{"id":347985,"date":"2013-03-08T00:00:00","date_gmt":"2013-03-07T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/comment-prevenir-avec-succes-les-thromboses-recidivantes\/"},"modified":"2013-03-08T00:00:00","modified_gmt":"2013-03-07T23:00:00","slug":"comment-prevenir-avec-succes-les-thromboses-recidivantes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/comment-prevenir-avec-succes-les-thromboses-recidivantes\/","title":{"rendered":"Comment pr\u00e9venir avec succ\u00e8s les thromboses r\u00e9cidivantes"},"content":{"rendered":"<p><strong>Tous les patients atteints de thromboembolie veineuse ne pr\u00e9sentent pas un risque accru de r\u00e9cidive. Ceux qui pr\u00e9sentent un risque \u00e9lev\u00e9 b\u00e9n\u00e9ficient de la poursuite de l&#8217;anticoagulation. Pour calculer le risque de deuxi\u00e8me thrombose, il convient de recenser les facteurs de risque et de calculer le risque absolu de r\u00e9cidive. Celui-ci doit \u00eatre compar\u00e9 \u00e0 l&#8217;h\u00e9morragie grave due \u00e0 l&#8217;anticoagulant et, si le risque de r\u00e9cidive pr\u00e9vaut, l&#8217;anticoagulation doit \u00eatre poursuivie.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>La thromboembolie veineuse (TEV) comprend la thrombose veineuse profonde (TVP) et l&#8217;embolie pulmonaire. Le risque absolu de survenue d&#8217;une premi\u00e8re thrombose veineuse dans la population g\u00e9n\u00e9rale est de 0,1 \u00e0 0,2% par an et d\u00e9pend de l&#8217;\u00e2ge. Le risque de r\u00e9cidive apr\u00e8s une thrombose est de 5 \u00e0 7% par an, ce qui est 50 \u00e0 70 fois plus \u00e9lev\u00e9 que le risque de thrombose veineuse initiale [1]. Il est donc important de pouvoir \u00e9valuer le risque de r\u00e9cidive chez un patient individuel, car la poursuite de l&#8217;anticoagulation (AC) peut pr\u00e9venir efficacement les r\u00e9cidives. La dur\u00e9e de l&#8217;AK apr\u00e8s le traitement initial fait depuis longtemps l&#8217;objet de controverses. En se basant sur de nombreuses \u00e9tudes et m\u00e9ta-analyses, la 9e conf\u00e9rence de consensus ACCP de 2012 a abouti aux recommandations pr\u00e9sent\u00e9es dans le <strong>tableau 1<\/strong> pour la dur\u00e9e de la CA [2].<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-1216\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/CAVA_2013_01_004-2.jpg-5b239e_1388.jpg\" width=\"1100\" height=\"504\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/CAVA_2013_01_004-2.jpg-5b239e_1388.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/CAVA_2013_01_004-2.jpg-5b239e_1388-800x367.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/CAVA_2013_01_004-2.jpg-5b239e_1388-120x55.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/CAVA_2013_01_004-2.jpg-5b239e_1388-90x41.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/CAVA_2013_01_004-2.jpg-5b239e_1388-320x147.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/CAVA_2013_01_004-2.jpg-5b239e_1388-560x257.jpg 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>Le risque de r\u00e9cidive de thrombose apr\u00e8s la fin de l&#8217;AC d\u00e9pend principalement de deux facteurs :<\/p>\n<ul>\n<li>L&#8217;\u00e9pisode aigu de TEV a-t-il \u00e9t\u00e9 trait\u00e9 efficacement, avec une dur\u00e9e minimale d&#8217;AC ?<\/li>\n<li>Existe-t-il des facteurs intrins\u00e8ques entra\u00eenant un taux de r\u00e9cidive plus \u00e9lev\u00e9 ?<\/li>\n<\/ul>\n<h2 id=\"ac-a-long-terme-quest-ce-que-cest\">AC \u00e0 long terme &#8211; qu&#8217;est-ce que c&#8217;est ?