{"id":344410,"date":"2014-10-17T00:00:00","date_gmt":"2014-10-16T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/taux-de-survie-eleve-apres-traitement-chirurgical\/"},"modified":"2014-10-17T00:00:00","modified_gmt":"2014-10-16T22:00:00","slug":"taux-de-survie-eleve-apres-traitement-chirurgical","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/taux-de-survie-eleve-apres-traitement-chirurgical\/","title":{"rendered":"Taux de survie \u00e9lev\u00e9 apr\u00e8s traitement chirurgical"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le traitement chirurgical du cancer de la prostate localis\u00e9 est la norme pour les patients dont l&#8217;esp\u00e9rance de vie est sup\u00e9rieure \u00e0 dix ans. L&#8217;op\u00e9ration vise non seulement \u00e0 contr\u00f4ler la tumeur, mais aussi \u00e0 pr\u00e9server la continence et la fonction \u00e9rectile. La vesiculectomie prostatique laparoscopique assist\u00e9e par robot (<sup>Da-Vinci\u00ae<\/sup>) permet au chirurgien de r\u00e9aliser une pr\u00e9paration exacte et pr\u00e9cise des tissus, ce qui donne d&#8217;excellents r\u00e9sultats en termes de survie sans tumeur, de continence et de pr\u00e9servation de la fonction \u00e9rectile.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Le cancer de la prostate est la tumeur la plus fr\u00e9quemment diagnostiqu\u00e9e chez l&#8217;homme dans le monde. En Suisse, le diagnostic est pos\u00e9 chez environ 6000 hommes par an. Le pic de l&#8217;\u00e2ge se situe au-del\u00e0 de 50 ans et plus de la moiti\u00e9 des hommes atteints ont plus de 70 ans [1].<\/p>\n<p>Le traitement chirurgical du cancer de la prostate localis\u00e9 reste la norme th\u00e9rapeutique pour les patients dont l&#8217;esp\u00e9rance de vie est sup\u00e9rieure \u00e0 dix ans.&nbsp;  L&#8217;op\u00e9ration poursuit en principe trois objectifs : le contr\u00f4le de la tumeur, le maintien de la continence et la pr\u00e9servation \u00e9ventuelle de la fonction \u00e9rectile [2]. La v\u00e9siculectomie radicale de la prostate est actuellement la seule option de traitement qui pr\u00e9sente un avantage en termes de survie globale et de survie sp\u00e9cifique \u00e0 la tumeur&nbsp; par rapport au traitement conservateur [3]. Pour atteindre les objectifs fix\u00e9s, une s\u00e9lection rigoureuse des patients et des tumeurs est indispensable.<\/p>\n<h2 id=\"estimation-de-lesperance-de-vie-comme-base-de-decision-therapeutique\">Estimation de l&#8217;esp\u00e9rance de vie comme base de d\u00e9cision th\u00e9rapeutique<\/h2>\n<p>Les premi\u00e8res aides \u00e0 la d\u00e9cision, outre le taux de PSA, sont le toucher rectal digital et l&#8217;\u00e9chographie transrectale. En outre, toute suspicion de tumeur doit \u00eatre confirm\u00e9e dans tous les cas par une biopsie syst\u00e9matique de la prostate. On obtient ainsi une information sur le volume de la tumeur ainsi que sur son agressivit\u00e9 gr\u00e2ce au score de Gleason.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 ces donn\u00e9es, l&#8217;urologue peut d\u00e9j\u00e0 estimer le taux de gu\u00e9rison postop\u00e9ratoire en pr\u00e9op\u00e9ratoire \u00e0 l&#8217;aide de nomogrammes. Le m\u00e9decin dispose \u00e0 cet effet de diff\u00e9rents outils, \u00e0 savoir les tables de Partin et le nomogramme de Kattan [4]. De plus, l&#8217;\u00e2ge du patient, ses comorbidit\u00e9s et l&#8217;esp\u00e9rance de vie estim\u00e9e qui en r\u00e9sulte jouent un r\u00f4le d\u00e9cisif dans la d\u00e9cision concernant le choix du traitement.