{"id":344204,"date":"2014-11-21T01:00:00","date_gmt":"2014-11-21T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/la-fibromyalgie-aujourdhui\/"},"modified":"2014-11-21T01:00:00","modified_gmt":"2014-11-21T00:00:00","slug":"la-fibromyalgie-aujourdhui","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/la-fibromyalgie-aujourdhui\/","title":{"rendered":"La fibromyalgie aujourd&#8217;hui"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le syndrome fibromyalgique (SFM), anciennement appel\u00e9 syndrome de fibrose ou syndrome de douleur rhumatismale g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e des tissus mous, n&#8217;est plus consid\u00e9r\u00e9 aujourd&#8217;hui comme une pathologie \u00e0 part enti\u00e8re, mais plut\u00f4t comme un ensemble de plaintes cliniques. Il s&#8217;agit principalement de douleurs dans diff\u00e9rentes parties du corps, accompagn\u00e9es de sympt\u00f4mes et de troubles v\u00e9g\u00e9tatifs tels que la fatigue, les troubles du sommeil, les troubles cognitifs et, en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, des comorbidit\u00e9s psychiatriques fr\u00e9quentes. Le diagnostic m\u00e9dical du syndrome de fibromyalgie fait l&#8217;objet de controverses. Le pr\u00e9sent article fait le point sur l&#8217;\u00e9pid\u00e9miologie, la pathogen\u00e8se, le diagnostic et le traitement.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>En 1990, un groupe de travail de la Soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine de rhumatologie (ACR) a tent\u00e9 d&#8217;op\u00e9rationnaliser la &#8220;fibromyalgie&#8221;. Par cons\u00e9quent, la douleur devait durer plus de trois mois et \u00eatre r\u00e9partie sur diff\u00e9rentes parties du corps. Ainsi, sur 18 points d&#8217;insertion des tendons pr\u00e9d\u00e9finis, au moins onze devaient \u00eatre douloureux \u00e0 la palpation (appel\u00e9s points d&#8217;appel). Ces crit\u00e8res ACR, qui n&#8217;ont jamais \u00e9t\u00e9 con\u00e7us pour d\u00e9finir un tableau clinique pr\u00e9cis, ont \u00e9t\u00e9 de plus en plus utilis\u00e9s \u00e0 partir du milieu des ann\u00e9es 1990 et ont finalement \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9s dans la CIM-10 sous &#8220;autres maladies des tissus mous, non class\u00e9es ailleurs&#8221; (M 79.90). La fibromyalgie \u00e9tait ainsi d\u00e9finie comme une maladie rhumatologique. Avant l&#8217;\u00e9tablissement des crit\u00e8res ACR, il existait d\u00e9j\u00e0 des indications selon lesquelles le SFM pourrait \u00eatre un trouble de la somatisation dans lequel un traitement dysfonctionnel du stress est pathog\u00e9niquement important.<\/p>\n<h2 id=\"epidemiologie\">\u00c9pid\u00e9miologie<\/h2>\n<p>Le syndrome de fibromyalgie (SFM) touche principalement les femmes. Dans les \u00e9tudes cliniques, la fibromyalgie est principalement d\u00e9tect\u00e9e chez les jeunes ou les personnes d&#8217;\u00e2ge moyen, mais les enqu\u00eates de population indiquent que la pr\u00e9valence a tendance \u00e0 augmenter avec l&#8217;\u00e2ge, atteignant un maximum chez les personnes de plus de 60 ans. Un d\u00e9but d\u00e8s l&#8217;enfance ou l&#8217;adolescence est nettement plus rare, mais de plus en plus fr\u00e9quent. La th\u00e8se ant\u00e9rieure selon laquelle la fibromyalgie gu\u00e9rit avec l&#8217;\u00e2ge n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e.