{"id":348033,"date":"2013-03-08T00:00:00","date_gmt":"2013-03-07T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/traitement-de-lurgence-allergique\/"},"modified":"2013-03-08T00:00:00","modified_gmt":"2013-03-07T23:00:00","slug":"traitement-de-lurgence-allergique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/traitement-de-lurgence-allergique\/","title":{"rendered":"Traitement de l&#8217;urgence allergique"},"content":{"rendered":"<p><strong>Il est impossible de pr\u00e9voir le d\u00e9roulement d&#8217;une r\u00e9action allergique. Nos auteurs montrent \u00e0 quoi il faut faire attention en cas d&#8217;anaphylaxie et pourquoi l&#8217;adr\u00e9naline doit \u00eatre utilis\u00e9e en premier lieu.&nbsp;<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Qui n&#8217;a pas connu cette urgence non annonc\u00e9e ? Peu apr\u00e8s une piq\u00fbre de gu\u00eape, un patient est amen\u00e9 au cabinet pour des difficult\u00e9s respiratoires et une faiblesse g\u00e9n\u00e9rale. Un gonflement du visage est visible, le &#8220;wheezing&#8221; est inaudible, la couleur du visage passe du blanc au bleu.<\/p>\n<p>Une action rapide est n\u00e9cessaire. M\u00eame si, par d\u00e9finition, l&#8217;anaphylaxie refl\u00e8te une r\u00e9action d&#8217;hypersensibilit\u00e9 grave \u00e0 un agent \u00e9tranger au corps, mettant en jeu le pronostic vital, dans la pratique quotidienne, des r\u00e9actions g\u00e9n\u00e9rales plus l\u00e9g\u00e8res telles que l&#8217;urticaire ou un simple \u0153d\u00e8me du visage sont \u00e9galement consid\u00e9r\u00e9es comme telles. Classiquement, le terme d&#8217;anaphylaxie est limit\u00e9 aux r\u00e9actions imm\u00e9diates m\u00e9di\u00e9es par les IgE, mais cliniquement, il est impossible de distinguer les m\u00e9canismes immunologiques des m\u00e9canismes non immunologiques [1].<\/p>\n<p>Le diagnostic d&#8217;anaphylaxie comprend, outre les sympt\u00f4mes cutan\u00e9s souvent manifestes, des sympt\u00f4mes respiratoires et circulatoires et, plus rarement, gastro-intestinaux, directement li\u00e9s \u00e0 un d\u00e9clencheur pr\u00e9sum\u00e9 <strong>(tableau 1). <\/strong>Les causes les plus fr\u00e9quentes de r\u00e9actions anaphylactiques sont les piq\u00fbres de gu\u00eapes et d&#8217;abeilles, les m\u00e9dicaments (en particulier les anti-inflammatoires non st\u00e9ro\u00efdiens et les antibiotiques) et les aliments [1\u20133]. L&#8217;anaphylaxie est due \u00e0 une d\u00e9granulation des basophiles et des mastocytes avec lib\u00e9ration cons\u00e9cutive d&#8217;histamine, de leucotri\u00e8nes, de cytokines et d&#8217;autres m\u00e9diateurs [1, 2].<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-1174\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/synn.jpg-04cdf6_561.jpg\" width=\"1100\" height=\"264\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/synn.jpg-04cdf6_561.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/synn.jpg-04cdf6_561-800x192.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/synn.jpg-04cdf6_561-120x29.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/synn.jpg-04cdf6_561-90x22.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/synn.jpg-04cdf6_561-320x77.