{"id":347868,"date":"2013-03-12T00:00:00","date_gmt":"2013-03-11T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/le-traitement-de-la-depression-unipolaire-base-sur-des-lignes-directrices\/"},"modified":"2013-03-12T00:00:00","modified_gmt":"2013-03-11T23:00:00","slug":"le-traitement-de-la-depression-unipolaire-base-sur-des-lignes-directrices","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/le-traitement-de-la-depression-unipolaire-base-sur-des-lignes-directrices\/","title":{"rendered":"Le traitement de la d\u00e9pression unipolaire bas\u00e9 sur des lignes directrices"},"content":{"rendered":"<p><strong>Aujourd&#8217;hui encore, seul un patient sur deux r\u00e9pond suffisamment \u00e0 un premier traitement antid\u00e9presseur. Et ce, malgr\u00e9 une offre th\u00e9rapeutique importante. Un traitement de la d\u00e9pression unipolaire bas\u00e9 sur des lignes directrices peut conduire \u00e0 une augmentation significative des taux de r\u00e9ponse et de r\u00e9mission. Les recommandations pr\u00e9sent\u00e9es dans cet article sont bas\u00e9es sur les recommandations de traitement de la Soci\u00e9t\u00e9 suisse de psychiatrie et de psychoth\u00e9rapie (SSPP), de la Soci\u00e9t\u00e9 suisse pour l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 et la d\u00e9pression (SSAD) et de la Soci\u00e9t\u00e9 suisse de psychiatrie biologique (SSPB).<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Les troubles affectifs font partie des maladies mentales les plus fr\u00e9quentes et entra\u00eenent une souffrance individuelle et des co\u00fbts \u00e9conomiques de sant\u00e9 consid\u00e9rables. Leur \u00e9tiologie biopsychosociale ainsi que leurs diff\u00e9rentes formes d&#8217;\u00e9volution posent des exigences \u00e9lev\u00e9es aux m\u00e9decins psychiatres. Pour la seule d\u00e9pression unipolaire, la pr\u00e9valence au cours de la vie est d&#8217;environ 20% [1]. Malgr\u00e9 une offre importante de possibilit\u00e9s d&#8217;intervention psychoth\u00e9rapeutique et psychopharmacologique, le bilan g\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;efficacit\u00e9 du traitement de la d\u00e9pression reste insatisfaisant. Seule la moiti\u00e9 environ des patients r\u00e9pondent suffisamment \u00e0 un premier traitement antid\u00e9presseur et, selon les \u00e9tudes, jusqu&#8217;\u00e0 deux tiers d&#8217;entre eux ne parviennent pas \u00e0 obtenir une r\u00e9mission compl\u00e8te [2, 3]. Le traitement de la d\u00e9pression bas\u00e9 sur des lignes directrices a pour objectif d&#8217;augmenter l&#8217;efficacit\u00e9 th\u00e9rapeutique en rassemblant et en s\u00e9lectionnant les connaissances actuelles. Les premi\u00e8res \u00e9tudes de contr\u00f4le ont pu montrer qu&#8217;un traitement de la d\u00e9pression unipolaire bas\u00e9 sur des lignes directrices conduit effectivement \u00e0 une augmentation significative des taux de r\u00e9ponse et de r\u00e9mission [4\u20136]. Les recommandations pr\u00e9sent\u00e9es ci-dessous sont bas\u00e9es sur les recommandations de traitement [7], qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es conjointement par la Soci\u00e9t\u00e9 suisse de psychiatrie et de psychoth\u00e9rapie (SSPP), la Soci\u00e9t\u00e9 suisse pour l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 et la d\u00e9pression (SSAD) et la Soci\u00e9t\u00e9 suisse de psychiatrie biologique (SSPB). Elles s&#8217;inspirent des lignes directrices internationales de la World Federation of Societies of Biological Psychiatry (WFSB) [8, 9] et de la ligne directrice S3\/ligne directrice nationale sur les soins de la Deutsche Gesellschaft f\u00fcr Psychiatrie, Psychotherapie und Nervenheilkunde (DGPPN 2009).