{"id":344256,"date":"2014-11-25T01:00:00","date_gmt":"2014-11-25T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/detection-precoce-des-psychoses-ce-que-le-medecin-generaliste-doit-savoir\/"},"modified":"2014-11-25T01:00:00","modified_gmt":"2014-11-25T00:00:00","slug":"detection-precoce-des-psychoses-ce-que-le-medecin-generaliste-doit-savoir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/detection-precoce-des-psychoses-ce-que-le-medecin-generaliste-doit-savoir\/","title":{"rendered":"D\u00e9tection pr\u00e9coce des psychoses &#8211; ce que le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste doit savoir"},"content":{"rendered":"<p><strong>Il est tr\u00e8s important de reconna\u00eetre le plus t\u00f4t possible une psychose naissante, car une aide pr\u00e9coce peut \u00e9viter des cons\u00e9quences n\u00e9gatives allant jusqu&#8217;\u00e0 la chronicit\u00e9 de la maladie. Les centres sp\u00e9cialis\u00e9s dans le d\u00e9pistage pr\u00e9coce jouent un r\u00f4le important, mais les m\u00e9decins de premier recours peuvent \u00e9galement reconna\u00eetre les sympt\u00f4mes pr\u00e9coces, y r\u00e9agir \u00e0 temps et de mani\u00e8re ad\u00e9quate et am\u00e9liorer ainsi de mani\u00e8re d\u00e9cisive l&#8217;\u00e9volution et le pronostic.  <\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Les psychoses schizophr\u00e9niques sont souvent caract\u00e9ris\u00e9es par un d\u00e9but insidieux et atypique. Le diagnostic et le traitement sont souvent tardifs, lorsque les sympt\u00f4mes se sont pleinement manifest\u00e9s. Cependant, des cons\u00e9quences graves apparaissent d\u00e9j\u00e0 dans la phase pr\u00e9psychotique et m\u00eame avant, dans la phase dite &#8220;prodromique&#8221;, qui n&#8217;est pas encore sp\u00e9cifique. Le d\u00e9pistage et l&#8217;intervention pr\u00e9coces en cas de psychose d\u00e9butante contribuent \u00e0 minimiser les cons\u00e9quences n\u00e9gatives, entre autres les difficult\u00e9s marqu\u00e9es dans le domaine social, scolaire ou professionnel, ainsi que le risque d&#8217;\u00e9volution grave et chronique de la maladie.<\/p>\n<h2 id=\"debut-insidieux-et-atypique\">D\u00e9but insidieux et atypique<\/h2>\n<p>Les psychoses schizophr\u00e9niques d\u00e9butent en moyenne plusieurs ann\u00e9es avant que le premier diagnostic ne soit pos\u00e9. Chez environ 70% des patients atteints ult\u00e9rieurement de psychose, on peut observer une \u00e9volution insidieuse de la psychose [1] : Au cours des premi\u00e8res ann\u00e9es, on observe principalement des prodromes non caract\u00e9ristiques ou des sympt\u00f4mes prodromiques, c&#8217;est-\u00e0-dire des changements non sp\u00e9cifiques qui affectent la nature, les \u00e9motions, le comportement et les performances. Il peut ainsi y avoir une perte d&#8217;\u00e9nergie et d&#8217;int\u00e9r\u00eat, des troubles de la concentration, des troubles du sommeil et une diminution de la r\u00e9sistance au stress : Les patients se sentent plus minces et plus sensibles qu&#8217;avant, tout leur &#8220;colle \u00e0 la peau&#8221;, ils ont du mal \u00e0 se concentrer et sont facilement distraits. Ils n&#8217;ont plus gu\u00e8re d&#8217;\u00e9nergie pour faire face \u00e0 la vie quotidienne et leur int\u00e9r\u00eat diminue, m\u00eame pour les choses qu&#8217;ils appr\u00e9ciaient auparavant &#8211; ils ne sont tout simplement &#8220;plus les m\u00eames&#8221;. Les personnes concern\u00e9es ont de plus en plus de mal \u00e0 assumer leur r\u00f4le au sein de la famille, dans les relations de couple et au travail &#8211; c&#8217;est ce qu&#8217;on appelle la &#8220;ligne de vie bris\u00e9e&#8221;.