{"id":346731,"date":"2013-11-08T00:00:00","date_gmt":"2013-11-07T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/pourquoi-les-seniors-sont-ils-de-si-bons-coureurs\/"},"modified":"2013-11-08T00:00:00","modified_gmt":"2013-11-07T23:00:00","slug":"pourquoi-les-seniors-sont-ils-de-si-bons-coureurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/pourquoi-les-seniors-sont-ils-de-si-bons-coureurs\/","title":{"rendered":"Pourquoi les seniors sont-ils de si bons coureurs ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le sport n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 aussi populaire et, s&#8217;il est pratiqu\u00e9 avec mod\u00e9ration, il est tr\u00e8s sain. Alors qu&#8217;auparavant, les jeunes \u00e9taient les plus nombreux \u00e0 faire du sport, il est aujourd&#8217;hui presque normal de croiser des joggeurs de 70 ans. Avec la prise de conscience de l&#8217;importance de la sant\u00e9, le nombre de seniors pratiquant un sport augmente. La question de savoir pourquoi ce sont pr\u00e9cis\u00e9ment les sportifs de plus de 35 ans qui dominent les ultramarathons pr\u00e9occupe d\u00e9sormais aussi les chercheurs. L&#8217;article suivant discute des connaissances acquises \u00e0 ce jour et donne un aper\u00e7u des changements physiologiques li\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e2ge.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Il n&#8217;existe pas de d\u00e9finition g\u00e9n\u00e9rale du terme &#8220;athl\u00e8te senior&#8221;. Diff\u00e9rents auteurs scientifiques et f\u00e9d\u00e9rations sportives internationales consid\u00e8rent que, pour la plupart des sports, les personnes \u00e2g\u00e9es de 35 ans et plus&nbsp;en font partie. Le &#8220;Swiss Master Athletics&#8221; suisse fixe le seuil de d\u00e9finition des athl\u00e8tes seniors \u00e0 30 ans d\u00e9j\u00e0. Cette d\u00e9finition quelque peu arbitraire repose sur la constatation scientifique que les performances de haut niveau dans les disciplines sportives les plus diverses diminuent \u00e0 partir de 35 ans, le z\u00e9nith sportif \u00e9tant donc d\u00e9pass\u00e9. Mais cette constatation a justement suscit\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es un d\u00e9bat anim\u00e9 sur les causes de la perte de performance de ces sportifs dits seniors.<\/p>\n<h2 id=\"formule-de-calcul-de-la-frequence-cardiaque\">Formule de calcul de la fr\u00e9quence cardiaque<\/h2>\n<p>La consommation maximale d&#8217;oxyg\u00e8ne (<sub>VO2max<\/sub>) diminue continuellement \u00e0 partir de 35 ans. Le <sub>VO2max<\/sub>&nbsp; est une mesure directe de la force globale d&#8217;un c\u0153ur en tant que pompe \u00e0 oxyg\u00e8ne ainsi que de la capacit\u00e9 des muscles du corps concern\u00e9s \u00e0 absorber l&#8217;oxyg\u00e8ne. Les athl\u00e8tes d&#8217;endurance manquent donc de plus en plus d&#8217;un composant essentiel pour d\u00e9velopper leur force, car sans oxyg\u00e8ne, ils ne peuvent pas produire d&#8217;\u00e9nergie a\u00e9robie.<\/p>\n<p>L&#8217;un des principaux facteurs d&#8217;influence de la <sub>VO2max<\/sub> est le d\u00e9bit cardiaque maximal (<sub>HMVmax<\/sub>), qui d\u00e9pend \u00e0 son tour de la fr\u00e9quence cardiaque maximale (<sub>FCmax<\/sub>) et du d\u00e9bit de battements (<sub>SVmax<\/sub>).<\/p>\n<p>La FCmax peut \u00eatre estim\u00e9e par un simple calcul pour chaque \u00e2ge (200-\u00e2ge[Jahren] = <sub>FCmax<\/sub>). Elle diminue continuellement avec l&#8217;\u00e2ge. Cependant, cette formule tr\u00e8s simplifi\u00e9e a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite \u00e0 plusieurs reprises comme impr\u00e9cise, et des formules alternatives&nbsp; ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9es. La seule influence de l&#8217;\u00e2ge sur la fr\u00e9quence cardiaque maximale semblait rel\u00e9guer au second plan d&#8217;autres facteurs d&#8217;influence importants, de sorte que le sexe, l&#8217;activit\u00e9 physique et l&#8217;indice de masse corporelle ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s.