<\/h2>\n<p>En cas de TVP proximale spontan\u00e9e avec ou sans maladie tumorale et en cas de thromboses r\u00e9cidivantes, une AC \u00e0 long terme est recommand\u00e9e. L&#8217;AC \u00e0 long terme est un terme vague. Quelle est la dur\u00e9e du traitement ? A long terme ne signifie pas \u00e0 vie. La 9e conf\u00e9rence de consensus de l&#8217;ACCP recommande que la dur\u00e9e de l&#8217;AC soit d\u00e9termin\u00e9e en fonction d&#8217;une \u00e9valuation individuelle du rapport b\u00e9n\u00e9fice\/risque. Il n&#8217;est pas possible de donner ici une valeur de r\u00e9f\u00e9rence qui serait valable de la m\u00eame mani\u00e8re pour tous les patients. Le m\u00e9decin traitant et le patient concern\u00e9 sont donc en grande partie laiss\u00e9s seuls pour d\u00e9cider de la dur\u00e9e de l&#8217;AC.<\/p>\n<p>L&#8217;incidence d&#8217;une h\u00e9morragie grave sous anticoagulant est de l&#8217;ordre de 1-4%\/an avec une h\u00e9morragie intrac\u00e9r\u00e9brale de 0,4-1,5% selon la litt\u00e9rature et la population \u00e0 risque. Les facteurs de risque suivants ont \u00e9t\u00e9 associ\u00e9s \u00e0 une augmentation des saignements : \u00c2ge &gt;65 ans, ant\u00e9c\u00e9dents de saignement, maladie tumorale avec ou sans m\u00e9tastases, insuffisance r\u00e9nale, insuffisance h\u00e9patique,&nbsp; thrombocytop\u00e9nie, accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral r\u00e9cent, diab\u00e8te sucr\u00e9, an\u00e9mie, sous co-m\u00e9dication avec des antiagr\u00e9gants plaquettaires, contr\u00f4le difficile des AC, abus d&#8217;alcool, chutes fr\u00e9quentes, chirurgie r\u00e9cente, comorbidit\u00e9 et capacit\u00e9 fonctionnelle r\u00e9duite [3]. Le <strong>tableau 2 <\/strong>pr\u00e9sente les facteurs de risque pertinents pour la thrombose r\u00e9cidivante et est expliqu\u00e9 plus en d\u00e9tail ci-dessous.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1217 lazyload\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/CAVA_2013_01_004-3.jpg-2d8b39_1389.jpg\" width=\"1049\" height=\"760\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/CAVA_2013_01_004-3.jpg-2d8b39_1389.jpg 1049w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/CAVA_2013_01_004-3.jpg-2d8b39_1389-800x580.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/CAVA_2013_01_004-3.jpg-2d8b39_1389-120x87.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/CAVA_2013_01_004-3.jpg-2d8b39_1389-90x65.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/CAVA_2013_01_004-3.jpg-2d8b39_1389-320x232.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/CAVA_2013_01_004-3.jpg-2d8b39_1389-560x406.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1049px) 100vw, 1049px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 1049px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1049\/760;\" \/><\/p>\n<h2 id=\"tvp-proximale-spontanee\">TVP proximale spontan\u00e9e<\/h2>\n<p>Il est connu depuis de nombreuses ann\u00e9es que les patients pr\u00e9sentant une TVP proximale spontan\u00e9e et\/ou une embolie pulmonaire apr\u00e8s l&#8217;arr\u00eat de l&#8217;AC par voie orale ont un risque beaucoup plus \u00e9lev\u00e9 de r\u00e9cidive de thrombose que les patients pr\u00e9sentant une thrombose initiale provoqu\u00e9e. Dans une \u00e9tude de cohorte, Prandoni et al. chez 1 626 patients ayant pr\u00e9sent\u00e9 une TVP proximale ou une embolie pulmonaire spontan\u00e9e ou provoqu\u00e9e apr\u00e8s l&#8217;arr\u00eat de l&#8217;AC, a montr\u00e9 qu&#8217;apr\u00e8s un suivi m\u00e9dian de 50 mois, 22,3% des patients avaient pr\u00e9sent\u00e9 une thrombose r\u00e9cidivante apr\u00e8s cette p\u00e9riode. Les patients ayant subi une thrombose initiale spontan\u00e9e pr\u00e9sentaient le risque le plus \u00e9lev\u00e9 de r\u00e9cidive de thrombose, avec un hazard ratio de 2,3 (IC 95%, 1,8-2,9) par rapport aux patients ayant subi une thrombose provoqu\u00e9e [4].