{"id":364517,"date":"2023-09-14T21:54:13","date_gmt":"2023-09-14T19:54:13","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/?p=364517"},"modified":"2023-10-24T23:36:18","modified_gmt":"2023-10-24T21:36:18","slug":"un-probleme-longtemps-sous-estime-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/un-probleme-longtemps-sous-estime-4\/","title":{"rendered":"Un probl\u00e8me longtemps sous-estim\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Bien que la malnutrition soit un probl\u00e8me consid\u00e9rable dans la pratique clinique quotidienne, en particulier chez les personnes \u00e2g\u00e9es, elle n&#8217;est souvent pas reconnue et encore moins trait\u00e9e. La malnutrition a un impact d\u00e9cisif sur la mobilit\u00e9, l&#8217;autonomie et la cognition des patients g\u00e9riatriques. Il s&#8217;agit ici d&#8217;\u00eatre attentif.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Bien que la malnutrition soit un probl\u00e8me consid\u00e9rable dans la pratique clinique quotidienne, en particulier chez les personnes \u00e2g\u00e9es, elle n&#8217;est souvent pas reconnue et encore moins trait\u00e9e. Selon les \u00e9tudes, on estime que dans les pays germanophones, 17 \u00e0 30 % des patients g\u00e9riatriques pr\u00e9sentent une d\u00e9nutrition et 38 \u00e0 65 % au moins un risque de d\u00e9nutrition, mais elle n&#8217;est reconnue comme telle que dans un tiers des cas environ et seule une partie d&#8217;entre eux b\u00e9n\u00e9ficie d&#8217;un traitement cibl\u00e9 [1].  <\/p>\n\n\n\n\n\n<p>La prise de conscience de l&#8217;importance de la malnutrition a toutefois augment\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es, d&#8217;une part en raison de l&#8217;\u00e9volution d\u00e9mographique avec une augmentation correspondante du nombre de cas g\u00e9riatriques dans les h\u00f4pitaux, d&#8217;autre part en raison d&#8217;une sensibilisation accrue concernant les liens entre la malnutrition, la mortalit\u00e9 et les complications graves, en particulier chez les patients hospitalis\u00e9s. C&#8217;est pourquoi le recensement des personnes concern\u00e9es et l&#8217;optimisation de leur \u00e9tat nutritionnel rev\u00eatent une grande importance. La malnutrition a \u00e9galement un impact d\u00e9cisif sur la mobilit\u00e9, l&#8217;autonomie et la cognition des patients g\u00e9riatriques.<\/p>\n\n\n\n<h3 id=\"la-malnutrition-un-syndrome-geriatrique\" class=\"wp-block-heading\">La malnutrition \u2013 un syndrome g\u00e9riatrique<\/h3>\n\n\n\n<p>Il existe un lien \u00e9troit entre la malnutrition, d&#8217;une part, et d&#8217;autres syndromes g\u00e9riatriques tels que la sarcop\u00e9nie (diminution physiologique de la musculature avec l&#8217;\u00e2ge), la restriction cognitive, les troubles de la marche et de l&#8217;\u00e9quilibre, la polypharmacie ou la frailty (fragilit\u00e9), d&#8217;autre part. Ces syndromes s&#8217;influencent mutuellement et, s&#8217;ils ne sont pas trait\u00e9s, ils entra\u00eenent une spirale n\u00e9gative. Par exemple, en cas de malnutrition, il y a de fortes chances que l&#8217;atrophie musculaire soit particuli\u00e8rement prononc\u00e9e et qu&#8217;il y ait donc un risque accru de chute. Les chutes peuvent \u00e0 leur tour aggraver la malnutrition en raison de l&#8217;immobilit\u00e9 et des restrictions qu&#8217;elles entra\u00eenent dans la vie quotidienne. On appelle \u00e9galement cette interd\u00e9pendance et cette influence mutuelle le r\u00e9seau des syndromes <strong>(fig. 1). <\/strong>Pour rompre cette tendance, il est important non seulement d&#8217;\u00e9valuer et de traiter un syndrome g\u00e9riatrique, mais aussi de prendre en compte les cons\u00e9quences qui en d\u00e9coulent. Dans ce contexte, une d\u00e9tection pr\u00e9coce des syndromes est essentielle pour le succ\u00e8s du traitement.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb1_OH1_s13.png\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1798\" height=\"1131\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb1_OH1_s13.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-352993\" style=\"width:580px;height:365px\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb1_OH1_s13.png 1798w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb1_OH1_s13-800x503.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb1_OH1_s13-1160x730.png 1160w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb1_OH1_s13-120x75.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb1_OH1_s13-90x57.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb1_OH1_s13-320x201.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb1_OH1_s13-560x352.png 560w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb1_OH1_s13-240x151.png 240w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb1_OH1_s13-180x113.png 180w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb1_OH1_s13-640x403.png 640w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb1_OH1_s13-1120x705.png 1120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb1_OH1_s13-1600x1006.png 1600w\" sizes=\"(max-width: 1798px) 100vw, 1798px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h3 id=\"causes-de-la-malnutrition-chez-les-personnes-agees\" class=\"wp-block-heading\">Causes de la malnutrition chez les personnes \u00e2g\u00e9es<\/h3>\n\n\n\n<p>Les causes physiologiques et pathologiques de la malnutrition sont nombreuses.<\/p>\n\n\n\n<h4 id=\"causes-physiologiques\" class=\"wp-block-heading\">Causes physiologiques<\/h4>\n\n\n\n<p><strong>Diminution de la sensation de faim et de soif chez les personnes \u00e2g\u00e9es : <\/strong>dans le cadre de la sarcop\u00e9nie, le tissu musculaire est remplac\u00e9 par du tissu adipeux, la proportion de graisse dans le corps augmente alors que la proportion d&#8217;eau diminue simultan\u00e9ment. En raison de ces changements physiologiques et de l&#8217;immobilit\u00e9 croissante, les besoins \u00e9nerg\u00e9tiques diminuent jusqu&#8217;\u00e0 30% avec l&#8217;\u00e2ge, ce qui correspond \u00e0 environ 500 kcal par jour.  <\/p>\n\n\n\n<p>  De plus, les modifications physiologiques du tractus gastro-intestinal entra\u00eenent une augmentation de la chol\u00e9cystokinine, une hormone peptidique produite dans le duod\u00e9num et le j\u00e9junum, qui joue notamment un r\u00f4le de neurotransmetteur dans le cerveau pour d\u00e9clencher la sensation de sati\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>  Les besoins en liquide ne changent gu\u00e8re avec l&#8217;\u00e2ge. Cependant, la sensation de soif, et donc le besoin de boire, diminue. En outre, l&#8217;incontinence ou l&#8217;administration de diur\u00e9tiques entra\u00eenant une d\u00e9shydratation fr\u00e9quente peut conduire \u00e0 boire moins, de mani\u00e8re d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e, afin d&#8217;avoir \u00e9galement moins besoin d&#8217;aller aux toilettes. Par ailleurs, des maladies telles que le diab\u00e8te sucr\u00e9, l&#8217;insuffisance r\u00e9nale, la diarrh\u00e9e chronique ou les maladies pulmonaires avec augmentation de la fr\u00e9quence respiratoire peuvent entra\u00eener une carence en eau. Selon une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e en Allemagne, on estime que 10 \u00e0 20 % des seniors pr\u00e9sentent une d\u00e9shydratation l\u00e9g\u00e8re \u00e0 s\u00e9v\u00e8re [2].<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Presbyphagie : <\/strong>des changements physiologiques dans la r\u00e9gion oro-pharyng\u00e9e, tels que le ralentissement du p\u00e9ristaltisme dans l&#8217;\u0153sophage, l&#8217;augmentation de la d\u00e9shydratation des muqueuses et le ralentissement du r\u00e9flexe de d\u00e9glutition, entra\u00eenent une dysphagie chez les personnes \u00e2g\u00e9es. Celle-ci est fr\u00e9quente (environ 70% chez les patients hospitalis\u00e9s en g\u00e9riatrie), mais n&#8217;est souvent pas identifi\u00e9e car les sympt\u00f4mes, tels que l&#8217;augmentation de la toux lors des repas, ne sont pas sp\u00e9cifiques et sont rarement interpr\u00e9t\u00e9s par les patients comme un probl\u00e8me m\u00e9dical [3]. La presbyphagie ne doit cependant pas \u00eatre sous-estim\u00e9e et est consid\u00e9r\u00e9e, surtout \u00e0 un \u00e2ge avanc\u00e9, comme un facteur de risque ind\u00e9pendant de complications graves et est associ\u00e9e \u00e0 un risque accru de mortalit\u00e9. Le tabagisme et une mauvaise hygi\u00e8ne buccale sont \u00e9galement consid\u00e9r\u00e9s comme des facteurs de risque.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Alt\u00e9ration du go\u00fbt et de l&#8217;odorat :<\/strong> jusqu&#8217;\u00e0 80 ans, environ 50% des papilles gustatives disparaissent en raison de changements physiologiques li\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e2ge. Ces changements n&#8217;affectent pas tous les go\u00fbts de la m\u00eame mani\u00e8re, mais concernent en premier lieu le sal\u00e9. Pour cela, le seuil de d\u00e9tection peut \u00eatre jusqu&#8217;\u00e0 11\u00d7 plus \u00e9lev\u00e9 que chez les personnes plus jeunes [4]. Les plats sal\u00e9s n&#8217;\u00e9tant plus appr\u00e9ci\u00e9s, il en r\u00e9sulte une pr\u00e9f\u00e9rence pour les aliments sucr\u00e9s, riches en sucre, avec l&#8217;alimentation d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e qui en d\u00e9coule.<\/p>\n\n\n\n<p>  De la m\u00eame mani\u00e8re, l&#8217;odorat diminue de 20% jusqu&#8217;\u00e0 70 ans, et la capacit\u00e9 \u00e0 discriminer les diff\u00e9rentes odeurs peut \u00e9galement \u00eatre r\u00e9duite jusqu&#8217;\u00e0 75% <strong>(Fig. 2)<\/strong> [5]. On pense que le processus de vieillissement normal entra\u00eene une perte de neurones dans le bulbe olfactif. Mais des maladies telles que la d\u00e9mence ou la maladie de Parkinson peuvent \u00e9galement affecter l&#8217;odorat.  <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb2_OH1_s14.png\"><img decoding=\"async\" width=\"1862\" height=\"1160\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb2_OH1_s14.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-352994 lazyload\" style=\"--smush-placeholder-width: 1862px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1862\/1160;width:580px;height:362px\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb2_OH1_s14.png 1862w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb2_OH1_s14-800x498.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb2_OH1_s14-1160x723.png 1160w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb2_OH1_s14-120x75.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb2_OH1_s14-90x56.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb2_OH1_s14-320x199.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb2_OH1_s14-560x349.png 560w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb2_OH1_s14-240x150.png 240w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb2_OH1_s14-180x112.png 180w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb2_OH1_s14-640x399.png 640w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb2_OH1_s14-1120x698.png 1120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb2_OH1_s14-1600x997.png 1600w\" data-sizes=\"(max-width: 1862px) 100vw, 1862px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Modifications du tractus gastro-intestinal : <\/strong>le tractus gastro-intestinal pr\u00e9sente une grande capacit\u00e9 de r\u00e9serve et vieillit donc moins que les autres organes. N\u00e9anmoins, il joue un r\u00f4le important dans la malnutrition chez les personnes \u00e2g\u00e9es. Il en r\u00e9sulte une d\u00e9gradation des neurones dans le plexus myent\u00e9rique et, par cons\u00e9quent, un retard dans la vidange gastro-intestinale, ce qui entra\u00eene une sensation de sati\u00e9t\u00e9 plus rapide et plus durable.