{"id":345396,"date":"2014-05-07T00:00:00","date_gmt":"2014-05-06T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/directives-actuelles-et-perspectives-davenir\/"},"modified":"2014-05-07T00:00:00","modified_gmt":"2014-05-06T22:00:00","slug":"directives-actuelles-et-perspectives-davenir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/directives-actuelles-et-perspectives-davenir\/","title":{"rendered":"Directives actuelles et perspectives d&#8217;avenir"},"content":{"rendered":"<p><strong>La condition pr\u00e9alable au meilleur traitement possible des d\u00e9ficits de m\u00e9moire dans la MA est un diagnostic diff\u00e9rentiel suffisant. Apr\u00e8s avoir exclu d&#8217;autres causes, les inhibiteurs de la cholinest\u00e9rase et les antagonistes des r\u00e9cepteurs du glutamate peuvent \u00eatre utilis\u00e9s pour ralentir la progression des d\u00e9ficits de m\u00e9moire. Il existe souvent des sympt\u00f4mes neuro-psychiatriques suppl\u00e9mentaires qui peuvent nuire au bien-\u00eatre subjectif du patient et compliquer les soins. En cas de comorbidit\u00e9 avec d&#8217;autres maladies internes ou neurologiques, il faut tenir compte des effets secondaires et des interactions possibles des m\u00e9dicaments.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>La maladie d&#8217;Alzheimer (MA) est une maladie neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rative irr\u00e9versible du cerveau et la cause la plus fr\u00e9quente de d\u00e9mence chez les personnes de plus de 65 ans [1,2]. Au fur et \u00e0 mesure de l&#8217;\u00e9volution de la MA, la m\u00e9moire et diverses autres facult\u00e9s cognitives sont progressivement affect\u00e9es, et le patient atteint finit par ne plus \u00eatre en mesure d&#8217;effectuer les t\u00e2ches quotidiennes les plus simples et n\u00e9cessite des soins. Les d\u00e9ficits cognitifs concernent notamment la m\u00e9moire \u00e0 court terme, la planification et la r\u00e9solution de probl\u00e8mes, les capacit\u00e9s d&#8217;analyse et de jugement, l&#8217;orientation spatiale ainsi que la production et la compr\u00e9hension du langage [3,4]. En plus des d\u00e9ficits de m\u00e9moire, divers troubles neuro-psychiatriques sont caract\u00e9ristiques de la MA et peuvent appara\u00eetre \u00e0 des stades tr\u00e8s pr\u00e9coces de la maladie [5,6].<\/p>\n<p>Le corr\u00e9lat neuropathologique de la MA est la pr\u00e9sence de plaques extracellulaires d&#8217;amylo\u00efde b\u00eata (A\u03b2) et de neurofibrilles tau intracellulaires [7,4]. Les technologies d&#8217;imagerie modernes telles que l&#8217;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique (IRM) ou la tomographie par \u00e9mission de positons (TEP) permettent de visualiser les modifications c\u00e9r\u00e9brales des patients atteints au cours de la maladie [8,9]. Les recherches actuelles sugg\u00e8rent que les premiers changements c\u00e9r\u00e9braux se produisent plus de dix ans avant la manifestation des sympt\u00f4mes cliniques de la maladie d&#8217;Alzheimer. Au cours de cette phase pr\u00e9clinique, des changements toxiques ont lieu dans le tissu c\u00e9r\u00e9bral et les plaques A\u03b2 ainsi que les neurofibrilles sont mesurables [10]. Bien que les patients atteints pr\u00e9sentent encore des capacit\u00e9s de m\u00e9moire normales \u00e0 ce stade, l&#8217;IRM fonctionnelle permet de mettre en \u00e9vidence des sch\u00e9mas d&#8217;interaction neuronale et une activit\u00e9 alt\u00e9r\u00e9s [11,12]. Au fur et \u00e0 mesure de l&#8217;\u00e9volution de la maladie, les cellules neuronales meurent et les atrophies de l&#8217;hippocampe et des zones pari\u00e9to-temporales du cerveau sont des caract\u00e9ristiques des premiers stades de la maladie [13]. L&#8217;\u00e9volution de la maladie se caract\u00e9rise par une extension des l\u00e9sions et une symptomatologie neuro-psychiatrique correspondante [4].