<\/p>\n<h2 id=\"le-traitement-aigu-des-episodes-depressifs\">Le traitement aigu des \u00e9pisodes d\u00e9pressifs<\/h2>\n<p>Toute intervention th\u00e9rapeutique doit \u00eatre pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d&#8217;une \u00e9valuation diagnostique d\u00e9taill\u00e9e. L&#8217;\u00e9pisode d\u00e9pressif est d\u00e9fini par son degr\u00e9 de gravit\u00e9 selon les crit\u00e8res de la Classification internationale des maladies (CIM-10, OMS 1992). Il faut en outre v\u00e9rifier la pr\u00e9sence d&#8217;autres \u00e9pisodes d\u00e9pressifs ou maniaques dans l&#8217;anamn\u00e8se. D&#8217;autres maladies psychiques ou somatiques doivent \u00eatre r\u00e9pertori\u00e9es ou exclues. Il convient d&#8217;accorder une attention particuli\u00e8re aux \u00e9ventuels facteurs d\u00e9pressifs, tels que le stress psychosocial, les m\u00e9dicaments ou la d\u00e9pendance. Apr\u00e8s le diagnostic, un plan de traitement doit \u00eatre \u00e9tabli avec le patient. Celui-ci doit tenir compte de la gravit\u00e9 de l&#8217;\u00e9pisode actuel, de l&#8217;\u00e9volution de la maladie, de la nature et du succ\u00e8s des traitements ant\u00e9rieurs et des pr\u00e9f\u00e9rences du patient. Une \u00e9troite collaboration entre le psychiatre et le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste ou les m\u00e9decins d&#8217;autres disciplines est tr\u00e8s importante, surtout en cas de r\u00e9sistance au traitement, d&#8217;\u00e9volution complexe, de suicidalit\u00e9 et de comorbidit\u00e9s. Le traitement psychiatrique moderne de la d\u00e9pression r\u00e9pond \u00e0 l&#8217;exigence de prendre en compte les conditions m\u00e9dicales et psychologiques sp\u00e9cifiques de chaque patient, de mieux les comprendre en tenant compte du contexte social et de garantir ainsi un traitement aussi optimal que possible. L&#8217;objectif du traitement est la r\u00e9mission compl\u00e8te des sympt\u00f4mes.<\/p>\n<h2 id=\"methodes-de-traitement-par-degre-de-gravite\">M\u00e9thodes de traitement par degr\u00e9 de gravit\u00e9<\/h2>\n<p>En cas d&#8217;\u00e9pisode d\u00e9pressif l\u00e9ger, un accompagnement actif-attentif peut suffire. Toutefois, un nouvel examen des sympt\u00f4mes doit \u00eatre effectu\u00e9 dans les deux semaines. La psychoth\u00e9rapie ou la pharmacoth\u00e9rapie peuvent \u00eatre envisag\u00e9es ici si les sympt\u00f4mes persistent ou si le patient en fait explicitement la demande. Dans tous les cas, le patient doit \u00eatre inform\u00e9 des sympt\u00f4mes, de l&#8217;\u00e9volution et du traitement de la d\u00e9pression dans le cadre de la psycho\u00e9ducation. En cas d&#8217;\u00e9pisodes d\u00e9pressifs mod\u00e9r\u00e9s, il convient de suivre soit un traitement psychoth\u00e9rapeutique, soit un traitement pharmacologique, soit une combinaison des deux. En cas de d\u00e9pression aigu\u00eb s\u00e9v\u00e8re, la psychoth\u00e9rapie et la pharmacoth\u00e9rapie doivent \u00eatre combin\u00e9es. Chez les patients trait\u00e9s en ambulatoire et souffrant d&#8217;\u00e9pisodes d\u00e9pressifs mod\u00e9r\u00e9s \u00e0 s\u00e9v\u00e8res, si une monoth\u00e9rapie est envisag\u00e9e, la psychoth\u00e9rapie doit \u00eatre propos\u00e9e au m\u00eame titre que la pharmacoth\u00e9rapie. Des m\u00e9ta-analyses ont montr\u00e9 que la combinaison de la psychoth\u00e9rapie et de la pharmacoth\u00e9rapie \u00e9tait plus efficace que les formes de th\u00e9rapie respectives prises s\u00e9par\u00e9ment [10, 11].