<\/p>\n<p>A ce stade, les personnes concern\u00e9es peuvent constater sur elles-m\u00eames ce que l&#8217;on appelle des &#8220;sympt\u00f4mes de base&#8221;, c&#8217;est-\u00e0-dire des alt\u00e9rations subjectives de la pens\u00e9e et de la parole ainsi que des modifications de la perception. Ces signes prodromiques deviennent souvent de plus en plus sp\u00e9cifiques au fil du temps. La m\u00e9fiance s&#8217;installe et des int\u00e9r\u00eats, des id\u00e9es et des perceptions inhabituels apparaissent. A cela s&#8217;ajoutent de plus en plus de probl\u00e8mes interpersonnels qui peuvent conduire \u00e0 un retrait social (voir l&#8217;\u00e9tude de cas).<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-4876\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/fallbeispiel_1.png\" style=\"height:549px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1007\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/fallbeispiel_1.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/fallbeispiel_1-800x732.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/fallbeispiel_1-120x110.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/fallbeispiel_1-90x82.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/fallbeispiel_1-320x293.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/fallbeispiel_1-560x513.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>Au fur et \u00e0 mesure de l&#8217;\u00e9volution, les sympt\u00f4mes peuvent encore s&#8217;aggraver. Des sympt\u00f4mes psychotiques sous-jacents apparaissent, appel\u00e9s sympt\u00f4mes (pr\u00e9)psychotiques att\u00e9nu\u00e9s. De tels sympt\u00f4mes sont des pr\u00e9formes de troubles du moi, de d\u00e9lires ou d&#8217;hallucinations. Les patients ont l&#8217;impression d&#8217;\u00eatre &#8220;comme dans un film&#8221; ou leur propre corps leur semble \u00e9trange. Certains patients se sentent observ\u00e9s et suivis. Dans ce cas, la conviction d\u00e9lirante fait d\u00e9faut, ce qui signifie que le crit\u00e8re de d\u00e9lire au sens de conviction immuable n&#8217;est pas (encore) rempli \u00e0 ce stade. Certains patients per\u00e7oivent les couleurs et les sons de mani\u00e8re plus intense ou rapportent d&#8217;autres modifications sensorielles \u00e9tranges. Le crit\u00e8re d&#8217;une hallucination, au sens d&#8217;une perception sans fondement r\u00e9el, n&#8217;est cependant pas (encore) rempli. Des hallucinations isol\u00e9es, br\u00e8ves et transitoires, comme entendre son propre nom, peuvent se produire.<\/p>\n<p>Durant cette &#8220;phase pr\u00e9psychotique&#8221;, des sympt\u00f4mes psychotiques transitoires peuvent \u00e9galement appara\u00eetre, appel\u00e9s sympt\u00f4mes psychotiques courts, transitoires et intermittents. Les troubles du moi, le d\u00e9lire et les hallucinations sont ici de courte dur\u00e9e et transitoires (quelques minutes \u00e0 une semaine maximum avec r\u00e9mission spontan\u00e9e). Si les sympt\u00f4mes s&#8217;aggravent encore, une premi\u00e8re d\u00e9compensation psychotique peut alors survenir avec des sympt\u00f4mes aigus persistants tels que des troubles de la pens\u00e9e, des d\u00e9lires ou des hallucinations <strong>(figure 1)<\/strong> [2].<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-4877 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/abb1_hp11_s48.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/808;height:440px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"808\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/abb1_hp11_s48.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/abb1_hp11_s48-800x588.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/abb1_hp11_s48-120x88.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/abb1_hp11_s48-90x66.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/abb1_hp11_s48-320x235.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/abb1_hp11_s48-560x411.