{"id":347543,"date":"2013-09-17T00:00:00","date_gmt":"2013-09-16T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/le-nihilisme-therapeutique-nest-pas-de-mise\/"},"modified":"2013-09-17T00:00:00","modified_gmt":"2013-09-16T22:00:00","slug":"le-nihilisme-therapeutique-nest-pas-de-mise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/le-nihilisme-therapeutique-nest-pas-de-mise\/","title":{"rendered":"Le nihilisme th\u00e9rapeutique n&#8217;est pas de mise"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le diagnostic de la BPCO n&#8217;est souvent pos\u00e9 qu&#8217;\u00e0 un stade avanc\u00e9. Un diagnostic plus pr\u00e9coce, qui permettrait d&#8217;am\u00e9liorer consid\u00e9rablement le pronostic, n\u00e9cessite des spirom\u00e9tries de d\u00e9pistage en cabinet de m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale chez tous les fumeurs, par exemple \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 40 ans. Il faut faire prendre conscience que le diagnostic de BPCO repose uniquement sur des crit\u00e8res spirom\u00e9triques [1, 2] (VEMS\/CVF &lt;70% apr\u00e8s bronchospasmolyse) ! L&#8217;article suivant aborde les aspects th\u00e9rapeutiques de la BPCO.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Le traitement causal de la BPCO tient compte du ph\u00e9notype de la BPCO [3] : BPCO avec emphys\u00e8me (&#8220;pink puffer&#8221;, &#8220;blue bloater&#8221;), avec exacerbations fr\u00e9quentes, avec perte annuelle excessive de VEMS et avec une composante d&#8217;asthme. De ces ph\u00e9notypes d\u00e9coulent des probl\u00e8mes cliniques sp\u00e9cifiques qui n\u00e9cessitent une th\u00e9rapie cibl\u00e9e.<\/p>\n<h2 id=\"lemphyseme-hyperinflation-pulmonaire-structurelle-et-dynamique\">L&#8217;emphys\u00e8me : Hyperinflation pulmonaire structurelle et dynamique<\/h2>\n<p>Les patients atteints de BPCO et d&#8217;emphys\u00e8me pr\u00e9sentent souvent, en plus de l&#8217;hyperinflation structurelle, une hyperinflation dynamique qui se produit lorsque la respiration est forc\u00e9e dans le cadre d&#8217;une activit\u00e9 physique. Outre les facteurs de bronchospasme, de gonflement de la muqueuse et de fibrose sous-endoth\u00e9liale, l&#8217;emphys\u00e8me avec perte d&#8217;\u00e9lasticit\u00e9 des poumons peut entra\u00eener un collapsus des bronches en cas d&#8217;expiration forc\u00e9e <strong>(figure 1).<\/strong> Il se forme de l&#8217;air captif avec une diminution cons\u00e9cutive de la capacit\u00e9 vitale, ce qui entra\u00eene une augmentation temporaire de la dyspn\u00e9e d&#8217;effort [4].<\/p>\n<p>Deux strat\u00e9gies permettent de r\u00e9duire l&#8217;hyperinflation dynamique : d&#8217;une part, l&#8217;utilisation du frein labial lors d&#8217;une activit\u00e9 physique [5]. Mais l&#8217;instruction unique du frein labial ne suffit pas ! Dans le cadre d&#8217;une th\u00e9rapie d&#8217;entra\u00eenement, le th\u00e9rapeute doit toujours v\u00e9rifier si le patient applique automatiquement ce qu&#8217;il a appris dans la vie quotidienne. D&#8217;autre part, l&#8217;utilisation de bronchodilatateurs \u00e0 longue dur\u00e9e d&#8217;action (b\u00eata-stimulants inhal\u00e9s et anticholinergiques). Avec une bronchodilatation p\u00e9riph\u00e9rique, l&#8217;hyperinflation pulmonaire dynamique diminue ; on parle de &#8220;r\u00e9duction pharmacologique du volume&#8221;.