<\/p>\n<p>Cependant, m\u00eame dans les grandes m\u00e9ta-analyses telles que la HUNT Fitness Study, il est apparu que seul l&#8217;\u00e2ge avait une influence significative sur la <sub>FCmax<\/sub>. La formule actuelle de cette \u00e9tude est <sub>HFmax<\/sub> = 211 &#8211; 0,64 \u00d7 \u00e2ge.<\/p>\n<h2 id=\"les-seniors-peuvent-ils-lutter-contre-le-declin\">Les seniors peuvent-ils lutter contre le d\u00e9clin ?<\/h2>\n<p>La <sub>FCmax<\/sub>&nbsp; diminue donc d\u00e9sormais avec l&#8217;\u00e2ge. Les athl\u00e8tes seniors devraient augmenter leur SVmax pour atteindre la m\u00eame HMVmax que les athl\u00e8tes plus jeunes. Le SV est une mesure de la force maximale du c\u0153ur et donc du muscle cardiaque. Cependant, comme les muscles cardiaques perdent de plus en plus d&#8217;\u00e9lasticit\u00e9 avec l&#8217;\u00e2ge et que certaines parties du muscle sont remplac\u00e9es par du tissu conjonctif, il ne faut pas s&#8217;attendre \u00e0 une augmentation de la VS avec l&#8217;\u00e2ge. Les vaisseaux art\u00e9riels, qui sont des organes situ\u00e9s en aval du c\u0153ur et qui, d&#8217;une part, transmettent la puissance de celui-ci et, d&#8217;autre part, l&#8217;amplifient (fonction de &#8220;girouette&#8221; des grosses art\u00e8res), perdent \u00e9galement beaucoup de leur capacit\u00e9 avec l&#8217;\u00e2ge. En cons\u00e9quence, les sportifs seniors ne peuvent pas fournir la m\u00eame performance maximale.<\/p>\n<p>La <sub>HMVmax<\/sub> n&#8217;est toutefois pas le seul facteur influen\u00e7ant les performances. L&#8217;anthropom\u00e9trie d&#8217;une personne change \u00e9galement avec l&#8217;\u00e2ge, par exemple le pourcentage de masse musculaire corporelle diminue et la masse graisseuse augmente en sens inverse. Alors que la musculature suppl\u00e9mentaire est un facteur actif d&#8217;am\u00e9lioration des performances, la graisse corporelle suppl\u00e9mentaire n&#8217;est qu&#8217;un poids mort.<\/p>\n<p><strong>Le tableau 1<\/strong> montre l&#8217;\u00e2ge de la meilleure performance sur diff\u00e9rentes distances, relev\u00e9 dans diff\u00e9rentes \u00e9tudes.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-2580\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/11\/Tab1_s17_knechtle.jpg-b67aa8_1108.jpg\" width=\"1100\" height=\"1512\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/11\/Tab1_s17_knechtle.jpg-b67aa8_1108.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/11\/Tab1_s17_knechtle.jpg-b67aa8_1108-800x1100.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/11\/Tab1_s17_knechtle.jpg-b67aa8_1108-120x165.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/11\/Tab1_s17_knechtle.jpg-b67aa8_1108-90x124.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/11\/Tab1_s17_knechtle.jpg-b67aa8_1108-320x440.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/11\/Tab1_s17_knechtle.jpg-b67aa8_1108-560x770.jpg 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<h2 id=\"les-seniors-font-du-sport\">Les seniors font du sport<\/h2>\n<p>Pourquoi, malgr\u00e9 tous ces d\u00e9ficits li\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e2ge <strong>(fig.&nbsp;1) <\/strong>, les rapports sur les performances exceptionnelles des athl\u00e8tes plus \u00e2g\u00e9s se multiplient-ils ces derni\u00e8res ann\u00e9es ? Ed Whitlock, le seul coureur de plus de 70 ans \u00e0 avoir couru un marathon en moins de 3 heures, est un exemple connu qui m\u00e9rite d&#8217;\u00eatre mentionn\u00e9. Ces exemples extr\u00eames sont souvent publi\u00e9s, mais le ph\u00e9nom\u00e8ne des sportifs d&#8217;\u00e9lite \u00e2g\u00e9s est globalement peu connu du grand public. Dans le domaine de la course \u00e0 pied, les sportifs seniors figurent r\u00e9guli\u00e8rement parmi les meilleurs