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<h2 id=\"consequences-dun-debut-de-psychose\">Cons\u00e9quences d&#8217;un d\u00e9but de psychose<\/h2>\n<p>Les cons\u00e9quences peuvent \u00eatre graves d\u00e8s les premiers stades de la maladie psychotique, qui n&#8217;ont pas encore \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9s. L&#8217;humeur d\u00e9pressive, le manque d&#8217;\u00e9nergie et de motivation ainsi que les troubles de la pens\u00e9e, de l&#8217;attention et de la concentration entra\u00eenent souvent, d\u00e8s le d\u00e9but de la psychose, une baisse des performances \u00e0 l&#8217;\u00e9cole, dans les \u00e9tudes ou au travail. Il se caract\u00e9rise par une prise et un traitement de l&#8217;information souvent perturb\u00e9s et une irritabilit\u00e9 accrue. Associ\u00e9e \u00e0 une m\u00e9fiance li\u00e9e \u00e0 la maladie, elle entra\u00eene un retrait social g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9.<\/p>\n<h2 id=\"quel-est-le-role-du-depistage\">Quel est le r\u00f4le du d\u00e9pistage ?<\/h2>\n<p>Des \u00e9tudes ont montr\u00e9 que la phase prodromique non sp\u00e9cifique dure en moyenne deux \u00e0 cinq ans [3]. M\u00eame si des sympt\u00f4mes psychotiques sont d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents, il faut en moyenne un \u00e0 trois ans pour que la psychose soit diagnostiqu\u00e9e et trait\u00e9e. Le d\u00e9pistage pr\u00e9coce permet d&#8217;\u00e9valuer \u00e0 temps un statut de risque de psychose ou de diagnostiquer une psychose pleinement d\u00e9clar\u00e9e, mais aussi d&#8217;\u00e9tablir un diagnostic diff\u00e9rentiel.<\/p>\n<p>D\u00e9tection pr\u00e9coce dans les centres de d\u00e9tection pr\u00e9coce : les centres de d\u00e9tection pr\u00e9coce tels que la consultation de d\u00e9tection pr\u00e9coce des psychoses (FePsy) des Cliniques psychiatriques universitaires (UPK) de B\u00e2le offrent aux personnes en qu\u00eate d&#8217;aide une \u00e9valuation et des conseils complets et individuels en ambulatoire [4]. Il s&#8217;agit d&#8217;\u00e9valuer si les sympt\u00f4mes rapport\u00e9s par les patients peuvent \u00eatre les premiers signes d&#8217;un d\u00e9but de psychose ou m\u00eame s&#8217;ils remplissent d\u00e9j\u00e0 les crit\u00e8res d&#8217;une d\u00e9compensation psychotique. Il s&#8217;agit \u00e9galement de d\u00e9terminer s&#8217;il existe un risque g\u00e9n\u00e9tique, c&#8217;est-\u00e0-dire si un parent proche du patient est lui-m\u00eame atteint d&#8217;une maladie psychotique.<\/p>\n<p>Pour l&#8217;entretien clinique, la consultation FePsy utilise des proc\u00e9dures de diagnostic clinique sp\u00e9cialement d\u00e9velopp\u00e9es \u00e0 cet effet, telles que le &#8220;Basel Screening Instrument for Psychoses&#8221; (BSIP) [5] et le &#8220;Basler Interview f\u00fcr Psychosen&#8221; (BIP) [6].<\/p>\n<p>Des examens compl\u00e9mentaires (examen psychiatrique et psychologique approfondi, y compris des tests neuropsychologiques, EEG, IRM du cerveau, examens de laboratoire) permettent d&#8217;\u00e9valuer de mani\u00e8re plus fiable le statut de risque des patients ou de confirmer le diagnostic pos\u00e9 et de d\u00e9terminer les causes possibles. De plus, ces m\u00e9thodes de diagnostic permettent d&#8217;exclure, \u00e0 des fins de diagnostic diff\u00e9rentiel, d&#8217;autres maladies pr\u00e9sentant des sympt\u00f4mes similaires, telles que le TDAH, la d\u00e9pression ou l&#8217;\u00e9pilepsie du lobe temporal. Sur la base des conclusions tir\u00e9es des examens, un plan de traitement individuel est \u00e9tabli pour chaque patient et des mesures appropri\u00e9es sont mises en place, si n\u00e9cessaire en collaboration avec le m\u00e9decin r\u00e9f\u00e9rent.