{"id":345755,"date":"2014-03-20T00:00:00","date_gmt":"2014-03-19T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/qui-profite-dun-sommeil-insuffisant\/"},"modified":"2014-03-20T00:00:00","modified_gmt":"2014-03-19T23:00:00","slug":"qui-profite-dun-sommeil-insuffisant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/qui-profite-dun-sommeil-insuffisant\/","title":{"rendered":"Qui profite d&#8217;un sommeil insuffisant ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>La privation de sommeil est une option de traitement chronoth\u00e9rapeutique des troubles d\u00e9pressifs utilis\u00e9e depuis plusieurs d\u00e9cennies. Le traitement de la privation de sommeil est rapide et bien efficace, facile \u00e0 mettre en \u0153uvre, non invasif, rentable et adapt\u00e9 au traitement de la d\u00e9pression en ambulatoire et en hospitalisation. La privation de sommeil entra\u00eene dans le cerveau une dissociation fonctionnelle du cingulum ant\u00e9rieur du r\u00e9seau de repos, ainsi qu&#8217;un recrutement accru du cortex pr\u00e9frontal dorsolat\u00e9ral. Un traitement bas\u00e9 sur des lignes directrices inclut la privation de sommeil comme \u00e9l\u00e9ment compl\u00e9mentaire pour une r\u00e9ponse rapide et pour augmenter un traitement existant. Les patients ayant des ant\u00e9c\u00e9dents de convulsions ou de d\u00e9pression d\u00e9lirante ne doivent pas \u00eatre priv\u00e9s de sommeil.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Il existe un lien \u00e9troit entre l&#8217;affectivit\u00e9 et les rythmes chronobiologiques. Le cycle veille-sommeil joue un r\u00f4le particulier \u00e0 cet \u00e9gard : les modifications de l&#8217;architecture du sommeil et de l&#8217;affect, que ce soit vers le p\u00f4le d\u00e9pressif ou vers le p\u00f4le maniaque, sont interd\u00e9pendantes. Environ 60 \u00e0 80% des patients atteints de troubles d\u00e9pressifs souffrent \u00e9galement de troubles insomniaques. Souvent, les troubles du sommeil &#8211; en particulier les r\u00e9veils matinaux pr\u00e9coces &#8211; pr\u00e9c\u00e8dent imm\u00e9diatement un \u00e9pisode d\u00e9pressif. Ainsi, il semble \u00e0 premi\u00e8re vue paradoxal qu&#8217;une restriction du sommeil puisse entra\u00eener une r\u00e9duction des sympt\u00f4mes cliniquement pertinente dans le cas d&#8217;une d\u00e9pression d\u00e9j\u00e0 manifeste. Le traitement de la privation de sommeil, ou th\u00e9rapie d&#8217;\u00e9veil, est class\u00e9 dans le groupe des m\u00e9dicaments chronoth\u00e9rapeutiques. Il s&#8217;agit de modifier les conditions environnementales de mani\u00e8re \u00e0 influencer de mani\u00e8re cibl\u00e9e les biorythmes des patients (par ex. privation de sommeil, d\u00e9calage des phases de sommeil, luminoth\u00e9rapie, th\u00e9rapie par l&#8217;obscurit\u00e9). Plus de 60 \u00e9tudes ont montr\u00e9 que 50 \u00e0 80% des patients d\u00e9pressifs tirent un b\u00e9n\u00e9fice significatif de la privation de sommeil. En particulier dans des conditions de traitement compliqu\u00e9es comme la d\u00e9pression bipolaire, qui est associ\u00e9e \u00e0 une faible r\u00e9ponse aux m\u00e9dicaments antid\u00e9presseurs, un effet antid\u00e9presseur peut \u00eatre produit chez plus de la moiti\u00e9 des patients [1]. La puissance de l&#8217;effet est comparable \u00e0 celle des antid\u00e9presseurs standard, avec une meilleure tol\u00e9rance. Une caract\u00e9ristique particuli\u00e8rement importante est que le m\u00eame effet antid\u00e9presseur, qui n&#8217;est obtenu qu&#8217;au bout de quatre \u00e0 six semaines avec les m\u00e9dicaments antid\u00e9presseurs, se produit d\u00e9j\u00e0 dans les 24 \u00e0 48 heures. La privation de sommeil et le traitement par perfusion de k\u00e9tamine, encore peu \u00e9tabli \u00e0 ce jour, sont donc les deux seules strat\u00e9gies th\u00e9rapeutiques antid\u00e9pressives disponibles avec un d\u00e9but d&#8217;action imm\u00e9diat [2].