{"id":345614,"date":"2014-04-11T00:00:00","date_gmt":"2014-04-10T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/lapproche-multidisciplinaire-est-utile-et-gratifiante\/"},"modified":"2014-04-11T00:00:00","modified_gmt":"2014-04-10T22:00:00","slug":"lapproche-multidisciplinaire-est-utile-et-gratifiante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/lapproche-multidisciplinaire-est-utile-et-gratifiante\/","title":{"rendered":"L&#8217;approche multidisciplinaire est utile et gratifiante"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les d\u00e9mangeaisons affectent massivement la qualit\u00e9 de vie et le sommeil et peuvent ainsi entra\u00eener des probl\u00e8mes secondaires tels que le manque de sommeil, la fatigue, la d\u00e9pression, la r\u00e9duction de l&#8217;\u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral et m\u00eame des probl\u00e8mes cardiovasculaires. Cet article traite du prurit li\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e2ge, qui est g\u00e9n\u00e9ralement tr\u00e8s chronique et difficile \u00e0 influencer. Les causes, les examens et les options th\u00e9rapeutiques seront discut\u00e9s, l&#8217;objectif \u00e9tant d&#8217;offrir quelques pistes de diagnostic et de traitement aux praticiens et de sensibiliser le corps m\u00e9dical et le personnel soignant \u00e0 ce probl\u00e8me.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0 dans l&#8217;Enfer de Dante Alighieri, les faussaires, les menteurs et les alchimistes sont punis d&#8217;une \u00e9ternelle d\u00e9mangeaison. Cette punition se situe au plus profond du huiti\u00e8me cercle de l&#8217;enfer, tr\u00e8s pr\u00e8s du point le plus bas de l&#8217;enfer et donc proche de Lucifer. Cela montre clairement comment nos anc\u00eatres jugeaient d\u00e9j\u00e0 les d\u00e9mangeaisons comme une grave punition de Dieu.<\/p>\n<p>Les d\u00e9mangeaisons sont un sympt\u00f4me tr\u00e8s subjectif qui ne peut pas \u00eatre mesur\u00e9 objectivement. C&#8217;est pourquoi il n&#8217;existe que peu d&#8217;\u00e9tudes cliniques randomis\u00e9es et contr\u00f4l\u00e9es sur le traitement des d\u00e9mangeaisons. Le prurit est d\u00e9fini comme une sensation d\u00e9sagr\u00e9able et diffuse dans la peau qui entra\u00eene un grattage ou une envie imp\u00e9rieuse de se gratter. Le prurit chronique est d\u00e9fini comme une d\u00e9mangeaison qui dure plus de six semaines [1]. L&#8217;irritation m\u00e9canique du grattage, mais aussi les dommages caus\u00e9s \u00e0 la peau, d\u00e9clenchent des r\u00e9actions inflammatoires dans lesquelles les cytokines (comme l&#8217;IL-31) et les neuropeptides et neurotransmetteurs locaux jouent un r\u00f4le important dans la peau. Une grande partie des sensations de d\u00e9mangeaison trouve son origine dans la peau et est ensuite g\u00e9n\u00e9ralement transmise au syst\u00e8me nerveux central via les fibres C non my\u00e9linis\u00e9es \u00e0 conduction lente du syst\u00e8me nerveux p\u00e9riph\u00e9rique, via les ganglions dorsaux, o\u00f9 naissent alors les d\u00e9mangeaisons effectivement perceptibles. Des recherches r\u00e9centes [2] prouvent qu&#8217;au niveau du syst\u00e8me nerveux p\u00e9riph\u00e9rique d\u00e9j\u00e0, la transmission et les voies du prurit sont clairement s\u00e9par\u00e9es de la douleur. Cependant, la douleur et les d\u00e9mangeaisons peuvent s&#8217;influencer directement. Normalement, la sensation de douleur pr\u00e9domine, elle peut masquer les d\u00e9mangeaisons. De nombreux patients souffrant de d\u00e9mangeaisons tentent de les combattre en utilisant des d\u00e9clencheurs de douleur tels que le pincement ou le grattage sanglant, car la douleur est g\u00e9n\u00e9ralement plus supportable que les d\u00e9mangeaisons. Le grattage provoque une inflammation et des l\u00e9sions cutan\u00e9es qui, \u00e0 leur tour, rendent le syst\u00e8me sensoriel de la peau beaucoup plus sensible et endommagent la barri\u00e8re cutan\u00e9e, de sorte que de nouvelles irritations entra\u00eenent des crises de d\u00e9mangeaisons de plus en plus graves. Le patient entre dans un cercle vicieux qu&#8217;il est tr\u00e8s difficile de briser. Il incombe au m\u00e9decin d&#8217;identifier les diff\u00e9rentes causes et influences sur les d\u00e9mangeaisons et de lutter contre ou d&#8217;att\u00e9nuer les d\u00e9mangeaisons par des mesures syst\u00e9miques et topiques appropri\u00e9es.<\/p>\n<h2 id=\"causes-physiologiques-des-demangeaisons-liees-a-lage\">Causes physiologiques des d\u00e9mangeaisons li\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u00e2ge<\/h2>\n<p>Le prurit est le principal motif de consultation dermatologique chez les patients de plus de 65 ans et, outre la s\u00e9cheresse cutan\u00e9e, les maladies li\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u00e2ge comme le diab\u00e8te sucr\u00e9, les troubles r\u00e9naux ou h\u00e9patiques, les maladies thyro\u00efdiennes ou les m\u00e9dicaments jouent un r\u00f4le [3,4]. Selon des \u00e9tudes, plus de 60% des personnes de plus de 60 ans souffrent de d\u00e9mangeaisons l\u00e9g\u00e8res \u00e0 s\u00e9v\u00e8res chaque semaine [1]. Le vieillissement de la peau entra\u00eene de nombreux changements qui peuvent \u00e0 leur tour influencer les d\u00e9mangeaisons <strong>(tableau 1) <\/strong>[3,5,6].