{"id":347540,"date":"2013-09-17T00:00:00","date_gmt":"2013-09-16T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/une-recommandation-dexercice-nest-pas-suffisante-en-cas-de-bpco-avancee\/"},"modified":"2013-09-17T00:00:00","modified_gmt":"2013-09-16T22:00:00","slug":"une-recommandation-dexercice-nest-pas-suffisante-en-cas-de-bpco-avancee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/une-recommandation-dexercice-nest-pas-suffisante-en-cas-de-bpco-avancee\/","title":{"rendered":"Une recommandation d&#8217;exercice n&#8217;est pas suffisante en cas de BPCO avanc\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p><strong>La plupart du temps, il ne suffit pas de recommander aux patients BPCO de faire plus d&#8217;exercice ou d&#8217;\u00eatre plus actifs. Une gestion de l&#8217;entra\u00eenement sp\u00e9cifique \u00e0 l&#8217;indication, bas\u00e9e sur des param\u00e8tres objectifs et subjectifs de la maladie et de la performance pendant l&#8217;effort, peut \u00eatre d\u00e9cisive pour l&#8217;\u00e9volution de la maladie d\u00e8s les premiers stades et prend de l&#8217;importance avec la gravit\u00e9 de la maladie. La gestion cibl\u00e9e de l&#8217;entra\u00eenement et l&#8217;\u00e9ducation des patients en mati\u00e8re d&#8217;activit\u00e9 physique dans le cadre d&#8217;un programme interdisciplinaire deviennent ainsi in\u00e9vitablement les piliers de la r\u00e9\u00e9ducation dans la BPCO.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>En pratique, il s&#8217;av\u00e8re que la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de l&#8217;obstruction dans la BPCO n&#8217;est pas un pr\u00e9dicteur clair de la faible capacit\u00e9, qualit\u00e9 de vie ou mobilit\u00e9 du patient&nbsp; &nbsp;  La fonction et la performance des muscles squelettiques ainsi que la connaissance et la gestion de la maladie par le patient sont des facteurs d\u00e9terminants. La n\u00e9cessit\u00e9 et les avantages de l&#8217;activit\u00e9 physique dans la BPCO sont indiscutables et bien \u00e9tablis [1]. Cependant, pour obtenir un succ\u00e8s durable et une acceptation par le patient de la r\u00e9alisation autonome de s\u00e9ances d&#8217;entra\u00eenement cibl\u00e9es, il est avant tout essentiel de bien structurer et d&#8217;adapter le d\u00e9but de l&#8217;entra\u00eenement en \u00e9vitant les frustrations. Car ce sont aussi ces exp\u00e9riences n\u00e9gatives qui ont conduit le patient, via l&#8217;ins\u00e9curit\u00e9 et la peur, au cycle de l&#8217;inactivit\u00e9 et du d\u00e9conditionnement.<\/p>\n<h2 id=\"contexte-physiologique\">Contexte physiologique<\/h2>\n<p>Les performances des patients atteints de maladies respiratoires obstructives peuvent \u00eatre limit\u00e9es par l&#8217;obstruction elle-m\u00eame et l&#8217;augmentation du travail respiratoire qui en r\u00e9sulte. De plus, la performance est limit\u00e9e par une hyperinflation dynamique des poumons avec une ventilation accrue. A cela s&#8217;ajoutent souvent des muscles respiratoires fatigu\u00e9s par une surcharge chronique et une perturbation des \u00e9changes gazeux respiratoires [2]. En ce qui concerne les muscles p\u00e9riph\u00e9riques, les changements s&#8217;observent particuli\u00e8rement bien au niveau du muscle quadriceps f\u00e9moral. A un stade avanc\u00e9, on observe des atrophies au niveau des fibres de type I, puis, au fur et \u00e0 mesure de l&#8217;\u00e9volution de la maladie, une augmentation compensatoire des fibres de type IIb, ce qui entra\u00eene une diminution de la capacit\u00e9 a\u00e9robie des muscles [3\u20135]. En outre, on discute du fait que les muscles respiratoires fatigu\u00e9s soutiennent par r\u00e9flexe une vasoconstruction sympathique et inhibent le flux sanguin vers les muscles des extr\u00e9mit\u00e9s qui travaillent [4]. Il en r\u00e9sulte \u00e0 chaque fois une fatigue rapide et une diminution des performances.