<\/p>\n<h2 id=\"bpco-avec-perte-annuelle-excessive-du-vems\">BPCO avec perte annuelle excessive du VEMS<\/h2>\n<p>Les patients emphys\u00e9mateux pr\u00e9sentent une perte annuelle de VEMS encore plus importante, de &gt;60 ml, par rapport aux autres ph\u00e9notypes de BPCO. Si cela se produit d\u00e8s le plus jeune \u00e2ge ou si la consommation de nicotine est faible, il convient de d\u00e9terminer le taux d&#8217;\u03b1-1-antitrypsine dans le s\u00e9rum. Depuis peu, le traitement de substitution est pris en charge par l&#8217;assurance maladie. L&#8217;indication doit toutefois \u00eatre pos\u00e9e par le pneumologue, d&#8217;o\u00f9 l&#8217;int\u00e9r\u00eat d&#8217;une consultation pneumologique en cas de diagnostic de BPCO.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-1618\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_16_1.png-1017a8_416.png\" width=\"993\" height=\"425\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_16_1.png-1017a8_416.png 993w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_16_1.png-1017a8_416-800x342.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_16_1.png-1017a8_416-120x51.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_16_1.png-1017a8_416-90x39.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_16_1.png-1017a8_416-320x137.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_16_1.png-1017a8_416-560x240.png 560w\" sizes=\"(max-width: 993px) 100vw, 993px\" \/><\/p>\n<h2 id=\"bpco-avec-exacerbations-aigues-frequentes\">BPCO avec exacerbations aigu\u00ebs fr\u00e9quentes<\/h2>\n<p>Les patients souffrant d&#8217;exacerbations s\u00e9v\u00e8res et fr\u00e9quentes de la BPCO pr\u00e9sentent un d\u00e9clin rapide de leur \u00e9tat clinique et une augmentation rapide de la mortalit\u00e9 [6]. Les exacerbations aigu\u00ebs peuvent \u00eatre d\u00e9clench\u00e9es par des infections virales des voies respiratoires, des exacerbations bact\u00e9riennes primaires, une exposition massive aux poussi\u00e8res fines et une r\u00e9duction forc\u00e9e de l&#8217;activit\u00e9 physique, ce qui peut entra\u00eener une stase des s\u00e9cr\u00e9tions dans les bronches. Les s\u00e9cr\u00e9tions bronchiques sont un terrain propice aux germes pathog\u00e8nes. En cas de stase des s\u00e9cr\u00e9tions (bronchectasies, obstruction s\u00e9v\u00e8re), le risque de colonisation bact\u00e9rienne, entre autres par des Pseudomonas, augmente \u00e9galement, ce qui aggrave encore le pronostic.<\/p>\n<p>Quels sont les moyens de r\u00e9duire la fr\u00e9quence des exacerbations aigu\u00ebs ? Une activit\u00e9 physique suffisante y contribue. Sauf en cas d&#8217;\u00e9volution asymptomatique, la r\u00e9habilitation pulmonaire ambulatoire primaire est recommand\u00e9e tr\u00e8s t\u00f4t dans la BPCO et comprend un entra\u00eenement physique cibl\u00e9. Les vaccinations annuelles contre la grippe et le pneumocoque sont \u00e9galement indispensables. L&#8217;antibioth\u00e9rapie d&#8217;une exacerbation avec expectoration accrue et purulente prolonge le d\u00e9lai jusqu&#8217;\u00e0 la prochaine exacerbation [7]. Plusieurs m\u00e9dicaments