<\/p>\n<p>Bien que la recherche ait produit des r\u00e9sultats impressionnants sur les bases neurobiologiques et le diagnostic de la MA au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, la MA n&#8217;est pas encore gu\u00e9rissable [14]. L&#8217;objectif du traitement m\u00e9dical actuellement disponible est donc une gestion optimale des diff\u00e9rents troubles au cours de la maladie, afin d&#8217;obtenir la meilleure qualit\u00e9 de vie possible pour les patients concern\u00e9s et leurs proches. Le traitement repose sur un diagnostic diff\u00e9rentiel interdisciplinaire afin d&#8217;exclure d&#8217;autres formes de d\u00e9mence et d&#8217;identifier les \u00e9ventuelles causes traitables des d\u00e9ficits de m\u00e9moire. Dans ce contexte, l&#8217;incidence d&#8217;autres maladies internes et neurologiques \u00e9tant plus \u00e9lev\u00e9e en raison de l&#8217;\u00e2ge avanc\u00e9, la liste souvent longue des m\u00e9dicaments prescrits doit \u00eatre gard\u00e9e \u00e0 l&#8217;esprit en ce qui concerne les effets secondaires et les interactions qui peuvent affecter la cognition. Dans le cadre du processus de diagnostic diff\u00e9rentiel ainsi que de l&#8217;\u00e9valuation de l&#8217;\u00e9volution de la maladie, l&#8217;\u00e9valuation quantitative des performances de la m\u00e9moire au moyen de tests neuropsychologiques est indispensable [3,15].<\/p>\n<h2 id=\"approche-therapeutique-et-medication-de-la-ma\">Approche th\u00e9rapeutique et m\u00e9dication de la MA<\/h2>\n<p>En raison de la complexit\u00e9 des sympt\u00f4mes de la MA, les soci\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicales suisses et internationales recommandent une approche th\u00e9rapeutique multidisciplinaire [6,15,16]. Le concept de traitement individuel est adapt\u00e9 \u00e0 la situation du patient et inclut des interventions m\u00e9dicamenteuses et neuro-psychologiques, des proc\u00e9dures socio-psychoth\u00e9rapeutiques et un soutien aux aidants familiaux.<\/p>\n<p>Objectif de l&#8217;intervention m\u00e9dicamenteuse : le traitement doit aider le patient \u00e0 conserver sa m\u00e9moire le plus longtemps possible et \u00e0 g\u00e9rer les troubles du comportement. Il doit g\u00e9n\u00e9ralement ralentir et retarder l&#8217;apparition des sympt\u00f4mes de la maladie. La s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de la d\u00e9mence dans la MA &#8211; et, dans ce contexte, l&#8217;indication d&#8217;un m\u00e9dicament contre la MA &#8211; peut \u00eatre \u00e9valu\u00e9e \u00e0 l&#8217;aide de tests de d\u00e9pistage cognitif, dont l&#8217;un des plus \u00e9tablis est le test Mini-Mental-State-Examination (MMSE) [17]. Le MMSE peut \u00eatre r\u00e9p\u00e9t\u00e9 tous les six mois pour \u00e9valuer la progression de la d\u00e9mence et la r\u00e9ponse au traitement.<\/p>\n<p>A l&#8217;heure actuelle, quatre substances actives sont autoris\u00e9es pour le traitement m\u00e9dicamenteux de la MA : Le don\u00e9p\u00e9zil (<sup>Aricept\u00ae<\/sup>), la galantamine (<sup>Reminyl\u00ae<\/sup>) et la rivastigmine (<sup>Exelon\u00ae<\/sup>) peuvent \u00eatre utilis\u00e9s pour le traitement de la d\u00e9mence l\u00e9g\u00e8re \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e dans la MA, la m\u00e9mantine (<sup>Axura\u00ae<\/sup>, <sup>Ebixa\u00ae<\/sup>) pour le traitement de la d\u00e9mence mod\u00e9r\u00e9e \u00e0 s\u00e9v\u00e8re dans la MA (score au test MMSE de 3-19) [18].