<br \/>\nLe fait que les changements dans la musculature p\u00e9riph\u00e9rique, et donc les sympt\u00f4mes de r\u00e9duction des performances, puissent \u00eatre qualifi\u00e9s de partiellement r\u00e9versibles appara\u00eet comme un facteur d\u00e9cisif, y compris pour la motivation et l&#8217;observance du patient. Cela s&#8217;explique par le fait que les modifications musculaires ne sont pas une cons\u00e9quence directe de la maladie, mais une cons\u00e9quence secondaire de l&#8217;inactivit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 la dyspn\u00e9e. Le patient a ainsi la perspective r\u00e9aliste d&#8217;une am\u00e9lioration sensible de ses performances.<\/p>\n<h2 id=\"controle-de-la-formation-en-fonction-de-multiples-facteurs\">Contr\u00f4le de la formation en fonction de multiples facteurs<\/h2>\n<p>Au stade pr\u00e9coce ou lorsque les limitations physiques sont faibles \u00e0 mod\u00e9r\u00e9es, un entra\u00eenement d&#8217;endurance r\u00e9gulier et autonome selon la m\u00e9thode continue peut suffire \u00e0 maintenir les performances. Au fur et \u00e0 mesure de l&#8217;\u00e9volution de la maladie, un entra\u00eenement g\u00e9r\u00e9 de mani\u00e8re syst\u00e9matique devient de plus en plus important et peut tout \u00e0 fait \u00eatre qualifi\u00e9 de d\u00e9fi. Les param\u00e8tres diagnostiques de la maladie tels que les valeurs de la fonction pulmonaire, les oxym\u00e9tries de pouls et les r\u00e9sultats d&#8217;une ergom\u00e9trie \u00e0 l&#8217;effort, ainsi que la compliance, la motivation, la tol\u00e9rance \u00e0 l&#8217;effort et l&#8217;exp\u00e9rience de l&#8217;entra\u00eenement du patient doivent \u00eatre pris en compte dans le choix de la m\u00e9thode, du volume et de l&#8217;intensit\u00e9 de l&#8217;entra\u00eenement.<\/p>\n<p>Dans les stades avanc\u00e9s de la BPCO, les r\u00e9serves locales d&#8217;\u00e9nergie (ATP, glucose, cr\u00e9atine phosphate) sont \u00e9galement nettement r\u00e9duites, ce qui limite les performances et entra\u00eene une fatigue rapide en raison d&#8217;un taux de lactate musculaire constamment \u00e9lev\u00e9 [4]. Si une charge constante ne peut pas \u00eatre maintenue pendant l&#8217;entra\u00eenement sur une longue p\u00e9riode, l&#8217;entra\u00eenement par intervalles est une alternative appropri\u00e9e \u00e0 la m\u00e9thode continue. Plusieurs auteurs ont constat\u00e9 des am\u00e9liorations comparables des performances \u00e0 diff\u00e9rents stades de la BPCO gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;entra\u00eenement par intervalles, qui \u00e9tait en outre associ\u00e9 \u00e0 une faisabilit\u00e9 et une observance nettement plus \u00e9lev\u00e9es que la m\u00e9thode continue [6, 7]. Un avantage d\u00e9cisif par rapport \u00e0 la m\u00e9thode continue est non seulement une dur\u00e9e d&#8217;entra\u00eenement plus longue, mais aussi une stimulation accrue des muscles squelettiques p\u00e9riph\u00e9riques.