<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-3572\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab1_s11_DP2.jpg-0d3d0a_1846.jpg\" style=\"height:343px; width:400px\" width=\"859\" height=\"737\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab1_s11_DP2.jpg-0d3d0a_1846.jpg 859w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab1_s11_DP2.jpg-0d3d0a_1846-800x686.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab1_s11_DP2.jpg-0d3d0a_1846-120x103.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab1_s11_DP2.jpg-0d3d0a_1846-90x77.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab1_s11_DP2.jpg-0d3d0a_1846-320x275.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab1_s11_DP2.jpg-0d3d0a_1846-560x480.jpg 560w\" sizes=\"(max-width: 859px) 100vw, 859px\" \/><\/p>\n<p>La r\u00e9duction hormonale et fonctionnelle du s\u00e9bum et de la transpiration avec l&#8217;\u00e2ge est l&#8217;une des principales causes de la s\u00e9cheresse cutan\u00e9e. En outre, l&#8217;atrophie de la peau avec une capacit\u00e9 de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration cellulaire r\u00e9duite et, surtout, des modifications qualitatives et quantitatives de la production de lipides entra\u00eenent une s\u00e9cheresse cutan\u00e9e et une alt\u00e9ration de la fonction de barri\u00e8re. La barri\u00e8re cutan\u00e9e est essentielle pour emp\u00eacher les substances potentiellement sensibilisantes ou irritantes, telles que les parfums, les conservateurs, les d\u00e9tergents ou autres additifs, d&#8217;atteindre la couche vivante de la peau et le syst\u00e8me immunitaire. Ces substances chimiques peuvent provoquer un ecz\u00e9ma de contact allergique et\/ou irritatif, qui peut entra\u00eener des d\u00e9mangeaisons via une r\u00e9action inflammatoire ou d\u00e9clencher directement, via les cellules cutan\u00e9es ou les fibres nerveuses de la peau, des sensations telles que des picotements, des fourmis, des br\u00fblures ou des d\u00e9mangeaisons. Enfin, la diminution de la r\u00e9sistance aux forces m\u00e9caniques (cisaillement, d\u00e9chirure ou pression) ou aux radiations physiques entra\u00eene des plaies ou des inflammations qui, \u00e0 leur tour, d\u00e9clenchent ou aggravent les d\u00e9mangeaisons.<\/p>\n<p>D\u00e8s le XIXe si\u00e8cle, les pionniers de la dermatologie, Hebra et Kaposi, ont postul\u00e9 une alt\u00e9ration du syst\u00e8me nerveux p\u00e9riph\u00e9rique li\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e2ge, avec une neuropathie infraclinique. Une telle neuropathie peut entra\u00eener initialement des hypersensibilit\u00e9s avec allodynies ou cacodynies, puis des hyposensibilit\u00e9s. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est aggrav\u00e9 par la pr\u00e9sence d&#8217;un diab\u00e8te suppl\u00e9mentaire. Quoi qu&#8217;il en soit, la sensibilit\u00e9 de la peau \u00e9volue avec l&#8217;\u00e2ge.<\/p>\n<h2 id=\"les-dermatoses-comme-declencheurs-de-demangeaisons\">Les dermatoses comme d\u00e9clencheurs de d\u00e9mangeaisons<\/h2>\n<p><strong>Le tableau 2<\/strong> r\u00e9sume les principaux d\u00e9clencheurs dermatologiques du prurit li\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e2ge. La principale cause des d\u00e9mangeaisons chez les personnes \u00e2g\u00e9es est une peau g\u00e9n\u00e9ralement s\u00e8che et fissur\u00e9e (x\u00e9rose cutan\u00e9e). Ceci est certainement renforc\u00e9 en hiver par le froid et l&#8217;air sec. Il est int\u00e9ressant de noter que mon exp\u00e9rience dans l&#8217;environnement tropical de Singapour, avec un taux d&#8217;humidit\u00e9 \u00e9lev\u00e9 (&gt;80%) et des temp\u00e9ratures toujours sup\u00e9rieures \u00e0 30 \u00b0C, a montr\u00e9 que dans ces conditions, les seniors pr\u00e9sentent autant de peau s\u00e8che avec des d\u00e9mangeaisons que la population de r\u00e9f\u00e9rence en Suisse. Cela signifie que l&#8217;humidit\u00e9 et la temp\u00e9rature de l&#8217;air sont moins responsables de la s\u00e9cheresse de la peau que les modifications de la barri\u00e8re cutan\u00e9e li\u00e9es \u00e0 la g\u00e9n\u00e9tique ou \u00e0 l&#8217;\u00e2ge.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3573 lazyload\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab2_s11_DP2.jpg-114cb5_1847.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 865px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 865\/1102;height:510px; width:400px\" width=\"865\" height=\"1102\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab2_s11_DP2.jpg-114cb5_1847.jpg 865w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab2_s11_DP2.jpg-114cb5_1847-800x1019.