<\/p>\n<p>D\u00e9tection pr\u00e9coce par le premier soignant : la &#8220;liste de contr\u00f4le des risques de psychose&#8221; a \u00e9t\u00e9 sp\u00e9cialement d\u00e9velopp\u00e9e pour les premiers soignants dans le cadre de la consultation FePsy de B\u00e2le <strong>(fig. 2)<\/strong> [7].<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-4878 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/abb2_hp11_s49.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1479;height:807px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1479\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/abb2_hp11_s49.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/abb2_hp11_s49-800x1076.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/abb2_hp11_s49-120x160.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/abb2_hp11_s49-90x120.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/abb2_hp11_s49-320x430.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/abb2_hp11_s49-560x753.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>Ce questionnaire permet, dans le cadre d&#8217;une consultation de m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale, d&#8217;\u00e9valuer facilement et rapidement s&#8217;il existe un risque de psychose et si une orientation vers une consultation de d\u00e9pistage est indiqu\u00e9e. Il existe \u00e9galement un outil d&#8217;auto-\u00e9valuation correspondant, le &#8220;syndrome d&#8217;auto-screening&#8221; <strong>(figure 3)<\/strong> [8]. Ces questionnaires permettent d&#8217;\u00e9viter que la symptomatologie chez les jeunes ne soit qualifi\u00e9e \u00e0 tort de &#8220;crise d&#8217;adolescence&#8221; ou &#8211; m\u00eame chez les adultes &#8211; que seule une d\u00e9pression soit diagnostiqu\u00e9e \u00e0 premi\u00e8re vue.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-4879 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/abb3_hp11_s50.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1500;height:818px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1500\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/abb3_hp11_s50.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/abb3_hp11_s50-800x1091.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/abb3_hp11_s50-120x164.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/abb3_hp11_s50-90x123.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/abb3_hp11_s50-320x436.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/abb3_hp11_s50-560x764.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<h2 id=\"intervention-precoce\">Intervention pr\u00e9coce<\/h2>\n<p>Selon les derni\u00e8res connaissances, un traitement sp\u00e9cifique \u00e0 chaque stade est propos\u00e9 dans le cadre de programmes d&#8217;intervention pr\u00e9coce. Il convient de faire une distinction entre le traitement des patients pr\u00e9sentant un premier \u00e9pisode psychotique complet et les interventions aupr\u00e8s des patients \u00e0 risque dans une phase prodromique potentielle.<\/p>\n<p>Intervention pr\u00e9coce chez les patients \u00e0 risque : Les interventions aupr\u00e8s des personnes pr\u00e9sentant un risque accru de d\u00e9velopper une psychose doivent \u00eatre tr\u00e8s prudentes et ne doivent pas (encore) inclure une m\u00e9dication antipsychotique avec des neuroleptiques [9]. L&#8217;\u00e9tablissement d&#8217;une relation th\u00e9rapeutique solide, l&#8217;aide en cas de probl\u00e8mes psychiques aigus (par ex. mesures de r\u00e9duction du stress et soutien par des travailleurs sociaux) et surtout une tr\u00e8s bonne psycho\u00e9ducation ainsi que, le cas \u00e9ch\u00e9ant, une gestion cognitivo-comportementale des cas devraient \u00eatre prioritaires. Une \u00e9ventuelle m\u00e9dication doit \u00eatre ax\u00e9e sur les sympt\u00f4mes, par exemple des antid\u00e9presseurs en cas d&#8217;humeur d\u00e9pressive ou de troubles du sommeil.