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/synn.jpg-04cdf6_561-560x134.jpg 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<h2 id=\"symptomes-et-evolution\">Sympt\u00f4mes et \u00e9volution<\/h2>\n<p>La plupart du temps, l&#8217;anaphylaxie se manifeste peu de temps apr\u00e8s un &#8220;contact&#8221;, par exemple apr\u00e8s l&#8217;ingestion d&#8217;un aliment ou d&#8217;un m\u00e9dicament, par une sensation &#8220;\u00e9trange&#8221; mais d\u00e9sagr\u00e9ablement mena\u00e7ante. Tr\u00e8s souvent, la personne concern\u00e9e r\u00e9alise qu&#8217;elle ressent une chaleur diffuse dans le corps, une d\u00e9mangeaison soudaine et violente dans la paume des mains et la plante des pieds, ou parfois dans les zones poilues du corps. Le prurit s&#8217;\u00e9tend rapidement et s&#8217;associe \u00e0 un exanth\u00e8me ou \u00e0 des quintes. Des sympt\u00f4mes respiratoires (\u00e9ternuements, blocage de la respiration nasale, asthme), des naus\u00e9es, des vomissements ou une sensation de faiblesse massive peuvent \u00e9galement se manifester rapidement <strong>(tableau 1). <\/strong>Quelques minutes peuvent s&#8217;\u00e9couler entre le d\u00e9but des sympt\u00f4mes initiaux et le tableau complet de l&#8217;anaphylaxie, qui peut parfois \u00eatre fatale. Les r\u00e9actions se produisent souvent dans les 30 minutes, mais un choc anaphylactique peut parfois se produire apr\u00e8s une heure [4]. Il est impossible de pr\u00e9voir le d\u00e9roulement d&#8217;une r\u00e9action allergique !<\/p>\n<h2 id=\"traitement-le-principal-medicament-est-ladrenaline\">Traitement : le principal m\u00e9dicament est l&#8217;adr\u00e9naline<\/h2>\n<p>La plupart des patients qui souffrent d&#8217;anaphylaxie sont pris en charge m\u00e9dicalement avec un d\u00e9lai de 30 \u00e0 60 minutes, de sorte qu&#8217;il n&#8217;est pas rare que le d\u00e9roulement de l&#8217;\u00e9valuation primaire apparaisse comme &#8220;stable&#8221;. Cela peut expliquer pourquoi l&#8217;adr\u00e9naline a \u00e9t\u00e9 rarement utilis\u00e9e dans les urgences allergiques dans de nombreuses \u00e9tudes [4\u20137]. Et ce, contrairement \u00e0 la recommandation de la WAO et de nombreuses directives nationales et internationales d&#8217;utiliser l&#8217;adr\u00e9naline comme premier m\u00e9dicament en cas d&#8217;anaphylaxie [8\u201311]. Tout m\u00e9decin doit \u00eatre conscient que si les antihistaminiques et les corticost\u00e9ro\u00efdes sont n\u00e9cessaires pour traiter une r\u00e9action allergique, les corticost\u00e9ro\u00efdes, m\u00eame administr\u00e9s par voie intraveineuse, ne sont pas efficaces avant au moins une heure [10, 11]. M\u00eame un antihistaminique administr\u00e9 par voie orale ne produit pas d&#8217;effet th\u00e9rapeutique avant au moins une demi-heure. Certes, en cas d&#8217;urticaire seule ou de gonflement l\u00e9ger du visage sans implication des voies respiratoires ou circulatoires, il est possible d&#8217;administrer d&#8217;abord un antihistaminique, suivi d&#8217;un corticost\u00e9ro\u00efde. Mais en cas de pr\u00e9sence ou d&#8217;indication de dyspn\u00e9e &#8211; qu&#8217;un bronchospasme soit diagnostiqu\u00e9 ou non &#8211; ainsi qu&#8217;en cas d&#8217;atteinte circulatoire, l&#8217;adr\u00e9naline doit \u00eatre administr\u00e9e sans d\u00e9lai.