<\/p>\n<h2 id=\"sexe-masculin\">Sexe masculin<\/h2>\n<p>Plusieurs \u00e9tudes ont montr\u00e9 que le risque de r\u00e9cidive de TEV est plus \u00e9lev\u00e9 chez les hommes que chez les femmes. Dans une \u00e9tude prospective portant sur 474 patients pr\u00e9sentant une premi\u00e8re TVP proximale spontan\u00e9e ou provoqu\u00e9e avec un suivi de 3477 personnes-ann\u00e9es (7,3 ans en moyenne), le risque de r\u00e9cidive \u00e9tait de 4,1% personnes-ann\u00e9es chez les hommes et de 1,6% personnes-ann\u00e9es chez les femmes. Les hommes pr\u00e9sentant une premi\u00e8re thrombose proximale spontan\u00e9e avaient un risque de r\u00e9cidive 2,8 fois plus \u00e9lev\u00e9 (IC 95%, 1,4-5,7) que les femmes [5].<\/p>\n<h2 id=\"d-dimeres\">D-dim\u00e8res<\/h2>\n<p>Plusieurs \u00e9tudes ont montr\u00e9 que les patients qui d\u00e9veloppent des D-dim\u00e8res positifs un mois apr\u00e8s l&#8217;arr\u00eat de l&#8217;AC par voie orale pr\u00e9sentent un risque accru de r\u00e9cidive. L&#8217;\u00e9tude d&#8217;intervention randomis\u00e9e et contr\u00f4l\u00e9e PROLONG a montr\u00e9 que les patients pr\u00e9sentant une TVP proximale spontan\u00e9e et un test de D-dim\u00e8res positif un mois apr\u00e8s l&#8217;arr\u00eat de l&#8217;AC b\u00e9n\u00e9ficiaient d&#8217;un red\u00e9marrage de l&#8217;AC [6]. Dans PROLONG, les AC ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s chez 608 patients apr\u00e8s au moins trois mois et les D-dim\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 mesur\u00e9s apr\u00e8s un mois. Dans 36,8% des cas, les D-dim\u00e8res \u00e9taient \u00e9lev\u00e9s. La CA n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 reprise chez les patients dont les D-dim\u00e8res \u00e9taient n\u00e9gatifs. Les patients pr\u00e9sentant des D-dim\u00e8res \u00e9lev\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 randomis\u00e9s en deux groupes : Le premier groupe a re\u00e7u l&#8217;AC pendant 18 mois suppl\u00e9mentaires, tandis que l&#8217;AC n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 repris dans l&#8217;autre groupe pr\u00e9sentant des D-dim\u00e8res positifs. Apr\u00e8s un suivi moyen de 1,4 an, 6,2% des patients qui pr\u00e9sentaient des D-dim\u00e8res n\u00e9gatifs au d\u00e9part ont r\u00e9cidiv\u00e9. Les patients pr\u00e9sentant des D-dim\u00e8res \u00e9lev\u00e9s sans poursuite de l&#8217;AC ont pr\u00e9sent\u00e9 une r\u00e9cidive de thrombose dans 15,0% des cas. Les patients dont le test des D-dim\u00e8res \u00e9tait positif et qui ont repris la CA ont pr\u00e9sent\u00e9 une r\u00e9cidive de thrombose dans 2,9% des cas. L&#8217;hazard ratio pour les patients avec un test de D-dim\u00e8res positif sans AK \u00e9tait 4,3 fois (IC 95%, 1,2-14,6) significativement plus \u00e9lev\u00e9 que pour les patients avec un test de D-dim\u00e8res positif avec AK. Les patients pr\u00e9sentant des D-dim\u00e8res \u00e9lev\u00e9s sans AC ont montr\u00e9 un risque de thrombose multipli\u00e9 par 2,3 (IC 95%, 1,2-4,5) par rapport aux patients ayant un test de D-dim\u00e8res n\u00e9gatif sans AC [6].