{"id":345301,"date":"2014-05-09T00:00:00","date_gmt":"2014-05-08T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/faire-de-la-reduction-de-la-consommation-dalcool-un-objectif-therapeutique\/"},"modified":"2014-05-09T00:00:00","modified_gmt":"2014-05-08T22:00:00","slug":"faire-de-la-reduction-de-la-consommation-dalcool-un-objectif-therapeutique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/faire-de-la-reduction-de-la-consommation-dalcool-un-objectif-therapeutique\/","title":{"rendered":"Faire de la r\u00e9duction de la consommation d&#8217;alcool un objectif th\u00e9rapeutique"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le traitement des alcooliques est une t\u00e2che difficile. Des mesures de soutien psychosocial sont souvent mises en place, ce qui n&#8217;est pas toujours la seule voie \u00e0 suivre compte tenu des progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s dans le domaine de la m\u00e9dication. Ces derniers temps, ce sont justement les nouveaux objectifs th\u00e9rapeutiques tels que la r\u00e9duction, plut\u00f4t que l&#8217;abstinence, de l&#8217;alcool qui se sont av\u00e9r\u00e9s efficaces et stables \u00e0 long terme.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p><em>(ag) <\/em>Selon le professeur Henri-Jean Aubin, Paris, les comorbidit\u00e9s et les troubles psychiatriques sont fr\u00e9quents en cas de d\u00e9pendance \u00e0 l&#8217;alcool. Ces pathologies associ\u00e9es significatives sont principalement des troubles de l&#8217;humeur et de l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9. On peut r\u00e9sumer les diff\u00e9rents facteurs qui entrent en jeu dans la d\u00e9pendance \u00e0 l&#8217;alcool dans un graphique, comme le montre<strong> la figure 1 <\/strong>. Il est essentiel de noter que les fl\u00e8ches vont dans les deux sens, c&#8217;est-\u00e0-dire qu&#8217;un trouble alcoolique peut \u00eatre influenc\u00e9 par un trouble psychiatrique, et vice versa. Il semble que la d\u00e9pendance \u00e0 l&#8217;alcool soit plus souvent associ\u00e9e \u00e0 une comorbidit\u00e9 psychologique chez les femmes que chez les hommes, et que les troubles anxieux soient souvent associ\u00e9s \u00e0 la d\u00e9pendance \u00e0 l&#8217;alcool.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-3821\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Abb1_NP3_s39.jpg_2032.jpg\" width=\"866\" height=\"501\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Abb1_NP3_s39.jpg_2032.jpg 866w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Abb1_NP3_s39.jpg_2032-800x463.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Abb1_NP3_s39.jpg_2032-120x69.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Abb1_NP3_s39.jpg_2032-90x52.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Abb1_NP3_s39.jpg_2032-320x185.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Abb1_NP3_s39.jpg_2032-560x324.jpg 560w\" sizes=\"(max-width: 866px) 100vw, 866px\" \/><\/p>\n<p>&#8220;De nouvelles donn\u00e9es non encore publi\u00e9es montrent que dans un petit groupe de personnes d\u00e9pendantes de l&#8217;alcool, dont certaines souffraient de troubles de l&#8217;humeur induits par l&#8217;alcool et d&#8217;\u00e9pisodes d\u00e9pressifs graves, les scores de d\u00e9pression sur l&#8217;\u00e9chelle de Hamilton avaient d\u00e9j\u00e0 diminu\u00e9 de mani\u00e8re significative apr\u00e8s 8 \u00e0 15 jours de sevrage. Il est important de noter que le dernier traitement antid\u00e9presseur remonte \u00e0 plus de deux semaines. Il semble donc qu&#8217;il soit possible de modifier l&#8217;humeur et l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 \u00e0 court terme lorsqu&#8217;on arr\u00eate de boire de l&#8217;alcool&#8221;, a expliqu\u00e9 le professeur Aubin.