{"id":346943,"date":"2013-10-14T00:00:00","date_gmt":"2013-10-13T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/directives-de-traitement-fondees-sur-des-donnees-probantes\/"},"modified":"2013-10-14T00:00:00","modified_gmt":"2013-10-13T22:00:00","slug":"directives-de-traitement-fondees-sur-des-donnees-probantes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/directives-de-traitement-fondees-sur-des-donnees-probantes\/","title":{"rendered":"Directives de traitement fond\u00e9es sur des donn\u00e9es probantes"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les troubles li\u00e9s \u00e0 l&#8217;alcool font partie des troubles mentaux les plus fr\u00e9quents, avec une fr\u00e9quence de 7 \u00e0 10 %. La psychoth\u00e9rapie et la r\u00e9habilitation des alcooliques sont tout \u00e0 fait prometteuses, des taux d&#8217;abstinence de 40-50% peuvent \u00eatre atteints. La plupart des th\u00e9rapies sont \u00e9clectiques. Les th\u00e9rapies comportementales et cognitives, la pr\u00e9vention des rechutes, l&#8217;entra\u00eenement aux comp\u00e9tences sociales, les th\u00e9rapies motivationnelles, mais aussi les th\u00e9rapies conjugales et familiales ont notamment de bonnes preuves. Relativement peu de m\u00e9dicaments ont fait leurs preuves en tant que &#8220;sevrage&#8221; ou substances anticraving dans la d\u00e9pendance \u00e0 l&#8217;alcool. L&#8217;acamprosate et le naltrexone, un antagoniste des opio\u00efdes, sont bas\u00e9s sur des donn\u00e9es probantes. Un autre antagoniste des opiac\u00e9s, le nalm\u00e9f\u00e8ne, sera bient\u00f4t introduit comme approche &#8220;as needed&#8221; pour la r\u00e9duction de la consommation d&#8217;alcool.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>L&#8217;abus et la d\u00e9pendance \u00e0 l&#8217;alcool sont des troubles mentaux fr\u00e9quents. La CIM-10 de l&#8217;OMS, tout comme le DSM-IV de l&#8217;American Psychiatric Association jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, fait la distinction entre l&#8217;abus d&#8217;alcool (CIM-10 : usage nocif) et la d\u00e9pendance \u00e0 l&#8217;alcool. L&#8217;abus d&#8217;alcool se caract\u00e9rise essentiellement par des s\u00e9quelles physiques, psychologiques et sociales (uniquement dans le DSM-IV), tandis que le diagnostic de d\u00e9pendance est un cluster de sympt\u00f4mes biologiques, psychologiques et sociaux (6 dans la CIM-10, 7 dans le DSM-IV), dont trois doivent \u00eatre remplis dans chaque cas [1, 2]. Dans le DSM-5 r\u00e9cemment publi\u00e9, la distinction cat\u00e9gorielle entre abus et d\u00e9pendance est abandonn\u00e9e au profit d&#8217;un concept dimensionnel, c&#8217;est-\u00e0-dire qu&#8217;une classification est \u00e9tablie sur la base du degr\u00e9 de gravit\u00e9 (sympt\u00f4mes pr\u00e9sents positifs) (par exemple, trouble grave \u00e0 partir de 4 sympt\u00f4mes sur un maximum de 11,<strong>  Tab. 1).<\/strong>  La CIM-11, en cours de r\u00e9vision, maintiendra la distinction entre abus et d\u00e9pendance.<\/p>\n<h2 id=\"epidemiologie-en-europe\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-2274\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/b_tab1_11kriterien.jpg-3eed55_868.jpg\" width=\"816\" height=\"880\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/b_tab1_11kriterien.jpg-3eed55_868.jpg 816w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/b_tab1_11kriterien.jpg-3eed55_868-800x863.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/b_tab1_11kriterien.jpg-3eed55_868-120x129.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/b_tab1_11kriterien.jpg-3eed55_868-90x97.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/b_tab1_11kriterien.jpg-3eed55_868-320x345.