{"id":344129,"date":"2014-11-30T01:00:00","date_gmt":"2014-11-30T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/options-therapeutiques-en-cas-de-tumeurs-recidivantes-ou-metastatiques\/"},"modified":"2014-11-30T01:00:00","modified_gmt":"2014-11-30T00:00:00","slug":"options-therapeutiques-en-cas-de-tumeurs-recidivantes-ou-metastatiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/options-therapeutiques-en-cas-de-tumeurs-recidivantes-ou-metastatiques\/","title":{"rendered":"Options th\u00e9rapeutiques en cas de tumeurs r\u00e9cidivantes ou m\u00e9tastatiques"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les m\u00e9ningiomes ont fait l&#8217;objet d&#8217;une &#8220;session sp\u00e9ciale&#8221; lors du congr\u00e8s ESMO. Bien que ces tumeurs c\u00e9r\u00e9brales soient trait\u00e9es en premier lieu par chirurgie, une radioth\u00e9rapie ou une th\u00e9rapie syst\u00e9mique peuvent \u00eatre n\u00e9cessaires pour les m\u00e9ningiomes de haut grade qui peuvent se d\u00e9velopper de mani\u00e8re invasive.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p><em>(ee) <\/em>Une introduction \u00e0 la classification et \u00e0 la pathologie mol\u00e9culaire des m\u00e9ningiomes a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e par le professeur Christian Mawrin, directeur de l&#8217;Institut de neuropathologie de l&#8217;Universit\u00e9 Otto von Guericke de Magdebourg, en Allemagne. Les m\u00e9ningiomes sont les tumeurs intracr\u00e2niennes les plus fr\u00e9quentes : ils repr\u00e9sentent 54% de toutes les tumeurs c\u00e9r\u00e9brales b\u00e9nignes, mais aussi 1% de toutes les tumeurs c\u00e9r\u00e9brales malignes. Les femmes sont deux \u00e0 trois fois plus touch\u00e9es par les m\u00e9ningiomes que les hommes.<\/p>\n<p>Environ 80% des m\u00e9ningiomes appartiennent au groupe des tumeurs de grade I, 20% correspondent au grade II (m\u00e9ningiomes atypiques) et moins de 1% sont des tumeurs anaplasiques de grade III. Le pronostic d&#8217;un m\u00e9ningiome est g\u00e9n\u00e9ralement bon, mais les m\u00e9ningiomes de grade II et III en particulier sont associ\u00e9s \u00e0 une morbidit\u00e9 et une mortalit\u00e9 significatives. Les m\u00e9ningiomes r\u00e9currents pr\u00e9sentent un risque de croissance invasive. On distingue toute une s\u00e9rie de sous-types pathologiques, par exemple les m\u00e9ningiomes angiomateux, fibromateux et s\u00e9cr\u00e9toires de grade&nbsp;I.<\/p>\n<h2 id=\"classification-selon-les-degres-de-simpson\">Classification selon les degr\u00e9s de Simpson<\/h2>\n<p>En se basant sur l&#8217;observation que les patients atteints de neurofibromatose de type 2 (NR2) d\u00e9veloppent fr\u00e9quemment des m\u00e9ningiomes, la perte du g\u00e8ne NF2 sur le chromosome 22q a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e comme la principale alt\u00e9ration g\u00e9n\u00e9tique conduisant au d\u00e9veloppement de m\u00e9ningiomes. Des modifications de NF2 sont observ\u00e9es dans 40 \u00e0 50% de tous les m\u00e9ningiomes sporadiques et, dans le mod\u00e8le murin, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que la perte de NF2 est l&#8217;\u00e9tape initiale du d\u00e9veloppement des m\u00e9ningiomes. La progression d&#8217;un m\u00e9ningiome de grade I vers une forme plus agressive est li\u00e9e \u00e0 l&#8217;inactivation des g\u00e8nes suppresseurs. Ce sont surtout les modifications des g\u00e8nes CDKN2A\/CDKN2B sur le chromosome 9p qui jouent un r\u00f4le important.