{"id":344174,"date":"2014-11-26T01:00:00","date_gmt":"2014-11-26T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/des-symptomes-a-prendre-au-serieux-2\/"},"modified":"2014-11-26T01:00:00","modified_gmt":"2014-11-26T00:00:00","slug":"des-symptomes-a-prendre-au-serieux-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/des-symptomes-a-prendre-au-serieux-2\/","title":{"rendered":"Des sympt\u00f4mes \u00e0 prendre au s\u00e9rieux"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le cerveau atteint de scl\u00e9rose en plaques pr\u00e9sente des modifications structurelles et fonctionnelles tr\u00e8s t\u00f4t dans l&#8217;\u00e9volution de la maladie, et ce avant m\u00eame que les d\u00e9ficits cognitifs ne se manifestent. L&#8217;atrophie c\u00e9r\u00e9brale est actuellement consid\u00e9r\u00e9e comme le meilleur corr\u00e9lat du statut cognitif. Cependant, les troubles cognitifs sont globalement le r\u00e9sultat d&#8217;un dysfonctionnement complexe du r\u00e9seau et ne peuvent pas \u00eatre attribu\u00e9s au dysfonctionnement de certaines zones du cerveau. Le renforcement de la r\u00e9serve cognitive par un entra\u00eenement physique et cognitif devrait \u00eatre une priorit\u00e9 pr\u00e9ventive et th\u00e9rapeutique.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Les d\u00e9ficits cognitifs font partie, avec la fatigue et les troubles affectifs, des sympt\u00f4mes cl\u00e9s de la scl\u00e9rose en plaques (SEP). Ils peuvent avoir un impact n\u00e9gatif important sur la qualit\u00e9 de vie des personnes atteintes, mais aussi sur l&#8217;adh\u00e9sion au traitement. Les taux de pr\u00e9valence sont estim\u00e9s entre 43% [1] et 60% [2], selon les \u00e9tudes. Ainsi, environ un patient sur deux atteint de SEP souffre d&#8217;une baisse de ses capacit\u00e9s cognitives. Les d\u00e9ficits peuvent appara\u00eetre t\u00f4t dans l&#8217;\u00e9volution de la maladie et peuvent \u00e9galement se manifester comme un sympt\u00f4me initial. Elles sont largement ind\u00e9pendantes du degr\u00e9 de handicap et sont \u00e9galement d\u00e9crites chez des patients pr\u00e9sentant une \u00e9volution b\u00e9nigne [3]. Contrairement aux processus d\u00e9mentiels, la progression des d\u00e9ficits cognitifs dans la SEP est consid\u00e9r\u00e9e comme mod\u00e9r\u00e9e. Le d\u00e9veloppement le plus important se produit au cours des cinq premi\u00e8res ann\u00e9es [4], de sorte qu&#8217;un diagnostic neuropsychologique le plus pr\u00e9coce possible des d\u00e9ficits dits de base, tenant compte d&#8217;\u00e9ventuels facteurs de covariation, est d&#8217;une grande pertinence clinique.<\/p>\n<h2 id=\"deficits-cognitifs-fondamentaux\">D\u00e9ficits cognitifs fondamentaux<\/h2>\n<p>Tous les domaines cognitifs ne sont pas affect\u00e9s de la m\u00eame mani\u00e8re dans la SEP, de sorte qu&#8217;un d\u00e9clin cognitif g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 est rarement observ\u00e9. Le fait que certains sous-aspects cognitifs soient plus affect\u00e9s que d&#8217;autres a finalement conduit \u00e0 la notion de &#8220;d\u00e9ficit cognitif de base&#8221; [5]. Celui-ci comprend des fonctions telles que la flexibilit\u00e9 mentale, la m\u00e9moire verbale et visuo-spatiale \u00e0 court terme et la vitesse de traitement des informations. Les dysfonctionnements cognitifs peuvent avoir un impact n\u00e9gatif important sur la qualit\u00e9 de vie des personnes concern\u00e9es, ind\u00e9pendamment de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 des sympt\u00f4mes physiques. Plusieurs \u00e9tudes montrent que les patients atteints de troubles cognitifs sont moins susceptibles de travailler, ont besoin de plus d&#8217;aide pour g\u00e9rer leur vie quotidienne et sont moins impliqu\u00e9s socialement que les patients sans troubles cognitifs [6]. De plus, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que la vitesse de traitement de l&#8217;information chez les patients nouvellement diagnostiqu\u00e9s avec une SEP \u00e9tait pr\u00e9dictive de leur statut professionnel \u00e0 sept ans [7]. Cela signifie que l&#8217;\u00e9valuation des performances cognitives d\u00e8s le d\u00e9but peut avoir une importance consid\u00e9rable en termes d&#8217;\u00e9conomie de la sant\u00e9, en plus de l&#8217;importance personnelle non n\u00e9gligeable pour les personnes concern\u00e9es.<\/p>\n<h2 id=\"troubles-cognitifs-et-imagerie\">Troubles cognitifs et imagerie<\/h2>\n<p>Bien que l&#8217;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique (IRM) conventionnelle occupe une place importante dans le diagnostic de la SEP et dans la documentation de son \u00e9volution, elle ne constitue pas un corr\u00e9lat appropri\u00e9 des dysfonctionnements cognitifs. Il n&#8217;est donc pas surprenant que les premi\u00e8res \u00e9tudes corr\u00e9lant principalement la charge l\u00e9sionnelle T2 et les hypointensit\u00e9s T1 avec les performances cognitives se soient r\u00e9v\u00e9l\u00e9es d\u00e9cevantes [8\u201310]. Ce n&#8217;est qu&#8217;en se concentrant sur la charge l\u00e9sionnelle r\u00e9gionale que des liens int\u00e9ressants avec des performances cognitives partielles sp\u00e9cifiques ont \u00e9t\u00e9 mis en \u00e9vidence [11,12].<\/p>\n<p>Le meilleur corr\u00e9lat actuel de la performance cognitive est l&#8217;atrophie c\u00e9r\u00e9brale, qu&#8217;elle soit focale ou globale. Les efforts devraient donc porter sur l&#8217;int\u00e9gration des tests d&#8217;atrophie dans la routine clinique, en plus des outils de d\u00e9pistage cognitif. C&#8217;est l\u00e0 que se pose le principal probl\u00e8me du post-traitement des donn\u00e9es collect\u00e9es \u00e0 l&#8217;aide de m\u00e9thodes d&#8217;analyse sp\u00e9cialis\u00e9es telles que SIENAX, un logiciel qui n&#8217;est gu\u00e8re utilis\u00e9, par exemple, dans le secteur de la m\u00e9decine de ville. Alternativement, la taille du troisi\u00e8me ventricule montre non seulement une tr\u00e8s bonne relation avec la cognition [13,14], mais poss\u00e8de \u00e9galement une valeur pr\u00e9dictive [15].<\/p>\n<p>La mesure du troisi\u00e8me ventricule est un effort raisonnable pour documenter l&#8217;\u00e9volution de l&#8217;atrophie lors des examens de contr\u00f4le annuels et garantit un bon rapport co\u00fbt\/efficacit\u00e9.<\/p>\n<p>Outre l&#8217;atrophie c\u00e9r\u00e9brale, il existe un autre param\u00e8tre IRM qui a une bonne valeur corr\u00e9lative et pr\u00e9dictive en ce qui concerne la cognition dans la SEP. Il s&#8217;agit du ratio de transfert d&#8217;aimantation (MTR). Cette m\u00e9thode permet de caract\u00e9riser plus pr\u00e9cis\u00e9ment les changements microstructurels dans la substance blanche d&#8217;apparence normale (NAWM). Certaines \u00e9tudes ont mis en \u00e9vidence des liens de corr\u00e9lation &#8211; surtout au stade pr\u00e9coce de la maladie &#8211; avec la cognition dans la SEP [16,17], ce qui laisse supposer qu&#8217;une d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence axonale pr\u00e9coce des fibres du r\u00e9seau intercortical contribue aux troubles cognitifs.