{"id":345794,"date":"2014-03-06T00:00:00","date_gmt":"2014-03-05T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/un-melange-heteroclite-plutot-quune-maladie-a-part-entiere\/"},"modified":"2014-03-06T00:00:00","modified_gmt":"2014-03-05T23:00:00","slug":"un-melange-heteroclite-plutot-quune-maladie-a-part-entiere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/un-melange-heteroclite-plutot-quune-maladie-a-part-entiere\/","title":{"rendered":"Un m\u00e9lange h\u00e9t\u00e9roclite plut\u00f4t qu&#8217;une maladie \u00e0 part enti\u00e8re ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>Si un patient souffre d&#8217;une inflammation chronique des muqueuses du nez et des sinus, il faut y regarder de plus pr\u00e8s. La variante polype, en particulier, pourrait \u00eatre associ\u00e9e \u00e0 un asthme bronchique s\u00e9v\u00e8re non allergique. Le cours post-universitaire de la Soci\u00e9t\u00e9 suisse d&#8217;allergologie et d&#8217;immunologie (SSAI) \u00e0 Grindelwald a port\u00e9 sur les diff\u00e9rentes sous-formes de la rhinosinusite chronique et leur traitement cibl\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>En Europe, plus de 10% de la population souffre de rhinosinusite chronique. Le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste, en tant que premier recours, est d&#8217;une importance capitale dans cette maladie, non seulement parce qu&#8217;elle est extr\u00eamement fr\u00e9quente, mais aussi en raison des comorbidit\u00e9s observ\u00e9es, au premier rang desquelles l&#8217;association avec un asthme bronchique s\u00e9v\u00e8re.<\/p>\n<p>Le diagnostic clinique de la rhinosinusite chronique repose sur les sympt\u00f4mes typiques d&#8217;obstruction nasale, de s\u00e9cr\u00e9tion, de perturbation de l&#8217;odorat et de douleur \u00e0 la t\u00eate ou au visage. Des troubles non sp\u00e9cifiques tels que maux de gorge, fatigue, temp\u00e9rature subf\u00e9brile, mauvaise haleine et troubles du sommeil sont \u00e9galement rapport\u00e9s. Les sympt\u00f4mes doivent \u00eatre pr\u00e9dominants pendant plus de douze semaines pour \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme chroniques.<\/p>\n<p>Claus Bachert, chef de clinique au d\u00e9partement d&#8217;oto-rhino-laryngologie (ORL) de l&#8217;Universit\u00e9 de Gand, Belgique. La rhinosinusite chronique de l&#8217;adulte se caract\u00e9rise par l&#8217;apparition, selon des voies diff\u00e9rentes, d&#8217;une variante polyp\u00e9e ou non polyp\u00e9e du gonflement diffus de la muqueuse des sinus (voir la classification de Gent du SRC avec ou sans polypes nasaux). La forme non polypo\u00efde se caract\u00e9rise par une fibrose et une d\u00e9position de collag\u00e8ne, tandis que la rhinosinusite chronique avec polypes se caract\u00e9rise plut\u00f4t par la formation d&#8217;\u0153d\u00e8mes. Au niveau des chimiokines, les deux formes sont \u00e9galement contr\u00f4l\u00e9es par des cytokines diff\u00e9rentes.<\/p>\n<h2 id=\"lasthme-et-les-polypes-nasaux-vont-de-pair\">L&#8217;asthme et les polypes nasaux vont de pair<\/h2>\n<p>Il semble justement que la forme associ\u00e9e aux polypes nasaux puisse \u00eatre divis\u00e9e en diff\u00e9rents &#8220;endotypes&#8221;. Cela permet par exemple de mieux distinguer les patients qui b\u00e9n\u00e9ficient d&#8217;un traitement chirurgical \u00e0 long terme de ceux qui pr\u00e9sentent un risque \u00e9lev\u00e9 de r\u00e9cidive apr\u00e8s une intervention chirurgicale, a expliqu\u00e9 l&#8217;expert.