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/b_tab1_11kriterien.jpg-3eed55_868-560x604.jpg 560w\" sizes=\"(max-width: 816px) 100vw, 816px\" \/><\/p>\n<p>\u00c9pid\u00e9miologie en Europe<\/h2>\n<p>La pr\u00e9valence des troubles li\u00e9s \u00e0 l&#8217;alcool est de 7 \u00e0 10 % dans la plupart des pays occidentaux [1]. La consommation par habitant en Allemagne est en baisse depuis des ann\u00e9es et s&#8217;\u00e9levait pour la derni\u00e8re fois en 2011 \u00e0 9,6&nbsp;l par habitant, dont 107 l de bi\u00e8re, 20,2&nbsp;l de vin, 4,1&nbsp;l de vin mousseux et 5,4 l de spiritueux. La consommation d&#8217;alcool en Autriche est similaire, tout comme en Suisse. Si l&#8217;on suit l&#8217;enqu\u00eate \u00e9pid\u00e9miologique sur les addictions de 2009, qui a interrog\u00e9 des personnes \u00e2g\u00e9es de 18 \u00e0 64 ans, la proportion d&#8217;adultes abstinents \u00e0 vie est extraordinairement faible, puisqu&#8217;elle n&#8217;est que de 2,9%, 7,3% pour les douze derniers mois.<\/p>\n<p>Une consommation d&#8217;alcool \u00e0 risque, d\u00e9finie comme une consommation de plus de 24 g d&#8217;alcool pur par jour pour les hommes et de 12&nbsp;g pour les femmes, \u00e9tait pr\u00e9sente chez 16,5% de la population totale (hommes 18,5%, femmes 14,3%). Au total, selon ce calcul, il y aurait 8,5 millions de personnes en Allemagne dont la consommation d&#8217;alcool aurait tendance \u00e0 \u00eatre dangereuse pour la sant\u00e9. Le diagnostic DSM-IV d&#8217;abus a \u00e9t\u00e9 rempli par 3,8% de la population (hommes 6,4%, femmes 1,2%), ce qui correspond \u00e0 2 millions d&#8217;individus. Le diagnostic DSM-IV de &#8220;d\u00e9pendance&#8221; \u00e9tait rempli par 2,4% de la population (hommes 3,4%, femmes 1,4%). En extrapolant, cela repr\u00e9senterait 1,3 million de personnes.<\/p>\n<p>Les d\u00e9c\u00e8s li\u00e9s \u00e0 l&#8217;alcool en Europe sont estim\u00e9s \u00e0 137 000 par an, dont 39 000 cas de cirrhose du foie.<\/p>\n<h2 id=\"traitement-de-la-dependance-a-lalcool\">Traitement de la d\u00e9pendance \u00e0 l&#8217;alcool<\/h2>\n<p>Selon Kiefer et Mann, les objectifs du traitement de l&#8217;alcoolod\u00e9pendance peuvent \u00eatre hi\u00e9rarchis\u00e9s [3] :<\/p>\n<ul>\n<li>Traitement des maladies secondaires et associ\u00e9es<\/li>\n<li>Encourager la compr\u00e9hension de la maladie et la motivation au changement<\/li>\n<li>Am\u00e9lioration de la situation psychosociale<\/li>\n<li>Abstinence durable<\/li>\n<li>Qualit\u00e9 de vie ad\u00e9quate.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pour l&#8217;Allemagne, il n&#8217;existe actuellement aucune ligne directrice S-3 valide pour le traitement de l&#8217;alcoolisme, l&#8217;ancienne ligne directrice S-2 de l&#8217;AWMF sur le traitement post-aigu des troubles li\u00e9s \u00e0 l&#8217;alcool [4, 24] n&#8217;est plus valable. L&#8217;\u00e9tablissement d&#8217;une nouvelle ligne directrice S-3 est pr\u00e9vu pour 2014. Dans le domaine de la pharmacoth\u00e9rapie, il existe quelques analyses Cochrane r\u00e9centes [5, 6], et par ailleurs de nombreuses lignes directrices internationales sur le traitement.<\/p>\n<p>D&#8217;importantes m\u00e9ta-analyses et synth\u00e8ses ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es, par exemple, par Miller et Hester ([7], synth\u00e8se de 381 \u00e9tudes). D&#8217;autres travaux importants ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s par le Health Technology Board for Scotland et la Cochrane Collaboration \u00e9cossais, ainsi que par le Swedish Council et Technology Assessement and Health Care [3].<\/p>\n<h2 id=\"quels-sont-les-objectifs-therapeutiques\">Quels sont les objectifs th\u00e9rapeutiques ?