{"id":345346,"date":"2014-05-08T00:00:00","date_gmt":"2014-05-07T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/les-tricycliques-et-les-modulateurs-des-canaux-calciques-comme-options-therapeutiques-de-premier-choix\/"},"modified":"2014-05-08T00:00:00","modified_gmt":"2014-05-07T22:00:00","slug":"les-tricycliques-et-les-modulateurs-des-canaux-calciques-comme-options-therapeutiques-de-premier-choix","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/les-tricycliques-et-les-modulateurs-des-canaux-calciques-comme-options-therapeutiques-de-premier-choix\/","title":{"rendered":"Les tricycliques et les modulateurs des canaux calciques comme options th\u00e9rapeutiques de premier choix"},"content":{"rendered":"<p><strong>La survenue de douleurs suite \u00e0 un accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral constitue un d\u00e9fi pour la m\u00e9decine de la douleur. Bien que les connaissances sur les m\u00e9canismes physiopathologiques de la douleur neuropathique apr\u00e8s un AVC aient consid\u00e9rablement progress\u00e9 au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, les succ\u00e8s des approches m\u00e9dicamenteuses, neurochirurgicales, interventionnelles et autres restent actuellement limit\u00e9s. Une approche th\u00e9rapeutique multimodale est donc imp\u00e9rative. Le pr\u00e9sent article vise \u00e0 donner un aper\u00e7u des aspects diagnostiques et th\u00e9rapeutiques de cette entit\u00e9 pathologique.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Les douleurs chroniques mod\u00e9r\u00e9es \u00e0 s\u00e9v\u00e8res repr\u00e9sentent un probl\u00e8me de sant\u00e9 publique fr\u00e9quent en Suisse, avec une pr\u00e9valence de 16%. On constate que peu de patients sont trait\u00e9s par des sp\u00e9cialistes de la douleur et qu&#8217;environ la moiti\u00e9 des patients re\u00e7oivent un traitement de la douleur inad\u00e9quat [1]. La pr\u00e9sence de douleurs purement neuropathiques est \u00e9galement fr\u00e9quente, avec une pr\u00e9valence comprise entre 3,3% dans une enqu\u00eate men\u00e9e dans la population g\u00e9n\u00e9rale en Autriche [2] et 7% dans la population g\u00e9n\u00e9rale en France [3].<\/p>\n<p>L&#8217;incidence des AVC en Europe est de 1,1 million par an, avec une augmentation estim\u00e9e \u00e0 environ 1,5 million par an d&#8217;ici 2025, en raison de l&#8217;augmentation de la proportion de personnes \u00e2g\u00e9es dans la population [4]. La douleur chronique associ\u00e9e \u00e0 l&#8217;AVC est observ\u00e9e chez 11 \u00e0 55% des patients ayant subi un AVC [5]. Les types de douleurs les plus fr\u00e9quents apr\u00e8s un AVC peuvent \u00eatre des douleurs neuropathiques centrales, des douleurs nociceptives \u00e0 l&#8217;\u00e9paule, une spasticit\u00e9 douloureuse et \u00e9galement des c\u00e9phal\u00e9es de tension. Les douleurs neuropathiques centrales surviennent chez 8% des patients ayant subi un AVC [6]. Des douleurs nociceptives \u00e0 l&#8217;\u00e9paule sont rapport\u00e9es entre 30 et 40% chez les patients ayant subi un AVC et pr\u00e9sentant des d\u00e9ficits sensoriels et moteurs, des subluxations de l&#8217;\u00e9paule et des restrictions de mouvement [7]. Les douleurs musculo-squelettiques peuvent \u00e9galement se manifester dans le dos et les membres inf\u00e9rieurs, notamment au niveau des genoux et des hanches [8] <strong>(tableau 1).