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab2_s11_DP2.jpg-114cb5_1847-120x153.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab2_s11_DP2.jpg-114cb5_1847-90x115.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab2_s11_DP2.jpg-114cb5_1847-320x408.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab2_s11_DP2.jpg-114cb5_1847-560x713.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 865px) 100vw, 865px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>L&#8217;un des exemples typiques de barri\u00e8re cutan\u00e9e endommag\u00e9e et alt\u00e9r\u00e9e avec une peau s\u00e8che est la mutation du g\u00e8ne de la filaggrine, qui est associ\u00e9e \u00e0 l&#8217;ichtyose et aux maladies atopiques chez les Caucasiens [7].<\/p>\n<p>La pr\u00e9disposition atopique se caract\u00e9rise par une sensibilit\u00e9 de la peau et des muqueuses associ\u00e9e \u00e0 des allergies telles que la rhinoconjonctivite ou l&#8217;asthme et, surtout, une peau s\u00e8che avec ecz\u00e9ma atopique. La peau s\u00e8che et craquel\u00e9e associ\u00e9e \u00e0 un d\u00e9s\u00e9quilibre du syst\u00e8me immunitaire entra\u00eene des changements dans la composition du microbiote cutan\u00e9. La colonisation bact\u00e9rienne de la peau est \u00e9galement fortement modifi\u00e9e par l&#8217;utilisation de d\u00e9sinfectants topiques, de produits de soin de la peau et, surtout, d&#8217;antibiotiques topiques et syst\u00e9miques. On accorde de plus en plus d&#8217;importance \u00e0 la composition du microbiote de la peau et probablement aussi du tractus gastro-intestinal dans la gen\u00e8se de diff\u00e9rents types d&#8217;ecz\u00e9ma et d&#8217;allergies. Davantage d&#8217;\u00e9tudes sont n\u00e9cessaires pour examiner les facteurs g\u00e9n\u00e9tiques et l&#8217;influence du microbiome, en particulier dans la peau vieillissante.<\/p>\n<p>La peau s\u00e8che peut provoquer un ecz\u00e9ma de d\u00e9shydratation tr\u00e8s inflammatoire et prurigineux en raison d&#8217;un grattage constant, d&#8217;une colonisation bact\u00e9rienne et mycologique et d&#8217;irritations cutan\u00e9es. Le traitement de la peau s\u00e8che chronique et des d\u00e9mangeaisons incite les patients \u00e0 utiliser toutes sortes de rem\u00e8des maison, qui peuvent \u00e0 leur tour d\u00e9clencher des irritations et des allergies. On utilise parfois des produits contenant de l&#8217;alcool, car le refroidissement qu&#8217;ils procurent permet de r\u00e9duire les d\u00e9mangeaisons \u00e0 court terme, ou on prend r\u00e9guli\u00e8rement des douches froides ou chaudes. Toutes ces mesures irritent, d\u00e9graissent et ass\u00e8chent encore plus la peau et sont donc contre-productives.&nbsp;<\/p>\n<p>Les l\u00e9sions ecz\u00e9mateuses subaigu\u00ebs circulaires et bien d\u00e9limit\u00e9es de l&#8217;ecz\u00e9ma nummulaire-microbien constituent une forme particuli\u00e8re d&#8217;ecz\u00e9ma de d\u00e9shydratation. Pourtant, ce type d&#8217;ecz\u00e9ma semble \u00e9galement \u00eatre une variante de l&#8217;ecz\u00e9ma atopique chez les personnes \u00e2g\u00e9es.<\/p>\n<p>L&#8217;ecz\u00e9ma congestif rev\u00eat une importance particuli\u00e8re chez les personnes \u00e2g\u00e9es en cas d&#8217;insuffisance veineuse chronique et d&#8217;\u0153d\u00e8me chronique des jambes. Le lymph\u0153d\u00e8me, les troubles trophiques de la circulation cutan\u00e9e et \u00e9galement le purpura congestif entra\u00eenent des inflammations, des d\u00e9mangeaisons et des l\u00e9sions ecz\u00e9mateuses. Il est alors \u00e9galement important de traiter la cause, \u00e0 savoir l&#8217;\u0153d\u00e8me dans les jambes, par une th\u00e9rapie de compression syst\u00e9matique (bas de contention ou bandes \u00e0 allongement court). En cas d&#8217;ecz\u00e9ma congestif r\u00e9cidivant qui ne r\u00e9pond pas m\u00eame \u00e0 des approches th\u00e9rapeutiques correctes, il faut exclure un ecz\u00e9ma de contact allergique suppl\u00e9mentaire. L&#8217;investigation d&#8217;un ecz\u00e9ma de contact allergique repose sur une bonne anamn\u00e8se, accompagn\u00e9e de tests \u00e9picutan\u00e9s avec une \u00e9valuation correcte.<\/p>\n<p>Les d\u00e9mangeaisons peuvent parfois \u00eatre le premier sympt\u00f4me de la pemphigo\u00efde bulleuse et les bulles tendues typiques n&#8217;apparaissent que plus tard. Parfois, la pemphigo\u00efde bulleuse peut appara\u00eetre sous la clinique d&#8217;\u00e9rosions cro\u00fbteuses, semblables aux s\u00e9ropapules du purigo simplex subacuta. Des l\u00e9sions unicellulaires sp\u00e9cifiques et surtout l&#8217;histopathologie et l&#8217;immunofluorescence avec les d\u00e9p\u00f4ts en forme de bande typiques d&#8217;IgG et de compl\u00e9ment dans la zone de la membrane basale permettent de poser le bon diagnostic.