<\/p>\n<p>Une m\u00e9ta-analyse de quatre \u00e9tudes sur la mesure des D-dim\u00e8res apr\u00e8s l&#8217;arr\u00eat de l&#8217;AC, portant sur 1539 patients atteints de TEV spontan\u00e9e, a confirm\u00e9 les r\u00e9sultats de l&#8217;\u00e9tude PROLONG : 16,6% des patients pr\u00e9sentant des D-dim\u00e8res \u00e9lev\u00e9s apr\u00e8s l&#8217;arr\u00eat de l&#8217;AC par voie orale ont pr\u00e9sent\u00e9 une thrombose r\u00e9cidivante au cours du suivi, contre 7,3% seulement des patients pr\u00e9sentant des D-dim\u00e8res normaux. La d\u00e9tection de D-dim\u00e8res \u00e9lev\u00e9s \u00e9tait associ\u00e9e \u00e0 un risque de r\u00e9cidive de TEV multipli\u00e9 par 2,4 (IC 95%, 1,7-3,4) [7].<\/p>\n<h2 id=\"charge-thrombotique-residuelle\">Charge thrombotique r\u00e9siduelle<\/h2>\n<p>Apr\u00e8s une TVP, il faut un certain temps pour que la veine soit recanalis\u00e9e. Siragusa et al. ont pu montrer dans l&#8217;\u00e9tude d&#8217;intervention contr\u00f4l\u00e9e randomis\u00e9e DACUS portant sur 258 patients pr\u00e9sentant une TVP proximale spontan\u00e9e ou provoqu\u00e9e qu&#8217;apr\u00e8s trois mois d&#8217;AC, 69,8% des patients pr\u00e9sentaient un thrombus r\u00e9siduel de &gt;40% du diam\u00e8tre de la veine [8]. L&#8217;AC n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 poursuivie chez les patients sans thrombus r\u00e9siduel.<\/p>\n<p>Les patients pr\u00e9sentant une charge thrombotique r\u00e9siduelle \u00e9lev\u00e9e ont \u00e9t\u00e9 randomis\u00e9s en deux groupes : Le premier groupe a re\u00e7u l&#8217;AC pendant neuf mois suppl\u00e9mentaires, tandis que l&#8217;autre groupe a cess\u00e9 l&#8217;AC. Apr\u00e8s deux ans de suivi, les patients qui ne pr\u00e9sentaient pas de thrombus r\u00e9siduel au d\u00e9part n&#8217;ont r\u00e9cidiv\u00e9 que dans 1,3% des cas. En revanche, les patients pr\u00e9sentant une charge thrombotique r\u00e9siduelle \u00e9lev\u00e9e sans poursuite de l&#8217;AC ont pr\u00e9sent\u00e9 une r\u00e9cidive de thrombose dans 27,2% des cas. Les patients pr\u00e9sentant des thrombus r\u00e9siduels et poursuivant l&#8217;AC pendant neuf mois suppl\u00e9mentaires ont pr\u00e9sent\u00e9 une r\u00e9cidive de thrombose dans 19% des cas apr\u00e8s deux ans. L&#8217;hazardratio pour les patients avec une charge thrombotique \u00e9lev\u00e9e sans AK \u00e9tait significativement 24,9 fois (IC 95%, 3,4-183,6) plus \u00e9lev\u00e9 que pour les patients sans charge thrombotique. Il convient de noter que l&#8217;intervalle de confiance est tr\u00e8s large, ce qui indique un certain flou\/impr\u00e9cision des donn\u00e9es [8]. Une m\u00e9ta-analyse de 14 \u00e9tudes avec mesure du thrombus r\u00e9siduel n&#8217;a pu d\u00e9montrer qu&#8217;une faible augmentation du risque de r\u00e9cidive (HR : 1,5, IC 95%, 1,1-2,0) [9].<\/p>\n<h2 id=\"thrombophilie-hereditaire\">Thrombophilie h\u00e9r\u00e9ditaire<\/h2>\n<p>Pour les formes l\u00e9g\u00e8res et fr\u00e9quentes de thrombophilie, une m\u00e9ta-analyse a montr\u00e9 que le risque relatif de r\u00e9cidive est faible pour la mutation h\u00e9t\u00e9rozygote du facteur V Leiden, soit 1,5 (IC \u00e0 95%, 1,1-1,9), et pour la mutation h\u00e9t\u00e9rozygote de la prothrombine, soit 1,4 (IC \u00e0 95%, 1,0-1,8). En raison de la faible augmentation du risque de r\u00e9cidive, une AK prolong\u00e9e n&#8217;est pas justifi\u00e9e en soi [10]. Dans l&#8217;analyse Cochrane de 2009, il n&#8217;existe pas d&#8217;\u00e9tudes randomis\u00e9es et contr\u00f4l\u00e9es \u00e9valuant l&#8217;utilit\u00e9 du d\u00e9pistage de la thrombophilie pour \u00e9valuer le risque de r\u00e9cidive [11]. Une mise \u00e0 jour en 2012 n&#8217;a toujours pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9 d&#8217;\u00e9tudes contr\u00f4l\u00e9es, de sorte qu&#8217;aucune recommandation claire ne peut \u00eatre faite \u00e0 ce sujet pour le moment [12].