<\/h2>\n<p>En principe, les recommandations th\u00e9rapeutiques pour l&#8217;usage nocif de l&#8217;alcool et la d\u00e9pendance, comme pour d&#8217;autres maladies, s&#8217;orientent vers la gravit\u00e9 de la maladie et les objectifs th\u00e9rapeutiques prioritaires. Pendant longtemps, surtout dans les pays am\u00e9ricains, l&#8217;abstinence d&#8217;alcool (de pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 vie) a \u00e9t\u00e9 un objectif de traitement id\u00e9al et peu contestable, mais pour lequel de nombreux patients ne sont pas suffisamment motiv\u00e9s. Par analogie avec d&#8217;autres d\u00e9pendances (par exemple aux opiac\u00e9s), des strat\u00e9gies dites de r\u00e9duction des dommages (&#8220;harm reduction&#8221;) sont \u00e9galement l\u00e9gitimes et peuvent inclure, au moins dans un premier temps, une r\u00e9duction de la quantit\u00e9 de boisson. Cela est particuli\u00e8rement vrai pour les troubles de la d\u00e9pendance plus l\u00e9gers, qui ne sont pas encore install\u00e9s depuis longtemps.<\/p>\n<h2 id=\"la-motivation-est-tres-importante-pour-la-reussite-du-traitement\">La motivation est tr\u00e8s importante pour la r\u00e9ussite du traitement<\/h2>\n<p>L&#8217;un des concepts cl\u00e9s est celui du traitement de la motivation. La motivation est un processus dynamique qui n&#8217;est pas seulement une condition pr\u00e9alable \u00e0 une th\u00e9rapie, mais qui peut \u00e9galement \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9e dans le cadre de celle-ci. Le patient doit d&#8217;abord \u00eatre motiv\u00e9 \u00e0 accepter sa maladie (compr\u00e9hension de la maladie), puis \u00e0 prendre des mesures th\u00e9rapeutiques et enfin \u00e0 atteindre les objectifs th\u00e9rapeutiques convenus.<\/p>\n<p>L&#8217;entretien motivationnel (&#8220;motivational interviewing&#8221;, [23]) a acquis une grande importance. Les caract\u00e9ristiques de l&#8217;entretien motivationnel sont l&#8217;attitude empathique avec l&#8217;absence de confrontation, l&#8217;encouragement de la perception des \u00e9carts et surtout de la volont\u00e9 de changement, l&#8217;\u00e9tablissement de la confiance en l&#8217;efficacit\u00e9 personnelle et l&#8217;accord sur des objectifs de traitement \u00e9labor\u00e9s en commun. Les techniques d&#8217;entretien motivationnel comprennent le fait de poser des questions ouvertes sans jugement de valeur implicite, une \u00e9coute r\u00e9fl\u00e9chie, un retour positif (feedback) et un r\u00e9sum\u00e9 structur\u00e9 [1, 3].<\/p>\n<p>Outre les traitements r\u00e9sidentiels, de nombreuses th\u00e9rapies ambulatoires sont d\u00e9sormais propos\u00e9es pour traiter la d\u00e9pendance \u00e0 l&#8217;alcool.<\/p>\n<p>L&#8217;accord de recommandation &#8220;R\u00e9habilitation ambulatoire de la d\u00e9pendance&#8221; des organismes d&#8217;assurance maladie et d&#8217;assurance pension mentionne les crit\u00e8res suivants comme conditions pr\u00e9alables \u00e0 la mise en \u0153uvre d&#8217;une th\u00e9rapie ambulatoire de d\u00e9saccoutumance :<\/p>\n<ul>\n<li>Un &#8220;environnement social relativement intact&#8221;.<\/li>\n<li>Volont\u00e9 et capacit\u00e9 d&#8217;abstinence de substances addictives<\/li>\n<li>Capacit\u00e9 et motivation \u00e0 participer activement<\/li>\n<li>Participation r\u00e9guli\u00e8re<\/li>\n<li>Respect du plan th\u00e9rapeutique<\/li>\n<li>Int\u00e9gration professionnelle suffisante<\/li>\n<li>Situation de logement stable.<\/li>\n<li>Les crit\u00e8res d&#8217;exclusion sont les suivants<\/li>\n<li>S\u00e9quelles physiques et\/ou neurologiques graves<\/li>\n<li>Traitements psychiatriques n\u00e9cessitant une hospitalisation<\/li>\n<li>Manque d&#8217;int\u00e9gration sociale<\/li>\n<li>Manque de volont\u00e9 de traiter<\/li>\n<li>La n\u00e9cessit\u00e9 de sortir de l&#8217;environnement pathog\u00e8ne.