{"id":361721,"date":"2023-07-07T00:01:00","date_gmt":"2023-07-06T22:01:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/?p=361721"},"modified":"2023-07-03T21:40:45","modified_gmt":"2023-07-03T19:40:45","slug":"place-actuelle-dans-la-pratique-clinique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/place-actuelle-dans-la-pratique-clinique\/","title":{"rendered":"Place actuelle dans la pratique clinique"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Il existe des preuves de niveau 1 de l&#8217;utilit\u00e9 des BT suppl\u00e9mentaires pour les cancers de l&#8217;endom\u00e8tre, du col de l&#8217;ut\u00e9rus et du sein. Elle fait par exemple partie int\u00e9grante du concept th\u00e9rapeutique du cancer de l&#8217;endom\u00e8tre du groupe de risque interm\u00e9diaire \u00e0 \u00e9lev\u00e9 ainsi que de la radio\/chimioth\u00e9rapie d\u00e9finitive du cancer du col de l&#8217;ut\u00e9rus. Mais elle peut \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9e dans de nombreuses autres indications pour la pr\u00e9servation des organes en cas de r\u00e9cidive ou pour les soins palliatifs.<\/strong><\/p>\n\n<!--more-->\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des donn\u00e9es randomis\u00e9es sur les b\u00e9n\u00e9fices de la curieth\u00e9rapie (BT) sont disponibles pour de nombreuses localisations tumorales. En termes de fr\u00e9quence d&#8217;utilisation, trois indications importantes peuvent toutefois \u00eatre mises en \u00e9vidence en Suisse, pour lesquelles il existe des preuves de niveau 1 non seulement en termes d&#8217;am\u00e9lioration du contr\u00f4le local, mais aussi de la survie globale et de la qualit\u00e9 de vie <strong>(tableau 1)<\/strong>. Apr\u00e8s avoir pr\u00e9sent\u00e9 les principes de base de la curieth\u00e9rapie dans la premi\u00e8re partie de cet article de synth\u00e8se, cette deuxi\u00e8me partie aborde l&#8217;utilisation clinique des formes de BT les plus courantes. Dans le cas du cancer de la prostate, par exemple, comme dose de saturation en cas de profil de risque interm\u00e9diaire ou \u00e9lev\u00e9, il existe \u00e9galement de nombreuses \u00e9tudes randomis\u00e9es positives, ce qui soutient son utilisation r\u00e9guli\u00e8re au niveau international. Dans de nombreuses autres entit\u00e9s (comme les tumeurs ORL, les cancers de l&#8217;\u0153sophage, de l&#8217;anus et du rectum), la BT peut \u00eatre utilis\u00e9e, en particulier dans le but de pr\u00e9server l&#8217;organe ou de le pallier, en se basant le plus souvent sur des \u00e9tudes prospectives de petite taille, mais majoritairement r\u00e9trospectives.<\/p>\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><a href=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/tab1_OH3_s7.png\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/tab1_OH3_s7-1160x749.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-361563\" width=\"580\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/tab1_OH3_s7-1160x749.png 1160w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/tab1_OH3_s7-800x517.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/tab1_OH3_s7-2048x1323.png 2048w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/tab1_OH3_s7-120x78.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/tab1_OH3_s7-90x58.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/tab1_OH3_s7-320x207.