{"id":344961,"date":"2014-06-27T00:00:00","date_gmt":"2014-06-26T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/conformite-adhesion-et-concordance\/"},"modified":"2014-06-27T00:00:00","modified_gmt":"2014-06-26T22:00:00","slug":"conformite-adhesion-et-concordance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/conformite-adhesion-et-concordance\/","title":{"rendered":"Conformit\u00e9, adh\u00e9sion et concordance"},"content":{"rendered":"<p><strong>Environ deux tiers des patients \u00e9pileptiques peuvent \u00eatre lib\u00e9r\u00e9s des crises sans effets secondaires intol\u00e9rables gr\u00e2ce \u00e0 une pharmacoth\u00e9rapie anti\u00e9pileptique adapt\u00e9e et prise r\u00e9guli\u00e8rement. La prise r\u00e9guli\u00e8re de m\u00e9dicaments est plus facilement atteinte avec le patient en tant que partenaire autonome et responsable dans la relation m\u00e9decin-patient, au sens des concepts d&#8217;adh\u00e9sion et de concordance. Des dosages r\u00e9p\u00e9t\u00e9s, en routine ou en post-traitement, des concentrations s\u00e9riques des anti\u00e9pileptiques et leur interpr\u00e9tation appropri\u00e9e peuvent aider \u00e0 d\u00e9tecter les d\u00e9fauts d&#8217;observance et \u00e0 optimiser les pratiques de prise.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Les \u00e9pilepsies sont un groupe de maladies c\u00e9r\u00e9brales chroniques tr\u00e8s nombreuses et tr\u00e8s diverses qui ont en commun la survenue de crises d&#8217;\u00e9pilepsie non provoqu\u00e9es.<\/p>\n<p>Dans la plupart des cas, le traitement est exclusivement symptomatique, c&#8217;est-\u00e0-dire qu&#8217;il n&#8217;agit pas sur la pathologie c\u00e9r\u00e9brale \u00e9pileptog\u00e8ne elle-m\u00eame, mais a pour objectif de supprimer le sympt\u00f4me &#8220;crise d&#8217;\u00e9pilepsie&#8221;.<\/p>\n<p>La pharmacoth\u00e9rapie anti\u00e9pileptique permet \u00e0 environ deux tiers des personnes concern\u00e9es de ne plus avoir de crises sans effets secondaires intol\u00e9rables [1]. Du point de vue du patient, cela signifie la prise quotidienne r\u00e9guli\u00e8re d&#8217;un ou plusieurs m\u00e9dicaments pendant de nombreuses ann\u00e9es, souvent m\u00eame \u00e0 vie. M\u00eame l&#8217;omission d&#8217;une seule dose peut entra\u00eener la survenue d&#8217;une crise, avec toutes les cons\u00e9quences m\u00e9dicales et sociales que cela implique (blessures, perte de l&#8217;aptitude \u00e0 conduire, incapacit\u00e9 de travail). Ainsi, le succ\u00e8s du traitement de l&#8217;\u00e9pilepsie, comme celui d&#8217;autres maladies chroniques, d\u00e9pend de l&#8217;adh\u00e9sion au traitement, r\u00e9sultat de la collaboration entre le patient et le m\u00e9decin, ce que l&#8217;on d\u00e9crivait autrefois par le terme de compliance, et plus tard et plus r\u00e9cemment par les termes d&#8217;adh\u00e9sion et de concordance.<\/p>\n<p>Les d\u00e9finitions de ces trois termes sont expliqu\u00e9es ci-dessous, puis nous utiliserons principalement le terme d&#8217;adh\u00e9sion. L&#8217;importance et les causes du manque d&#8217;adh\u00e9rence dans le traitement de l&#8217;\u00e9pilepsie sont ensuite abord\u00e9es. La d\u00e9tection d&#8217;un manque d&#8217;adh\u00e9sion n&#8217;est souvent pas facile dans la pratique. Outre une anamn\u00e8se soigneuse et prudente, les dosages des concentrations s\u00e9riques d&#8217;anti\u00e9pileptiques peuvent jouer un r\u00f4le, dont l&#8217;utilisation est expliqu\u00e9e. Il propose ensuite des moyens pratiques d&#8217;obtenir une adh\u00e9sion stable et donc l&#8217;absence de crises, condition pr\u00e9alable \u00e0 une participation sociale maximale de la personne concern\u00e9e.