{"id":347679,"date":"2013-05-31T00:00:00","date_gmt":"2013-05-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/voici-comment-sonne-la-musique-du-futur\/"},"modified":"2023-01-19T00:53:45","modified_gmt":"2023-01-18T23:53:45","slug":"voici-comment-sonne-la-musique-du-futur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/voici-comment-sonne-la-musique-du-futur\/","title":{"rendered":"Voici comment sonne la musique du futur"},"content":{"rendered":"<p><strong>Certains nouveaux m\u00e9dicaments et nouvelles techniques devraient am\u00e9liorer le contr\u00f4le de la glyc\u00e9mie dans le diab\u00e8te de type 1 et de type 2. En plus d&#8217;une bonne s\u00e9lection de m\u00e9dicaments, une approche centr\u00e9e sur le patient est essentielle. Il ne s&#8217;agit plus d&#8217;abaisser \u00e0 tout prix l&#8217;<sub>HbA1c<\/sub> en dessous de 6,5%, mais de fixer un objectif th\u00e9rapeutique individuel.<\/strong><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Le professeur Peter Diem, m\u00e9decin-chef de la clinique d&#8217;endocrinologie, de diab\u00e9tologie et de nutrition clinique \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital de l&#8217;\u00cele \u00e0 Berne, voit quelques approches nouvelles et int\u00e9ressantes ou des am\u00e9liorations des techniques existantes dans le traitement du diab\u00e8te. Mais ces nouvelles strat\u00e9gies et ce d\u00e9veloppement sont encore, pour la plupart, de la musique d&#8217;avenir. &#8220;Il ne faut plus pousser l&#8217;<sub>HbA1c<\/sub> en dessous de 6,5% pour tout le monde, mais l&#8217;adapter individuellement&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 le professeur Diem. Le document de synth\u00e8se &#8220;Management of Type-2 Diabetes&#8221; de l&#8217;American Diabetes Association (ADA) et de l&#8217;European Association of the Study of Diabetes (EASD) a r\u00e9cemment r\u00e9sum\u00e9 la nouvelle strat\u00e9gie [1].<\/p>\n<p>L&#8217;objectif principal du contr\u00f4le du glucose reste : Un objectif d&#8217;<sub>HbA1c<\/sub> inf\u00e9rieur \u00e0 7% avec un glucose pr\u00e9prandial de 130 mg\/dl et postprandial de moins de 180 mg\/dl [2, 3]. Cela r\u00e9duit le risque de complications microvasculaires [4]. Cependant, d&#8217;autres recommandations s&#8217;appliquent \u00e0 certaines personnes : Ainsi, il convient d&#8217;ajuster plus strictement la glyc\u00e9mie \u00e0 un objectif d&#8217;<sub>HbA1c<\/sub> compris entre 6,0 et 6,5% chez les patients dont le diab\u00e8te est de courte dur\u00e9e, qui ont une longue esp\u00e9rance de vie et qui ne pr\u00e9sentent pas de maladie cardiovasculaire significative. Des valeurs d&#8217;<sub>HbA1c<\/sub> moins strictes, comprises entre 7,5 et 8,0%, voire l\u00e9g\u00e8rement plus \u00e9lev\u00e9es, s&#8217;appliquent aux personnes \u00e2g\u00e9es souffrant de maladies concomitantes ou \u00e0 celles sujettes aux hypoglyc\u00e9mies.