ultramarathoniens. Un ultramarathon est d\u00e9fini par une distance de course qui d\u00e9passe les 42,195&nbsp;km classiques. Par rapport au marathon normal, il est plus rare et a une presse beaucoup moins r\u00e9pandue. Les ultramarathons ont gagn\u00e9 en popularit\u00e9 et certaines manifestations atteignent des pelotons de d\u00e9part de plusieurs centaines, voire de quelques milliers de personnes. Le ph\u00e9nom\u00e8ne selon lequel les coureurs de plus de 30 ans constituent d\u00e9j\u00e0 la classe d&#8217;\u00e2ge dominante dans le marathon normal s&#8217;accentue avec l&#8217;augmentation de la distance ou de la dur\u00e9e d&#8217;une course.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2581 lazyload\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/11\/Abb1_s18_knechtle.png-af20fa_1107.png\" width=\"1100\" height=\"1056\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/11\/Abb1_s18_knechtle.png-af20fa_1107.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/11\/Abb1_s18_knechtle.png-af20fa_1107-800x768.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/11\/Abb1_s18_knechtle.png-af20fa_1107-120x115.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/11\/Abb1_s18_knechtle.png-af20fa_1107-90x86.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/11\/Abb1_s18_knechtle.png-af20fa_1107-320x307.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/11\/Abb1_s18_knechtle.png-af20fa_1107-560x538.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1056;\" \/><\/p>\n<h2 id=\"lage-de-lexcellence\">L&#8217;\u00e2ge de l&#8217;excellence<\/h2>\n<p>Les coureurs seniors constituent la majeure partie des participants aux ultramarathons qui remportent des succ\u00e8s. En moyenne, un coureur de 100 km a 45 ans. Alors que les d\u00e9buts et la vingtaine dominent les distances courtes (jusqu&#8217;\u00e0 400&nbsp;m), moyennes (jusqu&#8217;\u00e0 1500&nbsp;m) et longues (10 000&nbsp;m), l&#8217;\u00e9lite du marathon est d\u00e9j\u00e0 g\u00e9n\u00e9ralement bien plus \u00e2g\u00e9e, avec une moyenne de pr\u00e8s de 30 ans. Ce que l&#8217;on appelle &#8220;l&#8217;\u00e2ge de l&#8217;excellence&#8221; (ADSL) continue d&#8217;augmenter au-del\u00e0 de la distance du marathon. Ainsi, d\u00e8s 80&nbsp;km, les deux sexes pr\u00e9sentent une ADSL moyenne d&#8217;environ 35 ans, ce qui, curieusement, correspond pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 la d\u00e9finition scientifique du sportif senior. L&#8217;ADSL la plus ancienne a \u00e9t\u00e9 relev\u00e9e il y a environ 50&nbsp;ans lors du Self-Transcendence de New York, qui s&#8217;\u00e9tend sur pr\u00e8s de 5000 km. Comme il n&#8217;existe pas encore de courses officielles plus longues, il n&#8217;est pas possible de r\u00e9pondre \u00e0 la question d&#8217;une limite sup\u00e9rieure de l&#8217;ADSL.<\/p>\n<h2 id=\"les-raisons-des-succes-des-athletes-seniors\">Les raisons des succ\u00e8s des athl\u00e8tes seniors<\/h2>\n<p>Pourquoi tant de seniors semblent-ils surmonter leurs d\u00e9ficits physiologiques ou anthropom\u00e9triques ? Si les d\u00e9ficits mentionn\u00e9s des trentenaires semblent encore insignifiants, il est nettement plus difficile de r\u00e9pondre \u00e0 la question de savoir pourquoi les quadrag\u00e9naires dominent les courses au-del\u00e0 de la barre des 200 km.<\/p>\n<p>La plupart des chercheurs cherchent des explications dans le fait que les athl\u00e8tes seniors qui sont entra\u00een\u00e9s au maximum pendant toute leur vie ne perdent pratiquement pas leurs capacit\u00e9s. La diminution de la <sub>VO2max<\/sub> li\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e2ge des personnes non entra\u00een\u00e9es est estim\u00e9e \u00e0 environ 1% par ann\u00e9e d&#8217;\u00e2ge apr\u00e8s 35 ans. Cette perte peut \u00eatre consid\u00e9rablement r\u00e9duite par un entra\u00eenement r\u00e9gulier, de sorte que les athl\u00e8tes de haut niveau ne perdent qu&#8217;environ 0,5% par an.