<\/strong><\/p>\n<p><strong><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-3751\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Tab1_HP5_s21.jpg_2000.jpg\" width=\"861\" height=\"1006\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Tab1_HP5_s21.jpg_2000.jpg 861w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Tab1_HP5_s21.jpg_2000-800x935.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Tab1_HP5_s21.jpg_2000-120x140.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Tab1_HP5_s21.jpg_2000-90x105.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Tab1_HP5_s21.jpg_2000-320x374.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Tab1_HP5_s21.jpg_2000-560x654.jpg 560w\" sizes=\"(max-width: 861px) 100vw, 861px\" \/><\/strong><\/p>\n<h2 id=\"douleur-centrale-apres-un-accident-vasculaire-cerebral\">Douleur centrale apr\u00e8s un accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral<\/h2>\n<p>La d\u00e9finition de la douleur neuropathique selon l&#8217;Association internationale pour l&#8217;\u00e9tude de la douleur (IASP) se base sur une l\u00e9sion ou une maladie qui affecte le syst\u00e8me somatosensoriel [9]. Pour diagnostiquer une douleur neuropathique, il convient, selon les crit\u00e8res de diagnostic de l&#8217;IASP, de rechercher dans l&#8217;anamn\u00e8se une douleur correspondant \u00e0 une distribution neuroanatomique circonscrite, ainsi que des indices d&#8217;une l\u00e9sion ou d&#8217;une maladie pertinente du syst\u00e8me nerveux p\u00e9riph\u00e9rique ou central. L&#8217;examen clinique doit montrer des signes sensoriels positifs et n\u00e9gatifs correspondant \u00e0 une r\u00e9partition neuroanatomique plausible et \u00e0 la zone de la douleur. De plus, le diagnostic par appareillage devrait d\u00e9montrer la pr\u00e9sence d&#8217;une l\u00e9sion ou d&#8217;une maladie du syst\u00e8me somatosensoriel [9].<\/p>\n<p>Dans la litt\u00e9rature anglophone, la douleur neuropathique centrale apr\u00e8s un AVC est appel\u00e9e &#8220;Central Post Stroke Pain&#8221; (CPSP). En l&#8217;absence de signes pathognomoniques pour le CPSP, le groupe de travail Klit et al. en s&#8217;inspirant des crit\u00e8res de diagnostic de l&#8217;IASP mentionn\u00e9s ci-dessus, a r\u00e9cemment propos\u00e9 des crit\u00e8res de diagnostic sp\u00e9cifiques pour le CPSP [10]. Les crit\u00e8res requis pour le diagnostic du SCPP sont donc la douleur dans une r\u00e9gion du corps correspondant \u00e0 une l\u00e9sion du syst\u00e8me nerveux central. L&#8217;anamn\u00e8se doit indiquer qu&#8217;un accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral a eu lieu et, par cons\u00e9quent, que le d\u00e9but de la douleur est survenu apr\u00e8s. De plus, la confirmation d&#8217;une l\u00e9sion du syst\u00e8me nerveux central par des examens d&#8217;imagerie (par ex. scanner ou IRM du cr\u00e2ne) est requise ou la pr\u00e9sence de signes sensoriels n\u00e9gatifs ou positifs, compatibles avec une r\u00e9gion du corps, correspondant \u00e0 une l\u00e9sion du syst\u00e8me nerveux central doit \u00eatre d\u00e9montr\u00e9e.<\/p>\n<p>Comme il s&#8217;agit d&#8217;un diagnostic clinique d&#8217;exclusion, les autres causes de douleur, telles que les douleurs nociceptives ou neuropathiques p\u00e9riph\u00e9riques, doivent \u00eatre exclues ou improbables. Le diagnostic peut \u00eatre \u00e9tay\u00e9 par des crit\u00e8res de soutien, tels que l&#8217;absence de lien primaire entre la douleur et le mouvement (par exemple des extr\u00e9mit\u00e9s), l&#8217;absence de signes d&#8217;inflammation locale ou de signes d&#8217;une autre pathologie tissulaire