<\/p>\n<p>Intervention pr\u00e9coce chez les premiers malades psychotiques : En cas de d\u00e9compensation psychotique clairement diagnostiqu\u00e9e, l&#8217;utilisation pr\u00e9coce de neuroleptiques est indiqu\u00e9e. Des entretiens de soutien, une psycho\u00e9ducation, des programmes d&#8217;entra\u00eenement neuropsychologique et, si possible, une th\u00e9rapie cognitivo-comportementale sp\u00e9cifique aux personnes atteintes pour la premi\u00e8re fois devraient \u00eatre utilis\u00e9s en accompagnement. L\u00e0 encore, une relation th\u00e9rapeutique stable avec le patient et ses proches est essentielle, notamment pour garantir l&#8217;observance du traitement et r\u00e9duire le risque de rechute.<\/p>\n<h2 id=\"conclusions\">Conclusions<\/h2>\n<p>Les psychoses schizophr\u00e9niques sont des maladies mentales potentiellement graves, mais qui sont d\u00e9sormais relativement faciles \u00e0 contr\u00f4ler si elles sont diagnostiqu\u00e9es \u00e0 temps et trait\u00e9es de mani\u00e8re ad\u00e9quate. Dans ces conditions, de nombreuses personnes concern\u00e9es peuvent \u00e0 nouveau mener une vie &#8220;normale&#8221; et remplir leurs diff\u00e9rents r\u00f4les sociaux. Un accompagnement th\u00e9rapeutique prolong\u00e9 est essentiel pour r\u00e9ussir ce retour \u00e0 la vie.<\/p>\n<p>Cet article est bas\u00e9 sur Riecher-R\u00f6ssler (2014) [10].<\/p>\n<p><strong>Anita Riecher-R\u00f6ssler, professeur et docteur en m\u00e9decine<br \/>\nMSc Fabienne Soguel-dit-Piquard<\/strong><\/p>\n<p>\n<em>Litt\u00e9rature :<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Klosterk\u00f6tter J, et al. : Diagnostic de la schizophr\u00e9nie dans la phase prodromique initiale. Arch Gen Psychiatry 2001 ; 58 : 158-164.<\/li>\n<li>Borgwardt S, et al : D\u00e9tection et traitement pr\u00e9coces des psychoses : pr\u00e9venir les cons\u00e9quences graves de la maladie. INFO Neurologie &amp; Psychiatrie 2010 ; 8 : 6-10.<\/li>\n<li>Riecher-R\u00f6ssler A, et al : Early detection and treatment of schizophrenia : how early ? Acta Psychiatr Scand 2006 ; 113 (Suppl 429) : 73-80.<\/li>\n<li>Riecher-R\u00f6ssler A, et al. : Pr\u00e9diction des psychoses par une \u00e9valuation progressive \u00e0 plusieurs niveaux &#8211; Le projet Fepsy de B\u00e2le. Fortschr Neurol Psychiatr 2013 ; 81(5) : 265-275.<\/li>\n<li>Riecher-R\u00f6ssler A, et al. : The Basel Screening Instrument for Psychosis (BSIP) : development, structure, reliability and validity. Fortschr Neurol Psychiatr 2008 ; 76(4) : 207-216.<\/li>\n<li>Riecher-R\u00f6ssler A, et al : The Basel Interview for Psychosis : structure, fiabilit\u00e9 et validit\u00e9. Schizophr Res 2014 ; 153 (Suppl 1) : S128.<\/li>\n<li>Aston J, Gschwandtner U, Riecher-R\u00f6ssler A : Screening pour la d\u00e9tection pr\u00e9coce des psychoses schizophr\u00e9niques dans le cabinet du m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste. Forum Med Suisse 2002 ; 41 : 971-974.<\/li>\n<li>Kammermann J, Stieglietz RD, Riecher-R\u00f6ssler A : &#8220;Selbstscreen-Prodrom&#8221; &#8211; Un outil d&#8217;auto-\u00e9valuation pour la d\u00e9tection pr\u00e9coce des maladies mentales et des psychoses. Fortschr Neurol Psychiatr 2009 ; 77 : 278-284.<\/li>\n<li>Fusar-Poli P, et al : The psychosis high-risk state : a comprehensive state-of-the-art-review. JAMA Psychiatry 2013 ; 70(1) : 107-120.<\/li>\n<li>Riecher-R\u00f6ssler A : D\u00e9tection et intervention pr\u00e9coces dans les psychoses d\u00e9butantes. NeuroTransmetteur [im Druck].<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>CONCLUSION POUR LA PRATIQUE<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Les psychoses pr\u00e9sentent souvent un d\u00e9but insidieux avec des sympt\u00f4mes non sp\u00e9cifiques.