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;\u00e2ge entra\u00eene une atrophie de la muqueuse gastrique, ce qui entra\u00eene une diminution de la s\u00e9cr\u00e9tion de pepsine (n\u00e9cessaire \u00e0 la d\u00e9gradation des prot\u00e9ines alimentaires) et du facteur intrins\u00e8que (condition pr\u00e9alable \u00e0 l&#8217;absorption de la vitamine B12). En outre, la s\u00e9cr\u00e9tion d&#8217;acide gastrique diminue. Cela entra\u00eene une augmentation du pH. L&#8217;absorption de la vitamine B12, du calcium, du fer ou du b\u00eata-carot\u00e8ne s&#8217;en trouve affect\u00e9e, car ces substances ont besoin d&#8217;un pH aussi acide que possible pour \u00eatre absorb\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les m\u00e9dicaments fr\u00e9quemment administr\u00e9s aux personnes \u00e2g\u00e9es, tels que les antagonistes du calcium ou les opio\u00efdes, peuvent \u00e9galement influencer la vidange gastro-intestinale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c9tat dentaire :<\/strong> la d\u00e9t\u00e9rioration de l&#8217;\u00e9tat dentaire est souvent sous-estim\u00e9e dans le contexte de la malnutrition. Cela entra\u00eene l&#8217;impossibilit\u00e9 de m\u00e2cher certains aliments, ce qui peut conduire \u00e0 une alimentation d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e. Cette probl\u00e9matique est renforc\u00e9e par la diminution physiologique de la production de salive, qui peut en outre \u00eatre accentu\u00e9e par des m\u00e9dicaments tels que les anticholinergiques ou les psychotropes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sensibilit\u00e9 vibro-tactile : <\/strong>\u00e0 partir de 40 ans, le seuil de sensibilit\u00e9 tactile peut \u00eatre multipli\u00e9 par 2 ou 3. Combin\u00e9 \u00e0 d&#8217;\u00e9ventuelles modifications arthrosiques des mains, cela peut entra\u00eener des difficult\u00e9s consid\u00e9rables pour la pr\u00e9paration des repas.<\/p>\n\n\n\n<h4 id=\"causes-pathologiques\" class=\"wp-block-heading\">Causes pathologiques<\/h4>\n\n\n\n<p><strong>Hospitalisation :<\/strong> les patients perdent du poids, en particulier pendant une hospitalisation, car ils ont moins d&#8217;app\u00e9tit dans le cadre d&#8217;une maladie aigu\u00eb, mais leurs besoins nutritionnels sont plus \u00e9lev\u00e9s que lorsqu&#8217;ils sont en bonne sant\u00e9 en raison de leur m\u00e9tabolisme catabolique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Multimorbidit\u00e9 :<\/strong> les patients multimorbides, par exemple ceux atteints de BPCO ou de maladies malignes, pr\u00e9sentent un m\u00e9tabolisme de stress plus \u00e9lev\u00e9. L&#8217;augmentation des besoins \u00e9nerg\u00e9tiques qui en r\u00e9sulte est assur\u00e9e par la d\u00e9gradation des prot\u00e9ines endog\u00e8nes, en premier lieu celles des muscles. De plus, des maladies telles que, entre autres, l&#8217;accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral, la d\u00e9pression, la polyarthrose ou encore les d\u00e9ficiences visuelles entra\u00eenent des limitations fonctionnelles avec les difficult\u00e9s que cela implique pour l&#8217;approvisionnement et la pr\u00e9paration des aliments.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Maladies inflammatoires chroniques : <\/strong>Les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques, telles que la polyarthrite rhumato\u00efde ou la maladie de Crohn, pr\u00e9sentent un m\u00e9tabolisme fondamentalement catabolique avec une augmentation correspondante du m\u00e9tabolisme de base dans l&#8217;organisme. Il y a lib\u00e9ration d&#8217;acides amin\u00e9s pour la glucon\u00e9ogen\u00e8se et pour la synth\u00e8se de prot\u00e9ines en phase aigu\u00eb \u00e0 partir de prot\u00e9ines endog\u00e8nes, ce qui entra\u00eene une d\u00e9gradation des muscles.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Polypharmacie : <\/strong>plus de 250 m\u00e9dicaments peuvent affecter le go\u00fbt et l&#8217;odorat. Parmi eux, on trouve de nombreux m\u00e9dicaments fr\u00e9quemment administr\u00e9s aux personnes \u00e2g\u00e9es, tels que les inhibiteurs de l&#8217;ECA, les antagonistes du calcium, les diur\u00e9tiques, mais aussi des agents psychotropes. Les inhibiteurs de la pompe \u00e0 protons et les antiacides augmentent le pH de l&#8217;estomac, ce qui peut avoir un impact n\u00e9gatif sur l&#8217;absorption des micronutriments, comme d\u00e9crit ci-dessus. Les hypolip\u00e9miants, quant \u00e0 eux, r\u00e9duisent l&#8217;absorption des vitamines D, E et K liposolubles.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dysphagie : <\/strong>contrairement \u00e0 la presbyphagie mentionn\u00e9e ci-dessus, la dysphagie est due \u00e0 des modifications pathologiques de la d\u00e9glutition, principalement dans le cadre de maladies neurologiques telles que l&#8217;accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral, la maladie de Parkinson ou la scl\u00e9rose en plaques. La dysphagie est particuli\u00e8rement fr\u00e9quente chez les patients atteints de d\u00e9mence. Ici, la pr\u00e9valence est d&#8217;environ 80%.<\/p>\n\n\n\n<h4 id=\"problemes-sociaux\" class=\"wp-block-heading\">Probl\u00e8mes sociaux<\/h4>\n\n\n\n<p>Les restrictions financi\u00e8res ou la solitude des personnes \u00e2g\u00e9es peuvent favoriser la malnutrition. Cuisiner un menu complet pour soi-m\u00eame n&#8217;est pas tr\u00e8s agr\u00e9able.<\/p>\n\n\n\n<h3 id=\"malnutrition-et-demence\" class=\"wp-block-heading\">Malnutrition et d\u00e9mence<\/h3>\n\n\n\n<p>La diminution du poids corporel est un signe clinique important de la d\u00e9mence et peut appara\u00eetre jusqu&#8217;\u00e0 un an avant le diagnostic. Les causes de la perte de poids au stade pr\u00e9coce de la d\u00e9mence sont peu connues, on pense que l&#8217;origine est multifactorielle. Des modifications neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives peuvent entra\u00eener tr\u00e8s t\u00f4t une atrophie c\u00e9r\u00e9brale dans les r\u00e9gions de r\u00e9gulation de l&#8217;app\u00e9tit et, par cons\u00e9quent, une alt\u00e9ration des sensations de faim et de soif. La dysphagie, souvent pr\u00e9sente dans les cas de d\u00e9mence, peut \u00e9galement jouer un r\u00f4le. De plus, en raison des d\u00e9ficits cognitifs, les patients ne peuvent plus acheter et pr\u00e9parer les aliments de mani\u00e8re ad\u00e9quate. Une \u00e9tude am\u00e9ricaine a montr\u00e9 qu&#8217;il existe une diff\u00e9rence significative de masse musculaire entre les patients au stade pr\u00e9coce de la d\u00e9mence d&#8217;Alzheimer et le groupe t\u00e9moin sain<strong> (tableau 1)<\/strong> [6].  <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab1_OH1_s15.png\"><img decoding=\"async\" width=\"1308\" height=\"770\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab1_OH1_s15.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-352995 lazyload\" style=\"--smush-placeholder-width: 1308px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1308\/770;width:580px;height:342px\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab1_OH1_s15.png 1308w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab1_OH1_s15-800x471.