locale comme cause de la douleur nociceptive. Une description typique de la douleur peut \u00eatre une douleur \u00e0 type de br\u00fblure, de fourmillement, de pression, de piq\u00fbre, d&#8217;enfoncement, de contraction, de douleur au froid, d&#8217;\u00e9lectrisation, mais d&#8217;autres descriptions sont \u00e9galement observ\u00e9es. La pr\u00e9sence d&#8217;une allodynie ou d&#8217;une dysesth\u00e9sie au toucher ou au froid dans la zone douloureuse peut donner des indications suppl\u00e9mentaires <strong>(tab.&nbsp;2).<\/strong><\/p>\n<p><strong><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3752 lazyload\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Tab2_HP5_s21.jpg_2002.jpg\" width=\"1100\" height=\"919\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Tab2_HP5_s21.jpg_2002.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Tab2_HP5_s21.jpg_2002-800x668.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Tab2_HP5_s21.jpg_2002-120x100.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Tab2_HP5_s21.jpg_2002-90x75.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Tab2_HP5_s21.jpg_2002-320x267.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Tab2_HP5_s21.jpg_2002-560x468.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/919;\" \/><\/strong><\/p>\n<h2 id=\"caracteristiques-cliniques-de-la-cpsp-neuropathique\">Caract\u00e9ristiques cliniques de la CPSP neuropathique<\/h2>\n<p>L&#8217;article de synth\u00e8se de Klit [10] rassemble les caract\u00e9ristiques cliniques typiques du CPSP. La r\u00e9partition de la zone douloureuse peut ne concerner qu&#8217;une petite zone, par exemple uniquement la main, ou des zones \u00e9tendues du corps, allant jusqu&#8217;\u00e0 la douleur h\u00e9mipl\u00e9gique. Le visage et le tronc peuvent \u00e9galement \u00eatre \u00e9vid\u00e9s. Les patients pr\u00e9sentant ce que l&#8217;on appelle un infarctus lat\u00e9ral du bulbe rachidien et le syndrome de Wallenberg qui en r\u00e9sulte peuvent \u00e9galement pr\u00e9senter des douleurs au visage du c\u00f4t\u00e9 affect\u00e9 et des douleurs au tronc et aux extr\u00e9mit\u00e9s du c\u00f4t\u00e9 oppos\u00e9 (syndrome crois\u00e9). Des douleurs p\u00e9riorbitaires sont \u00e9galement fr\u00e9quemment rapport\u00e9es. Une h\u00e9mipl\u00e9gie survient souvent apr\u00e8s une l\u00e9sion du thalamus. Les ph\u00e9nom\u00e8nes sensoriels n\u00e9gatifs et positifs sont \u00e9galement typiques dans la SCPP, comme dans d&#8217;autres syndromes neuropathiques. Les troubles thermiques, notamment de la sensation de froid ou encore les troubles de la perception de la douleur ou de la perception des piq\u00fbres ou des pointes sont pr\u00e9sents dans plus de 90% des cas. Les sympt\u00f4mes n\u00e9gatifs li\u00e9s au toucher ou aux vibrations sont moins fr\u00e9quents. Les ph\u00e9nom\u00e8nes positifs tels que la douleur \u00e9voqu\u00e9e par des stimuli thermiques (en particulier froids) ou m\u00e9caniques (stimuli par piq\u00fbre d&#8217;aiguille), mais aussi l&#8217;allodynie aux stimuli tactiles, sont fr\u00e9quents.