tels que<em> les b\u00eatastimulants \u00e0 longue dur\u00e9e d&#8217;action, les anticholinergiques \u00e0 longue dur\u00e9e d&#8217;action, la N-ac\u00e9tylcyst\u00e9ine<\/em>, les <em>lysats bact\u00e9riens<\/em> oraux <em>, les corticost\u00e9ro\u00efdes topiques (inhal\u00e9s)<\/em> et le nouvel<em> inhibiteur de la PDE-4, le roflumilast (Daxas\u00ae)<\/em>, ont montr\u00e9 qu&#8217;ils entra\u00eenaient une r\u00e9duction des exacerbations. Le roflumilast et les st\u00e9ro\u00efdes topiques inhal\u00e9s ne sont indiqu\u00e9s qu&#8217;en cas de BPCO avanc\u00e9e avec des exacerbations fr\u00e9quentes. En g\u00e9n\u00e9ral, l&#8217;intensit\u00e9 du traitement m\u00e9dicamenteux de base est en corr\u00e9lation avec les stades GOLD. Les niveaux de traitement de la classification GOLD actuelle [1] sont indiqu\u00e9s<strong> dans le tableau 1<\/strong>.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1619 lazyload\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_16_2.jpg-34bfa7_415.jpg\" width=\"993\" height=\"828\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_16_2.jpg-34bfa7_415.jpg 993w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_16_2.jpg-34bfa7_415-800x667.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_16_2.jpg-34bfa7_415-120x100.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_16_2.jpg-34bfa7_415-90x75.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_16_2.jpg-34bfa7_415-320x267.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/HP_2013_8_16_2.jpg-34bfa7_415-560x467.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 993px) 100vw, 993px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 993px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 993\/828;\" \/><\/p>\n<h2 id=\"bpco-avec-composante-asthmatique\">BPCO avec composante asthmatique<\/h2>\n<p>Une variante rare de l&#8217;asthme \u00e0 \u00e9osinophiles \u00e9lev\u00e9s de l&#8217;adulte ne pr\u00e9sente pas d&#8217;hyperr\u00e9activit\u00e9 bronchique, c&#8217;est-\u00e0-dire pas de crises d&#8217;asthme aigu\u00ebs. Au lieu de cela, on observe un gonflement des muqueuses lentement progressif, potentiellement r\u00e9versible sous st\u00e9ro\u00efdes \u00e0 haute dose, avec une dyspn\u00e9e d&#8217;effort cons\u00e9cutive. Cette forme d&#8217;asthme peut imiter une BPCO, car le test de bronchospasmolyse ne montre souvent aucune am\u00e9lioration [8].<\/p>\n<p>Il arrive plus fr\u00e9quemment qu&#8217;avec les ann\u00e9es, une part d&#8217;obstruction bronchique fixe apparaisse \u00e9galement dans l&#8217;asthme (&#8220;airway remodeling&#8221;), de sorte que les crit\u00e8res spirom\u00e9triques de la BPCO sont formellement remplis. Cependant, ces patients pr\u00e9sentent encore un asthme actif sur le plan clinique et anamnestique et doivent \u00eatre trait\u00e9s en cons\u00e9quence comme des patients asthmatiques.