<\/p>\n<p>Comme l&#8217;adh\u00e9rence d&#8217;un patient individuel a donc aussi une dimension sociale (notamment pour l&#8217;\u00e9valuation de l&#8217;aptitude \u00e0 la conduite ou de la capacit\u00e9 \u00e0 travailler ou \u00e0 se r\u00e9ins\u00e9rer), son \u00e9valuation a un r\u00f4le \u00e0 jouer dans l&#8217;\u00e9valuation\/l&#8217;expertise m\u00e9dico-sociale des patients \u00e9pileptiques, ce qui sera abord\u00e9 en conclusion.<\/p>\n<h2 id=\"definitions\">D\u00e9finitions<\/h2>\n<p>L&#8217;observance est la mesure dans laquelle un patient suit les instructions du m\u00e9decin. Par rapport \u00e0 une prise r\u00e9guli\u00e8re de m\u00e9dicaments prescrits, l&#8217;observance signifie donc la fr\u00e9quence \u00e0 laquelle un m\u00e9dicament prescrit est pris. Il s&#8217;agit donc d&#8217;une valeur mesurable, par exemple sous la forme d&#8217;un pourcentage, qui peut \u00eatre utilis\u00e9e dans des \u00e9tudes.<\/p>\n<p>Le terme plus r\u00e9cent <em>d&#8217;adh\u00e9sion<\/em> prend d\u00e9sormais davantage en compte le point de vue du patient, dans la mesure o\u00f9 la participation \u00e0 un traitement repose sur une d\u00e9cision consciente du patient. Il s&#8217;agit donc de la mesure dans laquelle le patient consent consciemment \u00e0 une th\u00e9rapie propos\u00e9e et la suit ensuite. Le patient n&#8217;est donc plus consid\u00e9r\u00e9 comme un simple ex\u00e9cutant des prescriptions m\u00e9dicales, mais comme une personne qui d\u00e9cide de mani\u00e8re autonome de son traitement. Pour que cela soit possible, le patient doit \u00eatre inform\u00e9 en d\u00e9tail par le m\u00e9decin des avantages, des inconv\u00e9nients et des alternatives d&#8217;un traitement particulier propos\u00e9. Cet aspect est d\u00e9sormais pris en compte par la notion <em>de concordance <\/em>. Il s&#8217;agit de la mesure dans laquelle un sch\u00e9ma de traitement est respect\u00e9 par une communication ouverte entre le m\u00e9decin et le patient, en int\u00e9grant les id\u00e9es du patient dans le processus de d\u00e9cision. Ainsi, la concordance implique l&#8217;ensemble du processus entre le m\u00e9decin et le patient, qui vise \u00e0 ce que le patient puisse \u00eatre convaincu du traitement propos\u00e9 afin de pouvoir le suivre de mani\u00e8re fiable [2].<\/p>\n<p>Les trois notions expliqu\u00e9es refl\u00e8tent donc une \u00e9volution dans la compr\u00e9hension de la relation m\u00e9decin-patient lors de la mise en \u0153uvre de th\u00e9rapies de longue dur\u00e9e, qui doit \u00e9galement se refl\u00e9ter dans la prise en charge m\u00e9dicale des patients \u00e9pileptiques, comme nous le verrons ci-apr\u00e8s.<\/p>\n<h2 id=\"epidemiologie-importance-et-causes-du-manque-dadhesion\">\u00c9pid\u00e9miologie, importance et causes du manque d&#8217;adh\u00e9sion<\/h2>\n<p>Jusqu&#8217;\u00e0 50% des patients souffrant de maladies chroniques et n\u00e9cessitant un traitement m\u00e9dicamenteux ne le prennent pas conform\u00e9ment \u00e0 la prescription du m\u00e9decin, et la quantit\u00e9 prise est g\u00e9n\u00e9ralement inf\u00e9rieure \u00e0 celle prescrite. Cela a non seulement des effets n\u00e9gatifs sur les patients individuels, mais aussi des effets \u00e9conomiques d\u00e9favorables sur l&#8217;ensemble du syst\u00e8me de sant\u00e9. Selon une \u00e9tude su\u00e9doise qui a examin\u00e9 l&#8217;importance \u00e9conomique du manque d&#8217;adh\u00e9sion, cela entra\u00eene des d\u00e9penses suppl\u00e9mentaires inutiles de 40 \u00e0 50 % des d\u00e9penses totales en m\u00e9dicaments, selon le mod\u00e8le utilis\u00e9. Ce chiffre ne tient pas compte des co\u00fbts engendr\u00e9s par les mesures m\u00e9dicales rendues n\u00e9cessaires par le manque d&#8217;adh\u00e9sion (comme l&#8217;hospitalisation d&#8217;urgence) [3].