<\/p>\n<h2 id=\"anticorps-antiphospholipides\">Anticorps antiphospholipides<\/h2>\n<p>Les patients atteints du syndrome des antiphospholipides pr\u00e9sentent un risque de thrombose r\u00e9cidivante nettement plus \u00e9lev\u00e9. Pengo et al. &nbsp; ont montr\u00e9, dans une \u00e9tude r\u00e9trospective de 160 patients atteints du syndrome des antiphospholipides, que le risque de r\u00e9cidive de thrombose \u00e9tait significativement augment\u00e9 de 2,4 fois (IC 95%, 1,3-4,1) chez les patients dont l&#8217;AC avait \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e, par rapport \u00e0 ceux qui avaient \u00e9t\u00e9 anticoagul\u00e9s au long cours [13].<\/p>\n<h2 id=\"malignome\">Malignome<\/h2>\n<p>Les patients atteints d&#8217;une tumeur maligne active ont un risque environ quatre fois plus \u00e9lev\u00e9 de TEV et un risque six fois plus \u00e9lev\u00e9 s&#8217;ils sont sous chimioth\u00e9rapie [14]. Parall\u00e8lement, le risque de saignement est environ trois fois plus \u00e9lev\u00e9. Le risque de r\u00e9cidive de TEV peut \u00eatre sup\u00e9rieur \u00e0 27% par an malgr\u00e9 un traitement par antagonistes de la vitamine K, de sorte qu&#8217;une AC \u00e0 long terme est recommand\u00e9e en cas de tumeur active [15, 16].<\/p>\n<h2 id=\"ethnicite\">Ethnicit\u00e9<\/h2>\n<p>Une \u00e9tude \u00e9pid\u00e9miologique californienne portant sur plus de 23 000 patients atteints de TVP spontan\u00e9e ou provoqu\u00e9e a examin\u00e9 l&#8217;incidence des thromboses r\u00e9cidivantes dans diff\u00e9rents groupes de population. Chez les Asiatiques, le risque de r\u00e9cidive \u00e9tait 0,7 fois plus faible que dans la population blanche (IC 95%, 0,5-0,9) [17].<\/p>\n<h2 id=\"conclusion\">Conclusion<\/h2>\n<p>Tous les patients atteints de TEV ne pr\u00e9sentent pas un risque accru de r\u00e9cidive. Chacun des facteurs de risque \u00e9num\u00e9r\u00e9s ci-dessus est important pour l&#8217;\u00e9valuation du risque de r\u00e9cidive, mais en tant que param\u00e8tre unique (sauf en cas de tumeur maligne active), il n&#8217;est pas suffisamment sp\u00e9cifique en soi pour \u00e9mettre une recommandation g\u00e9n\u00e9rale. Une combinaison de ces facteurs de risque pourrait \u00eatre importante [18]. Prenons l&#8217;exemple d&#8217;un patient qui a \u00e9t\u00e9 anticoagul\u00e9 pendant trois mois apr\u00e8s une TVP proximale spontan\u00e9e. La question qui se pose maintenant est de savoir combien de temps la CA doit continuer \u00e0 \u00eatre effectu\u00e9e. Les 9e lignes directrices de l&#8217;ACCP ne sont pas d&#8217;une grande aide dans ce domaine. La prise de d\u00e9cision concernant la dur\u00e9e du traitement repose sur le risque absolu de r\u00e9cidive. Si l&#8217;on suppose que le risque absolu de r\u00e9cidive est estim\u00e9 de mani\u00e8re conservatrice \u00e0 2-4% par an et que le patient est un homme, l&#8217;augmentation du risque relatif multiplie le risque absolu par 2,8, soit environ 6-11% par an. Si l&#8217;on dispose d&#8217;autres facteurs de risque <strong>(tableau 2),<\/strong> ceux-ci peuvent \u00eatre combin\u00e9s. L&#8217;augmentation du risque de r\u00e9cidive \u00e0 environ 6-11% par an peut d\u00e9j\u00e0 suffire \u00e0 justifier la poursuite d&#8217;une AC et doit \u00eatre mise en balance avec le risque individuel de saignements graves.