<\/p>\n<p>Il n&#8217;est pas rare qu&#8217;une composante asthmatique soit d\u00e9tect\u00e9e chez les patients atteints de BPCO. L&#8217;anamn\u00e8se r\u00e9v\u00e8le parfois un asthme dans l&#8217;enfance, qui s&#8217;est ensuite &#8220;d\u00e9velopp\u00e9&#8221; \u00e0 la pubert\u00e9. Plus tard, l&#8217;abus de nicotine est apparu. Les personnes concern\u00e9es pr\u00e9sentent souvent une r\u00e9versibilit\u00e9 partielle de l&#8217;obstruction, c&#8217;est-\u00e0-dire que le VEMS s&#8217;am\u00e9liore de &gt;12% et &gt;200 ml en valeur absolue gr\u00e2ce \u00e0 la bronchospasmolyse. Ces patients b\u00e9n\u00e9ficient parfois d&#8217;un traitement par st\u00e9ro\u00efdes topiques, m\u00eame si la BPCO n&#8217;est pas encore grave et pr\u00e9sente rarement des exacerbations s\u00e9v\u00e8res.<\/p>\n<h2 id=\"autres-strategies-therapeutiques-pour-la-bpco\">Autres strat\u00e9gies th\u00e9rapeutiques pour la BPCO<\/h2>\n<p><strong>Traitement de l&#8217;exacerbation :<\/strong> les exacerbations peuvent \u00eatre l\u00e9g\u00e8res, c&#8217;est-\u00e0-dire qu&#8217;elles s&#8217;am\u00e9liorent spontan\u00e9ment ou en augmentant les inhalations. Les exacerbations mod\u00e9r\u00e9es n\u00e9cessitent une courte dose de st\u00e9ro\u00efdes et\/ou une antibioth\u00e9rapie. Les exacerbations sont consid\u00e9r\u00e9es comme s\u00e9v\u00e8res lorsqu&#8217;elles n\u00e9cessitent une hospitalisation d&#8217;urgence.<\/p>\n<p>Aujourd&#8217;hui encore, la reconnaissance d&#8217;une exacerbation repose sur les crit\u00e8res d&#8217;Anthonisen de 1986. Il s&#8217;agit de : Augmentation de la dyspn\u00e9e, des crachats et apparition r\u00e9cente d&#8217;une purulence des crachats. Il suffit que deux crit\u00e8res soient r\u00e9unis pour qu&#8217;une intervention ait lieu. Si l&#8217;augmentation des crachats et la purulence dominent, un antibiotique est utile, par exemple amoxicylline\/acide clavulanique pendant cinq \u00e0 sept jours. En cas d&#8217;augmentation massive de la dyspn\u00e9e, une br\u00e8ve th\u00e9rapie de choc avec un corticost\u00e9ro\u00efde oral est indiqu\u00e9e, par exemple 30 mg de prednisone pendant cinq jours. Une dur\u00e9e de traitement plus longue n&#8217;apporte pas plus [9]. Cependant, \u00e0 l&#8217;exception de br\u00e8ves bouff\u00e9es de st\u00e9ro\u00efdes lors d&#8217;exacerbations, les st\u00e9ro\u00efdes oraux doivent \u00eatre \u00e9vit\u00e9s dans le traitement continu de la BPCO, car ils favorisent l&#8217;ost\u00e9oporose et, en raison de leur effet catabolique sur le muscle, ont un effet contraire \u00e0 celui recherch\u00e9 par la r\u00e9habilitation pulmonaire.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9duction de la dyspn\u00e9e d&#8217;effort : <\/strong>l&#8217;utilisation du frein labial et des bronchodilatateurs \u00e0 longue dur\u00e9e d&#8217;action r\u00e9duisent la dyspn\u00e9e d&#8217;effort. En outre, l&#8217;activation physique est une strat\u00e9gie th\u00e9rapeutique importante. Les personnes atteintes de BPCO tentent d&#8217;\u00e9viter l&#8217;essoufflement p\u00e9nible \u00e0 l&#8217;effort en se m\u00e9nageant physiquement. Une atrophie musculaire s&#8217;ensuit. Le muscle d\u00e9conditionn\u00e9 a alors besoin de plus d&#8217;oxyg\u00e8ne pour fournir le m\u00eame effort, ce qui signifie qu&#8217;apr\u00e8s une phase d&#8217;inactivit\u00e9, m\u00eame un niveau d&#8217;effort encore tol\u00e9r\u00e9 auparavant entra\u00eene d\u00e9j\u00e0 une insuffisance respiratoire. Une hospitalisation en phase aigu\u00eb pour une pneumonie, mais aussi pour une fracture des membres