u00e0 DERMATOLOGIE PRAXIS des informations sur les d\u00e9veloppements dans le domaine de l&#8217;arthrite psoriasique.&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":48195,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Focus sur l'arthrite psoriasique","footnotes":""},"category":[11362,11539,11505,11549],"tags":[13776,49196,49192,13460,49203,22146,14035,12945,27743],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-344081","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-dermatologie-et-venerologie","category-interviews-fr","category-rhumatologie","category-rx-fr","tag-arthrite","tag-das28-fr","tag-haq-fr","tag-napsi-fr","tag-palace-fr","tag-pasi-fr","tag-psoriasis-fr-2","tag-psoriasis-fr","tag-tnf-alpha-fr","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-06-17 03:59:11","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":344094,"slug":"i-pazienti-possono-valutare-lattivita-della-malattia-in-modo-diverso-dai-medici","post_title":"\"I pazienti possono valutare l'attivit\u00e0 della malattia in modo diverso dai medici\".","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/i-pazienti-possono-valutare-lattivita-della-malattia-in-modo-diverso-dai-medici\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":344105,"slug":"os-pacientes-podem-avaliar-a-actividade-da-doenca-de-forma-diferente-dos-medicos","post_title":"\"Os pacientes podem avaliar a actividade da doen\u00e7a de forma diferente dos m\u00e9dicos\".","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/os-pacientes-podem-avaliar-a-actividade-da-doenca-de-forma-diferente-dos-medicos\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":344110,"slug":"los-pacientes-pueden-valorar-la-actividad-de-la-enfermedad-de-forma-diferente-a-los-medicos","post_title":"\"Los pacientes pueden valorar la actividad de la enfermedad de forma diferente a los m\u00e9dicos\".","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/los-pacientes-pueden-valorar-la-actividad-de-la-enfermedad-de-forma-diferente-a-los-medicos\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/344081","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=344081"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/344081\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=344081"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=344081"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=344081"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=344081"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}