<\/p>\n<p>&#8220;Le rapport risque\/b\u00e9n\u00e9fice doit \u00eatre \u00e9valu\u00e9 individuellement pour chaque patient&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 le professeur Oliver Schnell, membre du comit\u00e9 ex\u00e9cutif du groupe d&#8217;\u00e9tude sur le diab\u00e8te et les maladies cardiovasculaires de l&#8217;EASD, lors du congr\u00e8s de Paris (voir l&#8217;interview en page 27). &#8220;Il n&#8217;y a pas d&#8217;algorithme valable pour tous les patients&#8221;. Les souhaits et les attentes du patient devraient \u00e9galement \u00eatre pris en compte dans la d\u00e9cision th\u00e9rapeutique. Ulrich Keller, ancien m\u00e9decin-chef de la clinique d&#8217;endocrinologie, de diab\u00e9tologie et de nutrition clinique de l&#8217;H\u00f4pital universitaire de B\u00e2le et actuellement diab\u00e9tologue en cabinet priv\u00e9, &#8220;si le patient est diab\u00e9tique depuis tr\u00e8s longtemps et qu&#8217;il n&#8217;\u00e9tait pas bien \u00e9quilibr\u00e9, je choisis une cible moins agressive, car le b\u00e9n\u00e9fice est ici tr\u00e8s discutable&#8221;. Il cherche \u00e9galement \u00e0 obtenir un taux d&#8217;<sub>HbA1c<\/sub> plus \u00e9lev\u00e9 chez les patients pour lesquels aucune hypoglyc\u00e9mie n&#8217;est souhaitable, par exemple les personnes \u00e2g\u00e9es fragiles chez qui une chute pourrait entra\u00eener de graves s\u00e9quelles. Chez les jeunes patients dont la dur\u00e9e du diab\u00e8te est courte, il convient toutefois de fixer une valeur cible d&#8217;<sub>HbA1c<\/sub> aussi basse que possible &#8211; &#8220;car chez eux, il est \u00e9videmment tr\u00e8s important qu&#8217;ils ne d\u00e9veloppent pas de l\u00e9sions microvasculaires cons\u00e9cutives&#8221;.<br \/>\nLa base du traitement du diab\u00e8te de type 2 reste la modification du mode de vie. Les recommandations th\u00e9rapeutiques de l&#8217;ADA et de l&#8217;EASD sont bas\u00e9es sur une m\u00e9ta-analyse de 140 comparaisons t\u00eate-b\u00eache et 26 \u00e9tudes d&#8217;observation de traitements du diab\u00e8te en monoth\u00e9rapie et en association [5].<\/p>\n<p>La plupart des m\u00e9dicaments et des associations \u00e0 deux r\u00e9duisent la valeur cible de l&#8217;<sub>HbA1c<\/sub> d&#8217;environ 1% [6]. La metformine reste le traitement de premi\u00e8re ligne du diab\u00e8te de type 2. Si un deuxi\u00e8me m\u00e9dicament est n\u00e9cessaire, le choix d\u00e9pendra des besoins sp\u00e9cifiques du patient. On peut choisir entre cinq pr\u00e9parations diff\u00e9rentes. Par exemple, si le patient perd du poids, les agonistes du GLP-1 ou les inhibiteurs de la DPP-4 peuvent \u00eatre utilis\u00e9s comme traitement add-on. Selon le Dr. med Martin F\u00fcchtenbusch, ils ont obtenu les m\u00eames r\u00e9sultats dans toutes les \u00e9tudes. Si l&#8217;on veut faire attention aux co\u00fbts, il faut plut\u00f4t choisir les sulfonylur\u00e9es comme deuxi\u00e8me pr\u00e9paration, conseille le professeur Keller. Si un troisi\u00e8me m\u00e9dicament est n\u00e9cessaire, diverses combinaisons s&#8217;offrent \u00e0 vous. Si le patient a un taux d&#8217;<sub>HbA1c<\/sub> sup\u00e9rieur \u00e0 10-12% au moment du diagnostic, on commencera g\u00e9n\u00e9ralement par am\u00e9liorer le contr\u00f4le glyc\u00e9mique par une insulinoth\u00e9rapie avant de passer aux antidiab\u00e9tiques oraux.