<\/p>\n<h2 id=\"formation-en-cas-dinsuffisance-globale\">Formation en cas d&#8217;insuffisance globale<\/h2>\n<p>En cas d&#8217;insuffisance respiratoire globale chronique, il est particuli\u00e8rement important d&#8217;adapter et de contr\u00f4ler l&#8217;entra\u00eenement, car la ventilation est d\u00e9j\u00e0 augment\u00e9e au repos, ce qui entra\u00eene souvent une acidose lactique dans les muscles respiratoires auxiliaires et en p\u00e9riph\u00e9rie. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne s&#8217;accentue au moindre effort, de sorte que le patient se trouve d\u00e9j\u00e0, stricto sensu, en \u00e9tat de surentra\u00eenement 24 heures sur 24, sans activit\u00e9 physique. Il ne s&#8217;agit toutefois pas d&#8217;une contre-indication g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 l&#8217;exercice physique. Cependant, pour cr\u00e9er les conditions d&#8217;un entra\u00eenement, une ventilation non invasive (par exemple BiPAP) peut \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9e pendant l&#8217;entra\u00eenement [8]. Si le masque respiratoire est tol\u00e9r\u00e9 par le patient pendant l&#8217;effort, il est possible d&#8217;obtenir un entra\u00eenement efficace des muscles p\u00e9riph\u00e9riques en soulageant les muscles respiratoires [9].<br \/>\nLes crit\u00e8res de gestion de l&#8217;entra\u00eenement pr\u00e9sent\u00e9s dans le<strong> tableau 1<\/strong> s&#8217;appuient sur les donn\u00e9es de diff\u00e9rents auteurs ainsi que sur l&#8217;exp\u00e9rience pratique.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-1624\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_21.jpg-ee8afa_420.jpg\" width=\"1100\" height=\"865\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_21.jpg-ee8afa_420.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_21.jpg-ee8afa_420-800x629.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_21.jpg-ee8afa_420-120x94.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_21.jpg-ee8afa_420-90x71.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_21.jpg-ee8afa_420-320x252.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_21.jpg-ee8afa_420-560x440.jpg 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<h2 id=\"la-musculation-un-simple-complement\">La musculation &#8211; un simple compl\u00e9ment ?<\/h2>\n<p>Les modifications cliniques des muscles squelettiques d\u00e9crites ci-dessus permettent \u00e0 elles seules de justifier physiologiquement un entra\u00eenement musculaire cibl\u00e9 sur des groupes musculaires locaux. La litt\u00e9rature manque encore d&#8217;informations concr\u00e8tes sur l&#8217;intensit\u00e9 et l&#8217;\u00e9tendue de la pratique de la musculation [10], mais les effets positifs sur la masse musculaire, la force et la qualit\u00e9 de vie sont reconnus. Les auteurs s&#8217;accordent \u00e0 dire qu&#8217;un entra\u00eenement musculaire individuel, adapt\u00e9 au profil quotidien du patient, soutient les effets des mesures de th\u00e9rapie par l&#8217;entra\u00eenement et les stabilise durablement [10, 11].<strong> La figure 1<\/strong> illustre le d\u00e9but de l&#8217;entra\u00eenement sur bicyclette ergom\u00e9trique. Ici, les facteurs objectifs et subjectifs peuvent \u00eatre bien g\u00e9r\u00e9s et contr\u00f4l\u00e9s pendant l&#8217;entra\u00eenement. Outre l&#8217;instruction, le th\u00e9rapeute est \u00e9galement responsable des conseils et de la motivation.