<\/p>\n<h2 id=\"pathogenese\">Pathogen\u00e8se<\/h2>\n<p>Les causes de la fibromyalgie sont encore inconnues. Il est bien \u00e9tabli que les infections ne constituent pas un facteur de risque pour le d\u00e9veloppement du SFM (EBV, parvovirus, h\u00e9patite, borr\u00e9liose, etc.). Il n&#8217;y a pas non plus d&#8217;anomalies structurelles ou fonctionnelles coh\u00e9rentes dans le tissu musculaire. Une origine musculaire du SFM a pu \u00eatre exclue d\u00e8s le milieu des ann\u00e9es 1990. Dans une revue r\u00e9cente, l&#8217;amplification des signaux aff\u00e9rents \u00e0 la douleur dans la moelle \u00e9pini\u00e8re est consid\u00e9r\u00e9e comme un m\u00e9canisme cl\u00e9 du d\u00e9veloppement de la douleur chronique dans les maladies rhumatismales, y compris l&#8217;arthrose. FMS d\u00e9crit.<\/p>\n<p>A la recherche d&#8217;anomalies s\u00e9rologiques et biochimiques sp\u00e9cifiques, de nombreux groupes de travail ont analys\u00e9 une s\u00e9rie de param\u00e8tres diff\u00e9rents dans le s\u00e9rum et le LCR. Diff\u00e9rents neurotransmetteurs semblent jouer un r\u00f4le dans ce processus. En particulier, certaines \u00e9tudes montrent que les patients atteints de fibromyalgie pr\u00e9sentent des concentrations plus \u00e9lev\u00e9es de ce que l&#8217;on appelle la substance P, ainsi que des taux plus faibles de m\u00e9tabolites de la s\u00e9rotonine, de la noradr\u00e9naline et de la dopamine, par rapport \u00e0 des sujets t\u00e9moins sains.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes r\u00e9centes sur la r\u00e9sonance magn\u00e9tique montrent chez les patients atteints de fibromyalgie une transmission anormale des signaux dans les zones du cerveau impliqu\u00e9es dans la transmission de la douleur et des \u00e9motions, comme l&#8217;amygdale, le thalamus et le cortex insulaire. Les modifications biochimiques du liquide c\u00e9phalorachidien et la perturbation de la signalisation c\u00e9r\u00e9brale sont certes associ\u00e9es \u00e0 la fibromyalgie, mais les observations ne permettent pas de d\u00e9terminer s&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une relation de cause \u00e0 effet ou d&#8217;une co\u00efncidence fortuite. Les modifications morphologiques des muscles, notamment les indices d&#8217;un processus inflammatoire, ont \u00e9t\u00e9 exclues depuis longtemps. Il est r\u00e9guli\u00e8rement postul\u00e9 qu&#8217;une oxyg\u00e9nation limit\u00e9e des muscles pourrait \u00eatre \u00e0 l&#8217;origine de l&#8217;apparition de la douleur en raison d&#8217;une diminution de la capillarisation (douleur isch\u00e9mique). Cependant, des \u00e9tudes ont d\u00e9montr\u00e9 que cela \u00e9tait plut\u00f4t d\u00fb \u00e0 un manque d&#8217;entra\u00eenement physique (d\u00e9conditionnement). Parall\u00e8lement, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que la force musculaire limit\u00e9e est contr\u00f4l\u00e9e de mani\u00e8re centrale, tout comme le manque de relaxation entre les diff\u00e9rentes contractions musculaires. Les personnes atteintes de maladies rhumatismales inflammatoires sont plus susceptibles de souffrir d&#8217;un SFM suppl\u00e9mentaire. C&#8217;est pourquoi on distinguait autrefois la fibromyalgie primaire et la fibromyalgie secondaire.<\/p>\n<h2 id=\"anomalies-serologiques-et-biochimiques\">Anomalies s\u00e9rologiques et biochimiques<\/h2>\n<p>Diff\u00e9rents param\u00e8tres dans le s\u00e9rum et le LCR ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es dans le but de trouver des &#8220;marqueurs&#8221; utilisables en clinique. Cependant, cela n&#8217;a pas encore \u00e9t\u00e9 fait \u00e0 ce jour. Des auto-anticorps contre la s\u00e9rotonine, les gangliosides, les phospholipides, etc. ont \u00e9t\u00e9 recherch\u00e9s. Des taux \u00e9lev\u00e9s d&#8217;antithromboplastine, d&#8217;antipolym\u00e8re et d&#8217;autres anticorps ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s chez les patients atteints de SFM, sans que cela n&#8217;ait \u00e9t\u00e9 reproduit dans d&#8217;autres \u00e9tudes. De m\u00eame, aucune anomalie n&#8217;a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9e lors des examens concernant la pertinence des anticorps antinucl\u00e9aires et antithyro\u00efdiens. La pertinence de la substance P, un neuropeptide s\u00e9cr\u00e9t\u00e9 dans le LCR lors de la stimulation des axones, a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e. Bien que certaines \u00e9tudes aient montr\u00e9 des valeurs nettement plus \u00e9lev\u00e9es, on a constat\u00e9 qu&#8217;il ne s&#8217;agissait pas d&#8217;un param\u00e8tre sp\u00e9cifique au SFM, car cela a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 dans d&#8217;autres \u00e9tats douloureux chroniques tels que les maux de t\u00eate chroniques, les patients souffrant de fatigue chronique, apr\u00e8s un coup du lapin et, surtout, chez les patients d\u00e9pressifs et anxieux. De m\u00eame, aucune pertinence sp\u00e9cifique n&#8217;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e pour d&#8217;autres neuropeptides dans le SFM. La pertinence de la cytokine IL-8, dont le taux s\u00e9rique est plus souvent corr\u00e9l\u00e9 \u00e0 l&#8217;ampleur des sympt\u00f4mes du SFM, sans que cela puisse \u00eatre expliqu\u00e9 par une \u00e9ventuelle comorbidit\u00e9 d\u00e9pressive, n&#8217;est pas non plus \u00e9lucid\u00e9e. En revanche, la cytokine IL-6, connue pour \u00eatre un messager du stress, \u00e9tait g\u00e9n\u00e9ralement dans la norme dans ces \u00e9tudes. Des taux de tryptophane r\u00e9duits ou des troubles du m\u00e9tabolisme du tryptophane ont \u00e9t\u00e9 constat\u00e9s par deux groupes de travail, sans que la sp\u00e9cificit\u00e9 de ces r\u00e9sultats ait pu \u00eatre suffisamment clarifi\u00e9e jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent. Il en va de m\u00eame pour les taux r\u00e9duits de s\u00e9rotonine et de ses m\u00e9tabolites dans le s\u00e9rum et le liquide c\u00e9phalorachidien, d\u00e9j\u00e0 d\u00e9crits dans des \u00e9tudes ant\u00e9rieures.<\/p>\n<h2 id=\"predisposition-genetique\">Pr\u00e9disposition g\u00e9n\u00e9tique<\/h2>\n<p>Dans l&#8217;ensemble, certaines constatations plaident en faveur de l&#8217;importance pathog\u00e9nique de polymorphismes g\u00e9n\u00e9tiques dans les syst\u00e8mes s\u00e9rotoninergique, dopaminergique et catacholaminergique, qui pourraient contribuer \u00e0 une perception accrue de la douleur. Cela pourrait \u00e9galement expliquer l&#8217;incidence plus \u00e9lev\u00e9e des troubles affectifs et anxieux dans le SFM. Il semble que le facteur g\u00e9n\u00e9tique soit plus important dans la fibromyalgie que dans le syndrome de fatigue chronique (SFC) ou les c\u00e9phal\u00e9es de tension chroniques.<\/p>\n<h2 id=\"sommeil\">Sommeil<\/h2>\n<p>Les troubles du sommeil entra\u00eenent en principe une sensibilit\u00e9 accrue \u00e0 la douleur. Cela s&#8217;applique \u00e0 la fois \u00e0 la privation de sommeil REM et \u00e0 la privation de sommeil non-REM. Environ deux tiers des patients atteints du SFM souffrent d&#8217;un sommeil non r\u00e9parateur ou d&#8217;un manque de sommeil. les troubles du sommeil, raison pour laquelle les troubles du sommeil ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s comme la premi\u00e8re cause du d\u00e9veloppement du SFM dans les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes. Diverses &#8220;intrusions&#8221; impliquent une alt\u00e9ration du sommeil profond r\u00e9parateur et entra\u00eenent