{"id":344404,"date":"2014-10-17T00:00:00","date_gmt":"2014-10-16T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/la-deprivation-androgenique-reste-le-traitement-de-choix\/"},"modified":"2014-10-17T00:00:00","modified_gmt":"2014-10-16T22:00:00","slug":"la-deprivation-androgenique-reste-le-traitement-de-choix","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/la-deprivation-androgenique-reste-le-traitement-de-choix\/","title":{"rendered":"La d\u00e9privation androg\u00e9nique reste le traitement de choix"},"content":{"rendered":"<p><strong>L&#8217;objectif du traitement m\u00e9dicamenteux du cancer de la prostate (PCa) est de prolonger la survie avec des effets secondaires acceptables. Il existe aujourd&#8217;hui plusieurs m\u00e9dicaments permettant d&#8217;obtenir une d\u00e9privation androg\u00e9nique (ADT) efficace. L&#8217;objectif est de faire baisser le taux de testost\u00e9rone en dessous de 20 ng\/dl. Il existe une indication pour l&#8217;initiation primaire d&#8217;un traitement ADT en cas de PCa m\u00e9tastatique symptomatique. Un patient asymptomatique peut \u00e9galement se voir proposer un TDA, mais dans ce cas, il convient d&#8217;\u00e9valuer en d\u00e9tail les avantages et les inconv\u00e9nients possibles. Si une progression du PSA se produit malgr\u00e9 la manipulation hormonale, on parle de PCa r\u00e9sistant \u00e0 la castration. Les options th\u00e9rapeutiques pour ces patients sont la chimioth\u00e9rapie (principalement le doc\u00e9taxel), l&#8217;abirat\u00e9rone et l&#8217;enzalutamide.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Avec environ 6000 nouveaux cas par an en Suisse, le cancer de la prostate (PCa) est la forme de cancer la plus fr\u00e9quente. Avec un \u00e2ge moyen de survenue de la maladie de 70 ans, le PCa est une maladie de l&#8217;homme \u00e2g\u00e9. L&#8217;\u00e9volution est souvent progressive, en fonction du stade de la tumeur et de sa diff\u00e9renciation, mais peut souvent \u00eatre influenc\u00e9e favorablement par l&#8217;utilisation de m\u00e9dicaments [1]. Celles-ci sont bri\u00e8vement r\u00e9sum\u00e9es ci-dessous.<\/p>\n<h2 id=\"traitement-hormonal-du-cancer-de-la-prostate\">Traitement hormonal du cancer de la prostate<\/h2>\n<p>L&#8217;hormonoth\u00e9rapie est le premier traitement m\u00e9dicamenteux du PCa. En 1941, Huggins et Hodges ont d\u00e9crit pour la premi\u00e8re fois l&#8217;influence positive de la d\u00e9privation androg\u00e9nique (ADT) par orchidectomie bilat\u00e9rale sur le cancer de la prostate, ce qui leur a valu le prix Nobel en 1966 [2]. Aujourd&#8217;hui, plusieurs m\u00e9dicaments sont disponibles pour obtenir un TDA efficace <strong>(figure&nbsp;1).<\/strong> Une r\u00e9duction du taux de testost\u00e9rone s\u00e9rique en dessous de 50&nbsp;ng\/dl est consid\u00e9r\u00e9e comme efficace [3]. Des donn\u00e9es r\u00e9centes montrent toutefois que la castration chirurgicale permet d&#8217;abaisser la testost\u00e9rone \u00e0 moins de 20&nbsp;ng\/dl, une valeur qui doit donc \u00e9galement \u00eatre recherch\u00e9e dans le cadre de la castration m\u00e9dicamenteuse [4].<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-4690\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/abb1_oh8_s11.png\" style=\"height:468px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"858\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/abb1_oh8_s11.