{"id":344664,"date":"2014-09-18T14:56:05","date_gmt":"2014-09-18T12:56:05","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/traitement-stratifie-des-troubles-bipolaires\/"},"modified":"2014-09-18T14:56:05","modified_gmt":"2014-09-18T12:56:05","slug":"traitement-stratifie-des-troubles-bipolaires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/traitement-stratifie-des-troubles-bipolaires\/","title":{"rendered":"Traitement stratifi\u00e9 des troubles bipolaires"},"content":{"rendered":"<p><strong>La stratification des patients et des phases de traitement est une m\u00e9thode importante pour traiter rapidement et efficacement les patients atteints de troubles bipolaires. Les taux de r\u00e9ponse relativement faibles et les longues phases de mise en place du traitement sugg\u00e8rent que le potentiel de la stratification th\u00e9rapeutique est particuli\u00e8rement important dans le cas des troubles bipolaires. Les biomarqueurs permettront \u00e0 l&#8217;avenir d&#8217;am\u00e9liorer consid\u00e9rablement le diagnostic psychiatrique. Le potentiel de l&#8217;examen clinique psychiatrique est souvent sous-estim\u00e9. L&#8217;anamn\u00e8se et l&#8217;examen clinique fournissent des informations importantes pour le choix du meilleur traitement.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>L&#8217;un des principaux objectifs du diagnostic m\u00e9dical est de pr\u00e9dire la r\u00e9ponse aux traitements. Dans le meilleur des cas, le diagnostic permet d&#8217;adapter le traitement \u00e0 des processus pathologiques sp\u00e9cifiques. Le diagnostic psychiatrique actuel, qui n&#8217;est pas bas\u00e9 sur les causes et la physiopathologie, mais uniquement sur des sympt\u00f4mes relativement peu sp\u00e9cifiques, n&#8217;exploite que de mani\u00e8re limit\u00e9e le potentiel des examens cliniques. Les phases d&#8217;essai et d&#8217;erreur souvent longues lors de l&#8217;ajustement du traitement et l&#8217;utilisation croissante de traitements combin\u00e9s complexes refl\u00e8tent probablement cette probl\u00e9matique. La recherche en psychiatrie d\u00e9ploie donc de grands efforts pour d\u00e9velopper des tests permettant d&#8217;identifier des processus pathologiques sp\u00e9cifiques dans les troubles mentaux, afin que des traitements sp\u00e9cifiques puissent \u00eatre mis au point et adapt\u00e9s. Le terme de &#8220;m\u00e9decine personnalis\u00e9e&#8221; souvent utilis\u00e9 dans ce contexte est plut\u00f4t trompeur, car il n&#8217;est pas possible, pour des raisons statistiques, d&#8217;adapter les th\u00e9rapies \u00e0 un seul individu sur la base de preuves scientifiques.<\/p>\n<p>Le d\u00e9veloppement de m\u00e9thodes d&#8217;examen clinique et de biomarqueurs am\u00e9lior\u00e9s ne d\u00e9bouchera donc pas sur des traitements sp\u00e9cifiques \u00e0 chaque personne, mais sur une nouvelle classification ou une meilleure classification des troubles mentaux. Outre l&#8217;expression &#8220;m\u00e9decine stratifi\u00e9e&#8221;, le terme &#8220;m\u00e9decine de pr\u00e9cision&#8221; refl\u00e8te relativement bien cette \u00e9volution de la recherche m\u00e9dicale.<\/p>\n<h2 id=\"pourquoi-un-traitement-stratifie-pour-les-troubles-bipolaires\">Pourquoi un traitement stratifi\u00e9 pour les troubles bipolaires ?<\/h2>\n<p>Il existe un certain nombre d&#8217;indications selon lesquelles le diagnostic ax\u00e9 sur les sympt\u00f4mes est particuli\u00e8rement impr\u00e9cis dans le cas des troubles bipolaires. Par exemple, les directives internationales de traitement des maladies mentales courantes telles que la d\u00e9pression unipolaire ou la schizophr\u00e9nie sont nettement plus uniformes que celles concernant les troubles bipolaires, qui sont remarquablement contradictoires. Il existe notamment des diff\u00e9rences consid\u00e9rables entre les directives nationales et internationales r\u00e9cemment publi\u00e9es en mati\u00e8re