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/tab1_OH3_s7-560x362.png 560w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/tab1_OH3_s7-1920x1240.png 1920w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/tab1_OH3_s7-240x155.png 240w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/tab1_OH3_s7-180x116.png 180w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/tab1_OH3_s7-640x413.png 640w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/tab1_OH3_s7-1120x723.png 1120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/tab1_OH3_s7-1600x1034.png 1600w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/tab1_OH3_s7.png 2175w\" sizes=\"(max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n<h3 id=\"cancer-de-lendometre\" class=\"wp-block-heading\">Cancer de l&#8217;endom\u00e8tre<\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Indication et donn\u00e9es :<\/strong> La chirurgie sous forme d&#8217;hyst\u00e9rectomie avec annexectomie, avec ou sans staging chirurgical des ganglions lymphatiques, constitue le traitement de choix du cancer de l&#8217;endom\u00e8tre (CE). Le recours aux options th\u00e9rapeutiques adjuvantes d\u00e9pend du profil de risque postop\u00e9ratoire et consiste en une BT vaginale par cylindre vaginal (VZ) avec ou sans radioth\u00e9rapie pelvienne percutan\u00e9e <em>(External-beam radiotherapy, <\/em>EBRT) et en une chimioth\u00e9rapie adjuvante. La stratification classique du risque de CE, purement clinique et histopathologique, bas\u00e9e sur la profondeur d&#8217;infiltration de la tumeur dans le myom\u00e8tre (stade pT), le degr\u00e9 de diff\u00e9renciation de la tumeur (G1-G3) et le sous-type histologique (endom\u00e9trio\u00efde vs non-endom\u00e9trio\u00efde) a \u00e9t\u00e9 \u00e9tendue \u00e0 la classification mol\u00e9culaire, qui est d\u00e9sormais int\u00e9gr\u00e9e dans les lignes directrices actuelles [1,2]. La classification mol\u00e9culaire entra\u00eene un d\u00e9calage vers un profil de risque inf\u00e9rieur ou sup\u00e9rieur par rapport \u00e0 la classification classique, surtout en pr\u00e9sence d&#8217;une mutation POLE (&#8220;ADN polym\u00e9rase epsilon&#8221;) (excellent pronostic) ou d&#8217;une mutation p53 (pire pronostic). Cependant, le r\u00f4le pr\u00e9dictif de la stratification mol\u00e9culaire pour la radioth\u00e9rapie reste en grande partie inexpliqu\u00e9. Les traitements adjuvants r\u00e9duisent le risque de r\u00e9cidive dans le CE et, dans certaines situations, la survie globale ; la contribution individuelle de la radioth\u00e9rapie ou de la chimioth\u00e9rapie ne peut pas \u00eatre clairement indiqu\u00e9e malgr\u00e9 plusieurs grandes \u00e9tudes randomis\u00e9es (d&#8217;autant plus que les d\u00e9finitions des cat\u00e9gories de risque diff\u00e8rent l\u00e9g\u00e8rement dans chaque cas). Il existe un consensus sur l&#8217;indication de la BT adjuvante pour les CE pr\u00e9sentant un profil de risque interm\u00e9diaire ou \u00e9lev\u00e9. De mani\u00e8re plus concr\u00e8te et un peu simplifi\u00e9e, un traitement par VZ devrait donc \u00eatre recommand\u00e9 chez une patiente au stade pr\u00e9coce avec pT1b et\/ou un degr\u00e9 de diff\u00e9renciation bas (G3), \u00e0 partir de tout stade \u2265pT2 ou en pr\u00e9sence d&#8217;une mutation p53 [1,2].  <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans la situation rare des patientes m\u00e9dicalement inop\u00e9rables atteintes de CE, la radioth\u00e9rapie primaire, consistant en une irradiation percutan\u00e9e pelvienne suivie d&#8217;une BT intra-ut\u00e9rine, est une option de traitement offrant une r\u00e9mission compl\u00e8te de longue dur\u00e9e. En cas de r\u00e9cidive locor\u00e9gionale, il est souvent encore possible de recourir \u00e0 une BT interstitielle \u00e0 titre curatif, m\u00eame chez les patientes pr\u00e9alablement irradi\u00e9es. Dans la suite de ce document, nous ne nous int\u00e9resserons toutefois qu&#8217;\u00e0 la mise en \u0153uvre pratique du setting adjuvant, de loin le plus fr\u00e9quent.