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/abb1_oh8_s11-800x624.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/abb1_oh8_s11-120x94.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/abb1_oh8_s11-90x70.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/abb1_oh8_s11-320x250.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/abb1_oh8_s11-560x437.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>L&#8217;une des indications de l&#8217;introduction primaire d&#8217;un ADT est le PCa m\u00e9tastas\u00e9 symptomatique. Un patient asymptomatique peut \u00e9galement se voir proposer un traitement ADT primaire, mais dans ce cas, il convient d&#8217;\u00e9valuer en d\u00e9tail les effets ind\u00e9sirables potentiels, l&#8217;impact \u00e9ventuel sur la qualit\u00e9 de vie, le caract\u00e8re palliatif du traitement et l&#8217;allongement de l&#8217;intervalle sans progression. En cas de progression de la tumeur apr\u00e8s un traitement ant\u00e9rieur, un TDA doit \u00eatre initi\u00e9 si le temps de doublement du PSA est inf\u00e9rieur \u00e0 trois mois, si la progression locale est symptomatique ou si la pr\u00e9sence de m\u00e9tastases \u00e0 distance est av\u00e9r\u00e9e. L&#8217;ADT est \u00e9galement utilis\u00e9 en p\u00e9ri-intervention chez les patients \u00e0 haut risque dans le cadre d&#8217;une radioth\u00e9rapie percutan\u00e9e. Avant la curieth\u00e9rapie, la cryoth\u00e9rapie ou les ultrasons focalis\u00e9s de haute intensit\u00e9 (HIFU), l&#8217;ADT peut r\u00e9duire le volume de la prostate [4].<\/p>\n<h2 id=\"agonistes-de-la-lhrh\">Agonistes de la LHRH<\/h2>\n<p>Le plus souvent, un agoniste de la LHRH est utilis\u00e9 pour l&#8217;ADT [3]. Ce dernier se lie aux r\u00e9cepteurs de la LHRH et stoppe la production de testost\u00e9rone en r\u00e9gulant \u00e0 la baisse les r\u00e9cepteurs de l&#8217;hypophyse. Initialement, on observe une augmentation de la testost\u00e9rone, car la liaison de l&#8217;agoniste au r\u00e9cepteur entra\u00eene une augmentation de la production de LH et donc de testost\u00e9rone. Ceci doit \u00eatre compens\u00e9 par l&#8217;administration d&#8217;un bloqueur des r\u00e9cepteurs androg\u00e8nes, tel que le bicalutamide 150 mg, pendant deux semaines avant et deux semaines apr\u00e8s la premi\u00e8re administration de l&#8217;agoniste de la LHRH. Le niveau de castration est g\u00e9n\u00e9ralement atteint dans ce d\u00e9lai [5,6]. Les agonistes de la LHRH sont inject\u00e9s par voie sous-cutan\u00e9e ou intramusculaire et sont disponibles sous forme de d\u00e9p\u00f4ts mensuels pendant 1 \u00e0 12 mois, selon la pr\u00e9paration. Les pr\u00e9parations les plus courantes sont la leupror\u00e9line, la gos\u00e9r\u00e9line et la bus\u00e9r\u00e9line. Les effets secondaires les plus fr\u00e9quents sont les bouff\u00e9es de chaleur, la perte de libido et l&#8217;impuissance, ainsi que l&#8217;ost\u00e9oporose et l&#8217;atrophie musculaire en cas d&#8217;administration prolong\u00e9e.