de traitement de la d\u00e9pression bipolaire [1]. Ces diff\u00e9rences ne sont pas de nature subtile, mais concernent des d\u00e9cisions fondamentales, par exemple si la d\u00e9pression bipolaire doit \u00eatre trait\u00e9e en premier lieu par une monoth\u00e9rapie ou par une th\u00e9rapie combin\u00e9e. Les recommandations concernant l&#8217;utilisation du lithium, de la lamotrigine et des antid\u00e9presseurs sont tr\u00e8s divergentes. M\u00eame la qu\u00e9tiapine, qui pr\u00e9sente des preuves d&#8217;efficacit\u00e9 relativement bonnes, n&#8217;est pas recommand\u00e9e par toutes les lignes directrices comme traitement de premi\u00e8re ligne.<\/p>\n<p>Ces disparit\u00e9s refl\u00e8tent les faibles taux de r\u00e9ponse moyens des monoth\u00e9rapies antid\u00e9pressives et la n\u00e9cessit\u00e9 fr\u00e9quente de recourir \u00e0 des th\u00e9rapies combin\u00e9es, qui n&#8217;ont pas fait l&#8217;objet d&#8217;\u00e9tudes scientifiques suffisantes. En outre, les m\u00e9thodes disponibles pour pr\u00e9dire les effets ind\u00e9sirables des m\u00e9dicaments (EI) dans les troubles bipolaires sont insuffisantes.<\/p>\n<h2 id=\"le-potentiel-sous-estime-de-lexamen-clinique\">Le potentiel sous-estim\u00e9 de l&#8217;examen clinique<\/h2>\n<p>La forte concentration de la recherche psychiatrique sur la g\u00e9n\u00e9tique et la neurobiologie s&#8217;accompagne d&#8217;une n\u00e9gligence des m\u00e9thodes d&#8217;investigation clinique. Les pr\u00e9occupations l\u00e9gitimes concernant la fiabilit\u00e9 des diagnostics psychiatriques ont entra\u00een\u00e9 des d\u00e9ficits de validit\u00e9 clinique : L&#8217;examen psychiatrique dans les essais cliniques s&#8217;est de plus en plus r\u00e9duit \u00e0 un comptage de sympt\u00f4mes. Il ne faut pas oublier que la diff\u00e9rence essentielle entre le trouble bipolaire psychotique s\u00e9v\u00e8re et la schizophr\u00e9nie &#8211; si tant est qu&#8217;il y ait une telle diff\u00e9rence essentielle &#8211; ne r\u00e9side pas en premier lieu dans les sympt\u00f4mes cliniques, mais dans l&#8217;\u00e9volution de la maladie, avec la chute typique des performances cognitives dans la schizophr\u00e9nie et l&#8217;absence de ce &#8220;pli&#8221; dans les troubles bipolaires.<\/p>\n<p>En outre, le meilleur pr\u00e9dicteur disponible du succ\u00e8s du traitement des troubles bipolaires n&#8217;est pas un sympt\u00f4me, ni un g\u00e8ne ou un biomarqueur, mais l&#8217;anamn\u00e8se : la r\u00e9ponse ant\u00e9rieure au traitement et\/ou la preuve d&#8217;un traitement efficace chez des membres de la famille. De tels facteurs cliniques d\u00e9cisifs sont rarement pris en compte dans les grands essais th\u00e9rapeutiques contr\u00f4l\u00e9s.<\/p>\n<p>En ce qui concerne le potentiel sous-estim\u00e9 de l&#8217;\u00e9valuation clinique psychiatrique, il convient de se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la r\u00e9cente revue de Fava GA, et al. [2].<\/p>\n<h2 id=\"amelioration-des-criteres-de-diagnostic-dans-le-dsm-5\">Am\u00e9lioration des crit\u00e8res de diagnostic dans le DSM-5<\/h2>\n<p>Le DSM-5 pr\u00e9voit les modifications suivantes des crit\u00e8res diagnostiques :<\/p>\n<ul>\n<li>Les troubles bipolaires ne font plus partie de la cat\u00e9gorie &#8220;Mood Disorders&#8221;, mais forment une cat\u00e9gorie distincte &#8220;Bipolar and Related Disorders&#8221;.<\/li>\n<li>Les \u00e9pisodes mixtes doivent \u00eatre abandonn\u00e9s au profit d&#8217;un &#8220;Mixed Features Specifier&#8221;, qui peut \u00eatre appliqu\u00e9 aux \u00e9pisodes d\u00e9pressifs, hypomaniaques et maniaques.<\/li>\n<li>Les \u00e9pisodes maniaques complets survenant sous traitement antid\u00e9presseur sont consid\u00e9r\u00e9s comme suffisants pour poser le diagnostic de manie.<\/li>\n<li>Un &#8220;Anxious Distress Specifier&#8221; permet de diagnostiquer les sympt\u00f4mes d&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 qui apparaissent souvent dans le trouble bipolaire.