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1625 lazyload\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/Unbenannt-3.png-4677e6_418.png\" width=\"1025\" height=\"1119\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/Unbenannt-3.png-4677e6_418.png 1025w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/Unbenannt-3.png-4677e6_418-800x873.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/Unbenannt-3.png-4677e6_418-120x131.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/Unbenannt-3.png-4677e6_418-90x98.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/Unbenannt-3.png-4677e6_418-320x349.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/Unbenannt-3.png-4677e6_418-560x611.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1025px) 100vw, 1025px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 1025px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1025\/1119;\" \/><\/p>\n<p><em>Fig. 1 : D\u00e9but de l&#8217;entra\u00eenement sur bicyclette ergom\u00e9trique<\/em><\/p>\n<h2 id=\"place-de-la-substitution-do2-dans-lentrainement\">Place de la substitution d&#8217;<sub>O2<\/sub> dans l&#8217;entra\u00eenement<\/h2>\n<p>L&#8217;administration d&#8217;oxyg\u00e8ne \u00e0 l&#8217;effort peut tout \u00e0 fait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme n\u00e9cessaire, voire obligatoire, surtout \u00e0 un stade avanc\u00e9 de la BPCO [12]. Ceci est particuli\u00e8rement vrai pour les patients d\u00e9j\u00e0 trait\u00e9s par oxyg\u00e9noth\u00e9rapie de longue dur\u00e9e ou souffrant de maladies cardiaques concomitantes ou secondaires (cor pulmonaire, insuffisance cardiaque) [13].<br \/>\nEn cas d&#8217;entra\u00eenement intensif alors que les muscles respiratoires auxiliaires sont d\u00e9j\u00e0 fatigu\u00e9s, il faut s&#8217;attendre \u00e0 une baisse massive des performances des muscles squelettiques au travail, probablement aussi en raison d&#8217;une situation de concurrence qui se cr\u00e9e entre les muscles p\u00e9riph\u00e9riques au travail et les muscles respiratoires auxiliaires pour le volume des minutes cardiaques [4].<\/p>\n<p>L&#8217;administration suppl\u00e9mentaire d&#8217;oxyg\u00e8ne pendant l&#8217;entra\u00eenement \u00e0 l&#8217;aide de lunettes \u00e0 oxyg\u00e8ne nasales est tr\u00e8s diversement appliqu\u00e9e dans la pratique. Plusieurs auteurs ont trouv\u00e9 dans des \u00e9tudes r\u00e9centes un effet positif de l&#8217;administration d&#8217;oxyg\u00e8ne pendant l&#8217;entra\u00eenement [12]. La r\u00e9duction de l&#8217;hyperinflation pulmonaire, la diminution de la production d&#8217;acide lactique et la diminution mesurable de la fr\u00e9quence respiratoire avec un temps d&#8217;expiration prolong\u00e9 permettent d&#8217;atteindre une intensit\u00e9 d&#8217;entra\u00eenement plus \u00e9lev\u00e9e et de maximiser ainsi les progr\u00e8s de l&#8217;entra\u00eenement. Faciliter le travail respiratoire peut donc permettre un entra\u00eenement plus efficace des muscles p\u00e9riph\u00e9riques. Le fait est que l&#8217;oxyg\u00e8ne administr\u00e9 par voie nasale est consid\u00e9r\u00e9 comme un m\u00e9dicament et doit donc \u00eatre utilis\u00e9 \u00e0 la dose minimale n\u00e9cessaire. Comme de nombreuses cliniques de r\u00e9adaptation suisses sont expos\u00e9es \u00e0 l&#8217;altitude, l&#8217;administration d&#8217;oxyg\u00e8ne \u00e0 l&#8217;effort rev\u00eat une importance suppl\u00e9mentaire.