<\/p>\n<p>Cela soul\u00e8ve la question pertinente et d\u00e9cisive de savoir <em>pourquoi<\/em> la SEP entra\u00eene des troubles cognitifs. La qualit\u00e9 du fonctionnement des processus cognitifs ne d\u00e9pend pas en premier lieu de l&#8217;int\u00e9grit\u00e9 de chaque aire corticale, mais plut\u00f4t de l&#8217;interaction correcte d&#8217;un r\u00e9seau complexe. On peut en d\u00e9duire la th\u00e8se selon laquelle les changements cognitifs sont le r\u00e9sultat d&#8217;un dysfonctionnement complexe du r\u00e9seau. Les premiers signes d&#8217;une perturbation du r\u00e9seau de la SEP r\u00e9sultent d&#8217;\u00e9tudes sur le r\u00e9seau en mode d\u00e9grad\u00e9 (DMN). Ce r\u00e9seau est coh\u00e9rent chez tous les sujets sains et implique le cingulum post\u00e9rieur, le precuneus, le cortex pr\u00e9frontal m\u00e9dian et le cortex pari\u00e9tal inf\u00e9rieur. Ce r\u00e9seau est activ\u00e9 au maximum lorsqu&#8217;une personne se trouve dans un \u00e9tat de repos d\u00e9tendu et n&#8217;effectue aucune activit\u00e9 cognitive. Une d\u00e9sactivation maximale se produit d\u00e8s que le cerveau passe \u00e0 une activation cognitive. Il y a donc une alternance fr\u00e9quente entre activation et d\u00e9sactivation afin de pouvoir s&#8217;adapter de mani\u00e8re optimale aux conditions ext\u00e9rieures. Chez les patients atteints de SEP et dont l&#8217;\u00e9volution est progressive, il a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 que ce DMN est modifi\u00e9 [18] et que ces modifications, qui concernent principalement les parties frontales du r\u00e9seau, semblent \u00eatre \u00e9troitement li\u00e9es aux d\u00e9ficits cognitifs observ\u00e9s. Les r\u00e9sultats ne sont pas aussi clairs chez les patients pr\u00e9sentant une \u00e9volution par pouss\u00e9es. Dans une \u00e9tude ax\u00e9e principalement sur la vitesse de traitement de l&#8217;information, les patients ont pr\u00e9sent\u00e9 des changements de connectivit\u00e9 dans les r\u00e9seaux moteurs et visuels, mais pas dans le DMN. En revanche, Cruz-Gomez et ses coll\u00e8gues [19], qui ont pris en compte diff\u00e9rents domaines cognitifs chez des patients atteints de la maladie r\u00e9mittente, rapportent \u00e9galement des changements dans le DMN. On peut donc conclure de ces r\u00e9sultats que les changements de r\u00e9seau sont li\u00e9s aux changements cognitifs, mais que les r\u00e9sultats d\u00e9pendent fortement du crit\u00e8re cognitif choisi pour d\u00e9terminer \u00e0 partir de quand un patient est consid\u00e9r\u00e9 comme ayant des troubles cognitifs.<\/p>\n<h2 id=\"diagnostic-des-troubles-cognitifs\">Diagnostic des troubles cognitifs<\/h2>\n<p>Un diagnostic fiable des d\u00e9ficits cognitifs est vivement conseill\u00e9 compte tenu des taux de pr\u00e9valence \u00e9lev\u00e9s et de l&#8217;impact n\u00e9gatif important sur diff\u00e9rents aspects de la vie des patients. Le diagnostic neuropsychologique est r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 l&#8217;aide de tests standardis\u00e9s et normalis\u00e9s qui permettent de rendre compte de mani\u00e8re fiable des performances cognitives. Cependant, un examen neuropsychologique approfondi prend du temps, est co\u00fbteux et ne peut \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 que par des professionnels form\u00e9s. Comme ces conditions ne sont g\u00e9n\u00e9ralement pas r\u00e9unies dans la routine clinique, diff\u00e9rentes m\u00e9thodes de d\u00e9pistage ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es pour permettre une objectivation \u00e9conomique en temps et en argent des d\u00e9ficits cognitifs cl\u00e9s pertinents dans la SEP dans la pratique clinique quotidienne.