<\/p>\n<p>Si le patient souhaite arr\u00eater l&#8217;AC pour la TEV apr\u00e8s trois \u00e0 douze mois, il est urgent d&#8217;envisager 100 mg d&#8217;aspirine par jour pendant trois ans, car l&#8217;AAS a permis de r\u00e9duire le risque de r\u00e9cidive de TEV de 32% et les \u00e9v\u00e9nements vasculaires (art\u00e9riels et veineux) de 34% dans l&#8217;\u00e9tude combin\u00e9e ASPIRE et WARFASA, et ce sans augmentation des saignements graves.  [19].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>White RH : L&#8217;\u00e9pid\u00e9miologie de la maladie thromboembolique veineuse. Circulation 2003 ; 107 : 14-18.<\/li>\n<li>Guyatt GH, et al : R\u00e9sum\u00e9 ex\u00e9cutif : Traitement antithrombotique et pr\u00e9vention de la thrombose, 9e \u00e9d : American College of Chest Physicians Evidence-Based Clinical Practice Guidelines. Chest 2012 ; 141 : 7S-47S.<\/li>\n<li>Kearon C, et al. : Antithrombotic therapy for VTE disease : Antithrombotic Therapy and Prevention of Thrombosis, <sup>9th<\/sup> ed : American College of Chest Physicians Evidence-Based Clinical Practice Guidelines. Chest 2012 ; 141 : e419S-494S.<\/li>\n<li>Prandoni P, et al : Le risque de thromboembolie veineuse r\u00e9currente apr\u00e8s l&#8217;arr\u00eat de l&#8217;anticoagulation chez les patients atteints de thrombose veineuse profonde proximale aigu\u00eb ou d&#8217;embolie pulmonaire. Une \u00e9tude de cohorte prospective chez 1 626 patients. Haematologica 2007 ; 92 : 199-205.<\/li>\n<li>Christiansen SC, et al : Diff\u00e9rence sexuelle dans le risque de thrombose veineuse r\u00e9currente et le profil de risque d&#8217;un second \u00e9v\u00e9nement. J Thromb Haemost 2010 ; 8 : 2159-2168.<\/li>\n<li>6. Palareti G, et al : Test des D-dim\u00e8res pour d\u00e9terminer la dur\u00e9e du traitement anticoagulant. N Engl J Med 2006 ; 355 : 1780-1789.<\/li>\n<li>Siragusa S, et al : Thrombose veineuse r\u00e9siduelle pour \u00e9tablir la dur\u00e9e de l&#8217;anticoagulation apr\u00e8s un premier \u00e9pisode de thrombose veineuse profonde : l&#8217;\u00e9tude Duration of Anticoagulation based on Compression UltraSonography (DACUS). Blood 2008 ; 112 : 511-515.<\/li>\n<li>Carrier M, et al : Obstruction r\u00e9siduelle de la veine pour pr\u00e9dire le risque de thromboembolie veineuse r\u00e9currente chez les patients atteints de thrombose veineuse profonde : une revue syst\u00e9matique et une m\u00e9ta-analyse. J Thromb Haemost 2011 ; 9 : 1119-11125.<\/li>\n<li>Marchiori A, et al : Le risque de thromboembolie veineuse r\u00e9currente chez les porteurs h\u00e9t\u00e9rozygotes du facteur V Leiden ou de la mutation de la prothrombine G20210A. A systematic review of prospective studies. Haematologica 2007 ; 92 : 1107-1114.<\/li>\n<li>Cohn D, et al : Test de thrombophilie pour la pr\u00e9vention des thromboembolies veineuses r\u00e9currentes. Cochrane Database Syst Rev 2009 : CD007069.<\/li>\n<li>Cohn DM, et al : Test de thrombophilie pour la pr\u00e9vention de la thromboembolie veineuse r\u00e9currente. Cochrane Database Syst Rev 2012 ; 12:CD007069.<\/li>\n<li>Pengo V, et al : Evolution clinique des patients \u00e0 haut risque diagnostiqu\u00e9s avec le syndrome des antiphospholipides. J Thromb Haemost 2010 ; 8 : 237-242.