<\/p>\n<p>La douleur centrale post-AVC ne survient pas seulement typiquement apr\u00e8s une l\u00e9sion thalamique (&#8220;douleur thalamique&#8221;), mais est \u00e9galement rapport\u00e9e apr\u00e8s des h\u00e9morragies et des isch\u00e9mies dans d&#8217;autres zones du cerveau [11]. Nos propres donn\u00e9es montrent l&#8217;apparition de douleurs centrales apr\u00e8s un AVC chez des patients pr\u00e9sentant des infarctus du tronc c\u00e9r\u00e9bral, des l\u00e9sions des ganglions m\u00e9dullaires et des l\u00e9sions du cortex insulaire. Des causes tr\u00e8s diverses ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es en ce qui concerne la gen\u00e8se de l&#8217;AVC, comme les infarctus c\u00e9r\u00e9braux microvasculaires ou emboliques, l&#8217;infarctus c\u00e9r\u00e9bral apr\u00e8s un vasospasme d\u00fb \u00e0 une h\u00e9morragie sous-arachno\u00efdienne ou encore une h\u00e9morragie intrac\u00e9r\u00e9brale [12].<\/p>\n<p>Le d\u00e9lai entre la survenue de l&#8217;AVC et l&#8217;apparition de la SCPP peut \u00eatre variable (apparition imm\u00e9diate ou apparition de la douleur apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es), mais l&#8217;apparition de la douleur en quelques mois est la plus typique [13]. Dans une \u00e9tude prospective portant sur 16 patients [6], un CPSP est apparu chez dix patients au cours du premier mois, chez trois autres patients entre un et six mois et chez trois patients apr\u00e8s six mois. Par cons\u00e9quent, un d\u00e9but tardif de la SCPP doit faire penser \u00e0 d&#8217;autres causes de douleur ou \u00e0 la survenue d&#8217;un nouvel AVC dans le cadre du diagnostic diff\u00e9rentiel.<\/p>\n<h2 id=\"role-du-diagnostic-par-appareil\">R\u00f4le du diagnostic par appareil<\/h2>\n<p>Conform\u00e9ment aux crit\u00e8res de diagnostic de l&#8217;IASP mentionn\u00e9s au d\u00e9but, il convient de proc\u00e9der \u00e0 un diagnostic par imagerie c\u00e9r\u00e9brale, de pr\u00e9f\u00e9rence par IRM pour visualiser les structures c\u00e9r\u00e9brales. Si une l\u00e9sion correspondant \u00e0 la douleur est mise en \u00e9vidence, aucun autre diagnostic n&#8217;est n\u00e9cessaire. Dans certains cas, une l\u00e9sion de tr\u00e8s petite taille peut \u00eatre ind\u00e9tectable \u00e0 l&#8217;imagerie. Si la clinique est typique (ant\u00e9c\u00e9dents d&#8217;AVC et mise en \u00e9vidence de ph\u00e9nom\u00e8nes n\u00e9gatifs et\/ou positifs correspondants), le diagnostic de CPSP peut \u00eatre pos\u00e9. En outre, on peut tenter de mettre en \u00e9vidence une l\u00e9sion sur le plan neurophysiologique. Les potentiels \u00e9voqu\u00e9s somatosensoriels [14] et les potentiels \u00e9voqu\u00e9s au laser [15], mais aussi un test sensoriel quantitatif [16] peuvent aider \u00e0 d\u00e9tecter une l\u00e9sion. Nos propres donn\u00e9es montrent des r\u00e9sultats pathologiques lors de l&#8217;examen des potentiels \u00e9voqu\u00e9s au laser et du test sensoriel quantitatif dans la plupart des cas chez les patients souffrant de douleurs neuropathiques centrales apr\u00e8s un accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral de diff\u00e9rentes origines [12].&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"mecanismes-dapparition-de-la-douleur-neuropathique-apres-un-avc\">M\u00e9canismes d&#8217;apparition de la douleur neuropathique apr\u00e8s un AVC<\/h2>\n<p>La derni\u00e8re revue de Klit et al.  [10]  donne un bon aper\u00e7u des m\u00e9canismes possibles de la douleur centrale apr\u00e8s un accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral. L&#8217;hyperexcitabilit\u00e9 neuronale au niveau du cerveau joue un r\u00f4le important dans la pathophysiologie des douleurs neuropathiques d&#8217;origine centrale. Les facteurs qui peuvent favoriser l&#8217;hyperexcitabilit\u00e9 neuronale sont par exemple une activation gliale avec lib\u00e9ration de chimiokines et de substances inflammatoires, un affaiblissement des syst\u00e8mes inhibiteurs GABA-ergiques du thalamus, un d\u00e9s\u00e9quilibre entre les voies spinothalamiques lat\u00e9rales et m\u00e9dianes suite \u00e0 une l\u00e9sion \u00e0 ce niveau ou encore la d\u00e9saff\u00e9rentation de l&#8217;entr\u00e9e sensitive. Les cons\u00e9quences de tels m\u00e9canismes peuvent \u00eatre la d\u00e9tection d&#8217;une activit\u00e9 spontan\u00e9e dans le noyau ventrocaudal du thalamus ou encore une modification du flux sanguin c\u00e9r\u00e9bral dans le thalamus. Des m\u00e9canismes suppl\u00e9mentaires tels que la perturbation des boucles d&#8217;excitation cortico-thalamo-corticales ou de la r\u00e9organisation corticale, ainsi que d&#8217;autres m\u00e9canismes, sont discut\u00e9s.<\/p>\n<h2 id=\"approches-therapeutiques-de-la-cpsp\">Approches th\u00e9rapeutiques de la CPSP<\/h2>\n<p>La douleur chronique apr\u00e8s un AVC peut entra\u00eener une baisse de la qualit\u00e9 de vie, qui affecte l&#8217;humeur, le sommeil et les fonctions sociales [17]. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, le traitement multimodal de la douleur, qui comprend des m\u00e9thodes somatiques, physiques et psychoth\u00e9rapeutiques, est sup\u00e9rieur au traitement monodisciplinaire pour les syndromes douloureux chroniques. A cet \u00e9gard, ainsi que pour les diff\u00e9rentes causes possibles de douleur pr\u00e9sent\u00e9es ci-dessus, le traitement de la douleur apr\u00e8s un AVC devrait toujours \u00eatre interdisciplinaire et multimodal. En particulier chez les patients souffrant de douleurs neuropathiques apr\u00e8s un AVC, les traitements psychologiques tels que les strat\u00e9gies d&#8217;adaptation et les th\u00e9rapies comportementales peuvent conduire \u00e0 une am\u00e9lioration de la douleur [17].<\/p>\n<p>En ce qui concerne les douleurs nociceptives, les mesures \u00e0 prendre en fonction de la pathologie musculo-squelettique sont principalement orthop\u00e9diques (p. ex. traitement des pathologies de l&#8217;\u00e9paule), physioth\u00e9rapeutiques (p. ex. traitement des facteurs de douleur musculaires) et ergoth\u00e9rapeutiques. En outre, un traitement de la spasticit\u00e9 douloureuse par baclof\u00e8ne oral peut \u00eatre n\u00e9cessaire. Dans certains cas sp\u00e9cifiques, la mise en place d&#8217;une pompe intrath\u00e9cale antispasmodique peut \u00eatre utile.<\/p>\n<p><strong>Approches th\u00e9rapeutiques m\u00e9dicamenteuses : <\/strong>Les approches th\u00e9rapeutiques m\u00e9dicamenteuses pour la douleur neuropathique apr\u00e8s un AVC ont \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9es dans des lignes directrices internationales telles que celles du groupe de travail sur la douleur neuropathique de la Soci\u00e9t\u00e9 internationale de la douleur (NeuPSIG) [18] ou celles de la F\u00e9d\u00e9ration europ\u00e9enne des soci\u00e9t\u00e9s neurologiques (EFNS) [19]. Les options th\u00e9rapeutiques m\u00e9dicamenteuses disponibles sont limit\u00e9es. Il est possible que la multiplicit\u00e9 des m\u00e9canismes physiopathologiques mentionn\u00e9s \u00e0 diff\u00e9rents niveaux neuronaux soit \u00e0 l&#8217;origine de la r\u00e9ponse souvent m\u00e9diocre aux m\u00e9dicaments disponibles pour le traitement des douleurs neuropathiques apr\u00e8s un AVC. Aucun traitement n&#8217;est encore disponible pour un grand nombre des m\u00e9canismes mentionn\u00e9s.