<\/p>\n<p>La localisation est tr\u00e8s importante dans l&#8217;\u00e9valuation des m\u00e9ningiomes : les m\u00e9ningiomes de la convexit\u00e9 pr\u00e9sentent plus souvent des modifications NF2, et les m\u00e9ningiomes de la base du cr\u00e2ne, qui r\u00e9cidivent plus souvent que les m\u00e9ningiomes de la convexit\u00e9, sont plus souvent de type sauvage NF2.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s r\u00e9section, les m\u00e9ningiomes sont class\u00e9s selon le syst\u00e8me de gradation de Simpson <strong>(tab.&nbsp;1). <\/strong>Celui-ci date de 1957 et est toujours d&#8217;actualit\u00e9 ! Cette classification est importante pour \u00e9valuer le risque de r\u00e9cidive : celui-ci est d&#8217;environ 10% pour Simpson 1, d&#8217;environ 20% pour Simpson 2 et est encore plus \u00e9lev\u00e9 pour les degr\u00e9s Simpson sup\u00e9rieurs.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-4889\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/tab1_oh9.png\" style=\"height:567px; width:600px\" width=\"877\" height=\"829\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/tab1_oh9.png 877w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/tab1_oh9-800x756.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/tab1_oh9-120x113.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/tab1_oh9-90x85.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/tab1_oh9-320x302.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/tab1_oh9-560x529.png 560w\" sizes=\"(max-width: 877px) 100vw, 877px\" \/><\/p>\n<h2 id=\"radiotherapie-pour-les-meningiomes\">Radioth\u00e9rapie pour les m\u00e9ningiomes<\/h2>\n<p>Le professeur Damien Weber, m\u00e9decin-chef du Centre de protonth\u00e9rapie, Institut Paul Scherrer, Villigen, a donn\u00e9 des informations sur les possibilit\u00e9s de la radioth\u00e9rapie. Auparavant, les m\u00e9ningiomes \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme r\u00e9sistants aux radiations, mais aujourd&#8217;hui, la radioth\u00e9rapie est consid\u00e9r\u00e9e comme un traitement adjuvant efficace. Pour les m\u00e9ningiomes de grade&nbsp;I et une r\u00e9section de Simpson \u22653, la radioth\u00e9rapie apr\u00e8s l&#8217;op\u00e9ration am\u00e9liore le contr\u00f4le de la tumeur. Cependant, on ne sait pas encore clairement quand la radioth\u00e9rapie doit \u00eatre effectu\u00e9e, c&#8217;est-\u00e0-dire si elle doit \u00eatre effectu\u00e9e directement apr\u00e8s l&#8217;op\u00e9ration ou seulement en cas de progression, et \u00e0 quelle dose. C&#8217;est pourquoi l&#8217;EORTC a lanc\u00e9 une \u00e9tude \u00e0 ce sujet en 2004.<\/p>\n<p>Pour les m\u00e9ningiomes de haut grade, la plupart des \u00e9tudes r\u00e9trospectives montrent un meilleur effet de la radioth\u00e9rapie \u00e0 des doses plus \u00e9lev\u00e9es. C&#8217;est pourquoi l&#8217;EORTC \u00e9tudie dans une \u00e9tude de phase II la radioth\u00e9rapie adjuvante postop\u00e9ratoire \u00e0 haute dose pour les m\u00e9ningiomes non b\u00e9nins. Les patients ayant subi une r\u00e9section incompl\u00e8te (Simpson \u22653) sont irradi\u00e9s \u00e0 70 Gy. Les premiers r\u00e9sultats sont attendus en 2016.<\/p>\n<p>La question de savoir s&#8217;il faut irradier les m\u00e9ningiomes de grade II apr\u00e8s une r\u00e9section compl\u00e8te (Simpson 1) reste \u00e9galement ouverte. Plusieurs \u00e9tudes montrent que le taux de r\u00e9cidive est plus important chez les patients non irradi\u00e9s que chez ceux qui ont re\u00e7u une radioth\u00e9rapie. Cependant, dans la plupart des centres, la radioth\u00e9rapie n&#8217;est pas recommand\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans une \u00e9tude actuellement en cours du &#8220;Radiation Therapy Oncology Group&#8221; (RTOG), les patients sont r\u00e9partis en trois groupes de risque : Les patients \u00e0 faible risque (grade I de l&#8217;OMS, tous les grades de Simpson) sont observ\u00e9s mais ne sont pas irradi\u00e9s ; les patients \u00e0 risque moyen (grade II de l&#8217;OMS, Simpson \u22643 ; grade I de l&#8217;OMS avec r\u00e9cidive) re\u00e7oivent une radioth\u00e9rapie de 54 Gy ; les patients \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9 (tous les autres) re\u00e7oivent une radioth\u00e9rapie de 60 Gy. Les r\u00e9sultats ne sont pas encore disponibles.