<\/p>\n<p>\u00c0 cette fin, et afin de garantir une norme internationale, un comit\u00e9 d&#8217;experts a recommand\u00e9 en 2012 la r\u00e9alisation du Brief International Cognitive Assessment for Multiple Sclerosis (BICAMS) [20]. Le BICAMS repr\u00e9sente une tentative de consensus pour permettre une homog\u00e9n\u00e9isation au niveau mondial dans la d\u00e9tection des d\u00e9ficits cognitifs dans la SEP et ainsi permettre une comparaison internationale. En raison de leurs bonnes propri\u00e9t\u00e9s psychom\u00e9triques, les trois tests suivants sont recommand\u00e9s dans le BICAMS : SDMT, CVLT-II et BVMT-R. Pour CVLT-II et BVMT-R, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 de n&#8217;inclure que les trials d&#8217;apprentissage.<\/p>\n<p>Cela signifie que les cinq premi\u00e8res sessions d&#8217;apprentissage du CVLT-II et les trois sessions d&#8217;apprentissage du BVMT-R doivent \u00eatre effectu\u00e9es. Au total, le temps d&#8217;ex\u00e9cution du BICAMS est de 15 minutes. Pour les utilisateurs qui ne peuvent pas consacrer ce temps, il est recommand\u00e9 d&#8217;effectuer au moins le SDMT r\u00e9guli\u00e8rement (au moins une fois par an).<\/p>\n<p><strong>SDMT :<\/strong> Le test Symbol Digit Modalities (SDMT [21]) pr\u00e9sente aux patients neuf symboles avec la correspondance des chiffres de 1 \u00e0 9. La t\u00e2che consiste \u00e0 associer le bon chiffre \u00e0 chaque symbole dans les 90 secondes et \u00e0 le dire \u00e0 haute voix \u00e0 l&#8217;examinateur. Le mod\u00e8le avec les correspondances correctes reste visible pour les patients pendant toute la dur\u00e9e du test. Ce test mesure la vitesse de traitement des informations et la m\u00e9moire de travail. Le SDMT s&#8217;est av\u00e9r\u00e9 \u00eatre un test sensible, fiable et pratique pour la pratique clinique quotidienne. En raison des probl\u00e8mes mentionn\u00e9s que les patients rencontrent avec le PASAT, on peut supposer que le SDMT supplantera de plus en plus le PASAT en termes de fr\u00e9quence d&#8217;utilisation.<\/p>\n<p><strong>CVLT-II\/VLMT : <\/strong>Le California Verbal Learning Test-II (CVLT-II [22]) et le Verbal Learning and Memory Test (VLMT [23]) sont tous deux des m\u00e9thodes permettant d&#8217;\u00e9valuer la m\u00e9moire verbale \u00e0 court et \u00e0 long terme ainsi que les capacit\u00e9s d&#8217;apprentissage verbal. Dans le CVLT-II, les patients lisent 16&nbsp;mots, dont quatre appartiennent \u00e0 une cat\u00e9gorie sup\u00e9rieure (par exemple, v\u00eatements, l\u00e9gumes). Les patients doivent m\u00e9moriser autant de mots que possible et les restituer imm\u00e9diatement apr\u00e8s la pr\u00e9sentation. Il y a cinq passages r\u00e9p\u00e9t\u00e9s. Elle est suivie d&#8217;une deuxi\u00e8me liste d&#8217;apprentissage qui sert de t\u00e2che d&#8217;interf\u00e9rence. Ensuite, les patients doivent r\u00e9p\u00e9ter librement la premi\u00e8re liste de mots qu&#8217;ils ont apprise. Apr\u00e8s environ 30 minutes, un rappel tardif est effectu\u00e9 pour v\u00e9rifier la stabilit\u00e9 de la m\u00e9morisation des mots de la premi\u00e8re liste d&#8217;apprentissage au fil du temps. Enfin, un test de reconnaissance est effectu\u00e9, dans lequel les mots des deux listes d&#8217;apprentissage apprises sont pr\u00e9sent\u00e9s avec des mots non encore pr\u00e9sent\u00e9s. La t\u00e2che consiste \u00e0 nouveau \u00e0 ne reconna\u00eetre que les mots de la premi\u00e8re liste apprise.