<\/p>\n<p>L&#8217;un des inconv\u00e9nients de ce traitement est la courte dur\u00e9e de ses effets : plus de 80% des patients rechutent apr\u00e8s une seule nuit de sommeil (appel\u00e9e nuit de r\u00e9cup\u00e9ration) [3], et certains patients rechutent apr\u00e8s de courtes &#8220;siestes&#8221; ou de courts \u00e9pisodes de sommeil pendant la journ\u00e9e suivant la privation de sommeil. N\u00e9anmoins, certaines \u00e9tudes ont montr\u00e9 une r\u00e9ponse soutenue apr\u00e8s une privation totale de sommeil chez 5 \u00e0 10 % des patients bipolaires-d\u00e9pressifs \u00e9tudi\u00e9s. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, diverses strat\u00e9gies ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es pour produire une r\u00e9mission durable (par exemple, des combinaisons avec du lithium, des antid\u00e9presseurs et la luminoth\u00e9rapie). L&#8217;effet antid\u00e9presseur puissant et imm\u00e9diat, mais de courte dur\u00e9e, fait \u00e9galement de la privation de sommeil une m\u00e9thode exp\u00e9rimentale privil\u00e9gi\u00e9e dans la recherche sur la d\u00e9pression, car elle d\u00e9clenche manifestement un m\u00e9canisme neurobiologique qui, sous la forme d&#8217;un &#8220;switch&#8221;, d\u00e9termine l&#8217;\u00e9tat &#8220;d\u00e9pressif&#8221; ou &#8220;non d\u00e9pressif&#8221; du syst\u00e8me. Apr\u00e8s avoir initialement \u00e9tudi\u00e9 les effets de la privation de sommeil sur la r\u00e9gulation \u00e9lectrophysiologique hom\u00e9ostatique et sur la neurotransmission, qui ont montr\u00e9 une augmentation du tonus s\u00e9rotoninergique, noradr\u00e9nergique et dopaminergique, les \u00e9tudes r\u00e9centes ont surtout fait appel \u00e0 l&#8217;imagerie c\u00e9r\u00e9brale fonctionnelle.<\/p>\n<h2 id=\"modifications-de-la-connectivite-cerebrale-apres-privation-de-sommeil\">Modifications de la connectivit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale apr\u00e8s privation de sommeil<\/h2>\n<p>Les premi\u00e8res \u00e9tudes utilisant la tomographie par \u00e9mission de positons (TEP) ont montr\u00e9 que certains patients d\u00e9pressifs pr\u00e9sentaient une hyperactivit\u00e9 m\u00e9tabolique dans le cortex cingulaire ant\u00e9rieur (ACC) et une hypoactivit\u00e9 dans le cortex pr\u00e9frontal dorsolat\u00e9ral (DLPFC). Une normalisation inverse de ces changements a \u00e9t\u00e9 corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 une att\u00e9nuation des sympt\u00f4mes de la d\u00e9pression. De nouvelles m\u00e9thodes de recherche, telles que l&#8217;analyse de la connectivit\u00e9 des r\u00e9seaux c\u00e9r\u00e9braux \u00e0 l&#8217;aide de l&#8217;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique fonctionnelle (IRMf), ont permis de mieux comprendre la pathophysiologie des syndromes d\u00e9pressifs. Ainsi, une zone du cortex pr\u00e9frontal appel\u00e9e Dorsal Nexus a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e comme pr\u00e9sentant une hyperconnectivit\u00e9 marqu\u00e9e avec diff\u00e9rents r\u00e9seaux c\u00e9r\u00e9braux chez les patients d\u00e9pressifs [4]. Cette zone peut \u00e9ventuellement servir de cible ou de biomarqueur pour la recherche sur les th\u00e9rapies antid\u00e9pressives.