<\/p>\n<p>Le blocage intermittent des androg\u00e8nes comme alternative pour minimiser les effets secondaires de l&#8217;ADT n&#8217;est actuellement pas encore recommand\u00e9 comme traitement de routine dans les directives de la soci\u00e9t\u00e9 allemande d&#8217;urologie en raison du manque de donn\u00e9es \u00e0 long terme sur la survie sp\u00e9cifique et globale de la tumeur. Toutefois, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 au pr\u00e9alable des donn\u00e9es \u00e0 long terme qui font encore d\u00e9faut, le traitement ADT intermittent peut \u00eatre utilis\u00e9 pour r\u00e9duire l&#8217;impact de la m\u00e9dication sur la qualit\u00e9 de vie. La dur\u00e9e la plus courante du traitement est de 6 \u00e0 9 mois, suivie d&#8217;une pause th\u00e9rapeutique dont la dur\u00e9e peut varier en fonction de la dynamique du PSA [3,7].<br \/>\nPendant l&#8217;ADT, outre les dosages r\u00e9guliers du PSA, des contr\u00f4les r\u00e9guliers du taux de testost\u00e9rone doivent \u00eatre effectu\u00e9s. Si le niveau de castration n&#8217;est pas atteint avec l&#8217;agent choisi, il convient de changer d&#8217;agent, d&#8217;ajouter un bloqueur des r\u00e9cepteurs aux androg\u00e8nes (le plus souvent, le bicalutamide 50 mg) pour bloquer compl\u00e8tement les androg\u00e8nes ou d&#8217;entamer une orchidectomie sous-capsulaire [3].<\/p>\n<h2 id=\"antagonistes-de-la-lhrh\">Antagonistes de la LHRH<\/h2>\n<p>Les antagonistes de la LHRH Abarelix ( <strong>non<\/strong> autoris\u00e9 en Suisse) et Degarelix (Firmagon\u00ae) sont une alternative aux agonistes de la LHRH. Ces bloqueurs des r\u00e9cepteurs de la LHRH n&#8217;entra\u00eenent pas d&#8217;augmentation de la testost\u00e9rone et abaissent la testost\u00e9rone en dessous du niveau de castration en quelques jours seulement, ce qui constitue une alternative \u00e0 la castration en cas de PCa m\u00e9tastatique hautement symptomatique. L&#8217;administration d&#8217;abarelix peut entra\u00eener une r\u00e9action allergique pouvant aller jusqu&#8217;au choc anaphylactique. Cet effet secondaire n&#8217;est pas observ\u00e9 avec le degarelix [8,9].<\/p>\n<h2 id=\"bloqueurs-de-recepteurs-aux-androgenes\">Bloqueurs de r\u00e9cepteurs aux androg\u00e8nes<\/h2>\n<p>Il existe de nombreux bloqueurs st\u00e9ro\u00efdiens (par exemple l&#8217;ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone) et non st\u00e9ro\u00efdiens des r\u00e9cepteurs aux androg\u00e8nes qui inhibent l&#8217;action de la dihydrotestost\u00e9rone directement au niveau cellulaire. Cela ne fait pas baisser le taux de testost\u00e9rone. Pour des raisons pratiques, nous n&#8217;aborderons ici que le produit le plus courant et pr\u00e9sentant le moins d&#8217;effets secondaires, le bicalutamide non st\u00e9ro\u00efdien (<sup>Casodex\u00ae<\/sup> et g\u00e9n\u00e9riques).<\/p>\n<p>Le bicalutamide, administr\u00e9 par voie orale, est autoris\u00e9 en monoth\u00e9rapie dans le traitement du cancer de la prostate non m\u00e9tastas\u00e9 mais localement avanc\u00e9. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 qu&#8217;une dose de 150&nbsp;mg par jour permettait d&#8217;obtenir des dur\u00e9es de survie similaires \u00e0 celles obtenues par castration chirurgicale [10]. Chez les patients atteints de PCa m\u00e9tastas\u00e9 avec un PSA &gt;&nbsp; ng\/ml, on a certes constat\u00e9 une survie sans progression et une survie globale plus courtes, mais chez ces patients aussi, compte tenu de la meilleure qualit\u00e9 de vie par rapport \u00e0 l&#8217;ADT, une monoth\u00e9rapie par bicalutamide peut \u00eatre envisag\u00e9e apr\u00e8s une information appropri\u00e9e [11]. L&#8217;un des effets secondaires les plus fr\u00e9quents est une gyn\u00e9comastie souvent douloureuse, c&#8217;est pourquoi l&#8217;irradiation prophylactique des glandes mammaires est recommand\u00e9e avant le d\u00e9but du traitement.