<\/p>\n<p>Inversement, l&#8217;utilisation d&#8217;antid\u00e9presseurs chez les personnes alcoolod\u00e9pendantes pr\u00e9sentant une d\u00e9pression comorbide est-elle \u00e9galement pertinente ? Une \u00e9tude en double aveugle contr\u00f4l\u00e9e par placebo r\u00e9alis\u00e9e en 2010 [1] a conclu que l&#8217;utilisation de la naltrexone, du placebo et de la sertraline, seuls ou en association, chez des patients alcoolod\u00e9pendants d\u00e9prim\u00e9s a permis d&#8217;obtenir un taux d&#8217;abstinence plus \u00e9lev\u00e9, une rechute plus tardive et moins d&#8217;effets secondaires graves que dans les autres groupes. En outre, la sertraline et la naltrexone ont permis d&#8217;\u00e9viter l&#8217;\u00e9tat d\u00e9pressif \u00e0 la fin du traitement dans de nombreux cas (83,3%).<\/p>\n<p>En revanche, une m\u00e9ta-analyse ou une revue syst\u00e9matique ant\u00e9rieure [2] a r\u00e9sum\u00e9 l&#8217;\u00e9tat actuel de la recherche en indiquant qu&#8217;il fallait davantage d&#8217;\u00e9tudes sur l&#8217;utilisation des antid\u00e9presseurs dans la d\u00e9pendance \u00e0 l&#8217;alcool avec une d\u00e9pression comorbide pour pouvoir tirer une conclusion s\u00fbre. Dans le cas des alcooliques sans d\u00e9pression comorbide, l&#8217;utilisation d&#8217;antid\u00e9presseurs n&#8217;est pas justifi\u00e9e selon les auteurs.<\/p>\n<p>&#8220;Les directives du NICE sont donc les suivantes : elles recommandent aux personnes d\u00e9pendantes de l&#8217;alcool et souffrant d&#8217;une d\u00e9pression ou d&#8217;un trouble anxieux comorbide de s&#8217;attaquer d&#8217;abord \u00e0 la prise d&#8217;alcool, car il est possible que cela am\u00e9liore aussi de mani\u00e8re significative la d\u00e9pression ou le trouble anxieux. Si ces sympt\u00f4mes persistent apr\u00e8s trois \u00e0 quatre semaines d&#8217;abstinence, il convient d&#8217;\u00e9valuer les sympt\u00f4mes et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, d&#8217;envisager un transfert ou un traitement pour le trouble sp\u00e9cifique&#8221;, explique le professeur Aubin. &#8220;En conclusion, m\u00eame s&#8217;il existe quelques preuves que les antid\u00e9presseurs sont efficaces pour r\u00e9duire les sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs chez les alcooliques d\u00e9prim\u00e9s, il est toujours plus judicieux, en cas de comorbidit\u00e9, de traiter d&#8217;abord la d\u00e9pendance \u00e0 l&#8217;alcool, car cela peut conduire \u00e0 une am\u00e9lioration du trouble de l&#8217;humeur \u00e9galement&#8221;.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3822 lazyload\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Aubin_NP3_s40.png_2033.png\" width=\"866\" height=\"1119\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Aubin_NP3_s40.png_2033.png 866w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Aubin_NP3_s40.png_2033-800x1034.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Aubin_NP3_s40.png_2033-120x155.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Aubin_NP3_s40.png_2033-90x116.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Aubin_NP3_s40.png_2033-320x413.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Aubin_NP3_s40.png_2033-560x724.