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En ce qui concerne le traitement stratifi\u00e9, l&#8217;introduction d&#8217;un &#8220;sp\u00e9cificateur de caract\u00e9ristiques mixtes&#8221; est particuli\u00e8rement importante, car les \u00e9pisodes mixtes sont particuli\u00e8rement r\u00e9sistants au traitement et il existe des preuves que les \u00e9pisodes mixtes r\u00e9pondent particuli\u00e8rement bien aux antipsychotiques atypiques as\u00e9napine et olanzapine [3].<br \/>\nLes patients bipolaires pr\u00e9sentant des sympt\u00f4mes d&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 prononc\u00e9s sont plus susceptibles d&#8217;avoir une \u00e9volution chronique, un risque accru de d\u00e9pendance \u00e0 l&#8217;alcool et aux drogues et un risque accru de suicide. Un traitement compl\u00e9mentaire par benzodiaz\u00e9pines peut \u00eatre utile.<\/p>\n<h2 id=\"traitement-aigu-de-la-manie\">Traitement aigu de la manie<\/h2>\n<p>Le type classique de traitement stratifi\u00e9 pour le trouble bipolaire ne se fait pas en fonction des caract\u00e9ristiques de la personne, mais en fonction de la phase clinique. En cas de survenue d&#8217;\u00e9pisodes maniaques, la m\u00e9dication antimaniaque doit \u00eatre optimis\u00e9e et la m\u00e9dication antid\u00e9pressive r\u00e9duite ou supprim\u00e9e.<\/p>\n<p>Des m\u00e9ta-analyses [4] montrent une bonne efficacit\u00e9 anti-maniaque pour la risp\u00e9ridone, l&#8217;olanzapine, l&#8217;halop\u00e9ridol, l&#8217;aripirazole, la qu\u00e9tiapine, le lithium et le valproate. L&#8217;olanzapine, la qu\u00e9tiapine et le lithium ont l&#8217;avantage d&#8217;avoir un bon effet prophylactique contre les r\u00e9cidives, ce qui permet d&#8217;\u00e9viter un changement de m\u00e9dicament apr\u00e8s la disparition de la manie. La risp\u00e9ridone et l&#8217;aripirazole ont l&#8217;avantage d&#8217;offrir une injection \u00e0 lib\u00e9ration prolong\u00e9e pour la pr\u00e9vention des r\u00e9cidives m\u00e9dicamenteuses. L&#8217;as\u00e9napine est autoris\u00e9e en Suisse en tant que substance antimaniaque (aux \u00c9tats-Unis et en Australie en plus pour la schizophr\u00e9nie). Elle est comparable \u00e0 l&#8217;olanzapine en termes d&#8217;efficacit\u00e9 et sup\u00e9rieure \u00e0 l&#8217;olanzapine en termes de risque de d\u00e9veloppement d&#8217;un syndrome m\u00e9tabolique. L&#8217;as\u00e9napine est \u00e9galement particuli\u00e8rement adapt\u00e9e aux situations d&#8217;urgence, car elle est absorb\u00e9e par voie orale et pr\u00e9sente un d\u00e9but d&#8217;action rapide. En cas de manie agit\u00e9e, la loxapine, administr\u00e9e \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;un inhalateur, a un effet calmant particuli\u00e8rement efficace [5]. Cependant, ce m\u00e9dicament n&#8217;est pas encore enregistr\u00e9 en Suisse. L&#8217;association d&#8217;un antipsychotique atypique avec du lithium ou du valproate est probablement la pharmacoth\u00e9rapie anti-maniaque la plus efficace, bien qu&#8217;il faille garder \u00e0 l&#8217;esprit que la probabilit\u00e9 d&#8217;effets ind\u00e9sirables est plus \u00e9lev\u00e9e avec les traitements combin\u00e9s qu&#8217;avec les monoth\u00e9rapies.<\/p>\n<h2 id=\"traitement-aigu-de-la-depression-bipolaire\">Traitement aigu de la d\u00e9pression bipolaire<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es relatives au traitement de la d\u00e9pression bipolaire sont relativement contradictoires, ce qui indique qu&#8217;il est n\u00e9cessaire de mener davantage de recherches dans ce domaine.