{"id":344964,"date":"2014-06-27T00:00:00","date_gmt":"2014-06-26T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/options-avancees-pour-la-pharmacotherapie\/"},"modified":"2014-06-27T00:00:00","modified_gmt":"2014-06-26T22:00:00","slug":"options-avancees-pour-la-pharmacotherapie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/options-avancees-pour-la-pharmacotherapie\/","title":{"rendered":"Options avanc\u00e9es pour la pharmacoth\u00e9rapie"},"content":{"rendered":"<p><strong>La substitution en cas de d\u00e9pendance \u00e0 une substance est le remplacement, sur prescription m\u00e9dicale, d&#8217;une substance g\u00e9n\u00e9ratrice de d\u00e9pendance par un m\u00e9dicament moins nocif ayant un m\u00e9canisme d&#8217;action identique ou similaire. La combinaison d&#8217;une substitution avec un soutien m\u00e9dical, psychologique et social est appel\u00e9e traitement de substitution assist\u00e9 (TSA). Les objectifs du traitement de l&#8217;ESS sont la r\u00e9duction de la mortalit\u00e9 et du risque de nouvelles infections, l&#8217;am\u00e9lioration de la sant\u00e9 physique et mentale, de l&#8217;int\u00e9gration sociale et de la qualit\u00e9 de vie. Les agonistes opio\u00efdes autoris\u00e9s pour la substitution sont la m\u00e9thadone, la bupr\u00e9norphine (<sup>Subutex\u00ae<\/sup>) et, plus r\u00e9cemment, la morphine \u00e0 lib\u00e9ration prolong\u00e9e (<sup>Sevre-long\u00ae<\/sup>). Les avantages et les inconv\u00e9nients de chaque substance sont expliqu\u00e9s d&#8217;un point de vue clinique.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>En Suisse, selon les estimations de l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 publique (OFSP), 22 000 \u00e0 27 000 personnes sont d\u00e9pendantes des opio\u00efdes. En 2011, environ 18 000 personnes suivaient un traitement de substitution \u00e0 la m\u00e9thadone ou \u00e0 d&#8217;autres opio\u00efdes [1], et pr\u00e8s de 1400 avaient recours \u00e0 un traitement \u00e0 l&#8217;h\u00e9ro\u00efne [2].<\/p>\n<p>En raison des taux \u00e9lev\u00e9s de comorbidit\u00e9s somatiques (infections par le VIH, le VHC) et psychologiques (telles que les troubles post-traumatiques et affectifs ou les troubles schizophr\u00e9niques) qui peuvent contribuer \u00e0 la chronicit\u00e9 de la d\u00e9pendance aux substances, il est recommand\u00e9 de proposer aux patients un soutien m\u00e9dical, psychologique et social en plus de la substitution comme traitement de base.<\/p>\n<p>La combinaison de ces offres est appel\u00e9e traitement bas\u00e9 sur la substitution (TBS). Elle est recommand\u00e9e dans diff\u00e9rentes directives internationales (Organisation mondiale de la sant\u00e9 OMS [3], National Institute for Health and Clinical Excellence NICE) pour le traitement de la d\u00e9pendance aux opio\u00efdes en raison de son efficacit\u00e9 bien \u00e9tablie par rapport aux objectifs th\u00e9rapeutiques mentionn\u00e9s ci-dessous. Les objectifs d&#8217;un tel traitement sont la r\u00e9duction de la mortalit\u00e9 et du risque de nouvelles maladies infectieuses suppl\u00e9mentaires, l&#8217;am\u00e9lioration de la sant\u00e9 physique et mentale, de l&#8217;int\u00e9gration sociale et de la qualit\u00e9 de vie. Une ESS doit permettre de transformer une d\u00e9pendance instable et d\u00e9compens\u00e9e en une d\u00e9pendance stable et compens\u00e9e. Il s&#8217;agit d&#8217;une mesure rentable du point de vue de l&#8217;\u00e9conomie de la sant\u00e9, qui fait partie des prestations de l&#8217;assurance obligatoire des soins. L&#8217;admission \u00e0 un traitement de substitution devrait se faire \u00e0 bas seuil afin de permettre une couverture aussi large que possible des soins de base pour les personnes d\u00e9pendantes aux opio\u00efdes.