<\/p>\n<p>Le VLMT a une structure similaire, \u00e0 la diff\u00e9rence que seuls 15 mots sont pr\u00e9sent\u00e9s et qu&#8217;il n&#8217;y a pas de cat\u00e9gories de mots sup\u00e9rieures. Le VLMT est utilis\u00e9 dans la validation allemande du BICAMS, car cet instrument fournit de tr\u00e8s bonnes donn\u00e9es normatives.<\/p>\n<p><strong>BVMT-R :<\/strong> Le Brief Visual Memory Test-Revised (BVMT-R [24]) \u00e9value la m\u00e9moire visuo-spatiale \u00e0 court et \u00e0 long terme ainsi que la capacit\u00e9 de reconnaissance. Une feuille contenant six formes g\u00e9om\u00e9triques est pr\u00e9sent\u00e9e aux patients pendant dix secondes. Les patients doivent ensuite dessiner ces formes et leur localisation le plus pr\u00e9cis\u00e9ment possible sur une feuille de papier vierge. Il y a trois passages au total, au cours desquels les patients disposent de dix secondes chacun pour m\u00e9moriser les six formes et leur localisation. Apr\u00e8s 30 minutes, il y a \u00e9galement un rappel tardif pour ce test afin de v\u00e9rifier la m\u00e9moire visuo-spatiale \u00e0 long terme. La derni\u00e8re \u00e9tape consiste \u00e0 tester les performances de recognition des patients en leur pr\u00e9sentant les figures \u00e0 m\u00e9moriser m\u00e9lang\u00e9es \u00e0 de nouvelles formes.<\/p>\n<p>CAVE : lors du BICAMS, seuls les trials d&#8217;apprentissage sont effectu\u00e9s !<\/p>\n<h2 id=\"traitement-des-troubles-cognitifs\">Traitement des troubles cognitifs<\/h2>\n<p>La question de savoir si un traitement des troubles cognitifs est utile ou non doit \u00eatre pos\u00e9e au cas par cas, apr\u00e8s avoir effectu\u00e9 un diagnostic neuropsychologique. Il n&#8217;existe malheureusement pas actuellement d&#8217;\u00e9talon-or bas\u00e9 sur des preuves.<\/p>\n<p><strong>Substances immunomodulatrices :<\/strong> Les substances immunomodulatrices courantes (interf\u00e9rons et ac\u00e9tate de glatiram\u00e8re) offrent une certaine protection contre une d\u00e9t\u00e9rioration suppl\u00e9mentaire des performances cognitives, car elles att\u00e9nuent la r\u00e9ponse inflammatoire. Une efficacit\u00e9 sp\u00e9cifique est cependant consid\u00e9r\u00e9e comme plut\u00f4t mod\u00e9r\u00e9e. Il existe des donn\u00e9es provenant de quatre \u00e9tudes qui documentent un effet favorable sur les performances c\u00e9r\u00e9brales [25\u201328].<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, ces \u00e9tudes montrent que les traitements de fond peuvent avoir un impact positif sur les fonctions cognitives. Il semble toutefois exag\u00e9r\u00e9 d&#8217;attribuer aux th\u00e9rapies de base une efficacit\u00e9 sp\u00e9cifique pour la cognition.<\/p>\n<p><strong>Approches th\u00e9rapeutiques symptomatiques non pharmacologiques : <\/strong>L&#8217;efficacit\u00e9 des traitements pharmacologiques n&#8217;ayant pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e de mani\u00e8re convaincante jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, les approches th\u00e9rapeutiques non pharmacologiques constituent une alternative \u00e0 prendre en consid\u00e9ration.<\/p>\n<p>En ce qui concerne l&#8217;efficacit\u00e9 du <em>sport et de l&#8217;exercice<\/em> (exercise training) sur les performances cognitives des patients atteints de SEP, il n&#8217;existe actuellement que deux \u00e9tudes randomis\u00e9es et contr\u00f4l\u00e9es qui ont conclu n\u00e9gativement [29,30]. Ceci est clairement en contradiction avec les r\u00e9sultats positifs trouv\u00e9s dans les \u00e9tudes g\u00e9rontologiques [31\u201333]. Cependant, si l&#8217;on consid\u00e8re des \u00e9tudes transversales sur des patients atteints de SEP avec diff\u00e9rents niveaux de handicap, on constate un effet positif de l&#8217;entra\u00eenement physique sur les performances cognitives [34].