des sympt\u00f4mes de sommeil insuffisamment r\u00e9parateur le lendemain. Il en r\u00e9sulte un cercle vicieux de v\u00e9cu de stress et d&#8217;alt\u00e9ration du sommeil. Cependant, ce sommeil alpha-delta a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 dans d&#8217;autres troubles tels que le SFC, le syndrome d&#8217;apn\u00e9e du sommeil, le syndrome des jambes sans repos et n&#8217;est donc pas sp\u00e9cifique au SFM. D&#8217;autres auteurs ont montr\u00e9 qu&#8217;il existe un lien direct entre un comportement d&#8217;attachement ins\u00e9cure-anxieux et une anomalie du sommeil alpha-delta.<\/p>\n<h2 id=\"trouble-du-traitement-du-stress\">Trouble du traitement du stress<\/h2>\n<p>La relation entre le SFM et le syst\u00e8me de traitement du stress a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e comme une autre dimension pathog\u00e9nique importante. L&#8217;activation de l&#8217;axe HPA (amygdale de l&#8217;hypocampe) joue un r\u00f4le \u00e0 cet \u00e9gard, notamment chez les groupes de patients ayant subi des traumatismes durant l&#8217;enfance. En ce qui concerne l&#8217;activation de l&#8217;axe HPA, les r\u00e9sultats de la plupart des \u00e9tudes sont frappants, ce qui signifie qu&#8217;un dysfonctionnement de l&#8217;axe HPA est aujourd&#8217;hui consid\u00e9r\u00e9 comme certain. Cependant, les anomalies observ\u00e9es vont dans des directions oppos\u00e9es, certaines \u00e9tudes montrant une suractivation, d&#8217;autres une sous-activation. Cette h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des r\u00e9sultats peut s&#8217;expliquer par les trois variables confondantes : La comorbidit\u00e9 d\u00e9pressive, le traumatisme dans l&#8217;enfance et la dur\u00e9e de l&#8217;exposition au stress. L&#8217;exposition permanente \u00e0 des facteurs de stress entra\u00eene une hyperr\u00e9activit\u00e9 persistante de l&#8217;axe HPA, avant que celle-ci n&#8217;\u00e9volue vers une diminution de la r\u00e9activit\u00e9 dans le sens d&#8217;un burn-out. Cette \u00e9volution peut conduire, par contre-r\u00e9gulation, \u00e0 une d\u00e9pression s\u00e9v\u00e8re, \u00e0 un SFC ou encore \u00e0 un SFM.<\/p>\n<h2 id=\"sensibilite-centrale\">Sensibilit\u00e9 centrale<\/h2>\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les r\u00e9sultats des \u00e9tudes de neuro-imagerie ont permis d&#8217;int\u00e9grer toutes les pi\u00e8ces de la mosa\u00efque mentionn\u00e9e dans un tableau pathog\u00e9nique de plus en plus clair. Il \u00e9tait \u00e9vident depuis longtemps que les patients atteints du SFM ne pr\u00e9sentaient pas seulement une sensibilit\u00e9 accrue \u00e0 la pression des parties molles, prise en compte dans le cadre des crit\u00e8res ACR, mais \u00e9galement un seuil de douleur abaiss\u00e9 et une sensibilit\u00e9 accrue \u00e0 la douleur aux stimuli cutan\u00e9s. Plusieurs \u00e9tudes montrent que les patients atteints du SFM souffrent d&#8217;un dysfonctionnement du syst\u00e8me de modulation de la douleur au niveau du SNC. En outre, certaines \u00e9tudes ont montr\u00e9 qu&#8217;il existe une sensibilit\u00e9 accrue non seulement \u00e0 la douleur, mais aussi \u00e0 d&#8217;autres stimuli sensoriels, comme le bruit ou les odeurs d\u00e9sagr\u00e9ables. De nouveaux r\u00e9sultats d&#8217;\u00e9tudes TEP et SPECT indiquent \u00e9galement une r\u00e9duction de la circulation sanguine dans diff\u00e9rentes zones du cerveau, notamment au niveau du thalamus. Une r\u00e9duction de la densit\u00e9 de la mati\u00e8re grise au niveau du thalamus des patients atteints du SFM a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite. Le