<\/p>\n<h2 id=\"aspects-cliniques-pertinents-de-la-pharmacotherapie\">Aspects cliniques pertinents de la pharmacoth\u00e9rapie<\/h2>\n<p>En 2012, la Soci\u00e9t\u00e9 Suisse de M\u00e9decine de l&#8217;Addiction (SSAM) a publi\u00e9, sur mandat de l&#8217;OFSP, une version d\u00e9taill\u00e9e actualis\u00e9e des &#8220;Recommandations m\u00e9dicales pour les traitements de substitution (TBS) en cas de d\u00e9pendance aux opio\u00efdes&#8221; [4], compl\u00e9t\u00e9e par une version courte publi\u00e9e par l&#8217;OFSP [5]. A partir de ces textes, nous allons donner un bref aper\u00e7u des aspects cliniques pertinents de la pharmacoth\u00e9rapie dans les traitements de substitution.&nbsp;<\/p>\n<p>Le crit\u00e8re d&#8217;indication d&#8217;une substitution par des agonistes opio\u00efdes est la pr\u00e9sence d&#8217;une d\u00e9pendance aux opio\u00efdes selon la CIM-10 ou le DSM IV. L&#8217;adolescence n&#8217;est pas une contre-indication. Il est fortement recommand\u00e9 aux femmes enceintes d\u00e9pendantes aux opio\u00efdes de suivre un traitement de substitution, car en cas de consommation ill\u00e9gale, les diff\u00e9rentes concentrations de substances, les additifs toxiques (diluants) \u00e0 la substance active et la situation sociale souvent d\u00e9sastreuse entra\u00eenent des taux \u00e9lev\u00e9s de complications chez les futures m\u00e8res et les enfants.<\/p>\n<p>Avant de commencer un traitement de substitution, il convient de recueillir une anamn\u00e8se aussi d\u00e9taill\u00e9e que possible ainsi qu&#8217;un \u00e9tat somatique et psychique. Un \u00e9chantillon d&#8217;urine indique une consommation r\u00e9cente. Une prise de sang avec d\u00e9termination des param\u00e8tres h\u00e9matologiques, h\u00e9patiques et virologiques est \u00e9galement recommand\u00e9e. Un ECG est indiqu\u00e9 en cas de facteurs de risque existants. Si ces examens ne sont pas possibles imm\u00e9diatement, ils doivent \u00eatre effectu\u00e9s au fur et \u00e0 mesure. Des examens compl\u00e9mentaires (test de grossesse, s\u00e9rologies de maladies sexuellement transmissibles, tuberculose) doivent \u00eatre propos\u00e9s en fonction de l&#8217;anamn\u00e8se et de l&#8217;\u00e9tat clinique du patient.<\/p>\n<h2 id=\"substances-disponibles\">Substances disponibles<\/h2>\n<p>En Suisse, on dispose de la m\u00e9thadone, de la bupr\u00e9norphine (<sup>Subutex\u00ae<\/sup>) et de la morphine orale \u00e0 lib\u00e9ration lente (&#8220;slow release oral morphine&#8221; [SROM]; <sup>Sevre-Long\u00ae<\/sup>), nouvellement autoris\u00e9e depuis l&#8217;ann\u00e9e derni\u00e8re pour l&#8217;indication &#8220;traitement de substitution&#8221;, diff\u00e9rentes substances qui ne se distinguent probablement pas en termes de r\u00e9tention en traitement [6,7], mais principalement en termes de profil d&#8217;effets secondaires. Il existe en outre la possibilit\u00e9 d&#8217;une substitution par diac\u00e9tylmorphine (<sup>Diaphin\u00ae<\/sup>), qui peut \u00eatre envisag\u00e9e apr\u00e8s deux \u00e9checs de traitement de substitution ou d&#8217;abstinence. Gr\u00e2ce \u00e0 cette palette \u00e9largie de diff\u00e9rents opio\u00efdes pour la substitution, il existe en Suisse de bonnes conditions du point de vue th\u00e9rapeutique pour pouvoir choisir