<\/p>\n<p>Il n&#8217;y a pas de contre-indication absolue \u00e0 l&#8217;utilisation d&#8217;adr\u00e9naline en cas de suspicion d&#8217;anaphylaxie, et ce quels que soient les sympt\u00f4mes initiaux [8, 10]. Depuis le 1er janvier 2012, il n&#8217;existe plus de pr\u00e9parations d&#8217;adr\u00e9naline \u00e0 inhaler dans le monde, de sorte que l&#8217;adr\u00e9naline est en principe administr\u00e9e par voie parent\u00e9rale. En cas d&#8217;urgence, l&#8217;adr\u00e9naline doit \u00eatre administr\u00e9e par voie intramusculaire et non sous-cutan\u00e9e, car l&#8217;absorption intramusculaire se fait en moins de temps et les taux plasmatiques augmentent plus rapidement que lors d&#8217;une injection sous-cutan\u00e9e. L&#8217;endroit id\u00e9al pour appliquer l&#8217;adr\u00e9naline i.m. est la zone ant\u00e9ro-lat\u00e9rale de la cuisse [11]. La dose chez l&#8217;adulte doit \u00eatre d&#8217;au moins 0,3-0,5 mg (r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale : 0,1 ml par 10 kg de poids corporel) <strong>(tableau 2)<\/strong> [8, 10, 11]. Si aucun effet th\u00e9rapeutique n&#8217;est visible apr\u00e8s trois \u00e0 cinq minutes, l&#8217;administration d&#8217;adr\u00e9naline doit \u00eatre r\u00e9p\u00e9t\u00e9e. La crainte de nombreux m\u00e9decins que l&#8217;adr\u00e9naline provoque des effets cardiovasculaires dangereux et qu&#8217;ils privent donc d&#8217;adr\u00e9naline un patient souffrant d&#8217;une r\u00e9action allergique est g\u00e9n\u00e9ralement infond\u00e9e. En effet, l&#8217;administration d&#8217;adr\u00e9naline par voie intraveineuse peut \u00eatre dangereuse, c&#8217;est pourquoi, en cas d&#8217;administration intraveineuse, l&#8217;adr\u00e9naline doit \u00eatre dilu\u00e9e au 1\/9 avec du NaCl 0,9% et inject\u00e9e lentement sous contr\u00f4le, si possible sous surveillance ECG. Les effets secondaires de l&#8217;adr\u00e9naline, tels que les frissons, les tremblements, les palpitations, l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 et les vertiges, sont fr\u00e9quents mais de courte dur\u00e9e, mais peuvent \u00eatre source d&#8217;incertitude pour l&#8217;\u00e9quipe soignante. Des effets ind\u00e9sirables graves ou fatals, g\u00e9n\u00e9ralement des troubles du rythme complexes, ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s dans des cas isol\u00e9s, surtout apr\u00e8s l&#8217;administration i.v. et en bolus de plus de 2,5 mg d&#8217;adr\u00e9naline.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1175 lazyload\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/Unbenannt-2.jpg-1235d8_562.jpg\" width=\"1100\" height=\"727\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/Unbenannt-2.jpg-1235d8_562.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/Unbenannt-2.jpg-1235d8_562-800x529.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/Unbenannt-2.jpg-1235d8_562-120x79.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/Unbenannt-2.jpg-1235d8_562-90x59.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/Unbenannt-2.jpg-1235d8_562-320x211.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/Unbenannt-2.jpg-1235d8_562-560x370.