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Mise en \u0153uvre pratique : <\/strong>La BT intravaginale adjuvante par VZ est propos\u00e9e dans de nombreux centres \u00e0 travers la Suisse. Outre la cicatrice de s\u00e9dimentation, la principale zone de risque postop\u00e9ratoire de r\u00e9cidive locale est la partie sup\u00e9rieure du vagin, raison pour laquelle il est recommand\u00e9 de traiter le tiers ou la moiti\u00e9 proximale du vagin (typiquement 3-5 cm). L&#8217;insertion de l&#8217;applicateur se fait en position de coupe de calcul et est comparable pour la patiente \u00e0 l&#8217;insertion d&#8217;un sp\u00e9culum d&#8217;examen. Le diam\u00e8tre du VZ est choisi en fonction de l&#8217;anatomie individuelle. En fonction de l&#8217;\u00e9paisseur de la paroi vaginale, la dose est g\u00e9n\u00e9ralement dos\u00e9e \u00e0 5 mm de profondeur de tissu et la longueur d&#8217;irradiation est adapt\u00e9e \u00e0 la longueur respective du vagin (Fig. 1). Apr\u00e8s chaque fraction d&#8217;irradiation, qui ne dure que quelques minutes gr\u00e2ce \u00e0 la<em> technique d&#8217;afterloading<\/em>HDR<em> (high-dose rate)<\/em>, le VZ est retir\u00e9. L&#8217;ensemble du traitement dure une demi-heure. Selon qu&#8217;une planification de l&#8217;irradiation assist\u00e9e par imagerie est effectu\u00e9e ou non lors de la pose initiale, la dur\u00e9e totale du traitement peut \u00eatre prolong\u00e9e de 1 \u00e0 2 heures. Le fractionnement de la dose (nombre de s\u00e9ances et montant de la dose individuelle) d\u00e9pend du fait que la BT vaginale est effectu\u00e9e seule ou en combinaison avec une EBRT pelvienne pr\u00e9alable, le processus technique est en revanche le m\u00eame<strong> (tableau 1).<\/strong><\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le profil d&#8217;effets secondaires est favorable, avec tr\u00e8s rarement des effets secondaires aigus ou tardifs cliniquement significatifs. Le principal effet secondaire \u00e0 long terme du raccourcissement et du r\u00e9tr\u00e9cissement vaginaux peut \u00eatre r\u00e9duit ou largement \u00e9vit\u00e9 par l&#8217;utilisation r\u00e9guli\u00e8re de dilatateurs vaginaux et de mesures topiques.<\/p>\n\n<h3 id=\"cancer-du-col-de-luterus\" class=\"wp-block-heading\">Cancer du col de l&#8217;ut\u00e9rus<\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Indication et donn\u00e9es :<\/strong> la radioth\u00e9rapie\/chimioth\u00e9rapie combin\u00e9e d\u00e9finitive (RCT) est la norme internationale pour tout cancer avanc\u00e9 du col de l&#8217;ut\u00e9rus. Elle se compose d&#8217;au moins 5 semaines de radioth\u00e9rapie pelvienne avec chimioth\u00e9rapie concomitante (\u00e0 base de platine) suivie de la BT en tant que dose de saturation (boost) [3,4]. Concr\u00e8tement, dans le cas du cancer du col de l&#8217;ut\u00e9rus, les stades de la tumeur sont consid\u00e9r\u00e9s comme &#8220;avanc\u00e9s&#8221; lorsqu&#8217;ils sont localement \u00e9tendus ou qu&#8217;il y a une atteinte des ganglions lymphatiques. Les cancers du col de l&#8217;ut\u00e9rus localement avanc\u00e9s ont une taille de tumeur &gt;4 cm (cT1b3), un envahissement vaginal \u00e9tendu ou des param\u00e9tries infiltr\u00e9es (\u2265cT2b). La d\u00e9cision th\u00e9rapeutique est limite dans les stades avanc\u00e9s pr\u00e9coces cT1b2 (tumeurs plus petites, 2-4 cm) et cT2a (atteinte vaginale limit\u00e9e). Dans ce cas, la chirurgie peut \u00eatre une bonne alternative \u00e0 la RCT d\u00e9finitive chez les chirurgiens exp\u00e9riment\u00e9s et dans les h\u00f4pitaux centraux [3,4]. L&#8217;association d&#8217;une chirurgie radicale et d&#8217;une radioth\u00e9rapie postop\u00e9ratoire doit \u00eatre \u00e9vit\u00e9e dans la mesure du possible, car elle augmente significativement la morbidit\u00e9 et n&#8217;apporte aucun avantage en termes de survie globale. Cela souligne l&#8217;importance du diagnostic initial afin d&#8217;\u00e9valuer au mieux s&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un stade pr\u00e9coce et si la chirurgie seule est indiqu\u00e9e, ou s&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une tumeur avanc\u00e9e qui doit \u00eatre trait\u00e9e par une RCT d\u00e9finitive. La BT est rarement utilis\u00e9e dans le cadre de la radioth\u00e9rapie postop\u00e9ratoire.