<\/p>\n<h2 id=\"la-chirurgie-bariatrique-ameliore-le-diabete-mais-les-effets-a-long-terme-ne-sont-pas-clairs\">La chirurgie bariatrique am\u00e9liore le diab\u00e8te, mais les effets \u00e0 long terme ne sont pas clairs<\/h2>\n<p>Pour les patients extr\u00eamement ob\u00e8ses avec un mauvais contr\u00f4le du sucre, la chirurgie bariatrique pourrait \u00eatre une option. Le diab\u00e8te s&#8217;est nettement am\u00e9lior\u00e9 chez beaucoup d&#8217;entre eux : dans une \u00e9tude europ\u00e9enne, deux ans apr\u00e8s le d\u00e9but de l&#8217;\u00e9tude, plus de 75% des patients op\u00e9r\u00e9s \u00e9taient en r\u00e9mission, d\u00e9finie par un taux d&#8217;<sub>HbA1c<\/sub> &lt;6,5% ou une glyc\u00e9mie \u00e0 jeun &lt;100 mg\/dl. En revanche, aucune r\u00e9mission n&#8217;a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e chez les patients ayant re\u00e7u un traitement standard. Dans l&#8217;\u00e9tude am\u00e9ricaine, la r\u00e9mission a \u00e9t\u00e9 d\u00e9finie comme &lt;6,0%, ce qui a \u00e9t\u00e9 atteint par 12% des patients sous traitement standard et plus de 36% des patients op\u00e9r\u00e9s [7, 8]. Le professeur Diem met toutefois en garde contre une euphorie excessive : &#8220;Il n&#8217;est pas encore clair si les patients restent gu\u00e9ris du diab\u00e8te \u00e0 long terme&#8221;. En effet, dans certains cas, l&#8217;effet positif de l&#8217;op\u00e9ration semble dispara\u00eetre [9, 10]. &#8220;En outre, nous ne savons pas encore si l&#8217;op\u00e9ration a un effet \u00e0 long terme sur les \u00e9v\u00e9nements cardiovasculaires&#8221;, ajoute le professeur Diem. En outre, on n&#8217;a pas encore suffisamment \u00e9tudi\u00e9 si les personnes en surpoids &#8220;normal&#8221;, et pas seulement les personnes extr\u00eamement ob\u00e8ses, peuvent b\u00e9n\u00e9ficier d&#8217;une chirurgie bariatrique et quel serait le rapport b\u00e9n\u00e9fice\/risque pour les adolescents ou les jeunes adultes.<\/p>\n<h2 id=\"nouveaux-medicaments-avec-un-mecanisme-daction-different\">Nouveaux m\u00e9dicaments avec un m\u00e9canisme d&#8217;action diff\u00e9rent<\/h2>\n<p>Certaines nouvelles pr\u00e9parations pourraient \u00eatre mises sur le march\u00e9 dans les ann\u00e9es \u00e0 venir. Il s&#8217;agit d&#8217;une part des inhibiteurs du co-transporteur sodium-glucose 2 (SGLT2). Gr\u00e2ce \u00e0 SGLT2, 90% du glucose est r\u00e9absorb\u00e9 par les reins. Les inhibiteurs de SGLT2 augmentent l&#8217;excr\u00e9tion de glucose dans les reins, r\u00e9duisant ainsi le taux de glucose sanguin, ind\u00e9pendamment du taux d&#8217;insuline [11]. Cependant, l&#8217;Institut allemand pour la qualit\u00e9 et l&#8217;efficacit\u00e9 \u00e9conomique dans le domaine de la sant\u00e9 (IQWiG) a r\u00e9cemment d\u00e9clar\u00e9 qu&#8217;\u00e0 ce jour, aucun b\u00e9n\u00e9fice suppl\u00e9mentaire n&#8217;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 pour la dapagliflozine, un inhibiteur du SGLT2 autoris\u00e9 dans l&#8217;UE et aux \u00c9tats-Unis, par rapport au traitement standard actuel [12]. D&#8217;autres inhibiteurs de SGLT2 en sont encore \u00e0 des stades plus pr\u00e9coces de d\u00e9veloppement clinique [13]. Selon le professeur Keller, chaque nouvelle pr\u00e9paration doit \u00eatre convaincante et meilleure que les pr\u00e9c\u00e9dentes. &#8220;Il pourrait bien convenir aux