<br \/>\nAux \u00c9tats-Unis, la qu\u00e9tiapine, le traitement combin\u00e9 olanzapine\/fluox\u00e9tine et la lurasidone sont autoris\u00e9s pour le traitement de la d\u00e9pression bipolaire. La Soci\u00e9t\u00e9 suisse des troubles bipolaires recommande [6] la qu\u00e9tiapine ou la qu\u00e9tiapine XR (posologie : 300-600 mg) [7] et le lithium comme traitement de premi\u00e8re intention dans le traitement des \u00e9pisodes d\u00e9pressifs du trouble bipolaire I. Les patients atteints de ce type de trouble doivent \u00eatre trait\u00e9s par des m\u00e9dicaments. L&#8217;antipsychotique atypique lurasidone, autoris\u00e9 en Suisse pour la schizophr\u00e9nie (aux \u00c9tats-Unis pour la schizophr\u00e9nie et la d\u00e9pression bipolaire), a montr\u00e9 une excellente efficacit\u00e9 dans la d\u00e9pression bipolaire I dans plusieurs \u00e9tudes, en monoth\u00e9rapie ou en association avec un stabilisateur de l&#8217;humeur [8,9]. En cas d&#8217;efficacit\u00e9 insuffisante d&#8217;une monoth\u00e9rapie, la majorit\u00e9 des directives de traitement recommandent l&#8217;association d&#8217;un antid\u00e9presseur. La lamotrigine n&#8217;est probablement efficace qu&#8217;en cas d&#8217;\u00e9pisodes d\u00e9pressifs majeurs.<\/p>\n<h2 id=\"traitement-dentretien-et-prevention-des-recidives\">Traitement d&#8217;entretien et pr\u00e9vention des r\u00e9cidives<\/h2>\n<p>La prise de m\u00e9dicaments \u00e0 long terme est au c\u0153ur du traitement d&#8217;entretien et de la pr\u00e9vention des r\u00e9cidives, dont l&#8217;objectif est de parvenir \u00e0 un \u00e9quilibre de l&#8217;humeur. Le lithium, qui pr\u00e9vient les \u00e9pisodes maniaques et d\u00e9pressifs et a un effet antisocial, pr\u00e9sente les meilleures preuves d&#8217;efficacit\u00e9. L&#8217;effet du lithium est particuli\u00e8rement prononc\u00e9 dans les \u00e9volutions typiques avec des \u00e9pisodes maniaques et d\u00e9pressifs clairement distincts. Le valproate est consid\u00e9r\u00e9 comme un traitement alternatif de premier choix, surtout dans les cas atypiques, mais il faut tenir compte de la t\u00e9ratog\u00e9nicit\u00e9 potentielle du valproate.<\/p>\n<p>La grande importance du traitement d&#8217;entretien et de la pr\u00e9vention des r\u00e9cidives dans les troubles bipolaires r\u00e9sulte du fait que la puissance d&#8217;action de la prophylaxie m\u00e9dicamenteuse est nettement plus grande que celle du traitement m\u00e9dicamenteux aigu. Cette diff\u00e9rence correspond \u00e0 l&#8217;observation clinique selon laquelle, en cas de rechute aigu\u00eb apr\u00e8s l&#8217;arr\u00eat d&#8217;un traitement prophylactique au lithium, l&#8217;effet du lithium est relativement faible. Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;un probl\u00e8me sp\u00e9cifique au lithium et cela se produit avec tous les m\u00e9dicaments \u00e0 action prophylactique. C&#8217;est pourquoi l&#8217;indication de l&#8217;arr\u00eat d&#8217;une prophylaxie m\u00e9dicamenteuse doit \u00eatre pos\u00e9e avec retenue et le plus grand soin.<\/p>\n<h2 id=\"le-concept-de-polarite-pre-dominante\">Le concept de polarit\u00e9 pr\u00e9-dominante<\/h2>\n<p>Le groupe de recherche dirig\u00e9 par Eduardo Vieta \u00e0 Barcelone a examin\u00e9 et affin\u00e9 le concept de polarit\u00e9 pr\u00e9-dominante dans plusieurs \u00e9tudes [10]. <br \/>\nIl est bas\u00e9 sur l&#8217;observation clinique et naturaliste et indique qu&#8217;il existe trois groupes de stabilisation \u00e0 long terme des troubles bipolaires.<br \/>\nest disponible :<\/p>\n<ol>\n<li>Les patients bipolaires qui souffraient principalement d&#8217;\u00e9pisodes et de sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs \u00e9taient en moyenne ceux qui b\u00e9n\u00e9ficiaient le plus de la lamotrigine et\/ou de la qu\u00e9tiapine.<\/li>\n<li>Les patients souffrant principalement d&#8217;\u00e9pisodes et de sympt\u00f4mes hypomaniaques et maniaques ont \u00e9t\u00e9 le mieux stabilis\u00e9s par l&#8217;olanzapine, la risp\u00e9ridone, la clozapine, le lithium et\/ou l&#8217;acide valpro\u00efque.<\/li>\n<li>Chez les patients souffrant de troubles bipolaires II, les antid\u00e9presseurs ont jou\u00e9 un r\u00f4le important dans la stabilit\u00e9 \u00e0 long terme.