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Mise en \u0153uvre pratique : <\/strong>le BT du cancer du col de l&#8217;ut\u00e9rus requiert une expertise accrue et une \u00e9quipe de traitement globale bien rod\u00e9e, raison pour laquelle les patientes sont souvent dirig\u00e9es vers des h\u00f4pitaux centraux \u00e0 cet effet. Plusieurs techniques d&#8217;implantation sont disponibles, les applicateurs commerciaux \u00e9tant utilis\u00e9s en Suisse. Ils se composent de deux \u00e9l\u00e9ments : un stylo intra-ut\u00e9rin qui est ins\u00e9r\u00e9 dans le canal cervical et donc plac\u00e9 en intra-ut\u00e9rin, et un composant endovaginal (un anneau ou deux ovo\u00efdes) qui s&#8217;appuie sur la vulve (voir Figure 2, partie 1 de cet article de synth\u00e8se). En cas de r\u00e9sidu param\u00e9tr\u00e9 et\/ou vaginal \u00e9tendu apr\u00e8s la RCT percutan\u00e9e de plusieurs semaines, des applicateurs interstitiels suppl\u00e9mentaires sont recommand\u00e9s pour une couverture id\u00e9ale de la tumeur. Ces cath\u00e9ters interstitiels peuvent \u00eatre introduits de l&#8217;ext\u00e9rieur en utilisant une disposition de trous sur l&#8217;anneau ins\u00e9r\u00e9, de mani\u00e8re cibl\u00e9e, selon un angle et une distance pr\u00e9d\u00e9finis. Ils p\u00e9n\u00e8trent dans les tissus param\u00e9triques au niveau du fornix vaginal, augmentant ainsi la distribution lat\u00e9rale de la dose d&#8217;environ 2 cm, ce qui permet de traiter \u00e9galement les param\u00e9tries. Lorsque des applicateurs interstitiels sont utilis\u00e9s, on parle de curieth\u00e9rapie combin\u00e9e intra-ut\u00e9rine et interstitielle. La dur\u00e9e totale du traitement (calcul\u00e9e \u00e0 partir du d\u00e9but de la premi\u00e8re radioth\u00e9rapie percutan\u00e9e) devrait \u00eatre de &lt;50 jours [5]. Un sch\u00e9ma de traitement courant pr\u00e9voit 4 fractions de 7 Gy chacune <strong>(tableau 1), <\/strong>la p\u00e9riode pendant laquelle elles sont appliqu\u00e9es d\u00e9pendant \u00e9galement des ressources logistiques de la clinique.  <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Seule la pose de l&#8217;applicateur se fait sous anesth\u00e9sie (anesth\u00e9sie par intubation ou rachianesth\u00e9sie). Pour l&#8217;imagerie, la planification de la radioth\u00e9rapie et la radioth\u00e9rapie qui s&#8217;ensuivent, la patiente est alit\u00e9e avec l&#8217;applicateur. Celui-ci est g\u00e9n\u00e9ralement retir\u00e9 imm\u00e9diatement apr\u00e8s le traitement, pour lequel une analg\u00e9sie de base est souvent suffisante. Au total, une fraction dure une demi-journ\u00e9e ambulatoire.<\/p>\n\n<h3 id=\"cancer-du-sein\" class=\"wp-block-heading\">Cancer du sein<\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Indication et donn\u00e9es :<\/strong> Le r\u00f4le de la RT adjuvante dans le cancer du sein a pris de l&#8217;importance en raison de l&#8217;utilisation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de la chirurgie conservatrice du sein. Dans le cas du cancer du sein, la BT interstitielle est propos\u00e9e (1) en tant qu&#8217;irradiation partielle du sein seule en postop\u00e9ratoire, (2) en tant que saturation de dose locale du lit tumoral en association avec la radioth\u00e9rapie percutan\u00e9e ou (3) en situation de r\u00e9cidive chez les patientes pr\u00e9alablement irradi\u00e9es.