la meilleure substance possible pour le traitement dans chaque cas particulier. Nous allons maintenant nous int\u00e9resser aux diff\u00e9rentes substances et \u00e0 leur utilisation dans la pratique clinique :<\/p>\n<p><strong>M\u00e9thadone : <\/strong>la m\u00e9thadone est un agoniste opio\u00efde complet, dont l&#8217;effet souhait\u00e9 pour la substitution provient de l&#8217;isom\u00e8re dextrogyre du rac\u00e9mate normalement utilis\u00e9 en Suisse. Par voie orale, le pic d&#8217;efficacit\u00e9 est attendu au bout de trois \u00e0 quatre heures. La demi-vie plasmatique est d&#8217;environ 25 heures, c&#8217;est pourquoi la prise peut se faire une fois par jour. La m\u00e9thadone s&#8217;accumule dans l&#8217;organisme en cas de prise r\u00e9guli\u00e8re et un \u00e9tat d&#8217;\u00e9quilibre est atteint apr\u00e8s environ une semaine. Il faut en tenir compte au d\u00e9but du traitement, car des d\u00e9c\u00e8s peuvent survenir en cas de dose initiale trop \u00e9lev\u00e9e, d&#8217;une part par intoxication aigu\u00eb en l&#8217;absence de tol\u00e9rance, d&#8217;autre part \u00e9galement apr\u00e8s quelques jours seulement en raison d&#8217;un surdosage cumulatif. Le risque d&#8217;intoxication est renforc\u00e9 par la consommation simultan\u00e9e de substances s\u00e9datives telles que l&#8217;alcool et les benzodiaz\u00e9pines. Comme la dose l\u00e9tale varie d&#8217;un individu \u00e0 l&#8217;autre et d\u00e9pend parfois de facteurs g\u00e9n\u00e9tiques, l&#8217;induction du traitement se fait avec des doses aussi faibles que possible, qui ne sont pas l\u00e9tales, m\u00eame chez les intol\u00e9rants aux opio\u00efdes. En pratique, les traitements de substitution sont initi\u00e9s avec un maximum de 30&nbsp;mg de m\u00e9thadone, m\u00eame en cas de tol\u00e9rance. Si, trois \u00e0 quatre heures apr\u00e8s l&#8217;ingestion, il n&#8217;y a objectivement et subjectivement aucun signe de s\u00e9dation, mais que les sympt\u00f4mes de sevrage sont encore prononc\u00e9s, la dose peut \u00eatre augment\u00e9e avec pr\u00e9caution. La d\u00e9termination individuelle de la dose se fait en fonction des sympt\u00f4mes de sevrage et de l&#8217;existence de consommations annexes.<\/p>\n<p>La m\u00e9thadone est principalement d\u00e9grad\u00e9e par le syst\u00e8me du cytochrome P450 dans le foie et excr\u00e9t\u00e9e par les reins et la bile. Le m\u00e9tabolisme est soumis \u00e0 une grande variabilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique. Chez les patients ayant un m\u00e9tabolisme tr\u00e8s rapide (&#8220;fast metabolizer&#8221;), la m\u00e9thadone est d\u00e9grad\u00e9e en quelques heures, de sorte que des sympt\u00f4mes de sevrage peuvent appara\u00eetre malgr\u00e9 des doses relativement \u00e9lev\u00e9es. Dans ces cas, il est pr\u00e9f\u00e9rable de r\u00e9partir les prises sur la journ\u00e9e avant d&#8217;augmenter encore la dose de m\u00e9thadone. En cas de prescription concomitante de m\u00e9dicaments agissant sur le syst\u00e8me du cytochrome P450 (p. ex. carbamaz\u00e9pine, rifampicine, \u00e9favirenz, etc.), il faut tenir compte de leur potentiel d&#8217;interaction et adapter la dose de m\u00e9thadone si n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>Les principaux effets secondaires de la m\u00e9thadone sont la d\u00e9pression respiratoire, la constipation et les naus\u00e9es dues au ralentissement du transit intestinal, la transpiration excessive (le cas \u00e9ch\u00e9ant) et l&#8217;hypertension art\u00e9rielle. traitables