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab1_OH1_s15-1160x683.png 1160w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab1_OH1_s15-120x71.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab1_OH1_s15-90x53.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab1_OH1_s15-320x188.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab1_OH1_s15-560x330.png 560w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab1_OH1_s15-240x141.png 240w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab1_OH1_s15-180x106.png 180w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab1_OH1_s15-640x377.png 640w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab1_OH1_s15-1120x659.png 1120w\" data-sizes=\"(max-width: 1308px) 100vw, 1308px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>C&#8217;est notamment \u00e0 la suite de ce travail que l&#8217;<em>European Society for Clinical Nutrition and Metabolism <\/em>(ESPN) a int\u00e9gr\u00e9 dans ses lignes directrices un d\u00e9pistage nutritionnel r\u00e9gulier chez tous les patients souffrant de troubles cognitifs [7].<\/p>\n\n\n\n<h3 id=\"enregistrement-de-la-malnutrition\" class=\"wp-block-heading\">Enregistrement de la malnutrition<\/h3>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 les connaissances croissantes sur l&#8217;importance de la malnutrition, il n&#8217;existe actuellement pas de crit\u00e8res de diagnostic uniformes. Pour le d\u00e9pistage de la malnutrition, le Nutrition Risk Score (NRS 2002) s&#8217;est impos\u00e9 dans les h\u00f4pitaux suisses, car il est bien corr\u00e9l\u00e9 avec l&#8217;\u00e9volution ult\u00e9rieure de la mortalit\u00e9 et des complications [8]. Il pr\u00e9sente une sensibilit\u00e9 de 98% et une sp\u00e9cificit\u00e9 de 53% et a \u00e9t\u00e9 recommand\u00e9 comme outil de d\u00e9pistage par la <em>Soci\u00e9t\u00e9 Suisse de Nutrition Clinique<\/em> (SSNC) et la <em>Soci\u00e9t\u00e9 Europ\u00e9enne de Nutrition Clinique et de M\u00e9tabolisme<\/em> (ESPN), notamment pour cette raison [9]. Il y a un risque de malnutrition si le NRS est \u22653 points. A partir de cette valeur, il convient de faire appel \u00e0 un nutritionniste qui effectuera une \u00e9valuation nutritionnelle cibl\u00e9e afin d&#8217;identifier en d\u00e9tail les carences et de fixer sur cette base les objectifs nutritionnels individuels en termes de calories, de prot\u00e9ines, de vitamines et de nutriments. Sur la base de ces r\u00e9sultats, un traitement nutritionnel individualis\u00e9 est mis en place.<\/p>\n\n\n\n<p>Le <em>Mini-Nutritional-Assessment <\/em>(MNA) a \u00e9t\u00e9 sp\u00e9cialement d\u00e9velopp\u00e9 pour les patients \u00e2g\u00e9s et est donc utilis\u00e9 de mani\u00e8re cibl\u00e9e par les nutritionnistes pour ce segment d&#8217;\u00e2ge [10].  <\/p>\n\n\n\n<p>Lors de l&#8217;\u00e9laboration des outils de d\u00e9pistage, nous avons \u00e0 chaque fois examin\u00e9 quels param\u00e8tres nutritionnels \u00e9taient en corr\u00e9lation avec la mortalit\u00e9 et les complications. Elles ont donc essentiellement une valeur pronostique et ne permettent pas de savoir si un patient b\u00e9n\u00e9ficie d&#8217;un traitement nutritionnel.<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre fa\u00e7on d&#8217;\u00e9valuer l&#8217;\u00e9tat nutritionnel est de d\u00e9terminer l&#8217;indice de masse corporelle (IMC). En principe, la pertinence de l&#8217;IMC en mati\u00e8re de malnutrition est plut\u00f4t limit\u00e9e, car seuls le poids et la longueur du corps sont mesur\u00e9s. Cependant, une corr\u00e9lation entre l&#8217;IMC d&#8217;une part et le NRS ou le MNA d&#8217;autre part a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e. Ainsi, on peut consid\u00e9rer que l&#8217;IMC, facile \u00e0 collecter, permet au moins de se faire une id\u00e9e approximative de l&#8217;\u00e9tat nutritionnel.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne les valeurs de laboratoire, c&#8217;est surtout l&#8217;albumine qui a une importance clinique en tant que facteur pronostique. Il a ainsi \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que l&#8217;albumine s\u00e9rique d\u00e9termin\u00e9e en pr\u00e9op\u00e9ratoire est un puissant pr\u00e9dicteur des complications et de la mortalit\u00e9 p\u00e9riop\u00e9ratoires [8]. Cependant, les r\u00e9sultats de laboratoire ne peuvent pas \u00eatre utilis\u00e9s seuls pour diagnostiquer la malnutrition.<\/p>\n\n\n\n<h3 id=\"consequences-de-la-malnutrition-chez-les-personnes-agees\" class=\"wp-block-heading\">Cons\u00e9quences de la malnutrition chez les personnes \u00e2g\u00e9es<\/h3>\n\n\n\n<p>La diminution de l&#8217;apport en prot\u00e9ines et la d\u00e9gradation des prot\u00e9ines des muscles squelettiques qui en r\u00e9sulte acc\u00e9l\u00e8rent la <em>progression de la sarcop\u00e9nie mentionn\u00e9e pr\u00e9c\u00e9demment<\/em>. En fonction de la force musculaire r\u00e9duite, le risque de chutes et de blessures associ\u00e9es, souvent immobilisantes, augmente.<\/p>\n\n\n\n<p>Les patients malnutris risquent de mal <em>cicatriser leurs plaies <\/em>en postop\u00e9ratoire et de d\u00e9velopper les redoutables <em>escarres. <\/em>La mobilisation des patients est retard\u00e9e et la dur\u00e9e d&#8217;hospitalisation augmente.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;<em>an\u00e9mie<\/em> chez les personnes \u00e2g\u00e9es est fr\u00e9quente. Or, un tiers d&#8217;entre elles sont la cons\u00e9quence d&#8217;une carence en substrat dans le cadre d&#8217;une malnutrition, notamment par manque de fer dans un cas sur trois [11].<\/p>\n\n\n\n<p>Les patients souffrant de malnutrition pr\u00e9sentent une<em> immunocomp\u00e9tence r\u00e9duite<\/em> avec, par cons\u00e9quent, une incidence plus \u00e9lev\u00e9e d&#8217;infections. Une \u00e9tude men\u00e9e \u00e0 Gen\u00e8ve a ainsi montr\u00e9 qu&#8217;une diminution de l&#8217;apport calorique en dessous de 70% des besoins individuels \u00e9tait associ\u00e9e \u00e0 une augmentation significative des infections associ\u00e9es \u00e0 l&#8217;hospitalisation <strong>(figure 3)<\/strong> [12].<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb3_OH1_s15.png\"><img decoding=\"async\" width=\"1323\" height=\"817\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb3_OH1_s15.