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&#8217;irradiation partielle du sein (PBI, partial breast irradiation) seule, comme alternative \u00e0 la r\u00e9-irradiation du sein entier, est une strat\u00e9gie de d\u00e9sescalade \u00e9tablie dans le cancer du sein pr\u00e9coce avec un faible risque de r\u00e9cidive apr\u00e8s une ex\u00e9r\u00e8se compl\u00e8te de la tumeur. Le volume d&#8217;irradiation est alors r\u00e9duit au lit tumoral \u00e9largi, ce qui permet d&#8217;obtenir un profil de toxicit\u00e9 plus favorable avec une meilleure qualit\u00e9 de vie et une non-inf\u00e9riorit\u00e9 en termes de contr\u00f4le local ou de survie globale [6]. Des donn\u00e9es prospectives avec parfois de bons r\u00e9sultats sont d\u00e9sormais disponibles pour d&#8217;autres techniques de PBI (par ex. aussi pour le traitement par irradiation unique perop\u00e9ratoire ou la PBI percutan\u00e9e), mais les meilleures preuves avec la dur\u00e9e de suivi la plus longue sont consid\u00e9r\u00e9es pour la BT interstitielle d\u00e9crite ici [6,7].  <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le volume d&#8217;irradiation et la technique utilis\u00e9e pour le BT-Boost interstitiel correspondent g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 ceux de l&#8217;irradiation partielle du sein. Mais \u00e0 la diff\u00e9rence de cette derni\u00e8re, le BT-Boost est utilis\u00e9 en combinaison avec l&#8217;irradiation percutan\u00e9e du sein entier, et repr\u00e9sente donc g\u00e9n\u00e9ralement une forme d&#8217;escalade th\u00e9rapeutique souhait\u00e9e dans les situations \u00e0 haut risque. L&#8217;avantage oncologique du boost BT par rapport aux autres formes de saturation de dose n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 clairement d\u00e9montr\u00e9 dans la comparaison directe prospective [8]. Ind\u00e9pendamment de la technique de radioth\u00e9rapie, le boost dans le cancer du sein obtient une r\u00e9duction du taux de r\u00e9cidive locale (en particulier chez les patientes jeunes) sans influence sur la survie globale.  <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En situation de r\u00e9cidive, la BT interstitielle peut \u00eatre propos\u00e9e en compl\u00e9ment d&#8217;une nouvelle approche de conservation du sein. Des \u00e9valuations r\u00e9trospectives de plus grande envergure ont permis d&#8217;obtenir des r\u00e9sultats oncologiques au moins \u00e9quivalents \u00e0 ceux d&#8217;une mastectomie de sauvetage, avec une bonne tol\u00e9rance.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Mise en \u0153uvre pratique :<\/strong> les \u00e9tapes de la technique d&#8217;implantation et de la planification de l&#8217;irradiation sont d\u00e9taill\u00e9es dans des lignes directrices \u00e0 des fins de standardisation [9,10]. Les applicateurs pour le BT multicath\u00e9ter peuvent \u00eatre plac\u00e9s pendant ou m\u00eame apr\u00e8s l&#8217;op\u00e9ration (sous anesth\u00e9sie g\u00e9n\u00e9rale ou locale). Des aiguilles-guides sont introduites dans le lit tumoral du sein op\u00e9r\u00e9, guid\u00e9es par l&#8217;image, \u00e0 intervalles r\u00e9guliers et parall\u00e8les, sur 2 \u00e0 4 plans, \u00e0 l&#8217;aide de &#8220;templates&#8221; (gabarits en plastique avec une disposition pr\u00e9\u00e9tablie des trous). Des cath\u00e9ters en plastique sont ensuite pass\u00e9s \u00e0 travers les aiguilles-guides creuses et les aiguilles rigides sont retir\u00e9es. Des boutons situ\u00e9s \u00e0 chaque point de sortie de la peau garantissent que les applicateurs ne se d\u00e9placent pas pendant la dur\u00e9e du traitement. Le volume cible \u00e0 irradier est d\u00e9fini comme une marge de 2 cm autour du lit tumoral direct, qui est localis\u00e9 en tenant compte de l&#8217;imagerie pr\u00e9op\u00e9ratoire, de la cicatrice chirurgicale et des clips chirurgicaux. La paroi thoracique et la peau sont exclues du volume cible. L&#8217;irradiation qui s&#8217;ensuit se d\u00e9roule sur quelques jours, avec classiquement deux fractions d&#8217;irradiation par jour.