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 866px) 100vw, 866px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 866px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 866\/1119;\" \/><\/p>\n<h2 id=\"pertinence-clinique-de-la-reduction-de-lalcool\">Pertinence clinique de la r\u00e9duction de l&#8217;alcool<\/h2>\n<p>Jonathan Chick, West Linton, s&#8217;est demand\u00e9 dans quelle mesure une r\u00e9duction de la consommation d&#8217;alcool, plut\u00f4t qu&#8217;une abstinence compl\u00e8te, \u00e9tait pertinente sur le plan clinique. &#8220;La raison la plus souvent invoqu\u00e9e pour expliquer pourquoi les personnes qui auraient besoin d&#8217;un traitement n&#8217;en re\u00e7oivent pas est qu&#8217;elles ne sont pas pr\u00eates \u00e0 renoncer \u00e0 la consommation&#8221;, a introduit le professeur Chick. De nombreuses personnes concern\u00e9es pr\u00e9f\u00e8rent donc la r\u00e9duction comme objectif th\u00e9rapeutique plut\u00f4t que l&#8217;abstinence [3,4]. Il existe \u00e9galement des \u00e9tudes montrant que la r\u00e9mission non abstinente \u00e9tait associ\u00e9e \u00e0 une meilleure qualit\u00e9 de vie globale apr\u00e8s trois ans que la r\u00e9mission abstinente [5]. Mann et al. [6] ont \u00e9tudi\u00e9 plus en d\u00e9tail la question des effets pouvant \u00eatre obtenus avec une r\u00e9duction comme objectif th\u00e9rapeutique. En effet, le nalm\u00e9f\u00e8ne (modulateur des r\u00e9cepteurs opio\u00efdes) a permis de r\u00e9duire la consommation totale d&#8217;alcool apr\u00e8s six mois par rapport au placebo (pris \u00e0 la demande). De plus, l&#8217;am\u00e9lioration des enzymes h\u00e9patiques \u00e9tait plus importante qu&#8217;avec le placebo. Van den Brink et al. [7] ont mesur\u00e9 les effets les plus importants pr\u00e9cis\u00e9ment dans le sous-groupe qui pr\u00e9sentait un risque \u00e9lev\u00e9 confirm\u00e9 de consommation d&#8217;alcool. Dans les \u00e9tudes combin\u00e9es de six mois de Mann et al. [6], Gual et al. [8] et Fran\u00e7ois et al. [9], on a en outre constat\u00e9 que le score MCS (Mental-Component-Summary) \u00e9tait \u00e0 la fois significativement li\u00e9 \u00e0 la r\u00e9duction de la consommation d&#8217;alcool et plus \u00e9lev\u00e9 sous nalm\u00e9f\u00e8ne (par rapport au placebo). En d&#8217;autres termes, la composante mentale de la qualit\u00e9 de vie a pu \u00eatre am\u00e9lior\u00e9e de mani\u00e8re significative apr\u00e8s six mois gr\u00e2ce \u00e0 la substance active.<\/p>\n<p>Les effets secondaires les plus fr\u00e9quents de la substance active dans les \u00e9tudes ont \u00e9t\u00e9 les naus\u00e9es et les vertiges, la grande majorit\u00e9 d&#8217;entre eux \u00e9tant l\u00e9gers \u00e0 mod\u00e9r\u00e9s, transitoires et survenant apr\u00e8s la premi\u00e8re dose (et non plus par la suite).<\/p>\n<p>&#8220;En r\u00e9sum\u00e9, le risque de dommages li\u00e9s \u00e0 la consommation d&#8217;alcool peut \u00eatre r\u00e9duit chez certains patients sans qu&#8217;il soit n\u00e9cessaire d&#8217;arr\u00eater compl\u00e8tement la consommation. L&#8217;objectif de r\u00e9duction est pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 par de nombreuses personnes concern\u00e9es, il peut \u00eatre aussi efficace que l&#8217;abstinence. Il est tout \u00e0 fait possible de maintenir la r\u00e9duction stable sur une longue p\u00e9riode [10]. Le soutien psychosocial du patient peut \u00e9galement \u00eatre int\u00e9gr\u00e9 au concept th\u00e9rapeutique en tant que mesure d&#8217;accompagnement. Le nalm\u00e9f\u00e8ne (utilis\u00e9 selon les besoins) permet de r\u00e9duire les jours o\u00f9 l&#8217;on boit beaucoup et la consommation totale d&#8217;alcool. En ce qui concerne la pertinence clinique, la puissance de l&#8217;effet de la substance active \u00e9tait similaire \u00e0 celle des traitements d&#8217;autres troubles mentaux&#8221;, a r\u00e9sum\u00e9 le professeur Chick.