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-352996 lazyload\" style=\"--smush-placeholder-width: 1323px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1323\/817;width:580px;height:358px\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb3_OH1_s15.png 1323w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb3_OH1_s15-800x494.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb3_OH1_s15-1160x716.png 1160w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb3_OH1_s15-120x74.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb3_OH1_s15-90x56.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb3_OH1_s15-320x198.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb3_OH1_s15-560x346.png 560w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb3_OH1_s15-240x148.png 240w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb3_OH1_s15-180x111.png 180w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb3_OH1_s15-640x395.png 640w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb3_OH1_s15-1120x692.png 1120w\" data-sizes=\"(max-width: 1323px) 100vw, 1323px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Une \u00e9tude r\u00e9cente men\u00e9e \u00e0 Zurich et \u00e0 Vienne a montr\u00e9 que chez 135 patients g\u00e9riatriques hospitalis\u00e9s en soins aigus, les besoins caloriques \u00e9taient en principe couverts chez les patients bien nourris. Cependant, m\u00eame en cas de malnutrition l\u00e9g\u00e8re, elle n&#8217;\u00e9tait couverte en moyenne qu&#8217;\u00e0 55%, soit bien en dessous de la limite de 70%. En cas de malnutrition s\u00e9v\u00e8re, les besoins \u00e9nerg\u00e9tiques n&#8217;\u00e9taient couverts qu&#8217;\u00e0 36% <strong>(tableau 2)<\/strong> [13]. Ces r\u00e9sultats montrent que la survenue d&#8217;infections nosocomiales chez les patients g\u00e9riatriques malnutris \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital est un probl\u00e8me s\u00e9rieux.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><a href=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab2_OH1_s16.png\"><img decoding=\"async\" width=\"1160\" height=\"284\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab2_OH1_s16-1160x284.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-352997 lazyload\" style=\"--smush-placeholder-width: 1160px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1160\/284;width:580px;height:142px\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab2_OH1_s16-1160x284.png 1160w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab2_OH1_s16-800x196.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab2_OH1_s16-2048x501.png 2048w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab2_OH1_s16-120x29.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab2_OH1_s16-90x22.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab2_OH1_s16-320x78.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab2_OH1_s16-560x137.png 560w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab2_OH1_s16-1920x470.png 1920w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab2_OH1_s16-240x59.png 240w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab2_OH1_s16-180x44.png 180w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab2_OH1_s16-640x157.png 640w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab2_OH1_s16-1120x274.png 1120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab2_OH1_s16-1600x391.png 1600w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/tab2_OH1_s16.png 2196w\" data-sizes=\"(max-width: 1160px) 100vw, 1160px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>Une \u00e9tude de cohorte, toujours en Suisse, portant sur plus de 3000 patients, a examin\u00e9 l&#8217;impact de la malnutrition (mesur\u00e9e par le NRS 2002) sur le r\u00e9sultat m\u00e9dical. En ce qui concerne la <em>mortalit\u00e9 \u00e0 30 jours<\/em>, une diff\u00e9rence significative de 4% a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e chez les patients ayant un NRS &lt;3 contre 33,7% chez les patients ayant un NRS &gt;3. De m\u00eame, les patients ayant un NRS plus \u00e9lev\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 <em>r\u00e9hospitalis\u00e9s<\/em> plus fr\u00e9quemment dans les 30 jours (9,8% contre 17,3%) <strong>(tableau 3)<\/strong> [14].<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 l&#8217;importance av\u00e9r\u00e9e de la malnutrition chez les patients \u00e2g\u00e9s, notamment hospitalis\u00e9s, celle-ci reste trop peu \u00e9valu\u00e9e. Selon l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique, la malnutrition n&#8217;a \u00e9t\u00e9 cod\u00e9e que dans 1,1% des hospitalisations en 2012 dans les h\u00f4pitaux suisses. Ce chiffre n&#8217;a que l\u00e9g\u00e8rement augment\u00e9 au cours des ann\u00e9es suivantes (4,5% en 2018). Malheureusement, une fois que les patients souffrant de malnutrition ont \u00e9t\u00e9 recens\u00e9s, il est encore fr\u00e9quent qu&#8217;ils ne re\u00e7oivent pas de traitement appropri\u00e9. Le rapport sur la nutrition de la Soci\u00e9t\u00e9 allemande de nutrition (DGE) a montr\u00e9 qu&#8217;en Allemagne, seuls 10 \u00e0 22% des cas de malnutrition s\u00e9v\u00e8re b\u00e9n\u00e9ficient d&#8217;une intervention nutritionnelle sous la forme d&#8217;une alimentation enrichie. En Europe, il s&#8217;agit de 21 \u00e0 50% <strong>(Fig. 4) <\/strong>[15].<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb4_OH1_s16.png\"><img decoding=\"async\" width=\"1310\" height=\"1019\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb4_OH1_s16.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-352998 lazyload\" style=\"--smush-placeholder-width: 1310px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1310\/1019;width:580px;height:451px\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb4_OH1_s16.png 1310w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb4_OH1_s16-800x622.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb4_OH1_s16-1160x902.png 1160w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb4_OH1_s16-120x93.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb4_OH1_s16-90x70.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb4_OH1_s16-320x249.