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les effets secondaires p\u00e9ri-interventionnels sont rarement des infections, des saignements ou des douleurs. Dans la phase aigu\u00eb, la PBI avec BT entra\u00eene moins de r\u00e9actions cutan\u00e9es que l&#8217;irradiation percutan\u00e9e du sein entier, et m\u00eame dans le suivi prolong\u00e9 apr\u00e8s &gt;10 ans, la tol\u00e9rance \u00e0 la BT est favorable, avec une r\u00e9duction de la fr\u00e9quence de la fibrose mammaire grave [6].<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><a href=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/abb1_OH3_s8.jpg\"><img decoding=\"async\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/abb1_OH3_s8-1160x861.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-361566 lazyload\" width=\"580\" height=\"431\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/abb1_OH3_s8-1160x861.jpg 1160w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/abb1_OH3_s8-800x594.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/abb1_OH3_s8-120x90.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/abb1_OH3_s8-90x68.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/abb1_OH3_s8-320x237.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/abb1_OH3_s8-560x416.jpg 560w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/abb1_OH3_s8-240x178.jpg 240w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/abb1_OH3_s8-180x134.jpg 180w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/abb1_OH3_s8-640x475.jpg 640w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/abb1_OH3_s8-1120x831.jpg 1120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/abb1_OH3_s8.jpg 1318w\" data-sizes=\"(max-width: 580px) 100vw, 580px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 580px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 580\/431;\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour chacune des indications de RT r\u00e9pertori\u00e9es, il existe des alternatives de traitement non invasives pour le cancer du sein. L&#8217;avantage dosim\u00e9trique de la BT avec pr\u00e9servation des tissus environnants (peau, c\u0153ur et poumons) est clair et corr\u00e9l\u00e9 \u00e0 un taux d&#8217;effets secondaires tardifs plus faible et \u00e0 une meilleure cosm\u00e9tique chez de nombreuses patientes, comme cela a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9. De plus, la dose d&#8217;irradiation plus \u00e9lev\u00e9e par fraction, rendue possible par le gradient de dose abrupt, permet une dur\u00e9e totale de traitement logistiquement favorable de moins d&#8217;une semaine <strong>(fig. 1). <\/strong>Le caract\u00e8re peu invasif de la BT doit \u00eatre mis en balance avec ces avantages et doit \u00eatre discut\u00e9 avec la patiente si le profil de risque est donn\u00e9.  <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Messages Take-Home<\/strong><\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Il existe des preuves de niveau 1 de l&#8217;utilit\u00e9 des BT suppl\u00e9mentaires pour les cancers de l&#8217;endom\u00e8tre, du col de l&#8217;ut\u00e9rus et du sein.  <\/li>\n\n\n\n<li>L&#8217;irradiation partielle du sein avec BT interstitielle devrait \u00eatre propos\u00e9e aux patientes \u00e0 faible risque apr\u00e8s une chirurgie conservatrice du sein, car elle permet de r\u00e9duire les effets secondaires radiog\u00e9niques sur la peau, les poumons et le c\u0153ur.