<\/p>\n<p>Malheureusement, il n&#8217;existe pas d&#8217;\u00e9tudes \u00e9pid\u00e9miologiques examinant syst\u00e9matiquement la fr\u00e9quence et la pertinence des d\u00e9fauts d&#8217;observance dans les cas d&#8217;\u00e9pilepsie. Seules de petites \u00e9tudes permettent d&#8217;imaginer l&#8217;ampleur consid\u00e9rable de ce ph\u00e9nom\u00e8ne et son importance chez les patients qui ne parviennent pas \u00e0 se d\u00e9barrasser de leurs crises malgr\u00e9 une m\u00e9dication prescrite de mani\u00e8re ad\u00e9quate. Ainsi, dans une \u00e9tude, 20 patients \u00e9pileptiques ont re\u00e7u une bo\u00eete de comprim\u00e9s munie d&#8217;un dispositif \u00e9lectronique qui enregistrait \u00e0 chaque fois l&#8217;ouverture. Le taux d&#8217;ouverture conforme \u00e0 la prescription \u00e9tait de 88% juste avant et de 86% juste apr\u00e8s une consultation, mais de 67% seulement un mois plus tard [4].<\/p>\n<p>Le manque d&#8217;adh\u00e9rence est souvent responsable de la survenue de crises, comme le montre une \u00e9tude qui a compar\u00e9 les concentrations s\u00e9riques obtenues par voie postiche avec la moyenne de deux valeurs d\u00e9termin\u00e9es en routine chez 52 patients ayant eu 61 crises. Dans 44,3% des crises, les concentrations s\u00e9riques postiches \u00e9taient inf\u00e9rieures de plus de 50% \u00e0 la moyenne des valeurs obtenues en routine, ce qui a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme une cons\u00e9quence d&#8217;une prise insuffisante de m\u00e9dicaments [5]. Il est \u00e9galement probable que des d\u00e9fauts d&#8217;adh\u00e9rence jouent un r\u00f4le dans le d\u00e9clenchement de l&#8217;\u00e9tat de mal \u00e9pileptique ou de la mort subite inattendue dans l&#8217;\u00e9pilepsie (SUDEP) [6,7]. <\/p>\n<p>Il n&#8217;existe pas d&#8217;\u00e9tudes syst\u00e9matiques sur les causes du manque d&#8217;adh\u00e9sion. Dans les publications susmentionn\u00e9es, diff\u00e9rents facteurs favorisant la survenue d&#8217;un manque d&#8217;adh\u00e9sion sont discut\u00e9s et peuvent souvent \u00eatre combin\u00e9s chez un m\u00eame patient. Il s&#8217;agit d&#8217;effets secondaires, de dysfonctionnements cognitifs, de comorbidit\u00e9s psychiatriques (par ex. troubles de l&#8217;adaptation, d\u00e9pression, psychose, troubles de la personnalit\u00e9), d&#8217;une conception non somatique de la maladie, de b\u00e9n\u00e9fices primaires, secondaires et tertiaires de la maladie.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"detection-dun-manque-dadhesion\">D\u00e9tection d&#8217;un manque d&#8217;adh\u00e9sion<\/h2>\n<p>L\u00e0 encore, il n&#8217;existe aucune \u00e9tude \u00e9valuant ou m\u00eame comparant les diff\u00e9rentes m\u00e9thodes de d\u00e9tection. Sur la base de la longue exp\u00e9rience de l&#8217;auteur, l&#8217;outil le plus important pour identifier un probl\u00e8me d&#8217;adh\u00e9sion est une anamn\u00e8se minutieuse et prudente. Il ne suffit pas de demander (en passant) si les m\u00e9dicaments sont pris r\u00e9guli\u00e8rement. Il convient au contraire de se renseigner pr\u00e9cis\u00e9ment sur les pratiques de prise. Si aucune aide \u00e0 la prise de m\u00e9dicaments n&#8217;est utilis\u00e9e, il convient de d\u00e9terminer comment une \u00e9ventuelle lacune m\u00e9dicamenteuse pourrait \u00eatre remarqu\u00e9e. De m\u00eame, le fait de souligner qu&#8217;une prise r\u00e9guli\u00e8re de m\u00e9dicaments sans outils tels qu&#8217;une bo\u00eete hebdomadaire ou un r\u00e9veil \u00e9lectronique pourrait \u00eatre difficile \u00e0 r\u00e9aliser, m\u00eame pour un m\u00e9decin, s&#8217;il est lui-m\u00eame un patient, donne au patient l&#8217;occasion de r\u00e9fl\u00e9chir de mani\u00e8re critique \u00e0 sa pratique de prise.