par le chlorure d&#8217;aluminium hexahydrat\u00e9 en solution ou le bip\u00e9rid\u00e8ne [<sup>Akineton\u00ae<\/sup>]) ainsi que l&#8217;allongement dose-d\u00e9pendant de l&#8217;intervalle QTc, qui peut rarement entra\u00eener des arythmies cardiaques potentiellement mortelles. Par cons\u00e9quent, en cas de doses \u00e9lev\u00e9es de m\u00e9thadone, de pr\u00e9sence de facteurs de risque cardiaque et de prise d&#8217;autres m\u00e9dicaments ayant \u00e9galement le potentiel d&#8217;allonger l&#8217;intervalle QTc, il convient d&#8217;effectuer un ECG et de passer au SROM si n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p><strong>la bupr\u00e9norphine (<sup>Subutex\u00ae<\/sup>) :<\/strong> La bupr\u00e9norphine est un agoniste\/antagoniste opio\u00efde partiel qui, lorsqu&#8217;il est pris par voie orale, n&#8217;a qu&#8217;un effet tr\u00e8s limit\u00e9 en raison de l&#8217;importance de l&#8217;effet de premier passage h\u00e9patique et est donc administr\u00e9 par voie sublinguale. En raison de sa forte affinit\u00e9 avec le r\u00e9cepteur des opio\u00efdes, il d\u00e9place les opio\u00efdes pris peu de temps auparavant de leur liaison au r\u00e9cepteur, ce qui peut d\u00e9clencher des sympt\u00f4mes de sevrage. Gr\u00e2ce \u00e0 la grande marge th\u00e9rapeutique de la bupr\u00e9norphine, qui a peu d&#8217;effets secondaires prononc\u00e9s et peu d&#8217;effets d\u00e9presseurs sur la respiration, m\u00eame \u00e0 des doses \u00e9lev\u00e9es, une augmentation rapide de la dose en quelques jours est possible et cliniquement pertinente.<\/p>\n<p>Des sympt\u00f4mes de sevrage doivent \u00eatre pr\u00e9sents avant la prise de bupr\u00e9norphine. Apr\u00e8s une dose initiale de 2&nbsp;mg, jusqu&#8217;\u00e0 34&nbsp;mg peuvent \u00eatre administr\u00e9s le premier jour de traitement, la dose du deuxi\u00e8me jour ne d\u00e9passant g\u00e9n\u00e9ralement pas 16&nbsp;mg. Comme la bupr\u00e9norphine est d\u00e9grad\u00e9e par diff\u00e9rents syst\u00e8mes enzymatiques, son risque d&#8217;interaction avec d&#8217;autres m\u00e9dicaments est relativement faible. Cependant, en combinaison avec des substances s\u00e9datives telles que l&#8217;alcool ou les benzodiaz\u00e9pines, il existe un risque de d\u00e9pression respiratoire. Comme la bupr\u00e9norphine a peu d&#8217;effet sur la conduction \u00e9lectrique du c\u0153ur, elle peut \u00eatre utilis\u00e9e comme alternative \u00e0 la m\u00e9thadone en cas d&#8217;allongement de l&#8217;intervalle QTc.<\/p>\n<p>Morphine orale \u00e0 lib\u00e9ration prolong\u00e9e (SROM) : SROM Sevre-Long\u00ae, un analg\u00e9sique qui a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 dans le pass\u00e9 pour la substitution hors indication, a re\u00e7u l&#8217;autorisation de mise sur le march\u00e9 en Suisse en 2013 pour la substitution en cas de d\u00e9pendance aux opio\u00efdes. La morphine est un agoniste opio\u00efde complet. Malgr\u00e9 la courte demi-vie plasmatique de ses m\u00e9tabolites, la gal\u00e9nique \u00e0 lib\u00e9ration prolong\u00e9e permet d&#8217;obtenir des taux plasmatiques stables, ce qui autorise th\u00e9oriquement une prise unique quotidienne. Le pic d&#8217;efficacit\u00e9 est attendu apr\u00e8s environ six heures. Comme pour la m\u00e9thadone, le risque d&#8217;intoxication est accru par la consommation simultan\u00e9e de substances s\u00e9datives. Comme la d\u00e9gradation de la morphine se fait par glucoronidation, les interactions m\u00e9dicamenteuses sont rares. De plus, la morphine n&#8217;a pas d&#8217;effet sur la conduction \u00e9lectrique du c\u0153ur, ce qui fait qu&#8217;elle est pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 la m\u00e9thadone \u00e0 forte dose en cas d&#8217;allongement de l&#8217;intervalle QTc.