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/727;\" \/><\/p>\n<h2 id=\"mesures-therapeutiques-supplementaires-tableau-3\">Mesures th\u00e9rapeutiques suppl\u00e9mentaires (tableau 3)<\/h2>\n<p>Les patients pr\u00e9sentant une pression art\u00e9rielle basse ou non mesurable, respectivement un choc, doivent \u00eatre plac\u00e9s en position de Trendelenburg et, selon la situation (en cas de risque de vomissement, de perte de connaissance), en position lat\u00e9rale de s\u00e9curit\u00e9 [10, 11]. Comme de grands volumes de liquide quittent le compartiment vasculaire central au cours d&#8217;une r\u00e9action allergique grave, un acc\u00e8s veineux doit \u00eatre mis en place le plus rapidement possible afin d&#8217;apporter du volume. La perte de volume dans les tissus peut atteindre 35% en 10 minutes [12]. Peu importe que l&#8217;on utilise des cristallo\u00efdes, de l&#8217;HES (hydroxy-\u00e9thylamidon) ou des solutions d&#8217;\u00e9lectrolytes ; l&#8217;HES a l&#8217;avantage de rester plus longtemps intravasculaire que les solutions d&#8217;\u00e9lectrolytes [10, 11].<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1176 lazyload\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/Ersti.jpg-1a3f6d_563.jpg\" width=\"1100\" height=\"558\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/Ersti.jpg-1a3f6d_563.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/Ersti.jpg-1a3f6d_563-800x406.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/Ersti.jpg-1a3f6d_563-120x61.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/Ersti.jpg-1a3f6d_563-90x46.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/Ersti.jpg-1a3f6d_563-320x162.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/Ersti.jpg-1a3f6d_563-560x284.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/558;\" \/><\/p>\n<p>Un antihistaminique doit \u00eatre administr\u00e9 apr\u00e8s l&#8217;injection intramusculaire d&#8217;adr\u00e9naline et apr\u00e8s la mise en place d&#8217;une voie veineuse avec perfusion en cours. Le m\u00e9dicament le plus fr\u00e9quemment disponible par voie intraveineuse est la cl\u00e9mastine. Il est important que la cl\u00e9mastine soit administr\u00e9e lentement par voie intraveineuse, car l&#8217;administration rapide en bolus entra\u00eene presque obligatoirement une chute de la pression art\u00e9rielle. Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;un effet allergique, mais d&#8217;un effet pharmacologique. Ce n&#8217;est qu&#8217;ensuite que les corticost\u00e9ro\u00efdes doivent \u00eatre administr\u00e9s par voie intraveineuse ou, plus tard, lorsque le patient aura r\u00e9cup\u00e9r\u00e9, par voie orale.<\/p>\n<p>Comme indiqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, les corticost\u00e9ro\u00efdes ne sont pas des m\u00e9dicaments de premi\u00e8re ligne en cas de r\u00e9action allergique g\u00e9n\u00e9rale. Les corticost\u00e9ro\u00efdes ont peu d&#8217;effet sur la r\u00e9action imm\u00e9diate, c&#8217;est-\u00e0-dire sur les m\u00e9diateurs et les cytokines lib\u00e9r\u00e9s par l&#8217;activation des mastocytes et des basophiles, mais ils ont une influence sur les r\u00e9actions tardives (par exemple, le recrutement des \u00e9osinophiles ou des lymphocytes). Les corticost\u00e9ro\u00efdes, associ\u00e9s \u00e0 des bronchodilatateurs, sont surtout efficaces dans le traitement du bronchospasme ou de l&#8217;asthme. Dans le traitement aigu, 1 \u00e0 2 mg par kg de poids corporel suffisent.