<\/p>\n<p>Les \u00e9pid\u00e9mies de d\u00e9mangeaisons avec des sympt\u00f4mes nocturnes dans les maisons de retraite sont tr\u00e8s typiques des infections de la peau par Sarkoptes scabiei (scabies, gale). Un diagnostic et un traitement rapides et corrects de toutes les personnes en contact avec la maladie sont essentiels pour la gestion de la scabiose. L&#8217;ivermectine, un antiparasitaire, est de plus en plus souvent prescrit pour traiter cette parasitose cutan\u00e9e. Mais les personnes en contact doivent \u00e9galement \u00eatre trait\u00e9es et les parasites pr\u00e9sents dans les v\u00eatements et la literie doivent \u00eatre \u00e9limin\u00e9s.<\/p>\n<h4 id=\"les-maladies-systemiques-comme-declencheurs-de-demangeaisons\">Les maladies syst\u00e9miques comme d\u00e9clencheurs de d\u00e9mangeaisons<\/h4>\n<p>Diff\u00e9rentes maladies syst\u00e9miques, qui se multiplient avec l&#8217;\u00e2ge, sont responsables des d\u00e9mangeaisons chez les personnes \u00e2g\u00e9es<strong> (tableau 3).<\/strong> Le diab\u00e8te sucr\u00e9 joue un r\u00f4le particulier. La neuropathie p\u00e9riph\u00e9rique diab\u00e9tique est impliqu\u00e9e dans la pathogen\u00e8se et peut entra\u00eener des d\u00e9mangeaisons chroniques. Ces d\u00e9mangeaisons peuvent \u00eatre un sympt\u00f4me pr\u00e9coce du diab\u00e8te sucr\u00e9. C&#8217;est pourquoi un examen approfondi des d\u00e9mangeaisons permet souvent de mettre en \u00e9vidence un diab\u00e8te sucr\u00e9 cach\u00e9 et donc de mettre en place un traitement et un r\u00e9gime pr\u00e9coces et corrects.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3574 lazyload\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab3_s12_dp2.jpg-1dea74_1850.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 865px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 865\/1341;height:620px; width:400px\" width=\"865\" height=\"1341\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab3_s12_dp2.jpg-1dea74_1850.jpg 865w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab3_s12_dp2.jpg-1dea74_1850-800x1240.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab3_s12_dp2.jpg-1dea74_1850-120x186.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab3_s12_dp2.jpg-1dea74_1850-90x140.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab3_s12_dp2.jpg-1dea74_1850-320x496.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab3_s12_dp2.jpg-1dea74_1850-560x868.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 865px) 100vw, 865px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>Des d\u00e9mangeaisons s\u00e9v\u00e8res et r\u00e9sistantes au traitement, localis\u00e9es et g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es, sont souvent pr\u00e9sentes dans l&#8217;insuffisance r\u00e9nale chronique, et parfois la dialyse ne peut apporter qu&#8217;une aide partielle. Le prurit cholestatique est la principale cause de d\u00e9mangeaisons chroniques dans les maladies du foie. Les maladies du foie sans cholestase, comme l&#8217;h\u00e9patite virale ou la cirrhose, ne sont g\u00e9n\u00e9ralement pas associ\u00e9es \u00e0 des d\u00e9mangeaisons. Les maladies malignes constituent un diagnostic diff\u00e9rentiel important des d\u00e9mangeaisons chroniques chez les personnes \u00e2g\u00e9es. Le prurit est un sympt\u00f4me paran\u00e9oplasique important, surtout en cas d&#8217;h\u00e9mopathies malignes et de my\u00e9lodysplasies ; celles-ci doivent toujours \u00eatre exclues. Parfois, les carcinomes du rectum, de l&#8217;ut\u00e9rus ou de la prostate peuvent provoquer des d\u00e9mangeaisons localis\u00e9es dans la zone g\u00e9nito-anale.<\/p>\n<p>Les m\u00e9dicaments peuvent d\u00e9clencher des d\u00e9mangeaisons en soi, sans sensibilisation sp\u00e9cifique et sans manifestation cutan\u00e9e. De nombreux m\u00e9dicaments couramment utilis\u00e9s en g\u00e9riatrie peuvent d\u00e9clencher de telles d\u00e9mangeaisons, comme les opio\u00efdes, l&#8217;hydrochlorothiazide, les \u0153strog\u00e8nes, les inhibiteurs de l&#8217;ECA, l&#8217;allopurinol, la simvastatine, l&#8217;amiodarone et bien d&#8217;autres (voir \u00e9galement Jerome Y. Litt, Drug Eruption Reference Manual, Parthenon Publishing Group). Il s&#8217;agit souvent de r\u00e9actions non allergiques avec lib\u00e9ration pharmacologique non sp\u00e9cifique d&#8217;amines biog\u00e8nes. La plupart des r\u00e9actions syst\u00e9miques aux m\u00e9dicaments se manifestent toutefois par des manifestations cutan\u00e9es parfois caract\u00e9ristiques (maculopapuleuses, pustuleuses, ecz\u00e9mateuses, v\u00e9siculeuses). Parfois, une \u00e9osinophilie p\u00e9riph\u00e9rique peut \u00eatre isol\u00e9e sans manifestation cutan\u00e9e et indiquer une r\u00e9action m\u00e9dicamenteuse allergique. La fi\u00e8vre, la lymphad\u00e9nopathie, l&#8217;augmentation des transaminases ou la pharyngite peuvent \u00e9galement indiquer un syndrome DRESS (&#8220;Drug Related Eosinophilia with Systemic Symptoms&#8221;). Comme les m\u00e9dicaments les plus divers sont prescrits aux personnes \u00e2g\u00e9es et que les d\u00e9mangeaisons peuvent parfois n&#8217;appara\u00eetre qu&#8217;apr\u00e8s plusieurs semaines ou mois, il n&#8217;est pas toujours facile de d\u00e9terminer si un prurit est d&#8217;origine m\u00e9dicamenteuse et il faut parfois arr\u00eater ou remplacer tous les m\u00e9dicaments pendant au moins un mois. L&#8217;anamn\u00e8se est ici l&#8217;outil le plus important pour un diagnostic correct. Les m\u00e9dicaments n\u00e9cessaires peuvent alors \u00eatre r\u00e9introduits un par un, \u00e0 des intervalles d&#8217;une \u00e0 deux semaines. Si des sympt\u00f4mes cutan\u00e9s sont pr\u00e9sents, des investigations allergologiques avec des tests cutan\u00e9s peuvent \u00eatre utiles.