{"id":347875,"date":"2013-03-11T00:00:00","date_gmt":"2013-03-10T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/traiter-la-depression-et-les-troubles-bipolaires-a-laide-de-lignes-directrices\/"},"modified":"2013-03-11T00:00:00","modified_gmt":"2013-03-10T23:00:00","slug":"traiter-la-depression-et-les-troubles-bipolaires-a-laide-de-lignes-directrices","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/traiter-la-depression-et-les-troubles-bipolaires-a-laide-de-lignes-directrices\/","title":{"rendered":"Traiter la d\u00e9pression et les troubles bipolaires \u00e0 l&#8217;aide de lignes directrices"},"content":{"rendered":"<p><strong>Ce qui est un standard \u00e9vident en m\u00e9decine somatique &#8211; des recommandations de traitement bas\u00e9es sur des lignes directrices pour des maladies sp\u00e9cifiques &#8211; est relativement nouveau en psychiatrie suisse. Bien qu&#8217;il existe de tr\u00e8s bons algorithmes bas\u00e9s sur des preuves pour la plupart des maladies mentales et qu&#8217;ils soient \u00e9tablis dans la pratique clinique internationale, ce n&#8217;est qu&#8217;en 2010 que la Soci\u00e9t\u00e9 suisse de psychiatrie et de psychoth\u00e9rapie (SSPP) [1] a command\u00e9 et publi\u00e9 les premi\u00e8res recommandations de traitement, celles pour le traitement somatique de la d\u00e9pression unipolaire [2].&nbsp;<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>On ne peut pas surestimer ce processus, car il a permis \u00e0 la SSPP d&#8217;amorcer un changement de paradigme important. Pendant longtemps, les lignes directrices ont \u00e9t\u00e9 v\u00e9cues comme une menace pour la libert\u00e9 th\u00e9rapeutique en psychiatrie et en psychoth\u00e9rapie et ont \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9es. Cela s&#8217;explique notamment par le fait que les maladies mentales sont plus difficiles \u00e0 appr\u00e9hender et \u00e0 standardiser que les maladies physiques, et qu&#8217;il n&#8217;existe gu\u00e8re de marqueurs biologiques simples et cliniquement pertinents ni de m\u00e9thodes diagnostiques objectives bas\u00e9es sur des appareils en psychiatrie. La compr\u00e9hension des maladies mentales est soumise \u00e0 une marge d&#8217;appr\u00e9ciation et d&#8217;interpr\u00e9tation consid\u00e9rable ; il en va logiquement de m\u00eame pour l&#8217;\u00e9valuation du succ\u00e8s ou de l&#8217;efficacit\u00e9 des th\u00e9rapies. En particulier pour les maladies dont le traitement a un effet retard\u00e9, comme l&#8217;am\u00e9lioration psychopathologique des \u00e9tats d\u00e9pressifs ou, de mani\u00e8re encore plus prononc\u00e9e, la prophylaxie \u00e0 long terme des troubles bipolaires, qui constituent le th\u00e8me principal de ce num\u00e9ro.<\/p>\n<p>Les directives de traitement sont g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9labor\u00e9es sur la base des r\u00e9sultats d&#8217;\u00e9tudes randomis\u00e9es, contr\u00f4l\u00e9es contre placebo et men\u00e9es en double aveugle. Ces \u00e9tudes cliniques sont complexes et co\u00fbteuses et ne sont g\u00e9n\u00e9ralement r\u00e9alis\u00e9es que lors de l&#8217;introduction de nouveaux m\u00e9dicaments. Ils doivent r\u00e9pondre \u00e0 des exigences tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9es des autorit\u00e9s d&#8217;enregistrement en mati\u00e8re de standardisation du diagnostic et du traitement, ainsi que d&#8217;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 et de s\u00e9lectivit\u00e9 des patients examin\u00e9s et de leurs maladies. C&#8217;est l\u00e0 que les recommandations de traitement atteignent leurs limites pour des raisons m\u00e9thodologiques. Si nous, m\u00e9decins praticiens, sommes confront\u00e9s dans notre pratique de la psychoth\u00e9rapie psychiatrique \u00e0 des patients souffrant de tableaux cliniques complexes et h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, les patients des \u00e9tudes de phase III pr\u00e9sentent des tableaux cliniques homog\u00e8nes et circonscrits. Nos patients se caract\u00e9risent souvent par des comorbidit\u00e9s psychologiques et physiques, des ant\u00e9c\u00e9dents de traitement diff\u00e9rents ou une r\u00e9sistance au traitement ; de plus, nos patients arrivent souvent d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9m\u00e9diqu\u00e9s ou avec une com\u00e9dication pour des affections physiques. En outre, les recommandations de traitement ne tiennent compte que des r\u00e9sultats des \u00e9tudes cliniques. Les recommandations de traitement ne se prononcent pas sur les traitements qui n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s dans le cadre d&#8217;essais cliniques et qui ne peuvent donc \u00eatre utilis\u00e9s que hors \u00e9tiquette, ce qui ne signifie pas que leur efficacit\u00e9 est nulle, mais simplement qu&#8217;ils n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s. L&#8217;exp\u00e9rience personnelle du praticien, la pr\u00e9f\u00e9rence du patient, la qualit\u00e9 de la relation m\u00e9decin-patient et d&#8217;autres facteurs d&#8217;impact non sp\u00e9cifiques peuvent contribuer de mani\u00e8re significative \u00e0 l&#8217;efficacit\u00e9 du traitement, m\u00eame s&#8217;ils ne sont pas pris en compte dans les lignes directrices de traitement.