patients qui ne veulent absolument pas s&#8217;injecter d&#8217;insuline ou chez qui on veut \u00e9viter \u00e0 tout prix l&#8217;hypoglyc\u00e9mie&#8221;. D&#8217;autres \u00e9tudes sont en cours pour d\u00e9terminer comment les inhibiteurs de SGLT-2 agissent sur le diab\u00e8te de type 1. Les inhibiteurs de la DPP4 n&#8217;ont jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent montr\u00e9 qu&#8217;un effet mod\u00e9r\u00e9 chez les diab\u00e9tiques de type 1 [14]. La linagliptine, un nouvel inhibiteur de la DPP-4, n&#8217;est \u00e9limin\u00e9e qu&#8217;en petite partie par les reins et il n&#8217;est pas n\u00e9cessaire d&#8217;ajuster la dose chez les patients souffrant d&#8217;insuffisance r\u00e9nale [15].<\/p>\n<h2 id=\"nouvelles-approches-via-le-glucagon-la-glucokinase-ou-linterleukine-1\">Nouvelles approches via le glucagon, la glucokinase ou l&#8217;interleukine-1<\/h2>\n<p>Les noms similaires d&#8217;analogues du GLP-1, d&#8217;antagonistes des r\u00e9cepteurs du glucagon et d&#8217;activateurs de la glucokinase peuvent parfois pr\u00eater \u00e0 confusion. Les nouveaux analogues du GLP-1 agissent plus longtemps que les pr\u00e9c\u00e9dents et ne doivent \u00eatre administr\u00e9s qu&#8217;une fois par jour ou par semaine. On essaie m\u00eame de les implanter pour qu&#8217;ils agissent pendant des mois.<\/p>\n<p>Les antagonistes des r\u00e9cepteurs du glucagon ne sont pas encore aussi d\u00e9velopp\u00e9s. Chez les diab\u00e9tiques de type 2 qui ont d\u00e9j\u00e0 une glyc\u00e9mie \u00e9lev\u00e9e en raison d&#8217;une r\u00e9sistance \u00e0 l&#8217;insuline, le blocage du glucagon peut entra\u00eener une diminution de la s\u00e9cr\u00e9tion h\u00e9patique de glucose et donc \u00eatre utile sur le plan th\u00e9rapeutique. Les nouveaux antagonistes des r\u00e9cepteurs du glucagon auraient de meilleures propri\u00e9t\u00e9s pharmacocin\u00e9tiques que les mol\u00e9cules pr\u00e9c\u00e9dentes [16]. &#8220;En l&#8217;espace de douze semaines, le taux d&#8217;<sub>HbA1c<\/sub> a baiss\u00e9 de 1,5%&#8221;, rapporte le Dr F\u00fcchtenbusch du groupe de recherche sur le diab\u00e8te du Helmholtz Zentrum de Munich. Il y aurait toutefois deux probl\u00e8mes majeurs : D&#8217;une part, l&#8217;inhibition bloque la contre-r\u00e9gulation de l&#8217;hypoglyc\u00e9mie. D&#8217;autre part, l&#8217;organisme a besoin du r\u00e9cepteur du glucagon pour le m\u00e9tabolisme des graisses, afin d&#8217;amener les graisses \u00e0 la b\u00eata-oxydation. &#8220;Chez les patients, les triglyc\u00e9rides et le cholest\u00e9rol ont parfois \u00e9norm\u00e9ment augment\u00e9 et ils ont d\u00e9velopp\u00e9 une st\u00e9atose h\u00e9patique, je suis donc tr\u00e8s sceptique&#8221;, estime le Dr F\u00fcchtenbusch.