<\/p>\n<h2 id=\"blocage-maximal-des-androgenes\">Blocage maximal des androg\u00e8nes<\/h2>\n<p>Si une augmentation du PSA se produit sous LHRH en monoth\u00e9rapie, un bloqueur des r\u00e9cepteurs aux androg\u00e8nes est ajout\u00e9. On parle alors de blocage androg\u00e9nique complet ou maximal. Elle est \u00e9galement utilis\u00e9e lorsque la testost\u00e9rone ne descend pas en dessous du niveau de castration sous monoth\u00e9rapie par LHRH ou lorsqu&#8217;il y a une augmentation du PSA sous monoth\u00e9rapie par bicalutamide. Toutefois, la possibilit\u00e9 d&#8217;une augmentation des effets secondaires doit \u00eatre discut\u00e9e en d\u00e9tail avec le patient. Chez un patient asymptomatique pr\u00e9sentant une augmentation du PSA, il est \u00e9galement possible d&#8217;attendre dans un premier temps en maintenant la monoth\u00e9rapie et de ne commencer le blocage androg\u00e9nique maximal que lorsque les sympt\u00f4mes apparaissent [3].<\/p>\n<h2 id=\"manipulation-hormonale-secondaire\">Manipulation hormonale secondaire<\/h2>\n<p>En cas de nouvelle augmentation du PSA sous blocage androg\u00e9nique maximal, l&#8217;arr\u00eat du blocage des r\u00e9cepteurs androg\u00e9niques peut entra\u00eener une chute du PSA en raison d&#8217;une mutation ponctuelle en cours de d\u00e9veloppement dans le r\u00e9cepteur de la testost\u00e9rone [12]. De nombreuses autres substances sont \u00e9galement disponibles pour la manipulation hormonale secondaire, par exemple les corticost\u00e9ro\u00efdes, le k\u00e9toconazole, l&#8217;aminoglut\u00e9thimide, les \u0153strog\u00e8nes, la progest\u00e9rone, le tamoxif\u00e8ne, les inhibiteurs de la somatostatine, les r\u00e9tino\u00efdes et le calcitriol. Le k\u00e9toconazole, en particulier, peut prolonger le d\u00e9lai d&#8217;initiation de la chimioth\u00e9rapie [13]. Avant de commencer le traitement, le patient doit \u00eatre inform\u00e9 en d\u00e9tail de la nature palliative du traitement, des effets secondaires possibles et de l&#8217;absence de preuves d&#8217;une survie prolong\u00e9e [3].<\/p>\n<h2 id=\"chimiotherapie\">Chimioth\u00e9rapie<\/h2>\n<p>Si une progression du PSA se produit malgr\u00e9 la manipulation hormonale secondaire, on parle de cancer de la prostate r\u00e9sistant \u00e0 la castration. Si le patient est asymptomatique, il est possible de continuer \u00e0 attendre. Les indications pour l&#8217;initiation d&#8217;une chimioth\u00e9rapie sont une m\u00e9tastase progressive ou un temps de doublement rapide du PSA et un PSA &gt;15&nbsp;ng\/ml <strong>(Fig.&nbsp;2).<\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-4691 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/abb2_oh8_s12.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/923;height:503px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"923\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/abb2_oh8_s12.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/abb2_oh8_s12-800x671.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/abb2_oh8_s12-120x101.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/abb2_oh8_s12-90x76.