<\/p>\n<p>Une \u00e9tude men\u00e9e par notre propre groupe de travail a montr\u00e9 que la privation de sommeil chez les sujets sains entra\u00eene une dissociation fonctionnelle de l&#8217;ACC du r\u00e9seau de repos, tout en augmentant le recrutement des zones du DLPFC via le nexus dorsal. D&#8217;autres \u00e9tudes devront d\u00e9terminer si les patients d\u00e9prim\u00e9s pr\u00e9sentant une suractivation pathologique de l&#8217;ACC associ\u00e9e \u00e0 une sous-activit\u00e9 du DLPFC &#8211; comme on le sait d&#8217;apr\u00e8s des \u00e9tudes ant\u00e9rieures &#8211; b\u00e9n\u00e9ficient sp\u00e9cifiquement d&#8217;une intervention corrigeant ce sch\u00e9ma par la privation de sommeil [5].<\/p>\n<h2 id=\"pratique-de-la-privation-de-sommeil-dans-le-traitement-de-la-depression\">Pratique de la privation de sommeil dans le traitement de la d\u00e9pression<\/h2>\n<p>Malgr\u00e9 des preuves scientifiques solides sur l&#8217;efficacit\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 du traitement de la privation de sommeil, il n&#8217;occupe pas encore une place ad\u00e9quate, surtout dans les soins primaires. Dans le guide de soins S3\/national de la Soci\u00e9t\u00e9 allemande de psychiatrie, psychoth\u00e9rapie, psychosomatique et de neurologie (DGPPN), elle est surtout consid\u00e9r\u00e9e dans le cadre de l&#8217;offre multimodale des unit\u00e9s de soins psychiatriques et psychoth\u00e9rapeutiques. Le cadre hospitalier est avantageux dans la mesure o\u00f9 le maintien de l&#8217;\u00e9veil est facilit\u00e9 par la formation de groupes de patients priv\u00e9s de sommeil et le contr\u00f4le par le personnel soignant.<\/p>\n<p>La facilit\u00e9 d&#8217;utilisation, le caract\u00e8re non invasif et le rapport co\u00fbt-efficacit\u00e9 de ces appareils les rendent \u00e9galement attractifs pour une utilisation ambulatoire. Selon les lignes directrices S3, la privation de sommeil devrait \u00eatre utilis\u00e9e comme mesure compl\u00e9mentaire \u00e0 un traitement existant, surtout si une r\u00e9ponse rapide doit \u00eatre obtenue ou si un traitement insuffisant doit \u00eatre augment\u00e9 <strong>(tableau 1) <\/strong>[6].<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-3414\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Tab1_s17_inFo2.jpg-ecd5d2_1729.jpg\" width=\"1100\" height=\"812\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Tab1_s17_inFo2.jpg-ecd5d2_1729.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Tab1_s17_inFo2.jpg-ecd5d2_1729-800x591.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Tab1_s17_inFo2.jpg-ecd5d2_1729-120x90.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Tab1_s17_inFo2.jpg-ecd5d2_1729-90x66.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Tab1_s17_inFo2.jpg-ecd5d2_1729-320x236.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Tab1_s17_inFo2.jpg-ecd5d2_1729-560x413.jpg 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>Les indications sont aussi bien la d\u00e9pression unipolaire que la d\u00e9pression bipolaire, en particulier dans les cas o\u00f9 le traitement est r\u00e9fractaire. Les patients bipolaires semblent m\u00eame en tirer un meilleur profit que les patients unipolaires, si bien que certains auteurs consid\u00e8rent que l&#8217;indication primaire du traitement par privation de sommeil concerne ce groupe de patients [7]. Les facteurs cliniques pr\u00e9dictifs d&#8217;une r\u00e9ponse \u00e0 la privation de sommeil sont les variations de l&#8217;humeur au cours de la journ\u00e9e et la pr\u00e9sence d&#8217;un syndrome somatique (&#8220;melancholic depression&#8221;).