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb4_OH1_s16-560x436.png 560w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb4_OH1_s16-240x187.png 240w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb4_OH1_s16-180x140.png 180w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb4_OH1_s16-640x498.png 640w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb4_OH1_s16-1120x871.png 1120w\" data-sizes=\"(max-width: 1310px) 100vw, 1310px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h3 id=\"traitement-de-la-malnutrition\" class=\"wp-block-heading\">Traitement de la malnutrition<\/h3>\n\n\n\n<h4 id=\"identification-des-causes-possibles-et-leur-traitement\" class=\"wp-block-heading\">Identification des causes possibles et leur traitement<\/h4>\n\n\n\n<p>Les m\u00e9dicaments peuvent affecter l&#8217;\u00e9tat nutritionnel des personnes \u00e2g\u00e9es de diff\u00e9rentes mani\u00e8res. Il est donc particuli\u00e8rement important, notamment dans le cadre d&#8217;une \u00e9ventuelle polypharmacie, que la liste des m\u00e9dicaments soit v\u00e9rifi\u00e9e \u00e0 chaque visite m\u00e9dicale en ce qui concerne l&#8217;indication et le dosage des substances actives. Par exemple, les inhibiteurs de la pompe \u00e0 protons ou les antiacides ne doivent \u00eatre utilis\u00e9s que lorsqu&#8217;ils sont clairement indiqu\u00e9s et doivent \u00eatre arr\u00eat\u00e9s d\u00e8s que possible. Il en va de m\u00eame pour les antihypertenseurs, les psychotropes, les anticholinergiques ou les diur\u00e9tiques (influence sur le go\u00fbt et l&#8217;odorat, influence sur l&#8217;\u00e9quilibre des fluides, alt\u00e9ration de la production de salive). Un autre exemple est d&#8217;\u00e9viter l&#8217;administration simultan\u00e9e de suppl\u00e9ments de calcium et d&#8217;hormones thyro\u00efdiennes. Dans ces cas, des complexes peuvent se former et emp\u00eacher l&#8217;absorption des substances actives. Pour cette raison, les m\u00e9dicaments doivent \u00eatre pris avec un intervalle minimum de deux heures. Enfin, la prise de nombreux m\u00e9dicaments peut en principe entra\u00eener un malaise et une inapp\u00e9tence.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour optimiser l&#8217;\u00e9tat des dents, les patients devraient \u00eatre encourag\u00e9s \u00e0 consulter r\u00e9guli\u00e8rement leur dentiste. Pour d\u00e9pister et traiter une presbyphagie ou une dysphagie, il est utile de proc\u00e9der \u00e0 un examen orthophonique d\u00e8s l&#8217;apparition de signes suspects, comme par exemple une toux fr\u00e9quente pendant les repas.<\/p>\n\n\n\n<p>En cas d&#8217;indices de sarcop\u00e9nie prononc\u00e9e ou d&#8217;instabilit\u00e9 \u00e0 la marche, ainsi qu&#8217;apr\u00e8s des chutes, il faut imp\u00e9rativement chercher \u00e0 renforcer les muscles \u00e0 l&#8217;aide de la physioth\u00e9rapie. En cas de modifications arthrosiques ou de sensibilit\u00e9 vibro-tactile r\u00e9duite de la main, il faut envisager de s&#8217;inscrire chez l&#8217;ergoth\u00e9rapeute. Enfin, m\u00eame dans le cadre d&#8217;une prise en charge ambulatoire, l&#8217;orientation vers une consultation di\u00e9t\u00e9tique peut \u00eatre d&#8217;une grande aide.<\/p>\n\n\n\n<h4 id=\"apport-en-proteines-chez-les-personnes-agees\" class=\"wp-block-heading\">Apport en prot\u00e9ines chez les personnes \u00e2g\u00e9es<\/h4>\n\n\n\n<p>Selon diff\u00e9rents organismes, dont l&#8217;OMS, les besoins quotidiens en prot\u00e9ines sont de 1 \u00e0 1,3 g\/kg de poids corporel. En postop\u00e9ratoire, en cas de maladie ou de sarcop\u00e9nie prononc\u00e9e, l&#8217;apport doit \u00eatre augment\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 1,5 g\/kg de poids corporel. Chez les patients souffrant d&#8217;insuffisance r\u00e9nale ou sous dialyse, il est recommand\u00e9 d&#8217;utiliser 0,8 g\/kg de poids corporel. Il est important de noter qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas simplement de consommer un maximum de prot\u00e9ines par repas. Des \u00e9tudes ont montr\u00e9 qu&#8217;une quantit\u00e9 de prot\u00e9ines de 25 \u00e0 30 g par repas semble stimuler de mani\u00e8re optimale la synth\u00e8se des prot\u00e9ines musculaires postprandiales <strong>(aper\u00e7u 1)<\/strong> [16].  <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Ubersicht_OH1_s17.png\"><img decoding=\"async\" width=\"1338\" height=\"599\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Ubersicht_OH1_s17.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-352992 lazyload\" style=\"--smush-placeholder-width: 1338px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1338\/599;object-fit:cover;width:580px;height:260px\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Ubersicht_OH1_s17.png 1338w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Ubersicht_OH1_s17-800x358.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Ubersicht_OH1_s17-1160x519.png 1160w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Ubersicht_OH1_s17-120x54.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Ubersicht_OH1_s17-90x40.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Ubersicht_OH1_s17-320x143.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Ubersicht_OH1_s17-560x251.png 560w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Ubersicht_OH1_s17-240x107.png 240w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Ubersicht_OH1_s17-180x81.png 180w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Ubersicht_OH1_s17-640x287.png 640w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Ubersicht_OH1_s17-1120x501.png 1120w\" data-sizes=\"(max-width: 1338px) 100vw, 1338px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>Les prot\u00e9ines de lactos\u00e9rum enrichies en leucine (parmesan, camembert, brie, cacahu\u00e8tes, soja, pois, haricots, foie, volaille), en particulier, ont un bon potentiel pour am\u00e9liorer la masse et la force musculaires chez les personnes \u00e2g\u00e9es. Cela a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 par l&#8217;\u00e9tude Provide men\u00e9e en Allemagne, dans laquelle de la vitamine D et des prot\u00e9ines de lactos\u00e9rum enrichies en leucine ont \u00e9t\u00e9 administr\u00e9es sous forme de compl\u00e9ment alimentaire \u00e0 des adultes \u00e2g\u00e9s vivant de mani\u00e8re ind\u00e9pendante et pr\u00e9sentant un faible indice de masse musculaire squelettique. Apr\u00e8s 13 semaines, il s&#8217;est av\u00e9r\u00e9 que, par rapport au d\u00e9but de l&#8217;\u00e9tude, le groupe d&#8217;intervention avait en moyenne 170 grammes de muscle en plus que le groupe t\u00e9moin <strong>(Fig. 5)<\/strong> [17].