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Miller et Sanchez (1993) ont r\u00e9sum\u00e9 les principes de base du travail de motivation sous l&#8217;acronyme &#8220;FRAMES&#8221;.<strong> (Tab. 2,  <\/strong>[1]). La motivation d\u00e9pend de la gravit\u00e9 de la d\u00e9pendance, de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 des troubles cons\u00e9cutifs, des humeurs d\u00e9pressives, mais aussi des &#8220;life events&#8221;, par exemple des \u00e9v\u00e9nements de vie n\u00e9gatifs survenus au cours des derniers mois [8].<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2275 lazyload\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/b_tab2_motivationsarbeit.-387f55_866.jpg\" width=\"816\" height=\"524\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/b_tab2_motivationsarbeit.-387f55_866.jpg 816w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/b_tab2_motivationsarbeit.-387f55_866-800x514.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/b_tab2_motivationsarbeit.-387f55_866-120x77.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/b_tab2_motivationsarbeit.-387f55_866-90x58.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/b_tab2_motivationsarbeit.-387f55_866-320x205.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/b_tab2_motivationsarbeit.-387f55_866-560x360.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 816px) 100vw, 816px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 816px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 816\/524;\" \/><\/p>\n<h2 id=\"psychotherapie-de-la-dependance-a-lalcool\">Psychoth\u00e9rapie de la d\u00e9pendance \u00e0 l&#8217;alcool<\/h2>\n<p>Une d\u00e9sintoxication purement somatique chez les alcooliques est peu efficace si elle ne comporte pas d&#8217;\u00e9l\u00e9ments (psycho)th\u00e9rapeutiques [21, 22]. Dans les pays germanophones, le terme &#8220;traitement de sevrage qualifi\u00e9&#8221; est devenu courant [3]. En l&#8217;absence d&#8217;\u00e9l\u00e9ments de motivation, une d\u00e9sintoxication purement somatique pr\u00e9sente des taux de rechute \u00e9lev\u00e9s et conduit g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 des traitements de type &#8220;porte tournante&#8221;.<\/p>\n<p>La r\u00e9habilitation ou le sevrage proprement dit consiste en l&#8217;apprentissage et la pratique de nouveaux comportements n\u00e9cessaires \u00e0 une modification aussi durable que possible de la consommation d&#8217;alcool et \u00e0 l&#8217;abstinence. En outre, le traitement d&#8217;\u00e9ventuelles maladies physiques et psychiatriques concomitantes et sous-jacentes, l&#8217;am\u00e9lioration de l&#8217;environnement social du patient et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, la r\u00e9insertion dans la vie professionnelle et familiale sont importants. La dur\u00e9e des traitements de d\u00e9saccoutumance, du moins dans le cadre r\u00e9sidentiel, a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rablement r\u00e9duite au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, notamment pour des raisons de co\u00fbts. En tant qu&#8217;organisme responsable de la plupart des \u00e9tablissements de r\u00e9adaptation, la Deutsche Rentenversicherung Bund a lanc\u00e9 il y a quelques ann\u00e9es un programme d&#8217;am\u00e9lioration et de gestion de la qualit\u00e9 dans les cliniques sp\u00e9cialis\u00e9es dans les addictions [9].