{"id":344708,"date":"2014-09-12T16:06:50","date_gmt":"2014-09-12T14:06:50","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/le-monde-devient-il-plus-gros-et-plus-malade\/"},"modified":"2014-09-12T16:06:50","modified_gmt":"2014-09-12T14:06:50","slug":"le-monde-devient-il-plus-gros-et-plus-malade","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/le-monde-devient-il-plus-gros-et-plus-malade\/","title":{"rendered":"Le monde devient-il plus gros et plus malade ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le fait que le surpoids et l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 constituent un grave probl\u00e8me de sant\u00e9 dans de nombreux pays industrialis\u00e9s occidentaux est sans doute largement connu. Mais un IMC \u00e9lev\u00e9 est-il associ\u00e9 \u00e0 un risque de cancer ? Plusieurs \u00e9tudes \u00e9pid\u00e9miologiques ont \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9es \u00e0 cette question par le pass\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p><em>(ag) <\/em>Une nouvelle \u00e9tude publi\u00e9e dans le Lancet a examin\u00e9 dans quelle mesure le poids ou l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 est effectivement associ\u00e9 \u00e0 l&#8217;apparition d&#8217;un cancer. Dans le cadre d&#8217;une \u00e9valuation syst\u00e9matique \u00e0 grande \u00e9chelle, les auteurs examinent la relation entre l&#8217;indice de masse corporelle (IMC) et les cancers les plus r\u00e9pandus. Ils ont \u00e9galement inclus dans leur analyse des variables potentiellement confondantes. Selon les chercheurs, une telle \u00e9tude est tr\u00e8s pertinente compte tenu de l&#8217;augmentation des taux d&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 dans le monde.<\/p>\n<h2 id=\"les-etudes-menees-jusqua-present-ne-sont-pas-satisfaisantes\">Les \u00e9tudes men\u00e9es jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent ne sont pas satisfaisantes<\/h2>\n<p>De nombreuses \u00e9tudes ant\u00e9rieures sur ce sujet ont manqu\u00e9 de puissance statistique ou ont pris en compte de mani\u00e8re insuffisante ou incoh\u00e9rente les facteurs de confusion. On sait peu de choses sur l&#8217;importance de facteurs importants tels que le statut tabagique et l&#8217;\u00e2ge, qui pourraient modifier de mani\u00e8re significative la relation entre l&#8217;IMC et le cancer. De plus, les valeurs d&#8217;IMC utilis\u00e9es \u00e9taient principalement bas\u00e9es sur des d\u00e9clarations personnelles, ce qui ne refl\u00e8te pas compl\u00e8tement la valeur r\u00e9elle. N\u00e9anmoins, une m\u00e9ta-analyse de 2008 avait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9montr\u00e9 une forte association entre l&#8217;IMC et les cancers de l&#8217;\u0153sophage, de la thyro\u00efde, du c\u00f4lon, des reins, de l&#8217;endom\u00e8tre et de la v\u00e9sicule biliaire. Les auteurs ont voulu v\u00e9rifier eux-m\u00eames ces conclusions \u00e0 l&#8217;aide de donn\u00e9es \u00e9pid\u00e9miologiques.<\/p>\n<h2 id=\"methode\">M\u00e9thode<\/h2>\n<p>La relation (lin\u00e9aire et non lin\u00e9aire) entre l&#8217;IMC et les 22 cancers les plus fr\u00e9quents a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e. Ils ont \u00e9galement examin\u00e9 si les r\u00e9sultats changeaient lorsque des facteurs tels que le sexe, le statut m\u00e9nopausique et tabagique et l&#8217;\u00e2ge \u00e9taient modifi\u00e9s.<\/p>\n<p>Pas moins de 5,24 millions de personnes ont \u00e9t\u00e9 incluses dans l&#8217;\u00e9tude de cohorte (bas\u00e9e sur les dossiers num\u00e9ris\u00e9s des m\u00e9decins de premier recours du Royaume-Uni). Ils disposaient d&#8217;une p\u00e9riode de suivi suffisamment longue et n&#8217;avaient pas de diagnostic de cancer ant\u00e9rieur. Les donn\u00e9es d&#8217;IMC \u00e9taient disponibles pour tous. En moyenne, le suivi s&#8217;est termin\u00e9 apr\u00e8s 7,5 ans et l&#8217;IMC moyen \u00e9tait de 25,5 <sup>kg\/m2<\/sup>.<\/p>\n<h2 id=\"le-poids-joue-un-role-important\">Le poids joue un r\u00f4le important<\/h2>\n<p>166 955 personnes de l&#8217;\u00e9chantillon ont d\u00e9velopp\u00e9 l&#8217;un des 22 cancers pertinents. Selon l&#8217;analyse non lin\u00e9aire, l&#8217;IMC \u00e9tait associ\u00e9 \u00e0 17 types de cancer, mais il y avait de grandes diff\u00e9rences selon le type de cancer (en termes de direction et de force de l&#8217;association).