<\/p>\n<p>La privation de sommeil entra\u00eenant une baisse du seuil de convulsion, les patients ayant des ant\u00e9c\u00e9dents de convulsions ne doivent pas \u00eatre trait\u00e9s de cette mani\u00e8re ou uniquement sous surveillance intensive et continue. Il en va de m\u00eame pour les patients souffrant de d\u00e9pression d\u00e9lirante, de tendances suicidaires aigu\u00ebs et de multimorbidit\u00e9. Le principal effet secondaire est \u00e9videmment une augmentation de la somnolence diurne, raison pour laquelle les patients ne doivent pas conduire de v\u00e9hicules pendant les p\u00e9riodes d&#8217;\u00e9veil. De plus, des switchs maniaques ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crits chez des patients bipolaires, mais le risque n&#8217;est pas sup\u00e9rieur \u00e0 celui des ISRS. Il convient donc d&#8217;\u00eatre particuli\u00e8rement prudent chez les patients pratiquant le v\u00e9lo rapide. En raison du stress physique que provoque la privation de sommeil, il convient \u00e9galement d&#8217;\u00eatre particuli\u00e8rement attentif \u00e0 la pr\u00e9sence de maladies cardiovasculaires <strong>(tableau 2).<\/strong><\/p>\n<p><strong><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3415 lazyload\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Tab2_s17_inFo2.jpg-e8aa5e_1727.jpg\" width=\"1100\" height=\"642\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Tab2_s17_inFo2.jpg-e8aa5e_1727.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Tab2_s17_inFo2.jpg-e8aa5e_1727-800x467.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Tab2_s17_inFo2.jpg-e8aa5e_1727-120x70.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Tab2_s17_inFo2.jpg-e8aa5e_1727-90x53.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Tab2_s17_inFo2.jpg-e8aa5e_1727-320x187.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Tab2_s17_inFo2.jpg-e8aa5e_1727-560x327.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/642;\" \/><\/strong><\/p>\n<h2 id=\"en-pratique-deux-formes-de-traitement-de-la-privation-de-sommeil-sont-utilisees\">En pratique, deux formes de traitement de la privation de sommeil sont utilis\u00e9es :<\/h2>\n<ul>\n<li>Dans le cas de la <em>privation partielle de sommeil <\/em>, le patient se couche vers 22 heures, est r\u00e9veill\u00e9 \u00e0 1 heure (ou 3 heures) la m\u00eame nuit, puis se rendort normalement la nuit suivante.<\/li>\n<li>Dans le cas de la <em>privation totale de sommeil <\/em>, le patient se l\u00e8ve \u00e0 7 heures le premier jour et passe par une phase d&#8217;\u00e9veil de 36 heures jusqu&#8217;\u00e0 19 heures le lendemain. Il est suivi d&#8217;un sommeil de r\u00e9cup\u00e9ration de douze heures jusqu&#8217;\u00e0 7 heures le lendemain, apr\u00e8s quoi un nouveau cycle peut commencer <strong>(figure 1).<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p><strong><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3416 lazyload\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Abb1_InFo2_s18.jpg-ea7199_1728.jpg\" width=\"877\" height=\"767\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Abb1_InFo2_s18.jpg-ea7199_1728.jpg 877w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Abb1_InFo2_s18.jpg-ea7199_1728-800x700.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Abb1_InFo2_s18.jpg-ea7199_1728-120x105.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Abb1_InFo2_s18.jpg-ea7199_1728-90x79.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Abb1_InFo2_s18.jpg-ea7199_1728-320x280.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Abb1_InFo2_s18.jpg-ea7199_1728-560x490.