{"id":344262,"date":"2014-11-12T01:00:00","date_gmt":"2014-11-12T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/ebola-dans-le-monde-ebola-et-la-suisse\/"},"modified":"2014-11-12T01:00:00","modified_gmt":"2014-11-12T00:00:00","slug":"ebola-dans-le-monde-ebola-et-la-suisse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/ebola-dans-le-monde-ebola-et-la-suisse\/","title":{"rendered":"Ebola dans le monde &#8211; Ebola et la Suisse"},"content":{"rendered":"<p><strong>Selon l&#8217;OMS, plus de 10 000 personnes ont \u00e9t\u00e9 infect\u00e9es par Ebola et environ la moiti\u00e9 d&#8217;entre elles sont mortes du virus. Le nombre de cas non d\u00e9clar\u00e9s est bien plus \u00e9lev\u00e9. Bien que l&#8217;\u00e9pid\u00e9mie s\u00e9visse principalement en Afrique de l&#8217;Ouest (et plus particuli\u00e8rement en Guin\u00e9e, au Lib\u00e9ria et en Sierra Leone), des personnes ont \u00e9t\u00e9 atteintes pour la premi\u00e8re fois en Europe et aux \u00c9tats-Unis en octobre. Comment la Suisse se pr\u00e9pare-t-elle \u00e0 une \u00e9ventuelle situation d&#8217;urgence et quelles sont les recommandations faites aux m\u00e9decins ?<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Parmi les cinq souches connues du virus Ebola, quatre sont transmissibles \u00e0 l&#8217;homme ou pr\u00e9sentent des sympt\u00f4mes apr\u00e8s une incubation de 2 \u00e0 21 jours, avec de la fi\u00e8vre, de la faiblesse, des courbatures, des maux de t\u00eate et une pharyngite. Des douleurs musculaires dans la r\u00e9gion du dos sont \u00e9galement fr\u00e9quentes. Ensuite, il y a la diarrh\u00e9e et les vomissements. Entre le cinqui\u00e8me et le septi\u00e8me jour de la maladie, on observe une \u00e9ruption cutan\u00e9e caract\u00e9ristique avec des v\u00e9sicules. Il devient particuli\u00e8rement dangereux en cas de troubles de la coagulation, qui peuvent par exemple provoquer des saignements dans le tractus gastro-intestinal, sur les gencives ou par voie sous-cutan\u00e9e. Des insuffisances h\u00e9patiques et r\u00e9nales sont \u00e9galement possibles. La transmission humaine ne se fait que chez les patients symptomatiques et exclusivement par leurs s\u00e9cr\u00e9tions corporelles telles que le sang, les vomissures, les excr\u00e9ments, l&#8217;urine ou la salive, et non par l&#8217;air. Le virus est \u00e9galement transmissible par le sperme, les hommes restent donc contagieux jusqu&#8217;\u00e0 sept semaines apr\u00e8s leur gu\u00e9rison. En outre, les cadavres sont une source importante d&#8217;infection. 50 \u00e0 90% des personnes infect\u00e9es meurent du virus.<\/p>\n<h2 id=\"comment-la-suisse-est-elle-preparee\">Comment la Suisse est-elle pr\u00e9par\u00e9e ?<\/h2>\n<p>Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, le virus Ebola n&#8217;a \u00e9t\u00e9 introduit qu&#8217;une seule fois en Suisse, en 1995. Le risque d&#8217;entr\u00e9e d&#8217;une personne malade \u00e9tant actuellement consid\u00e9r\u00e9 comme faible, les a\u00e9roports suisses n&#8217;effectuent pas de contr\u00f4les accrus aux fronti\u00e8res (il n&#8217;existe par ailleurs aucune liaison a\u00e9rienne directe avec la Guin\u00e9e, le Liberia et la Sierra Leone). L&#8217;\u00e9valuation des risques co\u00efncide avec celle de l&#8217;UE. L&#8217;OFSP indique toutefois avoir \u00e9labor\u00e9 un plan d&#8217;urgence avec les a\u00e9roports, qui sera appliqu\u00e9 si la situation s&#8217;aggrave. Selon le Conseil f\u00e9d\u00e9ral, les mesures correspondantes dans les h\u00f4pitaux et les centres d&#8217;accueil pour demandeurs d&#8217;asile font \u00e9galement l&#8217;objet d&#8217;un processus permanent de r\u00e9vision et d&#8217;optimisation. Certains demandeurs d&#8217;asile de Guin\u00e9e, du Lib\u00e9ria et de Sierra Leone avaient jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s comme des cas suspects potentiels dans les centres d&#8217;accueil nationaux, o\u00f9 une contamination ne pouvait \u00eatre exclue. Selon le Conseil f\u00e9d\u00e9ral, cela indique que le contr\u00f4le fonctionne. Aucune des personnes n&#8217;avait effectivement \u00e9t\u00e9 infect\u00e9e. Dans l&#8217;ensemble, peu de demandeurs d&#8217;asile entrent en Suisse en provenance des r\u00e9gions concern\u00e9es.