<\/p>\n<p>Les bloqueurs des r\u00e9cepteurs H2 (par exemple la ranitidine) ne doivent \u00eatre administr\u00e9s qu&#8217;en association avec un antihistaminique (bloqueur des r\u00e9cepteurs H1). Il n&#8217;est pas totalement exclu que l&#8217;administration d&#8217;un bloqueur des r\u00e9cepteurs H2 seul puisse entra\u00eener une bradycardie ou une dyspn\u00e9e [10].<\/p>\n<h2 id=\"adrenaline-inhalable\">Adr\u00e9naline inhalable ?<\/h2>\n<p>En cas de sympt\u00f4mes asthmatiques ou de bronchospasme, le salbutamol peut \u00eatre administr\u00e9 sous forme de n\u00e9bulisation ou via une chambre d&#8217;inhalation. Il est important que la dose soit suffisamment \u00e9lev\u00e9e et que l&#8217;inhalation soit r\u00e9p\u00e9t\u00e9e en cas d&#8217;\u00e9chec. Dans plusieurs centres d&#8217;urgence, quel que soit l&#8217;\u00e2ge ou le poids, on utilise de l&#8217;adr\u00e9naline 1:1000 par inhalation en cas de r\u00e9action allergique grave, en administrant jusqu&#8217;\u00e0 5 ampoules d&#8217;adr\u00e9naline pure par inhalation [11]. Toute administration d&#8217;adr\u00e9naline par inhalation ne doit cependant se faire qu&#8217;en pr\u00e9sence d&#8217;un m\u00e9decin (\u2192arythmies cardiaques). Les inhalateurs commerciaux contenant de l&#8217;adr\u00e9naline, qui \u00e9taient encore disponibles r\u00e9cemment, ne le sont plus depuis le 1er janvier 2012.<\/p>\n<h2 id=\"procedure-apres-le-traitement-aigu\">Proc\u00e9dure apr\u00e8s le traitement aigu<\/h2>\n<p>En fonction de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 <strong>(tableau 2)<\/strong> et de l&#8217;\u00e9volution de la r\u00e9action allergique et de la r\u00e9ponse au traitement, le patient doit \u00eatre hospitalis\u00e9 et surveill\u00e9 apr\u00e8s le traitement initial. Les comorbidit\u00e9s (par ex. BPCO, maladies cardiovasculaires) jouent un r\u00f4le d\u00e9terminant. Des s\u00e9quences biphasiques ou prolong\u00e9es sont parfois observ\u00e9es, en particulier chez l&#8217;adulte, mais sont plus rares chez l&#8217;enfant [10, 11]. Il est possible qu&#8217;une partie de ces \u00e9volutions soit la cons\u00e9quence d&#8217;un traitement primaire insuffisant. Chez les patients sous traitement b\u00eatabloquant, il faut s&#8217;attendre \u00e0 une \u00e9volution prolong\u00e9e avec une r\u00e9cup\u00e9ration lente, en raison du blocage des r\u00e9cepteurs b\u00eatas avec une r\u00e9ponse insuffisante \u00e0 l&#8217;adr\u00e9naline. M\u00eame si tous les patients ne doivent pas \u00eatre surveill\u00e9s pendant 24 heures, il faut au moins s&#8217;assurer que la symptomatologie est clairement r\u00e9gressive.<\/p>\n<h2 id=\"distribution-et-instruction-de-medicaments-durgence\">Distribution et instruction de&nbsp;M\u00e9dicaments d&#8217;urgence<\/h2>\n<p>Tout patient pr\u00e9sentant une r\u00e9action g\u00e9n\u00e9rale doit \u00eatre \u00e9quip\u00e9 de m\u00e9dicaments d&#8217;urgence, quelle que soit la gravit\u00e9 et quel que soit l&#8217;agent d\u00e9clencheur [10, 11]. Le patient doit \u00eatre inform\u00e9 sur l&#8217;utilisation des m\u00e9dicaments d&#8217;urgence et doit \u00eatre instruit sur l&#8217;utilisation de l&#8217;auto-injecteur d&#8217;adr\u00e9naline lors de la d\u00e9livrance ou m\u00eame de la prescription. Outre l&#8217;auto-injecteur d&#8217;adr\u00e9naline, la trousse d&#8217;urgence se compose d&#8217;un antihistaminique (p. ex. 2 comprim\u00e9s de c\u00e9tirizine ou de l\u00e9voc\u00e9tirizine), associ\u00e9 \u00e0 un corticost\u00e9ro\u00efde (p. ex. prednisone 50 mg 2 comprim\u00e9s). Chez les jeunes enfants, les antihistaminiques peuvent \u00eatre prescrits sous forme de gouttes (p. ex. c\u00e9tirizine 0,25 mg\/kg PC) ou de sirop, associ\u00e9s \u00e0 des comprim\u00e9s hydrosolubles de Betnesol.