<\/p>\n<p>Bien entendu, il convient de poser des questions cibl\u00e9es sur les effets secondaires, mais aussi sur les facteurs et comorbidit\u00e9s mentionn\u00e9s ci-dessus et, surtout, sur la situation sociale.<\/p>\n<p>En outre, dans la pratique quotidienne de l&#8217;auteur, la comparaison des concentrations s\u00e9riques postiches avec les valeurs obtenues en routine, mentionn\u00e9e ci-dessus, joue un r\u00f4le important. Une valeur unique, \u00e0 moins qu&#8217;elle ne soit inf\u00e9rieure au seuil de d\u00e9tection et que d&#8217;importants probl\u00e8mes d&#8217;absorption soient exclus, ne permet g\u00e9n\u00e9ralement pas de se prononcer avec certitude sur l&#8217;adh\u00e9rence. Cependant, \u00e0 dose constante, les concentrations s\u00e9riques d&#8217;un m\u00e9dicament ne devraient pas trop varier lors de mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es <strong>(voir l&#8217;exemple de cas 1).<\/strong><\/p>\n<p><strong><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-4226\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/Fallbeispiel1_NP4_s13.png_2339.png\" width=\"1100\" height=\"607\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/Fallbeispiel1_NP4_s13.png_2339.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/Fallbeispiel1_NP4_s13.png_2339-800x441.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/Fallbeispiel1_NP4_s13.png_2339-120x66.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/Fallbeispiel1_NP4_s13.png_2339-90x50.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/Fallbeispiel1_NP4_s13.png_2339-320x177.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/Fallbeispiel1_NP4_s13.png_2339-560x309.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/strong><\/p>\n<p>Des variations plus importantes ne sont pas toujours dues \u00e0 un manque d&#8217;adh\u00e9rence, mais peuvent \u00e9galement \u00eatre dues \u00e0 des interactions avec des m\u00e9dicaments associ\u00e9s variables.<strong>  (voir l&#8217;\u00e9tude de cas 2).  <\/strong>Pour l&#8217;\u00e9valuation de l&#8217;adh\u00e9sion, il n&#8217;est donc g\u00e9n\u00e9ralement pas pertinent de savoir si une concentration s\u00e9rique d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 un moment donn\u00e9 se situe ou non dans ce que l&#8217;on appelle la plage de r\u00e9f\u00e9rence d&#8217;un laboratoire [8].<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-4227 lazyload\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/Fallbeispiel2_NP4_s13.png_2338.png\" width=\"1100\" height=\"529\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/Fallbeispiel2_NP4_s13.png_2338.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/Fallbeispiel2_NP4_s13.png_2338-800x385.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/Fallbeispiel2_NP4_s13.png_2338-120x58.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/Fallbeispiel2_NP4_s13.png_2338-90x43.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/Fallbeispiel2_NP4_s13.png_2338-320x154.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/Fallbeispiel2_NP4_s13.png_2338-560x269.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/529;\" \/><\/p>\n<p>Les piluliers \u00e9lectroniques mentionn\u00e9s dans les \u00e9tudes susmentionn\u00e9es ou encore la comparaison entre la m\u00e9dication prescrite et la m\u00e9dication achet\u00e9e ne peuvent \u00e9videmment pas \u00eatre utilis\u00e9s dans la pratique quotidienne.