<\/p>\n<h2 id=\"psychotherapie\">Psychoth\u00e9rapie<\/h2>\n<p>Les m\u00e9thodes psychoth\u00e9rapeutiques les mieux \u00e9valu\u00e9es pour le traitement de la d\u00e9pression aigu\u00eb sont la th\u00e9rapie cognitivo-comportementale (TCC) et la psychoth\u00e9rapie interpersonnelle (TIP). Dans des m\u00e9ta-analyses, les deux m\u00e9thodes se sont av\u00e9r\u00e9es bien efficaces et d&#8217;une efficacit\u00e9 similaire pour les d\u00e9pressions l\u00e9g\u00e8res \u00e0 s\u00e9v\u00e8res, avec une efficacit\u00e9 moindre pour les \u00e9volutions chroniques [12, 13]. Pour le traitement sp\u00e9cifique de la d\u00e9pression chronique, le Cognitive Behavioral-Analysis System of Psychotherapy (CBASP) est appropri\u00e9 et a \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9 dans des \u00e9tudes cliniques [14, 15]. D&#8217;autres m\u00e9thodes cliniquement \u00e9tablies sont la th\u00e9rapie syst\u00e9mique, la psychoth\u00e9rapie analytique et la psychoth\u00e9rapie en profondeur, ainsi que la psychoth\u00e9rapie par la parole. Les \u00e9tudes scientifiques d\u00e9montrant l&#8217;efficacit\u00e9 de ces m\u00e9thodes de psychoth\u00e9rapie sont un peu plus rares, mais l&#8217;\u00e9vidence clinique de leur efficacit\u00e9 n&#8217;est pas remise en question ici.<\/p>\n<p>Ind\u00e9pendamment de l&#8217;orientation psychoth\u00e9rapeutique, l&#8217;\u00e9tablissement d&#8217;une relation th\u00e9rapeutique solide est consid\u00e9r\u00e9 comme l&#8217;un des principaux pr\u00e9dicteurs de la r\u00e9ussite de la th\u00e9rapie. Il est donc au centre du travail th\u00e9rapeutique [16]. Les objectifs g\u00e9n\u00e9raux d&#8217;un traitement psychoth\u00e9rapeutique de la d\u00e9pression sont pr\u00e9sent\u00e9s dans <strong>le tableau 1<\/strong>. Les facteurs d\u00e9clenchant et entretenant la d\u00e9pression doivent \u00eatre identifi\u00e9s et, si possible, corrig\u00e9s. Les affects tels que la culpabilit\u00e9, la honte, la tristesse et la col\u00e8re devraient \u00eatre explor\u00e9s, r\u00e9fl\u00e9chis et trait\u00e9s ensemble. Les proches du patient doivent \u00eatre impliqu\u00e9s dans le processus de traitement et les ressources doivent \u00eatre renforc\u00e9es. Il est particuli\u00e8rement important d&#8217;\u00e9valuer ouvertement et r\u00e9guli\u00e8rement les tendances suicidaires.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-1313\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/tab1_np1_0.png\" style=\"height:187px; width:400px\" width=\"873\" height=\"409\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/tab1_np1_0.png 873w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/tab1_np1_0-800x375.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/tab1_np1_0-120x56.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/tab1_np1_0-90x42.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/tab1_np1_0-320x150.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/tab1_np1_0-560x262.png 560w\" sizes=\"(max-width: 873px) 100vw, 873px\" \/><\/p>\n<h2 id=\"therapies-somatiques\">Th\u00e9rapies somatiques<\/h2>\n<p>Le traitement par antid\u00e9presseurs est consid\u00e9r\u00e9 comme la norme du traitement m\u00e9dicamenteux de la d\u00e9pression, surtout en cas d&#8217;\u00e9pisodes mod\u00e9r\u00e9s ou s\u00e9v\u00e8res. En outre, d&#8217;autres m\u00e9thodes de th\u00e9rapie somatique ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies. Dans ce domaine, c&#8217;est surtout l&#8217;\u00e9lectroconvulsivoth\u00e9rapie (ECT) qui s&#8217;est \u00e9tablie pour traiter les d\u00e9pressions r\u00e9sistantes aux traitements.