<\/p>\n<p>Les strat\u00e9gies th\u00e9rapeutiques utilis\u00e9es comprennent les th\u00e9rapies cognitivo-comportementales [11], les th\u00e9rapies comportementales ainsi que les psychoth\u00e9rapies apparent\u00e9es, y compris la &#8220;gestion des contingences&#8221;, les approches d&#8217;am\u00e9lioration de la motivation (&#8220;motivational enhancement&#8221;), les th\u00e9rapies de couple et de famille et, surtout aux \u00c9tats-Unis, les psychoth\u00e9rapies bas\u00e9es sur les douze \u00e9tapes des Alcooliques anonymes. S&#8217;y ajoutent des th\u00e9rapies bas\u00e9es sur la psychologie des profondeurs et, de plus en plus, sur la pleine conscience [1, 10]. La psycho\u00e9ducation est \u00e9galement tr\u00e8s utilis\u00e9e, mais elle est plut\u00f4t moyennement fond\u00e9e sur des preuves.<\/p>\n<h2 id=\"etat-de-la-recherche-meta-analytique\">\u00c9tat de la recherche m\u00e9ta-analytique<\/h2>\n<p>Il n&#8217;existe pratiquement pas d&#8217;\u00e9tudes th\u00e9rapeutiques randomis\u00e9es dans les pays germanophones. Un grand nombre de m\u00e9ta-analyses ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es au niveau international. On peut citer par exemple le projet Mesa Grande [11]. Les strat\u00e9gies de &#8220;brief-intervention&#8221;, les th\u00e9rapies visant \u00e0 am\u00e9liorer les comp\u00e9tences sociales (&#8220;social-skills-training&#8221;), les &#8220;community-reinforcement-approaches&#8221;, les th\u00e9rapies comportementales, les th\u00e9rapies familiales et conjugales d&#8217;orientation comportementale et diff\u00e9rentes formes de &#8220;case-management&#8221; sont particuli\u00e8rement bien document\u00e9es. D&#8217;importantes m\u00e9ta-analyses ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es, par exemple, par Hester et Miller et Miller et Wilbourne [11, 12]. En g\u00e9n\u00e9ral, une bonne \u00e9vidence des th\u00e9rapies comportementales et aussi cognitives, de l&#8217;entra\u00eenement aux comp\u00e9tences sociales, de la pr\u00e9vention des rechutes, du &#8220;renforcement de la motivation&#8221; et de la th\u00e9rapie de couple et de famille a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e. D&#8217;autres \u00e9l\u00e9ments compl\u00e9mentaires du traitement de la d\u00e9pendance \u00e0 l&#8217;alcool sont des mesures qui contribuent \u00e0 am\u00e9liorer la gestion du stress ou \u00e0 le minimiser, notamment des techniques de relaxation ainsi que des \u00e9l\u00e9ments th\u00e9rapeutiques qui am\u00e9liorent l&#8217;image de soi et renforcent les fonctions d&#8217;estime de soi.<\/p>\n<p>Les strat\u00e9gies de &#8220;r\u00e9duction des risques&#8221; ont pris une grande importance dans le domaine de la d\u00e9pendance en g\u00e9n\u00e9ral et ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9es au moins pour les buveurs probl\u00e9matiques non d\u00e9pendants. L&#8217;abstinence, du moins \u00e0 court terme, n&#8217;est pas \u00e0 la port\u00e9e de tous les patients alcooliques. Les concepts de r\u00e9duction de la consommation d&#8217;alcool dans le cadre d&#8217;une approche ouverte aux objectifs sont tout \u00e0 fait d\u00e9fendables et l\u00e9gitimes. L&#8217;\u00e9largissement de l&#8217;arsenal th\u00e9rapeutique devrait \u00e9galement permettre de r\u00e9pondre \u00e0 un plus grand nombre de patients.<\/p>\n<p>Par exemple, Klingemann et al. montrent que la focalisation sur des objectifs th\u00e9rapeutiques d&#8217;abstinence seule et l&#8217;acceptation du concept de &#8220;perte de contr\u00f4le&#8221; ne sont pas partag\u00e9s par de nombreux patients [13].<\/p>\n<h2 id=\"formes-de-therapie-individuelles\">Formes de th\u00e9rapie individuelles<\/h2>\n<p><strong>les th\u00e9rapies comportementales et cognitives :<\/strong> Elles partent du principe que les comportements inadapt\u00e9s, comme les comportements addictifs, peuvent \u00eatre appris et en partie d\u00e9sappris. Les \u00e9l\u00e9ments importants sont ici l&#8217;enseignement de strat\u00e9gies d&#8217;adaptation, l&#8217;entra\u00eenement aux comp\u00e9tences sociales, parfois aussi des proc\u00e9dures d&#8217;exposition, des strat\u00e9gies de monnaie ou de r\u00e9compense et la pr\u00e9vention des rechutes.