<\/p>\n<p>Les employ\u00e9s suisses d&#8217;organisations humanitaires bas\u00e9es \u00e0 Gen\u00e8ve seraient dans un premier temps dirig\u00e9s vers les H\u00f4pitaux universitaires de Gen\u00e8ve &#8211; o\u00f9 se trouve \u00e9galement le laboratoire de r\u00e9f\u00e9rence. Tous les tests de laboratoire visant \u00e0 confirmer le diagnostic doivent \u00eatre discut\u00e9s avec un infectiologue et approuv\u00e9s par le m\u00e9decin cantonal comp\u00e9tent. Il n&#8217;existe pas encore de traitement causal, on ne peut que lutter contre les sympt\u00f4mes. Selon l&#8217;OFSP, tous les grands h\u00f4pitaux suisses disposent de chambres d&#8217;isolement appropri\u00e9es et d&#8217;un personnel sp\u00e9cialement form\u00e9. D&#8217;autres h\u00f4pitaux \u00e9laborent \u00e9galement des concepts en cas d&#8217;urgence, en \u00e9troite concertation entre eux et avec des sp\u00e9cialistes. Plusieurs nouvelles m\u00e9thodes de traitement, ainsi qu&#8217;un vaccin, font l&#8217;objet de recherches, mais ne sont actuellement ni approuv\u00e9s ni disponibles. Fin octobre, Swissmedic a donn\u00e9 son feu vert \u00e0 un essai clinique de phase I contr\u00f4l\u00e9 par placebo au CHUV : Le vaccin cAd3-EBO-Z sera test\u00e9 sur 120 volontaires, dont une partie se rendra en Afrique de l&#8217;Ouest. Il reste \u00e0 voir dans quelle mesure ce produit est efficace et s\u00fbr. En cas de suspicion d&#8217;Ebola, les recommandations suivantes restent valables pour les prestataires de soins primaires :<\/p>\n<ul>\n<li>Demander si la personne a s\u00e9journ\u00e9 en Afrique de l&#8217;Ouest (Guin\u00e9e, Lib\u00e9ria et Sierra Leone) au cours des trois derni\u00e8res semaines.<\/li>\n<li>Si la r\u00e9ponse est non, la maladie \u00e0 virus Ebola peut \u00eatre exclue.<\/li>\n<li>Si la r\u00e9ponse est oui, le m\u00e9decin doit contacter le m\u00e9decin cantonal ou un m\u00e9decin de r\u00e9f\u00e9rence d\u00e9sign\u00e9 par le canton. Celui-ci \u00e9value la situation et d\u00e9termine la marche \u00e0 suivre.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Le tableau 1<\/strong> r\u00e9sume \u00e0 nouveau la d\u00e9finition officielle suisse d&#8217;un cas suspect d&#8217;Ebola.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-4802\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/6_hp11_14_tab1.png\" style=\"height:227px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"416\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/6_hp11_14_tab1.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/6_hp11_14_tab1-800x303.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/6_hp11_14_tab1-120x45.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/6_hp11_14_tab1-90x34.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/6_hp11_14_tab1-320x121.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/6_hp11_14_tab1-560x212.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1 id=\"mieux-utiliser-les-ressources-existantes\">Mieux utiliser les ressources existantes<\/h1>\n<p>Un article publi\u00e9 r\u00e9cemment dans le New England Journal of Medicine [1] souligne qu&#8217;avec le meilleur traitement de soutien possible, on pourrait sauver beaucoup plus de vies que ce n&#8217;est le cas actuellement. Selon les auteurs, en l&#8217;absence de traitements antiviraux sp\u00e9cifiques ou de vaccins, certains m\u00e9decins qui apportent leur aide dans les r\u00e9gions touch\u00e9es tombent dans une sorte de nihilisme th\u00e9rapeutique ou attendent le salut d&#8217;un traitement sp\u00e9cifique. On part toujours du principe qu&#8217;il y manque notamment le mat\u00e9riel n\u00e9cessaire \u00e0 un bon accompagnement. On sous-estime l&#8217;importance des mesures faciles \u00e0 mettre en \u0153uvre, comme les cath\u00e9ters intraveineux, l&#8217;hydratation et les soins \u00e9lectrolytiques. Cela conduit \u00e0 une sous-utilisation n\u00e9gligente de ces proc\u00e9dures et ne tient pas compte du risque de choc hypovol\u00e9mique.&nbsp;  Les m\u00e9dicaments exp\u00e9rimentaux ne pourraient \u00eatre introduits que sur la base d&#8217;un traitement de soutien complet &#8211; et c&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment dans ce domaine qu&#8217;il y a encore beaucoup de progr\u00e8s \u00e0 faire, selon le document.<\/p>\n<h1 id=\"reinfection-possible\">R\u00e9infection possible ?