<\/p>\n<p>Pour chaque augmentation de l&#8217;IMC de 5&nbsp;<sup>kg\/m2<\/sup>, le risque de cancer de l&#8217;ut\u00e9rus, de la v\u00e9sicule biliaire, du rein, du col de l&#8217;ut\u00e9rus, de la thyro\u00efde et de leuc\u00e9mie augmentait \u00e9galement de mani\u00e8re lin\u00e9aire &#8211; ceci en contr\u00f4lant tous les facteurs confondants potentiels. Les valeurs associ\u00e9es \u00e9taient<\/p>\n<ul>\n<li>Cancer de l&#8217;ut\u00e9rus : Hazard Ratio [HR] 1,62 ; 99% CI 1,56-1,69 ; p&lt;0,0001<\/li>\n<li>Cancer de la v\u00e9sicule biliaire : 1,31 ; 1,12-1,52 ; p&lt;0,0001<\/li>\n<li>Cancer du rein : 1,25 ; 1,17-1,33 ; p&lt;0,0001<\/li>\n<li>Cancer du col de l&#8217;ut\u00e9rus : 1,10 ; 1,03-1,17 ; p=0,00035<\/li>\n<li>Cancer de la thyro\u00efde : 1,09 ; 1,00-1,19 ; p=0,0088<\/li>\n<li>Leuc\u00e9mie : 1,09 ; 1,05-1,13 ; p\u22640,0001<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&#8217;IMC \u00e9tait globalement associ\u00e9 de mani\u00e8re positive et hautement significative au cancer du foie, du c\u00f4lon, des ovaires et du sein post-m\u00e9nopausique, mais ces effets non lin\u00e9aires variaient en fonction de la valeur de l&#8217;IMC et des caract\u00e9ristiques individuelles.<\/p>\n<p>Une association inverse avec le risque de cancer de la prostate et de cancer du sein pr\u00e9m\u00e9nopausique a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e dans la population g\u00e9n\u00e9rale et chez les non-fumeurs. Les valeurs dans la population totale \u00e9taient de HR 0,98 ; 0,95-1,00 (prostate) et HR 0,89 ; 0,86-0,92 (cancer du sein). Il s&#8217;est av\u00e9r\u00e9 que le risque de cancer du sein pr\u00e9m\u00e9nopausique augmentait jusqu&#8217;\u00e0 22 kg\/m2, mais qu&#8217;il diminuait \u00e0 partir de ces valeurs. La m\u00eame chose s&#8217;est produite pour le cancer de la prostate. Les auteurs supposent que cet \u00e9tat de fait est d\u00fb \u00e0 un diagnostic tardif du cancer chez les personnes en surpoids (ce que d&#8217;autres \u00e9tudes montrent \u00e9galement).<\/p>\n<p>Une telle association inverse a d&#8217;abord \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e pour les cancers du poumon et de la cavit\u00e9 buccale, mais elle a disparu lorsque l&#8217;on s&#8217;est limit\u00e9 au sous-groupe des non-fumeurs. C&#8217;est donc plut\u00f4t le statut de fumeur qui joue ici un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant.<\/p>\n<p>Si l&#8217;on suppose une association causale, cela signifie que 41% des cancers de l&#8217;ut\u00e9rus et 10% ou plus des cancers de la v\u00e9sicule biliaire, des reins, du foie et du c\u00f4lon peuvent \u00eatre attribu\u00e9s au surpoids et \u00e0 l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9.<\/p>\n<h2 id=\"lien-de-cause-a-effet-possible\">Lien de cause \u00e0 effet possible<\/h2>\n<p>Les auteurs ont calcul\u00e9 qu&#8217;une augmentation moyenne de l&#8217;IMC de 1 <sup>kg\/m2<\/sup> dans la population totale entra\u00eenerait 3790 patients suppl\u00e9mentaires par an qui d\u00e9velopperaient l&#8217;un des dix cancers positivement associ\u00e9s. Les chercheurs concluent que l&#8217;IMC est associ\u00e9 au risque de cancer. Si l&#8217;on part du principe qu&#8217;il existe un lien de causalit\u00e9, de nombreux cancers peuvent \u00eatre attribu\u00e9s au surpoids et \u00e0 l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9. Cependant, l&#8217;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des effets montre \u00e9galement que diff\u00e9rents m\u00e9canismes et sous-groupes doivent \u00eatre pris en compte pour les types de cancer sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<p><em>Source : Bhaskaran K, et al : Body-mass index and risk of 22 specific cancers : a population-based cohort study of 5,24 million UK adults. The Lancet 2014 ; 384(9945) : 755-765.<\/em><\/p>\n<p><em>InFo Oncologie &amp; H\u00e9matologie 2014 ; 2(7) : 2<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le fait que le surpoids et l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 constituent un grave probl\u00e8me de sant\u00e9 dans de nombreux pays industrialis\u00e9s occidentaux est sans doute largement connu. 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