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/abb2_oh8_s12-320x269.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/abb2_oh8_s12-560x470.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>En raison des effets secondaires attendus, il convient d&#8217;\u00e9valuer soigneusement le moment o\u00f9 il est judicieux de commencer le traitement chez un patient asymptomatique.<br \/>\nLe docetaxel est utilis\u00e9 comme chimioth\u00e9rapie de premi\u00e8re ligne. Le doc\u00e9taxel est administr\u00e9 \u00e0 raison de 75&nbsp;mg\/m\u00b2 toutes les trois semaines avec 2\u00d7 5&nbsp;mg de prednisolone par jour pendant 6 \u00e0 10 cycles. L&#8217;ADT pr\u00e9existant doit \u00eatre maintenu, mais les bloqueurs de r\u00e9cepteurs aux androg\u00e8nes doivent \u00eatre arr\u00eat\u00e9s au moins quatre semaines avant le d\u00e9but de la chimioth\u00e9rapie [3]. Si la maladie progresse sous doc\u00e9taxel, on peut envisager de passer au cabazitaxel 25&nbsp;mg\/m\u00b2 toutes les trois semaines, en association avec la prednisolone. Dans les \u00e9tudes, un avantage de survie n&#8217;est apparu qu&#8217;apr\u00e8s avoir re\u00e7u au moins trois cycles de cabazitaxel. De nouvelles donn\u00e9es montrent \u00e9galement un avantage de survie pour le doc\u00e9taxel en premi\u00e8re ligne avant l&#8217;ADT, ce qui conduira probablement \u00e0 une modification de la s\u00e9quence th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<h2 id=\"abiraterone-zytiga\">Abirat\u00e9rone (<sup>Zytiga\u00ae<\/sup>)<\/h2>\n<p>L&#8217;abirat\u00e9rone (<sup>Zytiga\u00ae<\/sup>), un inhibiteur du CYP17, r\u00e9duit le taux de testost\u00e9rone en inhibant la synth\u00e8se de la testost\u00e9rone dans les testicules, la prostate et les glandes surr\u00e9nales. Depuis octobre 2011, l&#8217;abirat\u00e9rone est autoris\u00e9e pour le traitement du PCa m\u00e9tastatique r\u00e9sistant \u00e0 la castration apr\u00e8s une progression tumorale apr\u00e8s une chimioth\u00e9rapie par doc\u00e9taxel et est ainsi recommand\u00e9e dans les directives des soci\u00e9t\u00e9s d&#8217;urologie. Entre-temps, l&#8217;abirat\u00e9rone est \u00e9galement autoris\u00e9e comme traitement de premi\u00e8re ligne du PCa m\u00e9tastas\u00e9 r\u00e9sistant \u00e0 la castration, mais uniquement pour les patients asymptomatiques ou tout au plus l\u00e9g\u00e8rement symptomatiques. Il convient de noter que les patients trait\u00e9s par abirat\u00e9rone avant doc\u00e9taxel ont une progression plus rapide de la maladie apr\u00e8s l&#8217;administration de doc\u00e9taxel que les patients n&#8217;ayant pas re\u00e7u d&#8217;abirat\u00e9rone [14].<\/p>\n<p>L&#8217;abirat\u00e9rone est prise sous forme de comprim\u00e9s \u00e0 raison de 1000&nbsp;mg par jour en association avec la prednisolone ; le traitement ADT existant est poursuivi. Les effets secondaires pertinents sont principalement l&#8217;hypertension, l&#8217;hypokali\u00e9mie et la r\u00e9tention de liquide due \u00e0 un exc\u00e8s de min\u00e9ralocortico\u00efdes.