<\/p>\n<p>Les activateurs de glucokinase augmentent l&#8217;affinit\u00e9 de la glucokinase pour le glucose. Ils stimulent ainsi la s\u00e9cr\u00e9tion d&#8217;insuline et favorisent l&#8217;absorption du glucose par le foie et la m\u00e9tabolisation du sucre [17]. D&#8217;autres m\u00e9dicaments en sont \u00e0 des stades de d\u00e9veloppement encore plus pr\u00e9coces [18]. Par exemple, le 264W94 bloque le transporteur d&#8217;acide biliaire d\u00e9pendant du sodium apical (Asbt) dans l&#8217;intestin. Deux semaines apr\u00e8s un traitement oral chez le rat, le 264W94 a augment\u00e9 l&#8217;excr\u00e9tion d&#8217;acides biliaires dans les selles et donc le GLP-1 dans le sang. Les taux d&#8217;<sub>HbA1c<\/sub> et de glucose ont tous deux diminu\u00e9 [19]. Une autre approche consiste \u00e0 utiliser des antagonistes des r\u00e9cepteurs de l&#8217;interleukine-1 \u00e0 action anti-inflammatoire. L&#8217;inconv\u00e9nient de la demi-vie courte devrait \u00eatre am\u00e9lior\u00e9 par la fusion avec de l&#8217;albumine humaine recombinante [20].<\/p>\n<h2 id=\"de-meilleures-pompes-a-insuline-et-de-nouvelles-insulines\">De meilleures pompes \u00e0 insuline et de nouvelles insulines<\/h2>\n<p>Gr\u00e2ce aux progr\u00e8s technologiques, les pompes \u00e0 insuline pour le diab\u00e8te de type 1 fonctionnent aujourd&#8217;hui avec moins d&#8217;erreurs qu&#8217;auparavant et garantissent un meilleur contr\u00f4le de la glyc\u00e9mie [21]. Les pompes programmables les plus r\u00e9centes permettent de calculer la quantit\u00e9 d&#8217;insuline n\u00e9cessaire en bolus, de programmer le d\u00e9bit basal ou d&#8217;adapter automatiquement la quantit\u00e9 \u00e0 des situations exceptionnelles telles que la maladie ou l&#8217;effort physique. Malgr\u00e9 cela, certains patients oublient d&#8217;appliquer leur bolus d&#8217;insuline avant le repas, ce qui entra\u00eene une hyperglyc\u00e9mie postprandiale [22]. Les pompes \u00e0 insuline patch sont de petits dispositifs auto-adh\u00e9sifs sur la peau que l&#8217;on remplit d&#8217;insuline et que l&#8217;on porte directement sur le corps. Le dispositif (pod) administre des bolus et de l&#8217;insuline basale via une petite canule, conform\u00e9ment aux instructions que le patient programme dans un dispositif compagnon sans fil. L&#8217;avantage de la pompe \u00e0 patch est que la canule n&#8217;est introduite qu&#8217;une seule fois \u00e0 la fois. Diverses pompes \u00e0 patch sont actuellement en cours de d\u00e9veloppement, certaines pouvant \u00eatre contr\u00f4l\u00e9es par t\u00e9l\u00e9phone portable.<\/p>\n<p>Il existe \u00e9galement de nouvelles pr\u00e9parations ou techniques d&#8217;application pour les insulines. L&#8217;insuline \u00e0 action ultra-longue Degludec (<sup>Tresiba\u00ae<\/sup>, autoris\u00e9e au Japon) a am\u00e9lior\u00e9 la glyc\u00e9mie de mani\u00e8re similaire \u00e0 l&#8217;insuline glargine \u00e0 des doses d&#8217;insuline comparables. Il semble provoquer un peu moins souvent des hypoglyc\u00e9mies nocturnes. Il reste \u00e0 voir si c&#8217;est \u00e9galement le cas dans l&#8217;utilisation quotidienne [23, 24]. Un spray d&#8217;insuline buccal a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9 au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es. Cependant, il est fr\u00e9quent que les r\u00e9sultats n&#8217;aient pas pu \u00eatre reproduits dans d&#8217;autres. De bonnes \u00e9tudes randomis\u00e9es manquent, un tel spray ne semble \u00eatre autoris\u00e9 qu&#8217;en \u00c9quateur \u00e0 ce jour [25]. D&#8217;autres scientifiques tentent d&#8217;augmenter l&#8217;absorption de l&#8217;insuline \u00e0 courte dur\u00e9e d&#8217;action afin qu&#8217;elle agisse encore plus rapidement. Pour l&#8217;InsuPad, cela se fait par la chaleur (38 ou 39,5 \u00b0C). Cela devrait augmenter la circulation sanguine et l&#8217;insuline devrait \u00eatre absorb\u00e9e plus rapidement dans le sang. Les petites \u00e9tudes men\u00e9es jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent ont montr\u00e9 qu&#8217;il permettait de faire baisser le taux de glucose sanguin plus rapidement que sans le pad [26]. Il existe \u00e9galement d&#8217;autres techniques qui permettent \u00e0 l&#8217;insuline d&#8217;agir plus rapidement, par exemple en ajoutant de la hyaluronidase aux insulines \u00e0 action rapide ou de la vitamine D \u00e0 l&#8217;insuline asparte, ou encore en utilisant la p\u00e9gylation [27].<\/p>\n<h2 id=\"vers-un-pancreas-artificiel\">Vers un pancr\u00e9as artificiel<\/h2>\n<p>Les diab\u00e9tiques mesurent fr\u00e9quemment leur glyc\u00e9mie, ce qui peut faire baisser le taux d&#8217;HbA1c [28\u201330]. Le patient et le m\u00e9decin peuvent ainsi, par exemple, d\u00e9tecter les phases d&#8217;hypoglyc\u00e9mie et adapter la dose d&#8217;insuline. De nouveaux appareils d&#8217;autosurveillance de la glyc\u00e9mie (self-monitoring of blood glucose [SMBG]), qui devraient permettre des mesures plus pr\u00e9cises, sont en cours de d\u00e9veloppement. En 2010, une \u00e9tude a montr\u00e9 que 11 des 27 appareils ne fournissaient pas des r\u00e9sultats de mesure suffisamment pr\u00e9cis [31]. Les moniteurs de glucose continus ( [CGM]) indiquent en permanence les taux de glucose des patients atteints de diab\u00e8te de type 1. Il existe des signaux d&#8217;alarme qui permettent de d\u00e9tecter les \u00e9carts de concentration de glucose m\u00eame pendant les phases o\u00f9 le patient ne mesure normalement pas sa glyc\u00e9mie, par exemple pendant son sommeil. Avec le CGM, le patient peut voir plus directement l&#8217;impact d&#8217;un changement de mode de vie sur sa glyc\u00e9mie [32, 33]. Les CGM peuvent r\u00e9duire les p\u00e9riodes d&#8217;hypoglyc\u00e9mie ainsi que les fluctuations du glucose sanguin [34]. Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, les CGM doivent \u00eatre utilis\u00e9s en combinaison avec la SMBG pour \u00e9talonner les valeurs mesur\u00e9es avant de prendre une d\u00e9cision th\u00e9rapeutique. La combinaison du CGM et de la perfusion continue d&#8217;insuline par pompe (continuous subcutaneous insulin infusion, [CSII]) [35] est actuellement consid\u00e9r\u00e9e comme la m\u00e9thode optimale de contr\u00f4le de la glyc\u00e9mie et d&#8217;administration d&#8217;insuline.<\/p>\n<p>Un syst\u00e8me compl\u00e8tement ferm\u00e9, appel\u00e9 pancr\u00e9as artificiel, est encore mieux. Le patient porte deux appareils sur lui : le capteur mesure le taux de glucose et la pompe administre l&#8217;insuline. Un ordinateur &#8211; le pancr\u00e9as artificiel &#8211; calcule la quantit\u00e9 d&#8217;insuline n\u00e9cessaire. Les syst\u00e8mes de &#8220;boucles ferm\u00e9es&#8221; sont test\u00e9s dans des \u00e9tudes o\u00f9 les syst\u00e8mes ont obtenu de bons r\u00e9sultats [36, 37], mais ils ne sont pas encore