<\/p>\n<h2 id=\"psychopharmacotherapie\">Psychopharmacoth\u00e9rapie<\/h2>\n<p>Un grand nombre de m\u00e9dicaments appartenant \u00e0 divers groupes de substances sont disponibles pour le traitement pharmacologique de la d\u00e9pression unipolaire <strong>(tableau 2).<\/strong> Les antid\u00e9presseurs autoris\u00e9s se distinguent peu par leur puissance antid\u00e9pressive [18]. Le profil g\u00e9n\u00e9ral des effets secondaires et la tol\u00e9rance individuelle sont donc d\u00e9terminants pour le choix d&#8217;une pr\u00e9paration. Les effets secondaires tels que l&#8217;augmentation de la motivation ou la s\u00e9dation peuvent \u00eatre utilis\u00e9s \u00e0 des fins th\u00e9rapeutiques. Les inhibiteurs s\u00e9lectifs de la recapture de la s\u00e9rotonine (ISRS) sont consid\u00e9r\u00e9s comme le traitement de premi\u00e8re intention, principalement en raison de leur profil d&#8217;efficacit\u00e9\/effets secondaires avantageux. Les effets secondaires limitant l&#8217;adh\u00e9rence \u00e0 ces pr\u00e9parations sont des dysfonctionnements sexuels (g\u00e9n\u00e9ralement transitoires) et une agitation interne. Il existe \u00e9galement les nouveaux inhibiteurs s\u00e9lectifs de la recapture de la s\u00e9rotonine et de la noradr\u00e9naline (IRSN), un antid\u00e9presseur noradr\u00e9nergique\/s\u00e9rotoninergique s\u00e9lectif (NaSSA), un inhibiteur s\u00e9lectif de la recapture de la noradr\u00e9naline et de la dopamine (SNDRI), un inhibiteur de la recapture de la s\u00e9rotonine avec antagonisme des r\u00e9cepteurs de la s\u00e9rotonine 2A, un agoniste des r\u00e9cepteurs de la m\u00e9latonine 1\/-2 et un antagoniste de la 5-HT-2C, ainsi que deux antid\u00e9presseurs t\u00e9tracycliques et un inhibiteur r\u00e9versible de la monoamine oxydase (IMAO-I). Les m\u00e9dicaments plus anciens, tels que le MAO-I non r\u00e9versible tranylcypromine ou les antid\u00e9presseurs tricycliques (ATC), sont moins utilis\u00e9s ou utilis\u00e9s en deuxi\u00e8me intention ou dans des indications sp\u00e9ciales en raison de leurs profils d&#8217;effets secondaires moins favorables.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1314 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/tab2_np1_0.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1636;height:1190px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"1636\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/tab2_np1_0.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/tab2_np1_0-800x1190.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/tab2_np1_0-120x178.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/tab2_np1_0-90x134.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/tab2_np1_0-320x476.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/tab2_np1_0-560x833.