<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb5_OH1_s16.png\"><img decoding=\"async\" width=\"1316\" height=\"925\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb5_OH1_s16.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-352999 lazyload\" style=\"--smush-placeholder-width: 1316px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1316\/925;width:580px;height:408px\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb5_OH1_s16.png 1316w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb5_OH1_s16-800x562.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb5_OH1_s16-1160x815.png 1160w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb5_OH1_s16-120x84.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb5_OH1_s16-90x63.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb5_OH1_s16-320x225.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb5_OH1_s16-560x394.png 560w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb5_OH1_s16-240x169.png 240w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb5_OH1_s16-180x127.png 180w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb5_OH1_s16-640x450.png 640w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb5_OH1_s16-1120x787.png 1120w\" data-sizes=\"(max-width: 1316px) 100vw, 1316px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h3 id=\"apport-energetique-chez-les-personnes-agees\" class=\"wp-block-heading\">Apport \u00e9nerg\u00e9tique chez les personnes \u00e2g\u00e9es<\/h3>\n\n\n\n<p>Selon la Soci\u00e9t\u00e9 Suisse de Nutrition (SSN), l&#8217;apport \u00e9nerg\u00e9tique quotidien recommand\u00e9 est de 1800 kcal\/jour pour les femmes g\u00e9riatriques et de 2400 kcal\/jour pour les hommes. Un apport \u00e9nerg\u00e9tique quotidien inf\u00e9rieur \u00e0 21 kcal\/kgKG est significativement associ\u00e9 \u00e0 la frailty. Une \u00e9tude am\u00e9ricaine montre que ces valeurs ne sont souvent pas atteintes : 16% des personnes de plus de 65 ans vivant \u00e0 domicile consomment moins de 1000 kcal\/d [18].<\/p>\n\n\n\n<h3 id=\"recommandations-nutritionnelles-supplementaires\" class=\"wp-block-heading\">Recommandations nutritionnelles suppl\u00e9mentaires<\/h3>\n\n\n\n<p>Les acides gras om\u00e9ga-3 ont un effet stimulant sur le m\u00e9tabolisme musculo-prot\u00e9ique et sont pr\u00e9sents en grande quantit\u00e9 dans les choux de Bruxelles, les \u00e9pinards, les haricots, l&#8217;avocat, les framboises, les noisettes, les cacahu\u00e8tes et les marrons.<\/p>\n\n\n\n<p>La constipation, cons\u00e9quence d&#8217;une alimentation pauvre en fibres, est un probl\u00e8me majeur chez les personnes \u00e2g\u00e9es. Il est recommand\u00e9 de consommer 30 g de fibres par jour. On les trouve en abondance dans les produits \u00e0 base de c\u00e9r\u00e9ales compl\u00e8tes et de seigle, les l\u00e9gumineuses, les pommes de terre, les flocons d&#8217;avoine, les pommes, les prunes ou les figues. Il convient toutefois de noter que les aliments riches en fibres ont tendance \u00e0 provoquer rapidement une sensation de sati\u00e9t\u00e9, ce qui peut \u00e0 son tour avoir un effet n\u00e9gatif sur l&#8217;apport \u00e9nerg\u00e9tique et prot\u00e9ique.<\/p>\n\n\n\n<h3 id=\"enrichissement-des-repas\" class=\"wp-block-heading\">Enrichissement des repas<\/h3>\n\n\n\n<p>L&#8217;enrichissement naturel des repas peut se faire par exemple avec du lait en poudre, du fromage blanc ou du fromage r\u00e2p\u00e9 pour am\u00e9liorer la teneur en prot\u00e9ines et avec du sucre ou du miel pour optimiser les glucides.<\/p>\n\n\n\n<p>Les produits laitiers sont les plus appropri\u00e9s pour les collations, car ils contiennent \u00e0 la fois des calories et des prot\u00e9ines, mais aussi des vitamines et des min\u00e9raux. De m\u00eame, des \u00e9tudes ont montr\u00e9 que l&#8217;augmentation de la consommation de produits laitiers chez les personnes \u00e2g\u00e9es est associ\u00e9e \u00e0 une meilleure performance physique [19].<\/p>\n\n\n\n<h3 id=\"traitement-des-patients-hospitalises-therapie-nutritionnelle-conservatrice-individualisee\" class=\"wp-block-heading\">Traitement des patients hospitalis\u00e9s : Th\u00e9rapie nutritionnelle conservatrice individualis\u00e9e<\/h3>\n\n\n\n<p>Dans le cadre du traitement nutritionnel conservateur individualis\u00e9, les d\u00e9ficits et les besoins nutritionnels des patients, notamment en termes de calories, de prot\u00e9ines, de vitamines et de min\u00e9raux, sont \u00e9valu\u00e9s par la di\u00e9t\u00e9ticienne et pris en compte dans la pr\u00e9paration du repas personnel en collaboration avec la cuisine de l&#8217;h\u00f4pital. En outre, selon la situation, des suppl\u00e9ments tels que des pr\u00e9parations multivitamin\u00e9es ou des boissons prot\u00e9in\u00e9es sont utilis\u00e9s comme collation.  <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb6_OH1_s17.png\"><img decoding=\"async\" width=\"1314\" height=\"1652\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb6_OH1_s17.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-353000 lazyload\" style=\"--smush-placeholder-width: 1314px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1314\/1652;width:580px;height:729px\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb6_OH1_s17.png 1314w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb6_OH1_s17-800x1006.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb6_OH1_s17-1160x1458.png 1160w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb6_OH1_s17-120x151.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb6_OH1_s17-90x113.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb6_OH1_s17-320x402.