volume total de mati\u00e8re grise \u00e9tait \u00e9galement consid\u00e9rablement r\u00e9duit. Plus la dur\u00e9e du SFM est longue, plus la perte de mati\u00e8re grise est importante. Du point de vue d&#8217;un traitement perturb\u00e9 du stress, c&#8217;est surtout la densit\u00e9 r\u00e9duite de la mati\u00e8re grise dans le gyrus parahippocomphal qui est int\u00e9ressante, car des anomalies similaires ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es dans les troubles de stress post-traumatique et dans le SFC. Les neurotransmetteurs dopamine et s\u00e9rotonine jouent un r\u00f4le important dans ce processus. Des preuves indirectes d&#8217;un dysfonctionnement du syst\u00e8me dopaminergique proviennent d&#8217;\u00e9tudes d&#8217;imagerie qui montrent une diminution de la circulation c\u00e9r\u00e9brale dans la r\u00e9gion du noyau caud\u00e9 chez les patients atteints du SFM. Cette r\u00e9gion du cerveau est particuli\u00e8rement riche en r\u00e9cepteurs de dopamine. La dopamine joue un r\u00f4le important dans le m\u00e9tabolisme du cerveau en ce qui concerne le plaisir et le bien-\u00eatre, la motivation et le contr\u00f4le des fonctions motrices. Plus r\u00e9cemment, il a \u00e9t\u00e9 sugg\u00e9r\u00e9 que la dopamine pr\u00e9sente dans les ganglions de la base pourrait \u00e9galement jouer un r\u00f4le important dans la modulation de la douleur. Le syst\u00e8me dopaminergique est \u00e9troitement li\u00e9 au syst\u00e8me opio\u00efde. Un nombre r\u00e9duit de r\u00e9cepteurs opio\u00efdes indique une sensibilit\u00e9 accrue \u00e0 la douleur.<\/p>\n<h2 id=\"comorbidite-psychique\">Comorbidit\u00e9 psychique<\/h2>\n<p>D\u00e8s les ann\u00e9es 1990, des \u00e9tudes ont observ\u00e9 une comorbidit\u00e9 psychologique chez les patients atteints du SFM, sous la forme de troubles d\u00e9pressifs et surtout anxieux. Une telle augmente le nombre de points de douleur tout comme l&#8217;intensit\u00e9 de l&#8217;exp\u00e9rience de la douleur. Elle entra\u00eene une limitation fonctionnelle et une fatigabilit\u00e9 significativement plus \u00e9lev\u00e9e. Cela s&#8217;accompagne \u00e9galement d&#8217;un niveau plus \u00e9lev\u00e9 de catastrophisme comme strat\u00e9gie d&#8217;adaptation pr\u00e9dominante. Il y a une augmentation de l&#8217;introspection li\u00e9e au corps et une plus grande g\u00eane due aux sympt\u00f4mes de la douleur, ainsi qu&#8217;un trouble de la r\u00e9gulation de l&#8217;estime de soi.<\/p>\n<h2 id=\"diagnostic\">Diagnostic<\/h2>\n<p>Dans le cadre d&#8217;une compr\u00e9hension biopsychosociale de la maladie, le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste qui suit le patient doit d&#8217;abord et avant tout explorer l&#8217;\u00e9tendue de la symptomatologie douloureuse (par exemple \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;un sch\u00e9ma corporel dans lequel le patient dessine ses diff\u00e9rentes localisations douloureuses). En compl\u00e9ment, il est utile de tenir un journal de la douleur. En plus de la num\u00e9ration sanguine, de la BSR et de la CRP (pour exclure une maladie rhumatismale inflammatoire), les examens de laboratoire \u00e0 effectuer sont la cr\u00e9atine kinase (maladies musculaires), la TSH (troubles du m\u00e9tabolisme thyro\u00efdien) et le calcium (hypercalc\u00e9mie). Le dosage des anticorps associ\u00e9s aux maladies rhumatismales inflammatoires n&#8217;est pas utile en tant qu&#8217;examen de routine. En raison de la comorbidit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e des troubles anxieux et de la d\u00e9pression, leur exploration minutieuse