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Bien que ces r\u00e9sultats ne soient pas issus d&#8217;\u00e9tudes contr\u00f4l\u00e9es, ils ont une pertinence clinique pratique.<\/p>\n<h2 id=\"risque-de-suicide\">Risque de suicide<\/h2>\n<p>Un risque accru de suicide est une caract\u00e9ristique clinique importante pour la stratification du traitement des patients bipolaires. Les actes suicidaires surviennent principalement lors d&#8217;\u00e9pisodes d\u00e9pressifs ou mixtes. Un traitement r\u00e9ussi r\u00e9duit indirectement le risque de suicide.<\/p>\n<p>Le lithium a en outre un puissant effet antisuicide direct, r\u00e9duisant de 80% [11] la probabilit\u00e9 de suicide dans les troubles affectifs. Cet effet existe ind\u00e9pendamment de l&#8217;effet stabilisateur de l&#8217;humeur et est probablement d\u00fb \u00e0 l&#8217;inhibition des pulsions agressives. Le lithium r\u00e9duit non seulement la fr\u00e9quence, mais aussi la l\u00e9talit\u00e9 des tentatives de suicide.<\/p>\n<h2 id=\"stade-de-la-maladie\">Stade de la maladie<\/h2>\n<p>Il est probable que le stade de la maladie joue un r\u00f4le beaucoup plus important dans le choix du traitement qu&#8217;on ne le pensait auparavant. Dans le cas des troubles affectifs, les facteurs de risque peuvent changer de mani\u00e8re spectaculaire au cours de l&#8217;\u00e9volution. Alors que les facteurs de stress psychosociaux font partie des principaux facteurs de risque dans les premi\u00e8res phases, leur importance diminue au fil de l&#8217;\u00e9volution et les facteurs neurobiologiques &#8220;endog\u00e8nes&#8221; prennent de plus en plus d&#8217;importance. C&#8217;est un argument important en faveur d&#8217;une d\u00e9tection pr\u00e9coce des troubles bipolaires dans le but d&#8217;obtenir une r\u00e9mission compl\u00e8te gr\u00e2ce \u00e0 un traitement efficace.<\/p>\n<p>L&#8217;importance du stade de la maladie a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e, en particulier pour les th\u00e9rapies psychosociales. Dans les phases ant\u00e9rieures, la psycho\u00e9ducation et les psychoth\u00e9rapies classiques sont particuli\u00e8rement efficaces. Pour les patients atteints d&#8217;\u00e9volutions chroniques longues, les psychoth\u00e9rapies qui am\u00e9liorent sp\u00e9cifiquement les capacit\u00e9s cognitives semblent \u00eatre une option importante [12].<br \/>\nL&#8217;implication des proches est une mesure th\u00e9rapeutique extr\u00eamement efficace \u00e0 tous les stades de la maladie.<\/p>\n<h2 id=\"biomarqueurs\">Biomarqueurs<\/h2>\n<p>Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, les tests biologiques n&#8217;ont pas permis d&#8217;am\u00e9liorer la pratique clinique. Il existe toutefois un certain nombre de r\u00e9sultats prometteurs. Les patients pr\u00e9sentant des hyperintensit\u00e9s de la substance blanche et d&#8217;autres modifications neurotrophiques semblent particuli\u00e8rement bien r\u00e9pondre au lithium. Une activit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e dans le cortex pr\u00e9frontal ventrom\u00e9dian pr\u00e9disait une bonne r\u00e9ponse aux antid\u00e9presseurs et \u00e0 la stimulation c\u00e9r\u00e9brale profonde dans des \u00e9tudes pilotes. Une activit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale g\u00e9n\u00e9ralement r\u00e9duite peut indiquer une hypothyro\u00efdie clinique ou subclinique et pr\u00e9dire une bonne r\u00e9ponse \u00e0 l&#8217;augmentation de l&#8217;hormone thyro\u00efdienne. Il existe \u00e9galement des preuves pr\u00e9liminaires que les polymorphismes de certains g\u00e8nes sont associ\u00e9s \u00e0 l&#8217;effet des m\u00e9dicaments psychotropes : G\u00e8ne XBP1 -&gt; Acide valpro\u00efque ; g\u00e8ne BDNF -&gt; Ltihium ; 5-HTTLPR -&gt; Co-m\u00e9dication par ISRS.