<\/p>\n<h2 id=\"enzalutamide-xtandi\">Enzalutamide (<sup>Xtandi\u00ae<\/sup>)<\/h2>\n<p>L&#8217;enzalutamide (<sup>Xtandi\u00ae<\/sup>) a \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9 en Europe en juin 2013 pour le traitement du PCa m\u00e9tastatique r\u00e9sistant \u00e0 la castration apr\u00e8s un traitement par doc\u00e9taxel. L&#8217;inhibiteur du r\u00e9cepteur des androg\u00e8nes est pris quotidiennement sous forme de comprim\u00e9s, avec ou sans prednisolone. Les effets secondaires pertinents sont les maux de t\u00eate et les bouff\u00e9es de chaleur. Il existe une contre-indication en cas de dysfonctionnement h\u00e9patique grave. Dans les \u00e9tudes, l&#8217;administration orale de 160&nbsp;mg d&#8217;enzalutamide par jour a entra\u00een\u00e9 une augmentation significative de la survie globale par rapport au placebo ; l&#8217;enzalutamide est donc une autre alternative th\u00e9rapeutique au cabazitaxel et \u00e0 l&#8217;abirat\u00e9rone [15]. L&#8217;autorisation de l&#8217;enzalutamide avant une chimioth\u00e9rapie par doc\u00e9taxel est \u00e9galement attendue pour l&#8217;automne 2014.<\/p>\n<h2 id=\"traitement-des-metastases-osseuses\">Traitement des m\u00e9tastases osseuses<\/h2>\n<p>Pour le traitement des m\u00e9tastases osseuses, les lignes directrices recommandent actuellement le bisphopsphonate acide zol\u00e9dronique (Zometa\u00ae et g\u00e9n\u00e9riques) ou l&#8217;anticorps monoclonal d\u00e9nosumab (Prolia\u00ae) [3]. En outre, le radium 223 est \u00e9galement disponible en cas d&#8217;indication stricte. Cependant, une \u00e9tude d\u00e9taill\u00e9e de ces m\u00e9dicaments d\u00e9passerait le cadre de cet article, nous vous renvoyons donc \u00e0 la litt\u00e9rature sp\u00e9cifique \u00e0 ce sujet.<\/p>\n<h2 id=\"conclusion\">Conclusion<\/h2>\n<p>Il existe actuellement de nombreux m\u00e9dicaments diff\u00e9rents pour traiter le PCa avanc\u00e9. Dans le domaine du PCa m\u00e9tastatique r\u00e9sistant \u00e0 la castration en particulier, l&#8217;autorisation de nombreux nouveaux m\u00e9dicaments a donn\u00e9 lieu \u00e0 des alternatives th\u00e9rapeutiques prometteuses. Cependant, d&#8217;autres \u00e9tudes sont n\u00e9cessaires de toute urgence pour d\u00e9velopper un traitement s\u00e9quentiel bas\u00e9 sur des preuves.<\/p>\n<h2 id=\"take-home-messages\">Take-home-messages<\/h2>\n<ul>\n<li>L&#8217;objectif du traitement m\u00e9dicamenteux du PCa est de prolonger la survie avec des effets secondaires acceptables.<\/li>\n<li>L&#8217;ADT doit \u00e9galement \u00eatre poursuivi au stade m\u00e9tastatique r\u00e9sistant \u00e0 la castration.<\/li>\n<li>L&#8217;abirat\u00e9rone est actuellement une alternative \u00e0 la chimioth\u00e9rapie primaire.<\/li>\n<li>L&#8217;enzalutamide est une autre alternative apr\u00e8s (et, \u00e0 partir de l&#8217;automne 2014, avant) le traitement par doc\u00e9taxel.<\/li>\n<li>Il n&#8217;y a pas encore suffisamment de preuves pour d\u00e9velopper un plan par \u00e9tapes pour le choix des m\u00e9dicaments au stade m\u00e9tastatique r\u00e9sistant \u00e0 la castration.<\/li>\n<li>Pour le traitement des m\u00e9tastases osseuses, il existe des m\u00e9dicaments efficaces tels que l&#8217;acide zol\u00e9dronique, le d\u00e9nosumab et le radium-223.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Le cancer en Allemagne 2007\/2008. 8e \u00e9dition. Robert Koch-Institut (\u00e9d.) et la Gesellschaft der epidemiologischen Krebsregister in Deutschland e.V. (\u00e9d.). Berlin, 2012.<\/li>\n<li>Huggins C, et al. : \u00c9tudes sur le cancer de la prostate. II. les effets de la castration sur les carcinomes avanc\u00e9s de la glande prostatique. Arch Surg 1941 ; 43 : 209-223.