<\/p>\n<p>D&#8217;autres \u00e9tudes ont examin\u00e9 la perte de masse musculaire ou la perte de poids. Gain de masse grasse avec l&#8217;\u00e2ge. Une diff\u00e9rence nette est apparue entre les non-sportifs et les sportifs. Ainsi, les sportifs seniors perdent nettement moins de masse musculaire et gagnent moins de masse grasse avec l&#8217;\u00e2ge que les non-sportifs. Cela nous am\u00e8ne \u00e0 penser que ces changements anthropom\u00e9triques sont davantage dus \u00e0 une sous-utilisation des muscles qu&#8217;\u00e0 une simple augmentation de l&#8217;\u00e2ge.<\/p>\n<h2 id=\"economie-de-la-course\">\u00c9conomie de la course<\/h2>\n<p>Les sportifs seniors perdent donc moins de leurs conditions physiologiques et anthropom\u00e9triques. N\u00e9anmoins, cela n&#8217;explique pas pourquoi ils gagnent des ultramarathons. Est-ce d\u00fb \u00e0 l&#8217;exp\u00e9rience ? Mais que faut-il entendre par exp\u00e9rience dans le domaine de la course \u00e0 pied ? S&#8217;agit-il de la planification parfaite d&#8217;une course, de l&#8217;\u00e9conomie de course en termes de r\u00e9partition des forces ou peut-\u00eatre de la pure psychologie au sens de la motivation, appel\u00e9e famili\u00e8rement &#8220;esprit de comp\u00e9tition&#8221; ? Alors que le premier est difficile \u00e0 quantifier, il a \u00e9t\u00e9 sugg\u00e9r\u00e9 que les sportifs seniors pourraient \u00eatre plus \u00e9conomiques. L&#8217;\u00e9conomie de course est d\u00e9finie comme l&#8217;\u00e9nergie n\u00e9cessaire pour une vitesse constante dans la zone sous-maximale et est calcul\u00e9e \u00e0 partir de l&#8217;oxyg\u00e8ne consomm\u00e9 par unit\u00e9 de temps. Cela est particuli\u00e8rement important dans les courses de longue et d&#8217;ultra longue distance, car les coureurs sont toujours dans la zone sous-maximale. Cela explique pourquoi m\u00eame une certaine perte de la capacit\u00e9 maximale peut encore \u00eatre suffisante pour suivre les plus rapides. Une \u00e9tude de Quinn et al. ont m\u00eame montr\u00e9 que l&#8217;\u00e9conomie de course n&#8217;avait pas d&#8217;influence sur la perte de performance avec l&#8217;\u00e2ge [1]. Comme les athl\u00e8tes seniors ont montr\u00e9 une \u00e9conomie de course comparable \u00e0 celle des jeunes coureurs d&#8217;\u00e9lite, cela ne peut pas non plus \u00eatre cit\u00e9 comme un avantage d\u00e9cisif des athl\u00e8tes seniors. Dans les ultramarathons en particulier, l&#8217;\u00e9conomie de course semble \u00eatre plus fortement associ\u00e9e \u00e0 la performance que la VO2max dont il est question.<\/p>\n<h2 id=\"influences-psychologiques\">Influences psychologiques<\/h2>\n<p>Les facteurs d&#8217;influence psychologiques ont \u00e9t\u00e9 peu \u00e9tudi\u00e9s jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent. L'&#8221;esprit de comp\u00e9tition&#8221; \u00e9tant une donn\u00e9e difficilement quantifiable, les quelques travaux publi\u00e9s \u00e0 ce jour sur la motivation et l&#8217;ultramarathon se sont surtout int\u00e9ress\u00e9s aux objectifs poursuivis par les ultra-coureurs. Il est apparu que les ultra-coureurs avaient une attitude plus intrins\u00e8quement motiv\u00e9e et plus pertinente. De futures \u00e9tudes devront \u00e9valuer si les sportifs seniors b\u00e9n\u00e9ficient d&#8217;un \u00e9ventuel avantage psychologique et, dans l&#8217;affirmative, quelle est son ampleur.<\/p>\n<p>Les facteurs discut\u00e9s jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent semblent apporter peu d&#8217;avantages aux sportifs seniors. C&#8217;est pourquoi des facteurs non personnels ont \u00e9t\u00e9 recherch\u00e9s et une raison \u00e9conomique a \u00e9t\u00e9 suppos\u00e9ment trouv\u00e9e : Alors que le marathon s&#8217;est transform\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es en un business de plusieurs millions d&#8217;euros et qu&#8217;il rapporte parfois de gros cachets et primes aux coureurs de haut niveau, les ultramarathoniens sont, \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s, des amateurs non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s. Cela pourrait expliquer pourquoi les coureurs les plus performants ne s&#8217;engagent pas dans des ultramarathons, mais dans des courses jusqu&#8217;\u00e0 la distance classique du marathon incluse.