<\/p>\n<h2 id=\"education-et-motivation\">\u00c9ducation et motivation<\/h2>\n<p>Les interventions de r\u00e9entra\u00eenement \u00e0 l&#8217;effort, en particulier en cas de BPCO s\u00e9v\u00e8re, n\u00e9cessitent une grande compliance de la part du patient. L&#8217;intensit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e de l&#8217;entra\u00eenement, associ\u00e9e \u00e0 un manque d&#8217;exp\u00e9rience et de tol\u00e9rance en mati\u00e8re d&#8217;entra\u00eenement, peut conduire \u00e0 un surmenage psychique et mental du patient. Il est donc tr\u00e8s important d&#8217;informer le patient au pr\u00e9alable non seulement sur l&#8217;intensit\u00e9 n\u00e9cessaire et les cons\u00e9quences positives de l&#8217;entra\u00eenement, mais aussi et surtout de susciter sa motivation et son auto-efficacit\u00e9 [14]. Souvent, c&#8217;est gr\u00e2ce \u00e0 la compr\u00e9hension du patient et \u00e0 sa confiance dans l&#8217;intervention de la th\u00e9rapie d&#8217;entra\u00eenement (et dans le th\u00e9rapeute lui-m\u00eame) qu&#8217;un entra\u00eenement de l&#8217;intensit\u00e9 requise est possible.<br \/>\nL&#8217;\u00e9ducation cibl\u00e9e permet de r\u00e9duire la peur et l&#8217;ins\u00e9curit\u00e9 \u00e0 l&#8217;effort, d&#8217;accepter la dyspn\u00e9e et l&#8217;\u00e9puisement pendant l&#8217;exercice comme une r\u00e9action normale du corps \u00e0 l&#8217;effort. Au d\u00e9but de l&#8217;intervention, les patients sans exp\u00e9rience de l&#8217;entra\u00eenement ont particuli\u00e8rement du mal \u00e0 \u00e9valuer un effort et \u00e0 reconna\u00eetre les limites de leurs propres capacit\u00e9s physiques. L&#8217;exp\u00e9rience du th\u00e9rapeute qui vous suit et le contr\u00f4le de l&#8217;intensit\u00e9 par des tests de performance pr\u00e9alables sont d&#8217;autant plus importants.<\/p>\n<p>De nombreuses \u00e9tudes, tant en milieu hospitalier qu&#8217;en ambulatoire, ont examin\u00e9 l&#8217;efficacit\u00e9 de l&#8217;\u00e9ducation des patients dans la BPCO. Les patients qui ont re\u00e7u une formation ont enregistr\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 85% de consultations m\u00e9dicales en moins l&#8217;ann\u00e9e suivante [15, 16]. De m\u00eame, le taux d&#8217;hospitalisation a \u00e9t\u00e9 significativement r\u00e9duit par rapport aux patients qui n&#8217;ont pas re\u00e7u d&#8217;\u00e9ducation [17, 18]. D&#8217;autres auteurs font \u00e9tat d&#8217;une meilleure qualit\u00e9 de vie chez les patients form\u00e9s, m\u00eame apr\u00e8s un an [15, 19]. En outre, on peut \u00e9galement s&#8217;attendre \u00e0 une baisse durable de l&#8217;indice BODE et \u00e0 une r\u00e9duction de la consommation d&#8217;antibiotiques chez les patients form\u00e9s [18]. Du point de vue de l&#8217;\u00e9conomie de la sant\u00e9, une \u00e9ducation cibl\u00e9e des patients peut r\u00e9duire de mani\u00e8re significative les co\u00fbts de la maladie et la morbidit\u00e9 [15, 19].<\/p>\n<p>Le <strong>tableau 2<\/strong> r\u00e9sume le contenu central d&#8217;une \u00e9ducation cibl\u00e9e des patients.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1626 lazyload\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_22_2.jpg-ee37e4_419.jpg\" width=\"993\" height=\"822\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_22_2.jpg-ee37e4_419.jpg 993w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_22_2.jpg-ee37e4_419-800x662.