<\/h1>\n<p>Dans un webcast du New England Journal of Medicine, il a \u00e9t\u00e9 not\u00e9 qu&#8217;\u00e0 l&#8217;heure actuelle, la coordination et la prise de d\u00e9cision sur Ebola \u00e9taient en de\u00e7\u00e0 des possibilit\u00e9s. Bien que la coop\u00e9ration internationale&nbsp; soit mieux structur\u00e9e et organis\u00e9e, il reste une marge de progression, selon un expert. Outre les \u00c9tats-Unis, l&#8217;OMS et les Nations unies ont intensifi\u00e9 leurs efforts et sont en passe d&#8217;\u00e9laborer une approche solide de cette \u00e9pid\u00e9mie, qui ne porte pas atteinte \u00e0 la dignit\u00e9 des personnes et qui tienne compte du contexte social.<\/p>\n<p>Interrog\u00e9 sur le risque de r\u00e9infection ou de r\u00e9apparition de la maladie apr\u00e8s gu\u00e9rison, le Dr Armand Sprecher de M\u00e9decins Sans Fronti\u00e8res a r\u00e9pondu de la mani\u00e8re suivante : &#8220;Nous savons que les survivants ont des anticorps sp\u00e9cifiques dans le sang, mais nous ne savons pas quels sont les seuils qui offrent une protection s\u00fbre contre Ebola. Nous esp\u00e9rons acqu\u00e9rir davantage de connaissances \u00e0 ce sujet dans le cadre de la recherche sur la vaccination&#8221;. Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, on sait qu&#8217;\u00e0 Monrovia, plusieurs enfants de moins de cinq ans trait\u00e9s sont revenus plusieurs semaines plus tard f\u00e9briles et positifs au PCR apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 n\u00e9gatifs au PCR. Comme les enfants pr\u00e9sentaient \u00e9galement des sympt\u00f4mes neurologiques, les experts supposent que la r\u00e9ponse immunitaire a pu d\u00e9truire les virus en p\u00e9riph\u00e9rie, mais que l&#8217;infection virale a progress\u00e9 dans le syst\u00e8me nerveux central et s&#8217;est \u00e0 nouveau manifest\u00e9e ult\u00e9rieurement sous forme de positivit\u00e9.<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li>Lamontagne F, et al : Doing Today&#8217;s Work Superbly Well &#8211; Treating Ebola with Current Tools. N Engl J Med 2014 ; 371 : 1565-1566.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>Pour toute question : Office f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 publique, renseignements sur Ebola au num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone +41 (0)58 463 00 00. L&#8217;infoline est ouverte tous les jours de 8h \u00e0 18h.<\/em><\/p>\n<p><em>Pour plus d&#8217;informations sur Ebola : www.bag.admin.ch\/de\/ebola<\/em><\/p>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2014 ; 9(11) : 6<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Selon l&#8217;OMS, plus de 10 000 personnes ont \u00e9t\u00e9 infect\u00e9es par Ebola et environ la moiti\u00e9 d&#8217;entre elles sont mortes du virus. Le nombre de cas non d\u00e9clar\u00e9s est bien&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":47545,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Infectiologie","footnotes":"","_members_access_role":[],"_members_access_error":""},"category":[11523,11428,11549],"tags":[41595,49871,19447,49863],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-344262","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-actualites","category-infectiologie","category-rx-fr","tag-ebola-fr","tag-infectiologie-fr","tag-oms","tag-virus-fr-2","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-07-26 19:50:44","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":344268,"slug":"ebola-nel-mondo-ebola-e-svizzera","post_title":"Ebola nel mondo - Ebola e Svizzera","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/ebola-nel-mondo-ebola-e-svizzera\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":344279,"slug":"ebola-no-mundo-inteiro-ebola-e-suica","post_title":"Ebola no mundo inteiro - Ebola e Su\u00ed\u00e7a","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/ebola-no-mundo-inteiro-ebola-e-suica\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":344289,"slug":"ebola-en-el-mundo-ebola-y-suiza","post_title":"\u00c9bola en el mundo - \u00c9bola y Suiza","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/ebola-en-el-mundo-ebola-y-suiza\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/344262","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=344262"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/344262\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=344262"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=344262"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=344262"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=344262"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}