<\/li>\n<li>Ligne directrice interdisciplinaire de qualit\u00e9 S3 sur le d\u00e9pistage, le diagnostic et le traitement des diff\u00e9rents stades du cancer de la prostate.<\/li>\n<li>Gomella LG : Suppression efficace de la testost\u00e9rone pour le cancer de la prostate : existe-t-il un meilleur traitement de castration ? Rev Urol 2009 ; 11(2) : 52-60.<\/li>\n<li>www.awmf.org\/uploads\/tx_szleitlinien\/043-022OLl_S3_Prostatakarzinom_2011.pdf. (Consult\u00e9 le 11\/08\/2014)<\/li>\n<li>Auclair C, et al : Inhibition du niveau du r\u00e9cepteur de l&#8217;hormone lut\u00e9inisante testiculaire par traitement avec un agoniste puissant de l&#8217;hormone lib\u00e9rant l&#8217;hormone lut\u00e9inisante de la gonadotrophine chorionique humaine. Biochem Biophys Res Commun 1977 ; 76(3) : 855-862.<\/li>\n<li>Huhtaniemi I, et al : R\u00e9ponse des niveaux de gonadotrophine circulante au traitement par agoniste de la GnRH dans le cancer de la prostate. J Androl 1991 ; 12(1) : 46-53.<\/li>\n<li>Tunn U : The current status of intermittent androgen deprivation (IAD) therapy for prostate cancer : putting IAD under the spotlight. BJU Int 2007 ; 99 Suppl 1 : 19-22 ; discussion 23-24.<\/li>\n<li>Trachtenberg J, et al : A phase 3, multicenter open label, randomized study of abarelix versus leuprolide plus daily antiandrogen in men with prostate cancer. J Urol 2002 ; 167 : 1670-1674.<\/li>\n<li>Van Poppel H, et al : Degarelix : a novel gonadotropin-releasing hormone (GnRH) receptor blocker &#8211; results from a 1-yr, multicentre, randomised, phase 2 dose-finding study in the treatment of prostate cancer. Eur Urol 2008 ; 54(4) : 805-813.<\/li>\n<li>Iversen P, et al : Casodex (bicalutamide) 150-mg monoth\u00e9rapie compar\u00e9e \u00e0 la castration chez les patients atteints de cancer de la prostate non m\u00e9tastatique pr\u00e9c\u00e9demment non trait\u00e9 : r\u00e9sultats de deux essais randomis\u00e9s multicentriques avec un suivi m\u00e9dian de 4 ans. Urologie 1998 ; 51(3) : 389-396.<\/li>\n<li>Kaisary AV, et al : Y a-t-il un r\u00f4le pour la monoth\u00e9rapie antiandrog\u00e8ne chez les patients atteints de cancer de la prostate m\u00e9tastatique ? Prostate Cancer Prostatic Dis 2001 ; 4(4) : 196-203.<\/li>\n<li>Small EJ, et al : L&#8217;hormonoth\u00e9rapie de deuxi\u00e8me ligne pour le cancer de la prostate avanc\u00e9 : un changement de paradigme. J Clin Oncol 1997 ; 15(1) : 382-388.<\/li>\n<li>Lam JS, et al : Traitement hormonal secondaire pour le cancer de la prostate en phase avanc\u00e9e. J Urol 2006 ; 175(1) : 27-34.<\/li>\n<li>Schweizer MT, et al : The Influence of Prior Abiraterone Treatment on the Clinical Activity of Docetaxel in Men with Metastatic Castration-resistant Prostate Cancer. Eur Urol 2014 ; pii : S0302-2838(14)00069-4. doi:10.1016\/ j.eururo. 2014.01.018.<\/li>\n<li>Scher H, et al : Increased survival with enzalutamide in prostate cancer after chemotherapy. N Engl J Med 2012 ; 367 : 1187-1197.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c9MATOLOGIE 2014 ; 2(8) : 10-13<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;objectif du traitement m\u00e9dicamenteux du cancer de la prostate (PCa) est de prolonger la survie avec des effets secondaires acceptables. 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