<\/p>\n<p>Une \u00e9tude r\u00e9cente a d\u00e9montr\u00e9 que la morphine n&#8217;\u00e9tait pas inf\u00e9rieure \u00e0 la m\u00e9thadone en termes de r\u00e9duction de la consommation d&#8217;h\u00e9ro\u00efne [6]. Certains patients ont \u00e9galement signal\u00e9 une am\u00e9lioration de la symptomatologie d\u00e9pressive et anxieuse ainsi que du bien-\u00eatre physique sous morphine [8]. Il semble \u00e9galement que la substitution par la morphine pr\u00e9sente chez certains patients des avantages en termes de r\u00e9duction du craving \u00e0 l&#8217;h\u00e9ro\u00efne et des sympt\u00f4mes de sevrage, de r\u00e9duction du poids corporel, d&#8217;am\u00e9lioration du niveau de fonctionnement social et de la qualit\u00e9 du sommeil [9]. De plus, il est prouv\u00e9 que chez certains patients, les effets secondaires typiques de la m\u00e9thadone tels que la transpiration excessive, la constipation, la perte de libido, la naus\u00e9e, l&#8217;augmentation de la sensation de soif, la s\u00e9cheresse de la bouche et les maux de t\u00eate peuvent \u00eatre r\u00e9duits sous substitution de morphine [10].<\/p>\n<p>Le Compendium suisse des m\u00e9dicaments recommande d&#8217;administrer une premi\u00e8re dose de 200 mg aux patients d\u00e9pendants aux opio\u00efdes dont la tol\u00e9rance n&#8217;est pas assur\u00e9e dans le cadre d&#8217;un traitement de substitution pr\u00e9existant. Une fois la concentration maximale atteinte, il est possible d&#8217;augmenter prudemment la dose. Les doses d&#8217;entretien sont de 500-800&nbsp;mg, avec des variations importantes vers le bas et vers le haut en fonction de la clinique.<\/p>\n<h2 id=\"conversions\">Conversions<\/h2>\n<p>En Suisse, dans la pratique actuelle, les traitements de substitution sont rarement commenc\u00e9s directement avec de la morphine \u00e0 lib\u00e9ration prolong\u00e9e, la plupart du temps il y a un passage de la m\u00e9thadone au SROM. En ce qui concerne les doses \u00e9quivalentes de m\u00e9thadone et de SROM, les donn\u00e9es de la litt\u00e9rature varient de 1:4 [10] \u00e0 1:8 [11]. Pour les faibles doses de m\u00e9thadone, le facteur de conversion devrait plut\u00f4t \u00eatre de 1:4, tandis que pour les doses plus \u00e9lev\u00e9es, le facteur de conversion devrait plut\u00f4t \u00eatre de 1:6 ou 1:8. La dose ad\u00e9quate est d\u00e9termin\u00e9e en fonction de la clinique et en collaboration avec le patient. Pour les &#8220;presque m\u00e9taboliques&#8221; de m\u00e9thadone en particulier, la dose d&#8217;entretien de SROM est g\u00e9n\u00e9ralement beaucoup plus faible que celle attendue par conversion, en raison de la diff\u00e9rence de voie de d\u00e9gradation.<\/p>\n<p>Le passage de la m\u00e9thadone au SROM et inversement peut se faire d&#8217;un jour \u00e0 l&#8217;autre en utilisant les facteurs de conversion indiqu\u00e9s. Une alternative consiste \u00e0 proc\u00e9der par \u00e9tapes, en rempla\u00e7ant d&#8217;abord la moiti\u00e9 de la dose, puis en proc\u00e9dant \u00e0 un changement complet au bout de quelques jours, sur la base de l&#8217;impression clinique et des informations fournies par le patient.