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_22_2.jpg-ee37e4_419-120x99.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_22_2.jpg-ee37e4_419-90x75.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_22_2.jpg-ee37e4_419-320x265.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_22_2.jpg-ee37e4_419-560x464.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 993px) 100vw, 993px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 993px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 993\/822;\" \/><\/p>\n<h2 id=\"mise-en-oeuvre-dans-un-cadre-interdisciplinaire\">Mise en \u0153uvre dans un cadre interdisciplinaire<\/h2>\n<p>M\u00eame si l&#8217;entra\u00eenement physique cibl\u00e9 est d\u00e9crit ici comme un pilier de la r\u00e9\u00e9ducation, il n&#8217;est durablement efficace que s&#8217;il est enseign\u00e9 dans un cadre interdisciplinaire. Diverses interventions de th\u00e9rapie respiratoire, qui manquent de preuves en tant que mesure de traitement isol\u00e9e [20], ont des t\u00e2ches importantes \u00e0 accomplir dans un contexte interdisciplinaire, car elles peuvent non seulement am\u00e9liorer le bien-\u00eatre des patients, mais aussi cr\u00e9er la base d&#8217;un comportement ad\u00e9quat \u00e0 l&#8217;effort pour augmenter la tol\u00e9rance du patient \u00e0 l&#8217;effort. A cela s&#8217;ajoute le fait qu&#8217;un r\u00e9glage optimal des m\u00e9dicaments du patient permet souvent la r\u00e9alisation d&#8217;un entra\u00eenement (cf. article Dr. med. Thomas Rothe). L&#8217;arr\u00eat absolument n\u00e9cessaire du tabac ainsi que les instructions d&#8217;autogestion donn\u00e9es tout au long de la vie par des experts de diff\u00e9rentes disciplines (m\u00e9dication, mesures de soins, inhalation, prophylaxie des infections, soutien psychologique) sont \u00e9galement au c\u0153ur d&#8217;une r\u00e9\u00e9ducation interdisciplinaire (voir l&#8217;article de Nadja Wyrsch).<br \/>\nLe d\u00e9fi consiste alors \u00e0 faire comprendre au patient toutes les mesures \u00e0 prendre sans le surcharger.<\/p>\n<h2 id=\"transfert-dans-la-vie-quotidienne\">transfert dans la vie quotidienne<\/h2>\n<p>Il ne faut pas s&#8217;attendre \u00e0 ce qu&#8217;un patient assimile en d\u00e9tail le contenu du contr\u00f4le de la formation d\u00e9crit ci-dessus et le poursuive plus tard dans une formation autonome. L&#8217;exp\u00e9rience montre \u00e9galement qu&#8217;il ne faut pas s&#8217;attendre \u00e0 une augmentation \u00e0 long terme de l&#8217;activit\u00e9 dans la vie quotidienne apr\u00e8s la fin d&#8217;une r\u00e9\u00e9ducation en milieu hospitalier si le patient ne revient pas \u00e0 la vie quotidienne avec des id\u00e9es claires et un plan concret pour poursuivre l&#8217;entra\u00eenement. C&#8217;est pourquoi les programmes ambulatoires de stabilisation et de poursuite de l&#8217;entra\u00eenement ont une grande importance. En outre, l&#8217;environnement social doit \u00eatre impliqu\u00e9 dans le processus et motiv\u00e9 pour soutenir activement le patient.