<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes cliniques ont montr\u00e9 que ces agents peuvent am\u00e9liorer les processus de pens\u00e9e en g\u00e9n\u00e9ral, ainsi que la m\u00e9moire et les capacit\u00e9s de langage chez les patients atteints de la MA [19,20]. Sur la base des \u00e9tudes cliniques actuellement disponibles sur la vitamine E et la s\u00e9l\u00e9giline, il n&#8217;existe aucune preuve de l&#8217;efficacit\u00e9 des approches de traitement antioxydant dans la MA [21]. De m\u00eame, deux \u00e9tudes cliniques n&#8217;ont pas montr\u00e9 d&#8217;effet th\u00e9rapeutique significatif du ginkgo biloba dans la MA [22,23].<\/p>\n<p>Le don\u00e9p\u00e9zil, la galantamine et la rivastigmine sont des inhibiteurs r\u00e9versibles de l&#8217;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase \u00e0 action centrale. Ils augmentent \u00e0 la fois la concentration et la dur\u00e9e d&#8217;action du neurotransmetteur ac\u00e9tylcholine. Pour une efficacit\u00e9 optimale avec des effets secondaires aussi tol\u00e9rables que possible, les inhibiteurs de la cholinest\u00e9rase doivent \u00eatre titr\u00e9s progressivement sur plusieurs semaines jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;un effet cliniquement significatif puisse \u00eatre attendu. Les effets ind\u00e9sirables des inhibiteurs de la cholinest\u00e9rase sont notamment dus \u00e0 l&#8217;activation p\u00e9riph\u00e9rique du syst\u00e8me nerveux parasympathique, avec bradycardie, bronchoconstriction et augmentation de la s\u00e9cr\u00e9tion d&#8217;acide gastrique[18].<\/p>\n<p>La m\u00e9mantine agit comme un antagoniste non comp\u00e9titif du r\u00e9cepteur N-m\u00e9thyl-D-aspartate (NMDA) sur le syst\u00e8me de neurotransmission glutamatergique, mais elle a \u00e9galement une activit\u00e9 s\u00e9rotoninergique, cholinergique et dopaminergique en tant qu&#8217;agoniste du r\u00e9cepteur D2. L&#8217;efficacit\u00e9 de la m\u00e9mantine dans la MA s&#8217;explique par la pr\u00e9vention des effets nocifs associ\u00e9s au glutamate sur les neurones c\u00e9r\u00e9braux. Dans le cadre d&#8217;un traitement par m\u00e9mantine, on peut s&#8217;attendre \u00e0 des effets sur la cognition, les comp\u00e9tences quotidiennes et le niveau g\u00e9n\u00e9ral de fonctionnement apr\u00e8s environ six mois [19]. La dose efficace individuelle est titr\u00e9e par petites \u00e9tapes sur plusieurs semaines. Les effets ind\u00e9sirables les plus fr\u00e9quents de la m\u00e9mantine comprennent des sensations de vertige, des maux de t\u00eate, de la constipation, de la somnolence et une pression art\u00e9rielle \u00e9lev\u00e9e [18].<\/p>\n<p>Des effets synergiques et une efficacit\u00e9 accrue de la m\u00e9mantine par rapport au don\u00e9p\u00e9zil en monoth\u00e9rapie ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crits dans la MA mod\u00e9r\u00e9e \u00e0 s\u00e9v\u00e8re [24,25].<\/p>\n<p>Malheureusement, le don\u00e9p\u00e9zil, la galantamine, la rivastigmine et la m\u00e9mantine n&#8217;ont aucun effet sur le processus pathologique sous-jacent. En outre, ils ne sont pas efficaces chez tous les patients concern\u00e9s et peuvent n&#8217;aider que pendant une p\u00e9riode limit\u00e9e. Nous n&#8217;avons pas trouv\u00e9 d&#8217;\u00e9tude (revue de litt\u00e9rature f\u00e9vrier 2014) qui compare directement les quatre m\u00e9dicaments autoris\u00e9s en termes d&#8217;efficacit\u00e9 ou de profil d&#8217;effets secondaires. En ce qui concerne l&#8217;am\u00e9lioration des activit\u00e9s quotidiennes (&#8220;activities of daily living&#8221;, ADL), on peut supposer, sur la base des \u00e9tudes disponibles, qu&#8217;il n&#8217;y a pas de diff\u00e9rence significative entre les diff\u00e9rents inhibiteurs de la cholinest\u00e9rase [26]. Cependant, certaines donn\u00e9es indiquent qu&#8217;en l&#8217;absence de r\u00e9ponse th\u00e9rapeutique, le passage \u00e0 une autre pr\u00e9paration peut \u00eatre utile [27].