<\/p>\n<p>Si, pour des raisons cliniques ou \u00e0 la demande du patient, il est indiqu\u00e9 de passer d&#8217;un agoniste pur \u00e0 un agoniste\/antagoniste partiel (et inversement), il convient de tenir compte de certains points :<\/p>\n<p>Si la bupr\u00e9norphine est remplac\u00e9e, la m\u00e9thadone ou le SROM ne doivent \u00eatre pris qu&#8217;en pr\u00e9sence de sympt\u00f4mes de sevrage \u00e9vidents.<br \/>\nIl est plus difficile de passer de la m\u00e9thadone ou du SROM \u00e0 la bupr\u00e9norphine. Il est recommand\u00e9 de r\u00e9duire initialement la dose \u00e0 30&nbsp;mg d&#8217;\u00e9quivalent m\u00e9thadone ou moins. Apr\u00e8s une p\u00e9riode d&#8217;attente suffisamment longue, sup\u00e9rieure \u00e0 24 heures, la bupr\u00e9norphine peut \u00eatre prise sans provoquer de sympt\u00f4mes de sevrage.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s un passage de la bupr\u00e9norphine \u00e0 la m\u00e9thadone\/SROM (et inversement), il convient de d\u00e9terminer cliniquement le dosage ad\u00e9quat, il n&#8217;est pas possible d&#8217;indiquer un facteur de conversion.<\/p>\n<p>Les diff\u00e9rentes options th\u00e9rapeutiques pharmacologiques pr\u00e9sent\u00e9es ici dans le cadre d&#8217;une ESS, qui ont \u00e9t\u00e9 actuellement \u00e9largies par l&#8217;autorisation de pr\u00e9parations de morphine \u00e0 lib\u00e9ration prolong\u00e9e, devraient permettre \u00e0 l&#8217;avenir de r\u00e9pondre de mieux en mieux au besoin d&#8217;un traitement individualis\u00e9 des patients souffrant d&#8217;une d\u00e9pendance aux opio\u00efdes.<\/p>\n<p><em><strong>M\u00e9decin praticien Nicole Deyhle<\/strong><\/em><\/p>\n<h3 id=\"litterature\">Litt\u00e9rature :<\/h3>\n<ol>\n<li>Office f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 publique : La statistique nationale sur la m\u00e9thadone 2011. <a href=\"http:\/\/www.bag.admin.ch\/themen\/drogen\/00042\/00632\/06217\/index.html?lang=de4\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">www.bag.admin.ch\/themen\/drogen\/00042\/00632\/06217\/index.html?lang=de4.<\/a><\/li>\n<li>Addiction Suisse : Traitement avec prescription d&#8217;h\u00e9ro\u00efne. <a href=\"http:\/\/www.suchtschweiz.ch\/infos-und-fakten\/heroin\/behandlung\/heroingestuetzte-behandlung\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">www.suchtschweiz.ch\/infos-und-fakten\/heroin\/behandlung\/heroingestuetzte-behandlung.<\/a><\/li>\n<li>OMS : Lignes directrices pour le traitement pharmacologique psychosocial assist\u00e9 de la d\u00e9pendance aux opio\u00efdes. <a href=\"http:\/\/www.who.int\/substance_abuse\/publications\/Opioid_dependence_guidelines.pdf?ua=1\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">www.who.int\/substance_abuse\/publications\/Opioid_dependence_guidelines.pdf?ua=1.<\/a><\/li>\n<li>SSAM : Recommandations m\u00e9dicales pour les traitements avec substitution (TBS) de la d\u00e9pendance aux opio\u00efdes 2012.<a href=\"http:\/\/www.ssam.ch\/SSAM\/sites\/default\/files\/Empfehlungen%20SGB_2012_FINAL_05%2003%202013.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">%20SGB_2012_FINAL_05%<\/a><\/li>\n<li>OFSP : Traitement de substitution. <a href=\"http:\/\/www.bag.admin.ch\/themen\/drogen\/00042\/00629\/00798\/index.html?lang=de\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">www.bag.admin.ch\/themen\/drogen\/00042\/00629\/00798\/index.html?lang=de.<\/a><\/li>\n<li>Beck T, et al : Maintenance treatment for opioid dependence with slow release oral morphine : a randomized cross over, non-inferiority study versus methadone. Addiction 2014 ; 109 : 617-626.