<\/p>\n<h2 id=\"evaluations-de-lage\">\u00c9valuations de l&#8217;\u00e2ge<\/h2>\n<p>Comme pour tout prurit, une anamn\u00e8se pr\u00e9cise est d\u00e9cisive pour une clarification correcte du prurit li\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e2ge. Ce sont surtout les rapports de temps qui sont d\u00e9terminants. Depuis quand le prurit existe-t-il, est-il apparu brutalement d&#8217;un jour \u00e0 l&#8217;autre ou de mani\u00e8re insidieuse sur plusieurs jours ou semaines, est-il li\u00e9 \u00e0 certains moments de la journ\u00e9e ou \u00e0 une p\u00e9riodicit\u00e9 mensuelle, existe-t-il des d\u00e9clencheurs sp\u00e9cifiques ou des corr\u00e9lations temporelles avec la prise d&#8217;aliments, l&#8217;utilisation de m\u00e9dicaments ou l&#8217;application de produits externes ? En outre, il est indispensable d&#8217;\u00e9tablir une anamn\u00e8se tr\u00e8s pr\u00e9cise des maladies et des op\u00e9rations. Les informations sur l&#8217;environnement social et familial sont \u00e9galement d\u00e9terminantes, pour savoir si les d\u00e9mangeaisons sont apparues de mani\u00e8re isol\u00e9e ou si d&#8217;autres personnes de l&#8217;entourage proche sont \u00e9galement concern\u00e9es. Les ant\u00e9c\u00e9dents familiaux et personnels peuvent donner des indications sur une pr\u00e9disposition atopique (rhinoconjonctivite allergique, asthme bronchique, ecz\u00e9ma atopique).<\/p>\n<p>Une anamn\u00e8se correcte repr\u00e9sente d\u00e9j\u00e0 plus de la moiti\u00e9 de l&#8217;anamn\u00e8se du prurit, et les examens suivants confirment la suspicion ou peuvent conduire \u00e0 une nouvelle piste, qui doit ensuite \u00eatre confirm\u00e9e par une anamn\u00e8se \u00e9largie. Le <strong>tableau&nbsp;4<\/strong> r\u00e9sume les examens compl\u00e9mentaires \u00e0 effectuer en cas de prurit, sachant qu&#8217;un examen pr\u00e9cis de l&#8217;ensemble du patient (y compris des muqueuses) est essentiel. Les examens compl\u00e9mentaires mentionn\u00e9s d\u00e9pendent du tableau clinique et de l&#8217;anamn\u00e8se.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3575 lazyload\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab4_s14_dp2.jpg-2d7b72_1852.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 865px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 865\/1122;height:519px; width:400px\" width=\"865\" height=\"1122\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab4_s14_dp2.jpg-2d7b72_1852.jpg 865w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab4_s14_dp2.jpg-2d7b72_1852-800x1038.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab4_s14_dp2.jpg-2d7b72_1852-120x156.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab4_s14_dp2.jpg-2d7b72_1852-90x117.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab4_s14_dp2.jpg-2d7b72_1852-320x415.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Tab4_s14_dp2.jpg-2d7b72_1852-560x726.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 865px) 100vw, 865px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<h2 id=\"traitement-du-prurit-lie-a-lage\">Traitement du prurit li\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e2ge<\/h2>\n<p><strong>La figure 1<\/strong> montre un sch\u00e9ma th\u00e9rapeutique possible.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3576 lazyload\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/abb1_s14_dp2.jpg-183983_1849.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/888;height:484px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"888\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/abb1_s14_dp2.jpg-183983_1849.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/abb1_s14_dp2.jpg-183983_1849-800x646.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/abb1_s14_dp2.jpg-183983_1849-120x97.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/abb1_s14_dp2.jpg-183983_1849-90x73.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/abb1_s14_dp2.jpg-183983_1849-320x258.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/abb1_s14_dp2.jpg-183983_1849-560x452.