<\/p>\n<p>Il existe peu d&#8217;\u00e9tudes randomis\u00e9es et contr\u00f4l\u00e9es sur le traitement des douleurs neuropathiques centrales apr\u00e8s un AVC. Les tricycliques et les modulateurs des canaux calciques sont consid\u00e9r\u00e9s comme des m\u00e9dicaments de premier choix. Des donn\u00e9es d&#8217;\u00e9tudes positives sont disponibles pour l&#8217;amitriptyline \u00e0 la dose de 75 mg [20]. Le &#8220;number needed to treat&#8221; (NNT), c&#8217;est-\u00e0-dire le nombre de patients \u00e0 traiter pour obtenir une r\u00e9duction de 50 % de la douleur, a \u00e9t\u00e9 estim\u00e9 ici \u00e0 1,7. Des effets secondaires mod\u00e9r\u00e9s tels que la fatigue et la s\u00e9cheresse de la bouche ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s.<\/p>\n<p>En ce qui concerne les anticonvulsivants du groupe des modulateurs des canaux calciques, une \u00e9tude men\u00e9e chez des patients souffrant de douleurs neuropathiques centrales a montr\u00e9 une efficacit\u00e9 significative de la pr\u00e9gabaline, avec un NNT de 4,0 [21]. Les effets secondaires ont \u00e9t\u00e9 des vertiges, des troubles cognitifs, de la fatigue et des naus\u00e9es. Par ailleurs, la lamotrigine, un anti\u00e9pileptique de la famille des bloqueurs des canaux sodiques, a montr\u00e9 une efficacit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e avec une bonne tol\u00e9rance dans une \u00e9tude sur la douleur centrale apr\u00e8s un AVC [22]. L&#8217;efficacit\u00e9 de la lamotrigine n&#8217;est pas \u00e9vidente dans d&#8217;autres pathologies douloureuses neuropathiques, de sorte que son efficacit\u00e9 est g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9e comme incertaine [23]. Une \u00e9tude portant sur la carbamaz\u00e9pine \u00e0 la dose de 800 mg\/jour. n&#8217;a pas montr\u00e9 d&#8217;efficacit\u00e9 dans les douleurs neuropathiques apr\u00e8s un accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral.<\/p>\n<p>Dans une \u00e9tude sur les douleurs neuropathiques d&#8217;origines diverses, l&#8217;administration d&#8217;opio\u00efdes oraux a montr\u00e9 une r\u00e9duction moyenne de la douleur de 23%, mais le nombre de patients souffrant de douleurs neuropathiques apr\u00e8s un AVC \u00e9tait faible (10 sur 81) et sept d&#8217;entre eux ont quitt\u00e9 l&#8217;\u00e9tude en raison d&#8217;effets secondaires [24]. Des \u00e9tudes sur l&#8217;administration intraveineuse de morphine, de lidoca\u00efne et de propofol ont montr\u00e9 une am\u00e9lioration de la douleur apr\u00e8s un AVC pendant la perfusion. Les traitements d&#8217;entretien oraux ult\u00e9rieurs \u00e0 base de morphine et de mexil\u00e9tine ont \u00e9t\u00e9 mal tol\u00e9r\u00e9s en raison d&#8217;effets secondaires [25\u201327].<\/p>\n<p>Si les m\u00e9dicaments susmentionn\u00e9s ne permettent pas d&#8217;obtenir une r\u00e9duction suffisante de la douleur, il est recommand\u00e9 de recourir aux m\u00e9dicaments de premi\u00e8re et deuxi\u00e8me intention pour le traitement des douleurs neuropathiques g\u00e9n\u00e9r\u00e9es en p\u00e9riph\u00e9rie [18]. Il s&#8217;agit notamment, pour les m\u00e9dicaments de premi\u00e8re intention, des inhibiteurs s\u00e9lectifs de la recapture de la s\u00e9rotonine et de la noradr\u00e9naline (IRSN) comme la dulox\u00e9tine et la venlafaxine et, pour les m\u00e9dicaments de deuxi\u00e8me intention, des opio\u00efdes \u00e0 forte puissance comme la MST, l&#8217;oxycontine et d&#8217;autres opio\u00efdes <strong>(tableau&nbsp;3).