<\/p>\n<h2 id=\"symptomes-neuropsychiatriques\">Sympt\u00f4mes neuropsychiatriques<\/h2>\n<p>Les sympt\u00f4mes neuropsychiatriques constituent un d\u00e9fi particulier dans le cadre du traitement de la MA [5]. Il s&#8217;agit notamment de troubles du sommeil, d&#8217;agitation, de d\u00e9ambulation, d&#8217;anxi\u00e9t\u00e9, d&#8217;agressivit\u00e9, d&#8217;apathie et de d\u00e9pression. Un traitement ad\u00e9quat am\u00e9liore le bien-\u00eatre des patients concern\u00e9s et facilite la prise en charge par les proches ou le personnel soignant. Dans ce contexte, nous souhaitons attirer l&#8217;attention sur une revue r\u00e9cemment publi\u00e9e sur les concepts de traitement \u00e9tablis pour les sympt\u00f4mes comportementaux et psychologiques de la d\u00e9mence [6]. Les substances actives utilis\u00e9es pour traiter les sympt\u00f4mes neuropsychiatriques de la MA doivent avoir une faible efficacit\u00e9 anti-cholinergique et \u00eatre facilement combinables avec le traitement primaire de la MA. Les agents antid\u00e9presseurs qui ont fait leurs preuves dans ce sens sont les inhibiteurs s\u00e9lectifs du recaptage de la s\u00e9rotonine comme le citalopram (diff\u00e9rents g\u00e9n\u00e9riques), l&#8217;escitalopram (Cipralex\u00ae), la mirtazapine (par exemple Remeron\u00ae) et la sertraline (par exemple Zoloft\u00ae). Les anticonvulsivants peuvent \u00eatre utilis\u00e9s pour traiter l&#8217;agressivit\u00e9. Les m\u00e9dicaments qui ont fait leurs preuves sont notamment : Valproate (p.ex. Depakine\u00ae), Carbamazepine (p.ex. Tegretol\u00ae) et Oxcarbazepine (p.ex. <sup>Trileptal\u00ae<\/sup>).<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une \u00e9valuation pr\u00e9cise de l&#8217;indication, les antipsychotiques peuvent \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9s pour le traitement des psychoses aigu\u00ebs ou de l&#8217;agressivit\u00e9, mais il faut tenir compte de la moins bonne tol\u00e9rance chez les patients \u00e2g\u00e9s et des interactions pharmacodynamiques possibles, en particulier en cas de traitement simultan\u00e9 avec la m\u00e9mantine [28,29].<\/p>\n<p>L&#8217;utilisation de benzodiaz\u00e9pines doit \u00e9galement faire l&#8217;objet d&#8217;une attention particuli\u00e8re en ce qui concerne l&#8217;incidence accrue d&#8217;effets secondaires tels que l&#8217;instabilit\u00e9 de la position et de la marche et la tendance \u00e0 la chute, de sorte que seule une utilisation \u00e0 court terme est recommand\u00e9e.<\/p>\n<p>En raison de l&#8217;\u00e2ge avanc\u00e9 des patients atteints de MA, il existe souvent une comorbidit\u00e9 avec d&#8217;autres maladies neurologiques et internes. Afin de fournir les meilleurs soins possibles, les m\u00e9decins et les th\u00e9rapeutes impliqu\u00e9s devraient suivre un concept de traitement commun et interdisciplinaire. Cela concerne en particulier les maladies telles que l&#8217;asthme et la BPCO, la gastrite et les cin\u00e9toses, pour lesquelles des alternatives aux m\u00e9dicaments anticholinergiques doivent \u00eatre envisag\u00e9es afin d&#8217;\u00e9viter les effets secondaires ou les interactions ayant un effet n\u00e9gatif sur les performances cognitives du patient [16].<\/p>\n<p>En cas de traitement par la m\u00e9mantine, il faut tenir compte des interactions pharmacodynamiques possibles au niveau du syst\u00e8me dopaminergique, notamment en cas de comorbidit\u00e9 avec des troubles moteurs hypokin\u00e9tiques. Une contre-indication \u00e0 la m\u00e9mantine est la m\u00e9dication simultan\u00e9e avec d&#8217;autres antagonistes des r\u00e9cepteurs NMDA, comme l&#8217;amantadine (par exemple <sup>PK-Merz\u00ae<\/sup>) ou l&#8217;antitussif dextrom\u00e9thorphane (Bexin\u00ae, <sup>Bexomed\u00ae<\/sup>, <sup>Bisolvon\u00ae<\/sup>, <sup>Calmerphan\u00ae<\/sup>, <sup>Calmesin\u00ae<\/sup>, <sup>Dextro-Med\u00ae<\/sup>, <sup>Emedrin\u00ae<\/sup>, <sup>Pretuval\u00ae<\/sup>, <sup>Pulmofor\u00ae<\/sup>).