<\/li>\n<li>Heit JA, et al : Risk factors for deep vein thrombosis and pulmonary embolism : a population-based case-control study. Arch Intern Med 2000 ; 27 (160) : 809-815.<\/li>\n<li>Lindhoff-Last E : \u00c9valuation du risque de r\u00e9cidive de thromboembolie veineuse. H\u00e9mostase 2011 ; 31 : 7-12.<\/li>\n<li>Akl EA, et al : Anticoagulation for the long term treatment of veinous thromboembolism in patients with cancer. Cochrane Database Syst Rev 2008 : CD006650.<\/li>\n<li>White RH, et al : Incidence de la thrombose veineuse profonde idiopathique et de la thromboembolie secondaire parmi les groupes ethniques en Californie. Ann Intern Med 1998 ; 128 : 737-740.<\/li>\n<li>Eichinger S, et al : Risk assessment of recurrence in patients with unprovoked deep vein thrombosis or pulmonary embolism : the Vienna prediction model. Circulation 2010 ; 121 : 1630-1636.<\/li>\n<li>Brighton TA, et al ; ASPIRE Investigators : Low-dose aspirin for preventing recurrent venous thromboembolism. NEJM 2012 ; 367 : 1979-1987.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>CARDIOVASC 2013 ; 12(1) : 4-7<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tous les patients atteints de thromboembolie veineuse ne pr\u00e9sentent pas un risque accru de r\u00e9cidive. Ceux qui pr\u00e9sentent un risque \u00e9lev\u00e9 b\u00e9n\u00e9ficient de la poursuite de l&#8217;anticoagulation. Pour calculer le&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":31668,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Thromboembolie veineuse et apr\u00e8s ?  ","footnotes":""},"category":[11357,11531,11549],"tags":[64562,15492,64569,61492,18555,64574,64552,20742,20738,16023],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-347985","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-angiologie-fr","category-formation-continue","category-rx-fr","tag-ac-a-long-terme","tag-anticoagulation-fr","tag-charge-thrombotique-residuelle","tag-d-dimeres","tag-embolie-pulmonaire","tag-malignome","tag-premiere-thrombose","tag-risque-de-recidive","tag-tev","tag-tvt-fr","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-04-27 14:08:32","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":348001,"slug":"come-prevenire-con-successo-le-trombosi-ricorrenti","post_title":"Come prevenire con successo le trombosi ricorrenti","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/come-prevenire-con-successo-le-trombosi-ricorrenti\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":348011,"slug":"como-prevenir-com-sucesso-trombose-recorrente","post_title":"Como prevenir com sucesso trombose recorrente","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/como-prevenir-com-sucesso-trombose-recorrente\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":348018,"slug":"como-prevenir-con-exito-la-trombosis-recurrente","post_title":"C\u00f3mo prevenir con \u00e9xito la trombosis recurrente","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/como-prevenir-con-exito-la-trombosis-recurrente\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/347985","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=347985"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/347985\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/31668"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=347985"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=347985"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=347985"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=347985"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}