<\/p>\n<h4 id=\"conclusion-pour-la-pratique\"><strong>CONCLUSION POUR LA PRATIQUE<\/strong><\/h4>\n<ul>\n<li>Informer intensivement les patients, les motiver et leur expliquer les cons\u00e9quences de l&#8217;inactivit\u00e9<\/li>\n<li>Mettre en place une activit\u00e9 physique et un entra\u00eenement cibl\u00e9 d\u00e8s les premiers stades de la BPCO<\/li>\n<li>Imposer l&#8217;arr\u00eat du tabac comme une n\u00e9cessit\u00e9 absolue<\/li>\n<li>Prendre au s\u00e9rieux et clarifier les craintes et les incertitudes<\/li>\n<li>En cas d&#8217;inactivit\u00e9 et d&#8217;incertitude croissantes, orienter vers des programmes d&#8217;entra\u00eenement accr\u00e9dit\u00e9s (Soci\u00e9t\u00e9 Suisse de Pneumologie, www.pneumo.ch).<\/li>\n<li>Impliquer l&#8217;environnement social et la famille<\/li>\n<li>Soutenir l&#8217;intervention pr\u00e9coce par des s\u00e9jours hospitaliers<\/li>\n<\/ul>\n<p><em><strong>Silvio Catuogno<br \/>\nSandra Br\u00fclisauer<\/strong><\/em><\/p>\n<p><strong>Litt\u00e9rature :<\/strong><\/p>\n<ol>\n<li><em>Meyer, A, et al : Deutsche Zeitschrift f\u00fcr Sportmedizin 2007 ; 58(10) : <em>351-356.<\/em><\/em><\/li>\n<li><em>Worth H, et al. : Pneumologie 2000 ; 54(2) : 61-67.<\/em><\/li>\n<li><em>Hughes RL, et al : Respiration 1983 ; 44(5) : 321-328.<\/em><\/li>\n<li><em>Dempsey JA, et al : Deutsche Zeitschrift f\u00fcr Sportmedizin 2000 ; 51(10) : <em>318-326.<\/em><\/em><\/li>\n<li><em>Schultz K, et al. (\u00e9d.) : Th\u00e9rapie d&#8217;entra\u00eenement pour la BPCO. Dustri-Verlag, Dr. Karl Feistle, Munich 2012.<\/em><\/li>\n<li><em>Beauchamp, et al : Thorax 2010 ; 65 : 157-165.<\/em><\/li>\n<li><em>Puhan MA, et al : Thorax 2005 ; 60 : 367-375.<\/em><\/li>\n<li><em>Gerdes A : BiPAP\u00ae &#8211; Biphasic Positive Airway Pressure, 2005<em>, www.intensivcareunit.de\/bipap.html.<\/em><\/em><\/li>\n<li><em>Reuveny R, et al : Isr Med Assoc J 2005 ; 7(3) : 15.<\/em><\/li>\n<li><em>Frey M : Krafttraining bei COPD &#8211; was ist gesichert ?, dans : Schultz K, et al. (\u00e9d.) : Trainingstherapie bei COPD. Dustri-Verlag, Dr. Karl Feistle, <em>Munich 2012.<\/em><\/em><\/li>\n<li><em>Mador MJ, et al : Chest 2004 ; 125 : 2036-2045.<\/em><\/li>\n<li><em>Emtner M, et al : Am J respir Crit Care Med 2003 ; 168 : 1034-1042.<\/em><\/li>\n<li><em>Williams PT : Arch Int Med 1998 ; 158 : 237-245.<\/em><\/li>\n<li><em>Jonas S, Phillips EM : ACSM`s Exercise is medicin. Un guide du clinicien pour la prescription d&#8217;exercice. American College of Sports Medicine (\u00e9d.). <em>Wolters Kluwer\/Lippincot Williams &amp; Wilkins, Philadelphie, 2009.<\/em><\/em><\/li>\n<li><em>Wittmann M, et al. : Pneumologie 2007 ; 61 : 636-643.<\/em><\/li>\n<li><em>Gallefoss F, Bakke PS : Respiratory Medicine 2000 ; 95 : 279-287.<\/em><\/li>\n<li><em>Effing T, et al. : The Cochrane Collaboration 2009.<\/em><\/li>\n<li><em>B\u00f6sch D, et al. : Pneumologie 2007 ; 61(10) : 629-635.<\/em><\/li>\n<li><em>Gallefoss F : Patient Education and Counseling 2004 ; 52(3) : 259-266.<\/em><\/li>\n<li><em>Holland AE, et al : Cochrane Database Syst Rev. 2012 Oct 17;10:CD008250. doi : 10.1002\/14651858.CD008250.pub2.<\/em><\/li>\n<li><em>G\u00f6hl O : M\u00e9thodologie de l&#8217;entra\u00eenement en endurance dans la BPCO, dans : Schultz K, et al. (\u00e9d.) : Th\u00e9rapie d&#8217;entra\u00eenement pour la BPCO. Dustri-Verlag, Dr. Karl Feistle, Munich 2012.<\/em><\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La plupart du temps, il ne suffit pas de recommander aux patients BPCO de faire plus d&#8217;exercice ou d&#8217;\u00eatre plus actifs. 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