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>Dans le cas du prurit li\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e2ge en particulier, il est important que le traitement se concentre sur les multiples causes identifi\u00e9es et les facteurs aggravants suppl\u00e9mentaires. Chaque probl\u00e8me individuel doit \u00eatre abord\u00e9 dans le cadre d&#8217;une approche multidisciplinaire et corrig\u00e9 ou trait\u00e9 de la meilleure fa\u00e7on possible. Les \u00e9ventuelles causes irritatives ou allergiques doivent \u00eatre identifi\u00e9es et \u00e9vit\u00e9es. C&#8217;est surtout l&#8217;anamn\u00e8se m\u00e9dicamenteuse pr\u00e9cise qui peut indiquer d&#8217;\u00e9ventuelles causes m\u00e9dicamenteuses du prurit. Ensuite, ce traitement suspect doit \u00eatre remplac\u00e9 ou arr\u00eat\u00e9 pendant au moins un mois. Si aucune am\u00e9lioration du prurit ne se produit, le m\u00e9dicament n&#8217;en \u00e9tait probablement pas la cause.<\/p>\n<p>La principale cause unique ou suppl\u00e9mentaire du prurit li\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e2ge est la s\u00e9cheresse de la peau. C&#8217;est pourquoi il convient d&#8217;accorder une attention particuli\u00e8re \u00e0 une th\u00e9rapie de soins relipidants de qualit\u00e9 et suffisante. Comme il existe g\u00e9n\u00e9ralement une d\u00e9shydratation de la peau li\u00e9e \u00e0 la g\u00e9n\u00e9tique et \u00e0 l&#8217;\u00e2ge, avec des modifications des lipides cutan\u00e9s et de la barri\u00e8re cutan\u00e9e, la r\u00e9hydratation et l&#8217;hydratation doivent \u00eatre effectu\u00e9es de l&#8217;ext\u00e9rieur. Les pr\u00e9parations externes contenant des additifs potentiellement irritants et sensibilisants doivent \u00eatre \u00e9vit\u00e9es. En particulier, les parfums, les conservateurs et les additifs naturels les plus divers peuvent tout simplement p\u00e9n\u00e9trer la barri\u00e8re cutan\u00e9e perturb\u00e9e dans la peau vieillissante et perturber, endommager ou stimuler les cellules cutan\u00e9es vivantes de l&#8217;\u00e9piderme ainsi que les cellules immunitaires de la peau. Il en r\u00e9sulte une r\u00e9action inflammatoire de la peau qui, \u00e0 son tour, augmente les d\u00e9mangeaisons. C&#8217;est pourquoi j&#8217;ai pour principe d&#8217;utiliser autant que possible des pr\u00e9parations de soins topiques, comme des cr\u00e8mes, des pommades ou des shampooings au savon, qui contiennent un minimum d&#8217;additifs. Moins, c&#8217;est plus ! On peut supposer que les \u00e9mulsions eau dans l&#8217;huile (pommades) contiennent g\u00e9n\u00e9ralement moins d&#8217;additifs (\u00e9mulsifiants, conservateurs) et qu&#8217;elles regraissent mieux que les \u00e9mulsions huile dans l&#8217;eau (cr\u00e8mes, lotions). Mais l&#8217;observance est g\u00e9n\u00e9ralement meilleure chez le patient dont les bases sont moins grasses et il faut donc parfois trouver un compromis. Le principe est d&#8217;utiliser des pommades grasses en cas de l\u00e9sions ecz\u00e9mateuses s\u00e8ches, fissur\u00e9es et chroniques et des cr\u00e8mes et lotions moins grasses et aqueuses en cas de l\u00e9sions plut\u00f4t aigu\u00ebs-subaigu\u00ebs et suintantes<strong> (fig.&nbsp;2).<\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3577 lazyload\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Abb1_s15_dp2.jpg-1479c5_1848.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/847;height:462px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"847\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Abb1_s15_dp2.jpg-1479c5_1848.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Abb1_s15_dp2.jpg-1479c5_1848-800x616.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Abb1_s15_dp2.jpg-1479c5_1848-120x92.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Abb1_s15_dp2.jpg-1479c5_1848-90x68.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Abb1_s15_dp2.jpg-1479c5_1848-320x246.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Abb1_s15_dp2.jpg-1479c5_1848-560x431.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>Le traitement topique d\u00e9pend de l&#8217;observance du patient. La plupart des th\u00e9rapies topiques \u00e9chouent en raison d&#8217;une application trop faible des produits topiques. Il faut une grande discipline de la part du patient ; le m\u00e9decin et le personnel soignant doivent soutenir et aider les patients dans cette d\u00e9marche. Les patients \u00e2g\u00e9s en particulier ont souvent une mobilit\u00e9 r\u00e9duite et ne peuvent pas s&#8217;appliquer eux-m\u00eames la cr\u00e8me. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, il faut utiliser 30&nbsp;g de cr\u00e8me de soin par application sur l&#8217;ensemble du corps, c&#8217;est-\u00e0-dire qu&#8217;en cas de relipidation sur l&#8217;ensemble du corps deux fois par jour (ce qui correspond \u00e0 un traitement relipidant normal), il faut id\u00e9alement 500&nbsp;g de cr\u00e8me ou de pommade toutes les 1 \u00e0 2 semaines. Il est \u00e9galement important d&#8217;informer les patients qu&#8217;il faut \u00e9viter les produits externes contenant de l&#8217;alcool ou les douches fr\u00e9quentes. Cela ass\u00e8che encore une fois la peau et aggrave les d\u00e9mangeaisons \u00e0 long terme, malgr\u00e9 un soulagement \u00e0 court terme.