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 877px) 100vw, 877px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 877px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 877\/767;\" \/><\/strong><\/p>\n<p>Les donn\u00e9es probantes sugg\u00e8rent de r\u00e9aliser trois p\u00e9riodes de privation totale de sommeil en une semaine. Une m\u00e9dication d\u00e9j\u00e0 existante doit \u00eatre poursuivie dans tous les cas, mais des ajustements doivent \u00eatre faits si n\u00e9cessaire pour les m\u00e9dicaments s\u00e9datifs afin de ne pas rendre le maintien de l&#8217;\u00e9veil inutilement difficile. Une autre possibilit\u00e9 de renforcer et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, de prolonger l&#8217;effet antid\u00e9presseur de la privation de sommeil consiste \u00e0 utiliser des combinaisons d&#8217;antid\u00e9presseurs et de lithium (selon les lignes directrices S3, \u00e9galement du pindolol et des hormones thyro\u00efdiennes). Toutefois, un traitement de la privation de sommeil peut \u00eatre effectu\u00e9 sans qu&#8217;une m\u00e9dication suppl\u00e9mentaire ne soit n\u00e9cessaire [8]. Un protocole dans lequel une luminoth\u00e9rapie suppl\u00e9mentaire (10 000 lux pendant au moins 30 minutes) est appliqu\u00e9e pendant les phases d&#8217;\u00e9veil et le matin apr\u00e8s le sommeil r\u00e9parateur semble particuli\u00e8rement prometteur [9].<\/p>\n<p>L&#8217;efficacit\u00e9 du traitement par privation de sommeil a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e dans de nombreuses \u00e9tudes internationales portant sur des milliers de patients d\u00e9pressifs. Une combinaison rationnelle et scientifiquement fond\u00e9e avec d&#8217;autres interventions chronoth\u00e9rapeutiques telles que la luminoth\u00e9rapie am\u00e9liore les r\u00e9sultats, qui sont comparables \u00e0 ceux d&#8217;un traitement pharmacologique, avec un d\u00e9but d&#8217;action beaucoup plus rapide et moins d&#8217;effets secondaires ind\u00e9sirables. Un manuel \u00e9labor\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es facilite en outre la mise en \u0153uvre du traitement de la privation de sommeil dans les settings ambulatoires et hospitaliers [10].<\/p>\n<p>L&#8217;utilisation de la privation de sommeil dans la recherche m\u00e9dicale a fourni des informations fascinantes sur les liens entre l&#8217;affectivit\u00e9 et la chronobiologie. En raison des preuves croissantes de l&#8217;efficacit\u00e9 et de la s\u00e9curit\u00e9 du traitement de la privation de sommeil, ainsi que de la pertinence de ses biom\u00e9canismes, de plus en plus de cliniciens et de chercheurs le consid\u00e8rent comme un traitement de premi\u00e8re ligne des troubles affectifs [7].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Wirz-Justice A, Terman M : Handb Clin Neurol 2012 ; 106 : 697-713.<\/li>\n<li>Bunney BG, Bunney WE : Biol Psychiatry 2013 ; 73(12) : 1164-1171.<\/li>\n<li>Hemmeter UM, Hemmeter-Spernal J, Krieg JC : Expert Rev Neurother 2010 ; 10(7) : 1101-1115.<\/li>\n<li>Sheline YI, et al : Proc Natl Acad Sci U S A 2010 ; 107(24) : 11020-11025.<\/li>\n<li>Bosch OG, et al : Proc Natl Acad Sci U S A 2013 ; 110(48) : 19597-19602.<\/li>\n<li>DGPPN, et al. : 2010, Berlin, Heidelberg, New York : Springer-Verlag GmbH.<\/li>\n<li>Benedetti F, Colombo C : Neuropsychobiology 2011 ; 64(3) : 141-151.<\/li>\n<li>Bauer M, et al : World J Biol Psychiatry 2013 ; 14(5) : 334-385.<\/li>\n<li>Dallaspezia S, Benedetti F : Expert Rev Neurother 2011 ; 11(7) : 961-970.<\/li>\n<li>Wirz-Justice A, Benedetti F, Terman M : 2009, B\u00e2le, Suisse : Karger.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2014 ; 12(2) : 16-18<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La privation de sommeil est une option de traitement chronoth\u00e9rapeutique des troubles d\u00e9pressifs utilis\u00e9e depuis plusieurs d\u00e9cennies. 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