<\/p>\n<h2 id=\"bilan-allergologique\">Bilan allergologique<\/h2>\n<p>Une enqu\u00eate allergologique pr\u00e9cise permet d&#8217;\u00e9lucider plus de 90% des anaphylaxies [11]. Diff\u00e9rents travaux ont mis en \u00e9vidence un risque non n\u00e9gligeable de rechute pouvant aller jusqu&#8217;\u00e0 40% en cas d&#8217;incident allergique grave, le risque de r\u00e9cidive \u00e9tant tr\u00e8s souvent \u00e9lev\u00e9, en particulier chez les patients allergiques au venin d&#8217;insecte [4, 7]. C&#8217;est pourquoi tout patient pr\u00e9sentant une r\u00e9action allergique g\u00e9n\u00e9rale, m\u00eame suspect\u00e9e, doit \u00eatre adress\u00e9 \u00e0 un allergologue afin que, outre l&#8217;identification de la cause, la personne concern\u00e9e puisse \u00eatre instruite sur les mesures comportementales essentielles (par exemple, en cas d&#8217;allergie m\u00e9dicamenteuse, connaissance des m\u00e9dicaments alternatifs). En cas d&#8217;allergie au venin d&#8217;hym\u00e9nopt\u00e8re, l&#8217;immunoth\u00e9rapie sp\u00e9cifique permet d&#8217;obtenir un excellent effet th\u00e9rapeutique [13]. Bien que le moment optimal pour une \u00e9valuation allergologique n&#8217;ait jamais \u00e9t\u00e9 d\u00e9fini avec pr\u00e9cision, il est recommand\u00e9 de proc\u00e9der \u00e0 une \u00e9valuation au plus t\u00f4t trois semaines apr\u00e8s un \u00e9v\u00e9nement aigu et grave, mais si possible dans les six mois. Selon la cause, une carte d&#8217;urgence contenant les informations br\u00e8ves n\u00e9cessaires est remise au patient.<\/p>\n<h4 id=\"conclusion-pour-la-pratique\"><strong>CONCLUSION POUR LA PRATIQUE<\/strong><\/h4>\n<ul>\n<li>L&#8217;anaphylaxie est une r\u00e9action g\u00e9n\u00e9rale d&#8217;apparition rapide qui met en jeu le pronostic vital et n\u00e9cessite une intervention th\u00e9rapeutique rapide.<\/li>\n<li>Que la r\u00e9action soit d&#8217;origine immunologique ou non, l&#8217;adr\u00e9naline est le m\u00e9dicament le plus important en cas de suspicion d&#8217;anaphylaxie et doit \u00eatre administr\u00e9e le plus rapidement possible par voie intramusculaire (adultes 0,3-0,5 mg, enfants 0,01 mg par kg de poids corporel).<\/li>\n<li>Apr\u00e8s une r\u00e9action g\u00e9n\u00e9rale &#8220;allergique&#8221;, tous les patients devraient \u00eatre \u00e9quip\u00e9s de m\u00e9dicaments d&#8217;urgence (y compris un auto-injecteur d&#8217;adr\u00e9naline et des instructions sur son utilisation) et d&#8217;une carte d&#8217;urgence, et devraient \u00eatre adress\u00e9s \u00e0 un allergologue si possible dans les six mois.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Pr Dr. med. Arthur Helbling<br \/>\nDr. med. Michael Fricker<\/strong><\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Scherer K, Helbling A, Bircher AJ : Curriculum : Anaphylaxie &#8211; Clinique, d\u00e9clencheurs et facteurs aggravants. Forum Med Suisse 2011 ; 11(25) : 403-433.