<\/p>\n<p>Lorsque la th\u00e9rapie de soins de la peau a \u00e9t\u00e9 optimis\u00e9e, des mesures suppl\u00e9mentaires peuvent \u00eatre combin\u00e9es. Il s&#8217;agit notamment d&#8217;une combinaison d&#8217;antihistaminiques s\u00e9datifs et non s\u00e9datifs. Il faut toutefois souligner qu&#8217;aucune \u00e9tude n&#8217;a encore pu prouver clairement que les antihistaminiques pouvaient r\u00e9ellement r\u00e9duire les d\u00e9mangeaisons chroniques. En cas de maladie ecz\u00e9mateuse et inflammatoire, les corticost\u00e9ro\u00efdes topiques sont indiqu\u00e9s et, en cas d&#8217;utilisation prolong\u00e9e, peut-\u00eatre aussi les inhibiteurs de la calcineurine (tacrolimus, pim\u00e9crolimus). Cependant, les corticost\u00e9ro\u00efdes doivent \u00eatre \u00e9vit\u00e9s en cas de prurit sans inflammation cutan\u00e9e visible (par exemple en cas de x\u00e9rose cutan\u00e9e pure), car l&#8217;effet anti-inflammatoire primaire ne peut pas s&#8217;appliquer ici. L&#8217;utilisation \u00e0 long terme, m\u00eame de st\u00e9ro\u00efdes faibles, doit \u00eatre \u00e9vit\u00e9e, car elle peut avoir un impact n\u00e9gatif sur l&#8217;atrophie cutan\u00e9e, la colonisation microbienne de la peau et parfois sur le m\u00e9tabolisme diab\u00e9tique. Les avantages et les effets secondaires sont ici disproportionn\u00e9s. Je recommande, en cas d&#8217;utilisation prolong\u00e9e, une th\u00e9rapie par intervalles avec application de corticost\u00e9ro\u00efdes externes r\u00e9guli\u00e8rement une \u00e0 deux fois par semaine, par exemple le samedi et le dimanche, et une th\u00e9rapie de soins purs entre les deux.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3578 lazyload\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Abb3_s12_dp2.png-221c6b_1851.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/630;height:344px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"630\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Abb3_s12_dp2.png-221c6b_1851.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Abb3_s12_dp2.png-221c6b_1851-800x458.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Abb3_s12_dp2.png-221c6b_1851-120x69.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Abb3_s12_dp2.png-221c6b_1851-90x52.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Abb3_s12_dp2.png-221c6b_1851-320x183.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Abb3_s12_dp2.png-221c6b_1851-560x321.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>L&#8217;utilisation syst\u00e9mique de la dox\u00e9pine (<sup>Sinquan\u00ae<\/sup>) ou de la mirtazapine (<sup>Remeron\u00ae<\/sup>), qui sont avant tout des antid\u00e9presseurs, mais qui peuvent manifestement aussi agir sur les fibres nerveuses p\u00e9riph\u00e9riques et donc sur le prurit, est certainement une bonne alternative. La dox\u00e9pine peut \u00eatre essay\u00e9e \u00e0 des doses de 10-50&nbsp;mg le soir. Il faut cependant garder \u00e0 l&#8217;esprit que la dox\u00e9pine est s\u00e9dative et qu&#8217;elle a \u00e9galement des effets anticholinergiques avec, par exemple, des troubles urinaires ou des probl\u00e8mes chez les patients glaucomateux. De m\u00eame, une th\u00e9rapie par ultraviolets peut parfois att\u00e9nuer les d\u00e9mangeaisons. J&#8217;ai eu de bons r\u00e9sultats avec les th\u00e9rapies combin\u00e9es UV-A\/UV-B 311&nbsp;nm. Les d\u00e9mangeaisons bas\u00e9es sur des probl\u00e8mes r\u00e9naux et h\u00e9patiques doivent \u00eatre abord\u00e9es de mani\u00e8re sp\u00e9cifique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 id=\"litterature\">Litt\u00e9rature :<\/h3>\n<ol>\n<li>Weisshaar E, et al : Lignes directrices europ\u00e9ennes sur le prurit chronique. Acta Derm Venereol 2012 ; 92 : 563-81.<\/li>\n<li>Sun YG, et al : Base cellulaire de la sensation de d\u00e9mangeaison. Science 2009 ; 325 : 1531-1534.<\/li>\n<li>Ward JR, Bernhard JD : Willan&#8217;s itch and other causes of prurit in the elderly. Int J Dermatol 2005a ; 44 : 267-273.<\/li>\n<li>Ward S : Ecz\u00e9ma et peau s\u00e8che chez les personnes \u00e2g\u00e9es : identification et prise en charge. Br J Community Nurs 2005b ; 10 : 453-456.<\/li>\n<li>Fenske NA, Lober CW : Changements cutan\u00e9s du vieillissement : implications pathologiques. Geriatrics 1990 ; 45 : 27-35.<\/li>\n<li>Cohen KR, et al. : Prurit chez les personnes \u00e2g\u00e9es : approches cliniques pour l&#8217;am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de vie. P T 2012 ; 37 : 227-239.<\/li>\n<li>Irvine AD, Mclean WH : Breaking the (un)sound barrier : filaggrin is a major gene for atopic dermatitis. J Invest Dermatol 2006 ; 126 : 1200-1202.<\/li>\n<\/ol>\n<h4 id=\"\">&nbsp;<\/h4>\n<h4 id=\"conclusion-pour-la-pratique\">CONCLUSION POUR LA PRATIQUE<\/h4>\n<ul>\n<li>Le prurit chez les personnes \u00e2g\u00e9es est g\u00e9n\u00e9ralement une combinaison de plusieurs causes. C&#8217;est pourquoi une approche multidisciplinaire et une collaboration entre les diff\u00e9rents m\u00e9decins et surtout le personnel soignant, le patient et sa famille sont indispensables.