<\/p>\n<p>Outre l&#8217;activit\u00e9 sportive, la <em>r\u00e9\u00e9ducation<\/em> <em>cognitive<\/em> offre une alternative de traitement prometteuse. Le concept sous-jacent est que les performances cognitives partielles sont entra\u00een\u00e9es au moyen d&#8217;une stimulation cognitive afin de stimuler des voies de communication alternatives dans le cerveau et d&#8217;am\u00e9liorer ainsi les performances des patients. Dans une \u00e9tude men\u00e9e par Penner et ses coll\u00e8gues [35], des patients atteints de scl\u00e9rose en plaques ont \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s avec un entra\u00eenement informatis\u00e9 de la m\u00e9moire de travail &#8220;BrainStim&#8221; [36]. Les r\u00e9sultats de l&#8217;\u00e9tude ont montr\u00e9 que les personnes atteintes de scl\u00e9rose en plaques avaient une meilleure m\u00e9moire de travail. Dans ce cas, les patients ont montr\u00e9 une am\u00e9lioration significative de leurs performances apr\u00e8s un entra\u00eenement intensif de quatre semaines et apr\u00e8s un entra\u00eenement r\u00e9parti sur huit semaines [37]. En outre, les patients ont vu l&#8217;intensit\u00e9 de leurs sympt\u00f4mes de fatigue s&#8217;am\u00e9liorer apr\u00e8s l&#8217;entra\u00eenement. Dans ce contexte, la rem\u00e9diation cognitive peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une intervention dont l&#8217;objectif premier est de provoquer des changements \u00e0 la fois dans les aspects psychosociaux (par exemple, la motivation, la fatigue) et dans des circuits neuronaux sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<p>Les \u00e9tudes qui ont test\u00e9 l&#8217;efficacit\u00e9 d&#8217;une intervention cognitive par IRM fonctionnelle ont montr\u00e9 que des zones c\u00e9r\u00e9brales suppl\u00e9mentaires, directement li\u00e9es aux processus cognitifs \u00e9tudi\u00e9s, \u00e9taient activ\u00e9es apr\u00e8s un entra\u00eenement r\u00e9ussi [38\u201341].<\/p>\n<h2 id=\"conclusion-et-resume\">Conclusion et r\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n<p>En raison de leur pr\u00e9valence \u00e9lev\u00e9e, les troubles cognitifs ne sont pas seulement des sympt\u00f4mes \u00e0 prendre au s\u00e9rieux dans le cadre de la SEP, mais devraient \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme aussi importants que la progression de l&#8217;EDSS, le taux de pouss\u00e9e et les modifications de l&#8217;IRM pour \u00e9valuer l&#8217;activit\u00e9 et l&#8217;\u00e9volution de la maladie. Identifier, diagnostiquer clairement et caract\u00e9riser les troubles cognitifs est une premi\u00e8re \u00e9tape importante qui ne devrait plus faire d\u00e9faut \u00e0 aucun bilan neurologique. Il existe de tr\u00e8s bonnes m\u00e9thodes de d\u00e9pistage, qui sont \u00e9conomiques en termes de temps et de co\u00fbts. Le SDMT permet de d\u00e9tecter en cinq minutes un d\u00e9ficit dans les domaines cognitifs centraux, la vitesse de traitement de l&#8217;information et la m\u00e9moire de travail. Sur le plan th\u00e9rapeutique, il n&#8217;existe actuellement aucune bonne approche pharmacologique. Sur le plan non pharmacologique, les interventions cognitives et sportives constituent des moyens int\u00e9ressants et puissants d&#8217;influencer positivement la r\u00e9serve cognitive.