inf\u00e9rieurs, peut donc d\u00e9j\u00e0 aggraver la dyspn\u00e9e d&#8217;effort. La r\u00e9habilitation pulmonaire [10] tente de contrecarrer cette spirale descendante. Pour cela, un entra\u00eenement intensif d&#8217;endurance et de musculation est n\u00e9cessaire, qui doit \u00eatre surveill\u00e9 par des sp\u00e9cialistes en raison de la dyspn\u00e9e et de la polymorbidit\u00e9 fr\u00e9quente. L&#8217;activit\u00e9 physique am\u00e9liore le pronostic des patients et r\u00e9duit la mortalit\u00e9 [11].<\/p>\n<p><strong>Drainage des <\/strong>s\u00e9cr\u00e9tions <strong>: <\/strong>les patients qui ont des s\u00e9cr\u00e9tions bronchiques abondantes ont besoin d&#8217;un drainage r\u00e9gulier des s\u00e9cr\u00e9tions, en particulier parce que la clairance mucociliaire est affect\u00e9e par l&#8217;aplasie \u00e9pith\u00e9liale due \u00e0 la BPCO. La clairance de la toux seule est insuffisante. En outre, des d\u00e9cennies de toux peuvent endommager la structure de la paroi des bronches, entra\u00eenant un collapsus de la toux des bronches centrales avec une stase distale des s\u00e9cr\u00e9tions correspondante. Une bonne &#8220;toilette bronchique&#8221; implique de boire abondamment le matin, d&#8217;inhaler avec un b\u00eata-stimulateur, de respirer avec un dispositif PEP (pression expiratoire positive), par exemple une bouteille \u00e0 bulles, le <sup>Flutter\u00ae<\/sup>, le <sup>Cornet\u00ae<\/sup> ou l&#8217;Acapella\u00ae. Une courte p\u00e9riode d&#8217;activit\u00e9 physique, par exemple sur un v\u00e9lo d&#8217;appartement, aide \u00e9galement \u00e0 mobiliser les s\u00e9cr\u00e9tions en acc\u00e9l\u00e9rant le flux respiratoire, ce qui facilite leur expulsion.<\/p>\n<p><strong>Autogestion de la BPCO :<\/strong> comme pour les patients diab\u00e9tiques, un patient atteint de BPCO doit acqu\u00e9rir des connaissances sur sa maladie afin d&#8217;\u00e9viter les toxines, de mener une vie active, d&#8217;inhaler correctement et d&#8217;\u00e9valuer correctement son \u00e9tat de sant\u00e9 afin de pouvoir d\u00e9tecter rapidement une exacerbation en cas d&#8217;absence de son domicile et de r\u00e9agir de mani\u00e8re ad\u00e9quate. Dans le cadre des programmes certifi\u00e9s de r\u00e9habilitation pulmonaire en Suisse [12], les connaissances n\u00e9cessaires sont transmises. Il existe \u00e0 cet effet un tr\u00e8s bon outil p\u00e9dagogique de &#8220;Lunge Z\u00fcrich&#8221;, qui sera \u00e9galement disponible \u00e0 l&#8217;avenir aupr\u00e8s de toutes les Ligues pulmonaires cantonales. La brochure s&#8217;intitule &#8220;Mieux vivre avec la BPCO&#8221;.<\/p>\n<p><strong>Arr\u00eat de la nicotine :<\/strong> l&#8217;arr\u00eat de la nicotine constitue encore aujourd&#8217;hui le seul moyen de r\u00e9duire efficacement la perte annuelle excessive de VEMS. En abordant fr\u00e9quemment le sujet du tabagisme, mais de mani\u00e8re tol\u00e9rable pour le patient, il faut essayer d&#8217;induire chez lui la volont\u00e9 d&#8217;arr\u00eater de fumer. D\u00e8s qu&#8217;elle sera disponible, des propositions concr\u00e8tes prendront tout leur sens. Il existe pour cela diff\u00e9rentes strat\u00e9gies m\u00e9dicamenteuses, notamment avec la var\u00e9nicline (<sup>Champix\u00ae<\/sup>) ou