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb6_OH1_s17-560x704.png 560w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb6_OH1_s17-240x302.png 240w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb6_OH1_s17-180x226.png 180w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb6_OH1_s17-640x805.png 640w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/abb6_OH1_s17-1120x1408.png 1120w\" data-sizes=\"(max-width: 1314px) 100vw, 1314px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9sultats de l&#8217;\u00e9tude EFFORT, une \u00e9tude multicentrique \u00e0 grande \u00e9chelle men\u00e9e en Suisse dans huit h\u00f4pitaux, ainsi que les r\u00e9sultats de petites \u00e9tudes et de recherches d&#8217;observation ant\u00e9rieures, soutiennent fortement ce concept. Apr\u00e8s 30 jours de traitement des patients malnutris av\u00e9r\u00e9s au moyen de la th\u00e9rapie nutritionnelle individualis\u00e9e, la mortalit\u00e9 \u00e9tait de 7,2% dans le groupe d&#8217;intervention contre 9,9% dans le groupe t\u00e9moin. Le nombre de patients \u00e0 traiter <em>(Number needed to treat,<\/em> NNT) \u00e9tait de 37. Des complications graves sont survenues dans 22,9% des cas dans le groupe d&#8217;intervention et dans 26,9% des cas dans le groupe de contr\u00f4le (NNT=25) <strong>(Fig. 6)<\/strong> [9]. Ces r\u00e9sultats sont confirm\u00e9s par d&#8217;autres \u00e9tudes. Ainsi, dans une m\u00e9ta-analyse de Gomes et al. 2019, une r\u00e9duction analogue de 25% de la mortalit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e sous th\u00e9rapie nutritionnelle individualis\u00e9e [20]. En revanche, les co\u00fbts de traitement sont modestes, de l&#8217;ordre de 15 francs par patient et par jour.<\/p>\n\n\n\n<h4 id=\"messages-take-home\" class=\"wp-block-heading\">Messages Take-Home<\/h4>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Chez les personnes \u00e2g\u00e9es, la malnutrition est un facteur important dans le concept de traitement, car il existe un lien significatif avec la survenue de complications, la mortalit\u00e9 ainsi que la diminution de l&#8217;autonomie.<\/li>\n\n\n\n<li>Les causes physiologiques et pathologiques de la malnutrition sont nombreuses. Les reconna\u00eetre est souvent la premi\u00e8re \u00e9tape th\u00e9rapeutique.<\/li>\n\n\n\n<li>Une diminution des besoins caloriques individuels en dessous de 70% est d\u00e9j\u00e0 associ\u00e9e \u00e0 une augmentation significative de la fr\u00e9quence des infections nosocomiales \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital.<\/li>\n\n\n\n<li>Le d\u00e9pistage syst\u00e9matique des patients malnutris \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital, suivi de la mise en \u0153uvre d&#8217;un traitement nutritionnel conservateur individualis\u00e9, est associ\u00e9 \u00e0 une diminution significative de la mortalit\u00e9 et des complications graves.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Kiesswetter E, et al.: Ern\u00e4hrungssituation \u00e4lterer Menschen im deutschsprachigen Raum. Akt Ern\u00e4hr Med 2016; 41: 362\u2013369.<\/li>\n\n\n\n<li>Volkert D: Ern\u00e4hrung im Alter: Praxiswissen Gerontologie und Geriatrie kompakt, 4, Band 4, 2015.<\/li>\n\n\n\n<li>Lin LC, et al.: Prevalence of impaired swallowing in institutionalized older people in Taiwan. J Am Geriatr Soc 2002; 50(6): 118\u2013123.<\/li>\n\n\n\n<li>Stevens JC, et al.: Changes in taste and flavor in aging. Crit Rev Food Sci Nutr 1993; 33(1): 27\u201337.<\/li>\n\n\n\n<li>Margrain T, et al : Sensory impairment in : Johnson ML : the Cambridge Handbook of Age and Ageing ; Cambridge University Press 2005.<\/li>\n\n\n\n<li>Burns JM, et al.: Reduced lean mass in early Alzheimer disease and its association with brain atrophy. Archives of neurology 2010; 67(4): 428\u2013433.<\/li>\n\n\n\n<li>Volkert D, et al.: ESPEN practical guideline: Clinical nutrition and hydration in geriatrics. Clinical Nutrition 2022; 41: 958\u2013989.<\/li>\n\n\n\n<li>Schuetz P, et al.: Management of disease-related malnutrition for patients being treated in hospital. Lancet 2021; 398(10314): 1927\u20131938.<\/li>\n\n\n\n<li>Schuetz P, et al.: Individualised nutritional support in medical inpatients at nutritional risk: a randomized clinical trial. Lancet 2019; 393: 2312\u20132321.<\/li>\n\n\n\n<li>Ern\u00e4hrung im Alter 2018. Ein Expertenbericht der Eidgen\u00f6ssischen Ern\u00e4hrungskommission EEK.<\/li>\n\n\n\n<li>Sabol VK, et al.: Anaemia and its impact on function in nursing home residents: what do we know; J Am Acad Nurse Pract 2010; 22: 3\u201310.<\/li>\n\n\n\n<li>Thibault R, et al.: Healthcare-associeted infections are associated with insufficient dietary intake: an observational cross-sectional study 2015; Plos one.<\/li>\n\n\n\n<li>Brunner S, et al.: Gefahr einer Mangelern\u00e4hrung \u00e4lterer Patientinnen im Akutspital. Pflege 2021.<\/li>\n\n\n\n<li>Felder S, et al.: Association of nutritional risk and adverse medical outcomes across different medical inpatient populations. Nutrition 2015.<\/li>\n\n\n\n<li>Volkert D, et al.: Ern\u00e4hrungssituation in Krankenh\u00e4usern und Pflege\u00adheimen \u2013 Auswertung der nutritionDay-Daten f\u00fcr Deutschland: Deutsche Gesellschaft f\u00fcr Ern\u00e4hrung. DGE-Ern\u00e4hrungsbericht 2020; 199\u2013258.<\/li>\n\n\n\n<li>Breen L, et al.: Skeletal muscle protein metabolism in the elderly: intervention to counter-act the anabolic resistance of ageing. Nutr Metab 2011; 8: 68.<\/li>\n\n\n\n<li>Bauer JM, et al.: Effects of a vitamin D and leucine-enriched whey protein nutritional supplement on measures of sarcopenie in older adults. The provide study. J Am med Dir Assoc 2015; 16: 740\u2013747.<\/li>\n\n\n\n<li>Bartali B, et al.: Low nutrition intake is an essential component of frailty in older persons. J Gerontol 2006; 61A: 589\u2013593.<\/li>\n\n\n\n<li>Radavelli-Bagatini S, Zhu K, Lewis JR, et al.: Association of dairy intake with body composition and physical function in older community-dwelling women. J Acad Nutr Diet 2013; 113: 1669\u20131674.<\/li>\n\n\n\n<li>Gomes F, et al.: Association of Nutritional Support With Clinical Outcomes Among Medical Inpatients Who Are Malnourished or at Nutritional Risk: An Updated Systematic Review and Meta-analysis. JAMA Net Open 2019; 2(11).<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>GASTROENTEROLOGIE PRAXIS 2023; 1(1): 12\u201318<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bien que la malnutrition soit un probl\u00e8me consid\u00e9rable dans la pratique clinique quotidienne, en particulier chez les personnes \u00e2g\u00e9es, elle n&#8217;est souvent pas reconnue et encore moins trait\u00e9e. 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