<\/p>\n<p>La compr\u00e9hension de la rhinosinusite chronique a globalement \u00e9volu\u00e9 : Une maladie qui \u00e9tait jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent d\u00e9finie par ses sympt\u00f4mes et sa dur\u00e9e se pr\u00e9sente de plus en plus comme un tableau clinique h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, dont la distinction devient possible au niveau immunologique sur la base du profil des cytokines. En cons\u00e9quence, des approches plus diff\u00e9renci\u00e9es \u00e9mergent \u00e9galement dans la th\u00e9rapie. La rhinosinusite chronique semble \u00eatre un ensemble d&#8217;affections qui ne peuvent pas \u00eatre distingu\u00e9es de mani\u00e8re fiable sur le plan clinique. L&#8217;\u00e9tude de biomarqueurs sp\u00e9cifiques et de m\u00e9diateurs de l&#8217;inflammation joue un r\u00f4le de plus en plus important dans la poursuite de la diff\u00e9renciation de ce tableau clinique h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. Dans la rhinosinusite polypo\u00efde, l&#8217;interleukine-5 se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre la cytokine la plus importante.<\/p>\n<h2 id=\"intolerance-a-lass\">Intol\u00e9rance \u00e0 l&#8217;ASS ?<\/h2>\n<p>Pour le m\u00e9decin de premier recours, le message principal est le suivant : les patients atteints de rhinosinusite chronique souffrent aussi souvent de maladies des voies respiratoires inf\u00e9rieures. L&#8217;association avec l&#8217;asthme et la rhinite allergique est d\u00e9j\u00e0 connue. Selon de nouvelles donn\u00e9es, la rhinosinusite chronique sans rhinite allergique est corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 l&#8217;apparition de l&#8217;asthme bronchique tardif, qui est un asthme non allergique. Celui-ci ne se caract\u00e9rise pas seulement par une apparition plus tardive, mais par un taux \u00e9lev\u00e9 d&#8217;\u00e9osinophiles dans le sang ou les crachats. Cette forme d&#8217;asthme est plus fr\u00e9quente chez les patients atteints de rhinosinusite polypo\u00efde et est \u00e9galement associ\u00e9e (en Europe) au syndrome d&#8217;intol\u00e9rance \u00e0 l&#8217;aspirine. L&#8217;intol\u00e9rance \u00e0 l&#8217;acide ac\u00e9tylsalicylique chez les asthmatiques pr\u00e9sentant des polypes nasaux est connue sous le nom de triade de l&#8217;aspirine ou sous le nom de &#8220;maladie de Widal&#8221;. &#8220;Contrairement aux patients en Belgique, nous n&#8217;avons pas trouv\u00e9 d&#8217;association entre les polypes positifs \u00e0 l&#8217;interleukine 5, l&#8217;asthme et l&#8217;intol\u00e9rance \u00e0 l&#8217;AAS chez les patients chinois dans une \u00e9tude men\u00e9e \u00e0 l&#8217;universit\u00e9 de Chengdu&#8221;, a rapport\u00e9 le professeur Bachert.<\/p>\n<h2 id=\"les-staphylocoques-jouent-un-role-de-superantigenes\">Les staphylocoques jouent un r\u00f4le de superantig\u00e8nes<\/h2>\n<p>Quel est le lien entre l&#8217;asthme et les polypes nasaux ? L&#8217;hypoth\u00e8se est que les staphylocoques peuvent lib\u00e9rer diff\u00e9rentes ent\u00e9rotoxines dans le nez, qui agissent \u00e0 leur tour comme des superantig\u00e8nes et activent ainsi les cellules B et T dans la muqueuse nasale. Chez une grande partie des patients europ\u00e9ens, le nez est colonis\u00e9 par le staphylocoque dor\u00e9. Si des polypes nasaux s&#8217;y ajoutent, la phagocytose des staphylocoques devient plus difficile, d&#8217;autant plus si le tabagisme ou les infections virales affaiblissent la membrane basale. Il en r\u00e9sulte une forte production d&#8217;anticorps IgE sp\u00e9cifiques dirig\u00e9s contre les superantig\u00e8nes. Ceux-ci n&#8217;ont \u00e9t\u00e9 associ\u00e9s que r\u00e9cemment \u00e0 l&#8217;asthme bronchique, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 la forme s\u00e9v\u00e8re, non allergique, en phase terminale.