<\/li>\n<li>De graves cons\u00e9quences apparaissent d\u00e8s les premi\u00e8res phases.<\/li>\n<li>Le d\u00e9pistage pr\u00e9coce contribue \u00e0 pr\u00e9venir la d\u00e9compensation psychotique ou la chronicit\u00e9 de la maladie.<\/li>\n<li>Les listes de contr\u00f4le des risques aident \u00e0 la d\u00e9tection pr\u00e9coce.<\/li>\n<li>Une intervention pr\u00e9coce permet de retrouver une vie normale.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\n<strong><em>A RETENIR<\/em><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><em>Les psychoses pr\u00e9sentent souvent un d\u00e9but insidieux avec des sympt\u00f4mes non sp\u00e9cifiques.<\/em><\/li>\n<li><em>Les cons\u00e9quences n\u00e9fastes apparaissent d\u00e8s la phase initiale.<\/em><\/li>\n<li><em>Le diagnostic pr\u00e9coce contribue \u00e0 la pr\u00e9vention d&#8217;une d\u00e9compensation psychotique ou d&#8217;une chronicisation de la maladie.<\/em><\/li>\n<li><em>Les check-lists des risques aident au diagnostic pr\u00e9coce.<\/em><\/li>\n<li><em>Une intervention pr\u00e9coce permet de retrouver une vie normale.<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2014 ; 9(11) : 47-52<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est tr\u00e8s important de reconna\u00eetre le plus t\u00f4t possible une psychose naissante, car une aide pr\u00e9coce peut \u00e9viter des cons\u00e9quences n\u00e9gatives allant jusqu&#8217;\u00e0 la chronicit\u00e9 de la maladie. Les&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":47845,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"D\u00e9terminant pour l'\u00e9volution et le pronostic des maladies psychotiques","footnotes":""},"category":[11531,11489,11549],"tags":[],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-344256","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-formation-continue","category-psychiatrie-et-psychotherapie","category-rx-fr","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-04-14 12:52:44","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":344164,"slug":"individuazione-precoce-delle-psicosi-cosa-deve-sapere-il-medico-di-famiglia","post_title":"Individuazione precoce delle psicosi - cosa deve sapere il medico di famiglia","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/individuazione-precoce-delle-psicosi-cosa-deve-sapere-il-medico-di-famiglia\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":344165,"slug":"deteccao-precoce-de-psicoses-o-que-o-medico-generalista-precisa-de-saber","post_title":"Detec\u00e7\u00e3o precoce de psicoses - o que o m\u00e9dico generalista precisa de saber","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/deteccao-precoce-de-psicoses-o-que-o-medico-generalista-precisa-de-saber\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":344169,"slug":"deteccion-precoz-de-las-psicosis-lo-que-el-medico-general-debe-saber","post_title":"Detecci\u00f3n precoz de las psicosis: lo que el m\u00e9dico general debe saber","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/deteccion-precoz-de-las-psicosis-lo-que-el-medico-general-debe-saber\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/344256","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=344256"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/344256\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/47845"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=344256"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=344256"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=344256"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=344256"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}