est n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>L&#8217;imagerie m\u00e9dicale n&#8217;est pas encore utile pour d\u00e9tecter la fibromyalgie. Le diagnostic se fait uniquement sur la base de caract\u00e9ristiques cliniques ainsi que de crit\u00e8res d&#8217;exclusion. Cependant, le syndrome de fibromyalgie peut \u00eatre associ\u00e9 \u00e0 d&#8217;autres maladies telles que l&#8217;arthrose, la polyarthrite rhumato\u00efde ou les collag\u00e9noses, notamment en tant que stade prodromique d&#8217;une maladie rhumatismale inflammatoire.<\/p>\n<h2 id=\"therapie\">Th\u00e9rapie<\/h2>\n<p>Il n&#8217;existe pas encore de cl\u00e9 d&#8217;or dans le traitement de la fibromyalgie. Des strat\u00e9gies de traitement non m\u00e9dicamenteuses et m\u00e9dicamenteuses sont recommand\u00e9es. Pour certains sports, les preuves d&#8217;efficacit\u00e9 sont fortes \u00e0 mod\u00e9r\u00e9es, notamment pour l&#8217;entra\u00eenement d&#8217;endurance et la musculation adapt\u00e9e, alors qu&#8217;aucune efficacit\u00e9 n&#8217;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e pour les th\u00e9rapies passives telles que les massages, la chiropratique, etc. Les preuves de l&#8217;efficacit\u00e9 des th\u00e9rapies cognitivo-comportementales sont fortes et coh\u00e9rentes et constituent, selon plusieurs auteurs, un \u00e9l\u00e9ment important de l&#8217;efficacit\u00e9. Cependant, une revue de l&#8217;efficacit\u00e9 des th\u00e9rapies corps-esprit telles que l&#8217;hypnoth\u00e9rapie, le biofeedback et la r\u00e9duction du stress ne r\u00e9v\u00e8le que des preuves mod\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n<p>Divers m\u00e9dicaments tels que des analg\u00e9siques, des opio\u00efdes, des antid\u00e9presseurs et des anticonvulsivants sont disponibles pour traiter la symptomatologie vari\u00e9e de la fibromyalgie. Il est prouv\u00e9 depuis longtemps que les AINS n&#8217;ont pratiquement aucun effet sur le SFM.<\/p>\n<p>Le traitement par analg\u00e9siques est \u00e9galement peu efficace chez les patients atteints du SFM et doit \u00eatre limit\u00e9 dans le temps, si tant est qu&#8217;il le soit. Il n&#8217;y a pas d&#8217;indication pour les opiac\u00e9s. Le seul opio\u00efde dont l&#8217;efficacit\u00e9 dans la fibromyalgie est fond\u00e9e sur des preuves est le tramadol, m\u00eame en association avec le parac\u00e9tamol (<sup>Zaldiar\u00ae<\/sup>). En pratique, des opio\u00efdes faibles comme la cod\u00e9ine ou la dihydrocod\u00e9ine (Codicontin\u00ae, <sup>Paracodin\u00ae<\/sup>) sont \u00e9galement souvent prescrits. L&#8217;effet des antid\u00e9presseurs a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 dans de nombreuses revues syst\u00e9miques d&#8217;essais contr\u00f4l\u00e9s randomis\u00e9s. Des directives soutiennent l&#8217;utilisation de l&#8217;amitriptyline (<sup>Saroten\u00ae<\/sup>), de la fluox\u00e9tine (<sup>Fluctine\u00ae<\/sup>), de la parox\u00e9tine (<sup>Deroxat\u00ae<\/sup>), de la dulox\u00e9tine (<sup>Cymbalta\u00ae<\/sup>) et de la venlafaxine (<sup>Efexor\u00ae<\/sup>) &#8211; elles devraient \u00eatre utilis\u00e9es principalement en cas de comorbidit\u00e9 psychiatrique concomitante ou pour moduler les troubles du sommeil. Des revues syst\u00e9matiques montrent \u00e9galement une efficacit\u00e9 des anti\u00e9pileptiques comme la pr\u00e9gabaline (<sup>Lyrica\u00ae<\/sup>) et la gabapentine (<sup>Neurontin\u00ae<\/sup>) dans la fibromyalgie.