<\/p>\n<h2 id=\"futurs-domaines-de-recherche\">Futurs domaines de recherche<\/h2>\n<p>En fin de compte, nous ne pouvons pas r\u00e9pondre \u00e0 la question de savoir pourquoi les athl\u00e8tes seniors dominent les ultramarathons. Alors que de grands progr\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es dans la connaissance de la physiologie et de l&#8217;anthropom\u00e9trie, les causes psychologiques potentielles sont toujours \u00e0 la tra\u00eene. Des \u00e9tudes futures sont n\u00e9cessaires pour quantifier scientifiquement les avantages des seniors.<\/p>\n<h4 id=\"conclusion-pour-la-pratique\"><strong>Conclusion pour la pratique<\/strong><\/h4>\n<ul>\n<li>Physiologiquement, le pic de performance est d\u00e9pass\u00e9 vers 35 ans. N\u00e9anmoins, les athl\u00e8tes seniors (&gt;35 ans) dominent les ultramarathons.<\/li>\n<li>Plus la distance et\/ou la dur\u00e9e d&#8217;un ultramarathon augmente, plus l&#8217;\u00e2ge de la performance de pointe augmente.<\/li>\n<li>La pratique d&#8217;un sport d&#8217;endurance tout au long de la vie r\u00e9duit d&#8217;environ 50% la diminution de la consommation maximale d&#8217;oxyg\u00e8ne li\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e2ge.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\n<em><strong>PD Dr. med. Beat Knechtle<br \/>\nDr. med. Matthias Alexander Zingg<br \/>\nDr. med. Christoph Alexander R\u00fcst<br \/>\nProf. Dr. med. Thomas Rosemann<br \/>\nProf. Dr Romuald Lepers<\/strong><\/em><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Quinn TJ, et al : Aging and factors related to running economy. J Strength Cond Res 2011 Nov ; 25(11) : 2971-9. doi : 10.1519\/JSC.0b013e318212dd0e.<\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/www.pponline.co.uk\/encyc\/vo2-max-can-veteran-athletes-prevent-a-decline-in-aerobic-capacity-281\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">www.pponline.co.uk\/encyc\/vo2-max-can-veteran-athletes-prevent-a-decline-in-aerobic-capacity-281.<\/a><\/li>\n<li>Saunders PU, et al. : Factors affecting running economy in trained distance runners. Sports Med 2004 ; 34(7) : 465-85.<\/li>\n<li>Tanaka H, Seals DR : Endurance exercise performance in Masters athletes : age-associated changes and underlying physiological mechanisms. J Pysiol 2008 Jan 1 ; 586(1) : 55-63. Epub 2007 Aug 23.<\/li>\n<li>Knechtle B : Ultramarathon runners : nature ou nurture ? Int J Sports Physiol Perform 2012 Dec ; 7(4) : 310-2.<\/li>\n<li>Tanaka H, et al : Age-predicted maximum heart rate revisited. J Am Coll Cardiol 2001 Jan ; 37(1) : 153-6.<\/li>\n<li>Nes BM, et al : Age-predicted maximum heart rate in healthy subjects : The HUNT Fitness Study. Scand J Med Sci Sports 2012 Feb 29. doi : 10.1111\/j.1600-0838.2012.01445.x.  [Epub ahead of print]<\/li>\n<li>Shibata S, Levine BD : \u00c2ge aortique biologique d\u00e9riv\u00e9 de la forme d&#8217;onde de la pression art\u00e9rielle. J Appl Physiol 2011 Avr ; 110(4) : 981-7. doi : 10.1152\/japplphysiol.01261.2010. Epub 2011 Feb 3.<\/li>\n<li>Knechtle B, et al : Personal best marathon performance is associated with performance in 24-h run and not anthropometry or training volume. Br J Sports Med 2009 Oct ; 43(11) : 836-9. doi : 10.1136\/bjsm.2007.045716. Epub 2008 Apr 2.<\/li>\n<li>Wroblewski AP, et al. :. L&#8217;exercice chronique pr\u00e9serve la masse musculaire maigre chez les athl\u00e8tes masters. 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