<\/p>\n<p>Alors que les patients atteints de rhinosinusite chronique et d&#8217;asthme pr\u00e9sentent souvent des polypes, la rhinosinusite chronique polypo\u00efde semble \u00e0 son tour englober un groupe h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne de pathologies, avec diff\u00e9rents niveaux de risque d&#8217;asthme bronchique. En particulier, dans le groupe de patients souffrant d&#8217;asthme bronchique s\u00e9v\u00e8re, un patient sur deux rapporte \u00e9galement une maladie des sinus.<\/p>\n<h2 id=\"linterleukine-5-en-ligne-de-mire\">L&#8217;interleukine-5 en ligne de mire<\/h2>\n<p>Dans la rhinosinusite chronique \u00e0 polypes, les \u00e9osinophiles caract\u00e9risent l&#8217;inflammation. Une quantit\u00e9 excessive d&#8217;IgE est produite dans la muqueuse nasale. La cytokine caract\u00e9ristique est l&#8217;interleukine IL-5 ; un polype positif \u00e0 l&#8217;IL-5 indique une comorbidit\u00e9 asthmatique. Ce sont pr\u00e9cis\u00e9ment ces patients qui pr\u00e9sentent un risque \u00e9lev\u00e9 de r\u00e9cidive apr\u00e8s l&#8217;ablation chirurgicale des polypes. En revanche, la rhinosinusite chronique sans polypes semble davantage associ\u00e9e \u00e0 une fibrose et \u00e0 une d\u00e9position de collag\u00e8ne dans les sinus.<\/p>\n<h2 id=\"approches-medicamenteuses\">Approches m\u00e9dicamenteuses<\/h2>\n<p>L&#8217;objectif principal du traitement est de r\u00e9duire l&#8217;inflammation. Outre les corticost\u00e9ro\u00efdes nasaux, qui sont autoris\u00e9s dans cette indication, des strat\u00e9gies sp\u00e9cifiques ciblant l&#8217;infiltration \u00e9osinophile sont actuellement \u00e0 l&#8217;\u00e9tude : Le m\u00e9polizumab, anticorps monoclonal anti-interleukine 5, utilis\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent chez les patients souffrant d&#8217;asthme s\u00e9v\u00e8re r\u00e9sistant aux st\u00e9ro\u00efdes et pr\u00e9sentant une \u00e9osinophilie concomitante, est un candidat prometteur ; ainsi que l&#8217;omalizumab, anticorps anti-IgE, qui ne semble pas seulement efficace dans l&#8217;asthme allergique. Dans une \u00e9tude pilote men\u00e9e chez des patients souffrant de polypes nasaux et d&#8217;asthme, dans laquelle un patient sur deux pr\u00e9sentait un asthme allergique, le traitement par omalizumab a am\u00e9lior\u00e9 les sympt\u00f4mes des voies respiratoires sup\u00e9rieures et inf\u00e9rieures, ind\u00e9pendamment de l&#8217;atopie existante. Les premiers r\u00e9sultats dans la r\u00e9duction des polypes nasaux ainsi que dans l&#8217;am\u00e9lioration de l&#8217;odorat sont prometteurs avec les deux m\u00e9dicaments biologiques, a r\u00e9sum\u00e9 le professeur Bachert.<\/p>\n<p>Les antibiotiques sont en revanche r\u00e9serv\u00e9s aux cas d&#8217;exacerbation aigu\u00eb : Un traitement associant la doxycycline et un corticost\u00e9ro\u00efde donne de bons r\u00e9sultats.<\/p>\n<p><strong><em>Dr Anka Stegmeier-Petroianu<\/em><\/strong><\/p>\n<p><em>Source : &#8220;Chronic rhinosinusitis : Role of allergy and subform-adapted therapy&#8221;, expos\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 au cours post-universitaire de la Soci\u00e9t\u00e9 suisse d&#8217;allergologie et d&#8217;immunologie (SSAI), 25 janvier 2014, Grindelwald<\/em><\/p>\n<h3 id=\"litterature\">Litt\u00e9rature :<\/h3>\n<ol>\n<li>Bachert C, et al : Rhinosinusite chronique et asthme : nouvelle compr\u00e9hension du r\u00f4le des IgE &#8220;au-dessus de l&#8217;atopie&#8221;. J Intern Med 2012 Aug ; 272(2) : 133-143. doi : 10.1111\/j.1365-2796.2012.02559.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2014 ; 9(3) : 30-32<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si un patient souffre d&#8217;une inflammation chronique des muqueuses du nez et des sinus, il faut y regarder de plus pr\u00e8s. 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