<\/p>\n<p>Comme le cancer de la prostate cliniquement localis\u00e9 \u00e9volue g\u00e9n\u00e9ralement lentement, l&#8217;esp\u00e9rance de vie devrait \u00eatre d&#8217;au moins dix ans. Un score de comorbidit\u00e9 permet d&#8217;estimer l&#8217;esp\u00e9rance de vie d&#8217;un homme de 75 ans : Sans comorbidit\u00e9, elle est de 11,9 ans ; avec un score de comorbidit\u00e9 de 2, elle n&#8217;est plus que de 6,3 ans ; avec un score de 3, elle n&#8217;est statistiquement plus que de 1,9 an [5].<\/p>\n<h2 id=\"taux-de-survie-eleve-apres-prostatectomie-radicale\">Taux de survie \u00e9lev\u00e9 apr\u00e8s prostatectomie radicale<\/h2>\n<p>Une survie sans tumeur, sous r\u00e9serve d&#8217;une s\u00e9lection appropri\u00e9e des patients et des tumeurs, peut \u00eatre attendue chez un pourcentage \u00e9lev\u00e9 de patients ayant subi une prostatectomie radicale. Un taux de survie sp\u00e9cifique \u00e0 la tumeur de 82% \u00e0 15-35 ans a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 par Gibbons et al. d\u00e9crites [6]. Schiavina et al. ont montr\u00e9 une absence de r\u00e9cidive biochimique de 80% \u00e0 cinq ans et de 55,8% \u00e0 dix ans apr\u00e8s la prostatectomie radicale [7]. Porter et al. rapportent un taux de survie postop\u00e9ratoire sp\u00e9cifique au cancer de 96% \u00e0 10 ans, 91% \u00e0 15 ans et tout de m\u00eame 82% \u00e0 25 ans [8].<\/p>\n<p>Le taux de PSA doit rester en dessous du seuil de d\u00e9tection apr\u00e8s une prostatectomie radicale chez les patients atteints d&#8217;un cancer de la prostate localis\u00e9. La plupart des patients subissent une r\u00e9cidive dans les cinq premi\u00e8res ann\u00e9es apr\u00e8s l&#8217;op\u00e9ration [9]. Les facteurs pronostiques importants pour l&#8217;issue postop\u00e9ratoire sont le stade tumoral local, le score de Gleason, le volume du carcinome et la marge d&#8217;ablation chirurgicale (marge d&#8217;ablation positive ou n\u00e9gative).<\/p>\n<h2 id=\"maintien-de-la-continence\">Maintien de la continence<\/h2>\n<p>La pr\u00e9servation de la continence est un autre objectif crucial du traitement chirurgical du cancer localis\u00e9 de la prostate. Les publications montrent une nette fourchette de taux de continence&nbsp;. Les raisons de ces diff\u00e9rences sont le mode de collecte des donn\u00e9es (entretiens en face \u00e0 face ou questionnaires standardis\u00e9s), les diff\u00e9rentes d\u00e9finitions de l&#8217;incontinence et le moment de l&#8217;entretien apr\u00e8s l&#8217;op\u00e9ration. De m\u00eame, la technique chirurgicale joue un r\u00f4le crucial.<\/p>\n<p>Schiavina et al. distinguent une continence compl\u00e8te chez 78,5% des patients et l&#8217;utilisation de serviettes de s\u00e9curit\u00e9 chez 13,8% des patients apr\u00e8s une prostatectomie radicale [7]. Michl et al. rapportent un taux d&#8217;incontinence de 9,8% apr\u00e8s prostatectomie radicale avec conservation du nerf, contre un taux d&#8217;incontinence de 22,4% sans conservation du paquet vasculo-nerveux [10]. Ainsi, m\u00eame chez les patients pr\u00e9sentant une dysfonction \u00e9rectile pr\u00e9op\u00e9ratoire, il est judicieux de pr\u00e9server le paquet vasculonerveux des deux c\u00f4t\u00e9s, si cela est possible d&#8217;un point de vue oncologique et chirurgical.