<\/p>\n<p>L&#8217;une des principales t\u00e2ches du m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste ou du sp\u00e9cialiste en soins primaires est d&#8217;informer le patient de mani\u00e8re exhaustive sur les relations biopsychosociales d\u00e9crites dans le SFM. Cela commence par la clarification de l&#8217;\u00e9tiquetage diagnostique &#8211; l&#8217;information et l&#8217;\u00e9ducation permettent de lutter contre le coping catastrophiste et offrent au patient concern\u00e9 la possibilit\u00e9 de participer activement \u00e0 la th\u00e9rapie. Pour traiter la fibromyalgie, les m\u00e9dicaments ont \u00e9t\u00e9 beaucoup mieux \u00e9tudi\u00e9s que les interventions non m\u00e9dicamenteuses. Cependant, comme les p\u00e9riodes d&#8217;\u00e9tude sont g\u00e9n\u00e9ralement courtes, il n&#8217;est pas possible de se prononcer sur les b\u00e9n\u00e9fices et les risques d&#8217;un traitement m\u00e9dicamenteux sur une p\u00e9riode sup\u00e9rieure \u00e0 six mois. Les \u00e9tudes publi\u00e9es concernant la douleur \u00e0 long terme et la qualit\u00e9 de vie sont g\u00e9n\u00e9ralement encore insuffisantes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Arnold LM, et al : A randomized double-blind placebo controlled trial of duloxetin in the treatment of women with fibromyalgia with or without major depressive disorder. Pain 2005 ; 119 : 5-15.<\/li>\n<li>Van Houdenhove B, Egle UT : Fibromyalgia : a stress disorder ? Rassembler les pi\u00e8ces du puzzle biopsychosocial. Psychother Psychosom 2004 ; 73 ; 267-275.<\/li>\n<li>Cieza A, et al : CIF Core sets for chronic widespread pain. J Rehabil med 2004 ; Suppl 44 : 63-68.<\/li>\n<li>Gracely RH, et al. : Pain catastrophizing and neural responses to pain among persons with fibromyalgia. Brain 2004 ; 127 ; 835-843.<\/li>\n<li>Hemmeter UM, et al : Troubles du sommeil en cas de douleur chronique et de rhumatisme. Rheumatologie DIA &#8211; GM 1995 ; 16 : 613-618.<\/li>\n<li>Richards SCM, Scott DL : Exercice prescrit chez les personnes atteintes de fibromyalgie : essai contr\u00f4l\u00e9 randomis\u00e9 en groupe parall\u00e8le. BMJ 2002 ; 325 : 185.<\/li>\n<li>Staud R, Price DD : Essais \u00e0 long terme de la pergabaline et de la dulox\u00e9tine pour les sympt\u00f4mes de la fibromyalgie. Douleur 2008 ; 136 ; 232-234.<\/li>\n<li>Traynor LM, Thiessen CN, Traynor AP : Pharmacotherapy of fibromyalgia. American Journal of Health-System Pharmacy 2011 ; 68(14) : 1307-1319.<\/li>\n<li>Egle UT, Echa-Egle ML, Nickel R : Syndrome de la fibromyalgie &#8211; un trouble du traitement du stress. Archives suisses de neurologie et de psychiatrie 2011 ; 162(8) ; 326-337.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>CONCLUSION POUR LA PRATIQUE<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Le syndrome de fibromyalgie touche principalement les femmes.<\/li>\n<li>Les causes sont toujours inconnues. Cependant, plusieurs \u00e9tudes montrent que les patients atteints du SFM souffrent d&#8217;un dysfonctionnement du syst\u00e8me de modulation de la douleur au niveau du SNC. Les \u00e9tudes PET et SPECT indiquent \u00e9galement une r\u00e9duction de la circulation sanguine dans diff\u00e9rentes zones du cerveau (notamment au niveau du thalamus). La substance grise au niveau du thalamus pr\u00e9sente une densit\u00e9 et un volume total r\u00e9duits en cas de SFM. De plus, les troubles du sommeil, les troubles de la gestion du stress et les comorbidit\u00e9s psychologiques jouent un r\u00f4le.<\/li>\n<li>Le diagnostic est \u00e9tabli sur la base de caract\u00e9ristiques cliniques et de crit\u00e8res d&#8217;exclusion.