<br \/>\n<strong>Les psychoth\u00e9rapies analytiques en profondeur :<\/strong> Elles sont moins bien document\u00e9es dans le cas de la d\u00e9pendance \u00e0 l&#8217;alcool. Ici, l&#8217;addiction est surtout per\u00e7ue comme faisant partie d&#8217;un d\u00e9ficit de d\u00e9veloppement de la personnalit\u00e9 (d\u00e9ficit du moi avec manque de tol\u00e9rance \u00e0 la frustration et trouble du contr\u00f4le des affects) [2] :<\/p>\n<ul>\n<li>Sensibilit\u00e9 accrue \u00e0 ses propres sentiments et \u00e0 ceux des autres<\/li>\n<li>Am\u00e9lioration de la tol\u00e9rance \u00e0 la frustration et du contr\u00f4le des affects<\/li>\n<li>Am\u00e9lioration de l&#8217;estime de soi<\/li>\n<li>Modification des repr\u00e9sentations d&#8217;objets par la correction de l&#8217;image parentale id\u00e9ale<\/li>\n<li>L&#8217;addiction en tant que tentative d&#8217;adaptation accrue sur la base d&#8217;un d\u00e9veloppement de la personnalit\u00e9 primairement perturb\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Pr\u00e9vention et gestion des rechutes :<\/strong> les \u00e9l\u00e9ments de pr\u00e9vention et de gestion des rechutes ont en revanche une plus grande importance. Les \u00e9l\u00e9ments de th\u00e9rapie correspondants sont bas\u00e9s sur le mod\u00e8le de rechute socio-cognitif de Marlatt et Gordon [14]. L&#8217;objectif est de sensibiliser le malade alcoolique \u00e0 la gestion des situations critiques en mati\u00e8re de rechute, de lui transmettre des strat\u00e9gies d&#8217;adaptation appropri\u00e9es et de travailler avec lui sur la gestion des situations \u00e0 haut risque. Il existe \u00e9galement des proc\u00e9dures pour d\u00e9velopper l&#8217;autocontr\u00f4le et l&#8217;autogestion.<\/p>\n<p>Les th\u00e9rapies bas\u00e9es sur la pleine conscience : Les th\u00e9rapies bas\u00e9es sur la pleine conscience ont pris de l&#8217;importance dans le domaine des addictions au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es [15]. Des attitudes de vie orientales et des \u00e9l\u00e9ments de m\u00e9ditation de pleine conscience ont \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9s ici dans des concepts th\u00e9rapeutiques. Le malade alcoolique doit \u00eatre incit\u00e9 \u00e0 agir de mani\u00e8re active et autod\u00e9termin\u00e9e [12]. Pour les pays germanophones, il existe un module de traitement bas\u00e9 sur la pleine conscience pour la pr\u00e9vention de la rechute avec un total de huit unit\u00e9s de th\u00e9rapie [15].<br \/>\nDans l&#8217;ensemble, il est tout \u00e0 fait possible d&#8217;atteindre des taux d&#8217;abstinence de 40 \u00e0 50% lors de traitements psychoth\u00e9rapeutiques et socioth\u00e9rapeutiques intensifs de malades alcooliques [1, 2].<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9vention pharmacoth\u00e9rapeutique des rechutes :<\/strong> malgr\u00e9 les efforts intenses de la recherche fondamentale, relativement peu de m\u00e9dicaments sont disponibles \u00e0 ce jour sur le plan clinique [16]. L&#8217;acamprosate, une substance agissant principalement par l&#8217;interm\u00e9diaire des neurones glutamatergiques et sans autres effets psychotropes, a \u00e9t\u00e9 test\u00e9 dans une s\u00e9rie d&#8217;\u00e9tudes en double aveugle contr\u00f4l\u00e9es par placebo sur une p\u00e9riode de trois \u00e0 six mois maximum. douze mois ont \u00e9t\u00e9 examin\u00e9s.<\/p>\n<p>Une analyse Cochrane r\u00e9cente a montr\u00e9, malgr\u00e9 une nette h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des r\u00e9sultats, que les patients trait\u00e9s par l&#8217;acamprosate (2 g\/d, soit 3\u00d72 comprim\u00e9s) pr\u00e9sentaient un taux d&#8217;abstinence l\u00e9g\u00e8rement sup\u00e9rieur \u00e0 celui des patients trait\u00e9s par placebo [5]. La tol\u00e9rance \u00e9tait g\u00e9n\u00e9ralement bonne, mais la diarrh\u00e9e \u00e9tait significativement plus fr\u00e9quente dans le groupe acamprosate que dans le groupe placebo.