<\/p>\n<h2 id=\"maintien-de-la-fonction-erectile\">Maintien de la fonction \u00e9rectile<\/h2>\n<p>Un facteur important pour les patients atteints d&#8217;un cancer de la prostate localis\u00e9, qui influence la prise de d\u00e9cision concernant le traitement, est le maintien de la fonction \u00e9rectile. Il y a plus d&#8217;un si\u00e8cle, lorsque Hugh Hampton Young a rapport\u00e9 pour la premi\u00e8re fois une v\u00e9siculectomie prostatique radicale p\u00e9rin\u00e9ale, il \u00e9tait certainement loin de pr\u00e9server la puissance du patient. M\u00eame lorsque Millin a r\u00e9alis\u00e9 pour la premi\u00e8re fois une prostatectomie radicale par voie r\u00e9tropubienne en 1947, la pr\u00e9servation de la puissance n&#8217;\u00e9tait pas l&#8217;objectif principal de l&#8217;op\u00e9ration [12].<\/p>\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, une meilleure compr\u00e9hension de l&#8217;anatomie et l&#8217;am\u00e9lioration constante des techniques de traitement chirurgical ont permis, d&#8217;une part, d&#8217;associer la radicalit\u00e9 d&#8217;une v\u00e9siculectomie prostatique \u00e0 une r\u00e9duction de la morbidit\u00e9 p\u00e9riop\u00e9ratoire et, d&#8217;autre part, d&#8217;am\u00e9liorer le r\u00e9sultat postop\u00e9ratoire et la qualit\u00e9 de vie.<\/p>\n<p>En mati\u00e8re de fonction \u00e9rectile, la collecte de donn\u00e9es est l&#8217;un des probl\u00e8mes les plus importants. Dans de nombreux travaux publi\u00e9s, la fonction \u00e9rectile postop\u00e9ratoire a \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9e \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;entretiens avec les patients. Il est judicieux d&#8217;\u00e9valuer une \u00e9ventuelle fonction \u00e9rectile \u00e0 l&#8217;aide du questionnaire &#8220;International Index of Erectile Function&#8221; avant de proc\u00e9der \u00e0 la pr\u00e9servation du faisceau de nerfs et de vaisseaux. Une \u00e9tude publi\u00e9e en 2002 par Noldus et al. rapporte une pr\u00e9servation de la fonction \u00e9rectile (un an apr\u00e8s l&#8217;intervention) chez 90% des patients apr\u00e8s pr\u00e9servation bilat\u00e9rale des nerfs et chez 56% des patients apr\u00e8s pr\u00e9servation unilat\u00e9rale des nerfs [11]. L&#8217;utilisation d&#8217;inhibiteurs de la PDE-5 a permis \u00e0 la plupart des patients ayant des \u00e9rections primitivement non sexuelles d&#8217;y parvenir.<\/p>\n<p>La v\u00e9siculectomie prostatique laparoscopique assist\u00e9e par robot (<sup>Da-Vinci\u00ae<\/sup>) est une \u00e9volution logique de la laparoscopie. Cette technique permet au chirurgien de pr\u00e9parer les tissus de mani\u00e8re exacte et pr\u00e9cise, ce qui donne d&#8217;excellents r\u00e9sultats. Ainsi, Ficarra et al. montrent une survie sans r\u00e9cidive biochimique \u00e0 trois, cinq et sept ans de 96,3, 89,6 et 88,3%, respectivement. 80% des patients \u00e9taient continents en postop\u00e9ratoire, 11% n\u00e9cessitaient une pr\u00e9sentation de s\u00e9curit\u00e9 par jour et seulement 9% des patients op\u00e9r\u00e9s \u00e9taient incontinents. 47% des patients ayant subi une prostato-v\u00e9siculectomie radicale assist\u00e9e par robot ont eu des \u00e9rections sexuellement actives sans autre aide, et chez 37% suppl\u00e9mentaires, elles ont pu \u00eatre obtenues avec des inhibiteurs de la PDE-5 [13].<\/p>\n<h2 id=\"conclusion\">Conclusion<\/h2>\n<p>La v\u00e9siculectomie radicale de la prostate est le gold standard chirurgical pour le traitement du cancer localis\u00e9 de la prostate. L&#8217;objectif est d&#8217;obtenir un contr\u00f4le optimal de la tumeur, associ\u00e9 \u00e0 une pr\u00e9servation de la puissance et de la continence, et donc \u00e0 une bonne qualit\u00e9 de vie.