les substituts nicotiniques. La seule d\u00e9livrance d&#8217;un patch s&#8217;av\u00e8re souvent insuffisante, car l&#8217;envie ultime d&#8217;une cigarette peut malgr\u00e9 tout se faire sentir. En cons\u00e9quence, l&#8217;ajout d&#8217;un substitut nicotinique \u00e0 action rapide (<sup>Nicorette\u00ae<\/sup> chewing-gum ou inhalateur) est utile. De nombreuses ligues pulmonaires proposent des cours de sevrage tabagique de qualit\u00e9, qui peuvent \u00eatre extr\u00eamement utiles aux patients.<\/p>\n<p><strong>Oxyg\u00e9noth\u00e9rapie :<\/strong> dans la BPCO avec emphys\u00e8me, les troubles de la ventilation et de la diffusion ne sont pas toujours bien corr\u00e9l\u00e9s, c&#8217;est-\u00e0-dire que m\u00eame si l&#8217;obstruction n&#8217;est que mod\u00e9r\u00e9e, une insuffisance respiratoire partielle significative (pO2 &lt;55 mgHg, SaO2 &lt;90%) peut d\u00e9j\u00e0 \u00eatre pr\u00e9sente dans l&#8217;intervalle sans exacerbation, surtout si les patients vivent en montagne. Il est donc important de proc\u00e9der \u00e0 un d\u00e9pistage par oxym\u00e9trie de pouls ponctuelle et d&#8217;orienter les patients vers un pneumologue.<br \/>\nL&#8217;oxyg\u00e9noth\u00e9rapie \u00e0 domicile de longue dur\u00e9e avec concentrateur ou oxyg\u00e8ne liquide (LOX) n&#8217;a pas pour objectif premier de r\u00e9duire la dyspn\u00e9e, mais de pr\u00e9venir un corpuscule pulmonaire. Mais pour cela, elle doit \u00eatre appliqu\u00e9e au moins 16 heures sur 24 par jour pour que l&#8217;effet souhait\u00e9 se produise. Pour les vacances incl. Pour les voyages en avion, il existe d\u00e9sormais des concentrateurs mobiles que de nombreuses Ligues pulmonaires louent \u00e0 cet effet.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9duction de volume :<\/strong> en cas de BPCO tr\u00e8s avanc\u00e9e, le potentiel d&#8217;am\u00e9lioration est souvent limit\u00e9 malgr\u00e9 l&#8217;\u00e9puisement de toutes les options th\u00e9rapeutiques conservatrices. Chez les patients plus jeunes, il faut donc envisager une transplantation pulmonaire. Chez les plus \u00e2g\u00e9s, une r\u00e9duction de volume par thoracoscopie est parfois envisag\u00e9e. L&#8217;exp\u00e9rience en mati\u00e8re de proc\u00e9dures bronchoscopiques de r\u00e9duction de volume est limit\u00e9e.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9limination des parties des poumons qui ne sont pratiquement d&#8217;aucune utilit\u00e9 pour l&#8217;oxyg\u00e9nation permet d&#8217;obtenir une sur\u00e9l\u00e9vation des diaphragmes et d&#8217;am\u00e9liorer \u00e0 nouveau la respiration diaphragmatique. Les poumons surgonfl\u00e9s se sont non seulement dilat\u00e9s vers l&#8217;ext\u00e9rieur, mais ont \u00e9galement comprim\u00e9 les bronches situ\u00e9es dans les poumons, augmentant ainsi l&#8217;obstruction et le travail respiratoire. Avec une r\u00e9duction de volume, cette situation s&#8217;am\u00e9liore et l&#8217;on constate une l\u00e9g\u00e8re am\u00e9lioration de la fonction pulmonaire, mais le plus souvent une am\u00e9lioration impressionnante au test de marche de 6 minutes.