<\/p>\n<p>Pendant longtemps, les troubles des performances cognitives dans le cadre de la SEP ont \u00e9t\u00e9 peu pris en compte. Cependant, si l&#8217;on interroge les personnes concern\u00e9es, il devient rapidement \u00e9vident que la d\u00e9t\u00e9rioration des performances cognitives affecte les patients bien plus que leurs sympt\u00f4mes physiques. Il est aujourd&#8217;hui \u00e9tabli que pr\u00e8s d&#8217;une personne sur deux atteinte de SEP subira t\u00f4t ou tard de tels changements. D&#8217;un point de vue scientifique, l&#8217;int\u00e9r\u00eat pour la cognition a \u00e9volu\u00e9 : elle est d\u00e9sormais accept\u00e9e comme un crit\u00e8re d&#8217;\u00e9valuation essentiel dans les \u00e9tudes d&#8217;intervention, son ampleur et ses causes sont \u00e9tudi\u00e9es en d\u00e9tail dans les \u00e9tudes utilisant les nouvelles techniques d&#8217;imagerie, et des approches th\u00e9rapeutiques de r\u00e9\u00e9ducation cognitive sont utilis\u00e9es pour tenter d&#8217;am\u00e9liorer la situation des patients. Cependant, la place de la cognition dans la pratique clinique a peu \u00e9volu\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent. Ici, le taux de pouss\u00e9e, la progression de l&#8217;EDSS et le nombre de foyers enrichis en gadolinium restent au premier plan lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de documenter l&#8217;\u00e9volution de la maladie et son activit\u00e9. Le manque de temps est souvent cit\u00e9 comme raison pour continuer \u00e0 ne pas accorder une attention importante \u00e0 la cognition (en plus de l&#8217;absence d&#8217;instruments de mesure fiables et sensibles et d&#8217;une offre th\u00e9rapeutique inexistante). Il ne reste que des patients inquiets, dont la souffrance ne cesse de cro\u00eetre et qui se sentent souvent incompris par leurs m\u00e9decins traitants.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Rao SM, et al : Neurology 1991 ; 41 : 685-691.<\/li>\n<li>Benedict RH, et al : JINS 2006 ; 12(4) : 549-558.<\/li>\n<li>Amato MP, et al : J Neurol 2006 ; 253(8) : 1054-1059.<\/li>\n<li>Amato MP, et al : Arch Neurol 2001 ; 58 : 1602-1606.<\/li>\n<li>Calabrese P, Penner IK : J Neurol 2007 ; 254 : 18-21.<\/li>\n<li>Amato MP, et al : Arch Neurol 1995 ; 52 : 168-172.<\/li>\n<li>Ruet A, et al : J Neurol 2013 ; 260 : 776-784.<\/li>\n<li>Camp SJ, et al : Brain 1999 ; 122 : 1341-1348.<\/li>\n<li>Fulton JC, et al : AJNR 1999 ; 20 : 1951-1955.<\/li>\n<li>Rovaris M, et al : Neurology 1998 ; 50(6) : 1601-1608.<\/li>\n<li>Pujol J, et al : NeuroImage 2001 ; 13 : 68-75.<\/li>\n<li>Sperling RA, et al. : Arch Neurol 2001 ; 58 : 115-121.<\/li>\n<li>Benedict RH, Carone DA, Bakshi R : J Neuroimagerie 2004 ; 14 : 36S-45S.<\/li>\n<li>Tiemann L, et al. : Mult Scler 2009 ; 15(10) : 1164-1174.<\/li>\n<li>Deloire MS, et al : Neurology 2011 ; 76(13) : 1161-1167.<\/li>\n<li>Deloire MSA, et al : JNNP 2005 ; 76 : 519-526.<\/li>\n<li>Khalil M, et al. : Mult Scler 2011 ; 17(2) : 173-180.<\/li>\n<li>Rocca MA, et al : Neurology 2010 ; 74(16) : 1252-1259.<\/li>\n<li>Cruz-Gomez AJ, et al. : Mult Scler 2013 [Epub ahead of print].<\/li>\n<li>Smith A : Test des Modalit\u00e9s Digitales Symboles. 1973.<\/li>\n<li>Delis DC, et al : California Verbal Learning Test. 2000.<\/li>\n<li>Helmstaedter C, Lendt M, Lux S : VLMT &#8211; Test verbal d&#8217;apprentissage et de m\u00e9morisation. Manuel. 2001.<\/li>\n<li>Benedict RH : Brief Visuospatial Memory Test-Revised (BVMT-R). Lutz, FL : 1997.<\/li>\n<li>Langdon DW, et al : Mult Scler 2012 ; 18(6) : 891-898.