<\/p>\n<h2 id=\"perspectives-davenir-etudes-cliniques-et-approche-de-traitement-preventif\">Perspectives d&#8217;avenir : \u00c9tudes cliniques et approche de traitement pr\u00e9ventif<\/h2>\n<p>Dans le cadre de projets de recherche clinique en cours, un grand nombre de substances sont test\u00e9es pour savoir si elles sont susceptibles de pr\u00e9venir la MA, de ralentir la progression de la maladie ou au moins d&#8217;am\u00e9liorer les sympt\u00f4mes de la MA. Le site web du National Institute of Aging (NIA) pr\u00e9sente des \u00e9tudes cliniques r\u00e9centes sur l&#8217;intervention th\u00e9rapeutique dans la MA [30]. L&#8217;un des points forts de la recherche sur le traitement de la MA repose sur diff\u00e9rentes approches visant \u00e0 pr\u00e9venir le d\u00e9p\u00f4t d&#8217;A\u03b2 c\u00e9r\u00e9bral ou \u00e0 favoriser la clairance de l&#8217;A\u03b2 c\u00e9r\u00e9bral [31]. Il existe actuellement des essais cliniques sur les inhibiteurs de la synth\u00e8se de l&#8217;A\u03b2, mais aussi sur les m\u00e9thodes immunologiques \u00e0 base d&#8217;anticorps contre l&#8217;A\u03b2 [32,33].<\/p>\n<p>Les recherches actuelles sugg\u00e8rent qu&#8217;un traitement efficace cibl\u00e9 sur A\u03b2 devrait commencer \u00e0 un stade tr\u00e8s pr\u00e9coce de la maladie, id\u00e9alement avant la manifestation d&#8217;une l\u00e9sion neuronale irr\u00e9versible majeure ainsi qu&#8217;avant l&#8217;apparition de la symptomatologie clinique qui en r\u00e9sulte. Dans ce contexte, il est particuli\u00e8rement important d&#8217;am\u00e9liorer les proc\u00e9dures de diagnostic afin de pouvoir identifier de mani\u00e8re fiable les personnes pr\u00e9sentant un risque accru de MA au stade pr\u00e9clinique de la maladie [10]. Il est possible que la r\u00e9duction des neurofibrilles Tau ait un effet th\u00e9rapeutique sur la MA, mais selon nos informations, il n&#8217;existe pas encore d&#8217;\u00e9tudes cliniques actives sur ce sujet [34]. Une approche alternative de la recherche est l&#8217;\u00e9tude de substances actives \u00e9tablies en vue d&#8217;une \u00e9ventuelle efficacit\u00e9 dans la MA (&#8220;drug repositioning&#8221;) [35].<\/p>\n<p><strong>Dr Paul G. Unschuld<\/strong><\/p>\n<h3 id=\"litterature\">Litt\u00e9rature :<\/h3>\n<ol>\n<li>Hock C, Nitsch RM : [Alzheimer dementia]. Praxis (Berne 1994) 2000 ; 89 : 529-540.<\/li>\n<li>Wilmo A, Prince M : &#8220;World Alzheimer Report 2010 : The global economic impact of dementia&#8221;, in : Alzheimer&#8217;s Disease International 2010. (Illinois, \u00c9tats-Unis).<\/li>\n<li>Albert MS, et al : The diagnosis of mild cognitive impairment due to Alzheimer&#8217;s disease : recommendations from the National Institute on Aging-Alzheimer&#8217;s Association workgroups on diagnostic guidelines for Alzheimer&#8217;s disease. Alzheimer&#8217;s &amp; dementia : the journal of the Alzheimer&#8217;s Association 2011 ; 7 : 270-279.<\/li>\n<li>Ballard, C., et al : Maladie d&#8217;Alzheimer. Lancet 2011 ; 377 : 1019-1031.<\/li>\n<li>Lyketsos CG, et al : Sympt\u00f4mes neuropsychiatriques dans la maladie d&#8217;Alzheimer. Alzheimers Dement 2011 ; 7 : 532-539.<\/li>\n<li>Savaskan E, et al. : Recommandations pour le diagnostic et le traitement des sympt\u00f4mes comportementaux et psychologiques de la d\u00e9mence (BPSD). Praxis (Berne 1994) 2014 ; 103 : 135-148.<\/li>\n<li>Alzheimer, A : Sur une \u00e9trange maladie du cortex c\u00e9r\u00e9bral. 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