<\/strong><\/p>\n<p><strong><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3753 lazyload\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Tab3_HP5_s23.jpg_2001.jpg\" width=\"1100\" height=\"584\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Tab3_HP5_s23.jpg_2001.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Tab3_HP5_s23.jpg_2001-800x425.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Tab3_HP5_s23.jpg_2001-120x64.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Tab3_HP5_s23.jpg_2001-90x48.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Tab3_HP5_s23.jpg_2001-320x170.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Tab3_HP5_s23.jpg_2001-560x297.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/584;\" \/><\/strong><\/p>\n<p><strong>Approches th\u00e9rapeutiques neurochirurgicales et interventionnelles :<\/strong> Comme nous l&#8217;avons montr\u00e9, les possibilit\u00e9s de traitement m\u00e9dicamenteux des douleurs neuropathiques apr\u00e8s un AVC sont limit\u00e9es et donc souvent insatisfaisantes. Selon Dworkin et al. [23], des m\u00e9thodes invasives peuvent \u00eatre tent\u00e9es apr\u00e8s avoir \u00e9puis\u00e9 les diff\u00e9rentes m\u00e9thodes th\u00e9rapeutiques conservatrices ou combin\u00e9es. Les donn\u00e9es actuelles concernant les approches th\u00e9rapeutiques neurochirurgicales et interventionnelles ont \u00e9t\u00e9 rassembl\u00e9es dans des revues r\u00e9centes [10,28,29]. Les preuves de ces proc\u00e9dures \u00e9tant limit\u00e9es, elles doivent \u00eatre r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 des centres de traitement exp\u00e9riment\u00e9s.<\/p>\n<p>La stimulation magn\u00e9tique transcr\u00e2nienne r\u00e9p\u00e9titive (SMTr) est une m\u00e9thode neuromodulative et non invasive. Dans ce cas, l&#8217;effet est mod\u00e9r\u00e9 et de courte dur\u00e9e, mais les effets secondaires graves sont rares. Des traitements r\u00e9p\u00e9t\u00e9s du cortex moteur par rTMS peuvent montrer une am\u00e9lioration significative de la douleur [30,31]. De plus, cette th\u00e9rapie peut \u00eatre utilis\u00e9e comme pr\u00e9dicteur de la r\u00e9ponse \u00e0 la stimulation \u00e9pidurale du cortex moteur [32].<\/p>\n<p>L&#8217;efficacit\u00e9 de la stimulation \u00e9pidurale du cortex moteur dans la douleur centrale apr\u00e8s un AVC a montr\u00e9 une r\u00e9duction de la douleur d&#8217;environ 45-50% apr\u00e8s un an [28,33]. Les complications graves sont rarement rapport\u00e9es. Des crises d&#8217;\u00e9pilepsie, des infections et des probl\u00e8mes techniques peuvent survenir en p\u00e9riode p\u00e9riop\u00e9ratoire.<\/p>\n<p>La stimulation c\u00e9r\u00e9brale profonde (&#8220;deep brain stimulation&#8221;, DBS) peut \u00e9galement \u00eatre envisag\u00e9e comme traitement invasif. Ici, le thalamus sensoriel (nerf ventral post\u00e9rieur) ou le gris p\u00e9riventriculaire sont stimul\u00e9s. Selon les rapports, l&#8217;efficacit\u00e9 varie entre 25 et 67% [34,35]. En g\u00e9n\u00e9ral, l&#8217;efficacit\u00e9 ne peut pas \u00eatre clairement quantifi\u00e9e, de sorte que des \u00e9tudes suppl\u00e9mentaires sont n\u00e9cessaires [28].<\/p>\n<p>Une nouvelle m\u00e9thode th\u00e9rapeutique pour les patients souffrant de douleurs neuropathiques, y compris de douleurs neuropathiques centrales apr\u00e8s un accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral, est le traitement par ultrasons focalis\u00e9s de haute intensit\u00e9 (&#8220;high intensity focussed ultrasound&#8221;, HIFUS), qui est appliqu\u00e9 par voie transcr\u00e2nienne, de mani\u00e8re non invasive, afin d&#8217;effectuer un ablation thermique d&#8217;une zone circonscrite du thalamus centrolat\u00e9ral, ce qui peut entra\u00eener un soulagement de la douleur [36].