<\/li>\n<li>Liebermann P, Camargo Jr. CA, Bohlke K, Jick H, Miller RL, Sheikh A, Simons FER : Epidemiology of anaphylaxis : findings of the American College of Allergy, Asthma and Immunology Epidemiology of Anaphylaxis Working Group. Ann Allergy Asthma Immunol 2006 ; 97 : 596-602.&nbsp;&nbsp;<\/li>\n<li>Hompes S, Kirschbaum J, Scherer K, Treudler R, Przybilla B, Henzgen M, Worm M : Premi\u00e8res donn\u00e9es de la phase pilote du registre des anaphylaxies dans les pays germanophones. Allergo J 2008 ; 17 : 550-555.<\/li>\n<li>Rohrer C, Pichler WJ, Helbling A : Anaphylaxie : clinique, \u00e9tiologie et \u00e9volution chez 118 patients. Schweiz Med Wschr 1998 ; 128 : 53-63.<\/li>\n<li>Clark S, Bock SA, Gaeta TJ, Brenner BE, Cydulka RK, Camargo CA : \u00c9tude multicentrique des visites dans les services d&#8217;urgence pour les allergies alimentaires. J Allergy Clin Immunol 2004 ; 113 : 347-352.<\/li>\n<li>Clark S, Long AA, Gaeta TJ, Camargo CA : \u00c9tude multicentrique des visites dans les services d&#8217;urgence pour les allergies aux piq\u00fbres d&#8217;insectes. J Allergy Clin Immunol 2005 ; 116 : 643-649.<\/li>\n<li>Helbling A, M\u00fcller U, Hausmann O : Anaphylaxie &#8211; r\u00e9alit\u00e9 dans le traitement aigu et les mesures pr\u00e9ventives. Analyse de 54 patients d&#8217;un h\u00f4pital sp\u00e9cialis\u00e9 en ville. Allergologie 2009 ; 32 : 358-364.<\/li>\n<li>Kemp SF, Lockey RD, Simons FER, et al : Epinephrine : le m\u00e9dicament de choix pour l&#8217;anaphylaxie. Une d\u00e9claration de l&#8217;Organisation mondiale des allergies. Allergy 2008 ; 63 : 1061-1070.<\/li>\n<li>Alrasbi M, Sheikh A : Comparaison des lignes directrices internationales concernant la prise en charge m\u00e9dicale d&#8217;urgence de l&#8217;anaphylaxie. Allergy 2007 ; 62 : 838-841.<\/li>\n<li>Ring J, Brockow K, Duda D, Eschenhagen T, Fuchs T, Huttegger I, et al. : Traitement aigu des r\u00e9actions anaphylactiques. Lignes directrices de la Soci\u00e9t\u00e9 allemande d&#8217;allergologie et d&#8217;immunologie clinique (DGAKI), de l&#8217;Association m\u00e9dicale des allergologues allemands (\u00c4DA), de la Soci\u00e9t\u00e9 d&#8217;allergologie p\u00e9diatrique et de m\u00e9decine environnementale (GPA) et de l&#8217;Acad\u00e9mie allemande d&#8217;allergologie et de m\u00e9decine environnementale (DAAU). Allergo J 2007 ; 16 : 420-434.<\/li>\n<li>Helbling A, Fricker M, Eigenmann P, Bircher A, M\u00fcllner G, K\u00f6hli-Wiesner A, Schmid-Grendelmeier P, Spertini F, Pichler W : Traitement d&#8217;urgence du choc allergique. Forum Med Suisse 2011 ; 11(12) : 206-212.<\/li>\n<li>Fisher MM : Observations cliniques sur la physiopathologie et le traitement du collapsus cardiovasculaire anaphylactique. Anaest Intensive Care 1986 ; 14 : 17-21.<\/li>\n<li>Hausmann O, Jandus P, Haeberli G, M\u00fcller UR, Helbling A : Allergie aux venins d&#8217;insectes &#8211; les principaux d\u00e9clencheurs sont les piq\u00fbres de gu\u00eapes et d&#8217;abeilles. Aper\u00e7u de la clinique, du diagnostic, du traitement et du pronostic. Forum Med Suisse 2010 ; 10(41) : 698-704.<\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est impossible de pr\u00e9voir le d\u00e9roulement d&#8217;une r\u00e9action allergique. 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