<\/p>\n<p>En revanche, la naltrexone, un antagoniste des opio\u00efdes, a montr\u00e9 dans l&#8217;analyse Cochrane un effet sur la r\u00e9duction de la consommation d&#8217;alcool plut\u00f4t que sur le taux d&#8217;abstinence [6]. La naltrexone orale 50 mg bloque le r\u00e9cepteur \u00b5-opio\u00efde pendant 24 heures, r\u00e9duisant ainsi les effets euphorisants de l&#8217;alcool. Les effets secondaires \u00e9taient principalement des naus\u00e9es et des effets gastro-intestinaux. Des variantes fonctionnellement pertinentes du r\u00e9cepteur \u00b5-opio\u00efde pourraient avoir une importance pour l&#8217;efficacit\u00e9 de la naltrexone [17].<\/p>\n<p>Une autre m\u00e9ta-analyse int\u00e9ressante de Maisel et al.  [18]  a r\u00e9pliqu\u00e9 les r\u00e9sultats de R\u00f6sner et al. [5, 6] en grande partie.<\/p>\n<p>Une approche relativement nouvelle \u00e0 plusieurs \u00e9gards est repr\u00e9sent\u00e9e par un autre antagoniste opio\u00efde appel\u00e9 nalm\u00e9f\u00e8ne, qui a r\u00e9cemment re\u00e7u l&#8217;autorisation de l&#8217;Agence europ\u00e9enne des m\u00e9dicaments \u00e0 Londres (EMA) pour le traitement de la d\u00e9pendance \u00e0 l&#8217;alcool et qui est sur le point d&#8217;\u00eatre introduit en Autriche. Le nalm\u00e9f\u00e8ne (20 mg\/j) est, comme la naltrexone, un antagoniste du r\u00e9cepteur opio\u00efde \u00b5, mais aussi un agoniste partiel du r\u00e9cepteur opio\u00efde kappa, son m\u00e9canisme d&#8217;action est donc l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rent. Une s\u00e9rie d&#8217;\u00e9tudes a montr\u00e9 que le nalm\u00e9f\u00e8ne permettait d&#8217;obtenir une r\u00e9duction significative de la consommation d&#8217;alcool lorsqu&#8217;il \u00e9tait utilis\u00e9 &#8220;tel quel&#8221;, c&#8217;est-\u00e0-dire lorsque le patient pouvait d\u00e9cider de prendre ou non le m\u00e9dicament [1, 19]. L&#8217;abstinence n&#8217;\u00e9tait pas un crit\u00e8re d&#8217;objectif final dans ces \u00e9tudes pharmacologiques. Le nalm\u00e9f\u00e8ne constituerait donc une nouvelle approche pharmacoth\u00e9rapeutique dans le traitement de la d\u00e9pendance \u00e0 l&#8217;alcool, dans le cadre d&#8217;une strat\u00e9gie dite de &#8220;r\u00e9duction des risques&#8221;.<\/p>\n<p>L&#8217;approche du baclof\u00e8ne, un agoniste GABA-B utilis\u00e9 en neurologie, est \u00e9galement int\u00e9ressante. Selon un auto-rapport du m\u00e9decin fran\u00e7ais Ameisen, r\u00e9cemment d\u00e9c\u00e9d\u00e9, ce m\u00e9dicament est utilis\u00e9 \u00e0 des doses parfois tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9es comme substance anticraving. Les donn\u00e9es disponibles \u00e0 ce jour sont encore limit\u00e9es, mais un certain nombre d&#8217;\u00e9tudes \u00e0 plus grande \u00e9chelle sont en cours [1]. Il est int\u00e9ressant de noter que de nombreux adeptes de cette th\u00e9rapie se sont organis\u00e9s en un forum Internet sp\u00e9cifique (alkohol-und-baclofen-forum.de).<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Soyka M : Mise \u00e0 jour sur la d\u00e9pendance \u00e0 l&#8217;alcool. Br\u00eame, Allemagne : Unimed Verlag 2013.<\/li>\n<li>Soyka M, K\u00fcfner H : Alcoolisme &#8211; Abus et d\u00e9pendance, 6e \u00e9dition. Stuttgart : Thieme 2008.<\/li>\n<li>Kiefer F, Mann K : Evidence-based treatment of alcohol dependence. Neurologue 2007 ; 78 : 1321-1331.<\/li>\n<li>Geyer D, et al. : Ligne directrice de l&#8217;AWMF : Traitement post-aigu des troubles li\u00e9s \u00e0 l&#8217;alcool. Addiction 2006 ; 52 : 8-34.