<\/p>\n<h2 id=\"therapie-systemique\">Th\u00e9rapie syst\u00e9mique<\/h2>\n<p>Les m\u00e9ningiomes r\u00e9cidivants, progressifs ou m\u00e9tastatiques ne peuvent plus \u00eatre trait\u00e9s par chirurgie ou radioth\u00e9rapie, a expliqu\u00e9 le professeur Matthias Preusser, de l&#8217;Universit\u00e9 de m\u00e9decine de Vienne. Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, les \u00e9tudes sur les th\u00e9rapies syst\u00e9miques sont rares, et les biomarqueurs et les cibles sont \u00e9galement peu connus. Les quelques donn\u00e9es disponibles sur les substances cibl\u00e9es proviennent pour la plupart de case reports, d&#8217;\u00e9tudes non contr\u00f4l\u00e9es de petite taille et d&#8217;analyses r\u00e9trospectives. Aucun b\u00e9n\u00e9fice n&#8217;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 \u00e0 ce jour pour l&#8217;interf\u00e9ron-alpha, les analogues de l&#8217;octr\u00e9otide, la mif\u00e9pristone, l&#8217;ac\u00e9tate de m\u00e9gestrol, l&#8217;imatinib, l&#8217;erlotinib ou le g\u00e9fitinib. Les substances potentiellement efficaces sont<\/p>\n<ul>\n<li>Bevacizumab ; Il montre de faibles taux de r\u00e9ponse dans les petites \u00e9tudes. Actuellement, deux \u00e9tudes sont en cours pour \u00e9valuer l&#8217;utilisation du bevacizumab dans le m\u00e9ningiome.<\/li>\n<li>Le sunitinib, un inhibiteur de tyrosine kinase, a montr\u00e9 son efficacit\u00e9 dans une r\u00e9cente \u00e9tude de phase II chez 36 patients atteints de m\u00e9ningiome de haut grade avec plusieurs r\u00e9cidives [1]. 42% des patients n&#8217;avaient pas progress\u00e9 six mois apr\u00e8s le traitement (crit\u00e8re d&#8217;\u00e9valuation principal). Sur la base de ces r\u00e9sultats, les auteurs proposent de r\u00e9aliser une \u00e9tude randomis\u00e9e.<\/li>\n<li>Une \u00e9tude de phase II sur le vatalinib, un autre inhibiteur de tyrosine kinase, a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment achev\u00e9e.<\/li>\n<li>La trabect\u00e9dine (<sup>Yondelis\u00ae<\/sup>), une substance active extraite d&#8217;une gaine de mer (tunicier), est d\u00e9j\u00e0 autoris\u00e9e pour le traitement des sarcomes et du cancer des ovaires. D&#8217;autres \u00e9tudes sont en cours sur plusieurs autres tumeurs. Apr\u00e8s une \u00e9tude in vitro prometteuse, une \u00e9tude EORTC sera lanc\u00e9e en 2015 dans plus de 30 centres en Europe chez des patients souffrant de m\u00e9ningiome de grade II ou III r\u00e9cidivant et pour lesquels il n&#8217;existe plus d&#8217;options th\u00e9rapeutiques locales.<\/li>\n<\/ul>\n<p><em>Source : Congr\u00e8s de l&#8217;European Society for Medical Oncology (ESMO), 26-30 septembre 2014, Madrid<\/em><\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Kaley T, et al : Phase II trial of sunitinib for recurrent and progressive atypical and anaplastic meningeoma. Neuro-Oncology 2014 ; 0 : 1-6.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c4MATOLOGIE 2014 ; 2(9) : 27-28<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les m\u00e9ningiomes ont fait l&#8217;objet d&#8217;une &#8220;session sp\u00e9ciale&#8221; lors du congr\u00e8s ESMO. 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