<\/li>\n<li>Fischer JS, et al : Ann Neurol 2000 ; 48 : 885-892.<\/li>\n<li>Penner IK, et al. : Mult Scler 2012 ; 18(10) : 1466-1471.<\/li>\n<li>Patti F, et al : Mult Scler 2010 ; 16(1) : 68-77.<\/li>\n<li>Ziemssen T, et al. : J Neurol 2014 [Epub ahead of print].<\/li>\n<li>Oken BS, et al : Neurology 2004 ; 62(11) : 2058-2064.<\/li>\n<li>Romberg A, Virtanen A, Ruutiainen J : J Neurol 2005 ; 252(7) : 839-845.<\/li>\n<li>Colcombe S, Kramer AF : Psychol Sci 2003 ; 14(2) : 125-130.<\/li>\n<li>Colcombe SJ, et al : Proc Natl Acad Sci U S A 2004 ; 101 : 3316-3321.<\/li>\n<li>Jedrziewski MK, et al. : Alzheimers Dement 2010 ; 6(6) : 448-455.<\/li>\n<li>Prakash RS, et al : NeuroImage 2007 ; 34(3) : 1238-1244.<\/li>\n<li>Penner IK, Kappos L : J Neurol Sci 2006 ; 245 : 147-151.<\/li>\n<li>Penner IK, Kobel M, Opwis K : BrainStim. 2006 ; 17-18.<\/li>\n<li>Vogt A, et al : Restor Neurol Neurosc 2009 ; 27 : 225-235.<\/li>\n<li>Chiaravalloti ND, et al : J Neurol 2012 ; 259(7) : 1337-1346.<\/li>\n<li>Filippi M, et al : Radiology 2012 ; 262(3) : 932-940.<\/li>\n<li>Penner IK, et al : J Physiol Paris 2006 ; 99 : 455-462.<\/li>\n<li>Sastre-Garriga J, et al. : Mult Scler 2011 ; 17(4) : 457-467.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2014 ; 12(6) : 10-14<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le cerveau atteint de scl\u00e9rose en plaques pr\u00e9sente des modifications structurelles et fonctionnelles tr\u00e8s t\u00f4t dans l&#8217;\u00e9volution de la maladie, et ce avant m\u00eame que les d\u00e9ficits cognitifs ne se&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":31073,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"D\u00e9ficience neurocognitive","footnotes":""},"category":[11531,11383,11549],"tags":[37783,49517,49512,12240,15599,49503,12371,44266,48745,49521],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-344174","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-formation-continue","category-neurologie-fr","category-rx-fr","tag-bicams-fr","tag-bvmt-r-fr","tag-cvlt-fr","tag-imagerie","tag-ms-fr","tag-parametres-irm","tag-sclerose-en-plaques","tag-sdmt-fr","tag-trouble-cognitif","tag-vlmt-fr","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-04-29 05:11:27","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":344187,"slug":"sintomi-che-devono-essere-presi-sul-serio-2","post_title":"Sintomi che devono essere presi sul serio","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/sintomi-che-devono-essere-presi-sul-serio-2\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":344195,"slug":"sintomas-que-devem-ser-levados-a-serio-2","post_title":"Sintomas que devem ser levados a s\u00e9rio","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/sintomas-que-devem-ser-levados-a-serio-2\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":344199,"slug":"sintomas-que-deben-tomarse-en-serio-2","post_title":"S\u00edntomas que deben tomarse en serio","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/sintomas-que-deben-tomarse-en-serio-2\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/344174","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=344174"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/344174\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/31073"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=344174"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=344174"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=344174"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=344174"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}