<\/li>\n<li>R\u00f6sner S, et al : Acamprosate for alcohol dependence. Cochrane Database Syst Rev 2010a ; 9 (CD004332).<\/li>\n<li>R\u00f6sner S, et al : Opioid antagonists for alcohol dependence. Cochrane Database Syst Rev 2010b ; 12 : CD001867.<\/li>\n<li>Miller WR, et al : Wat works ? A summary of alcohol treatment outcome research, in : Hester RK, Miller WR (\u00e9d.) : Handbook of alcoholism treatment approaches : effective alternatives, 3e \u00e9d. Boston : Allyn and Bacon 2003 ; 13-63.<\/li>\n<li>Finney JW, Moos RH : Entrer en traitement pour l&#8217;abus d&#8217;alcool : un mod\u00e8le de stress et de coping. Addiction 1995 ; 90 : 1223-1240.<\/li>\n<li>Magill M, Ray LA : Cognitive-behavioral treatment with adult alcohol and illicit drug users : a meta-analysis of randomized controlled trails. J Stud Alcohol Drugs 2009 ; 70 : 516-527.<\/li>\n<li>Berglund M, et al : Treating Alcohol and Drug Abuse. Une revue bas\u00e9e sur les preuves. Weinheim : Wiley-VCH 2003.<\/li>\n<li>Miller WR, Wilbourne PL : Mesa Grande : une analyse m\u00e9thodologique des parcours cliniques des traitements des troubles li\u00e9s \u00e0 l&#8217;alcool. Addiction 2002 ; 97 : 265-277.<\/li>\n<li>Hester RK, Miller WR : Approches du traitement de l&#8217;alcoolisme. Boston : Allyn&amp;Bacon 1995 ; 148-159.<\/li>\n<li>Klingemann H, et al. : \u00c9pisodes de consommation d&#8217;alcool pendant le traitement ax\u00e9 sur l&#8217;abstinence chez les patients : double perspective des patients et des th\u00e9rapeutes &#8211; une analyse qualitative. Alcohol Alcohol 2013 ; 48 : 322-328.<\/li>\n<li>Marallt GA, Gordon JR : Pr\u00e9vention des rechutes. New York : Guilford 1985.<\/li>\n<li>Bowen S, et al. : Pr\u00e9vention de la rechute bas\u00e9e sur la pleine conscience pour les personnes d\u00e9pendantes \u00e0 une substance. Le programme MBRP. Weinheim Basel : Beltz 2012.<\/li>\n<li>Spanagel R, Vengeliene V : New Pharmacological Treatment Strategies for Relapse Prevention. Curr Topics Behav Neurosci 2013 ; 13 : 583-609.<\/li>\n<li>Anton RF, et al : An evaluation of mu-opioid receptor (OPRM1) as a predictor of naltrexone response in the treatment of alcohol dependence : Results from the Combined Pharmactherapies and Behavioral Interventions for Alcohol Dependence (COMBINE) study. Arch Gen Psychiatry 2008 ; 65 : 135-144.<\/li>\n<li>Maisel NC, et al : Meta-analysis of naltrexone and acamprosate for treating alcohol use disorders : when are these medications most helpful ? Addiction 2012 ; 108 : 275-293.<\/li>\n<li>Mann K, et al : Extending the Treatment Options in Alcohol Dependence : A Randomized Controlled Study of As-Needed Nalmefene. Biol Psychiatry 2013 (in press).<\/li>\n<li>Mann K, Kiefer F : Evidence-based treatment of alcohol dependence. Neurologue 2007 ; 11 : 1321-1331.<\/li>\n<li>Brueck G, Mann K : Psychoth\u00e9rapie sp\u00e9cifique de l&#8217;alcoolisme : Manuel avec modules de traitement. Deutscher \u00c4rzteverlag, Cologne 2006.<\/li>\n<li>Loeber S, Mann K : D\u00e9veloppement d&#8217;une psychoth\u00e9rapie bas\u00e9e sur les preuves pour l&#8217;alcoolisme &#8211; un aper\u00e7u. Neurologue 2006 ; 5 : 558-566.<\/li>\n<li>Miller WR, Rollnick S : Entretien motivationnel. New York : Guilford Press 1991.<\/li>\n<li>Schmidt P, et al : Evidence-based guidelines in the hospital treatment of alcohol dependent patients : the guidelines program of the Deutsche Rentenversicherung Bund. Suchtmed 2007 ; 9 : 53-64.<\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les troubles li\u00e9s \u00e0 l&#8217;alcool font partie des troubles mentaux les plus fr\u00e9quents, avec une fr\u00e9quence de 7 \u00e0 10 %. 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