<\/p>\n<p><em><strong>Dr. med. Gunther Landmann<br \/>\nDr. Emmanuelle Opsommer<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Breivik H, et al. : European Journal of Pain 2006 ; 10(4) : 287-287.<\/li>\n<li>Gustorff B, et al : Acta Anaesthesiol Scand 2008 ; 52(1) : 132-136.<\/li>\n<li>Bouhassira D, et al : Pain 2008 ; 136(3) : 380-387.<\/li>\n<li>Truelsen T, et al : Eur J Neurol 2006 ; 13 : 581-598.<\/li>\n<li>J\u00f6nsson AC, et al : J Neurol Neurosurg Psychiatry 2006 ; 77 : 590-595.<\/li>\n<li>Andersen G, et al : Pain 1995 ; 61 : 187-193.<\/li>\n<li>Lindgren I, et al. : Stroke 2007 ; 38 : 343-348.<\/li>\n<li>Kuptniratsaikul V, et al : Am J Phys Med R\u00e9habilitation 2009 ; 88 : 92-99.<\/li>\n<li>Treede RD, et al : Neurology 2008 ; 70(18) : 1630-1635.<\/li>\n<li>Klit H, Finnerup NB, Jensen TS : Lancet Neurol 2009 ; 8(9) : 857-868.<\/li>\n<li>Weimar C, et al : Cerebrovasc Dis 2002 ; 14 : 261-263.<\/li>\n<li>Landmann G, Stockinger L, Opsommer E : Douleur centrale post-traumatique explor\u00e9e par des potentiels \u00e9voqu\u00e9s par laser et des tests sensoriels quantitatifs : une \u00e9tude de cas multiple. <sup>30\u00e8me<\/sup> Congr\u00e8s International de Neurophysiologie Clinique (ICCN). Berlin, Allemagne, 2014.<\/li>\n<li>Tasker R : \u00c9tats de douleur centrale. In : L JD, editor. Bonica&#8217;s management of pain Philadelphia : Lipponcott Williams &amp; Wilkins, 2001 ; 433-445.<\/li>\n<li>Holmgren H, et al : Pain 1990 ; 40 : 43-52.<\/li>\n<li>Garcia-Larrea L, et al : Brain 2002 ; 125 : 2766-2781.<\/li>\n<li>Boivie J : Eur J Pain 2003 ; 7 : 339-343.<\/li>\n<li>Widar M, et al. : J Pain Symptom Manage 2004 ; 27 : 215-225.<\/li>\n<li>Dworkin RH : Am J Med 2009 ; 122(10 Suppl) : S1-2.<\/li>\n<li>Attal N, et al : Eur J Neurol 2010 ; 17(9) : 1113-1188.<\/li>\n<li>Leijon G : Pain 1989 ; 36 : 27-36.<\/li>\n<li>Vranken JH, et al : Pain 2008 ; 136 : 150-157.<\/li>\n<li>Vestergaard K, et al : Neurology 2001 ; 56 : 184-190.<\/li>\n<li>Dworkin RH, et al : Pain 2007 ; 132(3) : 237-251.<\/li>\n<li>Rowbotham MC, et al : N Engl J Med 2003 ; 348 : 1223-1232.<\/li>\n<li>Attal N, et al : Neurology 2000 ; 54 : 564-574.<\/li>\n<li>Attal N, et al : Neurology 2002 ; 58 : 554-563.<\/li>\n<li>Canavero S : Clin Neuropharmacol 2004 ; 27 : 182-186.<\/li>\n<li>Cruccu G, et al : Eur J Neurol 2007 ; 14 : 952-970.<\/li>\n<li>Kumar B, et al : Anesthesia and analgesia 2009 ; 108(5) : 1645-1657.<\/li>\n<li>Khedr EM, et al : J Neurol Neurosurg Psychiatry 2005 ; 76(6) : 833-838.<\/li>\n<li>Leung A, et al : J Pain 2009 ; 10(12) : 1205-1216.<\/li>\n<li>Andre-Obadia N, et al : Clin Neurophysiol 2006 ; 117(7) : 1536-1544.<\/li>\n<li>Fontaine D, Hamani C : Journal of neurosurgery 2009 ; 110 : 251-256.<\/li>\n<li>Katayama Y, et al : Stereotact Funct Neurosurg 2001 ; 77 : 183-186.<\/li>\n<li>Owen SL, et al : Pain 2006 ; 120 : 202-206.<\/li>\n<li>Martin E, et al : Ann Neurol 2009 ; 66(6) : 858-861.<\/li>\n<\/ol>\n<p><span style=\"font-size:10px\"><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2014 ; 9(5) : 20-24<\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La survenue de douleurs suite \u00e0 un accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral constitue un d\u00e9fi pour la m\u00e9decine de la douleur. 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