<\/p>\n<h2 id=\"mesures-daccompagnement-psychosocial\">Mesures d&#8217;accompagnement psychosocial<\/h2>\n<p>William D. Dundon, MD, Las Vegas, a \u00e9voqu\u00e9 les mesures d&#8217;accompagnement psychosocial : &#8220;En principe, il s&#8217;agit de l&#8217;une des mesures les plus fr\u00e9quentes en cas de d\u00e9pendance \u00e0 l&#8217;alcool, mais on oublie que la pharmacoth\u00e9rapie peut tr\u00e8s bien compl\u00e9ter ce type de traitement. Mais elle d\u00e9pend bien s\u00fbr de l&#8217;observance et du contexte dans lequel le m\u00e9dicament est pris. Il faut donc int\u00e9grer le soutien psychosocial dans la pharmacoth\u00e9rapie, par exemple sous la forme d&#8217;un entretien sur les objectifs possibles du traitement, les avantages, mais aussi les co\u00fbts ou les inconv\u00e9nients de la substance active&#8221;.<\/p>\n<p>Dans le cadre du programme de phase III sur le nalm\u00e9f\u00e8ne, la m\u00e9thode BRENDA a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e, selon M. Dundon. Il s&#8217;agit d&#8217;un entretien psychosocial court, ax\u00e9 sur les m\u00e9dicaments, qui souligne par exemple l&#8217;importance de l&#8217;adh\u00e9sion en travaillant sur le feedback positif. Cette mesure garantit que le soutien est constant et pas trop enveloppant. Selon Dundon, elle peut \u00eatre apprise par les m\u00e9decins avec relativement peu d&#8217;efforts et donne de bons r\u00e9sultats.<\/p>\n<p><em>Source : &#8220;Alcohol-Dependence &#8211; From Disease to Tretament&#8221;, symposium satellite du 22e Congr\u00e8s europ\u00e9en de psychiatrie, 1-4 mars 2014, Munich<\/em><\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Pettinati HM, et al : Am J Psychiatry 2010 Jun ; 167(6) : 668-675. doi : 10.1176\/appi.ajp.2009.08060852. Epub 2010 Mar 15.<\/li>\n<li>Torrens M, et al. : Drug Alcohol Depend 2005 Apr 4 ; 78(1) : 1-22. Epub 2004 Nov 11.<\/li>\n<li>Heather N, et al : Alcohol Alcohol 2010 Mar-Avr ; 45(2) : 128-135. doi : 10.1093\/alcalc\/agp096.<\/li>\n<li>Hodgins DC, et al : Addict Behav 1997 Mar-Avr ; 22(2) : 247-255.<\/li>\n<li>Dawson DA, et al : Alcohol Alcohol 2009 Jan-Feb ; 44(1) : 84-92. doi : 10.1093\/alcalc\/agn094. Epub 2008 Nov 28.<\/li>\n<li>Mann K, et al : Biol Psychiatry 2013 Apr 15 ; 73(8) : 706-713. doi : 10.1016\/j.biopsych.2012.10.020. Epub 2012 Dec 11.<\/li>\n<li>van den Brink W, et al : Alcohol Alcohol 2013 Sep-Oct ; 48(5) : 570-578. doi : 10.1093\/alcalc\/agt061. Epub 2013 Jul 19.<\/li>\n<li>Gual A, et al : Eur Neuropsychopharmacol 2013 Nov ; 23(11) : 1432-1442. doi : 10.1016\/j.euroneuro.2013.02.006. Epub 2013 Apr 3.<\/li>\n<li>Fran\u00e7ois, et al. : Poster pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 ISPOR 2013.<\/li>\n<li>van den Brink W, et al. : J Psychopharmacol 2014 Mar 26. [Epub ahead of print].<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2014 ; 12(3) : 39-41<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le traitement des alcooliques est une t\u00e2che difficile. 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