utilis\u00e9s dans la pratique. Certains probl\u00e8mes subsistent, estime le professeur Diem. Il s&#8217;agirait d&#8217;une part de la pr\u00e9cision de la mesure du glucose dans le tissu adipeux, et d&#8217;autre part, les insulines actuelles n&#8217;agissent g\u00e9n\u00e9ralement qu&#8217;apr\u00e8s 15 \u00e0 40 minutes, p\u00e9riode pendant laquelle la glyc\u00e9mie peut d\u00e9j\u00e0 changer, poursuit le professeur Diem. Les hyperglyc\u00e9mies dues \u00e0 l&#8217;obstruction du cath\u00e9ter ou \u00e0 des calculs erron\u00e9s effectu\u00e9s par des ordinateurs pourraient \u00e9galement \u00eatre dangereuses.<\/p>\n<h2 id=\"un-vaccin-pour-les-diabetiques-de-type-1\">Un vaccin pour les diab\u00e9tiques de type 1<\/h2>\n<p>Le professeur Anette-Gabriele Ziegler, directrice de l&#8217;Institut de recherche sur le diab\u00e8te du Centre Helmholtz de Munich, esp\u00e8re pouvoir prot\u00e9ger dans quelques ann\u00e9es les b\u00e9b\u00e9s \u00e0 haut risque de diab\u00e8te de type 1 gr\u00e2ce \u00e0 un vaccin. Dans une \u00e9tude portant sur des enfants plus \u00e2g\u00e9s pr\u00e9sentant des signes de r\u00e9action auto-immune, la maladie a progress\u00e9 plus lentement chez les enfants vaccin\u00e9s que chez ceux ayant re\u00e7u un placebo [38, 39]. Actuellement, une \u00e9tude suppl\u00e9mentaire est men\u00e9e sur des enfants de 2 \u00e0 7 ans \u00e0 haut risque de diab\u00e8te [40]. &#8220;Si, comme nous l&#8217;esp\u00e9rons, le vaccin prot\u00e8ge contre le diab\u00e8te, nous envisageons de vacciner les b\u00e9b\u00e9s dans une prochaine \u00e9tape&#8221;, explique le professeur Ziegler. &#8220;Nous savons que le syst\u00e8me immunitaire est d\u00e9sorganis\u00e9 plusieurs ann\u00e9es avant l&#8217;apparition de la maladie et que nous devons donc intervenir tr\u00e8s t\u00f4t avec un vaccin&#8221;.<\/p>\n<p>Depuis des ann\u00e9es, les chercheurs suivent deux autres approches pour traiter les diab\u00e9tiques de type 1. D&#8217;une part, ils essaient de transf\u00e9rer des cellules souches \u00e0 partir desquelles de nouvelles cellules b\u00eata productrices d&#8217;insuline doivent se d\u00e9velopper, d&#8217;autre part, ils transplantent des cellules pancr\u00e9atiques ou b\u00eata de personnes d\u00e9c\u00e9d\u00e9es. &#8220;Apr\u00e8s les premi\u00e8res \u00e9tudes, nous \u00e9tions tr\u00e8s euphoriques&#8221;, se souvient le professeur Diem. Mais on sait maintenant que les nouvelles cellules souches peuvent \u00e9galement \u00eatre d\u00e9truites par le diab\u00e8te. &#8220;Et pour les transplantations, nous manquons de donneurs&#8221;, explique le professeur Diem. &#8220;Probablement que nous ne saurons pas avant 10 ou 20 ans laquelle des trois voies est la meilleure&#8221;.<\/p>\n<p><strong>Dr. med. Felicitas Witte<\/strong><\/p>\n<p><em>Bibliographie chez l&#8217;\u00e9diteur<\/em><\/p>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2013 ; 8(6) : 27-29<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Certains nouveaux m\u00e9dicaments et nouvelles techniques devraient am\u00e9liorer le contr\u00f4le de la glyc\u00e9mie dans le diab\u00e8te de type 1 et de type 2. 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