<\/p>\n<p><strong>Prof. Dr. med. Gregor Hasler<\/strong><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p><em>Litt\u00e9rature :<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Samalin L, et al : Methodological differences between pharmacological treatment guidelines for bipolar disorder : what to do for the clinicians ? Compr Psychiatry 2013 ; 54 : 309-320.<\/li>\n<li>Fava GA, et al : The Missing Link between Clinical States and Biomarkers in Mental Disorders. Psychother Psychosom 2014 ; 83 : 136-141.<\/li>\n<li>Ouanes S, Chennoufi L, Cheour M : An update on the treatment of mixed bipolar states : what is new in 2013 ? J Affect Disord 2014 ; 158 : 53-55.<\/li>\n<li>Cipriani A, et al : Efficacit\u00e9 et acceptabilit\u00e9 comparatives des m\u00e9dicaments antimaniques dans la manie aigu\u00eb : une m\u00e9ta-analyse \u00e0 traitements multiples. Lancet 2011 ; 378 : 1306-1315.<\/li>\n<li>Keating GM : Loxapine inhalation powder : a review of its use in the acute treatment of agitation in patients with bipolar disorder or schizophrenia. CNS Drugs 2013 ; 27 : 479-489.<\/li>\n<li>Hasler G, et al : Recommandations de traitement pour les troubles bipolaires. Forum Med Suisse 2011 ; 11 : 308-313.<\/li>\n<li>Calabrese JR, et al : A randomized, double-blind, placebo-controlled trial of quetiapine in the treatment of bipolar I or II depression. Am J Psychiatry 2005 ; 162 : 1351-1360.<\/li>\n<li>Loebel A, et al : Lurasidone monotherapy in the treatment of bipolar I depression : a randomized, double-blind, placebo-controlled study. Am J Psychiatry 2014 ; 171 : 160-168.<\/li>\n<li>Loebel A, et al : Lurasidone as adjunctive therapy with lithium or valproate for the treatment of bipolar I depression : a randomized, double-blind, placebo-controlled study. 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Les taux de r\u00e9ponse relativement faibles&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":46510,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Algorithmes th\u00e9rapeutiques","footnotes":""},"category":[11531,11489,11549],"tags":[51034,13703,16160,28554,51040,24100,51043,28558],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-344664","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-formation-continue","category-psychiatrie-et-psychotherapie","category-rx-fr","tag-algorithmes-therapeutiques","tag-biomarqueurs","tag-dsm-5-fr","tag-manie-fr","tag-phase-de-traitement","tag-suicide-fr","tag-traitement-stratifie","tag-trouble-bipolaire","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-05-18 17:14:12","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":344675,"slug":"terapia-stratificata-per-il-disturbo-bipolare","post_title":"Terapia stratificata per il disturbo bipolare","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/terapia-stratificata-per-il-disturbo-bipolare\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":344688,"slug":"terapia-estratificada-para-a-desordem-bipolar","post_title":"Terapia estratificada para a desordem bipolar","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/terapia-estratificada-para-a-desordem-bipolar\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":344697,"slug":"terapia-estratificada-para-el-trastorno-bipolar","post_title":"Terapia estratificada para el trastorno bipolar","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/terapia-estratificada-para-el-trastorno-bipolar\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/344664","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=344664"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/344664\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/46510"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=344664"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=344664"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=344664"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=344664"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}