<\/li>\n<li>Le traitement fait appel \u00e0 des strat\u00e9gies th\u00e9rapeutiques non m\u00e9dicamenteuses (sport, th\u00e9rapie cognitivo-comportementale) et m\u00e9dicamenteuses (mieux \u00e9tudi\u00e9es) telles que les analg\u00e9siques, les opio\u00efdes, les antid\u00e9presseurs et les anticonvulsivants.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\n<em><strong>A RETENIR<\/strong><\/em><\/p>\n<ul>\n<li><em>Le syndrome fibromyalgique concerne essentiellement les femmes.<\/em><\/li>\n<li><em>Ses causes demeurent inconnues. Diverses \u00e9tudes montrent que les patients atteints de SFM souffrent d&#8217;un dysfonctionnement du syst\u00e8me de modulation de la douleur au niveau du SNC. Les examens de TEP et TEMP montrent \u00e9galement une perfusion sanguine r\u00e9duite dans diverses r\u00e9gions du cerveau (en particulier dans la r\u00e9gion du thalamus). La substance grise dans la r\u00e9gion thalamique pr\u00e9sente en cas de SFM une densit\u00e9 r\u00e9duite et un volume global r\u00e9duit. De plus, les troubles du sommeil, les troubles de la gestion du stress et les comorbidit\u00e9s psychiques jouent un r\u00f4le.<\/em><\/li>\n<li><em>Le diagnostic est pos\u00e9 \u00e0 partir de crit\u00e8res cliniques et de crit\u00e8res d&#8217;exclusion.<\/em><\/li>\n<li><em>Le traitement comprend aussi bien des strat\u00e9gies th\u00e9rapeutiques non m\u00e9dicamenteuses (sport, th\u00e9rapie de comportement cognitif) que m\u00e9dicamenteuses (mieux \u00e9tudi\u00e9es) telles que les analg\u00e9siques, les opio\u00efdes, les antid\u00e9presseurs et les anticonvulsivants.<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5 id=\"pratique-du-medecin-de-famille-2014-911-36-40\"><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2014 ; 9(11) : 36-40<\/em><\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le syndrome fibromyalgique (SFM), anciennement appel\u00e9 syndrome de fibrose ou syndrome de douleur rhumatismale g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e des tissus mous, n&#8217;est plus consid\u00e9r\u00e9 aujourd&#8217;hui comme une pathologie \u00e0 part enti\u00e8re, mais plut\u00f4t&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":47830,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Douleur ","footnotes":""},"category":[11531,11505,11549],"tags":[24766,49632,49634,13773],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-344204","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-formation-continue","category-rhumatologie","category-rx-fr","tag-fibromyalgie-fr","tag-fms-fr","tag-points-dappel-doffres","tag-rhumatisme","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-06-15 04:44:13","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":344216,"slug":"la-fibromialgia-oggi","post_title":"La fibromialgia oggi","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/la-fibromialgia-oggi\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":344263,"slug":"fibromialgia-hoje","post_title":"Fibromialgia hoje","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/fibromialgia-hoje\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":344272,"slug":"la-fibromialgia-hoy","post_title":"La fibromialgia hoy","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/la-fibromialgia-hoy\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/344204","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=344204"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/344204\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=344204"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=344204"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=344204"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=344204"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}