<\/li>\n\n\n\n<li>La BT fait partie int\u00e9grante du concept th\u00e9rapeutique du cancer de l&#8217;endom\u00e8tre du groupe de risque interm\u00e9diaire \u00e0 \u00e9lev\u00e9 ainsi que de la radio\/chimioth\u00e9rapie d\u00e9finitive du cancer du col de l&#8217;ut\u00e9rus.<\/li>\n\n\n\n<li>Dans de nombreuses autres indications, la BT peut \u00eatre utilis\u00e9e \u00e0 des fins de pr\u00e9servation d&#8217;organes en situation de r\u00e9cidive ou de palliation.<\/li>\n<\/ul>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Litt\u00e9rature :<\/p>\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Concin N, Matias-Guiu X, Vergote I, et al.: ESGO\/ESTRO\/ESP guide\u00adlines for the management of patients with endometrial carcinoma. Int J Gynecol Cancer 2021; 31(1): 12\u201339.<\/li>\n\n\n\n<li>Harkenrider MM, Abu-Rustum N, Albuquerque K, et al.: Radiation Therapy for Endometrial Cancer: An American Society for Radiation Oncology Clinical Practice Guideline. Pract Radiat Oncol 2023; 13(1): 41\u201366.<\/li>\n\n\n\n<li>Cibula D, P\u00f6tter R, Planchamp F, et al.: The European Society of Gynaecological Oncology\/European Society for Radiotherapy and Oncology\/European Society of Pathology Guidelines for the Management of Patients With Cervical Cancer. Int J Gynecol Cancer 2018; 28(4): 641\u2013655.<\/li>\n\n\n\n<li>Chino J, Annunziata CM, Beriwal S, et al.: Radiation Therapy for Cervical Cancer: Executive Summary of an ASTRO Clinical Practice Guideline. Pract Radiat Oncol 2020; 10(4): 220\u2013234.<\/li>\n\n\n\n<li> P\u00f6tter R, Tanderup K, Schmid MP, et al.: MRI-guided adaptive brachytherapy in locally advanced cervical cancer (EMBRACE-I): a multicentre prospective cohort study. Lancet Oncol 2021; 22(4): 538\u2013547.<\/li>\n\n\n\n<li>Strnad V, Polg\u00e1r C, Ott OJ, et al.: Accelerated partial breast irradiation using sole interstitial multicatheter brachytherapy compared with whole-breast irradiation with boost for early breast cancer: 10-year results of a GEC-ESTRO randomised, phase 3, non-inferiority trial. Lancet Oncol 2023; 24(3): 262\u2013272.<\/li>\n\n\n\n<li>Offersen BV, Alsner J, Nielsen HM, et al.: Partial Breast Irradiation Versus Whole Breast Irradiation for Early Breast Cancer Patients in a Randomized Phase III Trial: The Danish Breast Cancer Group Partial Breast Irradiation Trial J Clin Oncol. 2022; 40(36): 4189\u20134197.<\/li>\n\n\n\n<li>Poortmans P, Bartelink H, Horiot JC, et al.: The influence of the boost technique on local control in breast conserving treatment in the EORTC \u201cboost versus no boost\u201d randomised trial. Radiother Oncol 2004; 72(1): 25\u201333.<\/li>\n\n\n\n<li>Strnad V, Hannoun-Levi J-M, Guinot J-L, et al.: Recommendations from GEC ESTRO Breast Cancer Working Group (I): Target definition and target delineation for accelerated or boost Partial Breast Irradiation using multicatheter interstitial brachytherapy after breast conserving closed cavity surgery. Radiother Oncol 2015; 115(3): 342\u2013348.<\/li>\n\n\n\n<li>Strnad V, Major T, Polgar C, et al.: ESTRO-ACROP guideline: Interstitial multi-catheter breast brachytherapy as Accelerated Partial Breast Irradiation alone or as boost \u2013 GEC-ESTRO Breast Cancer Working Group practical recommendations. Radiother Oncol 2018; 128(3): 411\u2013420.<\/li>\n<\/ol>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\"><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c4MATOLOGIE 2023; 11(3): 6\u20139<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il existe des preuves de niveau 1 de l&#8217;utilit\u00e9 des BT suppl\u00e9mentaires pour les cancers de l&#8217;endom\u00e8tre, du col de l&#8217;ut\u00e9rus et du sein. 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