<\/p>\n<h2 id=\"conclusion\">Conclusion<\/h2>\n<p>Le nihilisme th\u00e9rapeutique n&#8217;est plus de mise aujourd&#8217;hui dans la BPCO. Les options th\u00e9rapeutiques se sont consid\u00e9rablement d\u00e9velopp\u00e9es ces derni\u00e8res ann\u00e9es. La reprise d&#8217;une activit\u00e9 physique rev\u00eat une importance capitale \u00e0 cet \u00e9gard. N\u00e9anmoins, une attention particuli\u00e8re doit \u00eatre accord\u00e9e \u00e0 la prophylaxie primaire et \u00e0 la d\u00e9tection pr\u00e9coce de la BPCO, m\u00eame dans la pratique.<\/p>\n<h4 id=\"conclusion-pour-la-pratique\"><strong>CONCLUSION POUR LA PRATIQUE<\/strong><\/h4>\n<ul>\n<li>Le diagnostic de la BPCO repose uniquement sur des crit\u00e8res spirom\u00e9triques.<\/li>\n<li>Il existe quatre ph\u00e9notypes de BPCO : BPCO avec emphys\u00e8me (&#8220;pink puffer&#8221;, &#8220;blue bloater&#8221;), avec exacerbations fr\u00e9quentes, avec perte annuelle excessive de VEMS et avec une composante d&#8217;asthme.<\/li>\n<li>En g\u00e9n\u00e9ral, l&#8217;intensit\u00e9 du traitement m\u00e9dicamenteux de base est en corr\u00e9lation avec les stades GOLD.<\/li>\n<li>Il n&#8217;est pas rare qu&#8217;une composante asthmatique soit d\u00e9tect\u00e9e chez les patients atteints de BPCO.<\/li>\n<li>La reprise d&#8217;une activit\u00e9 physique est essentielle dans le traitement de la BPCO.<\/li>\n<\/ul>\n<p><em><strong>Dr. med. Thomas Rothe<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>www. goldcopd.org<\/li>\n<li>Steurer-Stey C, et al : BPCO &#8211; Quintessence pour le m\u00e9decin de premier recours. Forum Med Suisse 2013 ; 13 : 227-230.<\/li>\n<li>Weatherall M, et al : Distinct clinical phenotypes of airways disease defined by cluster analysis. Eur Respir Dis 2009 ; 34 : 812-818.<\/li>\n<li>Rothe T : Spirom\u00e9trie pour la pratique clinique. PRAXIS 2012 ; 101 : 1481-1487.<\/li>\n<li>Visser FJ, et al : Pursed-lips breathing improves inspiratory capacity in COPD. Respiration 2011 ; 81 : 372-378.<\/li>\n<li>Suissa S, et al : Long-term natural history of COPD : Severe exacerbations and mortality. Thorax 2012 ; 67 : 957-963.<\/li>\n<li>Llor C, et al : Efficacit\u00e9 du traitement antibiotique pour les exacerbations aigu\u00ebs de la BPCO l\u00e9g\u00e8re \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e. Am J Respir Crit Care Dis 2012 ; 186 : 716-723.<\/li>\n<li>Rothe T : BPCO et asthme : Same, same but different. PRAXIS 2012 ; 101 : 233-237.<\/li>\n<li>Leuppi JD, et al : Short-term versus conventional glucocorticoid therapy in acute exacerbations of chronic obstructive pulmonary disease : the REDUCE randomized clinical trial. JAMA 2013 ; 309 : 2223-2231.<\/li>\n<li>Puhan M, et al. : R\u00e9habilitation pulmonaire &#8211; Une approche th\u00e9rapeutique moderne et orient\u00e9e vers le patient dans la BPCO. PRAXIS 2013 ; 102 : 99-106.<\/li>\n<li>Waschki B, et al : L&#8217;activit\u00e9 physique est le pr\u00e9dicteur le plus fort de la mortalit\u00e9 toutes causes confondues chez les patients atteints de copd. Chest 2011 ; 140 : 331-342.<\/li>\n<li>www.pneumo.ch\/de\/informationen-fuer-fachpersonen\/pulmonale-rehabilitation\/anerkannte-zentren.html.<\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le diagnostic de la BPCO n&#8217;est souvent pos\u00e9 qu&#8217;\u00e0 un stade avanc\u00e9. 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