<\/p>\n<p>Les recommandations de traitement qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es sur la base de tableaux cliniques standardis\u00e9s dans des circonstances peu naturalistes sont-elles donc encore pertinentes pour le traitement pratique ? La r\u00e9ponse est clairement oui, \u00e0 condition de les prendre pour ce qu&#8217;ils sont. Les lignes directrices r\u00e9sument les preuves scientifiques existantes. En tant qu&#8217;algorithme, ils d\u00e9finissent un couloir de d\u00e9cision th\u00e9rapeutique dans lequel un traitement bas\u00e9 sur des donn\u00e9es probantes doit g\u00e9n\u00e9ralement se situer. En outre, les lignes directrices indiquent la direction strat\u00e9gique et nous aident ainsi \u00e0 ne pas perdre de vue l&#8217;objectif et le chemin \u00e0 suivre pour y parvenir. Un bon m\u00e9decin enrichit naturellement sa r\u00e9flexion th\u00e9rapeutique de son exp\u00e9rience clinique et adapte le plan de traitement aux besoins et aux particularit\u00e9s de chaque patient. Il peut \u00e9galement s&#8217;\u00e9carter des lignes directrices de traitement, \u00e0 condition que cela soit justifi\u00e9 de mani\u00e8re rationnelle. Ainsi, un traitement id\u00e9al b\u00e9n\u00e9ficie \u00e0 la fois de l&#8217;\u00e9vidence scientifique et de l&#8217;exp\u00e9rience m\u00e9dicale et permet finalement une approche th\u00e9rapeutique personnalis\u00e9e.<\/p>\n<p>Cordiales salutations coll\u00e9giales<\/p>\n<p><em><br \/>\n  <strong>Dr. med. Philippe Lyrer<br \/>\nProf.<\/strong><br \/>\n<\/em><em><br \/>\n  <strong>med. Erich Seifritz<\/strong><br \/>\n<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Litt\u00e9rature :<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>En collaboration avec la Soci\u00e9t\u00e9 suisse pour l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 et la d\u00e9pression (www.sgad.ch) et la Soci\u00e9t\u00e9 suisse de psychiatrie biologique (www.ssbp.ch)<\/li>\n<li>Holsboer-Trachsler E, H\u00e4ttenschwiler J, Beck J, Brand S, Hemmeter UM, Keck ME, Rennhard S, Hatzinger M, Merlo M, Bondolfi G, Preisig M, Attinger Y, Andreoli, Gehret A, Bielinski D, Seifritz E : Le traitement somatique des troubles d\u00e9pressifs unipolaires, 1\u00e8re partie, Forum Med Suisse 2010 ; 10 : 802-809.<\/li>\n<\/ol>\n<h6 id=\"\">&nbsp;<\/h6>\n<h6 id=\"info-neurologie-psychiatrie-2013-111-1-2\"><em>InFo Neurologie &amp; Psychiatrie 2013 ; 11(1) : 1-2<\/em><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce qui est un standard \u00e9vident en m\u00e9decine somatique &#8211; des recommandations de traitement bas\u00e9es sur des lignes directrices pour des maladies sp\u00e9cifiques &#8211; est relativement nouveau en psychiatrie suisse.&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":32043,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Traitement des maladies mentales","footnotes":""},"category":[11523,11489,11549],"tags":[62476,64136,12579,64173,33452,64166,64181],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-347875","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-actualites","category-psychiatrie-et-psychotherapie","category-rx-fr","tag-depression-fr-3","tag-depression-unipolaire","tag-lignes-directrices","tag-recommandations-de-traitement","tag-sspp","tag-traitement-somatique","tag-troubles-bipolaires-fr","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-05-07 21:21:19","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":347884,"slug":"trattare-la-depressione-e-il-disturbo-bipolare-utilizzando-le-linee-guida","post_title":"Trattare la depressione e il disturbo bipolare utilizzando le linee guida","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/trattare-la-depressione-e-il-disturbo-bipolare-utilizzando-le-linee-guida\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":347934,"slug":"tratamento-da-depressao-e-da-desordem-bipolar-usando-directrizes","post_title":"Tratamento da depress\u00e3o e da desordem bipolar usando directrizes","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/tratamento-da-depressao-e-da-desordem-bipolar-usando-directrizes\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":347947,"slug":"tratamiento-de-la-depresion-y-el-trastorno-bipolar-mediante-directrices","post_title":"Tratamiento de la depresi\u00f3n y el trastorno bipolar mediante directrices","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/tratamiento-de-la-depresion-y-el-trastorno-bipolar-mediante-directrices\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/347875","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=347875"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/347875\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/32043"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=347875"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=347875"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=347875"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=347875"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}