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>En tant qu&#8217;antid\u00e9presseur \u00e0 base de plantes, le millepertuis est autoris\u00e9 en Suisse pour les \u00e9pisodes d\u00e9pressifs l\u00e9gers \u00e0 mod\u00e9r\u00e9s. Une premi\u00e8re am\u00e9lioration des sympt\u00f4mes devrait \u00eatre observ\u00e9e dans les deux semaines si la dose est suffisante. Si un effet antid\u00e9presseur suffisant n&#8217;est pas obtenu apr\u00e8s quatre semaines de traitement et une \u00e9ventuelle augmentation de la dose, une optimisation du traitement doit \u00eatre envisag\u00e9e. Trois strat\u00e9gies principales peuvent \u00eatre envisag\u00e9es :<\/p>\n<ul>\n<li>Passage \u00e0 un antid\u00e9presseur d&#8217;une autre classe de substances<\/li>\n<li>Association de deux antid\u00e9presseurs de classes diff\u00e9rentes<\/li>\n<li>Augmentation avec une autre substance.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les meilleures preuves empiriques concernent l&#8217;augmentation par le lithium, qui est donc consid\u00e9r\u00e9 comme le premier choix en cas d&#8217;absence d&#8217;effet d&#8217;un antid\u00e9presseur. Depuis peu, l&#8217;augmentation par un antipsychotique atypique est \u00e9galement recommand\u00e9e. Les hormones thyro\u00efdiennes (T3&gt;T4) peuvent \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9es pour l&#8217;augmentation [19]. Des informations d\u00e9taill\u00e9es sur les algorithmes de traitement mentionn\u00e9s ci-dessus sont disponibles sur http:\/\/www.psychiatrie.ch\/index-sgpp-de.php?frameset=36.<\/p>\n<h2 id=\"electroconvulsivotherapie\">\u00c9lectroconvulsivoth\u00e9rapie&nbsp;<\/h2>\n<p>L&#8217;\u00e9lectroconvulsivoth\u00e9rapie (ECT) est consid\u00e9r\u00e9e comme l&#8217;un des traitements antid\u00e9presseurs les plus efficaces qui soient. Son efficacit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e \u00e0 maintes reprises pour les d\u00e9pressions bipolaires et unipolaires et a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e par des m\u00e9ta-analyses [20]. Les avantages de l&#8217;ECT sont la rapidit\u00e9 d&#8217;action et la possibilit\u00e9 de l&#8217;utiliser dans des situations compliqu\u00e9es, par exemple en cas de grossesse. Les indications sont les d\u00e9pressions psychotiques et r\u00e9sistantes au traitement (&gt;2 tentatives infructueuses de m\u00e9dicaments) ainsi que les tendances suicidaires graves. Les principaux effets secondaires rapport\u00e9s sont principalement des troubles temporaires de la m\u00e9moire [21]. \u00c9tant donn\u00e9 que les effets de l&#8217;ECT apparaissent rapidement, mais qu&#8217;ils disparaissent \u00e9galement rapidement, un traitement d&#8217;entretien par ECT et\/ou pharmacoth\u00e9rapie est n\u00e9cessaire (avis de la DGPPN sur l&#8217;ECT : www.dgppn.de\/fileadmin\/user_upload\/_medien\/download\/pdf\/stellungnahmen\/2012\/stn-2012-06-07-elektrokonvulsionstherapie.pdf).<\/p>\n<p>La th\u00e9rapie par convulsions magn\u00e9tiques (MKT) a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e comme alternative \u00e0 l&#8217;ECT. L&#8217;induction magn\u00e9tique plut\u00f4t qu&#8217;\u00e9lectrique des convulsions devrait permettre de r\u00e9duire les effets secondaires cognitifs tout en conservant une efficacit\u00e9 antid\u00e9pressive comparable. Cependant, les donn\u00e9es disponibles sur cette forme de traitement ne permettent pas encore de formuler des recommandations [22].<\/p>\n<h2 id=\"autres-therapies-somatiques\">Autres th\u00e9rapies somatiques<\/h2>\n<p>Un effet antid\u00e9presseur rapide peut \u00e9galement \u00eatre obtenu par la privation totale ou partielle de sommeil. Cette proc\u00e9dure est particuli\u00e8rement adapt\u00e9e \u00e0 un traitement en milieu hospitalier. Comme pour l&#8217;ECT, l&#8217;effet antid\u00e9presseur ne dure que peu de temps dans la plupart des cas. En pr\u00e9sence d&#8217;un trouble d\u00e9pressif saisonnier, la luminoth\u00e9rapie est le traitement de choix. En utilisant une lampe de th\u00e9rapie adapt\u00e9e \u00e0 cet usage, l&#8217;effet est \u00e9quivalent \u00e0 celui d&#8217;un traitement par ISRS.