<\/p>\n<p>Par le pass\u00e9, la v\u00e9siculectomie radicale de la prostate \u00e9tait associ\u00e9e \u00e0 un taux \u00e9lev\u00e9 de complications per- et postop\u00e9ratoires, telles que des pertes de sang importantes, un taux d&#8217;incontinence accru et des dysfonctionnements \u00e9rectiles. Bien qu&#8217;il soit difficile de comparer directement les diff\u00e9rentes m\u00e9thodes chirurgicales, des \u00e9tudes r\u00e9centes montrent d&#8217;excellents taux de survie, de continence et d&#8217;impuissance qui peuvent \u00eatre obtenus gr\u00e2ce \u00e0 la chirurgie assist\u00e9e par robot. Il est ainsi possible d&#8217;obtenir une qualit\u00e9 de vie \u00e9lev\u00e9e pour les patients apr\u00e8s l&#8217;op\u00e9ration.<\/p>\n<p>\nLitt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Ligue suisse contre le cancer, Chiffres sur le cancer 2012 : https:\/\/assets.krebsliga.ch\/downloads\/krebszahlen_2012_d.pdf.<\/li>\n<li>Bianco FJ Jr, Scardino PT, Eastham JA : Prostatectomie radicale : contr\u00f4le du cancer \u00e0 long terme et r\u00e9cup\u00e9ration de la fonction sexuelle et urinaire (&#8220;trifecta&#8221;). Urologie 2005 ; 66(5 Suppl) : 83-94.<\/li>\n<li>Bill-Axelson A, et al : Radical prostatectomy versus watchful waiting in early prostate cancer. N Engl J Med 2011 ; 364(18) : 1708-1717.<\/li>\n<li>Ross PL, ScardinoPT, Kattan MW : Un catalogue de nomogrammes du cancer de la prostate. J Urol 2001 ; 165 : 1562-1568.<\/li>\n<li>Albertsen PC, et al : The impact of co-morbidity on life expectancy among men with localized prostate cancer. J Urol 1996 ; 156 : 127-132.<\/li>\n<li>Gibbons RP, et al : Prostatectomie totale pour cancer prostatique localis\u00e9 clinique : r\u00e9sultats \u00e0 long terme. J Urol 1989 ; 141 : 564-566.<\/li>\n<li>Schiavina R, et al : Survival, Continence and Potency (SCP) recovery after radical retropubic prostatectomy : A long-term combined evaluation of surgical outcomes. EJSO 2014 Jul 18.<\/li>\n<li>Porter CR, et al : 25-year prostate cancer control and survival outcomes : A 40-year radical prostatectomy single institution series. J Urol 2006 ; 176(2) : 569-574.<\/li>\n<li>Partin AW, et al : PSA s\u00e9rique apr\u00e8s prostatectomie radicale anatomique : l&#8217;exp\u00e9rience de Johns Hopkins apr\u00e8s 10 ans. Urol Clin North Am 1993 ; 20 : 713-725.<\/li>\n<li>Michl U, et al. : Analyse prospective de la continence et de la miction apr\u00e8s une prostatectomie r\u00e9tropubienne radicale avec ou sans \u00e9pissage du nerf. Impact significatif de la proc\u00e9dure d&#8217;\u00e9talement des nerfs sur la continence. J Urol 2001 ; 165 (Suppl).<\/li>\n<li>Noldus J, et al : Fonction sexuelle \u00e9valu\u00e9e par le patient apr\u00e8s une prostatectomie radicale r\u00e9tropubienne avec \u00e9pargne nerveuse. Eur Urol 2002 ; 42 : 118-124.<\/li>\n<li>Millin T : Chirurgie urinaire r\u00e9tropubienne. Londres, Livingstone, 1947.<\/li>\n<li>Ficarra V, et al : \u00c9valuation \u00e0 long terme des r\u00e9sultats de la survie, de la continence et de la puissance (SCP) apr\u00e8s une prostatectomie radicale assist\u00e9e par robot (RARP). BJU Int 2013 ; 112(3) : 338-345.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c4MATOLOGIE 2014 ; 8(2) : 6-8<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le traitement chirurgical du cancer de la prostate localis\u00e9 est la norme pour les patients dont l&#8217;esp\u00e9rance de vie est sup\u00e9rieure \u00e0 dix ans. 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