&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"mesures-pour-ameliorer-ladhesion-concordance\">Mesures pour am\u00e9liorer l&#8217;adh\u00e9sion &#8211; Concordance<\/h2>\n<p>En l&#8217;absence d&#8217;\u00e9tudes sur le sujet, nous ne pouvons donner ici que des indications g\u00e9n\u00e9rales, mais elles peuvent toutes \u00eatre d\u00e9duites des concepts mentionn\u00e9s ci-dessus derri\u00e8re les notions d&#8217;adh\u00e9sion et de concordance [9]. Au d\u00e9but d&#8217;un traitement m\u00e9dicamenteux efficace de l&#8217;\u00e9pilepsie, il y a un patient bien inform\u00e9 qui, convaincu du b\u00e9n\u00e9fice du traitement envisag\u00e9, y consent en toute connaissance de cause. Le sch\u00e9ma d&#8217;administration doit \u00eatre aussi simple que possible et tenir compte de la pharmacocin\u00e9tique et de la pharmacodynamie du m\u00e9dicament choisi (pour la plupart des anti\u00e9pileptiques, une r\u00e9partition en deux doses uniques est tout \u00e0 fait suffisante). <\/p>\n<p>Il convient d&#8217;encourager l&#8217;utilisation de moyens auxiliaires tels que des dosettes hebdomadaires (avec des curseurs journaliers amovibles) et\/ou des r\u00e9veils \u00e9lectroniques.<br \/>\nLe patient doit g\u00e9rer lui-m\u00eame l&#8217;ensemble de l&#8217;approvisionnement et de la prise des m\u00e9dicaments, \u00e0 moins que des troubles cognitifs ne l&#8217;en emp\u00eachent. D\u00e8s le d\u00e9but du traitement, il convient d&#8217;attirer l&#8217;attention sur le fait que des irr\u00e9gularit\u00e9s de prise peuvent survenir et que le m\u00e9decin et le patient peuvent et doivent toujours en parler ouvertement, sans quoi le patient risque de prendre plus de m\u00e9dicaments qu&#8217;il ne le devrait, avec le risque de subir plus d&#8217;effets secondaires.<\/p>\n<p>Si une erreur de prise entra\u00eene une crise ou si les r\u00e9sultats des dosages s\u00e9riques sugg\u00e8rent un manque d&#8217;adh\u00e9rence, il ne faut pas en discuter avec le patient dans une atmosph\u00e8re o\u00f9 il a l&#8217;impression d&#8217;\u00eatre un coupable av\u00e9r\u00e9. Il s&#8217;agit alors plut\u00f4t, apr\u00e8s une analyse minutieuse des pratiques de prise, de chercher ensemble des solutions pour am\u00e9liorer l&#8217;adh\u00e9sion. Apr\u00e8s une crise d\u00e9clench\u00e9e par une erreur de prise, il est g\u00e9n\u00e9ralement interdit d&#8217;\u00e9tendre la m\u00e9dication. Dans les cas o\u00f9 une comorbidit\u00e9 psychiatrique affecte l&#8217;adh\u00e9sion, elle doit \u00eatre abord\u00e9e, le cas \u00e9ch\u00e9ant, avec un traitement appropri\u00e9.<\/p>\n<h2 id=\"evaluation-medico-sociale-dun-manque-dadherence\">\u00c9valuation m\u00e9dico-sociale d&#8217;un manque d&#8217;adh\u00e9rence<\/h2>\n<p>Lors de l&#8217;\u00e9valuation\/expertise m\u00e9dico-sociale d&#8217;un patient souffrant d&#8217;une \u00e9pilepsie active affectant sa capacit\u00e9 de travail et de r\u00e9insertion, il faut partir du principe qu&#8217;une pharmacoth\u00e9rapie anti\u00e9pileptique est un traitement raisonnable que le patient doit suivre de mani\u00e8re ad\u00e9quate dans le cadre de son obligation de coop\u00e9rer et de r\u00e9duire le dommage [10]. Cette conception peut sembler \u00e0 premi\u00e8re vue contraire \u00e0 l&#8217;atmosph\u00e8re de bienveillance et de confiance mutuelle exig\u00e9e plus haut pour parvenir \u00e0 la concordance, en tenant compte des souhaits du patient dans la relation m\u00e9decin-patient, et r\u00e9duire le patient \u00e0 un ex\u00e9cutant des prescriptions m\u00e9dicales, mais elle fait finalement appel \u00e0 la responsabilit\u00e9 sociale du patient majeur dans notre syst\u00e8me d&#8217;assurance solidaire tr\u00e8s performant. Elle peut donc tout \u00e0 fait \u00eatre communiqu\u00e9e d\u00e8s le d\u00e9but d&#8217;un traitement anti\u00e9pileptique, dans l&#8217;esprit du concept d&#8217;adh\u00e9sion, et constituer ainsi la base du consentement d&#8217;un patient \u00e0 la pharmacoth\u00e9rapie anti\u00e9pileptique.