<\/li>\n<li>Cela demande beaucoup de temps et d&#8217;efforts, mais cela en vaut la peine, car la r\u00e9duction des d\u00e9mangeaisons permet d&#8217;am\u00e9liorer consid\u00e9rablement la qualit\u00e9 de vie et l&#8217;\u00e9tat de sant\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral du patient.<\/li>\n<li>Une attention particuli\u00e8re doit \u00eatre accord\u00e9e \u00e0 la th\u00e9rapie de soins relipidants et \u00e0 la r\u00e9duction de la peau s\u00e8che.<\/li>\n<li>L&#8217;utilisation correcte et la conformit\u00e9 doivent \u00eatre contr\u00f4l\u00e9es en permanence. Un travail de persuasion et d&#8217;aide qui prend du temps est indispensable.<\/li>\n<li>Des r\u00e9\u00e9valuations permanentes d&#8217;\u00e9ventuels facteurs suppl\u00e9mentaires, de maladies cach\u00e9es ou du traitement m\u00e9dicamenteux doivent \u00eatre effectu\u00e9es en cas de prurit chronique.<\/li>\n<\/ul>\n<h4 id=\"a-retenir\"><em>A RETENIR<\/em><\/h4>\n<ul>\n<li><em>Un prurit chez la personne \u00e2g\u00e9e est le plus souvent la combinaison de diff\u00e9rentes causes. Il en r\u00e9sulte qu&#8217;une approche multidisciplinaire et une collaboration de diff\u00e9rents m\u00e9decins et surtout du personnel soignant, du patient et de sa famille sont incontournables.<\/em><\/li>\n<li><em>Cela n\u00e9cessite beaucoup de temps et d&#8217;efforts, mais en vaut la peine \u00e9tant donn\u00e9 que la r\u00e9duction des d\u00e9mangeaisons peut consid\u00e9rablement am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de vie et l&#8217;\u00e9tat de sant\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral du patient.<\/em><\/li>\n<li><em>\u00c0 cet \u00e9gard, une attention particuli\u00e8re doit \u00eatre port\u00e9e sur les soins relipidants et la r\u00e9duction de <em>la s\u00e9cheresse cutan\u00e9e.<\/em><\/em><\/li>\n<li><em>L&#8217;utilisation correcte et l&#8217;observance doivent \u00eatre contr\u00f4l\u00e9es en permanence. Un travail de persuasion et une aide de longue haleine sont indispensables.<\/em><\/li>\n<li><em>Des r\u00e9\u00e9valuations permanentes des facteurs suppl\u00e9mentaires possibles, des pathologies sous-jacentes ou des traitements m\u00e9dicamenteux doivent \u00eatre effectu\u00e9es dans le prurit chronique.<\/em>\n<p>\t&nbsp;<\/li>\n<\/ul>\n<p><em>DERMATOLOGIE PRATIQUE 2014 ; 24(2) : 10-16<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les d\u00e9mangeaisons affectent massivement la qualit\u00e9 de vie et le sommeil et peuvent ainsi entra\u00eener des probl\u00e8mes secondaires tels que le manque de sommeil, la fatigue, la d\u00e9pression, la r\u00e9duction&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":42745,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Le prurit chez les personnes \u00e2g\u00e9es","footnotes":""},"category":[11362,11531,11368,11549],"tags":[22587,53952,12635,53961,16371,53958,50904,53954,18564],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-345614","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-dermatologie-et-venerologie","category-formation-continue","category-geriatrie-fr","category-rx-fr","tag-barriere-cutanee","tag-declencheur-de-douleur","tag-demangeaisons","tag-demangeaisons-liees-a-lage","tag-dermatose-fr","tag-gratter","tag-inflammation-fr","tag-pincer","tag-prurit","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-04-24 08:58:17","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":345626,"slug":"lapproccio-multidisciplinare-ha-senso-e-vale-la-pena-di-essere-adottato","post_title":"L'approccio multidisciplinare ha senso e vale la pena di essere adottato.","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/lapproccio-multidisciplinare-ha-senso-e-vale-la-pena-di-essere-adottato\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":345628,"slug":"a-abordagem-multidisciplinar-faz-sentido-e-vale-a-pena","post_title":"A abordagem multidisciplinar faz sentido e vale a pena","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/a-abordagem-multidisciplinar-faz-sentido-e-vale-a-pena\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":345631,"slug":"el-enfoque-multidisciplinar-tiene-sentido-y-merece-la-pena","post_title":"El enfoque multidisciplinar tiene sentido y merece la pena","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/el-enfoque-multidisciplinar-tiene-sentido-y-merece-la-pena\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/345614","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=345614"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/345614\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/42745"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=345614"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=345614"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=345614"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=345614"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}