<\/li>\n<li>Ferri M, et al : Slow-release oral morphine as maintenance therapy for opioid dependence. Cochrane Database Syst Rev 2013.<\/li>\n<li>Eder H, et al : \u00c9tude comparative de l&#8217;efficacit\u00e9 de la morphine \u00e0 lib\u00e9ration lente et de la m\u00e9thadone pour le traitement de maintenance aux opio\u00efdes. Addiction 2005 ; 100 : 1101-1109.<\/li>\n<li>Mitchell TB, et al : Slow-release oral morphine versus methadone : a crossover comparison of patient outcomes and acceptability as maintenance pharmacotherapies for opioid dependence. Addiction 2004 ; 99 : 940-945.<\/li>\n<li>Sherman JP : Managing heroin addiction with a long-acting morphine product (Kapanol). The Medical Journal of Australia 1996 Aug 19 ; 165(4) : 239.<\/li>\n<li>Kastelic A, Dubajic G, Strbad E : Morphine orale \u00e0 lib\u00e9ration lente pour le traitement d&#8217;entretien des toxicomanes opio\u00efdes intol\u00e9rants \u00e0 la m\u00e9thadone ou pr\u00e9sentant une suppression insuffisante du retrait. Addiction 2008 ; 103 : 1837-1846.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2014 ; 12(4) : 18-20<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La substitution en cas de d\u00e9pendance \u00e0 une substance est le remplacement, sur prescription m\u00e9dicale, d&#8217;une substance g\u00e9n\u00e9ratrice de d\u00e9pendance par un m\u00e9dicament moins nocif ayant un m\u00e9canisme d&#8217;action identique&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":45415,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Traitement de substitution pour la d\u00e9pendance aux opio\u00efdes en Suisse","footnotes":""},"category":[11531,11489,11549],"tags":[22493,51911,51916,45128,12411,49868,45115,51930,19447,15218,51903,51920,51922,51925,18422],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-344964","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-formation-continue","category-psychiatrie-et-psychotherapie","category-rx-fr","tag-dependance-fr","tag-dependance-aux-opioides","tag-dependance-aux-substances","tag-drogues","tag-ecg-fr","tag-heroine","tag-methadone-fr","tag-morphine-fr-2","tag-oms","tag-pharmacotherapie-fr","tag-retrait","tag-sevre-long-fr","tag-sgb-fr","tag-subutex-fr","tag-vih","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-07-01 13:55:40","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":344982,"slug":"opzioni-avanzate-per-la-farmacoterapia","post_title":"Opzioni avanzate per la farmacoterapia","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/opzioni-avanzate-per-la-farmacoterapia\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":344995,"slug":"opcoes-avancadas-para-farmacoterapia","post_title":"Op\u00e7\u00f5es avan\u00e7adas para farmacoterapia","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/opcoes-avancadas-para-farmacoterapia\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":345003,"slug":"opciones-avanzadas-de-farmacoterapia","post_title":"Opciones avanzadas de farmacoterapia","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/opciones-avanzadas-de-farmacoterapia\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/344964","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=344964"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/344964\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=344964"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=344964"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=344964"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=344964"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}