<\/p>\n<h2 id=\"conclusions\">Conclusions<\/h2>\n<p>La prise r\u00e9guli\u00e8re de m\u00e9dicaments est une condition importante pour l&#8217;absence de crises. Comme pour d&#8217;autres maladies chroniques, elle ne peut pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme acquise en permanence. L&#8217;information compl\u00e8te sur les avantages, les inconv\u00e9nients et les alternatives d&#8217;une pharmacoth\u00e9rapie propos\u00e9e, ainsi qu&#8217;un entretien sans reproche sur les \u00e9ventuels d\u00e9fauts d&#8217;adh\u00e9sion, rev\u00eatent une importance capitale. La pharmacoth\u00e9rapie anti\u00e9pileptique est un traitement raisonnable au sens de l&#8217;obligation de coop\u00e9rer et de r\u00e9duire le dommage dans le cadre de l&#8217;assurance sociale ou de l&#8217;assurance pension.<\/p>\n<p><em><strong>Dr. med. Thomas Dorn<\/strong><\/em><\/p>\n<h3 id=\"litterature\">Litt\u00e9rature :<\/h3>\n<ol>\n<li>Brodie MJ, Kwan P : Approche \u00e9chelonn\u00e9e de la prise en charge de l&#8217;\u00e9pilepsie. Neurology 2002 ; 58(8 Suppl 5) : 2-8.<\/li>\n<li>De las Cuevas C : Towards a clarification of terminology in medicine taking behavior : compliance, adherence and concordance are related although different terms with different uses. Curr Clin Pharmacol 2011 ; 6 : 74-77.<\/li>\n<li>Hovstadius B, Petersson G : Non-adh\u00e9sion au traitement m\u00e9dicamenteux et co\u00fbts d&#8217;acquisition des m\u00e9dicaments dans une population nationale &#8211; une \u00e9tude de registre bas\u00e9e sur les patients. BMC Health Serv Res 2011 ; 28 : 326.<\/li>\n<li>Cramer JA, Scheyer RD, Mattson RH : D\u00e9clin de l&#8217;observance entre les visites en clinique. Arch Intern Med 1990 ; 150 : 1509-1510.<\/li>\n<li>Specht U, et al. : Niveaux s\u00e9riques postiches de m\u00e9dicaments anti\u00e9pileptiques pour la d\u00e9tection de la non-observance. Epilepsy Behav 2003 ; 4 : 487-495.<\/li>\n<li>DeLorenzo RJ, et al : A prospective, population-based epidemiologic study of status epilepticus in Richmond, Virginia. Neurology 1996 ; 46 : 1029-1035.<\/li>\n<li>Lathers CM, et al : Forensic antiepileptic drug levels in autopsy cases of epilepsy. Epilepsy Behav 2011 ; 22 : 778-785.&nbsp;<\/li>\n<li>Patsalos PN, et al : Antiepileptic drugs&#8211;best practice guidelines for therapeutic drug monitoring : a position paper by the subcommittee on therapeutic drug monitoring, ILAE Commission on Therapeutic Strategies. Epilepsia 2008 ; 49 : 1239-1276.<\/li>\n<li>Faught E : Adh\u00e9rence au traitement m\u00e9dicamenteux anti\u00e9pileptique. Epilepsy Behav 2012 ; 25 : 297-302.<\/li>\n<li>Dorn T : L&#8217;\u00e9valuation de l&#8217;aptitude au travail et \u00e0 la r\u00e9insertion en cas d&#8217;\u00e9pilepsie. Epileptologie 2008 ; 25 : 174-181.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>InFo Neurologie &amp; Psychiatrie 2014 ; 12(4) : 10-14<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Environ deux tiers des patients \u00e9pileptiques peuvent \u00eatre lib\u00e9r\u00e9s des crises sans effets secondaires intol\u00e9rables gr\u00e2ce \u00e0 une pharmacoth\u00e9rapie anti\u00e9pileptique adapt\u00e9e et prise r\u00e9guli\u00e8rement. 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