<\/p>\n<p>Plusieurs \u00e9tudes ont pu montrer l&#8217;efficacit\u00e9 antid\u00e9pressive de techniques de stimulation telles que la stimulation c\u00e9r\u00e9brale profonde (DBS), la stimulation du nerf vague (VNS) et la stimulation magn\u00e9tique transcr\u00e2nienne (TMS) [23]. Cependant, les donn\u00e9es relatives \u00e0 ces proc\u00e9dures sont encore trop peu claires pour pouvoir formuler des recommandations d\u00e9finitives.<\/p>\n<h2 id=\"therapie-dentretien\">Th\u00e9rapie d&#8217;entretien<\/h2>\n<p>Apr\u00e8s une r\u00e9mission, un traitement d&#8217;entretien doit \u00eatre mis en place pour \u00e9viter une r\u00e9cidive. Si la r\u00e9mission a \u00e9t\u00e9 obtenue avec un antid\u00e9presseur, le produit doit \u00eatre maintenu \u00e0 la m\u00eame dose pendant une p\u00e9riode d&#8217;au moins quatre \u00e0 neuf mois. Les sympt\u00f4mes r\u00e9siduels doivent \u00e9galement \u00eatre trait\u00e9s de mani\u00e8re proactive et suffisante par des m\u00e9dicaments, car ils sont des pr\u00e9dicteurs d&#8217;un risque accru de rechute. \u00c9tant donn\u00e9 que les sympt\u00f4mes d&#8217;arr\u00eat peuvent \u00eatre difficiles \u00e0 distinguer d&#8217;une rechute, une diminution lente (au moins quatre semaines) du m\u00e9dicament doit \u00eatre effectu\u00e9e apr\u00e8s la fin du traitement de stabilisation de la r\u00e9mission.<\/p>\n<h2 id=\"prophylaxie-des-recidives\">Prophylaxie des r\u00e9cidives<\/h2>\n<p>Apr\u00e8s le traitement d&#8217;entretien, une prophylaxie des r\u00e9cidives \u00e0 plus long terme doit \u00eatre mise en place si le patient a d\u00e9j\u00e0 subi deux \u00e9pisodes d\u00e9pressifs ou plus avec des limitations fonctionnelles significatives. Pour cela, l&#8217;antid\u00e9presseur doit \u00eatre pris \u00e0 la dose de r\u00e9mission pendant une p\u00e9riode d&#8217;au moins deux ans. En pr\u00e9sence de tendances suicidaires graves et\/ou persistantes, un traitement prophylactique des r\u00e9cidives au lithium doit \u00e9galement \u00eatre envisag\u00e9. En pr\u00e9sence de facteurs de risque prononc\u00e9s tels que des comorbidit\u00e9s ou un stress psychosocial persistant et important, une prophylaxie des r\u00e9cidives &gt;2 ans doit \u00eatre envisag\u00e9e.<\/p>\n<h2 id=\"nouvelles-approches-dans-le-traitement-de-la-depression\">Nouvelles approches dans le traitement de la d\u00e9pression&nbsp;<\/h2>\n<p>Les taux de r\u00e9ponse insatisfaisants aux traitements antid\u00e9presseurs ont conduit \u00e0 un effort scientifique important au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies pour caract\u00e9riser biologiquement des sous-groupes de patients souffrant de troubles d\u00e9pressifs. En identifiant les biomarqueurs, l&#8217;objectif est d&#8217;obtenir un traitement plus sp\u00e9cifique et individuel &#8211; une th\u00e9rapie personnalis\u00e9e. Pour ce faire, les modifications de l&#8217;imagerie fonctionnelle des patients d\u00e9pressifs ainsi que l&#8217;axe de stress hormonal et ses corr\u00e9lats g\u00e9n\u00e9tiques ont \u00e9t\u00e9 principalement \u00e9tudi\u00e9s. Bien que certains r\u00e9sultats aient \u00e9t\u00e9 obtenus, ils n&#8217;ont pas (encore) trouv\u00e9 d&#8217;application pratique dans la clinique psychiatrique.  [24]. L&#8217;\u00e9tude de nouvelles cibles mol\u00e9culaires pour le traitement m\u00e9dicamenteux de la d\u00e9pression est une autre priorit\u00e9 de la recherche actuelle. La modulation du syst\u00e8me du glutamate, par exemple avec la k\u00e9tamine, un antagoniste du r\u00e9cepteur N-m\u00e9thyl-D-aspartate (NMDA), et de l&#8217;axe du stress semble \u00eatre la plus prometteuse. Mais les syst\u00e8mes des neurost\u00e9ro\u00efdes et du GABA sont \u00e9galement consid\u00e9r\u00e9s comme des cibles pour de nouveaux antid\u00e9presseurs.  [25].<\/p>\n<h4 id=\"litterature\">\nLitt\u00e9rature :<\/h4>\n<ol>\n<li>Kessler RC, et al : Jama 2003 ; 289 : 3095-3105.<\/li>\n<li>Kupfer DJ : Dialogues Clin Neurosci 2005 ; 7 : 191-205.<\/li>\n<li>Rush AJ, et al : Am J Psychiatry 2006 ; 163 : 1905-1917.<\/li>\n<li>Adli M, Berghofer A, Linden M, Helmchen H, Muller-Oerlinghausen B, Mackert A, et al : J Clin Psychiatry 2002 ; 63 : 782-790.<\/li>\n<li>Kohler S, Hoffmann S, Unger T, Steinacher B, Fydrich T : Int J Psychiatry Clin Pract 2012 ; 16 : 103-112.<\/li>\n<li>Trivedi MH, et al : Arch Gen Psychiatry 2004 ; 61 : 669-680.<\/li>\n<li>Holsboer-Trachsler E, H\u00e4ttenschwiler J, Beck J, Brand S, Hemmeter UM, Keck ME, et al : Schweiz Med Forum 2010 ; 10 : 802-809.<\/li>\n<li>Bauer M, Whybrow PC, Angst J, Versiani M, Moller HJ : World J Biol Psychiatry 2002 ; 3 : 5-43.<\/li>\n<li>Bauer M, Whybrow PC, Angst J, Versiani M, Moller HJ : World J Biol Psychiatry 2002 ; 3 : 69-86.<\/li>\n<li>Cuijpers P, Dekker J, Hollon SD, Andersson G : J Clin Psychiatry 2009 ; 70 : 1219-1229.<\/li>\n<li>Cuijpers P, van Straten A, Warmerdam L, Andersson G : Depress Anxiety 2009 ; 26 : 279-288.<\/li>\n<li>Cuijpers P, Clignet F, van Meijel B, van Straten A, Li J, Andersson G : Clin Psychol Rev 2011 ; 31 : 353-360.<\/li>\n<li>Jakobsen JC, Hansen JL, Simonsen S, Simonsen E, Gluud C : Psychol Med 2012 ; 42 : 1343-1357.<\/li>\n<li>Keller MB, et al : N Engl J Med 2000 ; 342 : 1462-1470.<\/li>\n<li>Schatzberg AF, Rush AJ, Arnow BA, Banks PL, Blalock JA, Borian FE, et al. : Arch Gen Psychiatry 2005 ; 62 : 513-520.<\/li>\n<li>Ardito RB, Rabellino D : Front Psychol 2011 ; 2 : 270.<\/li>\n<li>Engel GL : Science 1977 ; 196 : 129-136.<\/li>\n<li>Cipriani A, Furukawa TA, Salanti G, Geddes JR, Higgins JP, Churchill R, et al : Lancet 2009 ; 373 : 746-758.<\/li>\n<li>Benkert O, Hippius H : Kompendium der Psychiatrischen Pharmakotherapie, 8\u00e8me \u00e9dition ed. Berlin, Heidelberg, New York : Springer Verlag 2011.<\/li>\n<li>Dierckx B, Heijnen WT, van den Broek WW, Birkenhager TK : Bipolar Disord 2012 ; 14 : 146-150.<\/li>\n<li>Payne NA, Prudic J : J Psychiatr Pract 2009 ; 15 : 346-368.<\/li>\n<li>Allan CL, Ebmeier KP : Int Rev Psychiatry 2011 ; 23 : 400-412.<\/li>\n<li>Schonfeldt-Lecuona C, Cardenas-Morales L, Freudenmann RW, Kammer T, Herwig U : Restor Neurol Neurosci 2010 ; 28 : 569-576.<\/li>\n<li>Bosch OG, Seifritz E, Wetter TC : World J Biol Psychiatry 2012.<\/li>\n<li>Bosch OG, Quednow BB, Seifritz E, Wetter TC : J Psychopharmacol 2012 ; 26 : 618-628.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2013 ; (11)1 : 4-8<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aujourd&#8217;hui encore, seul un patient sur deux r\u00e9pond suffisamment \u00e0 un premier traitement antid\u00e9presseur. Et ce, malgr\u00e9 une offre th\u00e9rapeutique importante. 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